‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 172 sur 394 · ET LES HABITATIONS QUI LES ENTOURENT · texte numérisé non relu

ET LES HABITATIONS QUI LES ENTOURENT

Si tous loa vents soufflaient pendant des temps égaux, il est évident qiitl faudrait placer chaquo fa brique h émanations insalubres au centre d’un cercle dont la circonférence servirait de limite aux habitations du voisinage, et auquel il faudrait donner un rayon d’autant plu» grand que les émanations de la fabrique seraient plus intenses, plus nnisible» : c’cet d’après ce principe qu'à l’origine du développement do notre industrie manufacturière, l'administration voulut déterminer l’emplacement quo devait occuper chaquo fabrique insalubre ou incommode} niai» on s'aperçut promptement qu'agir ainsi était une erreur, et on laissa depuis au libre arbitre des conseils de salnhrité, on, à défaut, û MM. le» architectcs-voyers, lo soiu do fixer la distance de» habitation* environnantes, h laquelle une fabrique peut être légalement établie.

Le Code forestier (art. 451) exigo que les fours à chaux soient soumis à une autorisation quand on veut les construire k moins de 1 kilomètre des forêts. Il on e»t do même pour l’établissement des tuilerie», dos briquoteries et des dépôt» «lo boucs et d’iramomlices.

Membre du conseil de salubrité du département «lo la Seine, Dnrcet y rencontra beaucoup de difficulté» pour accorder, dons chaque cas particulier, les intérêts do la propriétii avec ceux de l'industrie. 11 a doue pensé à former le tableau do l’influence «les vonts, qui fait lé sujet de la présente note. Cctto figure lui a été très-utile ; aussi avons-nous pour but, en la publiant avec les explications nécessaire «, d’en bien faire comprendre la disposition et l’usage, et d'engager chacun des nom-

1 Guide du Chauffeur, par Cfwmcllr,fltcj Lierai» cl Dau- <!tjr (librairie KicnDfi«|Uc cl iu«lu>tnclk' . .

breux conseils de sulubtité qui existent maintenant, tant «ni France qu’à l’étranger, à cnm|«oscr une figure analogue pour leur Localité, et k s'en servir pour donner h leurs rapports la Vectitude qui, entraînant lu conviction , peut seule faire taire l'intérêt particulier, froissé par suite de son opposition avec l’intérêt public.

Ayant il représenter graphiquement ln sphère «l’action de» principaux vents autour d'uue fabrique insalubro, et manquant d’observations directes et de données positives h ce sujet, Darcet a pris, pour mesure de sa «iMimiuv, le» nombre» indiquant combien de jonr» par ni» chacun des principaux vents passe sur cette fabrique, avant d’arriver aux habitations du voisinage.

Ln figure ici donnée a été construite d'après le relevé des observation» météorologiques faites h l'Observatoire de Paris, depuis le l*r juillet 4835 jusqu’au 4 »r juillet 4 H 43, c'est-à-dire chaque jour, pendant huit années cousi^cutivcs. Voici le tableau do ces observations : Termes moyens des observations météorologiques faites pendant /mil années consécutives.

( Les nombres composant la secouée colonne de ce tableau iudiquent combien «le jours chacun des vents a souflle pur année.)

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dn fi àpti|««t mli.

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Nord

Nord-nord-est. . .

Est nord est. . . .

Est

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Sud-est

Sud-sud-est

Sud

Sud-sud-ouest. . .

Sud-ouest

Ouest* kud-ouett.

Ouest

OT

Ouest-nonl-ouest.

Nord- ouest. . . .

Nord-nord-ouest .

observations météorologiques dont il s’agit ont

été faites, chaquo jour, à l'heure de midi, circonstance tout à fait favorable à l’usage que l'on doit en faire, puisque lo voisinuge n’a pas à souffrir des fabriques insalubres pendant la nuit, ot quo l’on peut, sans grande erreur , considérer lot observations faites à midi comme donnant la «lircetion moyenne des vents pendant les autres heures de la journée.

Observations. — Il y a eu, pendant les 8 années, 5jours de calme.

Un vent, ne 6e chargeant des émanations d'une fabrique insalubre qu’en passant sur clic, ot ne nuisant nu voisinage que du côté de la fabrique opposé à celui «l’où il vient, Darcet a porté les nombres relatifs à chaquo vent, non du c«*»té d’où ils soufflent, mais bien du côté oppos«; où ils arrivent nprès avoir passé sur la fabrique, et s’y être chargés d'éinanntions insalubres : c'est ainsi qu’ont été tracé* les seize rayon» dont le» extrémités extérieures ont déterminé lo contour du polygone qui, pour le département do la Seine , donne lu surface spéciale exposée à l’influcuce nuisible «l'uno fabrique insalubre.

Ce qui suit fera mieux comprendre ln question. Représentons une fabrique insalubre par le massif ombré (fig. 3620), ot supposons cetto fabrique orientée comme l'indique la flèche qui c»t sa méridienne.

En plaçant la figure lo nord en haut, et en comparant les cotes du tableau imprimé ci-dessu» avec celles du polygone, on remarquera quo le vont «l’ost, par exemple, qui no souffle, terme moyen do 8 années, qu«j I 15 jours par nu. ne commençant a nuire qu’après avoir

INSALUBRES

INSALUBRES

[rossé sur la fabrique, a sa »plièr« de nuitanct au delà do la fabriejuc du enté de l’ouest , et c'est ce qui a été indiqué dans lu figure ep y plaçant lu cote de oc vent d'est, non du côté d'où il souille, tutti» bien du côté de l’ouest {fig. 3620).

C’est en inversant ainsi toute» le» cote» du tableau qu’u été construite cette figure, qui, en résumé, fait voir que le vent du nord nuit au voisinage de la lubrique 20 jours par an, tandis que le vent du sud lui nuit annuellement pendant 31 jour»; que le» in cunvénicnüi occasionnés par le vent est-»nd-c»t ne se font sentir du côté de l'ouest- nord-ouest que pendant 40 jour» chaque année, tandis que le» habitation» qui sont au nord-est de la fabrique ont à souffrir de «es émanations pendant 41 jour» par an, wns l'influence du vent du sud-ouest, qui, comme l'indique la figure, est le vent régnant pour le département de la Seine; il n’est pas nécessaire de prolonger davantage cette explication, pour faire comprendre le système de construction «le cette figure.

Lorsqu'il s'agit d’établir une fabrique insalubre, incommode on désagréable, on doit commencer par l’orienter dan» le centre de cet'e localité, an moyen d'une boussole ; on pose sur le terrain le polygone (fig. 3G2U), et on placo la boussole sur cette figure en l'y centrant, et de manière à faire coïncider, ou à rendre parallèles les méridienne» do la boussole et du plan; on n'a plu» alors qu'à examiner : 1° la disposition générale du terrain et do» habitations du voisinage; 2° si la distance de la fubrique aux maisons le» plu» voisine», du côté opposé aux vents de l’ouest et du sud-ouest, qui sont pour nous les venta régnant», est assez gronde, pour que ce côté du voisinage ne puisse pas avoir à souffrir de» émanation» de In fabrique projetéo ; 3° s'il est possible de faire construire la fabrique demandée sur le terrain choisi, de telle manière qu’en »e trouvant placée «ur ce terrain, comme le massif l'est sur la figure 3620, les habitations qui l'entourent soient réparties autour d'elle , comme le sont les angle» et leô côté» du polygone autour du centre de cette figure.

On conçoit qu’en joignant le» donnée» générale» ainsi acquises aux autres renseignements puisé» sur les lieux, aux niveaux relatifs à la fréquence îles pluies qui condensant certains gaz acides, etc., enfin à ceux qui résultent de l’étude de» pièces du dossier de chaque affaire, on peut prononcer avec sécurité et conviction entière sur les demandes en érection de fabrique».

S'il était établi, pour chaque grand centre d’habitations, des figures analogues h celle que Darcet a tracée, ce» figure» rendant, pour ainsi dire, palpable l'influence des principaux veut» sur les pays, seraient

| trbs-ntlleé aux agriculteur», qui y trouveraient sans { peine tout ce qu'ils peuvent avoir à désirer sous le j rapport de la fréquence de» vents. Les propriétaire» sauraient toujours quel est le côté de leur voisinage I qu’ils doivent le plu» surveiller, et les architectes l auraient là un moyen facile de bien placer, relative* ment aux habitation» environnantes, les nouvelle» mai- sons qu’ils ont a construire : quant aux conseil» de [ salubrité et aux «relatée tes-voyers, cette notice leur facilitern le» travaux importants qui leur sont confié», j 11 est évident que la surface du polygone reconnu né- I cessa ir» pour l’établissement d'une fabrique devra être I d’autant plus grande que les opérations faite» dans cette fabriqua seront plus insalubres, et que les émanations on seront plu» fréquentes et plu» expansibles ; mais il e»t oertaiu aussi qu’a mesure que l’on assainira le» fabriques, on pourra le» établir au centre de polygones le plus en plu» petits, en les maintenant toujours symétriques entre eux : on arrive ainsi à cc rapprochement, c'est que la fixation des rapports de distance», rendue palpable par la figure qui faille sujet de cette note, en posant clairement la question, pourra hâter l'assainissement de nos manufacture», et agir ainsi dan» le môme sens que l'a fait, depuis 1810, la graude mesure du la clasbificutlou de» établissements industriels.

Première Clniuse.

N* 2. Alt ATTOIHS ET FONDOIRS T>F. SUIF.

Les abattoirs sont de» établissement» publics destiné» à l'abatage de tous les animaux employé» dan» la boucherie, la charcuterie et la préparation de» nombreux produit» que l’on en tire. Ou sent combien la réunion, dan» un seul local construit exprès, de tou» le» travaux de ce genre est une condition nécessaire de salubrité et rend facile la surveillance de l’administration.

Un abattoir complet 66 compose do quatre parties principales ;

1" (.'elles où sont renfermés les animaux ,

2° L’abattoir proprement «lit ;

3“ Les lieux où l’on prépare les viande» de» animaux abattus;

4“ Les lieux où l’on travaille les graisses et le suif.

Les bouveries et les. porcheries doivent être spacieuses, aérées, lavées tous les jour».

Le» conditions principales imposées dans tous les abattoir» de Pari» et de la Seine rendront très-claires les conditions d’assninissemcnt d’un nbattoirct celles de la boucherie et de la charcuterie.

Les ordonnance» de police qui règlent ces questions sont divisée» en plusieurs section».

1® Ouverture de l’abattoir et classement de» boucher» par voie de tirage nu sort. Chaque écliaudoir recevant deux bouchers nu moins.

2° Abatage de» bestiaux et de» porcs. Les bouchers peuvent abattre le jour et la nuit.

Pour les éclmudoir* et le» brûloir», jan.ai» on ne travaille dan» le» cours. Les porte» doivent être toujours fermées au moment de l'abatage.

Les bœufs, vaches et taureaux, solidement attachés h de» anneaux scellés dan» le sol.

Les bœuf» et tuuççaux d’espèces dangereuses seront amènes à l'abattoir, entravés ou accouplés.

I/OS veaux et le» moutons seront saignés dons des baquet» et de» tinette» clos.

Los éehaudoir* doivent être lavés après chaque abatage et leurs murs grattés.

Des réservoir» considérable» et une large quantité » d’eau seront affectés au service des abattoir». Cent mille litres au moins par jôur à chaque abattoir do Paris*

Des moyens très-faciles seront préparés pour l’écou-

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Icment des eaux, jamais sur le sol des rues, mais dans des égout* ù grand© pente et avec des cuvettes hydrauliques, pour éviter toute émanation putride I.es istvét et graisses ne restent jamais dans les éclmudoirs, et les vidanges sont enlevées tous les jours. Le sang ne devra ôtre recueilli que dans des futailles close», enlevées chaque jour. Le mobilier des échaudoirs fourni par les cessionnaires est tenu très- propre. Les viandes et Issues trouvées corrompues sont enterrées, et celles avancées portées au Jardin des Plantes.

Le* eaur rousses des abattoirs et des tueries particulières coulent presquo partout dans les rues et le long des routes, où elles sont une grave cause d'insalubrité, parce qu'elles se décomposent rapidement.

Dans les villes qui ont des abattoirs, on s'en débarrasse en les envoyant dan* les égout», avec les précautions que nous avons indiquées.

On peut assainir les tueries et les charcuteries particulières :

4* En réunissant les eaux rousses de chaque établissement dans des vase» ou des citernes étanches ;

2° En no les coulant dans la rue, qu'après les avoir filtrées et mêlées à une matière qui ©n empêcha la ! putréfaction ou à des matières qui les désinfectent, et la ■ nuit.

foxtp. i>ü suif. — Depuis l'établissement de* abattoirs publics, la fonte du suif no peut être faite quo dans les ateliers de la ville. Cette industrie donnant lieu à des vapeurs très-incommodes pour les voisina, Darcet a rédigé une instruction et disposé des fourneaux qui brûlent les produits gazeux du travail des suifs et le rendent tout à fait salubre.

La graisse des animaux est renfermée dans les alvéoles des tissus cellulaire*. Pour les extraire, il faut crever ces alvéolos et les séparer ensuite des membranes qui y sont mélangées.

Plusieurs procédés sont employés.

4* Procédé. Le plus ancien et le plus usité encore consiste à crever les sacs adipeux en devant le suif en branche*, coupé en morceaux, ù la température nécessaire pour crisper les membranes, en faire sortir Je suif fondu et séparer ensuite le plus de suif possible par la presse, qui laisse encore beaucoup de graisse dans les pains de crotons. La graisse surchauffé© se colore en dissolvant des membranes, et ce système présenta de grands dangers de feu.

2e Procédé Quelquefois le suif est fondu sur de l'eau ou sur une dissolution baline. Moins de dangers ici, et du suif plus beau ; mais il fout le recuire il une température très-élevée pour en séparer l'eau qu’il retient.

3* Procédé. La fonte a lieu par la vapeur, soit directe, soit dans tin serpentin ; une seconde fusion est encore ici nécessaire.

4* Procédé. Ici, le suif est fondu dans moitié de son poids d'eau, avec 2 p. 400 d'acide sulfurique ù 66°. On chauffe l’eau par la vapeur. On lave et on refond le suif à HO*. 400 de suif en branches donnent ainsi 92 de suif pttr.

Ce procédé est certainement le plus parfait et presque sans inconvénient comme salubrité, en faisant conler de suite les eaux acides ot celles de lavage, qui so corrompent très-rapidement. Le premier procédé est le seul qui exige des dispositions spéciales de fourneaux pour être n«-aini, résultat que Darcet a obtenu en fondant le suif en bronches dans nne chaudière en cuivre, dont nous donnons le tracé. Un couvercle en tôle, tout en permettant un service facile aux ouvriers, empêche les vaponrs dégagées dans le travail de sc répandre an dehors et les force à se brûler sur la grille même du fourneau.

Mégisseries. — Suif d'os. — Cuisson des Iclts de

mouton. — I.c * autorisât ions pour ces établissements n’ont été accordée», sur le rapport de Darcet, que sous condition :

4* Que les fourneaux de fusion soient établis d’après les principes de l'instruction qui précède ;

2° Que les cuves de macération des têtes do mouton soient placées sons un hangar pavé, avec peute convenable ;

3° Que les peaux, les laines et bourre» ne soient lavées que dans l’établissement et non dans une rivière industrielle, où le» eaux ne doivent pas être salies de graisse, de chaux et de savon de chaux ;

4“ Qu'un grand puisard absorbant reçoive les eaux qu'y conduira un ruisseau bien pavé.

Fourneau pour la fonte du suif. — Les fig. 3621 et

3G2I bis.

36 24 bis représentent le fourneau construit par Darcet, dans lequel les vapeurs provenant de la fonte du suif en branches passent ù travers le foyer, pour le brûler avant d’arriver à la cheminéo.

L’air ainsi ehargé «le ces vapeur» descend par deux carneaux verticaux dans le cendrier du fourneau, et comme ce cendrier est fermé par nne porto, les vapeur* et les gaz dont l'air est chargé sont brûlé:» sur le foyer avant de se rendre dune la cheminée de l'usine.

La chaudière de cuivre est fermée par un couvercle en tôle, porté sur des tasseaux en brique et muni d'une porte à charnière qui «'ouvre et permet do décharger •la chaudière et de travailler les matières.

, Une ceinture circulaire qui entoure la chaudière h moitié de sa hauteur, et qui sépare le carneau en «leux parties égales, est percée d’ouvertures de prandeors décroissantes ù partir du devant du fournpau, pour égaliser le passage de la flamme autour do la chaudière.

Los carneaux doivent avoir une section égale partout et le double de la section que présente l’entrée de l’air sur la chaudière, le couvercle « tant baissé.

L’expérience a fait reconnaître l’utilité de l'interposition dans la flamme de briques creuses chauffées au rouge, pour mélanger entièrement tes gaz plu» on

moins combustibles avec l'air en les échauffant par l’action des parois rougica, do manière à assurer lu combustion des gnz.

Adiporire — provenant des chairs de* chantiers d'équarrissage traitées par la vapeur dans des caisses do fonte. Cette fabrication n’est autorisée que sur des bateaux placés en travers de la rivière.

l.e» débris d’animaux doivent toujours être recouverts U'euu, et aucune émanation ne peut s’échapper des matières par-dessus lesquelle» coulent toqjour» de* eaux rapide». s

N* 3. Savon.

Appareil pour empêcher let eaconniers de tomber dont 1er chaudières de cuite.

Les ouvriers savonniers sont exposés à tomber et à périr dans les chaudières de cuite, quand ils travaillent pour liquéfier ou pour marbrerie savon, travail qui se fait avec un bonloir, et pour lequel on marche sur un madrier étroit placé au-dessus de la chaudière, et rendu glissant par le savon ot la vapeur que dégage la chaudière.

Dorcet a fait disparaître ce danger à l’aide jJ’un système très-simple. L’ouvrier, peudont ce travail, porto une ceinture avec nn anneau snr le derrière , comme le» ceinture» des pompiers; il passe dans cet anneau un crochet fixé au bout d’une corde, dont l’autre extrémité est attachée h une chape de poulie , qui court sur une pièce do bois fixée par ses deux bouts au plafond, et nu-dessus du madrier qui traverse la chaudière à marbrer.

Attaché à cette poulie, qui court dans tonte la largeur de la chaudière, l’ouvrier, libre do se» main» et do son corps, fait son travail avec tonte sécurité, car si le pied lui glisse sur le madrier savonné, la corde l'empêche de tomber dans une chaudière de savon bouillant ot d'y périr à l’instant.

N° 4. AClDFft SULFURIQUE ET CHLORHYDRIQUE , ARE AMMONIAC ET PRODUIT» CHIMIQUES.

Avant 4830, presque toutes les fabrique» d’acide sulfurique perdaient une proportion considérable do l'acide produit ; les chambres de plomb »c dérangeaient h tout moment. 11 était alors souvent très-difiieilo do leur assurer un travail normal, elle rendement de 1 00 de soufre ne dépassait pas 450 on 200 en acide ; toutes les fabriques d’acide sulfurique jetaient donc, »nr les terrains qui les entouraient, des tuasse» de gnz siillureux et nitreux, et des vapeur» d'acide sulfurique qui défaisaient tout, arbres et récolte», à une très-grando distance.

Le procédé de M. Holker, employé pour la première fois à la fabrique delà Folie, près do Nanterre, avec sa combustion" régulière de soufre ot la constance de son système d’alimentation d'acide nitreux, se» chambres multiple» et la marche rationnelle de la production et de la condensation do l'acide, porta cctto indnstric d'un seul coup h une production d'acide de 340 p. 100 de soufre, c'est-à-dire à la perfection de la théorie.

Ce système, appliqué partout de 1830 à 4 #40, tripla, à cube égale des chambre», la production de l’acide en Europe et en fit tant baisser le» prix de vente, qu’il, fallut chercher partout de grand» et nouveaux emplois h une grande partie de l'acide produit; la bougie stéarique, le sulfated'alumine, etc., concoururent, avec l’augmentation do la consommation do la soude, à remplir ce résultat.

Comme résnltat hygiénique, le nouveau procédé a opéré une révolution dans cotte industrie, en supprimant le travail intermittent, en rendant très-rares le» dérangements des chambres de plomb, et on n’évacuant dan6 l'atmosphère, qu’un courant léger d’acide nitrenx ; cependant une quantité triple d’acide fabri-

quée dans chaque chambre a augmenté le volume de gax acide» jetés dans l’air, et le» dérangements de» chambre», quoique très-rarc6, n’ont pas disparu entièrement.

M. Kuhlmann a annulé le dégagement d'acide sulfureux, en même temps que celui d’acide nitreux, en interposant entre les chambre» do plomb et le tuyan de dégagement du gnz une série de trente bonbonnes reliées entre elles par de larges coudes en grès. Le* dix premières bonbonne», celle» qui viennent immédiatement après la dernière chambre de plomb, contiennent nn peu d’eau et ne servent que comme moyen de condensation, sans action chimique; le» dix suivantes sont remplies presqu'à moitié d’une solution concentrée d’axotale de baryte ; les dix dernières contiennent de l'eau et de la trilèérife concassée [la wiihériteest du carbonate de baryte naturel, qui 6c trouve en Ecosse surtout). La deuxième série de bonbonnes sert ù la condensation de tout l’acide sulfureux et d'une partie des vapeur» nitreuses. L’acide sulfureux passe h l’état de sulfate insoluble de baryte, le* vapeur» nitreuses à l’état d’acide azotique qui s’ajoute à celui qui devient libre par la décomposition de l'azotate de baryte. Pour opérer la tranidormation do l'acide snlfureux en sulfate de baryte et celle des vapeurs nitreuses en azotate de baryte, on introduit dans la première bonbonne un faible jet do vapeur d'eau, en même temps qu'on y laisse entrer nn peu d’air. Le jet do vapeur, tout en appelant l’air extérieur, favorise lo tirage provoqué par la cheminée de sortie qui termine le système de» chambres de plomb. Mois en même temps que la vapeur d’eau opère ce phénomène physique, l’oxygène de l'air entraîné ramène les vapeur* nitreuses h l'état d’acide azo tique ; une partie de cet acide transforme l'acide sulfureux en acide sulfurique qui passe à l'état de sulfate de baryte; une autre partie »o dissout dan» l’acide où le sulfate de baryte s'est produit, la majeure partie est entraînée par lo courant gazeux et va attaquer la withérite pour se fixer à l’état d'azotate do baryte.

Ajoutons, pour foire apprécier tout le mérito de ce moyen d'absorption, que le sulfate de baryte produit en définitive, préparé ainsi chimiquement et par suite h un haut degré de finesse, a nue grande valeur dans la peinture en bûtiroeut, pour être mêlé à la céruse et même la remplacer.

Une production utile vient donc payer les frais de l'assainissement pour ainsi dire absolu qu’a obtenu M. Kuhlmann. Aussi allons-nous voir un système analogue adopté dans scs usines pour l'absorption de l’acide chlorhydrique, le conduisant, avec ce qu’il a appelé avec grande raison, h la constitution de lïiiduslrte de la buryte.

Acide chlorhydrique. — On rencontre de grandes difficultés dans la pratique à faire disparaître complètement tout dégagement d’acide chlorhydrique.

Le bas prix de cet acide, et les énormes quantités que produisent le* fabriques do soude, font qu'on no peut pa* faire beaucoup do frais pour le condenser; ensuite, cctto condensation est beaucoup pins difficile à opérer en grand que celle de l’acide sulfurique.

A Marseille, d’après le» conseils de Féclet, on emploie de longues galeries souterraine», creusée* dan» la pierre calcaire, toiÿour» humectée* d'eau, et communiquant è une liante cheminée. Darcet a jeté longtemps, près de Paris, les vapeurs perdue» d'acide chlorhydrique dans des carrières de pierre calcairo abandonnées.

Des galeries dans la craio ne pouvant pa» se faire partout, voici le procédé simple et sûr que M. Kuhlmann leur a substitué.

Le système de condensation se compose d’uno série de eoiranie-deu. r bonbonnes en grès d’une capacité de 475 litre» chacune ; ces bonlionncs sont à trois tubulures, dont doux grandes sur le côté et une petite au

INSALUBRE?

IXSAJ.URRES.

centre; ces bonbonnes sont sur ira même plan horizontal. Kllcs sont reliée» entre elle* à I nitie de largos tube* courU-s en grès qui viehoent s'adapter sùr la tubulure du côté de chaque bonlwume. Une couoho do mastic, qui conserve toujours scs propriétés plastiques, et formé de goudron île houille , «l,o résine , d argile et de sable fin, oat appliquée sur les jointures, de manière b empêcher, soit la sortie du gaz qui traverse le système, soit l'introductiou do l’air extérieur dans les appareils.

Les cinquante-quatre bonbonnes contiennent de l'acide de plus en plus faible, puis, u mesure qu'on s’éloigne du four, de l'eau pure, et cela À peu près b moitié de leur capacité ; elles servent b condenser la majeure partie «lu gaz acide et b produire l’acide chlorhydrique marchand.

Les six suivantes renferment également do l’eau, ainsi que de la icilhérite concassée en morceaux, qui le# remplissent presqu’en entier. Celle-ci est très-rapidement attaquée par l'uoidc. Il se produit du chlorure «le barium fiie et soluble dans l'eau.

Les gaz non nb&nrbés passent par les deux dernière» bonbonnes contenant de l’eau pure ; elles servent de témoin* pour accuser la marche des appareils.

M. .Stass, dan# un rapport intéressant, compris dans une publication belge intitulée : Fabriques de produits chimiques , Rapport à U. le ministre de ( inbritur j«ir fa commission d'enquête instituée |*ir arrête royal du .i septembre <8o5 (excellente et consciencieuse publication b laquelle noos empruntons ces -détail*;, apprécie ainsi, nprèa examen attentif, le système que nous venons de décrire : Le système de bonbonnes sur un plan horizontal, combiné avec l'emploi de la withérite , irréprochable eu Ini-mêmc comme moyen de condensation do l'acide chlorhydrique qui le traverse, lorsque lo système est dar.s son état ci' intégrité, laisse a d«*sirer en ce sent qu’il exige un siphonnage, opération dans laquelle une partie de l’appareil se vide sans t emplacement immédiat, et qui entraîne fatalement avec elle un aégagément d’ncide chlorhydrique dans l’air.

M. Kiihlnionn a cherché b transformer son système horizontal et b récolte intermittente en un autre b cascade et à récolte continue, exempt de cet iuoonvénient.

Le sulfate «le soude étant produit partie sur une c«i rrtlecn plombplncéc bla suite «lu four principal, chauffée par les gaz de la combustion, et partie dans ce four même, où le produit de la faction «le l'acide sulfurique et du sel murin est chauffé nu lougo (et le gnz chlorhydrique mélangé d'un graml volume de gaz étrangers, si cc n'tkt dans les nouveaux fours b moufle *), il faut un double système do condensation. A Loos, où M. Kuhlmann a établi son premier appareil à cascade, le double système c»t disposé ainsi :

Il consiste dans une série de cent vingt-quatre lionbonnes divisées en deux parties, l’une mise on communication avec les gaz de la curette, l'autre en communication avec le» gaz do la calcine. Voici comment Chacune est disposée ; on a établi, b environ 1 mètre do l'oovertnre par laquelle l'acide chlorhydrique sort du four, un massif en maçonnent en forme d'escalier; et afin de ménager l’espace, un l'a replié trois fois sur lui-mSme. On a placé sur chacun des replis seize bonbonnes de <75 litres environ. Les quarante-huit bonhomies qui sont ainsi rangées sont reliées entre elle* par «les racconls bien mastiqués, de manière b forcer lo gnz acide qui entre pur la première bonbonne d'en ba* b monter successivement au travers do toutes les bonbonnes et b sortir par le raccord de la «lemière, appelr

1 loi nunmiwinn belges proposé l'interdiction des fours dan* lesquels les gu dn fourneau v»nl mélangés sus gai acides, consMeraut que le grand volume des premiers rend à peu près impus»ibie,«lant la pratique, la parfaite condensation «le» sreuuils.

qu’il est vers un second système de condensation, par la grande cheminée. ‘Les bonbonnes «pu se trouvent ainsi placées sur cette espèce d’escalier sont mises en communication entre cites par dos tubulures qu'on y a pratiquées sur les côtés, vers le» deux tiers supérieurs. Uans l’intérieur d'une tubuluro de chnquobonbotino ac trouve soudé un tube en grès arqué, qui ms dirige dan* l’intérieur «1e la bonbonne, a pou près jusu au fond. Cette tubulure étant mastiquée avec celle c la premièro bonbonne, le Jiquide qui pénètre dans la seconde se déverse dnns la première du m«/ment qu’H s'est élevé b un niveau suffisant. Le liquide déversé vient du fond du second vase, et, par suite, est le plus dense qu'il est possible, puisque le tube arqué par lequel il doit s'écouler desc«*nd jusqu'au fond. La mèrao disposition existe entre toutes les bonbonnes successives, d'où il résulte quo le liquide qui pénètre «Inus la quarante-huitième hoiibonne doit s’écouler par la première, après avoir traversé successivement la quarante-septième, la quarante-sixième... la troisième, la deuxième, la première. Corame d'ailleurs les gaz entrent par la première bontionne gt s’échappent par ladernière, ou a une application bien complote de la inêthod«j de déplacement parce cheminement en sens inversa «le» gaz ot du liquide «le moins un moins acide, et, par suite, de plus en plu» apte b les dissoudre.

On conçoit qu’en réglant convenablement l’écoulement de l'eau dans la quarante-huitième bonbonne, lu première doit «lé verser constamment de l'acide chlorhydrique à un degré de saturation constant. On doit comprendre aussi que si l'on multipliait considérablement le nombre des bonbonnes disposées ainsi en cascade, on arriverait b absorber presque la totalité du gaz acide dégagé par le four, sans avoir b recourir b d’oiir très moyens de condensation. Mai* un système de ce genre exigtrraii un cmplaccmcut très-considérable, serait très-coûteux et ne produirait pas, b beaucoup près, ce qu'il exigerait en frais d'installation et d'entretien. M. Kuhlmann a donc ajouté b ce système une série do douze bonbonnes, renfermant «le l’eau et do la w (thérite, et doux bonbonne* b moitié remplies d’eau pure ; celles-ci devant servir de témoins. Les bonbonnes b Iq withérite et les deux témoins sont mis en communion tion entre eux et avec lo système des bonbonne» en cascude, par dos raccords ordinaires. Tout l'appareil «le condensation est mis en rapport avec la cheminée d'appel, qui est chargée do déterminer le cofirant gazeux et la combustion dans lo foyer du four.

Cet appareil est, on peut dire, parfait ; il fournit un écoulement continu d'acide, qui est reçu on vo*es cio*. On pourrait toutefois reprocher un peu de roiduur au système et la difficulté de changer une bonbonne en cas d’accident. L'emploi «lu caoutchouc vulcanisé, qui résiste trèi-bien b l'action dos acides, pour mettre en rappOTt les tubulures latérales, fait heureusement disparaître cet inconvénient.

Nous avous cm devoir donner en détail ce système complet, qui peut être mpé té assez de fois ponr donner telle section que l'on voudrait pour lo passage de gaz uon condensables, qui fonctionne dans des condition» de perfection absolue, sans grande cheminée dont l'appel répond toujours b une diffusion assez considérable au 1 dehors de gaz nuisibles. Dans «les cas où la pmpnnition de pmduit» baritique» serait impossible, le passage «les gaz acides b travers «les tour* «le 4 b 5 mètre* de hauteur remplies de gros coke, servant b diviser l'onu qui arrive b la partie eupérieurc, peut êtro suffisant et plus simple dans la pratique. En multipliant suffisamment de semblables appareil», et avec uno dissolution de chaux dans les derniers, on peut toiyours luire disparaître le» inconvénient» qui ont été trop longtemps considérés, b tort, comme inhérents b la fabrication de 1a soude. • k

INSALUBRES

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3oi

Noir animal , tel ammoniac. — P'ajU^S Darcct, les fabrique» de noir animal et celles de sel ammoniac ne sont autorisées que sous condition.

1° De placer leurs fourneaux au centre d’une propriété de grande étendue, et do no jamais les adosser a de» maisons ou à des propriétés voisines.

2° Do n’employer que des fourneaux fnmivores et qui brûlent même les vapeurs produites par la distillation de» os, en les faisant passer sur un foyer d’ap pci.

Quelques soins que l’on prenne, la fabrication du Bel ammoniac est accompagnée de quelques vapeur», ajnmonincnles et empyreumatiques qui se font sentir assez loin, mais qui n'ont rien de dangereux pour la, santé des hommes, ni pour les cultures ou Iûb arbre».

Ces fabriques sont ordinairement éloignées des villes ainsi que des villages, et maintenues isolées.

N* 5. AM.VUnSSF.MENT DES ATLLIEttS T>’ AFFINAGE D’OB ET D'AiPIOITt

L’assainissement des ateliers d'affinage, l’une des industries les plus dangereuses pour les industriels qui l'exercent, pour les ouvriers et pour les voisins, est dû tout entier à Darcct, qui a aussi rédigé des instruction» officielles sur cet as»ainis*cment.

Le bel et vaste atelier de MM. Poisat, Saint-André et C% est le premier où ces procédés complets d 'assainissement aient été appliqués, et il est impossible aux voisins do s’apercevoir qu’ils sont auprès d’an atelier où des masses énormes de matières sont affinées chaque jour.

L'affinage est l’art de traiter les matières d’or et d’argent, pour les séparer les unes des autres et des métaux auxquels elles sont mélangées. Il consiste à former un alliage dans lequel entre une certaine proportion d’argent et do cuivre, proportion la plus favorublo à la complète séparation de l’or et de l’argent. Ensuite on grenaille cet alliage que l’on a fondu, en le coulant rouge dons l'eau froide, pour le diviser et lo rendre très-attaquable aux acides. On place ectto grenaille dans des chaudières de platine closes et munies d’un chapiteau et d’un tuyau pour la sortie des vapeurs. On y jette de l’acide sulfurique à 66“, que l’on a porté à un degré supérieur do concentration par une ébullition nouvelle. Cet acide dissout l’argent et le cuivre que l'alliage contient, et dégage de l’acide sulfureux provenant de la décomposition de l'acide sulfurique par l’argent et le cuivre, et des vapeurs chargées d'acide sulfurique. Tout l'argent et le cutvro sont dissous, et l’or que peut contenir l'alliage resto non dissous dunn la chaudière, où on le traite une seconde fois par de l’acide nouveau.

Les chaudières de platine sont placées sous une hotte ventilée par la cheminée générale de l'établissement, pour que les gaz et les vapeurs dégagés en ouvrant les cornues ne s'échappent pas dans l’atelier. Puis on lave l’or ù l'eau, et on le met en masses compactes en le comprimant ù la presse hydraulique; on le foud enfin dans dca creusets réfractaires.

L’argent est séparé de ln dissolution acide par du cuivre métallique; on le lave, on lo comprime à la presse hydraulique, et on lo fend dans des creusets eu fer forgé eu on terre réfractaire.

Ainsi les vapeurs incommodes et dnngcrcuscs que cette industrie émet, ot qui nuisaient gravement aux propriétés voisines, sont de l’acide sulfureux chargé d’une grande quantité de vapeurs snlfuriques.

Lo systèmo créé par Darcct pour assainir lo travail de l’affinage consiste h condenser les vapeurs acides en faisant passer les produits sortant des cornueen platine dan» de gros tuyaux en |>lomb, entouré» d’eau, et dans cinq ou 6Îx grands tambours en charpente garni» intérieurement eu plomb, remplis à la partie

inférieure d>au froide, qui passe d’un tambour K l’autre, en descendant et eu sens contraire des gaz produits par la distillation.

Les gaz entrent dans chaque tambour par lo haut et en sortent par le bas, à l'angle opposé, do manière à contrarier les courants et à forcer les vapeurs, qui sont toujours très-lourdes, à se conden.sor en passant sur l’eau. Culte eau, chargée d'acide sulfurique, arrive ù un degré de concentration assez fort dons les premiers tambours, et on l'employé dans d’autres industries, comme la fabrication du sulfate de fer artificiel, le travail des peaux, etc., etc.

l.'aeidu sulfureux provenant de la décomposition do l’acide sulfurique par les métaux dissous est ensuite absorbé par de l’hydrate de chaux placé dans une cui>»o mtio mécaniquement sur son axe, ou dans une caisse munie do plusieurs grillages superposés recouverts tous de chaux, comme les épurateur» ù gaz.

Uno cheminée de $5 mètres jette très-haut dans l'atmosphère les vapeurs, les gaz et la fumée du combustible brûlé.

Dans l’atelier de MM. Poisat et Cr, il y n trois ou quatre tambours en plomb placés h la suite l’un de l’autre dans la cuve qui c»t au-dessous de l'atelier. Là l'acid o sulfureux, débarrassé de vapeurs acides, dans les tambour» , vient se condenser sur l’hydrate de chaux ; ce qui n’e»t pas condensé est conduit ù une certaine hauteur, dans lu cheminée générale do PaU lier, qui le verse à 60 mètres de hauteur dans l'atmoi-phère, avec la fumée des fourneaux et les vapeurs acides échappées aux chaudières de platine, pendant qu’or. le» remplit ou qu’on lave l'or qui y reste.

Au-dessus du fourneau des chaudières de platintf est établie une hotte qui recouvre les chaudières et la table sur laquelle so fait leur charge et leur vidange, le lavage et le décantage de l'or qui y reste. Cctto hotte est fermée en avant par trois tabliers mobile» en tôle, manceuvrés par des poulies et des contrepoids. Ces tabliers pennutteut de faire tout ce travail sans qu'aucune vajMîur se répande au dehors, en rétrécissant à volonté l’ou verturo antérieure do la hotte, pour en activer le tirage.

La hotte est mise on communication avec la grande cheminée par un canal souterrain qui passe sous lo sol de l’atelier.

Le tirago déjà puissant d'une cheminée de 55 mètres do hauteur e»t encore activé par les chaudières d’évaporation du sulfate de enivre, moutées au pied de la cheminée, et qui, avec tous les foyers si nombreux do l’usine, produit jusqu’au point le plus éloigné de l'appareil d'assninis8ement un appel si énergique, que jamais aucune vapeur ne peut être versée dan» l’atciior.

Pour rnancenvier l’appareil, on mot en plaoo les chaudières de platine avec leur charge de métal; on réunit lo col du chapiteau au tuyau général de plomb. Un abaisse presque entièrement les trappes eu tôle, et on allume les fourneaux.

Un appel très-puissant est ainsi déterminé dans la hotte, et la dissolution des matières par l’nctdo a lieu sans que rien se dégage au dehors.

Quant à la décomposition du stilfato d’argent et à l’évaporation du sulfate de cuivTe, pour que ces opérations se fassent sans inconvénients, il suffit de ne pas traiter ces dissolutions a une trop haute température, avant de les avoir amenées h l’état neutre, ce qno l’on fait sans pcino avec du carbouatc ou do l’oxyde de cuivre.

L’atelier de MM. Guichard et Legendre, où Darcet neveu, créateur do l’affinage par l’acide sulfurique, réalisa avec avantage les nouveaux procédés trouvés par lui en LS02, avait donné lieu à des plaintes de la part de» voisins.

J. -P. Pareet y établit un systèmo d’appareils d’ns-

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Ail

sainissemcut complet, que les lieux le Toréèrent Je développer au mémo niveau. Il y avait là huit chaudière* de platine avec leurs fourneaux.

Un cylindre en plomb de 0,30 do diamètre, avec pente de droite k (tanche, servit à condenser les premières vapeurs chargées «l’acide, et reçut les vapeurs et Ica gaz des huit chaudières.

Un entonnoir en plomb est fermé par un tampon de bois, à l'aido duquel on introduit do l’eau dans le cylindre pour lav<jr et emporter lo sulfate «l’argent qu’y jetto quelquefois l’acide boursouflé des chaudières.

Uno cloison transversale en plomb, do 7 ou 8 centimètres do hauteur, arrête, au bas du cylindre, loa eaux «le condensation ou de lavage, qui s'écoulent dans le réservoir par un tuyau do 0,37.

Un réservoir en plomb reçoit les condensations et les lavage* du grand cylindre.

A la suite est un tambour do condensation en plomb. Les vapeurs non condensées dans le cylindre sortent du premier tambour par un tuyau en plomb, et pénètrent dans le bas «lu deuxième tambour, pareil au premier.

silfuroux, dont l’hydrate do chnnx, toujours agité, s’empare facilement, et il n'arrivo dans la grande cbeminéo que la petite portion d'uir qui a pénétré dans l'appareil, soit à travers se* joints, soit par Ica tubulure» «les chaudières, qu'on ouvre pendant le travail. En ménageant convenablement le feu sous les chaudières, et en faisant suffisamment tourner la caisse mobile, on peut facilement fuire la travail dont il s’agit, sans laisser répandre aucune vapeur insalubre au dehors do l’atelier.

Il f;:ut aussi laisser refroidir los chaudières de platine avant de les enlever de dessus leur» fourneaux, Ou, si en les enlevant elles produisent cucoro quelques vapeurs acides, on les porte sous une petite hotte construite jiour cet u^nge, et que l’on peut faire communiquer par un tube de plomb, soit avec la grande cheminée, soit avec les cendriers des fourneaux, en ny.int soin d’on fermer exactement le* portes. Quant aux chaudières do plomb dans lesquelles on décompose lo sulfate d'argent, nous pensons que comme elle» ne donnent que de la buée pou gênante, il suffira, ou do laisser sortir cette buée de l'atelier par un toit à clairevoie, ou, si l'on veut mieux fuira, de la conduire, par de» hottes convenablement disposées, daus la grande cheminée.

Dans un établissement des environs de Paris, l’auteur de cct article a organisé tout récemment un excellent système de condensation avec uu long tuyau en plomb, et un grand nombre de tambour» successif» do grandes dimensions.

«lensés, mais désinfecté», «ont conduits dans lu grande cheminée «lo l’usine, oit un. tirago très-puissante le# porte au dehors et à uno grande hauteur.

Il ne passe dans ce* boites tournaulo» que «le l'acide

N® 6. Exguais.

Enfin il y a denx caisse» tournantes, en plomb (fig. 3026), quo l’on charge d'hydrate do chaux, destiné à absorber les partie* d’acide non encore condensée», et l'acide sulfureux.

On voit quo ce» boite» tournent sur des moyeux fixes, en fonte, «luns lesquels passe le tuynu en plomb qui amène les vapeurs «lu premier tambour, et celui qui les emmène an dehors.

Des engrenages et des manivelles pormettimt de faire tourner le» caisses, sans gêner le passage des gaz. Eu sortant de» deux cuisses mobiles, les guz non-con*

Le* substances qni concourent au développement de» plantes, en rendant à la terre ce que celles-ci lui enlèvent, sont ou minérales ou végétales, et surtout animales. Les première» no donnent lien à aucune observation pour la question de salubrité , sauf le* cendres des fonderies de plomb ou de zinc, et autres cendres métalliques, qui, jetées sur de» trèfles, ont empoisonné plusieurs vaches. Les autres cngraÎB, composé* de substance* végétale* et surtout de substances animales, ont besoin do fermenter ensemble pour atteindre leurs qualités le» plus parfaites, et de rester longtemps entassés pour attendre, soit cette fennentu-

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lion, «oit !cUr emploi. (Voir G U iJe de la fabrication de» engrais, par M. Koharu, pour le» condition» à remplir relativement à la salubrité de la fabrication industrielle de» ongrai* , pour l'absorption immédiate à l'aide de *dh#Iunecs convenable», telle» qiio le plâtre elle sulfute de fer, de» gaz dégagé» par la fermentation.) Le» boue» de» ville» et le» fumier» do» campagne», formé» de paille employée comme litière et de déjections animale», sont dan» ce cas, et Icnrs amas «ont très -insalubre» et très-incommode» pour le voisinage.

Le» fumiers de» campagnes sont, dans presquo toute la France,, amassés devant le» portes, dans le* cour» et souvent dan» les rues, où ils reçoivent les pluies d'automne et du printemps, qui les Invent et emportent la plu» grande partio dçs sel» ammoniacaux et de» substance» solubles, le* plus précieuse» matière» h conserver, outre leur danger pour In salubrité de* maisons et des cotmn nn/Bs.

Le* administrations communales et les conseils d'hygiène agissent donc en même temps duns lo véritable intérêt de» cnit i voteur», et dan» un intérêt bien entendu de salubrité municipale, en prenant tous le» moyen» propres à faire dispuraUru les fumier» des rue» ou de» petite* cours, et à les faire entasser n l’abri de» grandes plnio», là où il» ne peuvent nuire à personne par le» vapeur» qu’il» dégagent.

Le» dépôt» de» boncs de Paris sont rejetés k 2,000 mètres du mur d'enrointo, disséminé» sur un grand nombre de point» différent», et ne peuvent pa» êtro établi» sans une autorisation. Les chevaux mort» ou abattus sont aussi trop souvent abandonné» au milieu des champ», au lieu de servir d'un précieux engrais, comme il» le sont réellement.

Le» parties non utilisées dans l'industrie des animaux tués don» le» abattoir» public», la chair musculaire, le sang, les poumons, sont préparé» avec de la terro végétale calcinée, et forment un engrais appelé noir aninta/w', dont on cxpétlie do grande* masse» pour lo» champs do cannes de» colonies'; on y expédie aussi beaucoup do poudrelto préparée, et on amène par contre, du Pérou en France, de* quantités considérables de guano, produit de» déjoctiona de» oiseaux do mer, accumulés depuis bien de» siècles.

Le» transport» de ce» matière» no sont pas sans danger, surtout quand clics ponvent prendre de l'humidité, et donnor lieu & une fermentation très-active, Mirtout avec ) a chaleur des tropiques. On cite des navire» qui ont ainsi perdu un» partie de lour équipage..

Le» produits de* déjection» de l'homme servent, dan» la Flandre et ailleurs, 1» arroser directement les terre». 11 e»t difficile de croire que le* odeur» qu’il» dé* gagent et la consommât ion. par le» bestiaux, de» plantes qui on sont couvertes, n'aiuut pas quelque danger.

LeschonpierE d’équarrissage des chevaux sont rangés dftn» la première classe de» établissements insalubre»; cependant, il résulte d’un très-beau travail do Purent- DacbiUclet que leurs émanations infectes n'ont pas de danger pour les enfants ni pour le» ouvriors qui vivent an milieu do ce» chantier».

Il est facile du reste do les organiser do manière qu’aucuno partie de» chevaux abattu» ne toit perdne, et que les parties mêmes que. nous avons désignées plu* haut comme tan* usage servent b faire dos engrais, (Voy. AUATTOIR.)

Deuxieme (Iumo

N" 7. APPAREIL AXLriWB A ÉTEINDRE LF. COKE DAX» LE» TSIXE» A OA&.

Tous le* hommes qpi ont monté ou dirigé de* usine» a gox savent quelle rnasso de vapeur d’eaa chargée d'ammoniaque, d’hydrogéné sulfuré ut d’autres vapeurs dangereuse m dégage d'un ta» do coke embrasé, au monicut o ù on l'arrose rapidement d’eau pour l’étein-

dre au sortir des cornues. Pour que le eok.* conserve un bel aspect métallique, il faut que cet arrosage soit rapide et qu'il atteigne toutes le» partie» du coke brûlant.

Dans les grande» usines, surtout dans le» usine» placée» au milieu desvilles, le travail ot lamage de vapeur» que l’on produit ainsi sont dangereux pour les ouvriers de l'usine, et surtout incomniodos pour tout lu voisinage.

L’usine è gax I,ncarrière,k Pari», dont lo travail avait pris un développement trop considérable pour les bfttimcnU. où elle était limitée, en était venue à répandre dan» le» quartier» qui l'entourent de» masse» de vapeur infbctc dont nous parlons.

Le» chefs de cette grande usine demandèrent à Pnrcet de leur trouver et de faire construire un appareil d'extinction du coke qui satisfit k toute» le* conditions de salubrité, uuu nuire ù la bonté du travail.

L’appurcil quo nous donnons ici-, construit sons la direction do Parcet h Lutine do la rue de la Tour, remplit toute* ces conditions. Nous l’avons vu marcher de la manière la pins parfaite, et le» administrateurs de la compagnie, qui nous en oui donné les plans, s'en félicitaient beaucoup.

Iaj principe est l'extinction du coke dans trois case* en brique, fermée» de trois côté», où le coke est porté' sur de» chariot» en fer, en sortant de» cornue» ; de» trémie» plates en tôle, percée» de, trous sont descen- ’ due» ensuite sur le coke et de l'cnu e*t jetéo rapidement sur la trémie, par de» tuyaux et de» robinets d’an gros diamètre. Ces plateaux percé» do trou» Tcpartiseébt très-égalomcnt l'eau sur toute la surface du coke et l'éteignent rapidement, en lui conservant toutes «es qualité».

Iji vapeur fétide dégagée l’abandonne dan» cet instant, et, mêlée b l’air de l'atelier qui arrive par le devant do la casé.eUcestcmportée àtmvorsdo large» ouverture», pratiquées au mur du fond de* case», ctqui communiquent par-dessous terre à de vaste» carneaux souterrains qui nmèneut la vapeur ù une certaine hauteur dans la grande chominée de l’usine (fig. 3628).

A l’usine Laeorrière, trois case* de 2 mètres do côté suffirent pour l’extinction de tout le coke produit.

Voici la description de l'appftftil :

Ln figure 3627 est nue coupo verticale par une de* case», sur le plateau percé de trous, le» moufles qui Je

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INSALUBRES

manœuvrent, elles tuyaux et robinet* a eau. On voit aussi l'ouvorun- réservée dans lo fond do la cn#ç, et les carneaux souterrains pur lesquel* l'air et les vapeurs infectes sont emporté» dau* la cheininéo.

Dana toutes nos figures, les flèches indiquent la marcha des courants d’air et de vapeur*

A, A (fig. 3628) sont trois cases do 2 mètres de côté, entourées de murs en briques sur trois côtés et servant h éteindre lo coke.

RB, ouvertures pratiquées dans le mur do face des entes, et qui emportent Je* vapeurs sous l'appel de la grande cheminé#.

C. Carneaux souterrains par lesquels les vapeurs se rendent dos canes d'extinction h la cheminée.

D. Partie (le la cheminée Jimitéo par uno cloison qui monte & 10 mètres do hauteur , et qui reçoit l'air et les vapeurs d'extinction du coke, sous l’appel des fours à gaz ; l’autre partie do In cheminée reçoit la fumée des fours :i gaz de l’usine.

J. Trémies en tôlo percée do trous (fig. 3629), ser-

1NSALUBRKS.

vont h éteindre lo coko, dans les trois cases, et msnottvrées par des oontrcrPoids. A lu partio supérieure h»ii t les tuyaux et robmets d’eau, pour 1 extinction du coke.

Cet appareil n’a jamais été publié nullo part.

N® 8. Colle animale et gélatine.

On prépare surtout cos colles avec des membranes, des peaux, des aponévroses, des tendons, des cartilages et surtout des os. La gélatine qui sert h fairo les coÎIca fortes se prépare avec des os que l’on traite par la vapeur ou an bain-marie, aprè* les avoir lait macérer plusieurs jours dans un lait de chaux, pour en enlever la graisse.

On extrait aussi la gélatine des os en les traitant par do l’acide chlorhydriquo étendu d'eau, industries qui ont été créées par Dorcet.

Tou* ces établissements donnent des odeurs incommodes taux voisins; tous ceux on l’on traite des fi»olicrea mavabraneuttt , où l’on emploie, la cornas «s, sont placé» «lnns la première fclaskc, taudis que ceux où l'on

se «n t des os pour préparer les colles font partie «lo la troisième classe.

Les eaux de ce s fabriques sont chargées de matières animales infectes et très -faciles à putréfier, ou cllusus 4'»nt chargées d’acide, quand on en emploie; on doit alors les envoyer avec précaution dan* un égout, en les écoulant chaque jour et en les saturant d'abord avec de la craie.

N° 9. BtAîcmnuEs et la vota*.

Ce qu'il y a do dangereux pour la santé publique dans les buanderies, ce sont le* grandes masses d'eaux chargées du aubtlmicta aotoitneuiea ; ces eaux contenant

riresqiio toujours des attifait», donnent, par leur méange avec le savon, un grand dégagement d’aeido hy- «Irosulfuriquc. Celui-ci porte, en effet, son infection ii une grande distance; les puisards sont h tout moment bouchés par les savons calcaires, formé* pur les matières grasses ; un facile et sûr écoulement «le ce* enux o*t donc la première condition imposé»: à une biuimlerio. Aussi les buanderies sont de la deuxième classe, quand elles n’ont pas d'écoulement pour leurs eaux, ou qu’elle» doivent les transporter nu loin ; elle» sont do la troisième clause quand clics ont un écoulement direct.

Enfin, celles qui sont sur de» bateaux, ayant le moyen le plus parfait d'évacuation des eaux, no sont plu» soumises qu'à des règlements do police locale et aux règlements de la navigation ; il o*t toutefois défendu h Paris d'étendre le linge sur les Itcrges ; on ilo peut pas non plus laver dans la Scino ailleurs que sur les bateaux. Deux procédés ont été indiqués par Uarcet pour extraire les matières grasses des eaux de' savon : l’un par l’acide sulfurique qui isole le» acides gras, que l’on recueille; l’autre parle plâtre en poudro ou les vieux plâtras. Il se fait là une double décomposition, et il s« produit du sulfate do soude.

N° 40. Fonderies de plomb.

Les foyers de* fourneaux de fusion du plomb sont I toujours fumivoros, par suite de la haute température | du plomb dan» la chaudière; on peut donc brûler du la houillo en nature, dan* cette industrie, sauf à allumer avec du bois, jusqu’à ce que le fourneau soit bien chaud.

Lo traitement des cendre* do plombier ne doit so lairo dans uno ville qu’avec des procédés perfectionnés, qui ne laissent dégager à IVxtérienr aucun produit plombifrre. Dos chambres et de- fuleries do circulation d’uno dimension suffisante doivent permettre le dépôt de toute* les poussières; autrement, on devrait ren- . voyer hors des villes lo traitement de ces cendre*.

N® IL Travail dü caoltcbotc pour paire des

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