PEINTURE SUR PATE
Occnpons-nous maintenant do la peinture que nous avons nommée pointure sur pâte, du nom do la substance qui sert d’excipient et de la position qu’occupent les couleurs par rapport b l'excipient ; il n’y a plus de superposition de fondant ; les couleurs ont par ellesmêmes la fusibilité voulue pour se parfoudru complètement au feu de peinture.
La pointure sur pille peut présenter doux nspocta complètement différents, suivant qu'on l'aurn fuite b l'instar ou de l'aquarelle ou do la gouache : dans l'aquarelle, le peintre procède méthodiquement en réservant la lumière donnée dès lors par lo blanc de l'excipient; il finit son travail par les vigueurs. Dans la gouache, ou contraire, comme dans la peinture b l'huile, les vigueurs et les demi-teintes étant en place, l'artiste étale les lumières, qui sont en quelque sorte empâtées et comme en relief. Le peintre en émail ne doit pas être exclusif ; il doit, selon les besoins de sou ouvrûge, adopter tel modo qui lui semblo le plus convenable, et souvent, dans une même pièce 6ur un même sujet, faire usage des deux méthodes ; c’est donc, b mon avis, ajouter aux connaissances des peintres en émail que de les mettre b même de faire usage b leur gré de deux palettes au lieu d’une seule.
La peinture r-ar empâtement était très-nncicnncment employée : c’est elle qui jouissait aussi do la plus grande vogue sur la porcelaine tendre de Sèvres.
Pour peindre par empâtement, il suffit de choisir parmi les couleurs qu'on pourrait employer celles qui .«ont opaques, afin de les faire entrer comme base dans tontes les autres couleurs; do ce nombre sont les jaunes clairs oa foncés qu'on peut colorer et modifier par d'autres couleurs transparantes, et les blancs qui peuvent aussi recevoir en mélange tons les autres tons do la palette. Les mélanges ainsi formés conservent l’opacité nécessaire pour boucher complètement les fond* sur lesquels on les appliquo. Nous n'aurons donc b nous occuper ici quo des couleurs propres b la peinture «Inns lo genre de î’nqnarello.
l-e.« procédés que jo vais décrire, bien compris ot mis b profit, permettront, jo l’espèro, de faire entrer dans le domaine de la peinture sur émail, comme dans celui de la peinture sur porcelaine tondre, lus ressources auxquelles ont conduit les progrès de la chimie pondant ces vingt dernière» années. Le secret dont se sont entourés jusqu'à co jour les peintres d'émail d'une part, et de Tautro les fabricants de couleurs vitrifiablcs, l’isolement dans lequel ils ont tous travaillé, enfin certains préjugés, comme aussi peut-être quelques difficultés inhérentes b la nature et b la composition mémo des ex-
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KMA1L1JUÎK.
cipients qui devaient au feu recevoir la pointure, tout a contribué pendant longtemps k proscrire l'emploi d'un prand nombre de matières colorantes parfaitement uti- j lîsablcs ; tout a fait ajourner, sinon rejeter des améliorations qui certainement auraient dû prendre rang depuis longues années. Tout enfin ramenait fatalement aux seules substances usitées nu commencement du siècle. Il est vrai que la perfection des pointures anlé- I ricurcment obtenue.*, démontrant d’une manière évi- | dente qu’un petit nombre de matières pouvait sutHrc, 1 donnait gain de cause ù la routine. Mais, en présence des difficultés b vaincre, des chances â courir pour atteindre à cette perfection, j’ai pensé que c’était rendre a l'art et à l’industrie un véritable service quo d’augmenter le nombre des matières utilisables, d’en introduira do nouvelle» et do diminuer les tâtonnements coûteux toujours inséparables de toute peinture en couleur» vitrifiables. Au reste, l’expérience a prononcé ; des essais de peinture empâtée et de peinture nquarcllée ont été faits avec un assortiment que j’ai coin- ' posé pour introduire dans l’émaillage toute» les res- j sources de la palette actuelle propre a décorer la , porcelaine dure ; l'aqusrelle seule devait déjà présenter, ! uniquement, à cause de l'uniformité du glacé et de J l'harmonie qui eu résulte, une grande supériorité 6ur j la peinture Bur porcelaine dure. MM. Abel Schilt et ’ Caban, de la manufacture de Sèvres, ont été chargés du i soin d’exécuter les peintures en question, et j'o»e es- ! pércr que les deux peintures qu’ils ont faites, déposées dans les collection» du musée céramique, offrant l'exemple de l'emploi simultané des anciens moyen» et des méthodes en usage dans la peinture sur porcelaino dure, viendront à l’appui de l'opinion que je viens d’émettre. J aborde l’exposé dos recettes à l’aide des- ! quelles il devient possible de reproduire cette palette.
J’admets avec M. A. Brongniait qu’il n’v a pas do combinaison entre l’oxyde colorant et le fondant qui le fait adhérer, qu’il n’y a que simple mélange. S’il y u combinaison, elle n’eat que partielle et ne peut généralement qu’altérer la nuance qu’on cherche à obtenir. lai peinture sur porcelaine, comme celle sur 1 pâte, eu* tant que nous considérons celle-ci rumine ob- ! tenue par les moyens de 1‘ aquarelle, est donc !o résultat ' tout simple de l'appositiuii d'oxydes colorant» sim- I pies ou composés sur un excipient, apposition rendue ' permanente par la fusion du fondant qui, se trouvant ! en outre en quantité suffisante, englobe et noie toutes les molécules colorantes, de manière à les aviver dans | leur nuance et b rendre leur surface parfaitement glacée. Ce double but est atteint dans la peinture à l’huile par les huiles et le vomis qui jouent un rôle des pins complexes. Le délayant, dans la peinture vitrifiablc, n’a qu’un objet momentané : celui «le rendre la couleur facilement cmployuble et les retouches possibles ; l'application de la chaleur le doit faire complètement disparaître. Le» conditions générales auxquelles doivent satisfairo les couleurs pour pâto sont celles que doivent remplir les couleurs pour porcclaiiiu dure. Je crois pouvoir me borner à les énumérer j ces couleurs» doivent être fusibles, suffisamment dures et inaltérable», indestructibles par une chaleur modérée, déterminée préalablement. Je no m'occuperai d'une manière spéciale quû de la fusibilité, la dureté ot l’inaltérabilité sc trouvant, du reste, liées naturellement à la composition chimique qu’il a fallu mettre d'accord uvec la température nécessaire pour cnire, puis ensuite avec une inaltérabilité suffisante.
La fusibilité do ces couleurs doit non-seulement amener, par l’application de la' chaleur, l’adhérence «le la couleur sur la pâte, mais encore communiquer a la matière colorante un glacé convenable et uni- . forme. Les couleurs pour porcelaine dure présentent tous le rapport de l'uniformité du glacé des difficul- i
tés qui donnent une grande supériorité ù lu peiutaro sur émail et à la peinture sur porcelaine tendre.
I.a fusibilité propre de la pâte , son analogie do composition, avec les couleurs qui doivent la recouvrir, simplifient beaucoup la préparation des jmrémaus qui nous occupent. Si quelques couleurs, comme les pourpres et les carmins, subissent, de la port «le la gluçure , quelques modifications qui tendent il les altérer, ces mêmes couleurs ne sont pas sans offrir «le grandes difficultés dans leur fabrication appropriée ù la porcelaine dnro.
Dans la peinture sur porcelaine dure, on dégrade un ton , non eu le mêlant à du blanc , comme dans la peinture k l'huile, mais en mettant la couleur sous une faible épaisseur; le blanc de l'excipient, qui transparaît, l’appauvrit ot lo dégrade convenablement nu gré de l’artiste. On obtient, nu contraire, de» tons vigoureux en augmentant l'épaisseur de la couleur ; il en résulte qu’on n’arrive que difficilement a obtenir une couleur qui glace suffisamment dans le mince on qui n’écaille pas dans les épaisseurs, si elle peut produire des lumière» ayant tout le brillant désirable. Dans les couleurs pour émail sur pute, la fusibilité «le l’excipient, la facilité avec laquelle la matière colorante peut pénétrer dnns la pâte rendent presque impossible do ne pas obtenir des lumières parfaitement glacées. L’analogie de composition et do plus un point de ramollissement sensiblement égal pour la pâte, comme pour les couleurs , éloignent toute craint* d'écaillage. A cet égard même, les couleurs préparées pour porcelaine pourraient parfaitement convenir pour être appliquées sur pâte ; mais la fusibilité «le l’excipient, qu’on n’obtient que par la présence de l’oxyde de plomb et qui est d’un grand avantage sous lo rapport du gl;wé, devient un inconvénient fort grave sous le rapport de la permanence de la coloration; il devient indispensable, surtout pour certains oxydes, do diminuer la fusibilité de la couleur, ce qui entraîne a de grande» précautions pour les vigueurs qui peuvent rester sèches et comme plombées, si elles sont obtenues avec une couleur même d’une composition normale, mai» mise un peu trop épaisse. On se trouve donc encore placé entre deux écueils : trop «le fugacité dans le» colorations et une trop grande infunibilité de lu couleur; de même que dan» la peinture sur porcelaine dure on doit redouter, dans le» couleurs, une fusibilité trop grande qui ferait écailler, ou trop faible qui donnerait des lumière» ressuyées ot sèohci.
Dans un mémoire justement célèbre, publié vors 1800 dans les Annule» des mine», M. Brongniart, qui devait plus tard établir, dans la manufacture do Sèvres, un atelier d’émaillage, comme il avait obtenu déjà rétablissement de lu peinture sur verre, faisait ressortir, d’une manière remarquable, l’actiou singulière «le l’oxyde de plomb sur certains oxydes et en* particulier sur l’oxyde de fer. Je crois inutile d’insister davantage sur ce phénomène ; j’aurai d’ailleurs l'occasion d’y revenir tout naturellement, en parlant «le» rouges «le fer. J'entre immédiatement dans la description des procédé» employé» à la préparation des couleurs qno je propose. Plusieurs systèmes d’exposition sont également possibles pour donner «le suite, par série de couleur», les moyen» de faire U couleur composée de son fondant et de l'oxyde qui la colore après la cuisson, on bien étudier séparément les fondants d’abord, puis le» oxydes colorants. J’ai préféré suivre cette dernière méthode, qui permettra de simplifier la préparation «les oxydos, en même temps qu’elle me paraît do nature a faire ressortir certains , faits «pii transforment cjj corps «le doctrine la préparation des couleurs vitrifiables. Ln fabrication de la i couleur proprement dite, c’cit-i-«lire prête à ètro cia-
jOOQle
fcMAlLI.AUK.
EMAILLAGE.
ployée, qui terminera cet article, fuit saisir In simplicité de nos formule» qui acquièrent aussi la plus grande précision.
Fondants'.
On sait quo totis les oxydes qui peuvent être employés A la décoration dos porcelaines ne peuvent être fixés par un mémo fondant : on n ignore pas qu’il faut les choisir d'une composition telle qu’ils soient sous action décomposante sur les différentes matières colorantes ; ou pouvait penser qu'il en serait exactement do même pour les couleurs do pâte. Cependant, des essais répétés ont démontré d'ubonl :
Que la permanence du feu pendant l'élévation graduée do lu température , coinmo pendant le refrofdiKsement lent dos peintures, permet une action destructrice h laquelle l’oxyde simple ou composé est en jeirtie soustrait quand on chauffe et refroidit brusquement, comme daus la cuisson des peintures sur pâte ;
Que lu composition do l'excipient dé la porcelaine dure, c'est-à-dire la composition de ta couverte, peutêtre la présence do l'alumine, entraîne certaines altérations qui ne se manifestent point sur d'autres excipients, par exèmple dans la peinture sur verre. Les considérations qui précèdent , basées sur des faits que l’expérience a nettement révélés et que la théorie ne pouvait en qnclque 6orto prévoir, m ont permis de réduire, d’une manière notable, lo nombre des tondants propres à la peinture sur pâte, .l'ai pu produire les analogues do tous les ton» do la palette de Sèvres pour U porcelaine dore, en no faisant usage quo de doux fondants que je désignerai sous loa noms de fondant nQ \ et fomlant n • 2.
Voie: leur composition :
Fondant n# 1. Co fondant renferme :
Sable 200
Minium 500
Borax fondu 75
On fond et on coulo comme s'il s’agissait de fondant aux gris de porcelaine dure. 11 est moins important ici de n’opérer quo sur de petites quantités, parce qu'on n'a pas à redouter l'écaillage. Ce fondant n'est autre chose quo du fondant aux gris modifié, dans lequel on a diminué la proportion du borax et de l’oxydo de plomb ; on l’emploie pour la préparation des gris, des noir», des Meus et des vert», dos jaunes, des rouges, des bruns et des violets de fer , enfin pour le violet d'or ; c’est, connue on voit, un fondant général. Il n'y n d'exception que pour les pourpre» et le carmin qui exigent un fondant beaucoup moins plombeux.
Fondant n° 2. Le fondant n" 2, qui convient Otix pourpres et au carmin, sc compose do :
Sable 400
Minium orange 300
Borax 600
Ou pilo, on mélange, et on fond? on retire avec les pince» ; ce fondant est beaucoup plus pâteux que le précédent. En lo comparant au fondant de pourpre des porcelaines dures, il est facile do voir qu'il n’en diffère que par un peu plus de plomb et un peu moius de borax.
Matières coloranUs.
Les matières colorantes employées dans la peinture vitrifioblo ne peuvent être quo des oxydes métalliques simples ou composés, ou des sels indécomposables à la haute température à laquelle cos couleurs doivent se fixer. I>cs oxydes simples et les composés d’oxydes sont nsscx nombreux. Les sels employantes no figurent que pour un petit nombre. Les couditions auxquelles « os mat ères doivent satisfaire sont trop connues pour qu'on ait à s’y arrêter ici.
Je rappelle qu’on peut regarder comme évident, au
moins pour .la pltqiart dos cas, quo dans la couleur faite et cnito, il n'y a qu'un sîmplo mélange outre l’oxyde et lo fondant. Si, pour quelques-uns, le contraire peut être soutenu, la raison {tout en être trouvée dans la coloration différente de la couleur et <1« l'oxyde pur qui sert à la former, et il faut admotlro, dan»' ce cas, que la couleur doit sa nuance à un sol, ordinairement à du silicate ou du borate de l'oxyde ; c'est ce qui arrive pour les oxydes de cuivre et de cobalt.
Les silicates, une fois formés, peuvent être directement unis au fondant pour constituer la couleur.
Je dirai maintenant quelques mots do la nature des oxydes composés qui, clans ces dernières années, ont permis d'enrichir la palette du pointre en couleur» viirifiablcs do nuances très vives et très-pures en offrant grand nombre de ressources jusqu'alors inconnues. Je crois pouvoir admettre qu’il y n combinaison entre les divers oxydes constituants , et que toutes les raisons qu'on a fuit valoir pour prouver quo les nllingcs ou les différents verres sont des combinnir>ons definie», ont autant d'autorité daus leur application nu lait en question. Ce qui, daus le cas présent, semblerait donner gaiu de cause à l’hypothèse d’une combinaison réelle et non d’un mélange, c’est évidemment Je changement dans la nuance do l’oxyde obtenue tantôt pnr voie sèche, tantôt par voie humide, changement souvent notable quand on le compare à la teinte de» oxydes simples mis en présence. La coloration do l'oxvdo formé peut, du reste, être reproduite avec une très* grande constitue e. On peut, il est vrai, combattre ccttc mémo hypothèse par les variations dans le* proportions que présente. souvent lo composé, ce qui éloigne le caractère d'une composition parfaitement définie; mai» n’ost-il pa» possible d'admettre que les composés de cette nature jouissent comme le* verres et les alliage» do la propriété de dissoudre en quclquo sorte, sans altération apparente dans les propriétés, physiques, mu: quantité variable qni peut être souvent asscx considérable des éléments plus simples dont ils sont formés.
Considérés à ce point de vue, les oxydes conduisent h des remarques assez intéressantes qui rapprocheront assurément ceux formés par voie ignée des pierre* précieuses artificielles cristallisées, obtenues pnr M. ftbet* men, et ceux produits par voie de précipitation au sein do liquide», du Terri to de chaux décrit par M. Eolocut. Si co n’est pas ici lo lieu de discuter, à ce point de vno entièrement nouveau, la nature de» compote* dont on peut ftiire usage en peinture vitrifiablc, je crois devoir me borner il donner une description très-rapide de la préparation des oxyde» -impie» ou composés dont j'ai l'ait usage dan» rassortiment pour piito qui fait l’objet de cet article. Jo suivrai l'ordre fixé par les numéros eons lesquels les couleurs d'émail pour pète sont enregistrées, savoir :
1? Gri^et noirs.
2° Verts.
3" Jaunes (clair et foncé).
4* Ocre.
5° RoUgcs ( carminé, laqueux).
6" Violets de fer.
7" Bruns.
8° Couleur d’or ( violet, jHMirprc et carmin).
ü° Bleu*.
<0° Blanc».
À'otrs et gris. — Le mémo oxyde sert pour faire les noir» et les gris : dans le» noirs on met plus d'oxyde, dans les gris on mot plus de fondant ; l'oxyde à noir so fait de la manière suivante.
On prend :
Oxyde de cobalt . . 1 50 gr.
Fer métallique 50
On fait dissoudre séparément l'oxydo do cobalt à chaud, le far métallique à froid, l'un et l'autre dan» l'acide hydrocbtoriquc ; les deux solutions sont étendues «l'onu, filtrées et réunies ; on précipite lo mélango paf le carbonate de soude; on lave à grande eau jusqu’il
Pîg
ÉMAILLAGE
ÉMAILLAGE
ce que tout l’oxyde de fer Ait passé à l’état de peroxyde hydraté entièrement jaunâtre ; on dessèche et on tritura le tout avec deux foi» 6on poid de chlorure de sodium décrépité. On calcine dans nu têt h rfltir à une chaleur rouge sombre ; on lave à l’eau bouillante et on fait sécher. Enfin quand l'eau de lavage n’enlève plus rien, on calcine de nouveau dans uu creuset à une chaleur très-intense.
Verts. — L’oxvdc de chrome est la base des verts.
Fer* clair. — L’oxyde à verts clairs n’est autre chose que l’oxyde de chrome pur ; le moyen le plus simple et le plus économique de le faire est le suivant.
On pèse :
Bichromate de potasse 200
Soufre en fleurs 100
On placo ce mélange bien trituré dans un têt à rùtix ; on fait au centre une petite cavité qu’on remplit de soufre pur et qu’on enflamme ; le produit de la combustion au contact de l’air est de l'oxyde de chromo qu’on lave à l'eau bouillante ; il n'est point nécessaire d’agiter pour renouveler les surfaces du mélange incandescent ; la combustion se propage d’clle-inéme. L’oxyde do chrome ainsi préparé est lavé, puis séclié; on le calcine de* nouveau pour enlever un peu de soufre qui n’a pas été brûlé ; il est alors d'un très-beau vert.
Vert foncé. — On calcine à un fort feu dans un creuset de terre un mélange broyé et porpbyrisé sur une
glace :
Oxyde de chromo par lo soufre. . 100
Oxyde de cobalt. 50
Carbonate de zinc 50
On lave à l'eau bouillante pour extraira le chromute do potasse soluble qui s'est formé par le fait d’un peu d'alcali retenti par l’oxydo de cobalt, ou conservé d’alwrd opiniâtrement par l’oxyde de chrome que les enux de lavage même bouillantes n’en débarrassent pas complètement ; il y a là quelque phooe d’analogue à ce que M. Chevretil a désigné sous le nom général de jihcnotnèue» Je teinture.
Vert bleuâtre n° 1. — On traite, comme il vient d’être
dit, le mélange suivant :
Oxyde de chrome 100
Carbonate de cobalt 30
On lave après une forte calcination h nn feu vif ; l’oxyde ainsi préparé est d’un beau ton vert bleuâtre bien pur.
Vert bleuâtre «° 2. — Même préparation que la précédente. Les doses seules sont changées; on prend :
Oxyde do chrome par le soufre. . 100
Carbonate do cobalt 50
On lave à l’eau chaude pour enlever toute trace de cliromatc de potasse.
Vert noirn° 1 . *— On broie sur la glace, jusqu’à porphyrisation complète, nn mélange d’oxydo do chrome par le soufre ot d’oxyde de cobalt tel que les Anglais nous lo livrent. I.a calcination ne peut combiner qu'une partie de l’oxvde de cobalt ; le chrome n'étant pas en excès, la coloration est noircie par l'oxyde do
cobalt hors combinaison. On prend :
Oxyde de chrome par le soufre. . 100
Scsqui-oxyde de cobalt 100
On triture, puis on lave à l’eau bouillante et on fait sécher.
L'oxyde, ainsi préparé, est vert noirâtre, présentant une teinte do vert bleuâtre. Cette teinte sc maintient bien après le mélange avec le fondant ; la cuisson ne l’altère pas.
Vert noirâtre n° 2. On broie sur une glace le mélange suivant :
Oxyde de chrome * . . 20
Oxydo do cobalt anglais brut. . . 10 Hydrate de peroxyde de fer. ... 15
On calcine à un fort feu. L’hydrate d’oxyde de fin, «lont il est ici question, est de l’oxyde de fer qui sc précipite spontanément d’une dissolution de protovalfutc de fer très-étendue d’eau ; cet hydrate, est brun jaune vif ; il contient à peu près 25 p. 100 d'eau.
Le produit do la calcination est repris |ar l'eau bouillante, pnis séché ; cet oxyde, qui est vert noirâtre, ne présente plus qu’une teinte brunâtre. La teinte bleuâtre du précédent a disparu; la couleur cuite conserve son ton.
.ïaunks. — I^b jaunes sont obtenus par l’antimoniate «le potasse et de plomb.
Jaune clair. Ce jaune conviendrait pour la porcelaine dure ; il s’appliquerait également bien sur émail
et sur porcelaine tendre.
On fond ensemble :
Mine orange. - 120
Sable d’Étnmpes 40
Borax fondu 40
Antimoniale acide de potasse. . . 40
Carbonate de zinc hydraté. ... 30
On mêle au mortier de porcelaine, puis on fond jusqu'à cc que tout bouillonnement oit cessé.
Jaune moyen. On fond ensemble :
Mine orange 120
Sable d'Étampes. 40
Borax fondu 40
Antimoniate acide de potasse. . . 40
Carbonate do zinc hydraté. . r- . 20
Oxyde de fer jauno par l'eau. . . 20
On mêlo. puis on fond jusqu'à cc que tout bouillonnement ait cessé.
Jaune foncé. On mêlo :
Mine orange 120
Sable d'Étampes 40
Borax fondu 40
Antimoniate de potasse. ..... 40
Oxyde de fer (colcotlmrj 20
On fond à nn fort feu pour bien dissoudre tout l’oxyde de fer. Ce jaune, comme le jaune qui précède, peut être tout nussi bien employé sut la porcelaine dure que sur l’émail et sur la porcelaine tendre.
Ocre. — On fait dissoudre dans l’ncidc chlorhydrique
séparément :
Fer métallique 100
Les deux dissolutions sont filtrées, puis réunies et précipitées par le carbonate de soude. On lave à grande eau jusqu’à ce qne tout le for précipité «on» forme de protoxyde se soit peroxydé. On fait sécher le précipité et on le calcine après l’avoir additionné de deux fins son poids de sel marin décrépite. L’oxyde, après la calcination, qui ne doit pas dépasser le rouge sombro, est lavé à l'eau chaude, puis séché de nouveau ; il est alors prêt pour l’emploi . C’est trac poudre d’un ton ocrcux très-riche et très-puissant.
Rocgf-B. — Le» rouges et les violets de fer s'obtiennent tous par la calcination du sulfate de protoxyde de fer à des températures de plus en plus élevées. (Test du colcothor à divers degrés de calcination. La méthode la pin» simple qui m’a réussi le mieux consiste à choisir de la rouperose très-pure, qu’on dessèche en la faisant fondre d’abord dans son eait de cristallisation et en la maintenant sur le feu tant qu’elle perd do l'eau ; à l’état de dessiccation complète, c’est une
EMA I LIAGE.
fcMATUAGE.
poudre' blanchâtre anhydre qui peut cire immédiatement employée jiour lu prépurutton «le toute» les couleur» dites rouge» do for, qu’clle qu’eu soit du reste la nuance. A cet effet, on disposo le sulfate anhydre sur des capsules de porcelaine dure, sous uno faible épaisseur, ot on remplit le moufle de capsule» ainsi chargées, maintenues les unes au-dessus des autre*. On met la porte en place et on chauffe doucement d’abord, puis à un degré convenu suivant le ton auquel on délire arriver. Quand lo feu n été jugé prolongé suffisamment en temps et on intensité, on laisse refroidir et on lave à Tenu bouillante la poudre de colcothar qui occupe lo fond de chaque capsule. La poudre bien lnvéo présente alors , suivant le conp do feu qu’clle a reçu, la coloration suivante dégradéo en série en commençant par le plus rouge correspondant nu coup de feu le plus Initie.
Kouge orangé ou capucine.
Kouge sanguin.
Kouge de chair.
Kouge carminé.
Kouge loqueux.
Kouge violâtre pâle.
Kouge violâtre.
Kouge violâtre foncé.
Ces trois dernières teintes correspondent aux tons auxquels on a donné dans lo commerce le nom générique de violets de fer.
Ces oxydes mêlés au même fondant conservent lo ton qu’ils ont reçu de la calcination et donnent des nuances qu’on ne pourrait obtenir autrement. Elles sont très-pures, si l’on n’a pas mélangé des oxydes ayant reçu des coups de feu trop différents en intensité.
Bruns difféûkstb.— Ces oxydes sont des mélanges variables.
Brun rougt. On fait dissoudra du perchlorure do fer ou mieux la partie chargée encore du sulfate do peroxyde de fer provenant de la calcination dn sulfate de fer pour rougt^orangé, puis on la précipite par de l’ammoniaque. Le résidu lavé est additionné de deux fois son poids de sel marin décrépité et chauffé au rouge sombre dans un tôt à rôtir. On le lave de nouveau, puis on le fait sécher. Ce rouge est brunrougo vif.
Brun rougeâtre. On fait dissoudre séparément dans l’acido chlorhydrique, pour les réunir ensuite après filtration, les dissolutions suivantes :
Fer métallique 200
Zinc métallique 200
Oxyde de cobalt anglais 40
On traite exactement comme il a été dit plus haut, pour lo noir et pour l’ocra. L’oxyde lavé et séché est une poudre d’un beau brun roussâtre.
Brun de bois. Môme méthode de préparation, mais le» dosages sont changés. On prendra *
Fer métallique. . . .M 200
Zinc métallique 200
Oxyde de cobalt anglais 40
On traite comme il a été dit plus haut. L’oxyde ainsi* préparé est d’un beau ton brun assez foncé.
Brun sipia. — Même méthode de préparation ; mais les doses sont encore changées. L’oxyde de cobalt est encore augmenté. On prend :
Fer métallique 200
Zinc métallique . 200
Oxyde do cobalt 60
On précipite et on lave comme il a été dit plus haut. Le précipité passé au sel et relavé offre l’aspect d’une |>oudrc d’un brun sépia très -prononcé.
Brun mordoré. — Le brun mordoré est une couleur très-riche qu’on prépara facilement en utilisant le précipité qu’on obtient en traitant à froid une dissolution
de chroronte neutre de potasse par une dissolution limpide de protosulfate de fer. On verse la deuxième dissolution dans la première ; on lavo lo précipité K l’eau bouillante ; puis on lo fait sécher, et on lo calcine k une température modérée (feu de peinture forte dans un moufle à porcelaine dura).
Brun noirâtre. — On précipite simultanément par le carbonate de potasse les dissolutions dans l’acide rhlorliydriqnô, de parties égales en poids de fer métallique, de zinc métallique et d’oxyde do cobalt brut. On lave, on calcine enfin h une température très-élevée dans un crcusQt qu’on finit fortement rougir. On triture , et on obtient une poudre noirâtre avec uno teinto de roux qui |>crMKtQ malgré l’addition du fondant et l'influence de l’excipient. L’oxyde do zinc, dans ces circonstances, fait toujours passer ntt roux les oxydes composés d’oxyde de fer et d’oxyde de cobalt.
CoL'i.KtîRA d'or. — Le précipité pourpre de Cassius sort a obtenir, tout comme dans la fabrication des couleurs do porcelaino dure, les trois nuances tirées de l'or, le pourpre, le carmin et le violet.
Le procédé qui suit conduit a des résultats certains.
Je fais une eau régnlo composée de 4 44 grammes acide hydrochtpriquc et 72 grammes acide nitrique du commerce. Je lais 8 pesées de 2 grammes d'étain, 8 pesées de U, 32 d’or pur ; on met chacune de ces pesées dans une petite fiole, et je verse sur l’or 4 5», 5 d'acide (ean régale, ci-dessu*), pour l'étqin 4 4*, 5 do la même eau régale; on ajoute à chaque fiole qui renferme l’étniu 2 grammes d'eau distillée, puis on agite; l'étain qui est en feuilles très-minces &c met par petite! portions dans la fiole entourée d’eau fralcho ; la température ne s'élève pas trop, c’est uno condition indispensable pour que la dissolution stnnniquc contienne simultanément les doux chlorures d'étain. I.'or est mis tout k la fois dans l’eau régale ; quand la dissolution de l'étain est complète, on verse le chlorure d’or dans 14 litres d’e'nu claire, et on ajoute goutte h goutte les dissolutions do l’étain, jusqu'à ce que l’addition d’une nouvelle offusioisde sel d'étain donne un nuage blanchâtre ; alors on arrête.
L'addition de l'étain se fait tout en agitant arec nne baguette de verra ; on love k l’eau bouillante, et on conserve humide le pourpro de C’assiits pour s'en servir nu besoin ; k ect effet, on le réunit d’abord sur un filtre ; puis, lorsqu’il est suffisamment ressuyé, on étend le filtre sur une glace, et on relève le pourpre pour le conserver sous l’eau dans un bocal bien bouché.
Pans cet état, lu pourpre de Cassius est prêt k donner du pourpre, du cnnnin ou du violet, suivant le fondant avec lequel on le mélange et suivant la dose do chlorure d’argent qu’on y incorpore.
11 faut seulement avoir 6oin de réserver pour du violet les précipités qui présentent à l’œil un aspect violacé ; on met do côté, pour faire le pourpre ou le carmin, ccüxqui font de la coalcurditepelured'oignon..
Bleus. — L’oxyde de cobalt ne développe de coloration bleue quo lorsqu’il est en dissolution dans un flux vitraux ou lorsqu'il est en combinaison avec l'alumine ; lorsqu’il est k l’état do silicate ou do borosilieate de cobalt, il devient bleu, et la nuance est d’autant plus intense qu’il y a plus d’oxyde ; quelques millièmes suffisent pour colorer en blou sensible les verres i base de chnux, dont la densité n’est cependant pas considérable. Le silicate de cobalt que je prépare pour faire les bleus dits bleus d'asur contient do l’oxyde de zinc qui empêche l'oxyde de cobalt do donucr du noir. Jo fonds à un fort feu :
Fleura de zinc 8
Oxyde de cobalt brut . 4
Fondant aux gris . ; 20
La masse pilée est d'un bleu noirâtre, mat quand il a
ÉMAILLAGE
ÉM Al U. AGE
été rofroidi brusquement, mais qu’unoaddition dfl fondant pont développer en an bleu riche et par. Cetye matière est, de même, U base de tou» le» bleu» que je lais pour la porcelaine dure, et qui «ont suivant leur intensité, c'e*ti â-dire suivant la proportion do la fonte précéi lento, bleu demi grand feu, bleu d'azur, bleu turquoise de Sèvres et bleu de ciel dur ou tendre.
1.0 fondant aux gris dont il est question n’est autre chose que le fondant dit rocaille fondu pour la deuxième fois avec du borax; je le compose, comme pour les couleurs do porcelaine dure, de :
Minium 600
Sable * * * 200
Borax fondu 100
On fond et on coule.
Blancs. — Le blatte est fourni par du cristal opacifié par do l’oxyde d’étain. Les préparations qui présentant l’étain dans l’état le plus convenable pour faire de l’émail blanc, reçoivent le nom de calcines. On ou prépare de deux sortes différentes : l’une d’une grande infusibilité, l’autre au contraire assez fusible.
Je prends : »• i. K" *•
Plomb métallique. . . 100 100
Étain métallique ... 20 100
On met les deux métaux dans un têt à rôtir, puis on fond ; la surface se couvre d’abord d’un oxyde noir qui s'enflamme et #c transforme en brûlant de proche en proche en une poudre jaunâtre d’antant plus blanche qu'il y a plus d’oxyde d'étain ; on arrête la calcination seulement quand toute étincelle a disparu ; il est bon, pour éviter la présence do toute particule métallique, de triturer la calcine et de la soumettre une seconde lois à la chaleur rouge.
Ces «leux calcines sont employées pour fairo les blancs pour peindre sur émail sur pâte.
Tel# sont les procédé# à l'aide desquels on peut facicilement faire les couleurs qui- m'ont donné de bons résultat# dans mon service de Sèvres pour la peinture sur émail.
Une foi# qu'on a préparé cl conservé «l’une part les fondants, «l’antre part les oxydes, rieu n'est plus simple que la préparation des couleurs elles-mêmes. On a réuni clans les formules qui suivent le dosage du fondant et do l'oxyde.
Couleurs ter mine es. «
Je suivrai, pour énnmérer les couleurs qui composent la palette actuelle, l’ordre dans lequel In préparation des différents oxydes employés comme matières colorantes a été présentée dans l’exposé qui précède. J ‘accompagnerai lu désignation «les couleurs du numéro d'ordre «ou# lequel elles sont enregistrées n la manufacture do Sèvres. La description qu’on va lire représente donc d’nne manière exacte et «•omplèto l’état de nos connaissance# chimiques sur la •peinture sur émail.
Tous les dosages seront rapportés h 250 gramme# à pou près ; de cette façon nous pourrons trouver «les points de comparaison. On verra do suite l'uniformité do !n majeure partie des compositions dont la palette
est formée;.
N° 1 . Gris. — On pèse et on triture :
Oxyde àr.n'r 40
Fondant nu 1 220
N“ 2. Noir. — On pèse ot on triture î
Oxyde à noir 80
Fondant nc 1 170
N* 3. Vert clair. — On pèse et on triture t
Oxyde de chrome pur 85
Fondant n°1. .......... 170
N° 4* Vert foncé. — On pèse et on trituro :
Oxyde & vert foncé. ....... 85
Fondant n° 1 170
V 5. Vert bleuâtre A. — On p«Sso et on triture : Oxyde do vert bleuâtre n° 1 . . . 83
Fondant n* 4 470
On nc fond pas.
N° 6. Vert bleuâtre B. — On pèso :
Oxyde â vert bleuâtre n’ 2. . . . 85
Fondant h" 1 . - . . 170
' N“ 7. Vert noirâtre A. — Ou broie :
Oxyde à vert noirâtre n° 1 . . . . 85
Fondant n'* 1 . . . 170
K° 8. Vert noirâtre B. — On pèse et on triture : Oxyde fc vert noirâtre nn 2 . . . . 83
N® 9. Jaune clair. — On fond le mélange suivant :
Mine «> ange 120
Sable «1 Ktampcs 40
Borax fondu 40
Antimoniate acide de potasse. . . 40
Carbonate «le zinc hydraté .... 30
On coule et on pile. Ce jaune est le jaune donné à
l’article des’oxydes. On l'a répété ici, ainsi que ceux qui suivent, afin do ne pas réparer le# recettes qui nous ont paru devoir être présentées entièrement complètes.
N® 10. Jaune moyen. — 1/5 jaune qui précède se mélange très-bien avec le# couleurs «l’or pour faire les rouges #i solide# et si recherchés des carnations de l’émail. Le ronge, qui est désigné sous le nom de jaune moyen, se mélange moins bien , h canoë de l’oxydo de fer qu’il renferme et qui lui «lonne un ton pins foncé que celui préparé par le jaune clair. On fond le mé-
lange suivant :
Mine orange 1 20
Sable - 40
Borax fondu. . ... • 40
Antimoniate ncido de potasse. . • 40
Carbonate de zinc hydraté. ... 20
Oxyde de fer 20
On coule et on pile.
X“ 1 1 . Jaune foncé. — On fond et on coule le mélange suivant :
Mine orange 1 20
Sable ....... 40
Borax fondu 40
Antimoniate acide de potasse. . . 40
Oxyde de fer rouge 20
N® 1 2. Ocre. — On pèse et on triture :
Oxyde à ocre jaune ....... 85
Foialnut n° 1 . 170
N* 13. Kouq • orange. — On pèse et on triture :
Oxyde à ronge orange 83
* Fondant n® 1 170
N" 14. Bouge sanguin. — On pèse et on triture :
Oxyde à rouge sanguin 85
Fondant n® I 470
N° 15. Ilouge de chair.' — On pè9e et on trituro : Oxyde n ronge <lo chair ..... 85
Fondant n® 4 » 170
N® 16. Bougo carminé. — On pèse et on triture :
Oxydo à rouge carminé 85
Fondant n® 1 170
ÉMAILLAGE
émaillage.
N* 17. Rouge laqueur, — On pèae ot on triture :
Oxyde à ronge laqueux 85
Fondant n° 1 <70
N* 18. Rouge brun. — On pèse et on triture :
Oxyde ii rouge brun 85
Fondant n° f. 170
N° 19. Rouge v ioldtre clair. — On pèse et on triture :
Oxyde de fer calciné an point de
devenir violâtre 85
Fondent n" 1 170
X" 20. Rouge rioldlre. — On pèse et ou triture :
Oxyde de fer violâtre 85
Fondant n» 1 170
N° 21 . — Rouge rioldlre foncé. — On pèw et on triture :
Oxyde de fer violâtre foncé. ... 85
Fondant n° 1 170
N* 22. Brun routtdlre. — Ou pèse ;
Oxyde A brun roussâtre 85
Fondant n° 1 170
et on triture.
N" 23. Brun de boit. — On pèse :
Oxyde A brnn de bois 85
Fondant n“ 1 170
et on triture.
N® 2 S. Brun mordoré. — On pèse et on triture :
« Oiroroite de fer 85 .
Fondant n° 1 170
N° 25. Brun sépia. — On pèse et on triture :
•Oxyde A brun «épia 85
Fondant n° 1 . . . * 170
On no fond pas plus cette couleur qu’on fond les rouges et les bruns qni précèdent.
N° 20. Brun noirâtre. — On pèse et on triture :
Oxyde A brun noirâtre 85
Fuudant u** 1 470
K" 27. C.trtÿin tendre. — On prend pour faire cette couleur du précipité pourpre do Casait)». préparé comme il a été dit plus haut, et conservé humide ; on le broie sur une glace avec du chlorure d'argent et du fondant n° 2. Il ne faut que très-peu de chlorure d’argent. O» fuit un mélange bien intime des trois ingrédients, et ou essaye. C’est une série d'expériences ainsi répétées ui indiquent s’il faut ajouter du précipité pourpre ou n chlorure, ou du fondant, pour arriver nu ton demandé.
N“ 28, Carmin dur. — I.e carmin dur se compose comme le carmin tendre. Ou lo prépare de mémo ; il n'v a de différence que dans les proportions relatives de fondant et de pourpre de Cusaiu*.
N" 29. Pourpre. — La même observation est applicable A la fabrication du pourpre, lxj fondant, 1g pré. ripité pourpre et le chlorure d'argent se composent de même ; il n'y a encore de distinction que dans les proportions du précipité pourpre, qu’on met on plus grande proportion.
N“ 30. Pourpre drun. — Le pourpre brun est un mélange A parties égales de brun mordoré, dont la composition a été donnée plus haut n“ 2i, et du pourpre
qui précède n" 29. On prend •
Pourpre n° 29. . . ; 127
Brun mordoré . . . . 128
On triture sans tondre.
N" 31. Violet d'or. — Le violet «l’or se fait encore avec le précipité pourpre de (’assius, préparé comme on l'a dit déjà plus haut ; seulement on peut, mais co n’est pas une nécessité, opérer avec du précipité complètement desséché A l’air. On môle le précipité sur une glace avec du fondant n" 1 , et on se rend compte, par des essais et dos cuissons répétées, si la proportion de l’oxyde d'er est suffisante pour donner un ton riche suffisamment glacé. J’ai commencé pour ces couleurs la mémo étude que celle que j'ai donnée dans le dosage «les couleurs de porcelaine; mai* je n’ai pas encore do dosages assez certains pour fixer les poids de fondant de pourpre et do chlorure d’argent qu'il convient d'introduire dans les carmins, les pourpres et les violets, avec espoir de préparer un produit irréprochable.
N® 32. Bleu d'{rzur. — Le bleu d'azur *c fait en par tant «le la base que j’ai donnée A l'nrticlo de* oxydes; on triture la fonte avec la moitié «le son poids «le fondant n* 1 . On a de la sorte un bleu très-riche et d’un emploi facile.
K* 33. Blanc*. — On fait de beaux blancs on fondant avéc«lu subie du plomb oxydé (minium) ctdnnitre, les deux calcines dont j'ai présenté la composition dans la description des procédés n l’aide «lesquels j’obtiens les oxydes. On peut obtenir des blancs plus ou moins fusibles, suivant qu’on met de l'une ou de l'autre calcine en plus ou moins grande quantité ; il faut fondre ii nu fort feu . Voie! la composition de trois blancs «le fusibilités différentes qui ont chacun leur utilité. Le plus tendre sert pour empâter sans mélange, A la manière des blancs fixes dans la porcelaine dure. Los autres sont très-bons comme blanc* A mêler.
N° 1 . Calcine n° 1 100
Calcine n° 2 200
Sable «l'Etampes . . 200
Nitre . . 40
Minium 100
On fond A un très-fort fou.
N" 2. Calcine n° 1 450
Calcine n* 2 200
Sable d'Éinmpcs .... 100
Nitre 40
- Minium 40
On fond A une chaleur très-intense :
K° 3. Calcine n* I 200
Calcine n* 2 200
Sablo d'Étoxnpcs 100
Nitre 60
Minium 40
On fond encore comme pour les autres blancs ; on tire avec de* pinces la matière fondue «laus celte priqiaration; pendant la fonte, il faut avoir soin que les produits de la combustion ne réagissent pas sur le composé pour lo réduire. I.a inasso fondue serait veinée de trait* noirs qui saliraient la nuance.
Tels sont les procédés A l'aide desquels on peut so faire un assortiment satisfaisant de couleurs pour émail sur pâte. Tassons actuellement il l'exposé de* méthodes pratiques a l'aide desquelles on fait l'emploi le plus convenable «les éléments dont nous venoiu de donner une étude chimique. Mais avant de nous occuper do cette partie essentiellement technique et descriptive, fixons l'attention sur la température A laquelle il convient do cuire l’émaillage suivant qu’on peint par empâtement ou par la méthode de l’aquarcUe.
Nous avons dit plus haut que l'oxyde «lu fer dispaj raissaitquand on l'étend sur une surface chargée d’oxyde du plomb. Nous rappellerons que cet effet est d'autant plus sensible, que la température A laquelle on cuit la J pièce est plu* élevée. Or, le» couleur* que nous avons
EMAILLAGE
Emaillage.
énnmérées contiennent souvent de l’oxyde do for, tantôt libre, comme les rouges, tnntôt on combinaison, comme les bruns, les ocres et le» noirs.
Lorsqu'on fait usage de blanc pour empâter la ceinture, comme le blanc est en général une couleur dure, c'est-à-dire difficile à fondre, il faut cuire fortement In pièce pour faire glacer la couleur et lui faire prendre un glacé complet. Dans ce genre de peinture, H faudra donc ne $c servir que do bruns composé» obtenus par le» mélange» «le pourpre et «le jaune foncés et violet «l'or ; le» ronges devront être obtenu» par lo mélange des pourpres et de» jaune» mêlé» ou par superposition. J-n palette devra donc être simplifiée, et nous n'aurons à faire qu’un emploi trè*-ro*treint des couleurs de fer, brnns, ocres, rouges et gris. Faute «le sc conformer a cette recommandation, on court le risque «le psrdre la majeure partie de su peine. Si certain» points exigent l'application de ces «leux derniers tons, il faut les réserver pour la dernière retouche et cuire en quchpie *orte exprès, c’est-à-dire à la température la plus ba*sc («ossiblo.
Lorsqu’on fait une peinture aquarclléc, la mémo précaution n’est plus de rigueur; on peut faire u-ngo de toutes les couleurs dont la préparation précède, parce que le feu qui «loit les parfit mire p’**t pas aussi vif; il faut tout«.-fois ne pas perdre de vue que les couleurs ne possèdent pas par elles-mêmes assez de fondant pour glacer sous une épaisseur telle que l'influence «le la pâte ne se ferait plu» sentir sur In surface supérieure de la peinture. 11 faut «lonc être trô»-*obro des épaisseurs exagérées pour avoir le glacé qui séduit sur Je» porcelaines tendres et le» émaux.
MÉTHODES VRATIQl'KS 1>E 1.’ ÉMAILLAGE.
Le» procéd* s employés pour faire l’application sur l'émail ou sur la pâte de» divers composés que nous venons d'apprendre à composer sont nécessairement variables avec les composé* vitrifinbles eux-mêmes. Le» coqlcurs, que nous avons nommée» parémmix, sont fineniont broyée», appliquées au pinceau, rendues ndliésives par de» huiles lixes ou «les essences grasses, et sous le rapport de leur application, no«is ne saurions mieux faire que de renvoyer à l’nrtielo Décoration 1»E LA l'ORCELAlK*.
C^uaut aux émaux proprement dit*, opémaux ou trans- «’maux, qu'il faut coucher son» une épaisseur considérable pour obtenir le ton, l’éclat et le glacé désiré, on ne saurait le* employer par ces méthodes, qui s'éloignent de l'industrie pour constituer l’art abstrait. On a recours h de* voie» et moyens beaucoup pins expéditif* que nous allons examiner succinctement.
Los émaux, opaques ou trnn*]uircnt*, sont broyé» sou» l’onn, en poussière qui ne doit pas être trop fine. On a remarqué que les poussière» trop fines ne fournissaient que des émaux louches, sans transparence. L’air dont <?cttc poussière est mmiillée ne sc dégngemît -il pas aussi facilement que lorsqu’il peut s'échapper librement. Quoi qu’il art soit, lo brayage Je* émaux qu’on applique sur les métaux autrement qu’au pinceau mérite une grande attention. On l’exécute dans un mortier d’agate, à l’état humide, en frappant sur lo pilon avec un maillet de bois pour briser et non pour écraser. La poussière trop fine cet lavée par l’acide nitrique, puis à l'eau pour éliminer toute impureté. Iajs émailloiirs prétendent qne s’il» m^gligcaient le lavage acide, les émaux perdraient toute leur limpidité ; ce lavage e*t d’ailleurs répété chaque fois que l’émail est resté abandonné longtemps sou» l’eau. 11 serait possible • qu’il ait pour effet «1e détruire les carbonates «lo plomb et d’alcaü* qui se forment par suite «le l’altération du verre sons l'influence de l’air et de l'humidité. S’il en était ainsi , on comprendrait qn’en négligeant cette précaution, ecs cnrlionatc», à la température do la cuisson,
puissent dégager l’ncide carbonique sons l'influence des silicate* non altérés, et quo cet acide carbonique restant interposé dans la naisse vitreuse communique l'opacité, les nébulosité» «lont on cherche h *c garantir.
lorsque la pièce qu'on veut émniller est coupée suivant le» contour» qu’elle doit avoir, on ln d<k*apc en la faisant bonillir avec du carlKuiatede potasse ot en la frottant avec «les cendres chaudes, pui» on la lave «vec do l'acide sulfurique étendu d'abord, et ensuite nvec de l’eau pure. On l’essuie promptement en évitant de la toucher avec les main». On la dessèche promptement en la plongeant dans de la sciure de bois.
Pour étendre l’émail, lorsqu’il est broyé, on le couche nu moyen d’une petite spatule sur les points qni doivent être recouverts. L'eau, dont l’émail est imbibé, facilite une extension égale; on ressuie l’ouvrage en le mettant en contact par un point avec une étoffo de toilo peu serrée qui, par capillarité, .«'imbibe et pèche lu pièce émaillée ; on régularise ensuite la surface émaillée eu promenant la partie plauc«Ie lu spatule. On laisse sécher a l'air libre et on porte à cuire «htns le moufle.
Ce premier travail ne petit donnor qu’un étnâil incomplet, les grains de la matière vitreuse laissent des vides et des épaisseurs qu’il faut égaliser. On le fait par l’applicatioud'uue seconde couche d'émail plncéedc la inêinc manière.
La seconde couche régularise la surface ; ello fait apparaître dos bulles, «le» grains. Une pièce bien établie ne doit présenter aucun défaut, ni fcutes ni bouillou»; il faut faire di>pnraitre les défectuosités apparente* et prévenir celles «jui peuvent so développer dons la suite du travail.
A cet effet l’émailleur est toujours muni «le râpes, «la lime», de burins, de poinçon* en acier très -dur. 11 crève le» bouillon», fait sauter les grains, use et polit les exubérances, fouille les crevasses et rebouche toutes les cavités au moyen de l’émuil en poudre, qu'il s’agit de cuire à nouveau pour obtenir une soudure complète avec les parties voisines.
Lorsque la pièce à mettre en émail doit présenter um» grande surface unie, on préfère poser les couches successives do l'émail par saup«judration au tamis, quelquefois sans intermédiaire, ce qui vaut mieux, quelquetui* après application d'une liqueur légèrement ngglutinative. 11 faut alors qne cet intermédiaire (sorte de mordant) reçoive l'impression de ln chaleur sans fondre ni bouillonner, et qu’il dùqiar&issu en totalité par le fait de son passage Hans le moufle.
Quand l’émail a été couché sur les parties qui doivent être émaillées, on s'assure si mute la pièce est parfaitement sèche avant de la porter nu moufle. Nous no décrirons pas cot appareil que tout le monde connaît. Nous nous bornerons à dire que le moufle ne reçoit de variations dans sa forme que lorsqu’il doit être employé pour rétablissement «le grandes pièces. Il a «lmis ce cas I l'aspect d’un demi-cylindre couché, librement ouvert | par les deux extrémités; des porte», placées en avant ! et en arrière du cylindre, se ntaincuvrcnt au moyeu do : leviers et de contre-poids pour être ouvertes et fermée* suivant les besoin». Cette disposition permet à la plaque «l'enter par um» ouverture, l'antérieure, par exemple; pour sortir par l’autre , la postérieure. Le maniement dos plaques est facilité par des chaînes qui maintiennent, suspendues au plafond, le» tenaille*» «lotit l'éinailleur fait usage, et la plaque elle-même est d'ailleurs dirigée dan* M>n mouvement de progression par un chariot qui glisse , dan» dos rainures ou sur des saillies analogues aux voie* ferrées. Ce chariot est aussi dirigé pur une table i\ roulette» glissant sur de» rail» à demeure sur le sol «le . l'atelier. Ln hauteur de cette table est exactement cello du fond du moufle, l’no table identique , disposée sur ln face postérieure du moufle, attend le chariot à sa sortio du feu. Ixs* trappes qui fonctionnent comme porte»
fcMERAUDK,