‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 205 sur 394 · L. ORANDKAU · texte numérisé non relu

L. ORANDKAU

PLONGEUR (cloche DK)et appareils pour travailler tous l’eau. — M. de la Goarncrie a publié dans lo rapport du jury de l'Exposition de 1855 des renseignements historiques sur les inventions qui se sont fait successivement jour. Nous reproduirons ici une grande partie do cette intéressante étude.

En 1665, un mécanicien dont le nom n’a pas été. conservé retira trois canons de l'un des vaisseaux de l' Armada, qui était coulé, depuis soixante dix -sept au*, dans an port de i'Ue de Mali, voisine des côtes occidentales do la Ecosse. 11 se fenrit d’un appareil a plonger composé d'un escabeau sur lequel il se tenait debout, et d’une cloche qui couvrait la partie supérieure de son corps. * *

Saint-Clair fit connaître ce travail avec quclquea détails ( Georgil Sinrlari Art nova et magna gravi tatis et levitatis; Roterodami , 4669, lib. II, dial. v). Sou récit .fit une grande sensation. Stunn présenta la cloche à plonger comme une des plus grandes découvertes du dix-septième ftiècle ; il en composa un dessin d'après la description de Ha i ut- Clair ( Col leyium expérimentais •, Norimhergæ, 1676).

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Cependant Sturm, ayant étudié ta question avec plus de soin, reconnut que l'on s'était déjà servi de cloches pour plonger; il le prouva par des textes de Bacon, de Taitnier et d’Aristote. (Tentam. Collegii curioti gu.rd. Append.).

François Bacon avait en effet parlé, eu 4G20, de cuves en métal que l'un descendait renversées au fond de l'eau. Elles étaient soutenues par trois pieds d’une longueur un peu moindre que la hauteur d'un homme. !,cs plongeurs, au lien de remonter à chaque instant à la surface de l’eau, allaient y reprendre haleine, et recommençaient leurs opérations. (.Yoc. Organ ., lib. II, aphor. l.)

Taisnior dit avoir vu, en 1538, deux Grecs plonger ii Tolède, dans les eaux rapides du Tnge, en présence de Charles-Quint et de près de dix mille spectateurs , sans pc mouiller et sans éteindre un feu qu'ils portaient. Ils «'étaient servis d'un vaste chaudron < acabue) renversé, suspendu à des cordes , et portant un plancher dans son intérieur. (Oputc. perpétua mnnoria dignitiimum ...de âtotu celernmo; Colonie, t56i. )

Enfin, du temps d'Aristote, on employait des cloches pour porter de l'air aux hommes qui travaillaient sous l’eau à la récolte des éponges.

Le Journal de» Sacante reproduisit le dessin de Sturm et résuma sa dissertation (numéro dti 31 janvier 1678). Dès que son article eut paru, Panthot, médecin a Lyon, écrivit an rédacteur qu il avait vu une cloche fonctionlier avec succès dans le port do Cadaques, eu Catalogne, pour retirer des piastres de navires coulés. Elle était de bois avec cercles de fer; de gros boulets suspendus ii sou bord formaient le lest nécessaire à l’immersion. Deux Maures s’en servaient alternativement. Un dessin accompagne la lettre de Panthot, que l'on trouve dans le numéro du journal du 4 avril 1678.

Presque tou* les savants qui se sont occupés de philosophie naturelle à la fin du dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième ont parlé de la cloche à plonger; plusieurs In représentent comme un appareil assez fréquemment employé , mais on ne trouve aucun lait nouveau dans leurs livres ; il faut toujours revenir aux Grecs do Tolède, aux Maures de Caduques et au mécanicien de l’ile de Mull. Robert Boy le dit cependant que deux personnes «'étaient servi do cloches pour de» explorations, l’une sur les côtes do l’Afrique, l’autre dans los régions du Nord. ! Belot inné about ihe bot loin nf Ihe teoy section II.)

L'air n'était pas renouvelé dans ccs appareils, et, par suite, il fallait les remonter souvent. Jlalley proposa de les alimenter par des seaux renversés dont on mirait composé des norias à air. Il indique, pour permettre au plongeur do travailler hors de la cloche, une espèce de scaphandre communiquant avec elle par un tube flexible. ( Phil . frans., vol. XXIX , p. 492, et vol. XXXI, p. 177.) Nous ne nous arrêterons pas aux dispositions proposées par HnHey, parce que nous croyons qu'elle» ont été peu employées.

En 1788, Smcaton employa à Kamsgatc une cloche en fonte pour enlever dos pierres couvertes de 9 à 1U pied* (de 2® ,74 à 3™, 04) d'eau. Elle avait 4 pied*

6 pouces (l®,37) de longueur et de hauteur, et 3 pied* (91 cent.) de largeur. Son poids était suffis ut pour déterminer l'immersion. Une pompe pincée dans un bateau lui envoyait un courant d’air. C’est la première fois que nous trouvons cette disposition, qui n rte si fréquemment employée depuis cette époque.

Rcnnie se servit d’une cloche analogue à celle do Smcaton pour la fondation des quais de Sheerness à

7 et 8 mètres sous l’eau, et de la jetée de Howth à 30 pieds.

La manœuvre a été perfectionnée, mais les cloches olles-raéme» n'ont reçu, depuis £ menton, que pou de modifications. On a continué de les faire en fonte; ce

pendant celles de bois n’ont jamais été abandonnées entièrement. M. Rende] en a employé une de ce genre, il y a quelques années, pour les fondations du pont de Lury, près Çlymouth.

Les cloches ont rendu de grands services pour les travaux ; mais elles ne peuvent contenir qu’un petit nombre d'ouvrier», quatre au plus, et leur manœuvre, toujours difficile, devient dangereuse quand le courant est un peu rupidc.

Bateau <i air. — Dès 1778, Coulomb avait proposé, pour les petites profondeur», un bateau dont la partie centrale crtt été disposée en forme de cloche : on l’aurait échoué »ur lo lieu du travail. Un bateau à air (c’est ainsi que Coulomb a nommé cet appareil a été construit en 1845 pour des déblais de roeber dans la passe d'entrée du port du Croisic; il portuit une machine à vapeur, et des pompes pour la compression de l'air.

On obtenait le lest nécessaire pour déterminer l’échouage et résister à la sous-pression, en laissant l'eau entrer dans une caisse qui formait la partie inférieure du bateau autour do la cloche. Pour la mise à flot , on refoulnit la plus grande partie de l'eau en faisant agir sur elle l’air comprimé : la machine à vapeur achevait l'épuisement. On échouait le bateau au jusant, on le relevait au flot ; les manœuvres étaient faites très-rapidement. Cet appareil a donné de bon* résultats pour des travaux à 2>»,25 sons l'eau dans un courant trèsrapide. Dans le* année» 1848 et 1849, M. Cavé a fait, pour le Nil et pour la Seine, des bateaux a air qui restent à flot pendant le travail. Un tube télescopique prolonge la cloche jusqu'à une profondeur de 4”, 75; il est relié à elle par une nappe en cuir qui so déroule suivant son abaissement et arrête le passage de l'air. La sous-pression e*t détruite par une simple diminution du déplacement. Une chambre intermédiaire, qui fonctionne comme uu sas, permet de communiquer avec In cloche sans interrompre le travail : cette disposition avait été indiquée par Coulomb et a été réalisée par M. Triger dan? scs travaux remarquables.

Les bateaux à air sont de bons appareils pour les petites profondeur» ; ils permettent de descendra sous l’eau un atelier un peu nombreux : ln chambre de travail des bateaux du Nil a une section de 40 mètres carrés. Dans les rivières , U paraît préférable do les tenir à flot; mais, à la mer, il est bon de les échouer pour le» assujettir fortement contra los courants des marées et l’agitation de l’eau.

Non* empruntons lu description du bateau de M. Cavé à M. Mongol qui l’a fait construire pour los grands travaux du barrage du Nil.

L’appareil se compose :

4° D’un bateau en tôle de 5 millimètres d’épaisseur, ayant 33 mètre» de longueur sur 10®, 30 de largeur.

11 a dans son milieu une ouverture de 8 mètres de longueur sur 6 mètres de largeur, un peu arrondie dans les angle». Cette ouverture, servaut de fourreau à la cloche, est revécue do montants en bois trèarapprochés, qui sont comme de* guide?, pour empêcher la cloche de su déverser dans le sens du courant du fleuve.

2* D’une grande chambre en tôle de 15 mètres do longueur et 5,n.40 de hauteur, dite chambre à air. et d’une antichambre, également en tôle, qu'on peut appeler rrluse à air , car elle sert à passer de la pression extérieure à la pression intérieure, au moyen de deux robinet* communiquant l’un avec l’intérieur et l’autre avec l’extérieur. La chambre à air est consolidée' par des montants en bois, de» tirants et de* boulons en fer; elle a nne galerie supérieure sur laquelle sont fixés deux forts treuil» pour monter ou descendre la cloche, qui n ofit autre chose qu’une caisse en. tfde de 5 millimètre», ouverte par le bas et par le haut.

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Vis-à-vis do ces deux treuils il y on a deux autre* plus petits pour mouvoir des matériaux.

L’intérieur de la c hambre à air est éclairé par une série de lentilles placées tant sur le toit que contre les parois verticales.

Pour empêcher les faites d’air entre la cloche et son fonrrean, une chemise en cuir gras est fixée d'une part au fourreau et de l'autre h la cloche.

3" D’une machine h vapeur de la forco de dix chevaux, donnant le mouvement à une pompe h air aspirante et foulante qui communique par un tuyau avec lu chambre. 11 y a également deux pompes h eau aspirantes et foulantes, dont on fixe les tiges au balancier quand on veut employer le bateau aux épuise* monts.

11 y a, en outre, deux cadres indicateurs qui, dans leur mouvement rotatif, agitent une sonnette; ils sont destinés h communiquer, l'un avec le machiniste, 1 autre avec le chef do manoeuvre. Enfin, quand on veut cesser le travail, il y a un disque circulaire qui s’ouvre nu moyen d'un levier et laisse échapper l’air comprimé.

On n’a pu dépasser, avec ce bateau, une profondeur de 4", 75; au delà, les parois de ce bateau commencent à fléchir, et par l’eiïct de la pression il se faisait de telles pertes d’air par les ceintures des boulons et des cornières qu’on ne gagnait plus rien. Pour lui donner nnc résistance suffisante à l’action de l'air comprimé, il a fallu lui donner un fort lest, ce qni a été fuit en pinçant 280 tonneaux de gueuses, de manière a lui fuire caler 1 “,10 d'eau.

Quant aux avantages do ce système pour les travaux en lit de rivière, ils sont évidents :

On peut faire travailler à la fois 40 ouvriers a l'aise à de petites profondeurs, et par suite exécuter rapidement des travaux considérables. Le bateau forme 1»Atardeuu pour fonder facilement des piles de pont, dans des cas où la nature sablonneuse du r-ol rendrait trèsdifficile ou même impossible l’exécution de batardeaux à demeure, toujours plus coûteux.

;Y autilus. — L’emploi de l'air comprimé, non-seulement pour empêcher l'eau de pénétrer dans un espace, mais encore comme moyen d’immersion ou d’émersion, comme force motrice communiquée à distance , n été

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cieuses pour les constructions hydrauliques h de grande* profondeurs.

Cet appareil est représenté en élévation fig. 3686, et en coupe fig. 3687.

Le nautilus se compose essentiellement d’une capacité plus ou moins grande, dau9 laquelle sc placent les ouvriers, entourée d'antres capacités plus petites dans lesquelles on peut, à volonté, faire pénétrer du l'eau ou de l'air. On comprend dès lors que cct appareil peut flotter à la surfaco de l’eau ou descendre à la profondeur nécessaire, selon que ce volume d’air est plus ou moins considérable.

Un tuyau flexible solidement construit met lappareil eu communication avec un vaste réservoir d’air comprimé, placé à bord d’un ponton ordinaire. Unu machine à vapeur de six chevaux, installée snr le même ponton, met eu jeu la pompe foulante qui alimente ce réservoir d’air comprimé.

Le mouvement de la machine est extrêmement simple. Un grand trou d’homme placé à sa partie supérieure permet d’y pénétrer facilement, comme dans la cale d'un navire ordinaire, lorsqu’elle flotte à la surface tic l'eau. On ferme cotte ouverture aussitôt que les hommes, les matériaux et les outils sont entrés dans la machine. A l’aide de robinets dont la disposition est facile à concevoir, le conducteur du nauti- Itis, placé à l'intérieur, fait aussitôt pénétrer assez d eau dans les chambres à air pour que la machine s'immerge. I-a marche du manomètre lui indique à chaque instant la profondeur à laquelle il so trouve, et lui permet de régler la vitesse de la descente en augmentant ou en diminuant le volume d'eau des chambres h air.

Lorsque l'appareil est arrivé au fond de l’eau, on fait pénétrer, dans la chambre do travail, de l'air à une pression précisément égale h celle qui répond à la profondeur à laquelle on so trouve, co qu'un second manomètre permet facilement de reconnaître. On peut alors, sans craindre de voir l’eau pénétrer dans la cloche, enlever la partie mobile du plancher qui forme le fond de l'appareil, et travailler sur le sol comme on le ferait à la surface de la terre.

Le nautilus n'est point suspendu à son ponton, comme les cloches à plongeur ordinaires; il ne com-

fait, fort heureusement pour améliorer la cloche h plongeur' par des inventenrs américains, MM. llallett et Williamson. Leur appareil, auquel iU ont donné le nom de nautilus, parait susceptible d'applications pré-

mimique avec lui que par le tuyau flexible, tenu toujours très-long, pour laissas, à la cloche toute liberté de mouvement. La mpturo de ce tuyau flexible ne compromettrait en rien, d’ailleurs, la sftreté des tra-

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vailleurs. En enlevant avec une petite pompe & main une partio de l’eau formant lost, l'appareil reviendrait de lui-même flotter à la surface.

Le nautilu» est retenu par trois ou quatre cordes fixées à de petites ancres, ou h d’autres points fixes. Ces cordos traversent de» boites à étoupes d'une formo spéciale et viennent s’enrouler sur des petits treuils placés dans la chambre do travail, de sorte que les ouvriers peuvent cnx-mGmes-sc transporter dans toutes les directions nécessaires.

Une des propriétés les plus utiles du nautilus est la possibilité de l’employer comme grue pour transporter dos fardeaux au fond de l’eau. Cette manœuvre est extrêmement facile ; on attache l’objet à une forte chaîne réunie à l’appareil ; pais on fait sortir des chambres à air un volume d’eau suffisant pour faire flotteT l'ensemble du système.

Quand il suffit de soulover la olochc de quclqufb centimètres, les ouvriers marchent sur le sol et poussent facilement l'appareil dans la direction voulue. Si l'on se maintenait à une certaine hauteur au-dessus du fond, on se baierait do l’intérieur de la chambre do travail à l’aide des cordes d’amarre. La machine actuelle peut soulever ainsi un poids do G tonnes 1,2, mais rien ne serait plus simple que de lui donner plus de puissance. A l'aide do cette machine, on peut donc exécuter h toute profondeur sous l'enu les travaux d'appareillage de maçonnerie les plus délicats. Rien ne serait plus facile, par exemple, que de faire des jetées à la mer, en blocs artificiels jointifs, maçonnés et rejointoyés entre eux, qui exigeraient un cube bien moins fort que nos jetées h blocs perdus, et seraient beaucoup moins nltégiblce qu’eux par l'action de l’eau salée.

Un grand nombre de dispositions très-ingénieuses sont réunies dans le mémo appareil pour lui permettre d'exécuter les différents travaux que réclame l’art de l'ingénieur. Nous n'en citerons ici qu’une seule. C’est uno petite machine à piston et à cylindre, fonctionnant à l’intérieur do la chambre de travail par l’nir comprimé. Ce moteur peut être employé à tous les travaux de force à exécuter sous l’eau, et, en particulier, & forer les trous de mines qu'elle creuse avec une grande facilité. Le moteur du ponton, sans autre transmission de mouvement qu’un tuyau flexible, envoie ainsi, prosquo sans perte, une partie de sa force au fond de l'eau, comme on le ferait à terre avec la courroie d’une locomobilo.

Scaphandre*. — Les cloches et les bateaux à air ont le grave inconvénient de ne pouvoir servir que quand les ouvriers doivent travailler sous leurs pieds.

Les scaphandres ont résolu le problèmo pour tous les genres de travaux.

Ces appareils sont fort anciens, dit M. La Gournerio, que nous allons encore citer. Dans un de ses célèbres manuscrits écrits à rebours, celui qui est coté B, Léonard de Vinci représente un scaphandre plongeur fait pour envelopper la tète et uno petite partie de la poitrine,, semblable, dit-il, à un appareil usité dons l'Inde pour la pêcbo des perlos. Un tube flexiblo fait communiquer l’air extériour avec l’atmosphère ; son extrémité est soutenue au-dessus de l'eau par un flotteur.

Cet appareil ne peut servir que pour de très-petites profondeurs, car le plongeur y respire de l’air à la pression atmosphérique. Coriolis pensait que la différence de pression entre l'air extérieur et celui de la poitrine no peut guère dépasser celle qui oorrespond à une colonne d'eau de 0“,60.

Dans le croquis de Léonard de Vinci, le flotteur est représenté & une hauteur do quatre hauteurs do tête environ an-dessus de la bouche. Venturi parle de cet

appareil, mais le dessin qu’il on donne diffère beaucoup de l'original.

On trouve dons le recneil de (Jerli deux dessins de scaphandres plongeurs, extraits de celui des cahiers do Léonard de Vinci qui est coté N, et qui appartient à la bibliothèque Amhrosienne. Le premier de ces appareils se compose d'un tube flexible ayant Tune do ses extrémités soutenue hors de l'eau par un flotteur, tandis que l’autre s’élargit et enveloppe la bouche do plongeur. Pour se servir de cet appareil, il faudrait faire les inspirations par la bouche et les expirations dans l’eau par le nez; on aurait alors de l'air toujours par, avantage que ne donne pas le scaphandre indien.

Le second appareil consiste en une outre (probablement cerclée) disposée comme ces larges cravates que l’on appelle cache-nez. La bouche s'ouvre dans son intérieur. Un aussi petit réservoir d'air ne peut être d’aucune utilité, car un homme exhale par minute près d’un quart de litre d’acide carbonique.

Saint-Clair dit, en parlant du plongeur de l’ile de Mail, qu’un tuyau en cuir ne lui amenait pas, à travers l'eau, l’air nécessaire à 6a respiration, mais qu'il en entraînait, à chaque descente, une quantité suffisante pour une heure presque entière. C« passage pourrait faire supposer que Saint-Clair counai&saitle scaphandre de la mer des Indes.

Du temps d'Unllov, on se servait quelquefois pour plonger d’on vêtement imperméable, composé, en partie, d'une armure, dont les joints étaient rendus étanches par du cuir. Deux tuyaux établissaient la communication avec l’atmosphère, et remplissaient, pour l’air, le rôle d’artère et de veine; on établissait le courant par des soufflets placés à l’extrémité de l’un d’eux. Cet appareil était trouvé convenable pour les petites profondeurs jusqu’à 12 et 46 pieds (3m,66 et 4*, 88) ; mais au delà, la pression de l’eau arrêtait la circulation du sang dans les membres.

On voit que l’on était arrêté, pour les scaphandres, par la difficulté de donner à l'air inspiré une pression assez grande ; tandis que, dans les cloches, comme le remarque Saint- Clair, l'équilibre s'établit spontanément entre les pressions qni agissent à l'intérieur et à l’extérieur.

Lorsque Smeaton eut employé des pompes pour refouler de l’air dans des cloches, l’idée aurait dû venir naturellement do s’en servir pour les scaphandres; cependant, on a pensé d’abord à un réservoir d’air comprimé ( Mechanic't Magazine ; 25 j une 4825). Les scaphandres avec courant d’air continu paraissent avoir t été employés pour la première fois en Amérique, d’où I ils ont été introduits en Angleterre vers 4830. Ce n’étaient alors que de simples casques. MM. Dean et Siebe ajoutèrent, en 4837, nn vêtement imperméable analogue à celui dont parle Halley. Les scaphandres ont pris alors une grande importance. Maintenant la quantité d’air qui enveloppe le corps du plongeur est assez grande pour que sa vie ne coure aucun danger, si le jeu des pompes est interrompu pendant quelques instants, et tout son corps est à la même température; do graves accidents arrivaient quand la tête était entourée d’un air échauffé par la compression, et qu’une grande partie du corps était dans une eau plus ou moins froide.

Des perfectionnements ont été apportés aux oculaires, aux soupapes, à la composition du vêtement et aux pompes.

Ces appareils 6ont d’une manœuvre assez facile pour qu’on les regarde comme donnant à l’ingénieur un nouveau procédé de fondation. On s’en est servi avec succès au nouveau môle d’Aurigny, pour commencer les maçonneries sous l’eau.

Dans les travaux du pont de Tarascon, les plongeurs

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travaillaient par relais do cinq heures. Deux d’entroeux étaient alimentés d’air par la môme pompe, et faisaient la moitié du travail que l'on eût obtenu de l'un d’eux hors de l’eau.

Le scaphandre se compose :

4'» D’une pompo à air contenue dans une caisse de 0«,60 à 0,80 de côté, dont le poids ost de 425 kilog. environ ;

2° D'une autre caisse contenant des son! iers plombés, des plaques de plomb et des vêtements de laine ;

3° D’un vêtement imperméable en caoutchouc d’une seule pièce, qui part du milieu du dos et couvre tout le corps en formant un pantalon à pieds ; ,

4* D’une épaulière en métal, dont le collet circulaire porte un pas de vit, et la partie inférieure un système de bandelettes en cuivre qui sert à fixer le haut du vêtement imperméable;

5° D’on casque en métal, de forme ovoïde, dont la hauteur est de 001, 33 et lu largeur 0m,27. La partie inférieure du casque, à la hauteur du col, est ouverte circulairement, et porto un écrou en métal qui s’adapte au pas de vis de l'épaulièro et permet la réunion complète du casque an vêtement imperméable. I.n face du casque est munie à hauteur des yenx de deux carreaux fixes en verre fort épais de 0“,43 de diamètre; à la hauteur de la bouche existe aussi un carreau mobile de même diamètre, qui est placé dans un châssis en métal formant le pas d’uno vis dont l’ouverture du casque forme l’écrou ; ou bien un simple robinet, co qui permet au plongeur do respirer librement sitôt sa sortie de l'eau. Ces carreaux sont préservés des chocs par do petites grilles en métal.

Le conduit d’aspiration d'air pur et celui de décharge de l’air vicié sont formés à l’intérieur du casque par de petits canaux placés autour des carreaux ; l’air pur arrive par le dessus ; lo calque ost muni à cet effet d'un pas de vis oui reçoit l'écrou d’un tuyau en caoutchouc do 0*»,035 de diamètre, au moyen duquel la pompe envoie l’air pur ; l’air vicié sort par une petite soupapo dont la fermeture s’opère sans permettre à l’eau de rentrer.

Dans les scaphandres do M. Heinke, la soupape do sortie do l’air est entourée d'un étui qui l’ouvre ou la ferme hermétiquement à la volonté du plongeur. Le vêtement, quand la soupape est fermée, se gonfle de tout l'air qui arrive, et bientôt le plongeur, rendu ainsi plus léger que l'eau, monte à la surface. S'il est en danger au fond, si scs signaux sont mal compris, il dépend toujours de lui de reparaître à la surface. Il a encore la possibilité do descendre dans l'eau aussi lentement qu’il le désire, tandis qu'avec les autres appareils, entraîné par les poids énormes à l'aide desquels on assure une immersion durable, il est maintenu au fond jusqu'à ce qu’on le soulage à l’aide do la corde attachée autour de son corps.

Nous avons vu que pendant plus de deux siècles les scaphandres n avnient pu être utilement employés, parce qu’on ne savait pas donner une tension assez grande à l'air intérieur. Maintenant que cette difficulté est vaincue, quelquos personnes cherchent à faire respirer aux plongeurs de l’air suffisamment renouvelé, mais maintenu à la pression atmosphérique, et des brevets d'invention ont été pris pour des dispositions que l’on dit propres à atteindre ce but. Il n’est donc pas hors de propos de rappeler les travaux qui ont été faits sar les corps immergés.

Comment se fait- il qu’un homme qui plongo h do grandes profondeurs no soit pas écrasé par la pression? Cotte question, moins simple qu’il ne semble au premier abord, a été examinée au dix-septième siècle. £ té vin s’en occupe dans son Art potideratre; Descurtos dans une lettre au P. Merscnno, et ce pèro dans scs Phénomènes hydrauliques. Pascal l'étudie dans lo Ttaili

de l équilibre des liqueurs. Il propose de jeter une mou che dans de l’eau tiède que l'on comprimerait fortement : l'insecto ne de%Tait éprouver aucune lésion. Boyle, ayant tenté l’expéricuco sur des têtards, les vit so mouvoir librement dans do l'eau, sous des pressions correspondantes à des profondeurs do 200 et de 300 pieds (G01», 96 et 9lm,4i); leur volume paraissait seulement un peu diminué. (Hydrost. Pnrad ., Appen. h.)

Ces expériences et ces études montrèrent qu'un plongeur no recevait aucune lésion, parce que les charges se faisaient équilibre sur son corps ; mais il faut pour cela que l’air contenu danB les cavités intérieures puisse être amené, parla diminution du volume, à une pression égale à celle du milieu. Il est facile de reconnaître que les organes sc prêtent parfaitement au resserrement nécessaire, pour les profondeurs auxquelles il est constaté que des hommes sont parvenus sans appareil.

On no peut estimer à moins de 1 32 pouces cubes (2163 cent, cub.) le volume d’air que contient la poitrino d’uu homme lorsqu’il se lance à l’eau après uno inspiration (Voir la Physiologie de Muller , traduction de M. Jourdan, vol. I, p. 217.) La contractilité des organes est telle que ce volume peut être réduit, sam lésion et sans doulenr, à 35 pouce» cubes (573 centimètres cubes), ou environ au quart. La pression de l’air inspiré peut donc être portée à quatre atmosphères par la compression, et la chaleur de6 poumons vient oncorc l’augmenter»

Nous n'avons eu égard qu'au volume de la cage thoracique, mais celui des cavités contiguës (trachée, larynx, etc.) peut aussi être diminué, surtout si le plongeur admet une certaine quantité d’eau dans sa bouche. Ou voit donc que lorsqu'un homme plongo sans appareil, la pression de l'air contenu dans sa poitrine peut faire parfaitement équilibre à celle do l’eau, jusqu'à 30 mètres et plus au-dessous de sa surface.

I*e fait bien constaté que des hommes peuvent descendre à de grandes profondeurs en eau libre ne prouve donc pas que la pression dans la poitrine puisée être très-inferieure à celle du milieu. On dit que cortains appareils permettent aux plongeurs de respirer impunément do l’air à la tension atmosphérique, sous 30 mètres d’eau. Nous supposons qu’il y a quelque malentendu. Si le fait est certain, il faudra chercher comment, dans le corps d’un homme, les parois des cavités peuvent supporter des pressions de trois atmosphères, et quelle force permet aux membranes déli catcs des capillaires des cellules du poumon do résister dans le conflit de l’air à la pression atmosphérique et du sang, qui, circulant dans dos organes comprimés,

( doit être à une tension élevée.

Bateaux plongeurs. — Bacon parle do ces appareils. Boyle raconte les merveilleux essais de navigation sousmarino de Cornélius Drcbell, qui plongeait dans la Tamise avec un bateau contenant douze rameurs et des passagers. Quand leur respiration commençait à altérer l’air confiné, Drcbell lo révivifiait par les émanations d'une liqueur dont il n'a révélé à personne la composition. (New Expérimenté physico-mechanical.)

1,0 P. Merscnno a proposé pour naviguer sons l’eau un appareil qui n’a jamais été exécuté (Ars uatigandi super tt sut» aquisj. Le P. Schott nous apprend que do son temps on disait d'un prqjui étudié avec quelque science, mais qui cependant n’aurait pu être réalisé, que c’était le bateau do Mcrsenne. (Tedinie* euriosa.) . . -

M. Payent® a obtenu à l'Exposition do 4849 une médaille d’argeut pour un bateau plongeur.

PLONGEUR

POUSSAGE.

Le premier bateau que construisit M. Payerne, et . qu'il appelle bateau- plongeur ou bateau *ous-marin, avait 9 mètres de long et 4 métros de large ; il était * construit en fer chaudronné à rivets, ayant supporté I par voie d'écartomcnt une pression do plus de 8 atmosphères; sa formo était ovoïde; la partie supérieure portait le trou d'homme pouvant se fermer hermétiquement avec des vis, et des verres lenticulaires trèsépais destinés à donner de la lumière. 11 déplaçait 37 mètres cubes d'eau, soit 37,000 kilog., et il pouvait descendre à une grande profondeur; mais ayant éphmvé quelques avaries, il ne fut pas jugé prudent do dépasser habituellement celle du 8 mètres.

En 4847, il fut employé avec succès & l'extraction d'tme roche «lare, do 58 métros cubes, qui se trouvait dans le port de Brest, on avant de lu cale où était alors en construction le vaisseau de premier rang le Valmy ; il fallut pour co travail descendre jusqu'à 12 métros de profondeur.

En 1819, lo mémo bateau-plongeur fut occupé dans In Seine à l'enlèvement de l'ancien l'ont-au-Double. Enfin, en 4852, il fut envoyé à Cherbourg, pour travailler à l'approfondissement du port Chauteroiue.

En 4853, ce même bnteau, qui ne pouvait contenir que quatre travailleurs, fat coupé en deux ponr être agrandi par l'intercalation d’une chambre de travail ponvAnt renfermer douze hommes. 11 eut alors 45 mètres de long, et c’est ainsi qu'il enlève à Cherbourg, où il fonctionne, avec des con:re-tnoHres et de» ouvriers peu dressés ù ce genre do travail, 4 mètre cube do roche granitique par jonr.

Avant l’immersion, on comprime de l’air dans les compartiments extrême-, et les plongeurs s'enferment dans la chambre du milieu. Cola fait, on foulo de l'eaa dans les compartiments extrêmes, dont l'air se rend dans la chambre intermédiaire supérieure, et, par suite do l'augmentation do poids duo à cotte eau, l'appareil s’ immerge progressivement. Arrivé sur lo fond, ou ouvre la porte do la cloison horizontale, l’air comprimé refoule l'eau de la chambra inférieure, et les ouvriers

descendant pour travailler. On maintient l’air de appareil à l’état respirable en lo faisant passer, à l'uido d'un fort soufflet, dans une dissolution alcaline. La tuyère de co soufflet ost munie d’une pomma d'arrosoir, laquelle, divisant l'air en petits filet-*, le met ou contact intime avec la dissolution. Cest le seul système avec lequel on puisse rester plusieurs heures, fans communication avec l’air extérieur, et cola sans inconvénient.

M le docteur Payerne voulait aller pins loin ; il prétendait construire un nouveau bnteau plongeur à hélice, mû par la vapeur.

Dans le foyer, hermétiquement clos, il proposait de faire brûler le combustible dont il voulait faire usage, en le mêlant avec un corps oxygéné, tel que l'azotate de soude ou do potasso, ponr suppléer à la suppression complète du courant d’air. Un entonnoir, garni d’un robinet à dé , transmet au foyer les boules du combustible dosé d'azotate, pour donner issue à ln flamme. Les gaz do combustion s'échappent en soulevant par leur propre tension la soupape, qui se referme aussitôt par la pesanteur dé la colonne atmosphériquo. La vapeur d’eau engondrôe dans une chaudière tubulaire ainsi chauffée so trouve donc dans les conditions nanelles. Ce système soulèverait bien des difficultés dans ln pratique, mais qui ne paraissent pas absolument insurmontables.

Pour le seul cas dos constructions où son bateau ait été employé, l’expérience semble avoir amené M. Payerne à reconnaître les avantages d'une forme pyramidale ; il sa rapproche ainsi beaucoup du nautilus dont cous avons parlé plus haut, et qui doit une grande partie do ses avautngo# h l'emploi do l'air comprimé,

, que les cnriauses expérience® do M. Payerne avaient , déjà amplement constatés.

I POUSSAGE DU M k RBRE l'T DES GLACES. Le | dressage des pierre» pour les grandes construction» monumentales des Romains, dit M. Poncelet, dans sa belle Étude but ïhittoire de» machine* moderne », publiée à l'occasion do l'Exposition universelle de I-ondres, s’opérait probablement, comme aujourd'hui chez certains de nos marbriers et fabricants de miroirs, en faisant osciller, monvoir en tous sens, rectilignement et r rculairement, avec interposition d’eau et de sable on de poudre osante quelconque, à divers degrés de finesse, une pierre, une dalle de même nature, mais de moindre échantillon, nommée moellon, h la surface supérieure horizontale de la pièce principale, mise en place on calée, scellée au besoin avec du pliltrc, sur uno table, une plate forme d'nppni solide, dont la surface doit être elle-même parfaitement dressée, quand on la destine à recevoir une ou plusieurs dalles minces et jointives, telle- que des glaces do miroir, par>exemple.

Dans la marbrerie ordinaire, comme on sait, mais surtout quand le sciage mécnnique ou à bras a été bien exécuté, on se contente aujourd’hui encore de dresser, doucir ainsi, sans beaucoup de (Vais, la surface supérieure des pierres par le frottage d'un petit moellon dont la rotation sur lui -même est indispensable pour éviter le creusement mntnel des surfaces qni, dans le simple glissement rectiligne, amène le milieu plus fréquemment en contact que les extrémités. Mais, quand il s’agit d'obtenir des surfaces parfaitement plane», ees moyens deviennent insuffisants, et c’est ce oui a lieu notamment pour le dressage des pierres lithographiques, où l'on mj sert d'un petit moellon à châssis en fonto, percé à jour pour recevoir, à la surface supérieure, le mélange d’eau et de poudre de grès versé de loin en loin par l'ouvrier, qui en même temps promène et fait pirouetter le châssis moellon en agissant sur la manette excentrique dont il est surmonté verticalement. Toutefois, le résultat de co long et pénible travail serait imparfait encore si l’on ne faisait frotter l'une sur l'autre, dans des conditions pareilles et avec des pondre» tuantes extra-fines, etc., deux pierres lithographiques déjà préparées isolément à l'uido de cet ingénieux procédé.

i*auf l'état plus avancé du dégrossissement préalable des surfaces et les moyens do vérification, de repérage par la coloration et l'application do règles parfaitement vérifiées, c’est aussi, si je ne me trompe, le procédé employé aujourd'hui même pour le finissage, le moirage ou le polissage do surface» métalliques obtenues à l'aide des planeuscs à outil fixe et chariot portepièce mobile dan* le genre de celles exposées û Jjjndres par M. Whitworth, notamment quand il s'agit de marbre», de platines à dresser les formes d'imprimerie, etc., dont cet bubile ingénieur a mie do remarquable» spécimens sous les yeux du public. Mai» les procédés, facilement applicables aux surfaces épaisses et résistantes de la fonte, ne sauraient évidemment convenir nu dressage de très-grandes plaques minces et fragile».

Pour les grandes glaces en particulier, le moellon on traîneau adoucir, autrefois composé d’un châssis mobile on charpente , convenablement chargé et muni en dessons de sa petite glace, etc., se trouvait lié à une largo jante circulaire par des rois en bois léger, constituant la labié à roue , qno doux homme* vigoureux promenaient ctfaisaicnt tourner sur elle-même le long do la grande table support ou bnne fixe, dont le» rebords, parfaitement dressés dans nn même plan, servaient à diriger par glissement les rais çt les jantes de là roue. Cette manœuvre, en apparence grossière . quand elle n’est point accompagnée, lors du retournement do la glaco, do moyens do vérification et de repérage itidnpcnMibloF pour uesurvr le parallélisme , lo

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