‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 127 sur 394 · OIS · texte numérisé non relu

OIS

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Cunncl-coal

ÉCLAIRAGE

ÉCLAIRAGE

« F.n supposant la tonne «le houille à 25 fr., le prix dn coke («nullité supérieure) à 38 fr., le boghead canncl-oojil à 75 fr., le goudron et le* eaux ammoniacale* ne changeant pas, on a trouvé que le prix du mètre cube de ce gaz était 0 f. 032. Du reste, on peut s'en assurer en faisant le calcul à l’aide de* chiffre» consigné» dans le tableau suivant, qui donne le résumé des deux dernières opérations comparées aux six premières qui ont été faites.

• On remarquera que les eaux nmmonicalcs n’ont pas été portées dans la 7* opération ; cela tient h ce que la quantité n’en a pas été connue exactement, pur suite d'infiltrations accidentelles dan» la citerne.

« Le gaz reviendrait à un prix plus bas, si l’on remplaçait le boghead par un schiste bitumineux analogue, ou par des produit* accessoires d’autres fabrications, dont la valeur serait moindre que celle que la commission a attribuée au boghead d'Ecosse. •

Becs ;i our la combustion du gaz. — La bonne disposition des becs qui servent à la combustion du gaz e6t d’une grande importance. En produisant le maximum de lumière ponr une même consommation de gaz, ils peuvent être la source d’ importante» économies. Ce résultat sera Burtont obtenu par les becs donnaiit une flamme très-régulière, pas trop allongée, afin d’agir comme un point lumineux, en permettant au besoin l’action d’un réflecteur.

Bec Chnussenot. — Nous donnerons d’abord le bec Cliaubscnot, inventé depuis plusiours années, et nous emprunterons au Traite de Ter lairaye au gnz du M. Pelouse une étude intéressante faite sur ce hcc :

« La Société d'encouragement nvnit oftert un prix de deux mille franc» pour les moyons les plus efficaces d’augmenter le pouvoir illuminant de* flamme* produite» par la combustion des gazM'éclairngo. Co prix a été adjugé en 4830 à M. Chausscnot. Et cependant, malgré l'immense avantage signalé en faveur de son appareil par les rapporteurs du coucours, jusquici la découverte qu’il» ont fuit couronner n’a donné, que nous sachions, aucun résultat pratique, quoique l’exécution de l'appareil soit facile et présente beaucoup do simplicité. Faut-il uttribuer cette stérilité à l'apathie du public qui repousse si souvent, pendant un temps plu» ou moins long, les découvertes le» plu» utiles, ou bien y uuruit-il eu quelque méprise ou du moins quelque exagération dan» le rap]>ort si favorable qui a été fuit à la Société d'encouragement? C’est ce que nous ne sommes pas à mémo de décider.

• Le programme de la Société, au surplus, rappelait dans son en*emblo des principes assez certain» et que nous croyons devotrrcpiWulre ici î

« 4* Que la quantité de lumière e*t proportionnée a la température plus ou moins élevée dos particule» charbonneuses et au nombre d'entre elles existant à la fois à l’état d'incandescence depuis le moment de leur précipitation jusqu'à leur transformation en un gaz invisible ;

« 2° Que les courant* d'air rapides, qui rendent le* flamme» plu* brillante», plus blanches et moins volumineuses, diminuent ln quantité totale de la lumière émise par un bec ;

• 3" Que le* courant», quand ils sont trop faibles, en donnant à la flamme moins d'éclat, nne coloration plus rouge, un volume plus grand, à cause d’une comiui>tiou moins rapide, faisaient diminuer l'intensité lumineuse d'une égale section de la flamme, tout en accroissant en somme 1» quantité do lumière produite ;

• 4* Enfin, que le maximum d'intensité lumineuse totale avait lieu au moment où don particules solides charbonneuses étaient tout près d'échapper à la combustion, tant la proportion d'air ambiant s’approchait de lu limite strictement utile. Om conçoit d'ailleurs la

nécessité où l’on est toujours de s'écarter d’une tello limite, dans la crainte de la dépasser et d'occasionner une déperdition do gaz et nne production de fumée.

• Mai» était-il impossible, se demandait la Société, de réunir le» deux conditions d'une température plu» élevée dans les particule* charbonneuse» et d'un a»»cz grand volume de la flamme?

• Les ingénieuses dispositions imaginées par M. C’hausseuot, déclarent les rapporteur», ont produit ce résultat remarquable : quelque» mots suffiront pour le prouver. L'uppareQ de M. Ch&ussenot »c compu«e d'une double enveloppe de verre, disposée de telle sorte que l'uir extérieur s’échauffe beaucoup avant d'arriver n la flamme dont il doit entretenir la combustion. Cette circonstance permet k la fois do mieux utiliser l'oxygène do l'air, «l’employer moins d'excès de ce dernier pour obtenir la précipitation du carbone et sa combustion; enfin, par cette raison même et par l’élévation de la température de l’air, de moins refroidir la gaz qui brûle, et par conséquent de lui conserver davantage de pouvoir illuminant.

• Les commissaires de la Société d'encouragement annoncent qn'avoc l’appareil de M. Chausaonot, ils ont varié et répété les expériences , et toujours avec un égal succès; enfin, il» concluent, co qui semble un résultat bien élevé, que l'augmentation totale de lumière, des quantité* égide» de gaz étant brûlées, est sensiblement de 0,33, si on In compare à celle produite dons le* becs ordinaires. Les commissaires font d'ailleurs remarquer quo le moindre aillux d’air dans le bec Cliaussenot doit nécessairement donner une plus grande stabilité a la flamme, l'empêcher d’être vacillante, la rendre moins fatigante pour les yeux, moins influencée par les courants inconstants de l'air extérieur; ils affirment que ce dernier fait a été dûment c«mstaté; en exposant sous la galerie «les Proue», au Palais-Royal, oit il règne constamment des courants très-forts et très-variables, l’un des becs en expérience, on a obtenu le résultat le plus décisif et le plus satisfaisant. •

C’est, nous pensons, le défaut de simplicité qui a empêché cet appareil de réussir. Les verres sont toujours dans la pratiqne des corps qui éteignent en partiela lumière et un double verre devait offrir des inconvénients certains.

On a cherché par des dispositions plus simples à obtenir partie «le* avantage* du bec Chausscnot. Nous avons déjà parlé (art. kci.airagb) do l'excellente disposition imaginée par M. Maraud, pour éviter les brusques variations du courant d’air ; nous citerons eneoro la suivante, très-propre à assurer la régularité de la lumière.

Bec Parisot. — Le hcc Pari sot est formé de pièces qui s’emboîtent de manière à laisser une fente circulaire pour la sortie du gaz, et de plu» former à la partie inférieure du bec un petit réservoir qui forme régulateur et empêche la flamme de rien ressentir de» remous produit* «lan» le» conduites. Avec ce bec et une toile métallique sur le pas«ngc de l’air, la flamme du gaz courant est d’une parfaite stabilité, condition nécessaire pour bien de» travaux.

Gaz de tourbe. — Le gaz extrait de la tourbe jouit do propriétés éclairantes remarquable*. Rien qu'on no puisse, à notre avis, fonder sur l'exploitation de la tourbe l'ulimcntatîon de» vustes usines à gaz comme celle* qui servent à l'éclairage «le» grande» villes, et qui reposent sur la richesse immense de» mine» de houille, cependant ccs résultats peuvent offrir «les application» intéressant»», et ont beaucoup d'intérêt au point do vue scientifique.

Lorsque la tourbe est introduite dans une cornue de fonte chauffée nu rouge sombre, elle donne immédiatement uu mélange de gaz permanent et de vapeurs

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susceptibles de hC condenser en un liquide oléagineux, t es deux produit» se wiparent bientôt en vertu do la d flférenco des état» physique» qu'ils affectent à la température ordinairo : aussitôt refroidie, l'huile de tourho est rassemblée dans un vase spécial, tandis que lo fluide permanent, continuant son trajet, va so rendre dans un gazomètre.

Cet hydrogène carboné gazeux, l'un des produits immédiats do la distillation de la tourbe, est par lui même tout à fait impropre b l'éclairage : il donne une flamme très-petite, comparable pour l’éclat b une flamme de punch, et qui, par conséquent, ne répand 6ur les objets environnants que fort pea de lumière, î.'huile do tourbe est un liquide visqueux, noirAtre, fortement odorant et assurément très -complexe, qui, soumis b une nouvelle distillation, se résout tout entier en gaz permanent, en hydrogène très-richement carboné. Le mélange gazeux, que j’appellerai gaz d'huile, contraste singulièrement par scs propriétés avoc le gaz obtenu dans la première opération. En brûlant, il donne une flamme six ou huit lois plus étendue et douée du plus vif éclat. On mèlo alors ces deux gaz ensemble, le riche et le pauvre, et l'on obtieiff un gaz moyen, propre b la consommation. Quand l’opération est bien conduite, une fouméo de tourbo, traitée comme il vient d'être dit, donne successivement un gaz pauvre et un gaz riche qui, versés dans la même cloche, forment un mélange capable de produire au* belle flamme , et que j’appellerai mélange naturel. On reconnaît aisément, b la vue simple, que ce dernier mélange possède un pouvoir éclairant plus considérable que le gaz courant fourni par .la distillation de la bouille. Cette supériorité est assez évidente pour que le gaz de tourbo paraisse pouvoir devenir l'objet d’une exploitation sérieuse.

C’est ce que prouvera bien un des tableaux photométriques que nous emprunterons encore b une intéressante brochure de M. Foucault que nous mettrons encore b contribution b l'article l'itoTOMtrntiE, où sera expliquée la méthode employée dans cca expériences par co physicien t

Comparai ion des gai arec un faisceau de eepl bougies.

Évaluation des intensités ou moyen du photomètre à

compartiments. Becs nm 2, pressions égales de 22 m'".

citait, happ.

Bougies

Tourbe

Bougies

Tourbe .......

Bougies

Tourbe

Tourbe

Bougies

Tourbe .

Moyenne. . .

Bougies

Gaz de la ville. . . .

Bougies

Ville

Bougies

Ville .......

Bougies

Ville

Ville

Moyenne. .

Comparaison des deux ga*.

Gaz de la ville

Tourbo

Ville

Tourbe

Ville

Tourbe

Moyenne. . . .

Interversion de»

gaz clans les bec*.

Gaz de la ville . .

Tourbe

Ville

Tourbo ........

Ville

Tourbe

Moyenne. . . .

Moyenne générale : 3,30.

On voit que le gaz de tourbe, le mélange des doux gaz dont nous avons parlé, a une très-grande supériorité de pouvoir éclairant sur le gaz de houille fourni |H>nr l’éclairage de Paris. Le pouvoir éclairant «lo celuici étant exprimé par 100, celui dû gaz de tourbe s'est maintenu dans des limites comprises entre 150 et 300.

Carburation du gaz. — Des essais curieux pour accroître dans une forte proportion le pouvoir éclairant dn gaz, ont été faits par plusieurs inventeurs, en faisant passer le gaz à travers des hydro-carbures. Le système le plus apprécié, le carburateur I ^carrière, consiste en un appareil b niveau constant, qui fournit le liquide que lo ga» vient traverser. Avec de la benzine, le pouvoir éclairant du gaz courant do Paris n augmenté de 30 p. 100 pour une dépense correspondant an quart de ce qu’eût coûté le guz qui eût donné cette lumière. Malgré cela, la pratique n’a pas encore consacré l'emploi d’un système qui complique quoique peu l' usage du gaz, dont l'extrême simplicité est surtout appréciée du consommateur.

ÉCONOMIE AGRICOLE. Jusqu’au milieu du sièelo dernier, dans la plus grande partie du monde civilisé, partout on plut dire, b l'exception do quelques contrées jouissant d'avantages naturels tout particuliers, la culture de la terre ne se dirigeait guère que par les principes* du vieux Caton , et nous doutons que l'on pût établir qu’elle possédât une supériorité positive sur l'agriculture romaine. Aider faiblement, autant que cela était absolument nécessaire, le travail naturel du sol et de la végétation, dépenser le moins possible pour la terre comme pour celui qui la cultivait, telle était b peu près toute la science économique du cultivateur, et, il faut le dire, co n'est que grûco b de nombreuses expériences, b des succès indiscutables, que nos paysans commencent b ne pin» se moquer de la création d’exploitations créées b grands frais, dirigées dans dos voies toutes différentes do celles qu’ils étaient habitués b parcourir.

C'est surtout l'habitude do l'industrie manufacturière qui, en Angleterre d'abord et enfin en Fronce, a changé les idées relativement b l’agriculture, et a fait comprendre quo ce n'était pas une industrie différente des autres, en ce sens que c'était en raisonnant de la même manière qu’on devait parvenir aux mêmes succès. Ce n’est peut-être qu'en Allemagne que l'agriculture, objet de la passion des populations intelligentes et laborieuses, s’ost développée avant l’industrie ou concurremment avec elle, et 'son expérience a été mise b profit par les autres nations pour réaliser les progrès qui ont nmené lev agriculteurs avancés de toute l’Fn-

ECONOMIE AGRICOLE

ECONOMIE AGRICOLE

mpo « j>ca près nu même niveau, comme il arrive aujourd'hui pour In plupart île# fabricants.

L'exemple de l'industrie, avons-nous dit, a été favrrqhle à l’agriculture kiu bien des rapports, mai* notamment en habituant les esprits a rechercher le produit net le plu* élevé possible en agriculture, c’està-dire non pus celui qui résulte du minimum absolu de dépense*, comme on le croyait autrefois, mai* cclni que procurent le* dépenses les plu* profitable». On voit de suite que cette agriculture, qui réclame un largo emploi du capital , est l’agriculture des povs Yiches. mais doit rcndie benacoup plu» ù égalité de dépense.*, et l’on comprend vu qu’est un progrès qui augmente dan» une proportion notable le* produits d’une industrie qui montent dans l’état actuel de» choses à environ ü milliard* de franc* par an, en France.

Xous passerons rapidement en revue les principalepratique* agricoles, au point de vue économique, en les classant sous trois divisions :

1“ Moyens d’accroître la fertilité ;

2° — d’obtenir les produit* les plu» avantageux ;

.'1° — do diminuer les dépenses.

l'n fin nous terminerons par quelques mots sur la petite culture.

1, Moyen» d'arrroitre la fertilité. — Certains sol.* jouissent d’une réputation méritée de fécondité ; le* élément* les plu* convenables pour la végétation s’y trouvent «Inns le» meilleure* proportions. A lu rigueur il ne parait pas itnpo»»ible do modifier artificielle ment la plupart des sols de qualité* inférieures, de manière au moins à les rendre tout à fait propres h certaines cultures, par l'additiou des éléments miné raux qui leur manquent, et que, par quelques fouilles, on peut presque toujours trouver dans le voisinage. (Quelques province» doivent leur richesse et leur fertilité à ce mode d’opérer; c’cst ainsi qu’à l’aide de ln marne on n transformé des pays sablonneux en pays riche» et fertiles. Iji chaux, employée en quantité» considérable», est devenue le point do départ do plu» d'une agriculture prospère, et 6i on doit surtout la considérer comme un excitant, cependant, «lans la proportion dans laquelle clic est employée fréquemment, il n’est pas douteux qu’elle n’agisse en transformant, eu quelques année», la nature même de la surface du sol arable. L'emploi des phosphates fossiles va servir à accroître le ren«l«;mcnt des céréales.

L'abondance d'engrais est la coudition capitale de l'abondance de la production, que l’on peut considérer, dans des limite* assez étendues, comme proportionnelle* à la quantité d’engrais employé» ; la végétion étaut surtout une réaction chimique produite sous l'influence des forces vitales, qui no peut prendre naissance qtf autant que les éléments convenables sont en présence. Les progrès des procédés de fabr cation des engrais, indépendamment do celai produit dans la ferme, base du la culture, dont nous parlons plu» loin, l’utilit-ntioii de tou* le* déchets, «le toutes les matières animales, et notamment la conversion des vidanges en engrais complets, sont tout à fait capitaux pour l'agriculture et fournil ont le point de départ d'un grand accroissement do richesse agricole.

C’est surtout par l'aménagement des eaux, baso fondamentale do tonte végétation, que l'agriculture est arrivée à de magnifique* résultats, qui la transforment radical ment, par «le» travaux qui, une fois laits, ne croissent d’une manièro permanente la fertilité, lu quantité annuelle «le 1a production.

I>cux série» «lo travaux conduisent à ce résultat, le drainage et l'irrigation.

la» drainage , pratique par excellence des pays du Kord, «le* climat* humides, n |>our olgcl de débarrasser le sol d’un excès d'humidité toujours nuisible, d'aérer !

les racine* pur l'infiltration do l’air qui accompagne l'eau. C'est grâce à cotte pratique que l’agriculteur anglais n’a pas craint de continuer le payement de » es fermages, lorsque Robert Pcel aupprinia un énorme droit «l’entrée qui pesait sur les céréales qui venaient «le l’étranger, et y arriva par une opération qui augmentait dans une proportion plu* considérable le rendement des récolte».

L 'trrigattim est la méthode par excellence des pays chaud»; non pas qu'au Nord elle ne soit d'une extrêmo utilité pour créer des prairies, pour faire naître des végétaux au milieu des sable* et les fertiliser, mai* au Midi, avec un aolcil brûlant, la végétation est en quelque sorte exclusivement proportionnelle à la quantité d'eau, et les irrigation* répandent la vie et la fertilité* Iji Lombardie, la province de Valence en Espagne peuvent être citées, entre antres contrées, comme dca pays qui doivent à dos travdux «l’irrigation une admirable fertilité ; aucun travail plus profitable, plus rémunérateur ne peut être tenté aujourd'hui dans plus do W*

En se pinçant à un point de vue plus élevé que celui «le l’irrigation par ln conduite do l'eau sur lo sol, on considérant les contrées qui reçoivent de l’eau rlammcnt par une cause queh’onquc, brouillard* fréquent» dans la montagne comme en Suisse, infiltration» «l'eau plu* élevées que le sol comme en Hollande, cours d'eotf descendant abondamment de la montagno et des glaciers, on comprend comment ces pays se trouvent par ce seul fait naturellement couvorts de prairies toujours vertes, qui, sans travail hnnmin, fournissent la nourriture à de nombreux troupeaux, dont la viande, le lait, la laine, etc., procurent naturellement en quelque sorte d’abondantes richesses.

Etendre ou limiter par de* travaux bien entendus la sphère d’action des eaux, est donc un des plus puissants moyens, en convertissant de» pays pauvres en pays prospères, «!e multiplier la production spontanée des richesses agricole*, le produit net.

II. Moyen » d'obtenir le* protluit* les pin* avantageux . — C’est surtout en se portant vers la production des récoltes les plus avantageuses, en cherchant à créer le» produits qui sc vendent nu plu* haut prix, que les agriculteurs modernes ont imitt’1 les industriels; car malgré l’immensité du débouché des produit* agricoles qui en rend toujours la vente facile, e’est souvent sur un bon choix des cultures qui se vendent à un prix très-avantageux, que rejKisc lo succès agricole.

Les principaux produits de l'agriculture sont néccs- »ni renient le* céréales et le bétail, le pain et la viande, bases de l’alimentation humaine. Tant que cos productions «ont restée* presque complètement séparée*, que certaines contrée* paraissaient posséder seules lo privilège d’élever du bétail, et que d'autres, au contraire, semblaient ne pouvoir sortir de la culturo exclusive des céréales, l’agriculture en masse ne pouvait accomplir de grands progrès. Comment accroître la production des céréale», lorsque l'engrais ne lcnr était fourni que par quelques animaux néo<»-a;ic* pour les labour» et au plus par quelques vaches à l'étable? Combien ces ressources étaient insuffisantes pour compenser la perte d'élément» essentiels de la production du blé emportés chaque jour avec le» récolte» ! Aussi, ce qui doit lo plus surprendre, à rrntre avis, c’est qu’avec une telle manière d'opérer, une fertilité relative aussi grand o ait pu persévérer dan* les pays à blé, et co fait montre bien combien nos effort» pour obtenir des production* végétales ne sont qu'nnc aide donnée aux grand* phénomène» météorologiques et vitaux, et qu’il ne s'agit plu* ici, comme dans l'industrie manufacturière, d’uno production dont non* manions à volonté tous le* élé- ! monts. Il ne faut jamais l’oublier : quand il s'agit d’o*

Economie aoricqlk.

Economie agmcoi.e.

gricultitro, ni que «le» progrès très-réels pou» fussent trop exagérer notre pouvoir.

('«pétulant, tou» le* bon* agriculteur* n voient reconnu, et Je* «avants allemand* tel* que Thaèr avaient formulé, en principe, la nécessité «l'accroître le plas |N»»s;ble le bétail «le» ferme*, indépendamment de la \ a leur propie du bétail, pour < «bleuir de belle* nieolto^ «le céréale?. C’c»t alors que les prairies artificielle» \inrent si heureusement translormcr l'agriculture, et un faisant jouir tous les sols, eu quelque sorte, de lu même fertilité «|uc les pays irrigues, permirent il tout cultivateur d’élever la quantité de bétail U plus convonablo pour son exploitation.

De ce jour fut créée l’industrie agricole moderne, qni ofu se poser ton# le# problèmes ot les résoudre de manière a obtenir lo maximum de produit. Cest à ce moment que corf&spoud l’enseignement agricole d’un des hommes qui furent le plu# utiles il la France (qui, bien entendu, n’a su le récompenser que par une statue après sa mort), M. Mathieu «lo Dombasle, qui démontra il satiété tons les avantages des nouvelles méthodes et entrevit clairement le dernier progrès dont il nous reste U parler, qui fournit, ce nous semble, la solation complète de la question économique.

Tandis que l’on préconisait en Angleterre la culture des plantes sarclées, du tumeps notamment, comme moyen de nettoyer parfaitement lo sol, en récoltant des quantités de fourrage très-considérables, on avait reconnu on Allemagne qtio le bétail se trouvait fort bien des résidus do distilleries. Autrement dit, la distillation des pomme# do terre, par exemple, luisso aux herbivores uno pulpe qui les nourrit autant que la pomme de terre, même avant qu'on n’ait retiré l'alcool. D’où cot immonso résultat que la production du bétail, obtenue dans dos fermes avec de# prairies artificielles d’une manière plus coûteuse que dan? le» pays de prairies naturelles, ce qui limite la production ou, si l’on aime mieux, rend la culture des céréales plus coûteuse, reprend la supériorité, si l'on emploie une racine qui, avant de nourrir le bétail, a donné un produit industriel. C’est ainsi que la betterave etuployée à fabriquer le sucre a créé dans nos départements du nord une incroyable richesse agricole, un accroissement «le bétail dont nous donnerons idéo en citant l'arrondissement do Valenciennes, qui a aujourd’hui c<-nt fois lo nombre «le bêtes h cornes qu'il possédait auparavant. I.a distillation do l'alcool, qui se monte aujourd'hui dans les fermes où la betterave passe ù la fermentation avant d’aller k l'étable, va être lu généralisation de cette prospérité. (Voy. msni.t- inox.)

Ainsi, au point de vue «les produits, une exploitation agricole produira aujourd'hui : céréales, produits industriels, tels qu’nlcooï, colza, léta l et ses produit*, tels que laine, lait, etc. On voit comment l'agriculture peut créer, l'abondance de l’engrais étant la cause de l’accroissement de la production végétale et inversement, de» produits propres ù assurer des rentrées considérables.

111. Moyens de diminuer les dè/tenses. — Nous venons do voir comment l'agriculture produisait des valeur» considérables; le moyen d’obtenir le produit net maximum consiste donc k faire conconlor cette abondance «lo produits recherché» avec un minimum de dépenses journalières. Les efforts dirigés dnn* ccttc voie sont très-grands, et les résultats étaient «Fautant plus assuras que la question était tout h fait Industrielle, qu’il «'agissait do travaux mécaniques que l’industrie sait exécuter à bon marché par l'invention des machines. ( “c«t ce qu'a parfaitement senti M. Barrai, «apporteur à FKxpo-.it ion do 1855, qui s'exprime ainsi à propos do la machine îi moissonner, une dos nouvelle# :nventions d’outils d'agriculture qni attirait à juito titre l’attention putdique.

» Lo progrès dan# la construction des machine» ngri- Ullci a pour ré»ulLit, non-seulement de mieux faire faire le» différents travaux auxquels ces machine* sont destinées, mais cncoro do lo* faire exécuter à meilleur marché et en économisant la main-d’œuvre. Substituer aux bru» de l’hommo la force dos animaux, ot mieux cncoro celle des moteurs inanimés, eau, vent ou vapeur; demander à l'homme l'intelligence et l'affrcssc, et multiplier par les machines la puissance de son action sur le aol et snr les produit* de la terre, c'est le problème que résout notre époque. Le* peuples neufs, entrent avec uno ardeur victorieuse dans cette voie qu'ont ouverto leurs devanciers. Ainsi, f Amérique rend tout d'un coup pratique la machine à moissonner qu'avaient rêvée lo# Romains, quo s'ôtaient ingénu» à ébaucher les cultivateurs de presque tontes Ifc» partie* du vieux continent. Le* livres d'agriculture de toute# les époques donnaient des descriptions d’engins imparfaits imaginés dans le but de dépouiller le sol de scs riches récoltes assez vite pour que les Intempérie* tic [lussent pas toujours meniccr do destruction le» fruit •le la terre au moment où le cultivateur »o dispose ù le» recueillir. Mais, il y a quelques mois encore, on regardait commo chimérique l'espoir do pouvoir obtenir une machine qui laisserait la faux inactive, l'n des principaux résultats de l'Exposition universelle de Paris aura été do montrer des machines il moissonner «*t ù faucher qui font mieux le tmva*l de la coupe du hlé ou du foin, que beaucoup de charrues na labourent nos champs. L'Exposition universelle de L*n«lres avait fait croire quo les ajçricultcnrs américains trouvaient plus avantageux de coaper imparfaitement tous les blés dorant leur* vastes plaines, d’en abandonner une partie, que do s’efforcer de lien moissonner lo reste à bru* a hommes. On disait ; c’est uno affaire de rareté «lo main-d’œuvre ; en Europe, où l'on a encore des brn.x pour faire la moisson, les machines h moissonner ne muraient servir. On croyait d’autant plu» que l’on était dans le. vrai en raisonnant ainsi, que les essais de la machine écossaise de Bell, qui, disait-on, était identique aux machines américaines, ne donnaient que des résultats très-peu satisfaisants. L’Expo*iliou universelle de Paris a fait voir quo le» agriculteur* américain», certainement poussés par les intérêts de leurs conditions économiques, avaient assez bien résolu lo problème du moissonnage par les machines, pour pouvoir doter le monde entier de leurs puissant* appareil*. Les mêmes circonstances qui ont conduit ù perfectionner les moissonneuse* ont dû aussi jpertdror les perfectionnement* à l'aide desquels le* machine» ù battre sont devenues si énergique*, si rapide», entre les mains des Américains. Récolter vite le# gerbes de bié et en obtenir nu*»itôt du grain prêt à être vendu, c’est bien la lu solution du problème dos subsistance» pour de* populations essentiellement commerçante*.

•• lui vue simple des machine» à moissonner dnn* la galerie de F Exposition universelle no pouvait donner une juste idéo de leur valeur. Lorsque leur* organe* multiple*, qui exécutent tant de mouvement* «lifteront* empruntés ù uu seul principe d’activité, sont à l’état de repos, on est tenté «le regarder ce» engins comme le* produits d'une imagination en délire. Si ces machine*, qu'on nous passe l’expression, restent muette*, on est disposé à nier la possibilité de le* employer dan» la pratique. Mais la pcène change, si de vigoureux chevaux leur sont attelé*; alors on o*t émerveillé do l’exactitude et do la rapidité des mouvement* parfaitement appropriés au travail qu’ou leur demando ; les tiges do blé tombent en gerbes pressée* et complètement disposées k être liée*, avec une telle vitesse quo l’ouvrier moissonneur jette sa faux comme désonnais inutile. *

Nous avons cité ce passage in eslenso, non pour ce qui n rapport h une intérc»«nutc machine ( voyez

ÉCONOMIE AGRICOLE

ÉGOUTS

moissonneuse) , mais parce qu’il rend parfaitement compto de co qui se produit lors de toute nouvelle invention de machino agricole. Leur construction , parvenue aujourd'hui a un haut degré de perfection, et qui tend à s’améliorer chaque jour, R diminué les travaux agricoles dans des limites qui semblent bien se rapprocher de celles du possible. Tous les travaux de grange sont enlevés au travail humain par les machines h Lattre, les tarares mus par la vapeur ou un manège,etc.. et les travaux sur lesoî.singulièri'tnentréduits par la perfection des machines, clinrruos et autres, qui opèrent parfaitement avec un tniuimum do tirage, ou remplacés en grande partie par le travail des chevaux, comme la moissonueuso dont nous parlons plus haut, par l'extension du système de culture économique qui a fait substituer la charrue h la bêche.

D est toute une partie des travaux agricoles que l’on s’applique actuellement à réduire à une faible dépense annuelle par d’importants travaux antérieurs; nous voulons parler de la distribution et de l’enfouissement des engrais que l’on remplace par le système dit des engrais liquides. Comme c’est surtout par les parties solubles qu’ils renferment que les engrais sont utiles, il en résulte que si l'on place des conduites souterraines en fonte à partir du réservoir placé au centre de l'exploitation jusque vers les extrémités, on pourra, on assemblant un tuyau Qcxiblo h une des tubulures saillant de loin en loin, arroser les champs soit avec des engrais plus ou moins étendus d’eau, soit avec de l’eau pure partant du réservoir. C’est, on le voit, réaliser avec peu do main-d'œuvre les conditions de la culture maraîchère, c’est-à-dire obtenir le maximum des produits, la multiplication des récoltes annuelles sur uno même surface. Cette pratique, qui se propage dans les romtés de l’Angleterre où l’agriculture est le plus avancée, peut trouver des applications partielles pour les parties consacrées aux cultures les plus précieuses d'exploitations très-avancées, surtout pour certaines cultures fourragères, qui donnent, ainsi conduites, des fésultats considérables. L'nbscnco d’humus assimilable daus ces engrais liquides doit faire craindre que ce système prolongé sans interruption, Ot employé seul, n’épuise lu terre.

IV. De la jxlite culture. — Tout co quo nous venons de dire s’applique à l’industrie agricole exercée sur uno assez grande étenduo de terre, aux procédés propres à assurer le produit net le plus élevé. La question ne doit pas être posée de même pour la petite culture pour laquelle le produit brut doit seul être considéré. Qu’importe que le journalier, propriétaire d’un petit champ, cultive plus chèrement à lu lèeho qu’à la charruo s’il fait produire par sa culture, à ce champ, le nécessaire pour sa subsistance et celle de' sa famille? L'homme n’est pas une machine qui donne tant d’unités do travail par tant do grammes de sueur coûtant nno somme déterminée. Les mobiles qui font mouvoir ses bras sont aussi de l’ordre moral, et l’indépendance peut bien s’ucheter par un peu plus de travail qm, par une culture maraîchère, fn.t rendre à une faible étendue do terrain parfaitement défoncé à lu beche, sarclé, soigné de toutes manières, un produit brut considérable.

Si la culture maraîchère, c’est-à-dire la production des légumes et des fruits, est au Nord la ressource do la petite propriété ; eu s'approchant du Midi, on rencontre deux petites cultures qui donnent dcS produits nets trèsconsidérables. L’une est la cultur4,: Je la vigne, qui est do l’horticulture, qui demande des soins multiples de taille, d’émondage, etc., qui sont vraiment du ressort de la petite propriété et qui, dans les années prospères, récompense grandement le vigneron de 6cs efforts. L’autre est la soie, impossible à produire sur une échelle gigantesque et qui réclame au plus ha .1 point pour réussir l'ail du multro, Je dcvum-im nt de la mina gère.

FéTicitons-nous de voir que dans notre pays autant (Télémcats existent pour fairo le succès do la petite propriété, puisque, par son heureuse rivalité avec la grande dont le* produits deviennent si considérables, l'enrichissement général pourra *c développer rapidement pour le plus grand bonheur de tous les citoyens.

ÉGOUTS (assainissement, voirik). On a indiqué (page 172) los conditions à réaliser et les moyens à employer pour assurer aux populations dos villes les bienfaits d'une abondante distribution d'eau de bonne qualité. Mais il no suffit pas d'amener de l'eau pure dans une villo pour assurer son assainissement ; uno seconde condition de salubrité, non moins importante quo la première, consiste à assurer un écoulement facile et régulier aux eaux salies par le lavage des rues et des maisons, et aux immondices de toute sorte qui 6e produisent chaque jour dans les grands centres de population.

Fournir dos eaux pures à une ville, la debarrasser des eaux souillées par ses déjections, tels sont les deux termes de l’important problème de l'assainissement général d'une cité populeuse.

Les égouts forment, dans les villes convenablement assainies, un système de canalisation souterraine destiné à remplir ce dernier office. On essayera dans cet article do faire comprendre la nature de ces constructions et l’importanco des services, ignorée de tant do personnes, qu'elles Bont appelées à rendre aux populations urbaines.

Rome antique n’etait pas moins remarqnable par la grandeur et l’importance de ses égouts que par la perfection do son sy.-tèmo de distribution d’eaux pures. Tarquin l’Ancien commença la construction do co vaste système d'égouts que ses successeurs développèrent avec lo temps, et dont la célèbre cloaca mazima formait l’artère principale.

Le premier égout proprement dit, construit à Paris, est dû à Hugues Anbriot, prévôt des marchands, qni fit voûter, vers 4374, la rigole découverte qui conduisait les eaux du quartier Montmartre vers le ruisseau de Ménilinontant.

Sous Louis XIV, en 4663, la longueur des égouts voûtés de Paris n'était encore quo do 4,207 toises. En 4806, leur développement était de 23,530 mètres. En 4854, de 463,000 métros, et aujourd'hui, de 470,000 mètres environ. Si considérable que soit ce chiffre, il est loin de satisfaire encore ù tous les besoins ; la longueur des voies publiques, qui est de 428,000 mètres, excède encore de beaucoup, en effet, celle dos égouts. On estime qu'il reste à construire à Paris 66,400 mètres d'égouts de grande ot de moyenne section et 233,000 mètres d’égouts rlo petite section, non compris 80,000 mètre Igoats, qui ‘feront sans doute rendus

nécessaires par des constructions et des besoins nouveaux.

On indiquera un pen plus loin, d’une manière générale, les règles à suivre dans le tracé d’un système d’égouts. Mais il convient de faire connaître d abord, par quelques exemples empruntés à Paris et h Lomlros, les diverses parties de ce genre de construction.

Un égout proprement dit est, comme on sait, uno longue galerie construite en maçonnerie, présentant nne certaine ponte en longueur et servant a l’écoulement des eaux qu’elle reçoit. Les premiers profils adoptés sc composaient d’un radier horizontal ou légèrement concave et de deux pieds-droits verticaux réunis par une voûte cylindrique. Co profil a été adopté à Paris jusqu’en 1 83 1, mais il a reçu depuis lors do nombreuses modifications.

Quand les égouts ont une forte pente et qu’ils sont régulièrement lavés par un volume d'eau considérable, il ont inutile do les faire parcourir par des ouvriers, et toutes les formes du Miction deviennent admissible?,

ÉGOUTS

pourvu que leur débouché soit loffmt. An contraire, quand le» égouts ont peu do petite et qu'il devient né • cessaire de le» faire nettoyer h bras, il faut adopter un profil dans lequel un ouvrier puisse se mouvoir sans gêne. La hauteur son» clef doit alors être de I "»,75 au moins et autant quo possible de 2 mètres. La largeur du radier peut varier de 0°*,.H0 b O1*», 70 ; mais & la hauteur dos épaules d'un homme, la galerie doit présenter une largeur do U"*, 90 au moins. On a donc été conduit à remplacer les pieds-droits verticaux par des piedsdroite inclinés intérieurement, commo on lo voit encore dans prosquo tous les anciens égouts de Paris ( figuro Fi?. 3521. — An- 3521). cie a égout moyen

l>ans les égouts quo l'on construit de P*ri* (échelle aujourd'hui les pieds-droits sont cia* de 0,0 ft). très et sc raccordmt avec la voûte et le radier, de manière quo la section totalo de la galerie présente la forme ovoïde (fig. 3522) quo les ingénieurs anglais avaient adoptée depuis longtemps. Cette disposition permet de réaliser une grande économie de matériaux , et remplit d'ailleurs très-bien le but à atteindre.

Quelques anciens égouts de Paris ont été construits en pierres de taille, mais ces matériaux sont trop chers et d'ailleurs d’un emploi difficile.

En général, on cmploio la meulièro KroMiireraent taillée et faite avec „ f ,

de très -bon mortier hj-drmiliquo ou e

plus généralement avec du mor- rU (échelle de 0,01). tior de ciment do Portlnnd, de Pouilly, de Vassy ou autres produits analogues.

Dans ces derniers temps, on a fait de petits branchements en maçonnerie de ciment et de pierres cassées moulées sur place, qui ont très-bien réussi et ont permis de réduire l'épaisseur il U*", 15 pour une hauteur de I^.SO, en conservant la forme générale indiquée par la figure précédente. I^îs parois des galeries d’égout, quels que soient les matériaux qui les composent, doivent toojours être revêtues d’un enduit de ciment fin et parfaitement lissé, pour s’opposer à l’adhérence des matières étrangères et pormettro un nettoyngo complet et facile.

Lo prix des galeries d’égout, de forme ovoïde, est do 80 à 90 fr. à Paris, non compris la fouille, et dellüfr.

quand la largetirdu radier est portée h 0"*.70.

Lès profils d’égout dont on vient de parler seraient insuffisants pour les artères principales de la canal i sat ion d’une grando ville. L’égout do Rivoli à Paris, par exemple, qui sert d’égout collecteur à une partio de la rive droite, offre les dispositions indiquées fig. 3523. Il présente, outre la cuvette dnns laquelle couleront habituellement les eaux, deux trottoirs de O™, 40 de largeur, dont les angles sont garnis de bande* de fer destinées h recevoir les

ÉGOUTS. 213

roues des wagons employés au transport des immondices ou aux nettoyages.

Dos consoles en fonte, scellées dans les murs des égouts, serveut à porter les conduites d’eau, et, plus tard, il faut l’espérer, les conduites de gaz, afin que la voie publique soit débarrassée des houlevcrscmeots continuels que nécessite l'entretien de ccs deux classes de tuyaux.

Pour pénétrer dans les égouts et les aérer, on construit jusqu’à présent, de distance en distance, des puits ou regards qui montent jusqu'au niveau de la chaussée et qui sont recouverts d'une plaque en fonte. Ce» puits ont une section rectangulaire, les parois latérale» Bont formée» parallèlement à l’axe de l’égout par lo prolongement des pieds-droits, les deux autre» murs reposent sur la voûte qu’ils coupent suivant des plans verticaux. Des échelles en fer sont habituellement fixées à l’intérieur de ces puits.

I.’enu qui coule à la surface du fol de* rues est introduite don» les égouts par d’autres puits ouverts on dehors de l'axe de la galerie, afin que cette eau ne tombe pas sur les ouvrier» qui les parcourent ; un petit branchement a forte pente réunit ccs puits nu radier de U gnlerio principale. Quand il n’y a pas de trottoirs, les entrées d'eau se terminent pur une forte grille en Tonte, mais en général, h Paris, les bouches sont ouvertes son» les trottoirs. 11 est inutile de décrire en détail ces ouvrages très-simples qucj’on voit dans toute» les rues.

Los parties essentielles des égouts de* Paris, les galeries, les entrées d'eau, le» bouches, les grille», etc , retrouvent nécessairement dans lo* égouts de Londres, moi» avec de» forme» plus ou moins modifiées, en raison du rôle un peu différent qu’ils ont à remplir.

A Pari», comme on l’a dit précédemment, le curage des égouts »c fait en grande partio à la main ; d'un autre côté, les fosses d 'aisances jusqu'à présent ne communiquent pas arec les égouts et les eaux ménagères n'y arrivent point directement. A Londres, au contraire, les immondices de toutes sortes sont versées directement de» maisons dans les galeries d'égouts, et l’on cherche, autant quo possible, à réduire lo curage à la umiu.quo l’on regarde commo une oxeeption fâcheuse, en facilitant de toutes les manières l'entrainement des corps solides par l'écoulement des eaux.

Les galeries d'égouts, c««istruitc» à Londres et dan» les principales villes d’Angleterre, depuis quelques années, présentent une section ovoïde. !-n figure 3521 donne le profil exact de la classe moyenne des galeries principales adoptées en général dans Fig. 3521. — Égout la division de Westminster et du quartier de West- d'une partie de Middlesex. Ce» minster , h Londres guleries sont en briques tnaçon- (crhelle de 0,01). * nées au ciment, dnns la partie couverte de doubles hachures, et seulement ou mortier de chaux hydraulique dans les autre? parties.

Quelques- uns des ancien» et dos plus importants égouts do Londres ont un profil analogue à celui des vieux égouts do Paris, et atteignent de» dimension» énorme». L’égout Fleet, par exemple, qui assainit une surface de 1,798 hectares environ et s’étend do Higbgato jusqu’à la Cité, a 3" ,71 do lurgo sur 3“,52 dnns la traversée de la Cité, et 5®, 61 do hauteur, sur '1m,6i do largeur, à son embouchure dans la Tamise. Malgré cette grande section, le débouché do cet égout est souvent insuffisant. On estime qu’il reçoit par an 75,457 métro» cubes de matières solides, formant à peu près -j-L-, du volume liquida qu’il verso chaque année dans la Tamise.

2i s taotrrs. knouts.

toi mire complètement lo but prtpwé, en établissant Ica communication* nvoc lo» égout* nu moyen de tuyaux en poterie de trè*-l>onnc qualité. Pour a»»urer le succès complot do co mo«le d'assainissement, on évite de faire communiquer directement chaque mai «on avecl'cgoùt principal, mai» on divise chaque quartier en groupe* do maison» cotiimuniqunut chacune avec un matin tuyau qui débouche à son tour dans l'égout. l>e cette façon, ce maître tuyau constamment traversé par un volume d'eau considérable est parfitftfmcnt curé, et d'un autre côté, en réduisant lo nombre de* tuyaux qui débouchent dans l'égout, on diminue 1<N chances du dérangement du système d'n*Miiiii».»etmnt et les causot d'obstruction des galeries principales oUe*uièmes.

Les tuyaux en grès verni ont semblé à MM. les membres de la commission des égouts de Ixmdres preférable» à tou* les nuire» genres de conduits. Chaque tuyau est terminé à l’nne de se* extrémité* par un évasement dans lequel s'engage l'extrémité du tuyau précédent. On garnit le joint en lion mortier de ciment. Les coudes, les tuyaux de branchement, etc., sont établis de la même manière.

I.e» tuyaux en terre dont on vient de parler se raccordent sans difficulté avec la galerie d'égout. A Londres, lorsqu'un particulier vent luire arriver un couduil dans un égout public, il doit en demander l'auturitalion aux commissaires. Lorsque cette autorisation c*t accordée, le demandeur fait ouvrir les tranchée* nécessaires et prévient le# commissaire» de leur achèvement. Ceux-ci envoient un ouvrier spécial chargé d'exécuter, conformément h leur.* Instruction», lo raccordement et une amorce do il pieds du longueur pour le conduit projeté. Ce travail s'exécute moyennant un prix fixé «l'avance à 13 fr. 2Î> e. pour l'ouverture du mur de l'égout, la po*c de l'embouchure et la reconstruction des partie* environnante*. La pente de ce» conduits,

«le leur arrivée û l’égout, no doit pn» ètro inféi à 1/18.

Dau une oxpérionco officielle, il a été constaté qu’un tuyau en grc* verni «le 0"\30 do diamètre et do ITlJ mètre» de longueur a pu donner passage a toute* le* matière.* provenant d'une étendue do I7\77. l'n tuyau de grès verni de 0"»,U75 de «lîamètre sortit u l'écoulement de toutes les déjections de 30 ou 40 maisons do I-ondre» d'importance moyenne.

Tour intercepter lu communication entre les égouts et l'intérieur de* maisons, on emploie «lilTê- L’erobouchure dit tuyau «Uns In î«t ordinairement garnie d’un claie ou en tôle gai \ anisée. Mais ce mode do n 'est jamais assez parfait pour empêcher gnz odorant* de pénétrer dans les intérieur» ; tons les moyens employé», les tîjJtons pu raison corc aujourd’hui le moins défectueux. J.c grès verni sc prête parfaitement à la fabrication «les appareils do cotte espèce. Dan* l'impossibilité d entrer ici dans le* détail» minutieux que t**.mgorterait ce sujet, on se bornera k renvoyer « la ligure 35&jqui iudique les forme» d’i n siphon en gr« » Molg ailapté h un évier et à une gr.llo placée dan» nue cour.

Le service de* égout* de Londres constitue une administration dont on fera comprendre toute l'importmicc eu rappelant seulement qu'il a été construit dnu» cette ville de 4833 à 4843, plus de I *13,1 4*7 mètres de iralcrie* d’égout.

A près ces indications sur le modo de construction des parties essentielle» de» égouts, il reste h faire c« muait ru le* conditions h remplir dan* te tracé d'un sys- . tème général «le HUiafion souterraine, et à fignnler /. quel «pic» l omlition* Auxquelles on doit raluf.iire duu*

Los forme* de» galeries d'égouts varient en Angleterre d'une ville à l'autre, et laissent beaucoup & délirer dans quelques-unes d'entre elles. A Lnncastro, les égout* sont formés d’une large dalle sur laquelle on élève deux murs verticaux, formant pieds-droit», et que l'on recouvre d'une seeomlo pierre plate. Le* canaux principaux ont U«*,7ü de hauteur, sur 0"*,4i «le largeur. IL» coûtent environ 8 fr. le mètre courant. I,cs branchements principaux sont rectangulaires et ont U*,« de côté ; il» coûtent ü fr. le mètre; enfin les conduit» qui pénètrent dans le* maison» n’ont «pie U"', lo «m 0«*,2U do côté et coûtent i fr. 70 c. seulement.

Tous ce* canaux sont, ou le conçoit, tout it fuit in- Miflisants. 11 eu est de même à Nottinglmm, ù Bristol et dans plusieurs autres v die» que l'on pourrait citer.

On ti'insistarn pas davantage sur le mn«lo du construction dus égouts en Angleterre, mais il ne sera pan inntile d'indiquer les moyens adoptés chez no» voisins |K>ur mettre les maisons en communication avec le» égont*.

l^cs canaux anciennement établis pour mettre en communication les maisons avec les égout.» laissent un général beaucoup il désirer. Il* sont souvent formé* de quelques brique* groasièremeut assemblée*. Lee commissaire» des égouts du Lombes, trappe» des inconvénients grave.' qui résultaient, pour la salubrité publique, d’nn état de choses uus»i défectueux, ont fuit de la •jneetion une étude spéciale, iljr a quelque» année*, et ««ni arrivés à un mode du construction dont on attend de bons résultats.

Tout système complot d'n&suinUsemcnt des maison* particulières, tel que le conçoivent le* ingénieurs dus «•goût* do Londres, doit satisfaire à lacomlition que le» canaux de communication puissent entraîner, ni ns produire m gi nu ni odeur, toute» le* matière* à rejeter •Inn* les galerie» principales d’écoulement. I.’cuu (levant d ailleurs être fe n ul instrument de curage, il faut évidemment qu'elle puisse entraîner les matières solide* iiitroiluitcs dans les conduite.-, mais que le.* entrée» *io ces conduite'» soiuul défendue* pur de» grille? a >»ez

serrées pour S’opposer h l'introduction des corps do nature 4 produire des obstructions inévitable».

Les commissaires dus égcAits pensent pouvoir nt

EGOUTS

le* •nvnpi <lo cette espèce cl dont il n'a pas encore été lait mention.

Chaque voie publique, dans un état de chose* nor mal, doit être pourvue d'une galerie d'égout sur laquelle chaque propriété riveraine puisse greffer directement sou égout particulier. Il doit exister dus bouches aux points les plus bas des ruisseaux qui entourent chaque Ilot de maisons et une borne-fontaine aux points leplus hauts.

Les dimensions données aux égouts pour rendre pos»iblo leur visite fréquente par les ouvrier» sont plus que suffisantes pour assurer l'écoulement de.

« aux distribuées dons la ville la plus faiqrisée. Mai» elles ne suffisent plus pour l'écoulement des eaux d'orage dans les égouts collecteur» chargés de l'afsainis- -oiuent d'une surface un peu étendue. M. Ilelgrand. <!nns ses projets d’égout* pour Tari», estime qu’il faut douncr aux égouts de faibles pentes do 2 h 3 mètrecarrés de section par <00 hectares à desservir. Pan*, les villes, on peut admettre que l'écoulement de l'eau d’un orage dure deux ou trois fois autant que l'orag-lui-même, et l'on peut prendre dans le climat de Pari- 45 ii 50 millimètres d’eau tombée par heure pour l’orage maximum moyen.

I.o tracé des égouts dons une grande villo comme Paris et l'utilisation des travaux antérieurs exécutés sans aucune vue d'ensemble, est tin des problèmes lopins compliqués que puisse présenter ce genre de construction. Le projet dont le» ingénient» du service municipal poursuivent aujourd'hui l'exécntion est do.» plus remarquables, et peut donner jiour l'avenir satisfaction h tous le» intérêts. San» outrer ici dans de nu milieux détails «le tracé , il »uffira de dire que l'on a voulu «lébarrasser la Seine, dan* la traversée de Paris des immondices quo les égout* y versent encore, et en mémo temps abaisser assez le niveau du débouché du collecteur général , pour que les crues ordinaires du fleuve ne puissent plu» suspendre lo fonctionnement de galeries des quartiers bas, comme elles lo font aujour d'hui.

A cet effet, l'égout de Ilivoli, dont on n parlé, a été disposé comme égout de ceinture pour recevoir presque tou» les égout* de la rive droite. 11 se «léverse il sou tour, ainsi que toutes les autre* eaux qu'il n'a pu rc cueillir, dans un iramcnnc égout souterrain qui débouche à Asnières . après lo long circuit que fa t la Seine en sortant de Paris.

Les égouts de la rive gauche doivent aussi se réu nir, d’après Ici projets, dans un égout de ceinture qui • franchira la Seine, par un siphon renversé, pour aller également rejoindre l’égout d'Asnières.

L'égout d'Asnières est le plus grand ouvrage de rc genre qui existe. 11 a 5®, 6 de largeur et 4®, 40 de

hauteur.

Les eaux d’orage , à l’aide de déversoirs ot do galeries, s'écouleront encore h la Seine lorsqu'elles atteindront dans les égout» une certaine hauteur.

Aux termes du décret du 26 mars 1852 : • Toute » construction nouvelle «Inns une rue pourvue d'égotu* « doit être disposée de manière à y conduire les eaux - pluviales et ménagères. • La même disposition cm applicable à tonte maison nnoicnno, en cas de grosseréparations, et, en tout cas, dan» un délai qui expirera en I8G2.

Ce «lécret a*»uro l'assainissement do Paris le jour où il aura reçu une application générale. Il donno h l'administration , pur simples mesure* réglementaire* , le moyen do réaliser complètement le» amélioration» le- plus utiles. I.c* galeries «le uoimminicatiou dont il s'agit, que l’on établit maintenant et dont il n déjà été construit <3 ou 4,400, à Paris, ont 2®, 30 de hauteur ( et <®,30 «lo lurgeur.

L'entrée do ces galerie» porte dans l’égout lo même

ÉGOUTS

numéro que celui de la maison «lan» la rue correspondante ; elle est fermée par une grille en fer à deux clef» dissemblable», dont l'une rc*tcrn entre les mains des agent* de l'atlministration, et l’autre entre celle* du propriétaire, pour que la porte ne puisse s'ouvrir quo d'un rommnn aceonl.

Quoi quo soit le parti que l’on adoptera pour lo régiino do» fosse* d'aisance», la vidange pourra faire souterrnim-niont , et In ville se trouvera affranchie de* opérations qui rendent aujourd'hui véritablement odieux le parcourt de* rues de Paris pendant la nnit.

Le système de» vidanges de» ville* est donc intimement lié à celui de* égout», et nous devous dire quel* «pie* mots do» divers système» proposés à cet égard. Kn supposunt que l'on conserve le système actuel «les fosse», «>n vient de voir que la vidange pourra «'en faire avec beaucoup moins d’incon\énicnt ipi'uujourd'litii. Mais le système «le* fosse* est condamné par tout le mondo. En ce moment l'n<lmini*trution municipale de Pari» parait disposée à admettre un système de fosses séparant les produit» solide* des produits liquides, et jetant ceux-ci ou directement dans l'égout, ou dans des conduits spéciaux, qui ont nn‘*mc été ménagés duns quelques égout*, pour le» recueillir séparément et les utiliser ensuite en agriculture. Cette dernière solution nous parait excellente. Quant au coulage des liquide» à l’égout . nous le Regardons comme détestable, on infectera l’égout, la Seine, et on perdra uuu valeur cou -idérnble. Los matière* employées pour désinfecter les liquides de* fosses et fixor leur» principes fertilisant», sont loin de donner les résultat* qu’on en attend, et seront, toujours, en pratique, d'un emploi difficile et fort incertain.

Il nous rc»te il examiner quelle est la valeur commo engrais agricole «le* produit» de* égouts et des vidanges dont nous «b'ipnndons que l’ou assure la fueile utilisation on agriculture.

Les nombreux autours français et étranger* qui ont écrit sur l'utilisation comme engrais des déjections des grandes villes, sont bien loin de s'accorder, sur la valeur agricole de ce* produits. Leur* calculs reposent en général sur de* appréciations extrêmement vaguer, ou sur des donnée* physiologique» résultant d'ob-ervatioqg individuelles, qu'il serait impossible d’appliquer sans erreur grossière aux grands centre» do population.

11 m’a semblé quo le premior élément do tout projet * sérieux d*tsaainisrement de» ville» devait être la connainsanco de* prodnits recueilli» d'une inunièreprntiqiic, et pouvant être mis réellement n la disposition de l'agriculture. C'est le but d’une »érie d’analyse» exécutée* en <854 au laboratoire de l'École des pont* et chaussées, et dont je vais indiquer le» principaux résultat*.

Au lieu d’obtenir le résultat cherché, ainsi qu'on l'avait fait jusqu'à présent, en multipliant, par la population «le Pari», le chiffre obtenu par de* observation* faites sur quelque- individus seulement, j’ni fait porter les analyse* sur le produit moyen delà ville entière. C*c»t en l visant les totaux ainsi obtenus par le nombre des habitant» quo l'on peut arriver à une moycnno applicable avec exactitude aux grandes ville* placées duus de» comblions analogue* à celles do Pari».

I.e» produit» de la voirie d'une grande ville sont : 1* le- houe* et immondices recueillie* »tir la voie publique: le* matière» extraites des fosses d’aisances;

3° les eahx «l'égout.

Jji première classe de produits est utilisée dopai» longtemps par les cultivateur» des environs de Paria et do tonte* les ville» de quelque importance. I-cnr valeur et leur emploi sont parfaitement connu*. Eminemment encombrant», ces produit*, dont 1a ville doit â tout prix m débarrasser chaque matin, ne sauraiont être transporté» à de grande* distance*. Il* sont forcément coii-omuiés dau» une zone fort étroite, ou ils font

«ta

Arf»?

216 ÉGOUTS

concurrence , pur leur bas prix , h tous les autre* entrais que l'on essayerait de leur substituer. Le perfectionnement des procédés d'assainissement de Paris aura (Tailleur* pour effet naturel de diminuer, au profit des deux autres natures de produits, la masso et la richesse comme engrais de ces matières. Aussi n'a- 1- il pas semblé nécessaire d'étudier ici cette première classe de matières fertilisantes. On se bornera à l'examen des deux autres classes de produits.

L'analyse de tous les échantillons examinés a été conduite dn lu même manière. On introduisait dans un ballon de verre pesé avec une balance h analyse, un litre ou un demi- litre du produit; ce ballon était placé dans un bain-marie d'enn saîée bouillant h 108°. Un bouchon adapté nu col du ballon et garni de tubes de verre convenablement disposés, permettait do recueillir les produits do la distillation dons un volume connu d'acido sulfurique titré, et de faire passer un courant d’air sec sur le résidu Bolide pour en compléter la dessiccation- Lorsque le poids du ballon ne variait plus, on le pesait avec soin, et en retranchant dn poids obtenu celui du ballon vide , on obtenait le poids du résidu solide séché à 108° contenu dans le volume liquide sur lequel on nvait opéré L’ammoniaque recueillie dans l'acide sulfuriqne titré était dosée avec les précautions ordinaires, après avoir chassé f acide carbonique et l'acide sulfbydrique condensés dans le liquide.

On brisait ensuite le ballon pour détacher le produit solide et déterminer la proportion d'azote qu'il renfermait. Cette détermination a toujours été faite par la chaux sodée et par l’oxyde de cuivre. Les deux méthodes ont constamment donné des chiffres trèsrnpprochés, dont les différences n’ont point paru excéder les limites que comportent des recherches exécutées sur des produits aussi complexes et aussi peu lipmogènes. .

Les opérations n’ont point porté sur les produits d’une ou de plusieurs fosses, prises isolément, qui auraient plus ou moins différé de la moyenne, mais sur le mélange de tous ces produits tel qu’il sort de la conduite en fonte établie entre le dépotoir de la Villette et les bassins do la voirie de Bondy. La composition de ces mélanges varie sans doute un peu d'un jour à l'autre, et, pour arriver K une exactitude mathématique, il aurait fallu pouvoir multiplier les essais beaucoup plus que les circonstances ne permettaient de le faire. Cependant les précaution» prises dans les expériences dont il s’agit permettent d'assurer que les chiffres obtenus sont très-voisins de la vérité, et qu'ils offrent un degré d’exactitndo parfaitement suffisant pour les besoins do 1a pratique.

11 serait inutile de reproduire ici les détails des différentes analyses; il suffira de dire que les liqnides troubles chassés dans la conduite de Bondy renferment en moyenne par litre î 4® Azote combine :

Azote de l'ammoniaque extrait Cr.—r.,

par distillation 3,0691

Azote du produit 6olido 0,9470 0,9470

Azote total 4,0164

2* Matières organiques, non compris l'azote :

Carbone 9,5723

Hydrogène 4,5895

Oxygène 3,4580 44,6198

3* Matières minérales :

Acide sulfurique 0,6161

Acide chlorhydrique 2,4471

Acide phosphorique. . ....... 4,2213

A reporte/. ........ 45,5668

ÉGOUTS

Report 45,5668

Soude et potasse 2,0844

Chaux ? 4,0431

MagDésie. 0.0782

Alumine et peroxyde de fer . . . 4,0931 Silice et argile insolubles dans les

acides 4 ,5967

Acide carbonique et matières non dosées 4,3771 44,5540

Total dn résidu solide par litre. . . 27,1308 Il est maintenant facile d’évaluer la masso totale des matières fertilisantes des produits des vidanges do Paris.

On admettre, pour fixer les idées, que le produit do la voirie de Paris s’élève maintenant, par an, à

354.000 mètre» cubes de substances d'une composition moyenne analogue à celle des matières soumises à l’analyse.

Cela posé, il suffira de multiplier par 354,000,000 les différents chiffres donnés dans l'analyse ci-dessus, pour reconnaître que lo produit annuel des vidanges de Paris, pour une popnlntion d'un million d'hAbitants environ, renferme :

Azote combiné:

Azote do l’ammoniaque

des liquides 1,086,567.60 )4,421,805.60

Azote des produits solides 335,238,00 |

Matière organique non compris l'azote *

Carbone 3,388,488.00»

Hydrogène 562,506.00)5,175,426.00

Oxygène 4,224,132.00)

Produits minéraux :

Acide sulfuriqtto .... 218,099.40 \

Acide chlorhydrique . . 866,273.40 J

Acid, phosplïurique. . . «|,JOi.80 1 4 000,((6.00

Soude et potasse . . . . 736, 81 o. 60/

Autres produits miné- 1

rmux 4,836,622.80/

Total général 40,687,047.60

ou plus simplement :

Azote de l'ammoniaque. . . 4,086,5671.

Azote des matières solides. 335,238 | '

Matières organiques , non

compris l’azote 6,475,126

Matières minérales . . . . 4,090,446

Les chiffres précédents permettent de calculer, rar nue simple proportion, la composition du produit des vidanges dans presque toutes les villes de France, qui, sons le rapport de ce service, sont à peu près dans les mêmes conditions que Paris.

La quantité d'azote des vidangea de Taris est égale à celle que contiendraient 355,451,250 kilogrammes do fumier normal (dosant 0.4 pour 100 d'azote). Fn admettant que la fumure annuelle d’un hectare soit de

20.000 kilogrammes de fumier, on trouverait que la quantité rl’azoto des vidanges suffirait pour fumer 47,772 hectares par an. Mais on sait que les engrais de cette nature sont beaucoup plus actifs que le fumier ordinaire et qu’ils renferment beaucoup plus de sels minéraux utiles. Pour établir une comparaison plus rigoureuse, il convient de s’adresser à la pratique des cultivateurs des environs de Lille, qui emploient les engrais dont il s'agit. Or, chez les meilleurs fermiers de ce pays, on emploie environ, pour une forte fumure, 18 mètres cubes d’engrais flamand contenant 48*. 6 d’azote, d’après les analyses faites en même temps qne celles qui font l’objet de cct article. D’après cela, les

TjU

îxïouts.

produits des fmscs do Paris pourraient servir à la fumure ilo 29,2io Jioctarc» par an, soit en nombre rond de 30,000 hoctarcs. Iji valeur réelle de ce» produit» * Cht donc de 4,500,000 francs à 2 millions.

On sait d'ailleurs que cet engrais ne murait être exclusivement employé, que son action doit être nécessairement alternée avec celle des engrais plue riches on rarbono et moins riches en sel* minéraux. Si Pou voulait employer en agriculture la totalité des vidangede Paris, il {faudrait les mettre à hi dispo-ition d une étendue do sol arable au moins triple de celle qu'elle* pourraient féconder annuellement, soit en nombre rond de f’ 0,1100 à 100,000 hectares.

Quaml on cherche à se rendre compta du prix de transport de ces matières dans de» vases hermétique meut clos, soit par chemin» de fer, soit par voies navigables, on reconnaît bien vite qu'elle* ont trop peu do valeur pour supporter des frai* de transport* aussi longs que ceux qui seraient nécessaires pour déparer la sono où s'emploient les boucA de ville, et atteindre les pays situés plus loin, qui pourraient seuls les utiliser avec économie.

Pour effectuer ces transports si utiles ù l'assainisse ment de la ville et »i l’agriculture, on ne peut donc recourir qu'à l'emploi de tuyaux de conduites et de pompes foulantes à vapeur, comme l'a fait pour la première fois et avec tant do succès M. l'inspecteur général Marv ponr l'établissement du dépotoir, Dan* ces conditions, les transports peuvent s'effectuer à des prix tout à fuit en rapport avec la valeur des produits dout il s’agit.

Ôn pourrait craindre que dans les première* nnnécl'croploi do ces engrais no fût pas accepté avec assez d’empressement dans les campagnes et qu’il n’en résultât quelque* mécomptes. Mai» l'exemple des avantage* obtenus convertirait promptement les incrédules, et d'ailleurs il suffirait, comme l'a indiqué M. Boussingault, d'autoriser la culture du tabac, plante si avide do ces engrais, dans les départements traversés par la conduite, pour assurer la consommation rapide do tou? les liquides qui seraient envoyés.

Les renseignements si précis et si intéressants donnés par M. llussou dans son ouv rage *ur le» Consommations Je la tille de Parie, m'ont fourni récemment une vérification indirecte de ces résultat» analytiques déjà .ancien*.

.l’ai calculé la quantité d'azoto et de matières miné raies contenue dans In quantité de rbaquo aliment consommé annuellement à Taris, et j'ai pu ainsi comparer le poids de ces matières entrée* à Paris, d’après les chiffre* de M. Husson (page 140), à ceux des même* matières sorties, déduits de me* analyses. San* reproduire ces longs tableaux de chiffres qui occuperaient trois ou quatre pages, je me bornerai aux observations suivantes :

On retrouve dan* les vidanges transportée* à Rondy de la moitié aux deux tiers seulement des sel* minéraux introduits par les aliments consommé*. Pour l'azote, la perte est plus considérable encore. La vidange ne renferrao pa* plu* du tiers do la.quautité de ce corps introduit par le* aliment*.

Ce* résultat* s’expliquent facilement et confirment le* chiffres do l'analyse.

Une partie des fosses de Paris, malgré les règlement* de police, ne sont point étanche* : dans beaucoup do quartiers, certaines fosses n’ont jamai* été vidée*. D'un autre côté, une grande partie do» urine* sont répandues sur la voie publique ; on comprend donc qu'nne très-notable ]*nrtio de» produit* qui de vraient être recueilli* à Rondy *e perdant de différente* manières. Quant à la déperdition d'azote, beaucoup plu» forte relativement que celle des autres produits, «Ile s'explique trop facilement par les exhalaison» in-

fcfiOUTS. 217

fectos que l'on observe dans les' rues et Ica maisons do Paris.

Le» chiffrée qui précèdent ne justifient que trop Ici plainte» générales que soulevé le système vicieux qui régît le* fbtse* et le* vidange* de la capitale. Plus «le 3 millions et demi de kilogrammes d'azote sont perdu* chaque année h Paris pour l'agriculture, et sur ce chiffre i million» do kilogramme» au moins sont entraînés à l’état de miasmes infects, qui corrompent l'atmosphère, et concourent pour une large part n linsalubrité do la ville, dont fuir se rapproche ainsi, par su compo;«;t!on, de celui de la surfine d'un immense tas de fumier. .

La composition des eaux des égout*, dont on va parler, o*t beaucoup plus variable d'un jour à l'autio et d’un point à l'autre que celle des produit» de la voirie. Pour arriver à une évaluation à peu près exacte du la valeur de ce» liquide», il faudrait en fnire puiser, d'heure en heure, dan* les divers égout» de Pari», faire un mélange do ces différents échantillons, en quantité» proportionnelles au débit correspondant, et analyser lus mélanges ainsi formés chaque jour pcndanu,unu assez longue période de temps. Ou ne pourrait entreprendre une (arcillc étude sans le concours actif do l'administration municipale. Dè* lor», j'ai dû réduire mes analyses nu petit nombre d'échantillons que je pouvais obtenir, sans abuser de L'obliguance de MM. le* ingénieurs du ‘service des égouts. Du reste, ce* échantillons ont été recueillis dans des conditions se rapprochant autant que possible de la moyenne, do sorte que les chiffres obtenus, qui concordent assea bien avec ceux résultant d’un autre ordro de considérations, ne doivent pas s'éloigner beaucoup de lu réalité.

Voici quelques-uns de» résultats obtenus.

1 . Fmh du yrand é; /ouf. — Cette eau a laissé par litre 95,187 de résidu solide, contenant :

Azote 0,137

Matière» organiques, non compris l’nxotc. . 2,840

Cendres 6,201

Total. . . . ~9,lt*7

Pendant la distillation, il *o dégage une quantité

d'ammoniaque répondant à 03,031 15 d'azote.

Cette eau renferme donc par litre 0M68 d'azote combiné.

11 n’a pas semblé utilo de pousser plus loin l'analyse du résidu solide, trop pen homogène pour fournir un renseignement intéressant.

2. Eau Je l'tyout de Rivoli. — Cette eau a laissé par litre 28,138 do ru*idu solide, contenant :

CWM)II.

Azote.../.... 0,0021 i

Matières organique», non cdmpris l’azote. 0,62087 Cendres ï $*• ’ 4,50600

Total. . 2,13800

Pendant la distillation, il se dégage une quantité d'ammoniuque répondant à 0?, 04307 d'azote.

Cette eau reufenfae donc par litre 08,0458 d’azoto combiné.

Ün autre échantillon d’eau pniséè deux an» plus tard dans lo même égout contenait par litre t

Omm»

Matières dissoutes 1.212

Matières solide» en suspension 0,484

Total 4,723

Ce résidu solide renfermait 0«,0!93 d'azoto. Pendant la distillation, il se dégage une quantité d’ammoniaauo répondant a 08,0389 d'azote, de sorte que ce

MêL*

'* Qigitizedby

218 ÉGOUTS

liquide renfermait j nr litre 08,0582 d'nzote combiné.

On voit que l'eau de l'égout do llivoli est beaucoup i moins riche que celle du grand égout. Mais la dilTé- | rcnce est duc surtout aux produits solides. L’ammo- ; niuquc dégagée pendant la distillation des trois liquides répond en effet h des proportion» d’azote assez peu différentes les unes des autres, savoir :

La composition des liquides de l'égout de Rivoli se ••approche beaucoup plus de ce qui aura lieu plu* tard duns tous les égouts de Paris que l’échantillon ci-dessus de l'eau du grand égout. Dans les recherches qui nou* occupent, il convient d’ail leiiTS de s'attacher plutôt aux minima qu’aux maxima. Dans les calculs qui vont suivre, nous n'adopterons donc pas. pour la composition des eaux d'égout, la moyenne, les résultats fournis par les trois échantillons dont on vient de parler, qui donnerait 0*,09 d'azote combiné par litre de liquide trouble. Nous écarterons également le premier échantillon de l’égout de Rivoli, évidemment trop peu chargé par suite du petit nombre de maisons qui y versaient h l’é- J poque de la priso. A défaut de ronsoignoments plus complets, nous adopterons, pour la richesse en azote dés eaux d'égout de Paris, le chiffre do 08,0582 par litre. Cette donnéo est très-probablement au-dessous de la vérité, et nous no risquons pas d’exagérer en l’adoptant.

Quant au poids des matières dissoutes ou en suspeusion, on peut l’évaluer en moyenne à 2 grammes par litre à peu près.

Pour évaluer la quantité de matières fertilisantes entraînées ot perdues par les eaux d'égout, il faudrait connaître leur volume et leur composition moyenne. Il existe sur ces deux points une très- grande incertitude, .le n’ai adopté que sou* toute réserve le* chiffres cidessus. Quant au volume débité, ou plutôt nu volume d'un liquide au mémo degré do concentration que celui qui a servi h l'essai, on peut, je crois, l'évaluer par an à 21,900,000 mètres cnbea environ.

D'aprè» ces hypothèses, les eaux de* égout* de Pari* contiendraient :

Kilog.

Azote de l'ammoniaque 851,9(0 ( .

Azote des matières solides. . . . 420,480 ( * *

Matières organiques non compris l’azote. (2,899,(00 Mutières minérale». .......... 30,879,000

Total 45,050,490

Ce* derniers nombre* doivent être plutôt au-dessous qu’au-desaus de la vérité. Dans des recherche* do celle nature, si on commet de» erreurs, il convient qu’elles soient dan» ce sens, puisqu’il faut toujours être bieu certain de ne pas attribuer aux produit» que l'on examine une valeur supérieure à celle qui répond h leur richesse réelle. Cependant ils me laissaient, je le répète, beaucoup d'incertitude, et j'ai dû chercher à le* contrôler.

L'ouvrage déjà cité de M. liaison tttr les consommation» do Paris m’a encore donné une vérification remarquable de ce travail analytique déjà ancien.

Les matières perdue» par les égouts se composent principalement des déjections des animaux , des eaux ménagère* et des urines répandue» sur la voie publique. On ne parle pas des produit* dos fosse» coulées nux égout* ; ce» matières sont comptées parmi les produits de la voirie, et n’ont pas influé 6ur le» analyses d'eaux puisées pendant le jour.

Il est impossible de baser sur de* données tant soit pen précises l’estimation de la valeur commo engrais des eaux ménagères. Quant aux chevaux qui circulent dans les rue», lo compte peut eti être fait avec exactitude. D’après M. llusson (page 71), il circule tous les jours à Paris 46,000 chevaux, dont 22,100 sont logés

ÉGOUTS

dan* l'intérieur de la ville ; le» antre* passent la nuit dans la haulieue. Or, un cheval fournit par jonr environ 100 grammes d'azote combiné à l’état de matière* fertilisantes. L'azote des engrais vergés aux égout* par cjttc voie seulement peut donc se calculer de la mnnière suivante :

22,400 chev. logé* Ki,*c-

à Paris Uk.lU0x303jx22, 400=817, 000

23,600 chcv. logés dans la banlieue et ne passant à Paris que la moitié du

temps, environ. . 0*.050x36ojX23, 600=430, 700

Azote total, * . . . . (,248,300

Kn ajoutant à ce chiffre celui des chevaux qui apportent à Pari* une partie dos denrées, les matériaux do construction, etc., qui ne sont pas compris daus les chiffres précédents, les produits des antre* animaux domestiques, et enfin les produits des eaux ménagère* et celui des urinoir* publics, on reconnaîtra que le chiffre de la richesse en azote de* eaux d'égout déduit de résiliation de leur volume et des analyses, e*t inférieur h celui résultant des données synthétiques qui précèdent, et d’ailleurs parfaitement en rapport avec elles. Ou peut donc l'adopter comme suffisamment exact pour les recherches qui nou» occupent.

Kn résumé, les eaux d'égout entraînent chaque année à la Seine au moins (,2ü0,000 kilogrammes d'azote.

Mais leur énorme volume et leur état de dilution ne permettraient pas de les utiliser en totalité, avec économie et d’une manière directe en agriculture. Lo meilleur moyen de les employer serait d'en consacrer une partie à des arrosages de prairies, commo on le fait à Edimbourg , à Milan, etc., et d'extraire do la partie non utilisée do cette façon les élément* fertilisants, par une application convenable des méthode* de précipitation par la chaux, appliquées pour la première fois par M. Wicksteed, à Lciccstcr. Voici en quoi consiste cette opération.

Le volume dos eaux des égouts de toute la ville de Lcicoster, qui compte 65,000 urnes, s'élève environ, par an, à 5 millions de mètres cubes, d'où l’on extrait à peu près 4,500,000 kilogrammes de matières fertilisantes à l'état solide.

L’établissement où s’opère la manipulation do cette masse énorme de produits est situé sur le boni de la rivière Soar, à une petite distance au-dessous de la ville. 11 est impossible, quelque prévenu que l’on puisse être, d'y constater l'odeur la plus légère. La plus cxacto propreté règne duns toutes les parties de l’usine ; les machines à vapeur, et quelque» ouvriers pour les diriger, effectuent tous les travaux avec une précision dont il est impossible de donner l’idée. , .

L’eau des égouts est amenée , par une conduite souterraine, dans un vaste puits creusé sous rétablissement, à une profondeur assez grande, déterminée par la nécessité de donner aux égout», et à la conduite d'amenée, une pente suffisante dans l'intérieur de la ville.

Une machine à vapeur, système do Cornouailles , de 20 chevaux , fait manœuvrer une pompe , qui élève cette eau pour l'amener au niveau du sol. Une autro •*. petite pompe, mise en mouvement par la même machine, communique avec une citerne munie d’un agita-* teur et que l’on entretient constamment remplie de lait de chaux. A chaque coup de piston de la machine, cette petite pompe introduit dans lo tuyau de conduite des eaux élevée* pnr la grosse poinpo une certaine quantité do lait de chaux, dont la proportion est réglée à l'aide do robinet», suivant la nature des eaux et lo degré de concentration du lait de ctiaUx.

ÉGOUTS

L'eau d'égout , ainsi uu' langea <lo lait de chaux, arrive dans une cniMso étroite et longue, dans laquelle tournent des agitateur* h palettes à axes verticaux ; le mélange intime de* matière» s’efFoctue dan* cette caisse, et la liquide s'écouta lentement, à travers des ouvertures Iiorizontaloa, dans un réservoir en maçonnerie do ciment, ayant environ 60 mètres do longueur, O"*, 50 de largeur «t 4«*,,50 de profondeur. Ce réservoir est partagé on deux parties par une série de cluUsis verticaux en toile métallique placés k 18 mètres environ de l'origine, et quo l’on peut mettre et ôter à volonté. Ces toiles métallique* portent 7 à 8 fils par runtimetro : elles sont destinées h retenir les corps flottants légers, et à régulariser le mouvement de 1 eau dan* le réservoir. A l'aval du réservoir «but établies de petite* vannes, par lesquelles le liquide purifié s'écoule dans la rivière par déversement, pt en lames minces horizontales

Le fond du réservoir, depuis les toiles métalliques jusqu'aux vannes de décharge, présente une légère contre-pente ; an contraire, dans le premier tiers du réservoir, lo fond présente deux pentes vers le milieu, réunies par une rigolo profonde à fond demi-cylindrique. iJi vitess# de l’eau dans ce réservoir est do 7 à 8 millimètres par seconde ; le prodiut tloconnncux formé par la chaux s’y dépose comme dans une eau tranquille.

Une vis d'Arcliimède placée dans l’espèce do gouttière ménagée au fond du réservoir, ramène lentement le dépôt boueuÿ dans un puisard, situé derrière.

l-i précipitation et l'enlèvement des matières solides précipitée» s’cfTectue ainsi d'une manière continue dan* un seul réservoir qui reçoit, à l'une do ses extrémités, l'eau d'égont et toutes ses impuretés, et vers» dans lu rivière, à sou autre extrémité, un liquida clair, inodore et tans saveur.

Le dépôt hoiicux ramené par la vis sans fin, à l’état de boue liquide dan* lo puisard situé derrière le ré servoir, «et repris par line chaîne il godet* et élevé dan» un petit réservoir h quelques mètre* au-dessus du sol. Des tuyaux conduisent cuttu Unie liquide dans des machine» à essorer à force centrifuge, qui la réduitcut à l'état de pàto de consiittauec du terre il briques.

Il y a, k Lciccstor, douze toupiox de séchage constamment en action. La toile métallique qui le* garnit |torlo 20 k 21 fils par centimètre. Les machine» font 4,000 tour» par minute. Chacune d’elles reçoit environ 160 kilogramme* de matière demi- fluide. On fait tourner l’ap|»areil pendant 40 à 45 minute*. La sub- » tance perd environ le» deux tiers de son poids d'eau ; on l’extrait do l’essoreuse, et on la porto aux ouvriers hriquotier» qui pouvant la mouler, soit immédiatement, soit après une courte exposition ù l’air.

En résumé, l'eau d’égotit mélangé» de chaux est introduite dans un réservoir où » o fait lo dépôt «lu précipité formé. Ce dépôt h l’état de boue liquide, continuellement extrait par lu mouvement de la vis d’Archimède, c*t soumis à l'action de machines ù dessécher à force centrifuge et transformé eu pdto assez ferme pour être immédiatement monluo en briques, dont la dessiccation s'opère k l'air libre son» aucune difficulté.

L’application dn système de M. Wickstood et la construction d’un système complet d’égouts qui ca a été In conséquence, a été pour la salubrité de la ville de Lei- < -ester un brenfait inappréciable : la mortalité s'élevait, depuis plusieurs année», de 420 à 450 décè* par trimestre ; depuis l'établissement des travaux, en ma 1X55, lo nombre des décès est tombé k 340 et mfttnc à •124 jwir trimestre.

Lé produit solide ainsi obtenu renferme :

Egouts.

Késidu insoluble dans l’acide chlorhydrique faible * . . . .

Alumine, phosphate et peroxyde

Magnésie faible : traces. .... .

Azote, non compris celui des sel* ammoniacaux. .... 0,558000 Azotate des sels ammoniacaux . 0,544666

Produits volatil» au rouge, non compris l'u/otc, acide carbonique

» r«ut

«fè*

Pour savoir si le» eaux d'égout* de Pari* »e corn porteraient avec lu chaux comme celle* du Leicestcr, j’ai fait prendre du l'eau dans l'égout de la nie do Itivoli. Elle contenait par litre :

Matière* dissoutes I-T2V2

Matières solides en suspensiou 0*,4x4

Total ” 15,7 20

L’ammoniaque libre de l'eau d'égout dan* sou état naturel a été dosée en recueillant avec les précaution* ordinaire», dans de l'acide sulfurique titré, le produit do la distillation. L'azote du produit de l’évaporation à sec du liquida a été dosé par les procédés ordinaires. On a trouvé ainsi que 4 litre do Tenu examinée renferme :

Azote de l'amnioninquo libre 0,0.189

Azutu du produit solide 0,0192

Telle est In constitution, nu point de vito dont il s’agit, du liquide de l’égout do Kivoli, sur lequel ont été laites h -s expérience» que l’on vn rapporter.

Un a versé nu litre d’eau d’égout dmi* un certain nombre do flnrona d'une capacité de 4 litre et demi environ. On a ajouté h ce* liquides troubles des quantité* variable* do chaux peséo , parfaitement sèche, pui* éteinte dan* un peu d’eau distillée. La précipitation s’est faite do la manière la plu* rapide et la plu» satisfaisante, et en présentant lo même n-pert que celui des liquides de Leicester dans les mélange* ron • formant 0e, 4 et 0»,5dc Chaux pure par litre d’eau d’égout. Ces deux liquides renfermaient lu même proportion d'ammoniaque libre, savoir O1. 037 par litre.

Lo résidu do l’évaporation de U liqueur clarifiée k l'aide de 0*,4 de chaux pesait 0r,99i par litre, et celui de la liqueur clarifiée avce0«,5 de chaux pe*ait0*,902 1 ce dernier avait été un peu trop chauffé, do sorte que les poids do ces résidus peuvent être regardés comme très vfeains : lo |*oid* do la matière resté* en dissolution aj»rè* l’action de lachuux était do 01, 978.

I.c liquide employé renfermait, comme on l’a vu, 4», 726 do matièro* solides par litre, dent 4», 242 en dissolution. La chaux a donc déterminé la préni pi lotion rapide do 0*,748 j*ur litre do matière* solides formée» du t

Produits solides en suspension. . .... 0*,484

Produit* solides dissous. ....... 05,264

Total égal. .

Ainsi, lo chaux détermine la précipitation do prè? dn quart des matière» dissoute?. L’eau, après la préci-

EMAILLAGE.

ÉMAILLAGE

p'fatinn, était d'ailleurs parfaitement limpide, incolore et inodore. I.e résidu de l'évaporation du liquide précipité pur la chaux, puis filtré, contenait 0*,837 p. 4(M) d'azote, ce qui répond iil*,U08 18586 d'azote par litre de liquide clarifié.

! as précipité formé sur la chaux, recueilli sur un filtre, puis bêché au soleil, contenait pour 4U0 :

nONIT.

•• Mtrlt. •«.

Eau perdue à 440 degrés. . . . . ”

Kés-idu insoluble dans l'acide chlor-

hydriquo faible 8,23 8,43

Alumine, phosphate et peroxyde

de fer. . . : 7,25 7, il

Chaux 33,75 34,51

Magnésie : traces •• »

Azote non compris celui des sclst nmmon:acanx ...... 0,83? ( | j

Azote des sels nmwouia- ( '

Produits volatils au rouge, non compris l'azote, acide carimnique et autres matières non dosées. . . 47,38 48,45

Or, on obtient par litre, y compHs les 06,4 de clmux et l'acide carbonique absorbé par une partie de cette luuse, 46.52 environ do ce précipité. Ce qui donne 06,01824 d'azote par litre d'eau clarifié*c.

Kn réunissant les nombres précédents, on voit que l’azote renfermé dans un litre d'eau d'égout, après la clarification par la chaux, sc répartit de la mumerc sui-

vante :

Azote des matières solides restées en dissolution 0,0082

Azot 5 de l'ammoniaque libro dans le liquide

clarifié 0,0306

Azote du précipité produit par la chaux. . . . 0,0182

Total. 0,0570

chiffre aussi rapproché que le comportent des recher-

ches de cette nature, de lu quantité totale d’azote, 0*,058, trouvé dans un litre d'eau naturelle.

Ainsi, la chaux précipite près de 30 pour 400 de l’azote contenu dans les eaux d’égouts. Mais elle ne {tarait pas agir sensiblement sur l 'ammoniaque libre que renferment ces enux.

On conçoit que d’importantes améliorations pourraient être réalisées à cet égard. 11 est très-probable que l'addition d'un peu de phosphate aride de chaux et d'une chaux magnésienne permettrait de recueillir beaucoup plus d'azote.

Le produit dont on vient de parler serait très-bon pour faire des ni tri ères artificielles, uf.kvf. mangon.

ÉLECTRO-MAGNÉTIQUES (mot tu us). — Voy.

nui: iv.%i,ent nn l* nixmucmL

ÉMAILLAGE. Les rechercher exposées dans cet article remontent il plusieurs années ; elles ont été motivées par la création d’un atelier d'émaillage à la manufacture d« porcelaine de Sèvres. Lorsqu'on 4840, à li veille de l'exposition des manufactures nationales, on fut obligé, pour produire, d’avoir recours à l'industrie privée qui préparait les matériaux nécessaires à ce genre de décoration, une longue série d’études toutes 10 ivelles me fut demandée dans le but d’ajouter à mon ler.ice la fabrication des émaux ; c’est le résultat de ces essais qui va trouver pince ici.

L’émaillage, ou l'art do recouvrir les métaux de couleurs ou de peintures rendues brillantes et inaltérables par l‘actiou de la chaleur, qui les fait adhérer,

procède par diverses méthodes conduisant à des effets Variés, par suite de l'emploi de matière* variées aussi, d'usage et de cotU|K>sition différentes.

Tantôt, le métal e.-l simplement recouvert d’une couche d’un cristal transparent, incolore ou coloré, au travers duquel le métal appnruU soit avec son éclat et sa couleur propre, soit avec de* ton* modifies par lu couleur de la couche superposée.

Tantôt, le métal disparaît complètement soua une couche d'un cristal opaque, blanc ou coloré.

Souvent on applique par places sur lo métal déjà recouvert d’un émail opaque, une feuille ou des ornements en métal éclatant, qu’on recouvre ù leur tour de cristal transparent, incolore ou coloré, do manière ii obtenir, sur une même pièce, des effets mixtes produits par les deux modes distincts de décoration que je viens d’indiquer.

Tantôt, sur un fond blanc opaquo qui petit faire partie d'une pièce décorée par l*un ou l’autre, quelquefois par les deux procédés qui précèdent, on applique des peintures dont on rend le glacé complet en les recouvrant d'une couche d'no cristal transparent et d’une composition particulière, auquel on donuc le nom de fondant : ce gcurc de peinture s’appelle peinture «oui fondant.

Tantôt enfin, on applique sur un fond blanc d’une nature *j»écinlc qu’on nomme pâte, de* peintures souvent très- fines, exécutées avec une palette spéciale dont les couleurs glacent suffisamment par slles-niênic* pour qu'on n’ait plus besoin d'avoir recours à la superposition du fondant : on nomme ces peintures peinture» tur julle.

On comprend que toutes les matières ejnployées pour obtenir les effets que je viens d’énumérer soient variées, le* unes plus, les antres moins fusibles.

Nous aurons à les étudier dans doux groupes distinct*. La composition des matières teintes dans In masse trouvera sa place dans une première partie. Nous réserverons pour une seconde la composition des couleur* proprement dites dont on fait usage pour peindre sur pâte ou sous fondant.

L’étudo des fondants colorés, ou non opaques on transparent*. qui s’appliquent pour obtenir l’émaillage du cuivre, de l’or, de l’urgent, se présentera naturellement à côté «le celle des mêmes matériaux etnployables sur fer et sur fonte, et noua insisterons sur ce* derniers en raison de la nouveauté de* produit* qu'on en peut obtenir.

.le réunirai dans une troisième partie ce qu’il c*t permis de regarder comme descriptif, je veux parler de* procédés mécaniques usités dan* l’art de l’ émailleur pour mener à bonne fin une pièco commencée. t C’est «lan* cette partie que nous chercherons à rendre compte de certaines précaution* que la pratique seule a pu conseiller et que l'usage a consacrées. Cette étude est le complément nécessaire de» notions chimique* que nuua-nuron* développées dons le* deux parties precedentes, mai* il nous a parn nécessaire, afin do fixer le* idée*, de placer en tète de cet article, sou* lo titre de A’ol t'ont préliminaires, une dé-finition nette et précise dev terme* que nous aurons à choisir, de leur valour* et de leur portée.

Nous commencerons donc par donner en quelques root* l'explication de* mots dont nous ferons usage.

NOTIONS PUbMMlXAIUES.

On entend généralement par émail, un cristal plus ou moins fusible, générnleineut plomlieux, car ce n’est p is une nécessité, opaque, souvent blanc, quelquefois coloré.

Cependant, on a étendu ce nom à toute espèce de matière vitreuse, transparente ou opaque applicable i-ur métuux ; on u naine confondu k us cette même dé-

Emaillage.

EMAILLAGE.

nomination les couleurs <lon| on so sert pour décorer i les poteries les plus parfaites comme les porcelaines, et certaine* poterie* grossière* comme les faïences com- , manos. C'est encore de ce nom qu'on appelle les substances vitreuses, opaques ou Cran*- pareil te* qui servent de glaçures aux poterie* quu nous venons do citor. Enfin, on a été jusqu’à l'appliquer à toute pièce métallique recouverte d'émaux.

Il est résulté de ce» extensions successives données à la signification primitive du mot émail, qu’il n'a plus do *cn* précis dans le langage technologique.

Pour nous , nous réserverons d'une manière exclusive le mot email à toute matière vitreuse plus ou moins fusible, blanche ou colorée par do* mat er v* 'colorantes maintenues un dissolution dans la nmsso.

Par oppositiou nu mot émail, je nommerai paremail (de para, contre) tonte substance vitrifialde plus ou moins fnsiblc, chimiquement non homogène, formée d’un mélange de matière colorante infusible ou d’une fusibilité in-'u(Ti*anle, intimement mêlée à une matière vitreuse ou fondant.

Nous nommerons :

4* Métal émaillé (fer, fonte, or, argent ou cuivre), tout métal recouvert d’une couche do cristal ou verre, incolore ou coloré.

2° Paillons, le* métaux émaillé* de façon à présenter. sur leur surface vitreuse, dus partie» métalliques brillantes, orou argent, recouvert esdeverreoude criblai.

3W Peinture sur émail sou» londant, les décorations peintes sur métal émaillé mais recouverte* do londant.

4* Enfin peinture sur émail, sans londant, les métaux émaillés chargés do pointures obtenues par de* parémaux.

.le distinguerai le* émaux en Irantémaux on émaux transparent* et incolores ou colorés, quelle que soit leur coloration, et opémaux ou émaux opaques, blattes on colorés, quelle que soit la' nature de l'élément qui les colore, quel que soit le principe do leur opacité.

Dans les émaux, la matière colorante sera toujours nnc partie minime du poids de la masse vitjeusc *. il y aura dissolution, combinaison chimique; leur caractère distinctif sera ritoinogéuéité.

Dans les parémaux. au contraire, le principe colorant pourra s’élever à une proportion trè*-forte, sans qn'il y ait combinaison entre l'élément colorant et le principe fusible; il n’y a qu'un simple mélange duquel résulte l'hétérogénéité de la masse.

Toutes les conteurs employées dans la décoration des porcelaines européennes, le blanc excepté, sont des parémaux; encore pour le blanc, je ne crois pas qu’il soit possible d'ndmcttro que l’oxyde d'étain soit dissous. Le* couleurs au contraire dont les Chinois se servent pour décorer leur* produits similaires, sont de véritables émaux pour la plupart; c'est même à cette différence de moyen* qn'il faut attribuer la différence «les effets produits par les deux espèce* de porcelaine*.

( Voy. DECORATION OÉRAlîlOC*.)

Dan* tous les cas, quelle que soit la nature du métal émaillé qn'on veut produire, le métnl se trouve recouvert d'une couche «le matière vitreuse qui lo préserve «le l'oxydation et qu’il convient d'appliquer snr le* deux face», en dessus comme en dessous, afin «l'éviter lo gondolement du métal et la fente de l’émail supérieur. On donn«s k la couche étendue sous l'objet, lorsqu'il est placé à l'intérieur , lorsqu’il épouse la forme coucave,

10 nom do contre -rmail.

lorsqu'on veut obtenir un métal émaillé chargé de peinture* son* fondant ou do paillons , on recouvre lu matière vitreuse d'une couche de blanc. Cette matière offre une* com position uniforme et constanto; mais

11 n'en est pas de même de celle «le la première couche immédiate mise en contact avec lo métal ; sa composition est appropriée naturellement au métal qu'il s’agit

d’émailler, et nous avons analysé «h» hubstancos employée* à cet usage par le* principaux émaillcurs do

Voici les moyenne* obtenues pour le* fondant» convenables pour l'émaillagu «le l'argent cl du l'or :

Perte au l'en h, 30 0,10

Silice 48,10 53,60

Oxyde de plomb ..... 38,25 31,46

Oxyda do cuivre 0,32 trace»

Oxyde de fer 0.25 0,10

Oxyde do manganèse . . . 0,00 U, 00

Almnino 0,1 i 0,51

Chaux . 0,60 0,26

Magnésie traces traces

Alcalis 1 «2,04 42,31

On comprcn«l que la sou«lo et ln potasse conduisent k des cristaux de propriétés différentes relativement à la manière «lôut ils sc comportent avec les métaux. I .'expérience n'a pas encore fait connaître les choix qu’il convient do faire, et les «louages employés par le* praticiens sont oncore tenus secrets.

Nous prendrons pour exemple dan* cet article, afin do préciser les divers joints qu'on pourra naturellement étendre à l’émaillage sur cuivre et sur or, l'émaillage de la tôle ou de la ionte pour obtenir des peinture* sou» fondant.

Lorsqu'on prépare des peintures sur pâte, la pâte est appliquée sur fondant et bien étendue par les moyen* que nous indiquerons plus loin. Cette pâte/ne so fabrique qu’à Venise avec toutes les qualités voulue*. Elle n’est pas complètement blanche; cllo possède au contraire une légère nuance ocrou-e faiblement Tefrdâtro sur laquelle lo blanc marque et sc détache convenablement, en simulant un reliant.

UMAILLAGK SUR FEU. — FEINTCUC SOUS FONDANT.

L’émoillnge sur fer ne date, h la manufacture do Sèvres, que «le quelques années; les premiers essais remontent à la fin de 1849 ; ils ne sont donc venus qno longtemps après l’émaillage sur cuivre dont on s’occupait depui* «846. La première idée «le ce genre de produit fut suggérée pendant l'exposition «les produits de l'imltAlrie française en 1849, par l'apparition dan* le commerco de plaques de tôle émail I«:c préparées par MM. Jacqnamin frères, dan* l'usine doMorcy (dura).

M. Kbelmen pensa qn’il «levait ftrti lacilo d’obtenir sur le fer émaillé des plaques d’une plu* gnindo dimension que celle* que pouvait donner lo cuivre si sujet à so déformer, et qu’on devait poursuivre avec plu» do chances de succès 1a décoration monumental. Celait là le but vers lequel tou* les effort* étaient dirigé*.

I.cs premiers essais faits sur des phupics «le petite dimension donnèrent des résultats assez satisfaisant* pour faire espérer une prompte solution du problème. Une tète do Cérès fit concevoir tout espoir, et l'on so mit do suite à l’oeuvre pour décorer des plaques de plus grande dimension. Comme premier ouvrage sérieux, nous devons citer une tête de Raphaël cucadréo dau» dos bordures ornemanisées, sur une tôle de Um,3i de largeur et do U«*,46 de hauteur. Nous allons indiquer les moyens employé» dans cotte circonstance.

On *n fait sur là plaque fournie par M. .Jacqucmitt émaillée en blanc, avant par conséquent déjà supporté plusieurs foux, peut-être quatre, savoir deux do fondant et deux de blanc , une première application do noir à deux couche», pnis on a peint une grisaille, enfin on a coloré la grisaille. Pour résumer, on a «lonc eu la sério successive «les feux que je réunis méthodiquement en généralisant pour servir «l’exemple.

A. — préparation de la plaque.

«r* Couche do noir . «** fou.

2' Couche «le noir 2' fou-

• ÉMAILLAGE

ÉMAILLAGE

IL — Préparation dé la grisaille.

Sur le noir on fuit le trait, puis on oinpùto avec «lu Mime pour obtenir les lumières; cette grisaille est faite b 3 feux :

I" couche «le blnnc 3» feu.

2* couche do blanc 4* feu.

3* couche de blanc 5* fou.

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