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REVIVIFICATION DU PLATINE

Pour utiliser de nouveau les débris du platine du commerce, il faut le mettre en lingots, après l’avoir dépouillé do toutes les matières étrangères qu’il contient. Voici la méthode par fusion employée dans ce but pur MM. Deville et Debray. Le combustible employé est un mélange de gaz d'éclairage, ou d'hydrogène pur et d'oxygène préparé avec le bioxyde de manganèse d'Allemagne, qui marque 75® et coûte 26 fr. les 100 kilog. Les résidus «ont achetés par les verriers à raison do 10 fr. les 100 kil. On se sert du chalumeau représenté dans la ligure 3683.

Le four (voyez lig. 3684) où se fait la combustion est en chaux oercléo avec des fils de fer. 11 se compose de deux parties : 1° la voûte AA prise dans un morceau de chaux cylindrique, légèrement cintrée à sa partie inférieure et percée en Q d’tm trou conique par où pé-

nètre le chalumeau CE ; 2° d'une sole B creusée dans un autre morceau de chaux également cylindrique. On doit lui donner une profondeur telle, que le platine fondu y occupe une épaisseur de 3 à 4 millimètres au plus. A la partie antérieure D, qui doit faire une légère saillie, on pratique avec une râpa une rainure, légèrement inclinée en dcdnnt, qui doit en même temps servir de trou de coulée et d'issuo pour la llamme. Pour faire une fusion, on ajuste les diverses pièces en chaux de cet appareil de manière à leur donner la disposition figurée dans notre dessin, puis, tenant à la main le chalumeau, on ouvre le robinet H (fig. 3683) ; on donne un assez faible courant de gnz combustible, et, en tournant le robiuct O, Poxygèuo nécessaire pour le brûler. On plongo aussi la flamme dans l'appareil par le trou Q (fig. 3684], de manière a éviter une petite explosion qui pourrait projeter la chaux de l’appareil. On chaude lentement les parois du four en augmentant peu h peu la vitesse de» gaz, jusqu'à ce qu'on ait atteint le maximum de tempéra-

PLATINE

PLATINK.

ture. Avec une lame de platine qu'on introduit par le rampant D, et que l'on met aur le jet de gaz( on voit où est fixé le maximum do température, fc’estit-iiiro lo point où la fusion se fait le plas vit©} on . (Rabaisse ou on le relève au besoin en desserrant la vi» P (fig. 3683,, et abaissant ou élevant l'orifice du tout de platine qui amène l’oxygène. On assujettit la vis et on introduit peu à peu le platine par l’ouverture D. Si ce platine est en lames minces de moins d un millimètre d'épaisseur, on a A peine lo temps de les introduire. On les voit disparaître et fondre presque au moment où elles entrent dans lo four. L’oxygèno doit arriver avec une certaine pression, de i à 5 centimètres do mercure environ, et doit agiter le platine d un mouvement giratoire, ce qui régularise la température dans toute sa masse.

Quand on ne veut pas couler le platine, la fusion étant complète, l'a (linngo terminé, ce que l’on voit lorsqu'il ne se forme plus do matière vitreuse à la surface du platine, on diminue peu ù peu la vitesse des deux gaz, laissant toujours dominer le gaz réducteur, mais eu trè«-lrgor excès. Ce gnz détermine une production d’eau ou d’acide carbonique très. rapide aux dépens du gnz combustible et de l’oxygène dissous dans le platine; il se manifeste alors une ébullition très-sensible dans lu masse métallique. Peu à peu la solidification s’opère jusqu'au contre, et l'on éteint entièrement le foyer. Il y a toujours projection do platine u lu voûte du four ; on le recuelllo après l'opération avec la plus grande facilité.

Quand on veut couler le platine, ou prépare une ingolicrv, soit en fonte épaisse et bien frottée avec de la plombagine, soit en chnrbon de cornues, ou en chaux. Ces d-rnières se fabriquent avec la plus grande facilité avec des plaques de la matière, sciées et maintenues par du fil de fer. On enlève la voûte, on saisit le foyer avec des pinces, et on coule le platine sans so presser, comme on le ferait pour un métal ordinaire. La seule difficulté, que l’habitude apprend à surmonter, c est de pouvoir en même temps distinguer la surfaco éblouissante du platine et l’ouverture béante de la lingotierc, afin de verser à coup sûr.

Les principes sur lesquels MM. Deville et Debray se sont appuyés pour construire leurs appareils sont les suivants :

< ^ La chaux est peut-être le corps le plus mauvais conducteur que l’on connaisse, si bien qu’à travers une épaisseur de 2 centimètres au plus, l'appareil étant plein de platine fondu, l'extérieur c*t à peine a 150 degrés.

La chaux est le corps qui rayonne la chaleur et la lumière avec lo plus de perfection ; c’est a cause de cela qu’on !’n choisi pour obtenir la lumière Drummond. Ce sont donc les meilleures parois que l’on puisse donner a un four à réverbère de cette espèce.

. 3° La chaux agit sur toutes les impuretés dont on a Intérêt à débarrasser lo platine, fer, cuivre, silicium, etc., et les transforme eu combinaisons fusibles qui pénètrent sa substance si poreuse Elle agit comme une coupelle dont la matière purifierait le métal qu’on y fond. n

Aucun métal étranger, excepté l’iridium et le rhodium, ne peuvent exister dans le platine après qu’il a - ‘orJIiu cl P*f les procédés que nous avons décrits. Toutes les matières qui attaquent le plus facilement lo platine : le soufre, le phosphore, l’ûrscnic, l’or avec lequel ou le soude, le fer, le cuivre, le palladium,

1 osmium, s en separeut soit par l’oxydation et l’absorption par la chaux, soit par 1a volatilisation. Le platine contenant do l’or, du palladium, laisse échapper ces mttaux à 1 état de vapeur, et on peut les recueillir avec fac lito en faisant entrer la flamme qui sort du four dans un tuyau de terre, où elle dépose tontes les matières étrangères volatiles, sauf l’acide osmique, qui

se ooudeuse lui même, si l’on met un vase plein d’ammomaquo dans le trajet des vapeurs. D’ailleurs une partie de 1 osmium *e déposé dans le tubo à l’étal métallique, soit qu'il se volatilise dans le oourant gazeux de la flamme, soit que l'acide osmique produit dans le foyer ac réduise plus loin dans lo tube de condensation.

Ln révivification d'un kilogramme de platine exige au plus 60 litres d'oxygène, ce qui correspond à U\24B par kilogramme.

PREPARATION DD PLATINE PPR INDt'STRÎKLLEMKKT.

Nous allons maintenant décrire les procéJés de préparation industrielle dn platine pur.

Le plomb et les métaux du platine s’allient avec une grande facilité ; mais le fer qui est uni nu platine soustrait les grains de minerai a l’octiou du piomb avec une très-grande éuergio : cependant la dissolution peut à la longue devenir complète. Le plomb n’exerce aucune action sur l’osmluro d’iridium, et si on fond ensemble du plomb et dn minerai do platine, on retrouve tout l’osmiure sans la moindre altération à la partie inférieure dn culot do plomb plntinifèrc.

Pour faire la séparation de l’osmiure et du platine, il suffit donc do les fondre avec du plomb, eu en» ployant toutefois un artifice pour hâter la dissolution du platine. Pour cela, il faut se servir non pas do plomb, mais de galène on sulfure de plomb qui est décomposé par le fer, comme on le sait, en produisant du plomb, lequel s’allie nu platine. Lo plomb a de plus cet avantage, qu’il forme des sous-sulfures ou inattes plombouses très-riches en inétal et très-propres à cetto opération.

Traitemfnt en petit.

Dans nn creuset on met quelquev kilogrammes do minerai de platine qu’on fond avec leur poids de galène et un peu de verre, ou mieux d’un mélange de verre et de borax. On chauffe an rouge vif de la fusion de 1 argent, et on agite de temps en temps avec un barreau de fonte jusqu'à ce que tout le minerai ait d». paru et qu’on ne sente plus sous la pression du ringard que qnelque» grains d’osmiura. Dans cette opération, la galène, au contact du fer contenu dans le minerai ot du ringard lai-même, fournit le plomb pour dissoudre le platine. On augmente alors la chaleur et on verre sur la matière de la litharge, jusqu’à ce que tout dégagement d’acide sulfureux cesse et jusqu’à ce que la scorie devienne manifestement plorabeusc et oxydée. Pour favoriser lu rcaotion entre la litharge et la’ galène, on agite do temps en temps uvec un ringnrd en fonte. L’opération doit être conduite de telle façon qu’a la fin le plomb soit entièrement privé de soufre a lo poids de l'alliago est environ le quadruple du poids du platine employé.

On laisse refroidir lentement le crenset, et lorsque le plomb est entièrement solidifié, on détache le culot ; on enlève à la scie le dixième inférieur qui contient l'osmiure d'iridium et qu’on conserve pour l’ajouter à l’opération suivante. On ooupelle alors, et en prolongeant la coupellation à haute température et don* un vif courant d’air, on fiuit par enlever presque tout lo plomb, et il ne reste plus qu’ù introduire ce platine [dombeux dans un fbnr en chaux , à le fondre et à l’affiner pur les procédés déjà décrits. Dans Ire premiers moments de la fusion, il se dégage dea fumées do plomb qu’on dirige dans lino cheminée d'appel. Pendant l’affinage, l’odeur de l'osmium est à peu près insensible.

Traitement en grand.

On modifie facilement ce procédé pour l'appliquer en grand.

!• Fuùon la gallnt. — Coll, fusion pont t'apf1-

Djaitized t

PLATINE

PLATINE

rer dans an petit four à réverbère dont U solo en mnrnu oa en brique doit être hémisphérique, de maniéré à ressembler entièrement à la *ole d’un fourneau de coapelle. Pour traiter à la fois <00 kilogramme» de minorai, il suffit que cette solo ait un* capacité de 50 litres environ. Dans le cas qui none occupe, Il vaudrait mieux employer pour la sole la forme d'une culotte empruntée à un ellipsoïde de révolution. Un petit four ayant une longueur de sole d’environ 4 mètre, do 4 décimètre { environ de profondeur moyoune et une largeur de 50 centimètre», suffirait amplement au traitement de 400 kilogrammes de minerai. En donnant au foyer la même largeur que la sole, c’est-à-dire 50 centimètres sur 33 n 40 centimètre* dans l'antre <limension horizontale, on aurait une chaleur suffisant». Mais il faudrait opérer avec une épaisseur de combustible do 30 oentimètres au moins pour avoir oonstam ment une flamme réductrice et ne pas précipiter par trop l'oxydation de la galène, et par suite ln production du plomb.

One fois le fonr chauffé, on jette le mélange do galette et do minerai à poids égaux, on fond en brassant constamment jusqu'à ce qu’on ait produit une mnlte plombeuse et l'alliage de platine et de plomb. Alors en

t’étant un peu de verre fusible sur la matière, poussant » chaleur, on iutroduit peu a pen les 200 kilogrammes de lithargo qui sont à pen près néoessai ru» pour terminer l'opération et chasser le soufre. Lorsque la réaction est terminée, on laisse le bain métallique dans lo repos lu plus complet pour que l'osmiurg -e précipite au fond, et après avoir fait couler la scorie plombeuse, on décante lo platine plomhifcre au moyen d’une cuiller de fonte et on le coule dans dca lingotières. La partie inférieure du bain contenant l'ostniurc d’iridium est ajoutée à la foute suivante, jusqu’à ce qu'il soit devenu très-riche on osmitire.

La sole du fonr à réverbère devra être, autant que possible, garnie dans toutes ses parties inférieures et latérales, même du côté de rèulel, au moyen d'une caisse de fonte sur laquelle reposeront les brique», de manière que du plomb platiniftre très-fusible ne puisse pénétrer bien profondément entre les briques, et exiger, pour le retrouver, la démèlition des pièces du four les plus Importantes et le plus solidement reliée* entre allés. L'autel devra, pour la même raison, être creux et refroidi par un courant d’air intérieurement.

Coupellation. — Cette opération se fait da la même manière que la coupellation de l'argent et dans le*

Fondant. — Il suffira pour obtenir ccs alliages de foudre le minerai dans de la cbnux, il se dégagera de l’acide osmique, qu'on pourra recueillir au besoin au moyen d’un tube engagé dans une cheminéo à fort tirage et dans lequel on dirigera la flamme contenant l'osmium (un bassin plein d'ammoniaque dont los gaz seront obligés de lécher 1a surfuco permettra d’y recueillir l'acide osmiquo, si on ne préfère le perdre). Mais, pour éviter d’attaquer la choux du four luimême, il est bon d'ajouter nu minerai un fondant qui

mêmes appareils. Seulement à 1» fin do l’opération, quoiqu'on pousse le feu, r alliage très-riche en plutiuu

bc solidifie, et on peut l’enlever après avoir refroidi brusquement sa surface avec de l’eau. La plu» grande partie du plomb peut être brûlée dans un appareil analogue aux fours destiné.» à la liquation du cuivre argentifère. Seulement ici les pains de platine plombifère, tournis à l’action d'une flamme oxydante et dont la température est très-élevée, laissent transsuder des gouttelettes de litbarge et so transforment enfin en un gâteau en fjrme de ehou-flour qu’on n’a plus qu’à fondre après l’avoir mis an fragmenta.

funoii dm platine. — — La fusion et l’ affinage du platine devront se faire dans des fours contenant 45 à 20 kilogrammes do platine. En versant dans lo mémo moule la matière fondue dans trois ou quatre do ces four», on pourra obtenir des lingots de 60 1» 80 kilog., plut pesants par conséquent que les plus grosses pièces que l'ou ait jamais eu h faire én platine. D'ailleurs, rien n'edbpècuerà d'augmenter los dimensions de ces fours à fusion, qui, évidemment à cause de» principes de leur construction, peuvent recevoir des .dimensions illimitées ou largeur. 11 suffira de déterminer par l'expérience la profondeur qu'on devra donner aux buiu» de platine et peut-être aussi le nombre des tuyères à oxygène qu’il conviendra d’y pluccr.

Extraction du platine par simple fusion. — Rien n'est plus simple que de préparer, avec un miuerai de platine convenablement choisi, un alliage triple do platine, d'iridium et de rhodium, ayant toute» les qualité» du platine, avec l'avantage de présenter au peu plus do roldeur et une résistance sensiblement plus grande a l'action des réactifs et de la cholour.

Il e*t évident que si on enlève au minerai de platine toutes le» matières oxydables ou volatiles qu’il contient, on aura un alliage de platine, d'iridium et de rhodium. L’or, dont on peut priver lo minerai avant sou traitement, lo palladium, sont volatils, et si on les laissa dans la matière avant de la fondre, on les trouvera dans les fumées condensables. L'osmium se volatilisera ii l’état d'acide osmique. Lo cuivre, le for s’oxyderont, et si on les met eu contact avec la chaux, lo dernier formera un ferrite de chaux fusible. I-a plus grande partie du cuivre passera dans le» flammes.

Le tableau qui suit donne la composition de* alliages que fournissent ces minerais, quand on en a expulsé les parties oxydables et volatiles qui se rapportent aux miqerais le* plus importants.

s'empare de l'oxyde de fer pour le transformer en une matière fusible, laquelle s'imprégnera dons la chaux du four comme dans une coupelle. Ce fondant sera la . chaux èllc-mêmc, et il conviendra d'en employer une quantité égalo à la proportion de fer qui existe dans lo minerai.

En effet, la chaux a le même équivalent que lo fer, de sorte que pour obtenir la* combinaison Ir’OHTaO, spioclle ferrico-calcnire, il suffit do la moitié seulement de ln cbnux introduite comme fondant; le reste se com.

• MATir.nr.s.

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