‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 207 sur 394 · POLISSAGE · texte numérisé non relu

POLISSAGE

POUSSAGE.

•le fer à ceux des rodoir* ordinairement employés au dressage de* glaces; jo veux dire des moellons tournant sur eux-mêmes pendant la translation qu’ils éprouvent longitudinalement ou transversalement à la pièce à dresser, dont les dimensions, souvent portées à trois mètres de largeur sur 6 et #7 mètres de longueur, devaient exclure tonte idée de mettre en œuvre les planouses anglaises à chariot porte-pièce, rectiligne et mobile, ponr y substituer le système à table ou banc fixe, d'après le principe déjà appliqué par MM. de Lamorinière et Mariette, au dressage des longues tables de fonte employées au coulage mémo des glaces dans la manufacture de Saint-Gobain. Ce banc, en effet, est ici composé d'un lit horizontal de pierres do taille jointives, drossées à leur superficie avec tout le soin possible, au moyen de la machine ellemême, pour y recevoir les glaces sur le côté uni , par lequel elles reposaient primitivement sur la sole plane do la table à couler, et être dégrossies ensuite parallèlement 6ur la face opposée, venue du coulage , plissée , ondulée irrégulièrement, malgré l'espèce do laminage qu'elle a primitivement subi, sur cotte même table, au moyen de lourds cylindres en fonte.

I^e banc en pierre dont il s’agit, porté sur des supports à châssis-console* eu fonte, reliés par des entretoises paredlos, est entouré d’escarpements, de rigoles également en fonte, où le résidu de l’oau et de la poudre usante va *o rendre de toutes parta, en s'échappant de dessous du rodoir ; ses longs côtés sont accompagnés extérieurement, et à une petite distance , de rail» ou règles triangulaires placées déboutât servant à guider, à soutenir des patius à coulisses que surmontent les fiasques verticales en fonte et à entretoises solides de l’équipage à chariot, mobile longitudinalement, qui porte a la fois les ronages et le système, mobile transversalement, du rodoir horizontal à trémie alimentaire et auget oscillant, susceptible, au moyen d’une romaine ou bascule à contre-poids curseur, d'être maintenu dans une sorte d’équilibre à la hauteur minimum réclamée par l'épaissour de la glace ou l'avancement du rodage aux divers instants du travail de la machine ; hauteur réglée d'ailleurs par le moyen de dentures et do vis micrométriques à cadran qui permettent d’atteindre jusqu’aux fractions de quinze centième# do millimètre. D’autre part, à l’aide d’un solide et ingénieux dispositif de support à plaque verticale et coulisses horizontales en fonte régnant dans tout l’intervalle compris entre les fiasques de l'équipage à chariot, le porte-rodoir lui-même, la roue d’angle qui en surmonte l’arbre vertical , leurs chaises ou porte coussinets, ceux mêmes de la romaine ou bascule do déchargo et du pignon engrené dans cette roue , dont le manchon , lu boite glisse, à rainure et languette, le long do l'arbre horizontal siipérieurqui reçoit, spontanément ou automatiquement, lo mouvement rotatoire du mécanisme à embrayage de friction de la machine; tout cet ensemble, dis-je, reçoit d'une crémaillère horizontale à fuseaux et pignon oscillant , qai rappelle celle des presses à calandres et d’imprimerie automatiquo, un mouvement parallèle transversal très-lent, dépendant du mouvement translatoire même du chariot le long de son banc à coulisses, et s'étendant h l'intervalle entier compris entre l'un et l'autre de ses flasques ou supports, c'cst-à-diro de manière que le rodoir puisse atteindre successivement, comme l'outil des planeuscs ordinaires, toutes les partie* ou bandes rectilignes parallèles dans lesquelles on peut concevoir la glace décomposée dans le sens de la longuour du banc.

Quant an mécanisme qui imprime le mouvement à l'équipage et aux divers organes du chariot, il consiste dans un courant de lanières ou cordons sans fin passant sur uno pairo do poulies verticales fixes, l’une motrice, l'autre de renvoi, placées en dehors et aux deux extré-

mités du banc ou de la course du chariot , et venant embrasser, extérieurement et intérieurement, deux autres poulies verticale* sans gorge , dont les arbres horizontaux, montés sur co chariot parallèlement à ses entretoises et cheminant avec lui le long des rails ou du banc , impriment lo mouvement rotatif, d'un côté, au manchon d'embrayage do l’arbre moteur horizontal du rodoir, de l'autre, à un équipage de roues dentées ou à courroies motrices, dont lot arbres, parallèles aux précédents, donnent le va-et-viont, soit intérieurement a la crémaillère à chevilles du porte-rodoir glissant sur ses coulisses horizontales, soit extérieurement aux flasques à patins dn chariot, par dos roues d'angle qui mettent en action de petits pignons à arbres verticaux engrenant le long de crémaillères dentées horizontales, fixées latéralement ou extérieuremeut aux chapeaux des consoles de soutien du banc à dresser, et par lesquelles la marche , progressive ou rétrograde, mais très lente, est imprimée au chariot, tandis que ses alternatives d'aller et de retour sont réglées par les basculement* d’un augot h boule roulante, qae des cliquets à cames fixes ou foc*, placés aux extrémités de sa course, viennent alternativement pousser.

Il sorait nécessaire de compléter cette rapide description par celle de plusieurs autres ingénieuses dispositions de détail qui, no se rencontrant pas dans les anciennes planeuscs anglaises ou françaises, offraient toutes de très-grfndcs difficultés à vaincre dans la nouvelle combinaison des pièces; mais cette description, tout imparfaite qu'elle soit, doit suffire, sons autre démonstration , pour convaincre quo ce genre de machines, d’une puissance et d’une précision très-remarquables, a atteint uno supériorité incontestable entre les mains habiles et savantes de M. Carillion,' jugé digne de 1a médaillo d’or à l'Exposition française de 1849, pour l'ensemble de ses travaux, et qui, successeur on quelque sorte de l’honorable M. Pihet, le vétéran de nos grands constructeurs de machines, a rendu de particuliers services aux manufactures de glaces, en les dotant d'utiles appareils pour le laminage, le transport, lo retournement do ces glaces, sources, jusquelà, de tant de fatigues et de dangers pour les ouvriers.

Quoique beaucoup d'établissements, en France ou à l’étranger, soient tentés do n'accorder qu'un assez faible intérêt ou mérite industriel à clos perfectionnements de cette espèce, parce qu'ils apportent, comme la machine même ci-dessus, plutôt des moyens de sûreté et de précision mathématique qu'une forte et appréciablo réduction de prix dans les travaux et les produit* des manufactures; néanmoins on doit espérer que le sentiment public et le goût de plus eu plus sévère et épuré des consommateurs ne tarderont pas à répandra, à consacrer les belles et utiles conceptions mécaniques do l'ingénieur Carillion.

Dans la machine à polir les glaces qne M. Carillion a mise à l'Exposition de 1855, le mouvement de va-etvient des polissoirs doit être donné par une machine à vapeur horizontale do 1a force de six chevaux ; l’amplitude de co mouvement doit être de 80 centimètres ; la translation do la pierre a lieu au moyen d'une série d'engrenages et d’une crémaillère ; la pierre est transportée de 5 millimètres pour deux mouvements de polissoirs.

I/ouvricr qui conduit la tnachiue est complètement le maître de co mouvement; il peut rendre la pierre immobile, si cela est nécessaire, et faire mouvoir les polissoirs, soit à droite, soit à gauche, à sa volonté.

De temps en temps, c'est-à-dire environ toute* les quatre heures, il faut remettre les polissoirs en état, eu les imprégnnntde nouveau rouge (peroxyde de fer); il faut enlever los moins qui le* font mouvoir pour les retirer, et ccs moins reposent alors sur un support qui les empècho-de tonchor à la glace. .

Page 1