ESSENCES ARTIFICIELLES
encore par l’acide sulfurique, et l’acide butyrique ainsi obtenu, après avoir été mis en contact avec du chlorure de calcium, est soumis à la distillation. Six parties de sucre donnunt de I 4/2 à 2 parties d’acide kutyriquo
pur.
Pour préparer avec ce corps l'éther butyrique ou essence d’unanas, on mélange parties égales d'alcool absolu et d'acide butyrique, auxquelles on ajoute une petite quantité d'acide sulfurique. On peut opérer sur i»00 grammes d'alcool, 500 gramme* d’acide butyrique et 15 grammes d'acide sulfurique. I.e mélange e»t chauffé pendant quelques minutes, et l’on voit l’éther bittyrique venir former une couche à In surface dn liquide. On ajoute alors un volume égal d'eau, on enlève la couche supérieure, on distille la liqueur restante, ce qui fournit une nouvelle quantité d’éther, que l’on joint à la première. L’éther butyrique est alors ngité avec une solution alcaline étendue, pour enlever l’acide libre. Il faut être réservé dans le* lavage», parce que l'éthcr est sensiblement soluble dans l'eau.
L’essence d'ananas commerciale se prépare en dissolvant I litre d’éther butyrique dans 8 à 40 litres d’esprit -dc-vm pur; quelquefois aussi, on le dissout dans de l'eau-de-vie ordinaire.
Cette essence ainsi préparée a de* usages assez variés; on l'emploie dans la parfumerie, dans la confiserie ; elle sert à aromatiser le rhum de mauvaise qualité. Le» Anglais se serv ent de l'essence d'ananas pour préparer une limonade agréable, qu'il* désignent sou* le non «le pme-apple-ale. Vingt à vingt-cinq gouttes suffisent pour donner une forte odeur d'ananas à une solution de 500 grammes de sucre additionnée d'acide tartrique.
Euenca de poire». — Cette essence s'obtient en dissolvant dans l'alcool l’acétate d'amylène (éther acétique de l'huile de pomme- de terre).
L’huile de pommes de terre brute n’e»t pas propre à ln préparation de cet éther ; il faut la purifier : pour cela, on l’agito avec une solution nlcnline étendue, et, après l’avoir séparée, ou la distille au thermomètre; on recueille le* portion* qui passent entre 100 et 1 12“.
Lorsqu'on veut préparer l'éther arctique, on prend I partie d’huile de pomme* de terre, 4 4/2 d'acétate de sonde fondu, et I à I 4/2 d’acide sulfurique. Le tout, bien mélangé, est maintenu à une douce chaleur pendant quelques heures. En ajoutant de l’eau, l’éthcr acétique se sépare ; on le recueille, on distille la liqueur restante, ce qui fournit une nouvelle quantité d’éther; puis on agite nvcc de l'eau et une solution de soude.
Si l’on mêle 15 parties d’éther acétique de l’huile de pommes île terre, 1 I fl d’éther acétiquo de l’alcool et 100 à 420 partie* d'esprit- de-vin, on obtient une essence parfaite, qui donne aux substances auxquelles on la mélange le parfum de la poire de bergamote.
Essence de pomme». — Sous le nom d'essenrn de pomme», on désigne une solution alcoolique d’éther valérinnique de l’huile de pommes «le terre. On l’obtient, comme produit nccnmlairc, lorsqu’on prépare l’acide vnlérianique, en distillant l’huile de pommes de terre avec l’acide sulfurique et le bichromate de potasse ; mais, pour en préparer une qnantité notable, il est nécessaire d’éthérifier l’acide valérianique.
Pour préparer l'acide vnlérianiqne, 4 partie d'hnile de pommes de terre est mélangée avec 3 parties d’acide sulfurique, avec précaution et petit à petit; on ajoute ensuite 2 parties d’eau. On chauffe en même temps, dan» une cornue tabulée, une solution de 2 parties 1,4 de bichromate de potasse dans 4 4/2 d'eau; on introduit alors, tout doucement et par petites portions, le premier liquide, de manière à maintenir une douce ébullition dans la cornue Le liquide distillé est saturé avec du carbonate de soude, et évaporé à siccité pour
EVAPORATION.
Evaporation.
obtenir du valériannte de soude. 11 suffirait, pour obtenir l’acide valérinnique, de décomposer ce sel par l’acide sulfurique ; mai» on peut employer directement le valériannte de sonde pour la préparation de l'éther.
En effet, on prend 1 partie en poids d'huile do pommes de tene, qu'on mélange avec précaution, avec une quantité égale d'acide sulfurique; on ajoute 1 partie 1/2 de valérianute «le* soude bien sec, et l’on maintient quelque temps la liqueur au bain marie. En ajoutant de l'eau, l'éther »e sépare; on le purifie, comme on a fait pour les composés précédents. Il faut éviter avec soin de chauffer trop fort.
lorsqu’on étend cet éther de cinq à six fois son volume d'alcool, on obtient un produit qui prond une odeur de pomme très-agréable.
Essence de cognac, essence de raisin. — La composition «le ces essences n’est pas aussi bien déterminée quo celle des précédentes. M Hoffmann pense qu'elles constituent un éther ou un mélange d’éthers de la série mnylique. Le rnpport du jury de l’expo6ition de Londres, dont M Hoffmann faisait partie, en parle dans cj* termes : Un examen superficiel de ces huiles a démontré, d'une façon indubitable, que c’était de» composés atnvliqucs dissous dans une grande quantité «l'alcool, et il est curieux de voir une substonre (l'huile de pommes de terre ) qu’on élimine avec le plus grand soin dans la fabrication do l'eau-do- vie, à cause de sr. détestable odeur, venir, sous une antre forme et en minimes quantités, fournir le parfum même de l’eaude-vie à celles qui on manquent.
Ces essences sont, en effet, employées, en Allemagne surtout, à donner l’arome de l'eau-do-vic de Cognac aux caux-do-vio do mauvaise qualité.
M. Hoffmann, qui a bien étudié la question do ccs es-enccs artificielles, pense que bien d'autre» éther» pourront donner des résultats semblables; il signale surtont l'éther caprylacétique découvert par M. Bonis. D’un autre côté, The american ami un/ of discorery assure que l’on peut, au moyen de certains éthers, produire presque tous les parfums : l’essence de géranium, l'extrait de mille-fleurs, etc. ; mais il n'indique pas quels sont les corps que l’on peut employer dans ce but.
Hmilt artificielle d'amandes amères ou essence de mirbane. — Cette essence n’appartient plus à la série des éthers, c'est un composé d'un tout autre ordre. Elle provient de l'action de l'acide nitrique sur la benzine, et les chimistes la désignent sous le noin de nif ro- benzine. MM. Hoffmann et Mansfield ont, les premiers, signalé la présence de grande quantité de benzine dan» l'huile de bouille; c'est do ce moment ( 1819) que date la fabrication sérieuse de l’huile artificielle d'amandes amères.
La méthode employée, en Angleterre, pour sa préparation a été établie par M. Mansfield, et est trèssimple. Son appareil consiste en un large tube de verre ayant la forme d’un serpentin ; à sa partie supérieure il se bifurque, et chacune des deux branches porto un entonnoir. Un filet d’acide nitrique concentré coule lentement par l’un des entonnoirs; l'antre fournit la benzine. Les deux liquides se rencontrent à la bifurcation, et l’attaque s'opère avec dégagement de chaleur. En suivant lo serpentin, le nouveau composé se refroidit; on le recueille à l'extrémité inférieure. La nitro-benzine on essence do mirbano ainsi ohtenuo & besoin d’être purifiée; pour cela, on la lave h l’eau, puis avec une solution alcaline.
La nitro-benzine ainsi préparée ressemble beaucoup, par tes caractères physiques, à l'essence d'amandes amères; elle est employée, dans l'industrio, pour parfumer les savons, et il est probable qu'elle c»t susceptible d’autres applications.
Evaporation. Noos avons décrit «n détail, h
l’article Situe, l'appareil Degrand, qui emploie la vapeur d'eau comme moyen de chauffage : pur son passage h travers les liquides, et sa condensation par le contact des nouveaux jus avec le» tube» dans lesquels circule la vapeur produite par l’ébullition des jus sucrés. Cet appareil réunit les conditions de bon travail et d'économie qui en ont fait le succès ; toutefois, depuis quelque temps, un appareil combiné par un Français, M. Rillieux, et adopté dans les sucreries do la Louisiane, est venu lui disputer la palme, et avec lo même soin apporté dans la construction, en proportionnant convenablement les diverses parties qni le composent, doit donner nne plu» grande économie de combu»tihle d'après les principe» sur lesquel» repose son fonctionnement. Pour analyser les différence» qui existent entre ccs deux appareils, nous emprunterons h M. Claudel (formules, etc.) un exemple d'évaporation de ju» sucrés par la vapeur, sans supposer aucun appareil-spécial.
Soit à concentrer en une heure 5,000 kilog. de clairce, c'est-à-dire de sirop avant In cuisson. Ce sirop, composé ordinairement dans les raffinerie» de 30 parties d'eau pour 70 partie» de sucre, pour être amené h 47" de l'aréomètre, degré ordinaire de concentration, perd à peu près 15 p. 100 «Tenu ; ce qui fait 750 kilog. pour 5,000 kilog. de sirop. La température d'ébullition de la clairce étant de 110° et sa chaleur spécifique moitié de celle «le l'eau, la quantité de chaleur nécessaire pour élever la température de 5,000 kilog. de 20° 5,000 X oo
à 100" est == 225,000 unités, ce qui cor-
respond à la chaleur dégagée par la condensation de 225, 000 ,
— — ■ - = 409*, I de vapeur d’eau. La quantité totale
de vapeur à fournir pour élever la température de la clairce de 20" à MO" et lui faire perdre 15 #/# d'eau est donc 750 -|- 409,1 = 1 150,1 kilog.
Cet exemple montre tout l'avantage des dispositions «le l'appareil Degrand, imitées de celles qui avaient si bien réussi dans les appareils de distillation. On voit que, théoriquement, en employant des étendues de surface de condensation suffisante» on pourra économiser toute la chaleur nécessaire pour échauffer la clairce, employer pour cela 1a chaleur latente de la vapeur dégagée par la caisson, c'est-à-dire dan» l'exemple précédent économiser 225,000 unités de chaleur, l’équivalent de 409 kilog. de vapeur.
Telle est l'importante économie qne l'appareil de Degrand permet de réaliser. Toutefois il ne semble pas impossible de diminuer encore la quantité de chaleur nécessaire pour effectuer la cuite de la clairce. Le progrè3 possible repose sur l'emploi de l'évaporation à de basses températures, dans le vide Plus limitée dans la pratique pour les raffinerie», l'économie possible est très-considérable lorsqu’il s’agit de jus sucré ne renfermant que 10 p. 100 de sucre. C’est, en effet, dans les sucreries de la Louisiane plutôt que dans les raffineries que l'application de ces idées a été faite par M. Rillieux. Son appareil a parfaitement réussi, et on voit que, dans le cas d'extraction du sucre pour les proportions indiquées, ce serait environ 4,000 kilog. à vnporisor et non plus 750 kilog. , étant d'ailleurs à remarquer que l'abaissement du point d'ébullition croit rapidement avec la diminution de la richesse saccharine de la liqueur. Cest par une ospècfc de rotation de la vapeur, rendue utile par l'interposition des surfaces métalliques, et rendue possible par l'abaissement du point d’ébnllition, par la diminution de pression qu’opère l’appareil Rillieux et un autre appareil fonctionnant d'après les mêmes principes qu’avait construit, peu de temps avant sa mort, l'habile M. Pecquour.