‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 206 sur 394 · POLISSAGE · texte numérisé non relu

POLISSAGE

POUSSAGE.

parfait dégauchisscment des deux faces , cette manœuvre était employée, longtemps après 1 809, an faubourg Saint- Antoine, fi Paris, dans un établissement appartenant à la manufacture des glaces de Saint-Gobain, bien qu'on se servit déjà h Saint-Ildéfonse, en Espagne, et sans donto ailleurs encore, de diverses machines à moteurs hydrauliques, dont le principal caractère consistait h procurer à un traîneau unique ou & une série de petits moellons, surmontés de manettes excentriques, rangés en ligne droite, à côté ou au-dessus les uns des autres, un mouvement de glissement et de rotation simultanés le long «les tables ou bancs h dresser, au moyen d’équipages de tringles , de tirants ou bielles à manivelle, compris dans des plans verticaux distincts et dont le va-et-vient était transmis h l'axe du traîneau ou aux manettes des moellons, tantôt par d'autres tringles transversales , tantôt par des cordons croisés sur un tambour central, tantôt enfin par un rochet à dent de loup, de manière à obtenir automatiquement uno série do passes et repasses successives. Les résultats de celles-ci, vérifiés de loin en loin et en différents sens , par des procédés suffisants peut-être pour des glaces d’une petite étendue, ne l'étaient pas & beaucoup près pour de plus grandes, surtout h l’égard du gauchissement général ou du manque de parallélisme des faces, dont les fâcheux reflets , joints à ceux que produisaient do nombreuses stries ou ondulations , «'accusaient que trop les imperfections* du dressage aux yeux les moins exercés.

M. Dartigues, l'ancien membre du bureau consultatif de» arts et manufactures, fondateur des cristalleries do Vonècho et de Baccarat, parait être le premier en France qui se soit préoccupé, au point de vue mécanique, d’améliorer cet état de choses, dans un brevet d'invention du 13 mai 1820, rédigé d’une manière incomplète et obscure, mais dans lequel on aperçoit ce- >on<lant l'intention do precurer au traîneau ou rodoir e mouvement épicycloïdal indispensable, en le surmontnntd’un petit pignon placé entre deux crémaillères parallèles, établies transversalement swr les bords supérieurs ut opposés du banc-support, l'une momentanément fixe, l'autre mobile par va-et-vient longitudinal , tontes deux susceptibles de glisser parallèlement sur des guides ou règles do sonticu en fer fixées sur les longs côtés du banc, à uno hauteur exactement repérée nu moyen d'une vis à cadran , et eorrespomlant à l'épaisseur qu'il s'agit de donner successivement et définitivement K la glace doucio ou polie.

C'est aussi vers cette époquo que la manufacture de Saint-Gohain, dirigée par les conseils do feu Clément Désonne», le célèbre professeur de chimie industrielle nu Conservatoire des arts et métiers de Paris, munit ■es ateliers de machines à dresser construites on Angleterre par lo mécanicien Hall de Hartford, d'après un système plus ou moins analogue à ceux dont il vient d'être parlé, mais qu'il me serait impossible de préciser, gTéco au mystère dont co profitable monopolo aimo aujourd'hui encore h s’envelopper.

Dans un projet ou brevet eu date de mars 1826, M. Hoyau, Ingénieur mécanicien et graveur, plus particulièrement connu pour son ingénieuse petite mnehine à fabriquer los agrafes en ferétamé, s’est proposé d'obtenir un dressage pins parfait des grandes glaces nu moyen d’une machine dont l’idée principale, applicable même au dressage des surfaces métalliques et h la taille des verres d'optique do forme sphérique , conique ou cylindrique, consisto dans la rotatiou rapide d’un outil rodant quelconque, et, plus spécialement, d’un moellon ou disque frottant , mobile autour d’un axe emporté lui-mèine circulairemcnt autour d’un axe parallèle ou convergent, fixe ou lié à un dernier système d'axes pareil , tandis qne la pièce à raboter ou à dresser, placée sur un chariol*upport à rotatiou excentrique par rap-

port au système précédent , présente successivement tous ses point* à l’action de l'outil. C’est, comme on voit, la généralisation du principo du tour figuré appliquée au dressage mathématique des plus grandes surfaces solides.

Dans le cas spécialement réalisé par l'antour, des glaces de miroir ou dalles do marbre brutes sont placées sur un disquo circulaire horizontal en fonte, tournant à l’extrémité supérieure d'un arbre conique ou support vertical à pivot fixe, tandis que lo moellon, pareillement horizontal , mais surmonté d'une trémie alimentaire d’eau et de sable, est animé, au-dessus de ce disque, d’un double mouvement rotatoire, l’ua autour d’un arbre vertical situé à l’extrémité extérieure d’un volet ou châssis trapézoîde mobile sur charnières ou colliers, l'autre autour de l'arbre en fer vertical et fixe qui, servant d'axe inébranlable à ce* colliers, est situé au-dessus et extérieurement par rapport nu plateau-support do la pièco à drosser. L'arbre mobile du moellon -rodoir demeurant d'ailleurs à une distance invariable de l’arbre excentrique et parallèlo du vantail tournant , on conçoit comment il devient possible de communiquer simultanément à ce rodoir et au disquesupport, et cela pour toutes les positions arbitrairement donnée» au vantail , le mouvement rotatoire continu, tiré do celui d’un arbre moteur vertical et également extérieur au disque -support, par le moyen de roues dentées horizontales , do poulies à courroies sans fin , partant de ces arbres respectifs.

Toutefois, la disposition par laquolle l'arbre «lu rodoir et son équipage sont susceptibles d'être élevés, soutenus, à différentes hauteurs au-dessus dudlsquosupport , par le moyen d’une romaine h contre-poids de «iécharge et d’un npparoil à vis micrométrique on relation avec un cadran dont les divisions correspondent aux épaisseurs de la glace à «tresser ; cette disposition, il faut lo dire, présentait, quant à la solidité, n la précision dçs ajustements, de sérieuses difficultés ou imperfections auxquelles devaient se joindre «i’nntre» inconvénients relatifs h la mobilité, à l'instabilité du plntcuu ou chariot-support. Ces inconvénients expliquent In cause probable de l’abandon du système, malgré l’accueil qu’il a reçu en 1838 de notre Société d'encouragement; accueil fond«‘, sans doute,' sur le mérite dos idées théoriques do l'auteur et iea résultat* de quelques expériences favorables , exécutées , les unes sur deB dalles granitiques destinées au péristyle du Panthéon, les autres sur des pierres lithographiques de grande dimension présentées par M. Chevalier à l'Exposition française do 1834, enfin, les dernières sur divers morceaux do glaces de rebut, d'inégales épaisseurs , et qui , juxtaposées et scellées sur la plate-forme ou table tournante de la machine, furent promptement re«lressées, dégrossies par le moellon-rodoir.

Quant h appliquer un mécanisme aussi compliqué, aussi lourd et aussi colossal en hauteur ot en largeur . au rabotage des grandes pièces de fonte et au douci des grandes et fragiles glaces do miroir, colg devait offrir plus «F un genro do difficultés, qui n'ont pourtant pas empêché, si mes informations »ont exactes, le mécanicien Ranvcz d’en faire uno application plus on moins étendue au dressago des glaces de Cirey (Mearthe).

Ces difficultés expliquent, d’nn outre côté, comment M. Carillion, l'ancien ot très- estimable garde du génie à la brigade topographique, devenu, après 1815, lo collaborateur dos Dartigues et des Clémout Dcsormes, aujourd'hui ingénieur constructeur très-distingué à Paris, a été conduit, plusieurs années avant 1818, k composer, jiour les manufactures de glaces, en Franco et en Belgiquo , une machine à doucir qui réunit les avantages des anciennes plane uses à raboter la fonte

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