‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 169 sur 394 · HOUILLE · texte numérisé non relu

HOUILLE

b lieu tous tes jours à midi et que si ht pendule que nous venons de décrire n'est pas à l’heure juste, elle sera remise à l'heure par eet effet.

I.c jeu du mécanisme, simple comme il est, comporte une erreur de 8 à 10 minutes, supérieure à la varia-

les moyens les moins perfectionnés. 11 est peu do mines, installées d'une manière convenable, dans lesquelles on ne ohercho pus à obtenir au moins 1,800 à 2,501*, ou même 3,000 hectolitres. 11 en est enfin dans lesquelles on tire 5,000, G, 000 et jusqu a 10,000 hco

tion de la plus mauvaise horloge d'un jonr à l'antre.

Cet effet n'ayant lien qu'une fois par jour et pendant un temps très-court, l’on conçoit qu’il ne doit jamais être dérangé par les causes atmosphériques, et que d'ailleurs, ni cela arrivait ou si la pile venait à faire défaut, cela serait sons nul inconvénient puisque l'horloge doit être assez bonne pour ns pas varier sensiblement d'un jour à l’autre. — On peut donc, avec ce système, faire ce qui est impossible avec l'autre, donner l'heure exactement à toutes les distances sans craindre d'erreur. br&suet.

HOUILLE. Progris de l'exploitation. — A mesure que les moyens de transport intérieur dans les mines se sont améliorés, soit par l'emploi des chevaux, soit par l'usage de plus en plus général des chemins de fer, le champ d'exploitation de chaque puits a pu prendre une étendue plus considérable, et les puits ont pu être d'autant moins multipliés; cela constitue un avantage très important dans les cas fréquents où l'établissement* de ces puits est très- difficile, et forme la majeure partie de la dépense ù faire pour la mise en valeur d’une exploitation. Toutefois, il a fallu en même temps accroître les moyens de production do chaque puits, pour continuer à tirer d'un périmètre donné la même production, et pour la développer même au far et à mesure de l' accroissement de la consommation. Il y a d’ailleurs, au point de vue purement technique, des avantages nombreux et évidents à faire en sorte qu'un champ d'exploitation donné soit exploité le plus promptement possible. Tous ces motifs réunis ont amené co résultat, que la production journalière des puits a été constamment en croissant. Des puits donnant 500 ou 600 hectolitres ue sont plus aujourd'hui justifiable# que dans des circonstances toutes spéciales. J,a plupart du temps, on tire au moins 1 ,000 à 1 ,200 hectolitres avec

tolitres par jour. Une pareille production suppose naturellement des couches d’une richesse appropriée et surtout d’une allure bien régulière, et des moyens puissants d'extraction. Quant à la profondeur, c'est en réalité un des éléments les moins importants ; il arrive même souvent que ces puits à production exceptionnelle sont eu même temps au nombre des plus profonds, et cela s'explique par cette profondeur même, qui, forçant à en restreindre beaucoup le nombre, conduit ù outiller chacun d'eux de manière a lui faire rendre le plus possible. La première condition d’un semblable outillage est un moteur d'une force suffisante. Au lien de ces anciennes machines de 10 à ♦5 chevaux, quelquefois 30 à 40 au plus, on monte aujourd'hui des machines de 60, 80, 100, 150 chevaux et au delù. Aux tonneaux ou euffats si lourds et si encombrants, que l'on remplissait aux accrochages et que l’on vidait à la recette supérieure en les faisant basculer, on substitue des cages guidées, lesquelles reçoivent et amènent au jour les wagons ou bennes ù roulettes qui vont chercher le charbon à la taille, et lo conduisent sans aucun transbordement jusqu'au magasin ou au point de chargement. Cette disposition, toute • simple quelle puisse paraître à imaginer, n’en doit pas moins être regardée commo un immense progrès au point de vue de la célérité du service, de l'économie de main-d'œuvre et de la conservation du matériel, comme à celui do la réduction des déchets sur lo gros charbon et de la facilité du contrôle sur le travail des ouvriers mineurs.

En résumé, un bon outillage de puits d'extraction comprend aujourd’hui î

En premier lieu, une machine ù vapeur dont ln force est calculée très-largement, do manière à suffire à toutes le? éventualités du service le plus actif quo

HUILE DE SCHISTE

HUILE DE SCniSTE.

puisso comporter la richesse de» couches à exploiter. Cette machine sera généralement à deux cylindres accouplés, ce qui. en évitant les pointu morts et dispensant d'un volant, permet de faire avec une grande facilité toutes Ica manœuvres de changement de marche nécessaires.

Les cylindres pourront d’ailleurs être fixes ou oscillants, verticaux ou horizontaux; mais les cylindres fixes et horizontaux, faciles h établir dans d'excellente? conditions do stabilité, obtiendront souvent la préférence, surtout quand les machines no devront pas être très-puissantes.

La manœuvre do changement de marche ee fera très convenablement au moyen de la coulisse 8tephenson .

Dans les très-grandes machines, on pourra avoir un petit cheval pour le jeu de cette coulisse.

Les deux bielles attaqueront directement l’arbre des tambours ou bobiues, ce qui, en supprimant des engrenages, simplifie tout lo système et évite des chances d’accident.

Las tambours, on bien un volant léger placé sur le même arbre, recevront un frein puissant qui fonctionnera par la pression même do la vapeur, admiso au moyen d’un robinet placé à la portée du machiniste. Enfin, ces tambours seront disposés pour des' cAhles plats de préférence a des cftblea ronds, qui, à résistance égale, sont moins flexibles et ont moins de durée.

Ces câbles, pour des puits profonds, pourront être h section décroissante, depuis le point d’attache sur la bobine jusqu’il l'autre extrémité, afin d’obtenir une résistance proportionnée à la charge dans les différents points, avec le moins de poids et de matière possible.

En fécond lie u, on établira nn système de cages convenablement guidé us pour recevoir les wagons vouant des tailles. On peut dire d’une manière générale que ce système devra être employé à l'exclusion des tonnes sur tons les puits où une circonstance particulière, telle qu'une section insuffisante du puits, ne le rendra pas absolument impossible ; enfin, comme complément utile dans tous les cas, et principalement lorsque les cages doivent servir à l’entrée et h la sortie des ouvriers, on emploiera des dispositions propret à arrêter les cages dans le puits si le câble vient à se rompre. (Voy. paraciictb.)

HUILE DE SCHISTE. L’industrie des htiileB de schiste n’est pas nouvelle : dès <823, M. Bergounioux, de Clermont-Ferrand , avait pensé K obtenir divers produits par la calcination, en vases clos, des schistes bitumineux dont un gisement assez considérable existe aux mines de Menât, dans le même département': il en retirait un charbon décolomnt, des liquides ammoniacaux, des corps gras; mais son attention s’était surtout arrêtée sur les deux premières substances; il no pressentait pas encore comment on pourrait tirer parti des produit* huileux.

En 4824, MM, Chervan frères, de Dijon, ont pris nn brevet d’invention pour un procédé propre à extraire, par la dUtillation de» roche» qui en contiennent , un liquide propre aux arts, et spécialement à l’éclairage, à la composition du vernis et à la production dn gaz hydrogène.

MM. Chervan avaient principalement pour but, dans lenr description, la traitement des eehistes bitumineux de Saône-et-Loire, et, tout en indiquant la possibilité de l’emploi direct de ccs huiles à l’éclairage, il* ne donnent aucune notion sur le* moyens de les préparer, de manière à oe qu’on poisse en obtenir nne combustion convenable.

Le* travaux de leur u*ine n’avaient cependant rien de stable, et, ce ne fat qu’en 1827 que le petit bourg d’Igornay, aux environs d’ Autun, vit établir la pre-

mière usine dans laquelle on procédât régulièrement à l'extraction de l’huile de schiste.

En 1832, MM. Hlutn et Moneuse, dans cet établissement, commencèrent h opérer la séparation des divers produits oléagineux qu’ils obtenaient, îi l’état de mélange, par une première distillation à laquelle ils soumettaient la matière brute ; leurs procédés d’épuration,' consignés dam leur brevet du <7 novembre de cette même aonéo, tout imparfaits qu’ils soient, ont néanmoins servi de base à la plupart des procédés employés depuis cette époque, à laquelle on peut faire remonter la pensée de faire servir les liquides extraits à l'éclairage direct.

Leurs essais industriels sont loin d'avoir été cou-ronnés d’un 6uccès immédiat, et M. Selligue, qui devint plus tard possesseur des usines de MM. Blum et Moncusc, dans les environs d'Autun, ne parvint pas de suite à faire brûler ces huiles dans des lampes.

Autun est encore le siège principal de cette industrie, et, avant de jeter un coup d’œil sur les moyens qu'elle met en œuvre, il no sera pas inutile de nous arrêter un instant sur la matière première elle- même.

La pierre de laquelle on retire l'huile, à Autun, est nn schiste presque noir, assez pesnat, dont la plupart des échantillons sc réduisent assez facilement en plaques minces, surtout lorsqu'ils ont été exposés pendant quelque temps aux influences atmosphériques.

Cette piorre ressemblerait ii l'ardoise, si elle était moins noire et plus légère; mais elle est d’une formation géologique beaucoup plus récente ; elle accompagne, ou plutôt elle se trouve superposée aux houilles de qualité souvent médiocre que renferme cette localité.

L'abondance en est très-grande à Autun, et il n’est pas un des nombreux cour» d'eau qui s'échappent des montagnes voisines qui n’en rencontre quelque gisemont Btir son passage, et qui r.'en charrie les débris à de grandes distances ; leur inaltérabilité est telle qne, même dans l'eau, le» parcelles les plus minimes sc conservent intactes pendant de longues année». I»cs gisements jusqu’ici reconnus et exploités sont superficiel*, souvent d'une grande puissance en profoudeur, et jusqu’à vingt ou trente mètres.

Lo délit de cette roche est parfaitement marqné, et comme elle résiste plus facilement que le* roches environnante*, c'est chose assez curieuse que de voir de grands espace? presque entièrement dallés avec cette pierre noire en grandes plaques, présentant souvent une inclinaison assez faible.

Cette matière si inaltérable malgré son peu de dureté, et cette inaltérabilité qui, sans doute, est duo aux matières bitumineuse? qui entrent dans sa composition, est encore très-remarquable à d’autres titres; elle renferme peu d’empreintes végétales, ulors que les schistes houil lers proprement dit» en sont pour ainsi dire remplis, et offre ap contraire une multitude d'empreintes de poissons la plupart du temps représenté#-^ par des écailles disséminées ; mais souvent aussi et dons quelques gisements surtout ces poissons sont entiers, avec leur qneuo et leurs Oâgeoiros; rien n’est déformé, si ce n'est la tête dont le» éléments sont, la plupart du temps, méconnaissables.

Dons un chemin creux, voisin dTgornay, à Mure, on ne trouvo, pour ainsi dire, que du schiste, et l’on n’én saurait briser un morceau sont y rencontrer une empreinte animale. 5 9K ,

On ne peut douter cependant que cette formation schisteuse ne soit presque contemporaine de la formation houillère, car des schistes semblables existent, en petite quantité il o»t vrai, au toit de l’une des couches de 1a houillère d'Epinac, et, dans la houille comme dans le schiste, on retrouve oo fer carbonate en rognons, dit minerai de fer de» houillère* qui est si rare

HUILE DE SCHISTE

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en France, et auquel l'Angleterre doit une partie do «a prospérité.

Autun cet situé dans un immense entonnoir, formé do toutes parts par les montagnes du Morvan, qui ne laissent absolument passage qu’à la rivière de l’Arroux qui reçoit, en définitive, toutes les eaux, quelquefois fort abondantes, qui tombent au milieu de çette ceinture de montagnes : lo tiers au moins do cet espace est formé de terrain qui recèle des schistes bitumineux, bien que d'une mauière discontinue et en nmns isolés, qui ne forment qu'une miuitne partie de la superficie totale.

C’ett presque, on France, le seul gisement important de cette matière, e\ encore bien que beaucoup d'autres localités renferment do puissantes mines de schistes bitumineux d'une formation beaucoup plus moderne, cos schistes n'ont pu jusqu’ici être employés à la fabrication d'huiles propres à l'éclairage.

Et ce qu’il y a de très- remarquable à cet égard, c'est que celte matière, si abondante h Autun, soit déjà très-rare et presque exceptionnelle dans le bassin boitiller do lllanzy, qui n’e«t séparé de relui d'Autuu que par quelques montagnes de granit. On n’y trouve presque partout que le schiste boitiller ordinaire, qui y affecte cependant un caractère un peu différent. A cette fameuse mine de S&int-Bérain, par exemple, si célèbre par certaines infortunes que tout lo monde se rappelle, la texture du schiste est littéralement formée de,débris do roseaux, tout au**i rapprochés que le sont les tiges végétale» dans une botte de foin.

pans une autro.localité, aux environ* de Montet-aux- Moinc», dans l'Ailier, des schistes bitumineux moins nbondants, mais plus riches en bitume, présentent sur une assez grande surface un caractère un peu différent de cctix d'Autuu, nvoo lesquels ils contribuent déjà depuis plusieurs années h fournir do* huile» propres il l'éclairage. IA, les schiste* sont de véritable» Huiles, et, sous le nom d’olivandes, sont depuis longtemps employés à divers usages. Taillés en plaques minces, et de toutes dimension», qui s’élèvent quelquefois jusqu’à 8 ou 40 mètres carrés pour une seule dalle, il* sont fort recherchés pour cet usage, et les débris de la taille sout employé* au chauffage do* habitants pauvres de la localité; car, par lu grande proportion de bitume qu’iL renferment, ces débris sont jusqu’à un certain point propres à entretenir le feu, surtout si on les'mélange avec la mauvaiso houille des environs.

Telle est cette matière qui no se trouve réellement dans cet état que dans les deux localités que nous venons de désigner, ou, ai on la rencontre ailleurs en petite quantité, toujours est-il qu’aujourd'hui encore elle n'y est point exploitée.

Dans la description de son brevet du 4 4 novembre 4838, M. Selligue indique les procédés d'épuration qui lui paraissent les plus convenables, et classe ainsi les matière* utiles qu’il était parvenu à isoler les unes des autre» :

4* Huile brute, propre à la fabrication du gaz;

2° Huile rectifiée, propre à la combustion dans des lampes ;

3® Goudrons susceptibles des mêmes applications que les goudrons végétaux ;

Graisso minérale dont l'emploi n'est pas onoorc bien defini.

Jusqu'alors lo produit le plus important consistait en cette huile brute que M. Selligue employait a carburer le gaz hydrogène qu'il produisait par la décomposition de l’eau dans son usine des Batignolles, et une partie servait également à l'usine à gas de Dijon.

Ce fui seulement à l'exposition do 4839 que le» produit* de M. Selligue se présentèrent avec quelque importance, et l’on y remarquait déjà, quoique eu b petite quantité, quelque* échantillons de parafinc,

i substance grasse d’un blanc parfait, plus transparent®

I que le blanc de haleine, qu'il obtenait, comme les précédentes, du traitement des huiles Imites obtenue» par la distillation en vases clos de» schistes bitumineux.

Mais M. Selligue recherchait peut-être trop ces produits accessoires de faible importance, parmi lesquels nous pourrions encore citer une matière colorante assez riche, et son esprit aventureux no sc bornait pas volontiers à la seule fabrication des produite réellement industriels : l’huile d'éclairage ©*t encore le seul de ce» produits qui soit franchement entré dons le consommation.

Lu matière première, le schiste, n'est exploitée jusqu'ici qu’à ciel découvert, et la résistance de cette matière, dans toute autre direction que celle du délit, ne permettra peut-être jamais do songer à un autre mode d'exploitation. A l'aide de coins et de leviers, on la débite généralement en plaques de cinq à dix centimètres d'épaisseur, et de toute» dimensions dans les autres sens. Cette dimension est assez indifférente, puisque les plaques sont destinées à être cassées on fragment* plus petits encore que ceux qui servent à l'entretien de nos route» ; ce cassage s’opère comme à l'ordinaire à l’aide do petites masse», et il importe qu’il soit effectué à couvert ; l’excès d’humidité pourrait nuire an rendement dans le» operations suivantes, et notommeut dans la première de toutes, la distillation en vases cio*.

Cette opération consiste en uno véritable distillation dans des cornues de fonte d’un grand volume, qui s'élèvo quelquefois jusqu'à un mètre cube pour chacune.

Un grand nombre de dispositions ont été proposées ; mais celle qui parait jusqu’ici préférable avec le chauffage à feu nu, et c’e*t la seule qui ait donné de bons résultat* en pratique, est celle-ci : Six cornuos semblables sont placée» verticalement dans un même fourneau carré, portant à ses quatre angle» quatre foyer* différents, nlimentés avec de la houille eu général d’assez médiocre qualité, porcc qu’il sc trouve que c’est celle-là que l’on rencontre aux environ* dc« schistièros : le* produits des quatre foyers qui agissent simultanément se rendent dan» une chominée unique, et des carneaux sont convenablement disposé* pour que la flamme circule autour de toutes le» cornues et y maintienne une température uniforme.

I^s cornues, de forme cylindrique, sont placée* verticalement et portent, haut et bas, de larges ouvertures par lesquelles s’opèrent le chargement et le déchargement ; de* appendice» métallique», sous formé do cloisons, partant des parois métalliques extérieures, et sont destinées à porter la même température jusqu'au centre do la masse, malgré le peu de conductibilité pour la caloriquo de tou» le» petit» fragments de schisto qnt composent le chargement, et un tuyau central maintenu libre sert à recueillir les produit» gazeux et les vapeur» huileuses qui *o forment pondant la distillation. Ce sont ces vapeurs qui, conduites dans de* barillets convenablement placés et suffisamment refroidis, s'y condensent sous la forme liquide, et constituent, avec les produits ammoniacaux qui les accompagnent, les éléments véritablement utiles de la fabrication.

Malheureusement le rondement est assez peu considérable sur les meilleurs schiste*, qui, en Saône-et- Loiro surtout, varient beaucoup d’im lieu à un autre, souvent aussi suivant les couches dont ils proviennent. Telle couche est même si pauvre qu’il faut renoncer h l’employer.

Lorsque le* foux sont bien actifs, douzo heures suffisent pour effectuer uno opération h laquelle succède, sons interruption, une opération nouvelle.

C’est déjà une difficulté que d’obtenir, à une température élevée, uno obturation eomplèto pour de grandes

HUILE DE SCHISTE

HUILE DE SCHISTE

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ouvertures, de manière à éviter toute déperdition de gaz : on y est arrivé cependant en employant pour chacune do ce# ouvertures deux couvercles superposé* entre lesquels on dispose un* couche de terre glaise, d'un retrait aussi faible que possible, et en pressant ccs couvercles l'un sur l'autre au moyen de bride* et de vis de pression, comme dans les cornues à gaz ordinaire. On ]>cut ajouter encore à la sécurité que présentent ce* clôtures, en rendant un pen conique à l'intérieur la tubulure qui reçoit les couvercles, de sorte qu’à mesure que la terre se dessèche et que la plaque qu'elle forme se rétrécit, les vis de pression la font parvenir à de» largeurs d'ouvertures successivement plu» petites- Ce mode de clôture, étant parfaitement efficace, pourra recevoir pjn» d'une application, et l'on va comprendre comme il »e prête à la facilité du renouvellement de» opérations.

< {un ml la distillation est terminée, ce qne l'on reconnaît à la petite quantité de liquide qui vient »c condenser dans les barillets, on enlève les couvercles inférieurs qui sont en dehors de la maçonnerie et qui sont placés sur des tubulures qui débouchent toutes sons une petite voûte qui traverse le fourneau au-dessous des cornues : une petite voiture en Joie reçoit les résidus solides de la distillation qui tombent par l'ouverture, et s’il arrive que, par suite du tassement, il en reste dans ht cornue, on les fait tomber facilement avec un ringard.

Aussitôt qu’une cornue est déchargée, la voiture part, et l'ouvrier qui a suivi cotte opération la referme comme précédemment, en replaçant les couvercles, la terre, ainsi que la bride et la vis qui servent à presser tout ce système de clôture.

Un signal convenu avertit les ouvriers placés sur le fbnmeau que tout* est remis en place : ils enlèvent alors les couvercles supérieurs en desserrant la vis et en les ébranlant ; s'il arrive que de légers chocs ne suffisent pas, on les mouille un peu avec de l’eau froide, ils se contractent par le froid et se détachent aussitôt. Des manœuvres sont là tout prêt» à engouffrer, dans la cornue ouverte, le schiste cassé nécessaire pour la remplir dans ses différents compartiments; ce remplissage se fait en un instant, et, les couvercles étant remis eu place, cette cornue travaille de nouveau, la double opération du chargement et du déchargement n’ayant pas duré plua de dix minutes.

Comme les tuyaux d'nmonéc des vapeurs dans les barillets plongent toujours dans le liquide que ces barillets contiennent, les autres cornue» continuent à distiller pendant que l'on procode au rechargement de l'antre : on effectue successivement la même opération pour choqne cornue, et bientôt chacune d'elles envoyant «on contingent dans les barillets dont le trop-plein se vide \ l'extérieur, on voit par la grosseur du jet sil'opératiou marche bien ou mal, si. le feu est couduit convenablement.

Quant aux gaz non condensables, une sortie leur est ménagée après qu'ils ont barboté dans le liquide des barillet*, et ils vont so perdre par un conduit incliné qui traverse, pour plus de sûreté, tjn réservoir d’eau froide, le réservoir même qui renouvelle constamment l'eau froide dans lequel les barillets sont plongés.

Trois produits différents sont donc obtenus : 4* les résidus solides de la distillation ; 2» les produite liquides

3ui, à cause de la différence des densités, se séparent 'eux-mêmes en deux qouches, Time inférieure, uniquement formée d'eau ammoniacale; l'autre qui surgage est l'hirile bruto.

Cette lmile brute est grasse au toucher, d’un vert olive lorsqu'on la voit par réflexion, d’an brun assez foncé an contraire lorsqu'on la place entre i’œil et la lumière; peu de corps, dans leur état naturel, présentent ce phé-

nomène de double couleur d'une manière nu««i mnrquéo. Cette huile, c'est un mélange de plusieurs substances contenant toutes beaucoup d'hydrogène et de carbone, qui la constituent en presque totalité; ce sont, pour employer le langage chimique, de véritables hydrocarbures, comme la plupart des essences, comme le gaz d'éclairage lui-même lorsqu’il est dans un très-grand état de pureté.

Parmi ccs hydrocarbures, le* nos, s’ils étaient isolés, seraient «cl idc» à la température ordinaire, comme cetto parafinc dont nons avons déjà dit un mot en pa»«aut ; d'autres auraient la consistance du goudron, d'autres celle de la graisse; d’autres enfin, et ce sont ceux-là surtout qu'il faut isoler sons déperdition, sont de véritables essence* d’une limpidité parfaite; il n’est aucun liquide usuel qn'on paisse leur comparer sous ce rapport ; mais malheureusement aussi, comme loe essences, ils ont une odeur souvent insupportaldo et qu’il faut autant que possible éviter.

La séparation de ces produits divers, qui, sous l'action de la chaleur, so transforment eu d’autres produit* analogue* avec la plus grande facilité, no laisse pasqno d’être une opération délicate que l’action de l’air sur certains d’entre eux vient encore compliquer; et cependant c’est par des distillations successives, après quelques réactions préparatoire», que cette séparât ion a lieu, non pas sans doute d’une façon aussi économique qu’on pourrait le désirer, et non sans éprouver en partie quelques-nnes de ccs faciles transformations, mais enfin d'une manière assez satisfaisante pour obtenir de 30 à 40 pour 400 de ce liquide dont la flamme est si belle et qui * d'abord appelé notre attention. Un peu d’acide sulfurique concentré, agité avec le liqnide brut,-ae précipite ensuite avec le goudron et décolore beaucoup toute la masse, dont un lavage alcalin diminue encore la coloration. Sans ccs précautions indispensables, la rectification s'opérerait mal; Ios premières portions qui sortiraient de l’alambic seraient encore d'une assez belle nuance; mois une certaine quantité de goudron ou d’huile réoiniffable qui uurait été distillée en même temps ne tarderait pas à se Colorer sous l'action do l'air, et ce liquide, parfaitement blanc aujourd'hui, reprendrait de lui-même en pen de tempe uno teinte qui pourrait aller jusqu'à celle d’un vin peu coloré. Quand, nu contraire, les opérations préliminaires ont été faites avec soin et rapidité ; quand surtout on a pris la précaution de -ne pas pousser les distillations trop loin, deux de ces distillations suffisent pour obtenir un liquide parfait, et ce* rectifications peuvent s'opérer à très-peu de frais dans un alambic ordinaire, dont le service n'exige pas même une grande quantité d’ean froide autour du serpentin, parce que ccs vapeur» d’ossence, en se condensant à l’état liqnide, échauffent tu-sex peu les appareils, beaucoup moins, par exemple, que s’il s’agissait d'une égale quantité do vapeur d'eau.

A chaque distillation il rote un résidu plus ou moins visqueux que nous retrouverons dans les produit* accessoires : on donne le nom d’huile légère à celle qui est destinée à l’éclairage dans les lampes.

Cette huile, en effet, ne doit pas poser pliis de 800 à 830 grammes par litre pour être d’un bon usage; »i la distillation a été poussée plus loin, le produit contient toujours une portion d'huile résinifiable qui so réstnifio au contact de l’air, «oit dans les vases qui le contiennent, soit même pendant la combustion ; et la résine ainsi formée , quoiqu'on proportion très-minime , ne pouvant se volatiscr comme l'huile légère, imprègne 1a mèche, la durcit et lui fait bientôt perdre sa capillarité, en même temps qne son extrémité se carbonise, tandis qu’avec des hnilet convenable» ce dernier effet est très-peu marqué, et qu'une mèche pourrait servir plusieurs jours sans être rafraîchie.

L'huile, telle quelle se trouve aujourd'hui dans le

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. iify. .S:, . V.

HUILE DE SCHISTE

commerce, a encore une odeur cmpvrcumatique assez désagréable, beaucoup moine cependant que les hydrocarbures de la houille, qui entrent à l'état de mélange avec l’alcool et l'essence de térébenthine dans ce liquide connu sous le nom d’hydrogène liquide, dont remploi n’est pas sans danger; l'huile de schiste ne présente pas les mêmes dangers d'inflammation, et l'on no saurait même parvenir à l'allumer par l'approche d’un corps en ignition, si elle n’était disséminée comme dans la mèche d’une lampe.

Nou.« ne saurions attacher une grande importance aux procédés par lesquels on prétend enlever complètement l'odeur de l’huile (le schiste; ceux dont nous avons pu examiner les résultats consistent plutôt en des moyens de déguiser cetto odeur qu’en opérations dont la véritable industrie puisse tirer un parti utile. Distinguons toutefois : il n arrive que trop souveqt.que les huilos provenant d’un premier traitement mal conduit, et obtenues à une température trop élevée, sont chargées d'une odeur étrangère assez analogue à l’odeur de la créosote, et qui n’est pas leur odeur eaaentulU propre ( voy. HYOROCAïUiLTiEs). Cette odeur étrangère, il faut attacher le plus grand prix à ne pas la produire, et l’ou conçoit qu’il soit même possible de s en débarrasser; quant à l'odeur propre de l'huile de schiste, on ne saurait l’enlever qu'en dénaturant l’huile elle-même, qu'en la transformant en un autre hydrocarbure moins odorant; mais ces produits sont si fugaces, ils se transforment si facilement en d’autres produits du même genre, qu'il vaut mieux, quant h présent du moins, ne pas s’exposer à des déceptions pour réaliser une amélioration importante sans doute, mais eu l’abscnco de laquelle l'huile n’en est pas moins assez recherchée pour que tous los produits soient facilement vendus aussitôt qu'ils sont fabriqués.

On ne pourra compter sur des améliorations sériouses h cet égard que quand les procédés d’extraction seront assurésd’une température parfaitement régulière dans toute la masse soumise à la distillation ; c’est on effet cette constance de température qui est par-dessus tout désirable, car c'est là l’élément dominant pour extraire tel ou tel hydrocarbure, et si la température était parfaitement égale, on pourrait peut-être obtenir exclusivement celui d'entre eux qui aurait le moins d'odeur: l'emploi de la vapeur d'eau surchauffée réalisera snndoute à ce point de vue une amélioration considérable, car elle est le moyen le plus assuré do régler parfaitement la température de production qui, dans les foyers ordinaires, est variable suivant le plus ou moins d’activité du fou, et qui ne sanrait jamais sc communiquer suffisamment jusqu'au centre, pour que toute la masse soit également chaude. La fabrication par la vapeur surchauffée a été, en effet, montée avec succès à Autun.

Les essences, comme on sait, so prêtent difficilement à une combustion complète : leur richesse en carbone fait qu'elles fument facilement, et elles seraient, sons ce rapport, essentiellement propres à fabriquer du noir de fumée; aussi faut-il prendre quelques précautions de pins qn’arez le colza; pour que chaque lampe n’en soit pas une petite usine, il faut, de toute nécessité, faire arriver l’air plus régulièrement ot en plus grande abondance autour do la flamme.

Aussi les dispositifs de tous les constructeurs de lampes ont-ils eu pour but do sntisfaire à cette condition. 11 va sans dire que la lampe à double courant d’air, la lampe d’Argant, a dû être le point de départ commun de tous ce» dispositifs ; car, dans cette lampo, l’air arrivant à l’extérieur de la flamme, et aussi à son centre par un conduit spécial que la mèche entoure, la flamme se trouve en quslquo sorte emprisonnée entre deux lames d'air, dont l’oxygène agit sur toutes les parties volatiles qui se sont dégagées daus la première

HÜILB 1)E SCHISTE.

action d’une haute température sur le liquide, qui arrivo incessamment à 1a mèche: la chominée en verre, dont la flamme est coiffée, a pour olÿet tout à U fois de maiutenir ce contact en empêchant les produits de la combustion de s'éparpiller, et d’activer le courant d’air, de telle sorto que l’oxygène soit toujours en excès.

Dans les lampes destinées à brûler l'huile do schiste, ces précautions ne sont pas encore suffisantes; il faut que le courant d'air soit plus abondant ; il faut que le mélange de l'oxygène ou de l'air atmosphérique avec les produits gazeux soit plus intime. A cet effet, on a proposé diverses dispositions : ici c'est le verre qui est plus rétréci au-dessus do la flamme pour que le courant d'air soit plus . rapide, condition qui ne peut être réalisée, toutefois, san» augmenter assez notablement la consommation des verres qui se brisent; là c’est la cheminée Qui n’est rétrécie brusquement qu'un peu au-dessus de la flamme pour revenir cusuitc à des dimensions ordinaires ; mais c'est un grand inconvénient que d être obligé d’avoir des verres spéciaux qu'il n'est pas possible de se procurer partout, et que cette espèce d'étranglement no contribue pas, du reste, à faire durer davantage. Tels sont les principaux moyens qui ont plus particulièrement une action directe sur l’air extérieur à la flamnft! : lorsqu'on vent rendre plus efficace celui qui arrive par le tuyau central, on garnit cette ouverture d'un petit disque métallique maintenu au milieu de la flamme (voy, éclairage}. L’air affluent le rencontre, est obligé do le contourner, et se mêle, par conséquent, d'une manjpre parfaite avoc le» produit» do la combustion. Ce moyeu est le plus pratique, il n'exige pas de verres spéciaux.

Si, dans les dispositions du bec, les lampes à huile de schiste exigent quelques précautions spéciales, elles •sont, (l’un autre côté, bien favorisées sous le rapport de l'alimentation. Ces huiles 6'élèvcnt avec une trèsgrande facilité’ dans la mèche, que l’on choisit, du reste, assez épaisse, par l'effet de la capillarité, et cette action est parfaitement suffisante pour fournir, pendant toute la combustion, une alimentation régulière, sans mécanisme, et sans l'emploi de ces ingénieuses dispositions qui ont été mises à profit dans les lampes à niveau constant. Une différence de niveau do 40 centimètres, dans lo réservoir, n’est pas appréciable au point do vue de la flamme, en telle sorte que rica n’empêche de ce servir d'un réservoir inférieur, et par

conséquent (Remployer des lampes dont la forme extérieure est tout à fait semblable à •

celle» de» lampes Carcel, mais elles sont privées de tout mécanisme ? leur simplité est extrême, et jamais le liquide qu'elles sont destinées à brûler ne saurait contribuer, comme les huiles ordinaires, à les salir.

Le seul inconvénient que ces lampes présentent, c'est l’odeur même du liquide, qui n'est pas appréciable pendant la combustion, mais qui ne laisse pas qn<& d’être très-grande lorsque la lampe no brûle pas, et surtout lorsque l’on doit renouveler lo liquide ou la mèche.

Le premier de ces inconvénients, tout futile qu'il paraisse, est peut-être le plus important; dans la plupart des petits ménages la lampe est un objet d’ornement, et combien de gens se refuseront à payer une lampe assez cher si, pendant la journée, Us n'en peuvent faire parade !

Quant au service du nettoyage do chaque jour, il n'a pas, n nos yeux, la même importance; l'huile de colza, telle qu’on la trouve dans le commerce, ayant aussi uno odeur plus désagréable peut-être et plus persistante. Il est vrai que cetto odeur ne lui est pas propre, et qu’elle provient de son mélange avec de l’hoile de baleine, quelquefois, suivant les prix rolalifli de cos deux substaucos, dan* la proportion do 70 pour 400. D’ailleurs les d» rangements de mécanisme, la nécessité fréquent o d'un nettoyage à 1a potasse par lo

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à. t . . * jl. . :

HUILE DE SCHISTE

HUILE DE SCHISTE

lampiste, sont aussi dans l'éclairage ordinaire «les inconvénient» qui ont bien leur prix.

Saus doute 1a lumière d’une bonne lampe mécanique, d’une lampe Carcel, cet extrêmement intense et fort agréable, niais cette lumière est d'un prix «-levé, et combien la lumière de l'huile de schiste est pins vive et plus pure 1

l)os expérience» directes qui nous sont propres non» permettent d'établir l'économie qui résulte de l’emploi de l'huile de schiste à égalité de lumière produite.

D'aprè» le» expériences do M. I'éclet, sur la consommation des différentes lampes qu’il a examinée» au nombre de douze, une seule, la lampe Thilorier n° 4, ■ donné un résultat plu* favorable son» le rapport de la consommation que la lampo Carcel, et pour cette raison, il nous a paru convenable de prendre la lampe Carccl pour point de comparaison ; c'est, du reste, la lumière fournie par cette lampe qui sert de basodans tous les contrats d’éclairage. Nous avons toutefois comparé la lumière produite par le bec à huile de schiste de 41 millimètres de diamètre h celle d'une lampe Carcel alimentée avec de l’hude de colza dont le bec était un peu plus grand, 43 millimètres.

I.a lampe Carcel, dans ces circonstances, éclairait davantage dans la proportion de* 400 à 4 0-i ; les consommation à respective» ont été par heure do 33 et 20 gramme-, en telle sorte que, pour la même quantité de lumière , les consommations respectives seraient 457 grammes d’huile de colza pour 400 grammes d’huile de schiste.

Ce chiffre ayant été le plus favorable k la lampe Carccl parmi les différents chiffres que non» avons obtenus, nous pouvons, én toute conscience, nous en servir pour calculer l’économie relative du nouveau mode «l'éclairage.

Un kilogramme d'huile de colza dans la vente en détail ne vuut guère moins de 4 fr. 50 c., pour peu ne l’on prétende qu'elle est pure; le kilogramme 'huile de schiste xaut encore 2 fr. 20 c., et il serait possible de la vendre k un prix beaucoup moindre. Los prix respectifs de 400 grammes d'huile «le schLte et de 457 grammes d'huile de colza sont donc 22 et 24 c., ce uni établit un avantage d’un douzième en laveur de l’huile de schisto : cct avantage serait bien autrement grand avec des appareils moins parfaits qnc la lampe Carcel, et il ne peut manquer de s'accroître par la diminution du prix du nouveau liquide.

Mais il est un fait très remarquable dont l’appréciation précédente ne saurait tenir compte. Tout le monde sait que les nuances vertes et bleues ne peuvent so distinguer l'uno de l'antre lorsqu’on les examine le soir sous l'action d’une lumière artificielle : le bleu parait vert; il serait de même impossible de distinguer le rose du jaune, même avec la lumière si brillante du gaz. Ces impossibilités disparaissent complètement avec la plus petite lampe à huilo de schiste; la lnmière est si blanche et si pure, que les coulenrs do tous les objets extérieurs n’en sont nullement affectées, le bleu se distingue du vert, et le rose du jaune, absolument comme en plein jonr, k la clarté du soleil.

Une comparaison semblable a été faite par nous entre un bec do gaz de houille nlimcnlé par les conduits de la compagnie Manby Wilson et C1*, et deux lampes k huile d«? schiste différente*.

l*e bec de gaz était un bee rond, k double courant d'air, percé de vingt trons du diamètre d'un tiers de millimètre, disposés sur une circonférence de 9 millimètres de rayon; la consommation du gaz, estimée directement sur un compteur, après un temps considérable, était de 4 25 litres par licnre.

La première des deux lampes, d'un diamètre de 45 millimètres, consommant 40 grammes à l'heure, éclairait plus que le gaz dans la proportion de 4 00 à 88 ;

la deuxième, d'un diamètre de 44 millimètre» seulement, consommant 24 grammes à l’heure, éclairait moins que le gnz dans lu proportion de 400 à 438, d'où il résulte que, pour produire une lumière égale à celle «le notre bec do gaz brûlant 4 25 litres par heure, la première lampe cou ^minerait 35 grammes, la deuxième 33 grammes, soit en moyenne 34 grammes, en observant toutefois que l'avautage de l'tinilc de schiste est plu» considérable avec les petits becs qu'avec les gros ; ce qui peut encore s'exprimer en disant qu'une eon sommation d’nn mètre cube de gaz équivaut k une consommation de 27 2 grammes d'huile do schiste.

Le bec de gaz ordinaire brûlant 4 20 litres par heure coûte en moyenne a l'éclairage privé 6 centimes par heure et par bec, soit 50 centime* par mètre cnbe (le prix actuel k Pari» est de 49 centime» par mètre cube pour l'éclairage au compteur ')• L« mètre cube équivaut k 272 grammes d’huile de schiste, ce qui porterait la valeur du kilogramme d'huile de schiste è 4 fr. 80 c. environ, pour produire la même quantité de lumière au même prix que le gaz ordinaire ; ce serait à peu près e prix auquel la vente en gros pourrait s'effectuer k Paris, et l'huile de schUtu ne nécessiterait pas ces disposition^ nombreuses que lo gaz exige.

On le voit donc, l’huile de schiste est appelée à joner dans l'éclairage un rôle important. Les lieux voisins de In production la préfèrent k tout mitre liquide, et l'éclairage public de la ville do Heaune s'effectue de cette façon; nous passerons cependant sous silence, dans cette notice, la comparaison que non* avions également établie nu point de vue «le l'éclairage' public, et uous non» bornerons à indiquer que tout ce qui arrive à Paris se vend avec une facilité qui serait bien plu» grande encor* si l'irrégularité de la production n'uvn<t dégoûté nn grand nombre de

I consommateur*. Mai» les entrepreneurs d'édairago, qui s'occupent plu* pnrticulièmuent de ce système, n*On t pour ainsi dire en vue que l'éclairage des raton» ; ils suivent là une route fielleuse. Tant que l'odeur n'uura pas été évitée, et nous croyons difficilement k I ce progrès, l’huile de schiste ne sens employée qu'oxj ceptionnèllcmenl dans le- jalons. Sa place est dnns cçs modestes ateliers où l'éclairage est pour l'ouvrier une lonrde charge, et «»ù cependant la mutine maintient l’usage do la chandelle, le plus cher et le plu» insupportable de« éclairages. Sa pince est nu grand air, dans les magasin» où le gaz ne peut arriver facilement et où quelquefois il serait dangereux par Içs dépit* qu'il peut causer, dans les gares de chemin* de fer, etc.; c'est dans tous ces cas que la coniisominotion doit être immense.

C’est bien déjà quelque choso que d’avoir utilisé une matière minérale, improductive jusqu'ici, et d’en avoir tiré un produit nouveau qui remplace une production correspondante en colza, et par conséquent ramène à la culture des céréales une partie du sol consacré à la culturo de cette plante oléagineuse.

A l'intéressante étude sur l'extraction de l'huile de schiste qni précédé et que noua empruntons à une pu- I blication industrielle qu'a fait paraître trop peude temps ! M. Trcsca, professeur au Conservatoire des Art» et j Métiers, nous «jouterons quelques mots :

Le procédé do distillation h feu uni a lo défaut, comme il n été expliqué, de fournir plus d'huile* lourdes que n'en donnerait un chauffage qui ne pourrait «lépasser la limite de température qui est celle de la xaporisation des produit* les plus convenables, k la-

1 la réduction du prix du gaz & Paris, à 30 centimes le mètre cube, rend la consommation de l'huiîr de achhte d«n»miiiIoçpuw, aux prix indiqué», dans le ras où celle du gaz peut lui être substituée et si le prix de l'Iutilc de schiste ne peut être abaifee.

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quelle ne se décomposent pas les huiles légères qui ont le plus de valeur. C'est assez dire qu'il faut appliquer ici les procédés dont nous avons parlé à l'article distillation ; c'est ce qui a été fait sur une grande érhclle, et les plus importantes fabriques d'huile de schiste emploient aujourd'hui la vapeur d’eau surchaufféo dont M. Tresca a indiqué clairement la nécessité.

Il est curieux do voir les produits condensables do la distillation devenir assez importants dans une industrie qui rappelle tout à fait la fabrication de l’éclairage au ' gaz, pour qu'elle puisse se soutenir en perdant le gaz dégagé. Ce ne peut être évidemment qu’en évitant avec soin la décomposition des produits qui peuvent subsister à l’état liquide. C’est un problème qui a été encore résolu d'une manière avantageuse dans la pratique, en em-

ployant le chauffage à température assez élevée et fixe, h l'aide du bain do plomb, système déjà décrit, et qui permet de distiller le riche bogbead d'Êeoseo, pour tirer surtout partie des produits liquides.

Le» progrès de ces intéressante» industries ne sont qu'affaire de science et d’amélioration de procédés tant de combustion que d’extraction des produits, à la condition que leurs progrès combinés avec ceux do l'exploitation des mines de schiste et surtout de houille, les plus riches en hydrocarbures, dépassent le progrè» si rapide de la consommation de cette précieuse substance ; la récolte journalière qu'on peut en faire dans les minés doit conduire à des produits nécessairement bien moins coûteux que ceux que donne la récolte annuelle des plantes oléagineuses.

IMPRIMERIE (composition mécanique). Nous avons cherché à apprécier les efforts tentés pour obtenir ou plutôt pour ai<ler la composition par procédés mécaniques, car une opération qui exige la lecture d'un texte exige nécessairement l'intervention de l'intelligence humaine. Nous avons vu que quelque succès ne pouvait être espéré que d'une machine qui produirait la décomposition et le classement de* caractères par procédé entièrement mécanique. La réalisation de ce progrès pour les milliers de caractères nécessairement placés sur une machine à» composer, qui paraissait presque impossible, a été obtenue par une machine qui, à bien juste titre, a excité l'admiration universelle, car l'auteur a résolu, autant et aussi bien qu'il est possible, le problème de la composition mécanique. Cet inventeur est un Danois, M. SOrçuaten, qui, d’abord compositeur et par suite familiarisé de bonne heure avec toutes les difficultés de 1a pratique, est devenu, excité par le désir do donner un corps à des idées que lui inspirait un véritable génie pour la mécanique, un admirable mécanicien.

Décrivons son ingénieuse machine. Elle comprend i

4° Une table en forme de piano, renfermant h sa portion antérieure un clavier alphabétique , et à son centre un cône renversé;

2" Un double cylindre, s'ajustant sur un cône ou entonnoir; sur ce cylindre sont plaéés les types qui portent des crans variables qui permettent de les distinguer, et tout, vers le milieu, une rainure à queue d'aronde qui permet de les embrocher sur de» baguettes de forme convcuiible. type cessant d'être entièrement libre sur la machine, on n’a plus l’inconvénient capital des autres machines, le grand nombro d'accidents qui arrivent nécessairement dans une multitude de types en mouvement.

Revenons au cylindre qui, formant, à proprement parler, lo fond même, l’essence de l'invention Sorensen, nécessite une description détaillée.

Il est formé do deux parties superposées ; l'une, fixe, (une fois qu'elle est ajustée sur l’entonnoir) porte le nom de cylindre compositeur ; l'autre, supérieure à la première, et opérant à volonté un mouvement concentrique de rotation, reçoit le nom do cylindre distributeur.

Le cylindre distributeur est un peu moins haut que le cylindre compositeur; mais les parois de tous les deux sont composées du même nombre de baguettes verticales en cuivre blanc fixées solidement, pour l'un comme €. ^

pour l’autre, sur deux plaques circulaires. La masse des types ou caractère» destinés à la composition est rangée en piles le long des baguettes en question et ils y sont retenus par des entailles pratiquées dans les types. Ces baguettes, on le voit, remplacent les cussclin* de l'imprimerie ordinaire.

A chaque tour du cylindre distributeur mis en mouvement par lo pied de l'ouvriar agissant sur une pédale, les types qui se trouvent aux extrémités des baguettes passent, s'il y a lieu, par de» Ou\citurW pratiquées dan» la plaque supérieure du cylindre compositeur. La forme de ces ouvertures correspondant exactement à celle des types de chaque lettre on signe d'imprimerie, avec leurs crans et euiailles particulières pour chacun, il y a impossibilité mathématique à ce qu'une lettre pnssc à la place d'une autre.

Le cylindre compositeur est, comme le distributeur, formé de baguettes placées verticalement en cercle, entre deux plaques métalliques et circulaires. Les type» sont attaches aux baguettes circulaires de cuivre par des rainures triangulaires correspondantes aux coches des types avec assez de jou pour qu'ils glissent facilement, poussé» par lo poids de la colonue do type» le long des baguettes sans être exposés à aucune déviation.

Le cylindre compositeur chargé des types est, ainsi que nous l’avons dit, posé verticalement *ur un entonnoir dont la partie supérieure est munie do petits ressorts en nombre égal à celui des baguettes. Le resiort, mû par la touche du clavier alphabétique, agitisno*. comine couteau, pousse transversalement et fait glisser le type correspondant, qui tombe dans l'entonnoir, où il est conduit forcément dans la position voulue jusqu’au tuyau spiral qui est au fond du cône. De ce tuyau il est poussé par un ressort dans une ligne continue, que reçoit un grand composteur ou règle fixée sous la macbiuc. Lorsque le grand composteur est rempli, on le remplace par un autre, et ainsi do suite jusqu'à entière composition. L'ouvrier n'a plus ensuito qu'à justifier et à mettre en page».

Un homme intelligent et un aide suffisent pour faire manœuvrer ht machine, distribuer, composer, justifier et mettre en pages.

Les lettres ayant toutes un chemin égal très-court à parcourir dans l'entonnoir sur un plan presque vertical, et y étant appelée» tour à tour, il n’y a jamais ni encombrement ni enjambement à rodouter de leur part.

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Inutile de parler des diverses difficultés prévue* par l'inventeur et auxquelles il a parfaitement remédié. C’est ainsi que , par un mouvement alternatif produit par un excentrique, il secoue les colonnes de distribution pour éviter que de la crasse ne vienne gêner la descente de la distribution.

Les types particuliers nécessités par l'emploi de In machine Sorensen exigeant moins de métal pour leur fabrication que les caractères ordinaires d'imprimerie, leur prix de revient ne .dépasse pas de beaucoup celui de ces derniers, l'inventeur ayant combiné un moule qui lui permet de fondre «es caractères sur les machines à fondre allemandes (voir fonderie). L'accroissement de dépense de cette fabrication, relativement à la fabrication ordinaire, ne portant que sur le moule, serait peu sensible pour une grande fabrication.

La machine Sorensen coûte 6,000 francs, et on peut, avec son aide, composer et distribuer 5,000 lettres par heure avec facilité, ce qui équivaut au travail ordi nuire d’environ trois» ou quatre ouvriers compositeurs. L’inventeur nous a «lit qu’il peut composer jusqu’à 45,000 lettres par heure, mais qu’il no pourrait toutefois le faire que pendant une courte durée de temps.

Si nous continuons les calculs déjà faits dans un précédent article, évaluant h 20 ou 25 francs la composition produite pnr jour pour une machine, à b et 5 francs les salaires du compositeur à la machine et du justificateur, à 40 pour cent par an, soit 2 francs par jour, l'intérêt du prix de la machine, et 2 francs pour réparations et surveillance du contre- maître, nouarrivons à une dépense de 15 francs.

Il semble donc que le succès devrait être immédiat et certain ; cependant il se fait bien attendre, et ne sera jamais, nous le craignons, que partiel. Cela ne se comprendra que des personnes qui connaissent l'état économique de l'imprimerie. I.a quantité do travaux consistant en simples réimpressions h beaucoup dimi nné par l’invention du clichagc, qui éternise en quelque sorte les compositions; les tableaux et ouvrages de ville, dans lesquels entrent une foule do caractères différents et qui ne sauraient être composés utilement à l'aide de machines, forment la majeure partie du travail do l’atelier de composition dn plus grand nombre de maisons. De plus, dans beaucoup de cas, l'économie du prix de composition n’est pas seule à considérer; ainsi les compositions sur manuscrits, dans le prix de revient desquelles entrent pour une forte part les remaniements et corrections diverses, sont faites, pour la convenance des auteurs et à cause de la difficulté du travnil, bien plus souvent dans les ateliers de graudes villes, où le prix de la composition C6t élevé, que dans des ateliers de petites villes, où la composition est faite par des femmes, avec un rabais de 20 ou 25 pour cent. loi machine, trn vaillant à bon marché (dans les cas où la difficile lecture du manuscrit n'en rendra pas la production insignifiante et ponr les rares travaux où le compositeur produit tout ce qu’il peut produire), rencontrerait la double concurrence de la convenance qui attache la clientèle à certains ateliers organisés en vue de travaux spéciaux, et du boa marché produit par diminution de salaire. Nous croyons donc, comme nous l'avons déjà dit, que le succès de ces machines, qui ne seront jamais que des outils venant aider le travail manuel, dont le seul effet est d’accélérer la prise de la lettre indiquée par la lecture, ne pourra jamais rappeler celui des presses mécaniques, où le travail manuel est remplacé entièrement par l’action de la vapeur, seule cause qui leur permet de produire, avec une grande rapidité et une économie de 200 à 300 pour cent, les impressions.

Le cas où l’adoption do ces machines semblerait le mieux indiquée est celui de la composition des jour-

naux, qui exigent chaque jour une quantité de composition importante. Cela ne noua parait pas douteux, et, à Copenhague, un journal se compose déjà à l’aide do cette machine. La seule objection possible, et qui s'applique surtout aux journaux qui , avec l’immense quantité de matières qu’ils renfeiraent, tireraient le meilleur parti des machines dont noua parlons, c*e»t qu elle peut difficilement employer de petits caractères ; la nécessité d'une grandeur notable de l'entaille àqueuo d'arondo, combinée avec Celle de ne pas dépasser l’épaisseur convenable, en arrière de cette entaille, pour que le caractère conserve de la résistance, parait limiter nu corps boit le plus petit type- qui puisse être employé sans accident» et rupture» fréquentes. Le corps sept serait certainement la dernière limite possible, avec une excellente fabrication de caractères très-résistant».

11 est à observer, conséquence qui paraît avoir échappé à l’inventeur, que la possibilité d'assembler les caractères sur des baguettes fournit la solution du problème de les maintenir sur la surface d'un cylindre (en encastrant les extrémités de* baguette» dans des rainures cylindrique»), et par suite de résoudre simplement, et en employant des caractères mobile», le problème inutilement cherché jusqu’ici de l' impression continue fournissant le maximum de rapidité possible, résolu seulement, pour les étroites colonnes des journaux, parle système dont nous allons parler.

Nous ferons remarquer, en terminant, que les inventeur» do semblable» machines auraient à étudier un système qui, essayé sans succès pour simplifier la composition à la main, pourrait leur offrir quelques ressource*. Je veux parler des logotype $ ou lettrea double». En fondant, ce qui est aujourd’hui facile et peu coûteux, à l’aide de la galvanoplastie et des machine» à fondre, des syllabes, comme ce, de, me, ne, etc., on peut presque doubler la vitesse do travail, en levant deux lettre» an lieu d’une, dans le mémo espace de temps. Si la multiplicité des casseaux complique lo travnil du compositeur, de manière à faire disparaître tout avantage de ce système dans la composition à 1» main, on comprend qu’il n’en est pas de même quand il s'agit do toucher des claviers supplémentaires convenablement disposé*.

IMPRIMERIE [TIRAGE méc aîüqfe) . la solution de l'impression continue que le système Sorensen fait entrevoir , ou ou moins des résultats sensiblement équivalents à ceux qu’elle fournirait ont été obtenus pour un cas important par M. Hoe, habile constructeur de New-York. Le succès de son système, pour de grands journaux de New- York et do Londres, le service excellent ot non interrompu d’une semblable presse pour l’impression quotidienne, depuis sept années, à Paris," du journal la Patrie, ne laissent plus aucun doute sur son bon emploi pour l’impression des journaux à colonnes étroites.

La composition CBt placée dans des fractions de cylindres à rebords formant châssis à vis, dans lesquels sc fixe fortement la composition formée de colonne» étroites séparées perdes filets aigus du bas, en lamo do couteau. Les rouleaux encreurs rencontrent alternativement les tables à encre et la composition, de telle sorte que, dans le mouvement pontinu et sans chocs, l’encrage et l’impression se succèdent d’une manière continue (fig. 3609). Avec les machines à 6 cylindres et 6 margeurs, la vitesse atteint 8,000 exemplaires à l’heure; avec 4 cylindres, on est limité par la difficulté do tnarger assez vite, surtout en retiration, pour dépasser habituellement 4 ou 5,000 exemplaires. Il est clair que la retiration n'est pas produite avec ces presses, et qu’elles ne donnent qu’un registre approché acceptable seulement pour des journaux.

On remarque aussi, dans ces machines, l’ingénieuse invention de grilles mues par dos cames, servant h

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guider Ion feuilles imprimées et à les mettre en paquets ; i fera également tourner la roue B, avec laquelle elle elle* dispensent d’un ouvrier. | engrène. L'axe À porte trois roues , deux .d'entre

PRESSE DE DRAMAH POCB NIMÉROTER.

Un très-ingénieux appareil n été imaginé par le célèbre ingénieur Bramali, et appliqué par lui, sous ln

forme représentée figure 3610, à la presse servant à l'impression des billet» de la banque d’Angleterre. Le numéro de chaque billet est imprimé au-dessus des mots : Il ttra payé au porteur, et un nombre étant ainsi imprimé par un coup do prisse, la figure de la derniere unité change, lorsqu’on change la fouille do papier à imprimer, et est remplacée par celle de lu suivante, et ainsi jusqu’au complément do la dizaine; les dizaines fonctionnent do même jusqu'à la centaine, et ainsi de suite.

Cette machine, réduite à sa plus grande simplicité, se compose d’un bâti supportant trois axes transversaux A, B, C ; au dernier est attaché le manche H, lequel est élevé, puis abaissé pour chaque opération, et qui porto le tympan de la presse. Quand le manche est levé verticalement, la planche est décou verte, et peut être placée dans une position convenable à l'aido de deux guides ; puis la plaque étant recouverte, les types des nombres passent a travers des trous qui y sont pratiqués, pour venir en contact avec le papier. Sur Taxe B sont placés cinq cercles de cuivre semblables à celui que montre la figure ; chacun porte onze dents, sur chacune desquelles sont percés des vides recevant des types gravés : 0, 4,2 9, et une qui re»te in-

occupée. L’autre roue montée sur l’axe A a aussi onze dents, de manière que le mouvement d’uno de ses dents

1 elles sont en contact avec les roues de l’nxe B, et | une autre, par laquelle le mouvement est communiqué. Quand le manche revient de la position verti- | cale à la position horizontale , le cliquet D passe sur la partie supérieure do la roue A, en s'infléchissant Mina exercer do pression ; mais lorsque le manclio est redressé, le cliquet résistant dons cette direction rencontre la dent supérieure et la forco à s'avancer de l’intervalle d’une dent, et par suite fait tourner la roue B d’une dent; conséquemment, le chiffre supérieur auguente d'une unité, U est remplacé par 1, 1 par 2, etc., les chiffres étant disposés sur le contour de la roue suivant leur croissance. Des cinq cercles montés sur l’axe B, si l’on suppose que les quatre a droite ont l’espnee vide pincé en haut, et que la première roue marque le n* 4, l'impression 1 sera obtenue par un • coup de la presse. Le manche étant relevé, lo billet est enlevé, un uutre est introduit; le cliquet D rencontre et pousse la roue A, et pur suito la roue B, de manière à amener le chiffre 2 à la partie supérieure pour le coup suivant. L’impression u lieu de même; puis, par la répétition de semblable opération , on imprime les numéros 3, 4,... jusqu'à 9.

Ayant fait le nombre de mouvements nécessaires pour faire parcourir dix places an n° f, la seconde roue montée sur l'axe A c.»t alors poussée par uu écrou pour venir eu prise pour un coup avec le cerelo de laiton voisin qui avait avant lo vide en haut ; le chiffre 4 de la seconde roue étant ainsi amené à la partie supérieure, la rotation qui amènera le 0 à la roue des unités produira le nombre 40, les coups suivants donneront 41, 42, 43... 19. I.a deuxième roue est alors pous&séc jusqu'à co que 2 soit le chiffre supérieur, et on aura, comme ci-dessus, 21, 22, etc. En opérant ainsi, on arrivera jusqu’à 99. Probablement un moyen mécanique facile à imaginer assure la rotatiou de de chaque roue pour un tour de la précédente, mais noos ne le voyons pas indiqué dans l’ouvrage unglais qui nous fournit ln description ci-dessus.

Pour que la troisième roue représente des centaines, la seconde des dizaines et la troisième des unités, en opérant sur la première roue, comme nous venons de dire, pour la seconde, on aura de même 400, 401, etc., 140, 44 1, etc. Enfin on arrivera ainsi jusqu’au chiffre 99,999, qui est le plus élevé qui puisse être obtenu avec cinq chiffres.

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Le principe sur lequel repose cette élégante machine perfectionnée de manière à devenir tout à (ait automatique, trouve en ce moment une application extrêmement heureuse h l'impression typographique et au numéroluge simultané des actions et obligations, titres si multipliés aujourd’hui. En disposant dans l’intérieur d’un châssis renlermant la composition à imprimer des broches cylindriques, servant d’axes à des cylindres composés des dix chiffres gravés en relief ayant un diamètre exactement égal à la hauteur des types, on multiplie, autant qu’on le désire, Ie9 nombres qn’il est nécessaire d’imprimer en une seule fois.

A ce châssis est adaptée une pièce qui reçoit un mouvement de va-et-vient par chaque ouverture ou fermeturo de la presse (commo le cliquet du système précédent), d’ou résulte l’impulsion nécessaire pour que la première roue de chaque cylindre tourne par l’action d’un cliquet agissant sur un rochct monté «tir le même axe, d'une unité à chaque fois. De plus, chaque couronne de chiffres fait avancer la suivante d’une unité pour chaque tour, parla rencontre d'une broche qu'elle porte en un point et qui est refoulée lors de son passnge près du bras qui porte le cliqnot dans un vide pratiqué sur lo plat de la roue, tandis qu’cllo redevient saillanto aussitôt que cette action cesse par l’effet d'un ressort à boudin qui entoure la broche. On voit que lo départ étant 000.000, par exemple, on aura successivement OOO.UOI, 000.002..., puis 00U.0I0, 000.04 4 , etc., la pénétration de la broche à travers la roue lui permettant d’agir une seule foi» par tour complet de la première roue sur lo rochet latéral de la seconde roue. Cet effet s'étend, pnr la rencontre des broches, à la troisième, à la quatrième, et, en général, à deux roues consécutives pour chaque rotation complète de la roue des unités de l’ordre le moins élevé. On arrivera ainsi «l 'J 09. 99 if, c’est-à-dire 4 million avec 6 couronnes.

La réalisation de ce système a été longtemps arrôtéo par l'impossibilité do graver un aussi grand nombre de couronnes avec assez de précision pour que l'impression eût lu netteté voulue. Le problème était évidemment du ressort do la fonderie en caractères ; c’est ce qu’a reconnu M. C. Dcriey, l’esprit le plu» inventif aussi bien que l’artiste le plus éminent de cette industrie ; il a résolu le problème, en fondant ces couronnes à l'aide d'un moule à pompe, les matrices des dix signes étant disposée* pour former un cylindre dont le rayon s'agrandit pour laisser sortir los chiffres formés dans chacune d’elles par une très-heureuse application du principe do la virole brisée.

Le système ainsi complété est destiné à dure disparaître toutes les tentatives do numérotage après l'impression qui ont été faites, qui ne peuvent donner lu perfection de l’impression à la presse et exigent en tont cas une double impression et par suite une double dépense.

M. Dcriey a appliqué l’élément de cc système à la fabrication de timbres compteurs à main drnnc grande simplicité, qui augmentent leur chiffre d'une unité h chaque coup, et qui doivent trouver do nombreuses applications dans le numérotage do pièces diverses, de registres pour le commerce, par exemple.

IMPRIMERIE EN TAILLE-DOUCE vxn procédé MÉcaxiqce. L’exposition de 4855 a montré un premier et audacieux essai pour exéenter l’impression en tailledouce par procédé mécanique. Nous citerons les paroles du rapporteur sur cette invention évidemment insuffisante pour les gravures d’art, mais qui ne doit pas moins rencontrer d’importantes et utiles applications.

« La machino exposée par M. Robert Neale, pour imprimorcu taille-douce d’une manière continue par la vapeur, est uno choso nouvelle dans l’art do l' imprimerie. Cette machine u été brevetée en Angleterre eu janvier 1853. Elle consiste en deux chaînes sans fin,

auxquelles sont attachées une on deux tables-impression. Le» chaînes sont mise# en mouvement par doux rouleaux placés aux deux extrémités de la machino ; entro ces deux rouleaux s’en trouvent d’autres intermédiaires pour supporter la table-impression à l’endroit où l’impression se fait. Quand les chaînes sont mises en mouvement, leur partie supérieure met la plaque gravée en contact avec un rouleau d’impression, tandis que la partio inférieure mot la même plaque en contact avec des appareils à encrer, nettoyer et polir la plaque gravée. Ces dernières dispositions sont les plus importa» ton de la machine ; nous allons les examiner :

« 4° L’encrage consiste en une boite et rouleau encreur ordinaire avec un rouleau preneur, qui étend l’encre non-seulement sur les parties gravées de la plaque, mai» encore sur la plaque entière. Il s'agit alors d’enlever l'encre qui se trouve sur la plaque, en y laissant toutefois celle qui eat sur la partie gravée. Cette opération se fait par un blancliet sans fin en cuir, qn’an rouleau met en contact avec la plaque, et qui a une vitesse supérieure à celle do la plaque gravée, d'où il résidte que ce blancliet prend l’encre qui se trouve sur ladite plaque ù l’exception de lu partie creuse. Il y a, en outre, un râteau en fer qui enlève l’encre posée sor le blancliet, de façon que cc dernier est toujours propre pour recevoir l’encre do la plaque gravée, lo râteau étant combiné avec uno boîte ou réservoir ù encre, afin que l'enere superflue ne soit pas peidue ; 2* le polissage de la plaque grnvée consiste en deux rouleaux en cnir mis en contact avec la plaque gravée, et avant à leur circonférence uno vitesse supérieure à celle de cette dernière. Tour tenir la surface de ces rouleaux propre, ils sont, dans leur partie inférieure, mis en contact avoc un long blancliet sans fin, en laine, animé d’un mou- * veraent continu ; pour maintenir ce blancliet dans un bon état, il y* a un rouleau dans une boite contenant de la craie pilée qu'une brosse mot snr le blanchet, reprenant ensuite ce qu’il y a de superflu sans le rejeter dans la boîte.

- Le papier à imprimer est plan! snr une table, et, au moycn-des marges, au moment où U plaque gravée arrive par l’entraînement des chaînes, la feuille est posée sur la plaque et passée entro elle et le cylindre pour recevoir l'impression.

- Lo nettoyage et le polissage de la plaque pavée se font d'une manière si parfaite, qu’on peut imprimer avec dee plaques froides, tandis qu’on opère généralement avoc des plaques chauffées, lorsque l'impression» le nettoyage et l’encrngo sont fait» à la main. Si, dans certains cas, on juge convenable de chauffer les plaques gravées, il existo dans la table-impression une disposition qui permet d'introduire des fers chauds dons une partie creuso de cotto table, et do la maintenir ainsi au degré de chaleur que réclame ce cas particulier.

« Plusieurs do ces machines fonctionnent déjà on Angleterre; elles sont môme d’une plus grande dimension et plus parfaites que celle qui est à l’Exposition, notamment une dont les plaques sont de 30 sur 50 centimètres pour l’impression des timl»res- poste chex MM. Perkins, Bacon et C1", à Londres. Cette machino produit 2,000 impressions par jour, y compris le temps perdu, c’est-à-dire environ 300 par heure. »

ritKSSiox nriuiAüLiQUE. — M. J. Silbcrmann a combiné une application nouvelle do la pression des liquide» pour obtenir la pression considérable nécessaire pour l'impression en taille douco, qui paraît avoir de l’avenir. Iji surface supérieure delà presse est formée d'une partio élastique remplie d’enu et recouverte de laine. L'eau communique par un petit tuyau avec uno atmosphère d’air comprimé ou un réservoir supérieur .On peut donc, en tournant un robinet, exercer immédiatement une pression très-considérable.

INCRUSTATIONS

Une très-éléganto application do ce système est la possibilité d'imprimer des surfaces de toute forme, ce qu'on ne sait pas (aire aujourd'hui. Ainsi, une sphère creuse pourrait recevoir une pression à l’intérieur, à l'aide d’une boule de caoutchouc mise en communication avec le réservoir. L’inventeur poursuit les applications qu'il peut faire de son système à diverses industries ; nul doute qu'il n’arrive h d'intéressants résultats que font entrevoir ses premiers essais.

INCRUSTATIONS. 11 y a peu à ajouter à l’exposition des principes et aux conclusions indiquées dans l’article ikcbuotations do M. Mallet pour les chaudières k vapeur sur terre. Toutes les fois notamment (et c’est le cas le plus général) que les incrustations tendent à être formées principalement de carbonate de chaux, ellos conservent facilement, par l’emploi de matières convenables, la forme de boues non adhérentes. Une des compositions qui a eu le plus de succès est la suivante duo à M. Bevcnot :

Sel marin 83

Sel de soude 44

Extrait de tan sec 3

La soude, en saturant les acides, le tan en précipitant h l’état de taunatc insoluble le fer notamment, a-ssurctit le bon usage de cette composition pour beaucoup d’eaux; car, il faut bien le répéter, ce n'est qu'aprè* avoir fait l’analyse d’une eau «l'alimentation, et surtout des dépôts incrustants, qu'on peut déterminer la composition du mélange qui peut empêcher leur formation à l'état solide, leur adhérence à la chaudière. C'est ainsi que l'emploi du chlorure do barium s'introduit aujourd’hui avec succès dans l'industrie pour purifier les eaux chargées de sulfate de chaux.

Chaudière * marines. — Aucun travail analytique eé ri eux n'avait jnnmi* été fait pour les incrustations si considérables et si fâcheuses qui se déposent dans les chaudières à vapeur alimentées avec l'eau salée ; et ce n'est que dan* ce» derniers temps qu'il a été l'objet des recherches de M. C’ousté . directeur de la fabrique des tabacs de Dieppe, qui a traité avec grand talent la question des incrustations marines, et u publié, dans les Annales des mines, le résultat de ses travaqx. Ce qu'il a trouvé de plus saillant, c’est que le dépôt incrustant était formé presque complètement de sulfate de chaux qui, se déposant hydraté, devient anhydre par l'effet do la chaleur qu'il éprouve quand il est déposé sur la paroi métalliipic. 11 devient amorphe par la cuisson, et contracte une grande dureté et une grande adhérence avec le' fond des chaudières. Il a trouvé que ces dépôts étaient composés de 0,81 h 0,85 I de sulfate do chaux, 0,022 à 0,033 de carbenuto do rnagnésio, de 0,06 k 0,10 de magnésie libre, d’uu peu de fer, d'aluinine et d’eau.

On concevra facilement tout l’intérêt que mérite la question des incrustations h la mer, quand on aura remarqué ln rapidité effrayante avec laquelle elles se lurment, et leur épaisseur s’élevant à 5 ou fi millimètres aprè* quelques jours. On voit de suite h ralentissement de la vaporisation, la difficulté ponr la transmission de la chaleur qui résulte do l’interposition «l’nno coucha terreuse. Il est tel qu’il est reconnu que, pour les transatlantiques, le nombre de tours de roue par minuto diminue nu moins de 4 (5* trois jours après avoir quitté lo port où s'est effectuée la désincrustation totale de la chaudière. # •

Nous allons passer en rovue, en profitant «les travaux de M. Coûté, 1m moyens employés jiour combattre les incrustations a la mer, ou pour supprimer l’emploi de l’eau du mer dans les chaudières, solution complète, mnis difficilement praticable, du problème '

INCRUSTATIONS, 33

de se mettre à l’abri des inconvénients qui s'attachent a l’emploi de l’eau salée.

4® Pompe à drsaiurntion. — L'eau de mer renferme 4/33* environ de matières salines et laisse dépoter des cristaux lorsqu’elle en contient 42/43*. Après peu «lo temps, la vaporisation n'entrat uant q.ws de l'eau pure, on voit que, si rien ne s'y opposait, de grandes quantité* de matières solides viendraient remplir la chaudière. Le moyen qui a été employé pour éviter cet inconvénient consiste & enlever, à l'aide d’une pompe, une suffisante quantité d’eau saturée de sels, en la puisant au fond do la chaudière où se réunit l’eau saturée et par suite très- «lensc. Il suffirait, au point de vue de la saturation, que cette pompe enlevât deux ou trois douzièmes do l’eau apportée par In pompe alimentaire, mais il n’en est pas «le même pour les incrustation*. L’expérience a prouvé que lorsque la pompe de dénaturation n'enlevait pas une proportion bien plus considérable de l'eau fournie par la pompe alimentaire, les incrustations sey produisaient avec une trèa-grande rapidité. C'était dans ces faibles proportions indiquées ci -dessus qu'était régléo la marche de la pompe de désaturation, il y a quelques années, et les incrustations étaient telles que les premiers ossais de chaudière* tubulaires à la partie supérieure, tentés par M. Gingembre, furent abandonnés, par suite des incrustations qui réuuissaient bientôt tous les tubes en une seule masse. •

lorsqu’au contraire on s’est décidé, comme on le lait aujourd’hui, à faire enlever à la pompe do dé*aturation moitié de l’eau- envoyée dans ln chaudière par la pompe alimentaire, le sulfate de chaux, de moins en moins soluble avec la chaleur, comme l'a montré M. Cousté, et insoluble dans l'eau à 150°; se trouve préoipiié et entraîné eh partie au dehors, d’où résultent une diminution de l'incrustation sur les surfaces directement exposées à l'action du feu, incrustation malheureusement encore bien notable, et la suppression de» incrustation* sur les surfaces indirectes de chauffe, sur celles qui ne sont chauffées que par la circulation de la fumée.

Ce réaultat très-considérable fera , nous pensons, toujours maintenir le jeu de la pompe «le désaturation plus étendu qu’il n'est indispensable pour purger l’eau «le mer «les sels solubles, quel que soit, dans l'avenir, le sort des découvertes de matières anti-incrustantea qui pourront être laites pour combattre avec quelque succès les incrustations. D'où cette conséquence, au point de vue même de ce* découvertes, qu'elles peuvent difficilement consister dan^ l’addition de substances solubles (comme le carbonate de soude proposé pour l’eau douce par M. Kuhlmann), puisqu'elle* devraient s'appliquer à. une grande quautité d*èan et être répandues en grande partie dans la mer en pure perte , au lieu de se combiner avec les substances incrustantes.

•En secoml lieu, il est évident qu'il faut reprendre à l’eau expulsée la chaleur qu'elle renferme; car la quantité en devient importante. On y parvient eu faisant sortir l’eau chaude par de* tubes placés au centre des tuynut qui conduisent l’eau froide ù la pompe alimentaire ; dans ce mouvement en sens inverse , s’il est suffisamment prolongé, il y a échange, déplacement de la chaleur. Dans la pratique, les incrustation* qui se produisent par le moindre échnuffemcnl «je l'eau salée, par suite du dégagement de l’acide carbonique qu'elle tient en dissolution, ce qui cause la précipitation de matières terreuses, s'opposent au bon échange de la chaleur entre les deux colonnes d'eau. La pompe «1e delaturafion gêne, comme le» incrustations qui rendent dangereux un chauffage énergique, l’emploi de la haute pression h la iner; elle peut difficilement puiser «le l’eau ù uno température un peu élevée, celle-ci se réduisant en vapenr qui remplit lo ' «orpo de pompe à choque coup de piston.

INCRUSTATIONS

INCRUSTATIONS

î* il o y nu chimique*. — Composition* dritncrvitantes. — Les moyens chimiques, qui suffisent avec les cuux douces pour éviter l'adhérence des dépôts «le carbonate de clmux, n’ont pas réussi à la mer; ceux qui paraissent avoir eu quelques succès par fiels, le sel do soude et le tan, par exemple, deviennent trop coûteux par la grande quantité qu’il est nécessaire d’employer à lu mer, et que doubto oncore l’extraction considérable de la pompe de désaturation.

On peut établir qu'une condition essentielle d’une matière anti-incrustaute est d’être insoluble , de se déposer sur les surfaces métalliques, de manière il se trouver en position d’agir aussitôt que l’incrustation commence. C’est le résultat de ce que nous avons établi ci-dessus.

D’un autre côté, on peut établir que le* seuls procédés qui aieut donné des résultats de quelquo importance à la mer sont les deux suivants :

\ Le premier est le graissage du fond de la chaudière. Tant que la moindre parcelle de graisse persiste, aucun dépôt terreux ne peut le recouvrir sai»s quo, par suite de l'accroissement de température qui en résulte pour la paroi métallique qui cesse d'être eu contact uvec l’eau, cette graisse ne se décompose, brise et pénètre Il matière incrustante qui cesse d'être adhérente. Malheureusement il est bion évident que l’cfTet du graissage de la chaudière, effectué h la main lors du départ, ne peut durer que quelques jours.

Le second moyen consiste dans l’emploi de l'argile, qui a la propriété de rendre les matière* déposées boucuso, et cet effet est assez prononcé pour qu’un instant on ait annoncé que l’argile ullait rcinédter à tous les défauts des incrustations. Malheureusement il a été bientôt reconnu que l'argile cntialnait des inconvénients graves qui dc\ aient la foire rejeter complètement, ou pour le moins (et c’était l'avis du plus petit nombre ) en restreindre l'application à l’emploi de quantités insuffiMuitcs pour combattre efficacement les incrustations. L’argile, rendant l'eau visqueuse, est entraînée avec elle dons les tiroirs et dans les cylindres et est bientôt une cause de destruction.

Toutefois, il nous sornblo que les résultats ci-dcssus mettent sur la voie d'une solution complète, et c'est pour cela que nous sommes revenus sur ces procédés. Leur réussite partielle parait indiquer l’emploi d’un savon alumineux, formé de corps gras et d’alumine en gelée, pouvant (sauf quelques difficultés de répartition «gale dans la masse, dans les moyens d’assurâr une deusité convenable par mélange, ce qui demande quelque* expériences) faire disjtoraltre les incrustations , tant par l’action do la graine qui lubrifierait les faces de la chaudière, que pûr celle de l’alumine, qui donne à l’argile ses propriétés anticristallines, grasses, boueuses. 11 y a là une magnifique question à résoudre, du plus haut intérêt pour la navigation à vapeur.

Surchauffe dt f’rau. — M. Cousté, ayant remarqué que lo Sulfate de chaux, qui formait exclusivement la loue des incrustations, était entièrement insoluble à 150*, a proposé de chauffer l’eau à cette température (*nns la laisser se vaporiser}, puis de la filtrer avuut de la flaire puiser par la poinpe alimentaire. La disposition qu’il a proposée, à cet effet, nous paraît d'une application pratique assez difficile, et le nettoyage du aurchauffcor presque aussi compliqué que celui de la chaudière ; mais l’idée n’en est pas moins parfaitement logique, et il n’y a pas théoriquement de perte do chaleur h échauffer l’eau qui doit être vaporisée ensuite. Ou peut doue espérer quo cette idée portera ses fruits.

C’est par un effet de cette nature que peuvent s’expliquer les curienx effets de la chaudière à diaphragmes de M. Boutigny d'ftvrcux, qui fournit peutêtre le moyen prntiquo cherché par M. Cousté. L'eau, tombant sut les premiers diaphragmes, parait chauffée

assez brusquement à l'état d'eau, sans se vaporiser, |ionr que toute» le» matières incrustantes se déposent 'UT ceux-ci. et que per suite leur facile changement effectue le nettoyage de la chaudière.

11 est constaté aujourd’hui que lo premier effet de réchauffement do l’eau est de faire déposer d’abord les carbonates, tenus en dissolution dans l’eau par l’acide carbonique qui m dégage, puis les sulfates, si on atteint des températures plus élevées. C’est ce que l’on con- Htale facilement, par exemple, dans les tubes réchauffeurs des chaudières Farcot. Il semble, d’après cola, qu’en prenant pour l’eau d’alimentation partie de celle du condenseur, puis la réchauffant par un jet de vapeur ver» 80 degrés, après y avoir ajouté une petite quantité de chlorure de barium, produit aujourd’hui à bon marché, eufin en faisant traverser à] 'eau un filtre convenable avant de la fuire arriver à la pompe alimentaire, on approcherait bien prè» de la solution complète de l’important problème de supprimer les incrustations a la mer.

CotuUnseur de llaal. — Un système fort séduisant et auquel on n’a renoncé qu’après l’avoir appliqué à plusieurs reprises et sur une grande échelle, consiste à condenser la vapeur d’eau, non plus par le contact direct do l’eau de condensation, mais par son action indirecte, par l’intermédiaire de surfaces métalliques refroidies par cette eau. I* produit de la condensation, c’est-à-dire de l’eau distillée, retournant dans la chaudière pour l’alimenter, toute la question de* incrustations eût été résolue, toutes les difficulté# qui peuvent résulter de l’emploi de l’eau de mer eurent été levées, puisque c'eût été une même quantité d’eau distillée, successivement vaporisée et condensée, qui eût effectué le travail dan# la machine.

Usai disposait son condenseur sous forme de longs tube# enroulés («le plusieurs milles de longueur pour do puissantes machine*), recevant 1« vapeur à condenser à l’intérieur et plongé» dan» l’eau enlevée à mesure de réchauffement par la partie supérieure. Il (omeait avoir reconnu qu’uno surface condensante do lr".G8 était suffisante par force de cheval. Un laborieux inventeur, M. Sauvage, a récemment établi' un condenseur de ce genre, dans lequel une surface de Ü"».îi0 était suffisante jmr force de cheval, en faisant marcher l’eau condensante en sens inverse do la vapeur renfermée diui» un tube placé à l’intérieur du tubo qui contenait l’eau.

Il n’y aurait rien à désirer de mieux que ce système, s’il fonctionnait toigours, après quelque temps do service, comme lorsde la mise en train. Malheureusement les dépôt» que l’eau de mer fait sur les tuyaux, et aussi la graisse qui tapisse leur intérieur et qui provient de la vaporisation do cello qui a servi à lubrifier les organe» de la machine, font que le contact entre la \apeur et l’eau n’e*t plu» seulement gêné par un passage à travers des corps métalliques bon# conducteur# de la bbaleur, mai» encore à travers des substances qui la conduisent fort mal et qui s’opposent à une rapide condensation.

En pratique, lo système de Haal, fort bien accueilli par l'amirauté anglaise, a été abandonné après bien des essais, et le» appareil» de condensation à surface supprimés. Nous avons proposé de les ndopter partiellement (\oir I1ATKAC a vafku*), c'est è-dire de modifier les disposition#, de manière à pouvoir nettoyer les -urfaces de condensation, en faisant passer l'eau dans des tube* verticaux analogue» aux tubes à fumée des locomotives dans lesquels on pept faire passer un écouvillou. L’expérience n’a pas encore prononcé sur ce système, qui ne parait applicable que sur une échelle restreinte, à cause de l’embarras et de la difficulté du nettoyage.

Hefroidusemenl de l'eau de condensation. — M. LousW

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