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PORTE- AMARRES

POTERIES

l'extrémité «l’un cordage. Proposé plusieurs foie, ce système fut, en Angleterre, l’objet do nombreuses expériences du capitaine Manby. Le projectile était un boulet armé d'un grappin ; la corde était lovée sur le sol en rond ou en zigzag dans une caisse. II. est bien clair que ce système rencontre un obstacle très-gnmd dans l’inertie de la cordc, qui doit so rompre pour peu que 1a vitesse du boulet, qui doit lui être communiquée immédiatement, est considérable. D’un antre côté, si cette vitesse est faible, elle est amortie prcM^uo aussitôt par la communication de mouvement à la corde et la résistance de l’air. Aussi, malgré quelques succès dan» les expérieuces, le système Manby était oublié quand M. Del vigne, l’ingénieux inventeur de la carabine Delvigne, fit connaître son porte -amarres dont nous emprunterons la description au Rapport du jury de 4855. Il se compose d’une enveloppe très-légère et de la corde servant à établir le va-et-vient, laquelle, roulée en bobine dans cette envoloppo, constitue le projectile et lui donne, h cause de »a forme allongée, un poids supérieur à celui d’une bombe ou d’un obus de même diamètre. Ce projectile se lance avec toute pièce d'artillerie dont on dispose. On le fait d'un calibre eu rapport avec celui de la pièce que l'on vent employer ; il sc lance comme k*s projectiles ordinaires, en fixant seulement près do la pièce l'extrémité de la corde, qui se dévide de la bobine renfermée dans l’enveloppe pendant su course.

Aussi, dnus son mouvement de translation, ce projectile n’éprouvo-t-il, nu lieu de la grande résistance due à l'cntralnement <lo la corde, que celle qui résulte du dévidoment intérieur, résistance qui est presque nulle.

En outre, à mesure que diminue la force d’impulsion qui lui a été communiquée i»ar l'explosion do la charge de poudre, la corde se dévide, et diminue graduellement le poids du projectile, jusqu'àco que, complètement vidé, il ne reste plus que l’enveloppe, qui, faite de bois et fennée à sa partie supérieure par un fort bouchon eu liège, flotte et forme une petite bouée que l’on peut facilement saisir, et qui, si elle tombe sur terro ou sur un navire, ne peut occasionner aucun Occident, à cause de sa légèreté.

Quant aux applications, elles sont aussi simples que nombreuses ; car, en outre du cas do naufrage, le porteamarres Del vigne peut simplifier des manœuvres longues et souvent difficiles, soit pour transmettre des dépêches entre deux navires, lorsque la mer est grosse et qu'il devient dangereux de hasarder une ombarcation, soit pour prendre une remorque, soit pour porter secours ù un homme tombé à la mer, en envoyant dans sa direction ce projectile flottant, qui peut le soutenir et lui donner une amarre pour le faire ramener h bord.

En outre de ces avantages, le prix de revient du porto-amarresesttrès-minime, et sa construction assez facile pour permettre de l’employer et de lo confectionner partout.

(/est lu surtout son avantage, et M. Dolvigno a ainsi rendu un service éminent & la navigation. Nous ne nous dissimulons pas cependant, d'une part, que la corde lancée jiar sou appareil est tres-minoo : elle c^t de 7 fi H millimètres de diamètre ; et en second lieu, que la bobine qui sort de projectile ne peut rester fixée sur le sol, là où elle tombe. 11 faut quelqu’un pour la saisir. En outre, la corde qu'elle n entraînée, qui est très-faible, ne peut servir que pour amener à terre uno autre corde plus forte, destinée à devenir le va-et-vient qui doit sauver les naufragés.

Vu autre système de po rte -amarres figurait aussi à l'Exposition, celui do M. Tremblay, capitaine d'artillerie de marine. Son appareil est plu» puissant que celui du M. Dolvigno. 11 consiste en un grappin en for, dont la verge est enveloppée d’un bourrelet en bois, et à rorganeltu duquel est fixée uno chaîne <lo

quelques uiètres an bout de laquelle s’attacha la conle, qui est l'amarro que l'on veut lancer. Cette corde est roulée dans une caisse, d’où elle se dévide à l'appel du grappin projectile. C'est une fusée de guerre qui lance ce grappin ; les premiers essais ont été faits avec une fusée de 9 centimètres, de la marine ; les derniers, avec uno fusée de 42 centimètres, de la guerre.

Une série d’oxpérieticcs a démontré qae le grappin atteignait des distances de 3 à 400 mètres ; c'ést une distance égale à celle qu'atteint le projectile de M. Delviguc. Mais, contrairement au système de ce dernier, la conle que lauco M. Tremblay n’a pas moins do 13 millimètre» de diamètre; elle peut donc servir elle-même tout d’abord do va-et-vient, et en outro lo grappin qui l’ontralno so fixe dans le sol où il tombe, et on peut exercer 6ur lu» tout l’effort uécessaire au suuvctage que l’on veut opérer.

L’appareil Tremblay est incontestablement plus puissant et plus efficace que l'appareil Dolvigno ; mais lu nécessité de l’emploi d’uuo fusée do guerre fuit qu’il n'est à la portée que des bâtiments de UÉlat, et ù terro dans des stations d’une certaine importance, par conséquent d’un usage restreint.

Il est arrivé que dans une expérience faite' par M. Tremblay, en présence do l’Empereur, la cordo s'est rompue. On no doit pas en inférer l'inefficucité de l'instrument. On commit en kilogrammes la force do projection de chaque fusée, on peut régler la force do lu corde en proportion. C’est une sorte do dosage que M. Tremblay rait faire aqjourd'hui. Il n'est plu» à craindre que la corde casse.

Quoi qu’il en soit, MM. Delvigne et Tremblay ont inventé des appareils qui ne manquent pas do valeur pratique. Il faut espérer que les navires, aussi bien que des stations a terre, ne tarderont pas à être pourvus do l'un ou de l'autre. Nous aurons moins souvent la douleur d’apprendre que des hommes ont péri en vue do. terre, quelquefois presque à toucher 1a terre, faute d'avoir pu établir un va-et-vient entre leur nnviro prêt à sofhbrer et lo rivage.

Voici donc deux moyens do résoudre le problème, l'uu qui consiste à supprimer l'inertie de la cordc, en en faisant le projectile même et j>ar suite lo déroulant pendant le mouvement ; l’autre faisant naître successivement la force motrico qui entraîne la corde. L'uu et l'autre ont surmonté la difficulté capitale de l'emploi do la poudre à canon pour envoyer une co#le à terre ; la précision du tir n'est pas très-grande, mais lorsqu'il s'agit de viser au rivage, cela n'a qu’uno médiocre importance.

Le système Tremblay, disposé do telle sorte que le navire en danger puisse se suffire, qui peut le mienx obtenir des portées étendues (celles des expériences du Champ de Mars n'ont pas dépassé 400 mètres) en employant des fusées de fort calibre, en nombre suffisant (M. Tremblay en emploie .souvent trois), nous parait surtout appelé à rendre do véritables services, si on pent l 'établir à un prix peu élovéct de manière qu’il se trouve on état au moment du danger. En évitant le cercle vicieux de ne pouvoir lancer à grande distance une grosso corde par une explosion instantanée, pnree que le poids et l'inertie croissant, la puissance instantanément développée fait rompre la corde; en faisant développer successivement le travail, il a fait faire un grand pas à la question ; et il faut espérer quo l'on verra prochni nement passer dans la pratique ce moyen de diminuer les malheurs qu'entraînent le» ce 1 louage» près des côtes.

POTERIES. Nous avons déjà fait connaître, à l’article kotkiue de la 2" édition de ce Oictioiinniri , les différent» procédé» à l'aide desquels l'homme transforme des terro» ou limons sans valeur, en ustensiles

'.DigitizâcMty

Gqoji f.

POTERIE!*

uc première nécessité, en matériaux d’une très-gratuit1 importance industrielle puisqu'il* sont les auxiliaire* indispensable* de plusieurs grandes fabrications, en objets d’un prix souvent considérable par suite du concours de l'art le plus pur et le plus élevé. Nous chercherons, sans revenir sur ce qui Teste vrai, même dans cette période de progrès, à préciser le* ahrera pointé qni font de la fabrication des poteries un art complet, un corps do doctrine, à présenter aussi succinctement que possible la théorie des diverses opérations qui par Icar réunion composent l'ensemble des connaissances qu'on nomme aujourd'hui l'art céramique. Quelques considérations générales nous mettront à même de comprendre l’avenir de l'une des plu» anciennes industries auxquelles l'homme ait demandé sur terre, tout à la fois, le bien être matériel et toutes les jouissances in* tallectuelles.

Les produits céramiques, en effet, considérés dans leurs application»? les plus étendues, ne doivent-ils pas être clussés au rang des plus variés et des plus importants? Des rapprochements historiques d'une puissante valeur ne les rattachent -ils pas h l'histoire des peuples, h celle des diverses phases de la civilisation, à celle enfin du progrès des arts ? Leur emploi fréquent dans les usages du la vie, soit comme objet d'ornementation, soit comme ustensile de ménage, n'en rendelle pas la production d’un intérêt général? Enfin presque toutes les industries n'ont-elle* pas avec les arts céramiques des rapports plus ou moins directs ? ignore -t-on que, par une réciprocité bien naturelle, l'art céramique se développe et prospère à son tour sous l'influence des progrès réalisés pur le mécanicien, le chimiste, le physicien?

C'est grâce à la mécanique, à la chimie, k la physique. que le potier de terre réalise les conditions essentielles de fabrication rapide, économique et régulière qui peuvent lui assurer an bénéfice considérable ; c'est par l'application des beaux-arts k l'industrie qu'il obtient des formes commodes, élégantes, et bien appropriées aux usages que le consommateur, de plus en plus difficile, recherche et réclame.

§1. DES POTERIES

Considérée» dan» leur posté , leur prêtent et leur avenir.

Placées sur les bords des grands fleuves, les premières sociétés trouvaient dans les limons déposés par les «aux une matière ductile, facile h travailler, prenant et conservant sans peine une formo convenable pour contenir les grains, et acquérant assez de solidité pour pouvoir être transportée 6ans rupturo à quelque distance du lieu de production. A cette première période appartiennent des poteries déjà remarquables par la formo et l'ornementation, poteries échappées pour la plupart k la destruction par une destination, je n'ose dire religieuse, qni les faisait enfouir avec la dépouille de ceux qui les avaient possédées.

Un premier progrès fnt réalisé lorsqu'on découvrit qu'en soumettant les vases de terre à l'action d'une chaleur intense, on leur enlevait, avec leur fragilité, l'inconvénient de se délayer dans l’eau ; il faut rapporter à cette seconde époque toute la plastique det anciens, et les poteries attribuées à l'art itolo-grec on romain.

Mais les vases qni ne sont pas cnits à des températures trèa-élcvées, ou qui n’ont pas reçu d'ane composition particulière la propriété d’être imperméables, restent poreux et absorbants ; un grand et nouveau progrès a donc été réalisé le jour où l'on a au recouvrir les terres poreuses d'une couche vitreuse imperméable. c'est-à-dire d'une glaçuro ; c'est alors et seulement alors, quo les poteries ont présenté les deux éléments des poteries modernes, lo corps du vase on

LOTERIES

lu pâte, et la giuÇure, c'est-à-dire le vernis, l'émail ou In couverte.

Les premières glaçures qui fureut employées paraissent avoir été les glaçures silico-alcalines ; le vernis de plomb ne fut découvert que longtemps après, mais il prit alors le caractère d'une véritable fabrication : on lo fait remonter, en dehors des spécimens exceptionnel* qu'on peut citer, à l’annéê 4 283. Cette découverte est attribuée par les historiens à la ville de Schelestndt; niais Passcri réclame eu favour dePesaro, fabrique de «Toscane, l'application du vernis plombifere, d'abord surpaie, en l'année 4400, et deux siècles plus tard sur engobe, en 4300. Depuis ces époques, le vernis plombenx s'est enraciné dans les usages des classes peu fortunées, contrairement aux sages principes da l'hygiène ; il résistera malheureusement longtemps encore aux tentatives faites pour le remplacer.

On ne connaissait alors que de3 argile* donnant an feu des pâtes plus ou moins colorées ; les vernis plombeux, transparents et minces, étaient incapables de dissimuler la couleur de la terre ; l'introduction da l'oxyde d'étain dans la glaçure la rendit blanche, opaque, et donna toute facilité pour cacher, sou* une couche plus ou moins épaisse d'un véritable émail, le ton plus on moins rougeâtre de l'argile cuite : la faïence émaillée, née cher les Arabes et les Maures d'Espagne, peut-être chez les Persans, se répandit en Italie, qu’elle illustra pendant les quinzième et seizième siècles. A peu près à la même époque, la faïence émaillée s'étendait en Allemagne à Nuremberg, qui devint célèbre; en France, un homme estimé de tous, Bernard Palissy, créait par les seules ressourças de &on génie des poteries émaillées d’un genre tout nouveau, et des faïences bien voisines par leurs qualité* des véritables terres de pipe.

Lorsque les porcelaines de la China et du Japon, fabriquées dans ces contrées depuis bien des siècles, furent importées en Europe, d'abord par les Portugais, puis par les Hollandais, l'industrie des produits d'art en reçut une vive atteinte. A mesure que lo* porcelaines devenaient plus communes et moins chères, la faïence abandonnée par les riches ne trouva plus que des consommateurs ou trop pauvres ou trop indifférents pour que la fabrication pût se maintenir à la hauteur qu’elle avait atteinte pendant le seizième siècle. Bien déchue maintenant de son ancienne splendeur, elle lutte à peine aujourd'hui contre les faïences fines qni lui retirent la consommation populaire , comme les porcelaines autrefois l’ont dépouillée de sa clientèle opulente; on peut prédire sa ruine complète avant la fin du siècle. La supériorité, comme poterie d’usage et de luxe, des porcelaines de la Chine et du Japon ne fut pas la seule cause de l'abaissement dans lequel tomba la faïence émaillée ; l'émulation qu'cxcita la vue de ces admirables produits de l'Orient conduisit à la découverte des deux porcelaines, l'une dure, l'autre tendre. C’est en Saxe que Boètger obtint pour la première fois en Europe de la véritable porcelaine dure. Cette découverte se répandit de 4709 à 4765 dans différentes contrée* de l'Europe, malgré tous les efforts do l'Electeur de Saxo pour en conserver le monopole.

Plusieurs années avant qu'on découvrit en Saxe le kaolin et le secret du la fabrication de la porcelaine dure, on fabriquait une poterie très-remarquable à laquelle Sèvres doit en grande partie sa première célébrité. La fabrication de ces deux poteries a certainement été cause do l'abandon dans lequel sont tombées les faïencos émaillées.

Pendant que le continent s’occupait do la fabrication de la porcelaine dure, l’Angleterre perfectionnait ccllo de la terre de pipe. L'introduction ver* 4725 par Astbury du silex broyé dans les pûtes formées autrefois uniquement d'argile plastique, puis los travaux do

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POTERIES

POTfcRIES.

We«lgwoo»l, avaient amené ver* lu tin du dix-huitième siècle le» poteries anglaise» à un degré de perfection fort avancé. Wedgwood créait encore, vers la même époque, ses gréa fins aux forme» imitées de l’antique, aux sculptures pleines d’élégunec et de délicatesse dans l'exécution. lut fabrication de la porcelaine, de son côté, réalisait de nouveaux progrès; ou découvrait les kaolins et les peg matités altérées de ("orhwall. Les grandes guerres de lu Révolution n'avaient pas arrêté l'essor industrie) du Royaume-Uni ; celles du premier Empire n'avaient pu géoer le développement de ses ateliers, ni ralentir ses exportations. Maîtresse des mers, l’Angleterre avait vu ses débouchés s'accroîtra de tous ceux qu'elle avait enlevés au commerce de* nations rivales.

A la paix générale de 1816, l’Angleterre possédait une fabrication très-développée do coS terres de pipe perfectionnées que nous nommons cailloutage, do grè* cérame, de porcelaine tendre. En variant la composition des pûtes et des vernis, Wedgwood et ses imitateurs avaient créé plusieurs sortes de poteries géuéralemcnt d’un bon usage, et bien supérieûres pur l’aspect ou la solidité aux terres de pipe et aux faïences émaillées, c’est-à-dire à glaçurcs stannifbrcs, qu'on fabriquait alors sur le continent. La bonne fabrication de ces produits et leur forme commode leur auraient conquis tous les marchés de l’Europe, si les gouvernements * n'avaient cru devoir protéger les industries similaires par des tarifs de douune très-élevés, ou même maintenu, comme en France, une prohibition complète des produits anglais. La loi du 15 murs 1791, autorisant l’importation en France do la poterie commune et de la porcelaine, avait été rapportée par le décret du l’r mors 179 ), qni interdisait toute relation commerciale avec les nations coalisées contre la France, et rangeait les poteries des deux dernières espèces parmi celles dont le commerce était expressément défendu. La loi du 10 brumaire an V confirma celte prohibition, et si les lois de douane postérieures n'ont pas modifié cet état de choses, elles ont changé tacitement du moins cette mumire de guerre en un moyeu de protection.

Si l’Exposition universelle de Ixmdrcs avait eu lieu trente ans plus tôt, clic aurait permis de constater certainement en faveur de l'Angleterre, eu dépit «les efforts de toutes les autres nations, une immense supériorité dans la fabrication des poteries à l’u.-age des classes moyennes ; mais l'exemple donné chez nos voisins ut l’expérience qu'ils avuient acquise n'ont pa* été sans porter leur fruit, surtout chez nous, et le* progrès que l'art céramique a fait* en France depuis le commencement déco siècle sont de la plus grande importance. Rien plus, la fabrication îles cailloutages serait capable, au point de vue delà qualité, de lutter aujourd’hui contre ces produits similaire* anglais, si des considérations d’un tout autre ordre, la question économique, qui domine de si haut ce sqjet, n'engageait encore à préscut à n’admettre qu'avec la plus grande réserve, en concurrence sur nos marches avec les produits français, les production- des fabriques étrangères.

Los expositions de Londres et de l’aris ont mis en pré.-cni’o l’industrie céramique anglaise et celle de toute l'Europe manafacturii re ; on a pu constater, «Ions ccs deux circonstances, combien est générale, supérieure et variée la céramique moderne ; l'ensemble de toutes ces fabrications, qui forment nn faisceau des plus complets et des plu» instructifs, met en lumière les causes de ces amélioration*, évidemment liée* avec le développement et la diffusion de* sciences qui prêtent on des matériaux ou leur concours efficace aux arts céramique*. L'Exposition do Londro» n'a guère précédé que de cinq année* celle do Paris, et personne n’a manqué d'obsorver l'amélioration générale que les produits anglais, nu point «le vue de la forme, doivent à

la vue des produite sortis do la manufacture de Sèvres A peine hors du Palais de l'industrie, la fabrication de Limoges, comprenant qu'il ne fallait pas laisser r l'Angleterre seule le droit de nous copier, a fait dos sacrifices considérables pour modifier ses formes et la perfection de son travail. Tous ceux qui ont eu le bonheur de voir l'Exposition de lu France centrale eu 1858 ont été surpris du développement réalisé par les manufactures limousines, depuis longtemps endormies sur leur vieillo réputation. Les expositions régionale» que le gouvernement semble preudre à tâche de protéger offrent une arène nouvelle aux nouveaux venus qui, trop jeunes pour se présenter en concurrence avec des réputations justement classées, aiment à *c tenir à l'écart lors des expositions universelles, et prêtèrent le silence à des classements incertains. Les concours régionaux nous paraissent appelé maintenant à rendre lesservicos qu’on attendait autrefois des expositions nationales ; elles stimulent au même degré l'industrie locale, source des progrès généraux. Cetto manière de voir est parfaitement d'accord avec l'opinion du public, et l'empressement avec lequel il a visité cetto année les expositions do Rouen et de Bordeaux. Quant à l'industrie nationale, il faut plus aujourd'hui c'est avec le monde entier «{u'elle doit compter, et des expositions universelles séparées pur des intervalles d'une dizaine d'années peuvent seules lui profiter Qu'on me permette d’émettre ici uu vœu, celui de voir accepter en principe la mise hors concours de tous les vainqueurs des expositions précédentes, lorsqu'ils ont progressé. Cetto miso hors concours, avec citation honorable, ajouterait un qegré de plu* aux récompense* que le jury décerne. Dous cette situation, dans une direction «[année, les seconds auraient chance de ilevenir premiers ; à cctfe seule condition l’émulation serait stimulée, les abstentions impo&sibh's.

Pour en revenir aux poteries, les expositions qui ont eu lieu depuis le commencement de ce siècle permettent d'établir des faits incontestables qui donnent à l'historien impartial le moyen de s’y reconnaître dan» l’exposé de tou» les perfectionnements dont le consommateur constate la succession rapide.

Cherche-t-on à se faire une idée réelle des progrès réalisés pendant ccs cinquante dernières années «lotis la fabrication des poteries ; veut-on connaître ce qu'étaient, au commencement de ce siècle, les différentes industrie* qui s'y rattachent et ce qu’elle* sont aujourd'hui ; nous remarquerons que toute l'action utile pour améliorer ces produits doit être partagée pendant cette période entre trois paissances : l’Angleterre, la Frauce et les pays allemands. Nous croyons qu’on nous accordera que nulle purt la transformation des produit» et leur amélioration n’a été 'plus profonde qu’en Franco. Cette circonstance nous parait tenir, non pas à ce que cous avons pti suivre avec plu* de facilité chez nous que partout ailleurs la marche des progrès céramique-, mais à ce que notre fabrication était restée dan* le plus grand état de médiocrité. Nos terres de pipe, lu ••ouïe poterie à la portée «le la mujeuro partie «les consommateurs, était restée Stationnaire, tandis qu'eu Angleterre, depuis les travaux do Wedgwood, cette fabrication s'était transformée d'une umnièro complète on de* cailloutages de qualité très-remanjuablo. Quant à l'Allemagne proprement dite, la fabrication de la porcelaine dure était beaucoup plus répandue, mémo à l'usage des masse*, que dans tout autre pays, ut l'on s’y était à peine pr«loccupé «le la fabrication do» faïences fines, qui «lovaient bientôt prendra un trèsgrand développement «luns le* province* rhénane*.

Les améliorations«lontlos faïence* fines «»nt été l’objet tirent presque toute# lcnr origine do l'Angleterre. Ltabliu ensuite sur le* boni# du Rhin, Cette fabrication avait pénétré chez nom». Le* terre* «le pipe française»,

POTERIES

POTERIES

1h t Ji* pour la première fois par Pottcr ver» l'époque de la jwux d'Amérique , sortirent d'assez bonne qualité d'abord des fabrique* de Montereau, dirigées par un Anglais du nom de Hall ; les fabriques de Choisy -le iioi, do Oeil, de Paris, de Chantilly, négligèrent leurs produit», la pâte devint de moins en moins cuite, et la glaçure de plus en plus tendre pour épargner le combustible. Ces éléments défectueux ne constituèrent bientôt qu’une poterie honteusement médiocre, sale ot d'un mauvais usage ; une seule manufacture, celle de Snrreguciuines, conserva la bonne qualité do ses produit» et par conséquent sa réputation. Dans ces circonstances, vers <824, se placent les publications de M. Saint-Arnaud, sur les produits anglais recueilli» et ! examiné» par lui pondant plusieurs voyages en Angleterre i d'après M. Brouguiart, les premiers essais datent d'une manière authentique de 4824, 1827 et 1830. A cette époque, les établissement» de Creil, do Montereau. de Choisy- lo-Roi, de Toulouse, d’Arhoras et de Bordeaux, ou n'existaient pas ou n’avaient rien produit d'analogue à ce que le commerce nomme actuellement porcelaine opaque. C’est donc aux idées répandue» par M. Saint -Am and, et aux premières notions publiées par lui, quelque incomplète» qu'elles nient été, qu’il est juste d'attribuer l’élan que prit dans notre pays la fabrication de ces poteries; noua pouvons dans no» expositions en suivre le développement pour ainsi dire pas à pas, et les voir si mauvaises en 4829, si médiocres encore en 1834, meilleures en 4839, devenir dès 4844 presque irréprochables nous le rapport des qualité» intérieure» et extérieures.

Mai» si l'idée, pour ainsi- dire théorique, appartient à M. de Saint-Amund, c'est à la fabrique de Montereau, puis bientôt après à celle de Creil qu’on doit la réalisation pratique de l'idée, c'est-à-dire la véritable introduction de la poterie dite eu France porcelaine opaque.

En ce qui concerne plu» particulièrement les faïence» fines, l’Exposition de 4855 a permis do constater que les poteries à pâte fine et sonore, celles du Staffordshirv, de Creil, de Montereau, do Mettlach, de Bordeaux, do Kéramis , réunissent un ensemble de qualités qui en font une poterie bien précieuse pour les usages domestiques : la dureté de la gluçurc, la blancheur de la piltc, la variété des forme», l’éclat de l'ornementation, obtenue sous glaçures par une seule caisson, au moyen des méthodes rapides de l'impression, font des cailloutages une poterie bien voisine des porcelaines dures,, et permettront à ce» produit» d'occuper longtemps encore leur place sur la table des classes moyennes, servie, il y a près d’un siècle, par la faïence commune à glaçure stanuifère.

Cette fabrication a toujours été mise en pratique en France dans des établissement» considérable», et c’est h cette circonstance qne sont dues la rapidité des progrès otla persévérance avec laquelle le succès a été poursuivi. La difficulté de» transports, le bas prix des produits ont forcé le producteur à se pincer dans des centres de consommation, do manière à livrer ses produits sans avoir à redouter une concurrence ruineuse ou par trop menaçante. Grâce à ces précautions^ la plupart de nos fabriques de cailloutage, assurées du placement de leurs produits, montées avec des capitaux suffisants, débarrassées dune rivalité qui n'aurait d’autre effet que d’amener sans nécessité des baisse» de prix malencontreuses, sont dans un état assez prospère. Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que la concurrence créée par le réseau de chemin» do fer qui traversent la France rendra prochainement possible uno lotte sérieuse entre nos différentes manufactures, et qne plusieurs pourront succomber. Les plus faibles ont d'ailleurs le droit de compter sur 1'aagmeotation de 1a consommation. * . '“V

loi véritable source de gain dans ces usines sera bientôt la substitution des procédés mécaniques aux opérations manuelles regardées, il y a quelque» années, eomtna les seule» applicables à la confection des poterie».

Le» conditions d'existence des manufactures de porcelaine dure en France sont bien différentes. La fabrication de ccttc poterie n’a reposé jusqu'à ce jour que sur de petits capitaux, disséminé» dans plus de quarante fabriques, qui pour la plupart n’ont eu qu'un* existence éphémère, et qui passent de main en main, i.a cuisson de la porcelaine au moyen du la houille, lorsque toutes les conditions de réussite auront été bien étudiée», doit permettre un jour ou l’autre, et ce jour n’est peut-être pas très-éloigné, de grouper autour des mine» de houille les manufactures de porcelaine. Le déplacement progressif des fabriques, et la concentras tion inévitable do la fabrication dan» de grands établissements changeront radicalement sans doute In situation des manufactures, alors surtout qu’on reconnaît comme possible actuellement l’introduction des moyens mécaniques même dans lo façonnage de» pièces ; et vraisemblablement il ce moment, des recherches plus suivie», des direction» de plus en plu» intelligentes, ajouteront encore aux mérite» déjà si grands de la fabrication de la porcelaine française.

Pans tout ce qui précède, nous n’avons rien dit de là # poterie do terre grossière, de la poterie commune à glaçure stannifère, de* grès communs vernissés on non. Ces produits qui *e font à peu près partout, et qui («'adressent principalement aux consommateurs malaisé» se consomment généralement sur place ; ils doivent Ctro livrés, peut-être 1a faïence exceptée, à des prix tellement bas qu’il n’y a guère possibilité de le» grever de frais de transport. Ces poteries, objet d’une fabrication journalière et considérable, se fabriquent en nombre immense, et la quantité va toujours en augmentant, au moins en ce qui concerne la fabrication français*:. Ce développement est remarquable, même en présence de la concurrence que font aux poteries de terre la fonte, la tôle émaillée èt le fer-blanc qui, depuis quelques années, satisfont sons forme d'ustensiles de ménage aux besoins le» pin» pressant* des classes les plu» nécessiteuses, et sont appliqué» chaque jour à des emplois nouveaux.

La faïence commune, très- répandue il y a cent ans, abandonnée par le riche, lutte à peine maintenant avec les faïences fines, qui lui enlèvent la consommation populaire comme autrefois la porcelaine l'a privée de la clientèle opuléntc. Toutefois, die voit s'ouvrir devant elle un nouvel avenir ; clic cherche à pénétrer dans le domaine de l’art ot à reconquérir la position élevée • dont elle eût pu ne jamais déchoir. Quoi qu’il en soit,

: il est certain que cette faïence u disparu en grande ! partie déjà devant le* terres de pipe, et celles-ci devant les cailloutages anglais. Que deviendra cotte fabrit cation ? Nous croyons probable qne dans un avenir | prochain, cenx-ci, à leur tour, perdront de leur impor-'

| tance devant les porcelaines dures, la poterie par excellence pour les objets de service.

Mai» on France, ainsi que non* l’avons dit à l’article acide borique, l'existence de» manufactures de faïence fine pourrait être menacée par toute crise commerciale entravant l’entrée de l'acide borique. L'introduction de cet acido et celle du borax dans le» glaçure» de» faïences furent l’une de» causes principale» de l'amélioration àe ces poteries; et si d’une part on n’arrivait pas à se créer d'autres source» capable» de fournir cette matière et de suppléer à celles de Is Toscane, l'intérêt des consommateur» serait en droit de demander an gouvernement telle» mesure qui conduirait à leur raine plusieurs de nos fabrique» aujourd'hui florissante*. ■w'

POTERIES

Quoiqu'il doive advenir, noua engageons lea fabricants qui noua consultent à diriger tous leurs efforts vers l'amélioration de la poroelaiue dure; 1a pureté des formes nous donno l'avantage sur les autres pays. Mais il ne faut pas oublier que l'Angleterre possède à la fois de grandes richesses en combustibles minéraux et tous les matériaux propres k la confection de la porcelaine dure. Quant b l'économie de la main-d'œuvre, quant k l’achat des matières premières, les événements qui se préparent en Chine et que j’avais prévus dès 48ol sont peut-être de nuture à donner aux porcelaines leur plus grande extension, en rendant complètement ouvert un pays qui, convenablement exploité, doitcouquérir et conserver le monopole de la fabrication. En Europe, d'ailleurs, de nouveaux gîtes de kaolins sont exploités et quantité d’argiles blanches ou légèrement ferrugineuses, associées à des roches granitiques suflibumraunt fondantes, peuvent servir à faire k bas prix des porcelaines communes bien supérieures k toutes les autres poteries opaques.

Dan», les circonstances présentes, la fabrication de la poterie donne lieu presque partout k des transactions considérables. D'après M. Schnetz, les arts céramiques y compris la fabrication des tuiles, des carreaux et des briques, créeraient une valeur de 94 millions de francs. L'exportation anglaise, relevée par l'administration, porte sur des objets qui représentent <5 raillions en 1830 ; le chiffre s'élève à 32 raillions pour 1851. L’organisation céramique anglaise différé considérablement de celle que nons avons signalée pour la Franco ; il pont être utile de la faire commit ro ici. Loin d’être éparse sur toute la surface du territoire, elle se trouve k peu près circonscrite dans la même localité qu'on nomme pour cette raison le» Potterica; c’est une partie du Staffordshire. On comptait dam cet arrondissement à l'époque k laquelle j'y Suis allé, pendant l'été de 4854 , sur une étendue d'envirou î myriaroètro, 144 fabriques de cailloutages, grès cérames, porcelaines tendres, occupant plus do 60,000 ouvriers de tout sexe et -do tout ftgo; ce chiffre représente en moyenne 417 individnt par établissement.

lMusiours cours d’eau, le canal du grand Trono, le canal de Newcastle, traversent ce canton et mènent au pied mémo des fabriques, les bateaux dans lesquels on charge les prodnits fabriqués en échange des matières premières ; une circulation par voie ferrée relie encore aux principaux points du littoral ce oentro d'uue fabrication colossale. I>e tel* éléments de succès doivent assurer pour longtemps un avenir prospère ; ils autorisent fi redouter pour les produits dos manufactures françaises dans une époque assez rapprochée de nous une lutte 6ériouso que nous n'aurions pas à craindre avec les autres nations.

En effet la Suède, la Norvège et le Danemark reçoivent des quantités considérables de produits anglais ; l'Italie qoe l'Angleterre approvisionne aussi de poteries, cherche k fabriquer par elle-même, mais do longtemps elle no peut songer k l'exportation. Eu Espagne, plusieurs fabrique* cherchent à perfectionner leurs poteries, mais dans le cas même ou toutes atteindraient le développement de celle de Séville, la consommation intérieure enlèverait tout, avant que les produits ne soient arrivés sur les marchés français. En Portugal, les établissement* de CoTmbre et de Viata Alcrre ne sauraient encore réserver pour l’exportation une partie de leur» faïences et do leurs porcelaines.

L'organisation céramiqne de la Belgique se rapproche beaucoup plus de colle do la France que celle de l'Angleterre; lu porcelaine dure, la faïence fine et las grès y sont fabriqués sur un© grande échelle , et les conditions avantageuses qu'entraînent la présence simul • tanéo d'an combustible de bonne qualité et de prix

POTERIES. 451

modéré, d’excellentes terres et des communications promptes et facile* permettront peut être un jour sur nos marchés une concurrence sérieuse, au moins pour les grès et le» faïences fines.

La Belgique est reliée par le Luxembourg et les » provinces rhénane» k nos manufactures de l'E»t, mais eu dehors do notre frontière ; toutes les manufacturée étrangères qui de ce côté pourraient approvisionner notre marché se trouvent placées k peu près dans les mêmes conditions qne la production belge, c’est-Vdire quelles jouissent des mêmes avantage» pour le transport, la houille, les terre» et le choix des matières premières. Les fabriquos de Mettlach, Vaudrevange, Septfontaine et Kcramis, sont admirablement placée» pour écouler k la fois, sur les deux côté* du Rhin, aussitôt qu’il leur sera permis de lo faire, les divers produits qu’elles établissent. Quant aux pays allemand», la Prusse, l'Autriche, la Bohême, la Saxe, leur production céramique principale est la porcelaine dure t la faïence et les grès que le consommateur réclame proviennent surtout des province» rhénanes dont les produits circulent au loin faute d'une concurrence sérieuse. On ne compte en dehors de Mettlach et Vaudrevange que quelques petites manufacture» qui Tussent des faïence».

Il ne saurait entrer dans le cadre de cet article de faire une histoire plus complèto du passé, du présent et de l'avqnir des arts céramique». Nous renverrons le lecteur que ce sujet intéresserait k l’ouvrage important "publié par M. Brongniort, sous le titre ae Traité des arts céramiques , et aux Ijfçons ds céramique dans lesquelles nous avons réuni tou* les faits et les considérations qui sont tout à la fois du domaine de l'histoire et do la technologie. Nous nous bornerons k présenter ici une esquisse qui pourra servir d'introduction k l’article qni a déjà paru dans ce Dictiounnir? ; les diverses phase» par lesquelles passent les poteries pendant leur fabrication seront étudiées et classées avec méthode et considérées théoriquement. Toutefois, comme depuis dix ans la science s’e*t enrichie de nouvelles méthodes et de nouveaux produits, nous en parlerons en temps voulu, tout aussi longuement que le sujet lo comportera.

g II. DES POTERIES

Consul erre» tou* le rapport de t procédée qui servent d les produire.

Non* commencerons par introduire dans ce travail un élément de division qui n'a jusqu'à ce jour été proposé par personne, et qui rend facile l'étude pratique de tou» les produits céramique* : lorsqu'on examine attentivement toutes le» poteries, quelle que soit lour nature, quelles que soient les qualités qu'elles possèdent, on est frappé du caractère de généralité que ces sortes de produits présentent et qui permet de le* séparer en deux grande» classes : les poteries simples et les poteries composées , c’est-à-dire les poteries mutes et le» poteries k glnçures.

.rappellerai poterie* simples, celles qui sont homo-

ènes dan» tonte leur texture, qui présentent partout,

l’intérieur comme à l'extérieur, c'est-k dire sur leur surface, les même* matière* torreuse» ou vitreuses, plastique* ou non plastique», associée* de la même manière. Les poterie* simples peuvent être formées de divers matériaux mélangés en diverse* proportion*, pourvu qu'ils soient toujours réunis partout de lu même manière. Le* poteries que j'appelle composées sont formée* au contraire de matières de composition* différentes, non repartie* uniformément dans la masse - Dans presque toutes les poteries composées, le corp* do la pièce est une poterie simple, recouverte sur toute la surface ou sur une partie seulement de sa surface d'une couche vitreuse généralement très-mince, qui reçoit

POTERIES

POTERIES

suivant la composition chimique qni lui est propre, les noms de r tmûr, érmjtf, rouvert* , et que je nommerai glaçure. L'euduit peut être terreux ; ce scm l'cngobo de certaine» poteries, dont nous avoua déjà parlé dnn» l'article DticoitATioN crkamiqTS.

Dana tous les cas, la fabrication des poterie* exige l'intervention du feu : une température plus ou moins élevée devient nécessaire pour donner au corps de pâte une dureté, uno solidité, une imperméabilité suffisantes : on peut prendre uno idée de l'iufiuence du feu sur le développement de ces propriétés en comparant une assiette de porcelaine erne, une assiette dégourdie et une même pièce cuite au grand feu des fours à porcelaine.

La glaçure exige aussi l'emploi d’uno température élevée. C'est un verre appliqué par couche mince sur la surface de la poterie, et l'on sait qne les mutières pulvérulentes destinées à donner dos verre» ont besoin, pour prendre l’aspect vitreux, d’une température au moins égale à la chaleur rouge.

Ainsi, que les poteries aoicat simples ou composées, leur fabrication implique la connaissance la plus complète des terres et des verres, celle des agent* de combustion et des combustibles : nous n’avons qn'k rappeler ici de quel secours sont ces notions pour la décoration «le ces mêmes produits. On peut dire uvec raison que la céramique est l’étude spéciale des composés que lu chimie désigno sons les noms de silicates, borates , phosphates , etc. , alcalins terreux et métalliques «impies ou multiples.

I.e potier de terre devrait être familiarisé non-seulement avec le langage chimique, mais avec les notions les plu» étendues de cette science, cor si quelques-uns de» silicates qu’il emploie sout directement fourni» pur la nature, beaucoup de ce» corps doivent être préparés par lui, suivant »o# besoins et dans des conditions voulues de pureté ; le fabricant doit savoir reconnaître les substance» qu'il met en œuvre, vérifier la composition par les propriétés, patsor do» formules aux pouls au moyen de* calculs convenable», et s'assurer par lui-même de l'état de pureté dans lequel on lui livre les matériaux qu’il doit transformer, cl qu'il n'a pas économie à faire préparer sous ses yeux.

Les réactions qui se pa&scnt sous l'influence do la chaleur au contact de» divers élément» que le potier met enjeu sont essentiellement du domaino de la chimie : l'aspect particulier que présente le composé, formé quant a la fusibilité, devient tin snjet intéressant de recherches, et personne ne niera que l'étude de la fusibilité des silicates, de» borates et des phosphates ne résume toutes le» connaissance* du fiibficunt de poteries. Tous ses efforts doiventen effet se diriger vers ce» différents buts :

Diminuer la fusibilité pour établir des pâte* qui puissent résister à la déformation, acquérir de la résistance saus fragilité, etc.

Augmenter la fusibilité , pour obtenir des vernis (glaçure, lustre, émaux, couverte*).

Mettre eu rapport la fusibilité de la glafure avec la composition de la pâto, afin d'éviter le coulage, le ressui, le trnitage.

S'opposer aux réactions qui peuvent intervenir entre les élément» des glaçures et ceux des p&tes, lorsque ces réactions ont pour effet de faire naître de» précipitations d'oxyde» ou de sels basiques qui, no sc dissolvant plus, donneraient à la surfoco un aspect rugueux.

Corriger cos défautB quand, accidentellement, ils se sont produits. Dans tous les actes de la fabrication dos poteriê», ce» notions sont indispensables, ainsique nous allons l'établir.

Tout produit céramique doit être examiné sous quatre points de vuo trè^dififérents : la composition, lè

façonnage, lu cuisson et la d«icorntion. Nous ne dirons* rien de ce dernier objet, qne nons avons suffisamment étudié dan» ce Supplément, pages 126 et suivnntos.

A la composition se rattache In connaissance de tous les matériaux des pAtes céramique», leur histoire, leur origine, leur position dans la nature.

Au façonnage appartient l’histoire de» machines et de» procédés, soit mécaniques, soitebimiques, au moyen des- . quels on prépare, on mélange, on combine ces matière» pour en faire des poteries. A la fabrication so rattache encore le dosage des divers matériaux destinés à In confection des différent* objets auo le commerce réclame.

La cuisson comporte l'étude des combustibles, celle dos appareils dans lesquels la poterie acquiert la dureté nécessaire aux diverses usage» pour lesquels elle est créée, celle enfin des moyen* à 1 aide desquels on protège dans lo four les objet» fabriqué» contre l’action de la fhimme. descendre», do la fumée. Il convient encore d’y rattacher les méthode* de conduire et de juger le feu. Nous insisterons surtout sur la nature de l’atmosphère an sein do laquelle a lieu la cuisson : cctto dernière notion, introduite récemment dans l’art de fabriquer la porcelaine est appelée sans contredit à régulariser le travail, en assurant le succès de l’opération. Non-seulement la force du fou , c’est-à-dire l’intensité de la chaleur, exerce sur la qualité des produits une influence considérable, mais la nature «les gaz qui remplissent le four e»ten rapport avec la coloration que ce» produits peuvent présenter.

La composition, le façonnage et la cuisson des pâtes d’une nature déterminée présentent d’ailleurs certains rapport » essentiel» dont l’existence complique Ta question etqn’il faut savoir apprécier. La composition de la pote limite le» procédé» de façonnage, car si presque toute» les pâtes sout plastique», queiques-une» n’ont aucune plasticité; on leur en donne une artificielle au moyen de mucilage* et de savon»; les diverse* poterie» offrent à cet égard des intermédiaires nombreux. La cuisson fait apparaître plusieurs définit* inhérents aux procédés de façonnage. Les méthodes d’application de glaÇmo sont variée» avec l’état dan» lequel sont les pièce» au moment de la pose de la glaçure. Quant aux relation» que la composition présente avec le» phénomène» qui so rattachent à la cuisson, ils sont tellement évidents qu’il suffit de rappeler que toute» les poteries, même la plupart des grès cérame.*, se déformeraient et fondraient souvent en prenant l’aspect vitreux ou cristallisé, si nons les soumettions avec ou sans glnçure nux température» qu’exige la porcelaine dure pour ac«{uérir la translucidité qui In caractérise.

Pour bioi, j’attache nno telle importance à la connailiiancc des modifications que la chaleur engendre dans les terres ou les mélanges terronx et métalliques, colorés ou non, que je regarde, dons une fabrirntiu» quelconque, la température à laquelle ou doit cuire le corps de pâto et In glaçure comme le premier point à fixer. Ce point d’abord établi sert à faire déterminer la forme dos appareils de cuisson qui, dan» leur* dispositions et dnn* leur* dimensions, peuvent offrir des différences considérables. Ce n’est qu'après être fixé complètement à cet égard qu’on peut passer à la composition des pâtes et des glâçuros. Les qualités do la poterie résultent de la nature et des propriété» des silicates qui la forment, qualité» qu’il est possible d’apprécier à priori. Il no restera plus à chercher parmi le» matériaux que le potier peut mettre en œuvre que ceux qui lo conduiront, avec le plus d’économie, avec les meilleures chances do succès, à la poterie potwédant le* qualités qn’il désire.

Nous no saurions, sans trop de longueur pour cet article, donner tous les caractères des silicates, borate» et phosphates simple» ou composés, considérés au point ds vue de leur fusibilité» on le* tmu\ers détaillé*

P0TERIK3

POTERIES

d'une «lanière très -circonstanciée dam le» Leçons de céramique que noua avons déjà citées, et que je signale de nouveau à l'attention du lecteur qui voudrait lire avec fruit les ouvrages qui traitent de la céramique. Nous nous bornerons à faire apprécier ici le rôle que chaque élément pout remplir dans la constitution des pâtes.

Constitution des pâtes.

Si l’on examine toutes les pâtes céramiques cuites, quelle que soit l’espèce à laquelle on les rapporte, on les voit formées de silice, quelquefois de silice presque exclusivement, mais c'est l’exception ; quelquefois aussi de silice en combinaison avec l’alumine, et c’est le csb le plus général; quelquefois enfin, le silicate d’alumine est eu mélange avec des silicates étrangers alcalins ou, terreux, de l’introduction desquels il résulte pour la jmte des inconvénients ou des qualités. Pans certaines pâtes, le silicate d’alumine peut être remplacé, en tout ou en partie , par dee silicates de magnésie, mais ce cas se présente assez rarement. En général donc, les pâtes céramiques sont formées de silice en combinaison ou en mélangé avec divers principes, accessoires utiles 0>u nuisibles. Quels sont «:cs principes? Quel rôle peuvent-ils jouer? Nommuns-lea d’abord, pour étudier une question dont la solution donne la clef de bien des réactions qui se passent dans la fabrication des poterie»; ce sont, comme T analyse chimique les décèle : l'alumine, l’oxyde de fer, l'oxyde de manganèse, la chaux, la baryte, la magnésie, la potasse et la soude. On y rencontre aussi parfois les acides carbonique, sulfurique et phosphorique.

Alumine. — Les poteries qui renferment lo plus d’alumine sont celles qni cuisent à la plus haute température, lorsqu’elles ne renferment que pou d’éléments étrangers; le maximum c<*rrc-po»d aux porcelaine» dures de Sèvres, le minimum correspond aux pâtes de porcelaine tendre françaises.

Les silicates doubles qui se trouvent souvent en mélange intime avec le silicate d’alumine introduisent dans les pâtes céramiques des principes différents, tels que l’oxyde de fer et l'oxydo de manganèse, la chaux et la magnésie, la potasse et la sonde, qui varient entre certaines limites, et qui, sans nul doute, ejtcrcent l'influence la plus considérable sur la température à laquelle ces poteries peuvent être soumises sans so déformer, et sur la qualité que ces poteries peuvent acquérir par le fait d'une cuisson produite dans les meilleures condition de fabrication (température et atmosphère).

Oxyde de fer. Les nombreuses analyses qui sont connues maintenant démontrent que les proportions de l’oxyde de fer varient, dan» les pâtes céramiques, dans des limites étendues. L'oxyde de fer ne peut exister dans les pâtes de porcelaine dure ou tendre qu’en proportions très-minimes : on sait que ces pâte» tirent leur caractère principal de leur blancheur complète. Cette condition n'est plus impérative dans la fabrication des grès fins, blancs ou communs, ou dans la terre de pipe; une quantité d'oxyde de fer surpassant 0,40 conduit à des compositions qui ne peuvent supporter des températures élevées sans se déformer. 11 est urgent alors de ne les cuire que dans des conditions d’atmosphère parfaitement étudiées, en arrêtant au point convenable la température nécessaire à la cuisson.

Je ferai remarquer ici que la coloration que présente une poterie cuite, mémo en biscuit, n’est pas toujours en rapport avec la quantité d’oxyde de fer qn’ollo donne à l’analyse. Cette coloration, liée tout d’abord à la nature comme à la quantité des matières introduites dans la pâte, telles que le charbon dans les poteries à pâto noire, dépend considérablement et de l'état d'oxydation et de l’état de combinaison de l’oxyde de fer ; elle

tient en général, moins de la composition centésimale du composé que de l’atmosphère dan3 laquelle la pièce a cuit ou s'est refroidie.

Des expériences précises empruntées à des fabrications variées ont fait voir :

4° Que plusieurs briquas faites avec une même terre, renfermant par conséquent la même quantité d’oxyde de fer, suivant la place qu’elles occupent dans le four, sont tantôt incolores, tantôt roses ou rouges, tantôt enfin complètement brunes.

Que les biscuits de faïence commune, quoique très-chargés d’oxyde de fer, sont tantôt d’un jaune presque clair, tautôt d’un rouge pâle, tantôt d'un rouge brun . tantôt d’un jaune légèrement verdâtre ! cos teintes si diverses sont souvent offertes par. les différentes parties d’une même pièce. Il importe au fabricant de faïence de produire un biscuit peu coloré, car on cherche à masquer sous une couche d’émail opaque le ton rougeûtr» de la pâte : plus la coloration de la pâte est foncée, plus il faut d’opacité dans l’émail j cette opacité coûte cher ; ou évite la coloration en cuisant dans une atmosphère réductrice.

3* Que certaine» pâtes do terre de pipe, en général peu colorées, cuisent avec une teinte jaunâtre, lorsque l'atmosphère dans laquelle elles cuisent n’est pas enfumée.

4* Que les mémos pâtes de porcelaine, souvent trèscolorées en rouge au dégourdi, ne le sont plus lorsqu’elles ont été transformées , dans le grand feu de porcelaine, en porcelaine transparente, l'oxyde de fer passant alors à l'état de silicate de protoxyde do fer. . -

5* Que la mémo pâte de porcelaine cuit tantôt blanche et translucide, tantôt opaque et jaune ; blanche si l’oxyde de fer est maintenu, surtout pendant la période à laquelle la glaçure commence à fondre, à l'état de silicate de protoxyde, ce qni a toujours lien dans une atmosphère réductive; jaune, an contraire, lorsque l’oxyde de fer peut se séparer à l’état de peroxyde de fer, ce qui bo présente au sein d’une atmosphère oxydante ; la coloration jaune se fait moins sentir, toutes choses égales d'ailleurs, dans les pâtes très-chargées de silice.

6° Les poteries cuites avec glaçure offrent des colorations plus ou moins intense» que la même poterie simple, suivant la nature de la glaçure et suivant la quantité de ferque le corps de pâto contient. Les cailloutages anglais dont le biscuit n'est pa» entièrement blanc acquièrentune grande blancheur par lefaitde l’application de la glaçitre, dans la composition de laquelle on fait entrer du borax ou de l’acide borique; l’oxyde de fer qui colore l’épiderme de la pâte en contact avec la glaçure est dissous par le borax ; ai l’on considère en effet 1a cassure fraîche d’une pièce on faïence fine, on observe une coloration jaunâtre marquée, dissimulée sous la glaçure. On ne pont attribuer cet effet à l’espèce d’opacité que présente la glaçure, puisqu'elle laisse parfaitement apercevoir les impressions bleues, noires, vertes, roues, appliquées sur biacuit son» glaçure.

Oxyde de manganèse. — L’oxyde de manganèse ne se rencontre qu’accidentellement dans les pâtes céramiques; il accompagne d’ailleurs presque toujours l’oxydo do fer dans les terres qui contiennent cet oxyde.

Chaux. — Personne n’ignore que la chanx introduite dans les pâtes ajoute à leur fusibilité, lorsque cet élément n’arrive pas à des proportions par trop considérables. En effet, la chaux diminue la valeur des argiles comme produits réfractaires ; sa présence dans les pâtes céramiques facilite leur déformation par affaissement ou ramollissement, aussitôt qu’on les cuit à des températures élevées.

POTERIES

rOTERlES.

Le» poteries composées avec de» argiles plastiques, avec ou sans addition de sable, ne contiennent que fort j*cn de chaux; elles peuvent subir sans se déformer de» températures souvent fort élevées; les grès cérames fins et grossiers sont dans ce cas, et ce n'est sans doute qu’à la présence des faibles parties d'oxyde de fer, de chaux et d’alcalis, qui souillent ordinairement toutes les argiles plastiques, qu’est due l’apparence vitreuse présentée par la cassure fraîche de ces sortes de poteries.

Les poteries à pâte tondre, même d’une fabrication soignée, renferment une proportion de chaux plus forte que la pâte des grès cérame». La chaux qu'on a mise à l’état de marne reste à l’état calcaire, lorsque la température n’a pas dépassé celle à laquelle le carbonate de chaux abandonne son acide carbonique. Si la température est plus élevée, la chaux existe dans In pût© à l’état de silicate de chaux ; elle ne fait plus effervescence. C’est sons cette forme que le carbonate de chaux persiste dans les pâtes des porcelaine* dures et des porcelaines tendres française*. Dans ces deux poteries, il forme une partie notable des silicates fusibles, qui communiquent à ces pâtes, avec les silicate* alcalins, leur tran»parcnco caractéristique.

A côté de ce rôle chimique que joue la chaux dans les pâte* céramiques, il en existe un autre très-important et physique mis en lumière par 1’étndo des faïences communes. Le* bonnes qualité* de lu faïence dépendent «le la manière dont elles prennent et conservent l’émail qui le» recouvre. L’expérience a démontré la nécessité de la présence de la chaux dans le* pâtes que le fabricant veut enduire de glaçure opacifiée par l'oxyde d’étain. La chaux contenue dans de bonnes faïences communes peut s'élever jusqu'à 0,15.

baryte. — Quelques poteries do grès, principalement le* grès de fabrication anglaise, admettent dans leur composition du sulfate do baryte ; l’acide silicique réagissant à la température de la cuisson a dû chasser l’acide sulfurique; on n’en retrouverait la présence que dan* les poterie* cuites à de basses températures. Lorsqu’on fait usage de ce sel, il faut cuire dans une atmosphère oxydante, pour éviter la formation du sulfure de baryum.

Magnésie. — La magnésie pént remplacer, en tout ou partie, l'alumine des argile*; mai* on u’a pas remarqué île* qualités spéciale* résultant de l’emploi de cot auxiliaire, qui n'exietc généralement qu’à l'état do principe* étranger*, au même titre que les traces de chaux et d’oxyde de fer contenus dans les argiles de la meilleure qualité.

Alcali « (potasse et soude). — A ce même titro 1a potasse et la soude fout toujours partie des pâtes céramiques. Cuites à la chaleur de* fours à porcelaine, beaucoup de pûtes prennent une cassure brillante, une texture serrée que l'oxyde de fer seul ne donnerait pas toujours. A des températures peu élevées, l’influence de ces élément* est nulle; car ils ne peuvent agir que comme fondants, et provenant de poussières f*dd*|>nthique* ou micacée*, il» ne sauraient fondre tant qu’on n'utteiut pas leur point de fusion, très-élevé d’ailleurs.

Si les alcalis qu’on introduit avec les argiles dans les pûtes de* terres cuites, des briques et des faïences commune*, sont en proportion minime et sans importance, la présence de ccs mêmes éléments dans los pûtes de porcelaine produit, au contraire, un résultat tout spécial ; les alcalis doivent communiquer à la pftte sa transparence caractéristique, aidée souvent par l’addition de la chuux. Les pûtes de porcelaine dure de Limoge*, de Saxe, do Berlin et de Chine, ne contiennent en effet que la chaux introduite accidentellement par les matériaux mis en couvre; le* alcalis (po-

tasse et soude) s’élèvent de 0,1 2 à 0,06. C’est aussi ce dernier chiffre que contenaient le* anciennes pûtes de Sèvre», connues sous le nom de pûtes artificielle* (Cieur Sèvres J.

Acide carbonique. — Nous avons dit que si la chaleur de la cuisson n’a pas été suffisamment élevée pour décomposer tout le carbonate de chaux, une partie de ce sel se retrouve à l'état de calcaire ; une autre partie existe à l’état de silicate. Lorsqu'on traite par l’eau pure la pâte de ces poteries, on enlève encore de la chanx, qui *c trouve hors de combinaison et qui ne Saurait exister qu'à l'état de chaux caustique. Sous l'influence de l’air, cette chaux reprend son acide carbonique pour se transformer en carbonate de chaux avec augmentation de volume ; cette circonstance doit ajouter aux autres causes de détérioration du produit sous l'influence de la gelée ; il faut donc, par uue cuisson convenable, engager la chaux décomposée dons une combinaison plus stuble avec l’aide siliciqne. Cos inconvénients, joints à ceux qui résultent déjà do la porosité, doivent se présenter dans les briques marneuses dont la cuisson n'aurait pas été suffisamment développée. »

Acide sulfurique. — Cet acide ne petit se rencontrer que dans les poteries cuite* à basse température, et dans une atmosphère oxydante ; il peut provenir du sulfate de chaux ou ,du sulfate de baryte. Nos expériences nous ont démontré qu’il n’en reste pas dans les pûtes de porcelaine dure, dont la composition comporte quelquefois d'assez fortes proportions de gypse.

Aride phosphorique. — Quant à l’acide phosphorique, on le rencontre en forte proportion dans les pûtes de porcelaine tendre anglaise; il provient du phosphate do chaux, qui f'îpt lu base de ce* sortes de produits. On peut le rencontrer aussi dans les pûtes do bouton* phosphatiques préparée* avec le dosage do M. Bapterossc. Il ajoute à lu fusibilité et quelquefois à l’opacité du produit, qui prend uno sorte d'opalescence.

Ces considérations sur le» effets produits par l'introduction de ces divers éléments dan* les pûtes de porcelaine et des poteries moins perfectionnées nons forcent à modifier l'opinion do M. Brongniart, qui séparait à titre général les éléments qui composent les poteries en principes essentiels èt en principes accessoires. Il noo* semble qu’en considérant seulement comme essentiellcq l'alumine et la silice, on so ferait uno idée fausse de la fabrication des produits qui, comme les ;»orcclnines dures ou tendres, par exemple, doivent à d'autres éléments, clmux, potasse, soude, leur transparence, c’est-à-dire leur caractère principal. On no pourrait comprendre la fabrication des faïence* communes, qui ne possèdent leurs propriétés fondamentales, application d’un émail opacifié par l’oxydo d’étain, qu'à la condition de présenter à la glaçure un excipient calcarifère.

Les pûtes cuites contiennent, en plus des éléments que nous venons d’énumérer, un principe à peu près essentiel qui joue duns la fabrication un rôle important, tant au point de vue de l'économie du façonnage qu’à celui de la réussite des pièces : je parle ici de l'Can.

L’eau que la chaleur chasse de sa combinaison avec le silicato d'alumine n’existe plus dans la pute cuite, si toutefois la cuisson s’est faite au-dessus de 450 degrés. Quelques poteries en retiennent encore environ 40 p. 400, mais ces poterie* sont à peine cuites, et rien ne prouve qu'elles n’oient été simplement soumises à la chaleur solaire. .

L’eau développe la plasticité dans les argiles ; il est essentiel par conséquent d’imbil»or la pâte ; mai* Comme, à la cuisson, cette eau ne se dégage pas sans effort, il e»t convenable de prendre, au moment de la dessieen-

POTERIES

POTERIES

tion et de 3» cuisson, certaine* préeantinna. Toutefois, . non* devons dire que si la plasticité, <|iti rcud économique la fabrication de la grande généralité de» potorios, est indispensable) dans certains cas, elle ne l'cèt que lorsqu'on fait usage de quelques méthodes déterminée* ; dans d’autres conditions, elle n'est pas absolument nécessaire, comme, par exemple, lorsqu’on opère au moyen du coulage ou par moulage mécanique effectué sur des pâtes pulvérulentes. L’eau n'est pn» an surplus le seul agent qui donna la plasticité voulue. On obtieut une plasticité tout artificielle, en ajoutant aux pâtes qui n’en ont aucune des matières mucilnginenses telles que le luit, l’huile, la colle de peau, le savon vert. Dans certaines limites, l’eau combinée dans les pâtes crues n’est donc pas elle-même un élément iudi$|>ensable.

Finir AIÎATION DES PATES.

Sous qnello formo convient-il d’introduire, dans la fabrication qne nous étudions, les éléments dont nous venons de reconnaître et d'apprécier le rôle? Quels sont les matériaux auxquels on les emprunte?

En général, les uns Bont pris dans la nature, et c'est le plus grand nombre; les antres proviennent d’nne préparation spéciale, ce sont des produits d'art. On peut classer ce» différents matériaux soit sous le point de vue de leur nature, soit sous le point de uue du rôle qu'ils jouent dans la fabrication. Cette méthode serait la plus naturelle, s’il no s’agissait point de produits pour lesquels il faut tenir compte des différentes températures do cuisson. Or, dans telles circonstances données, une même substance a des effets tout opposés. C'est ainsi que la chaux qui ne fond pas devient un élément très-actif pour faciliter la fusion, quand elle ost unie si des proportions convenables d'argile et que lo mélange subit h la fois une température suffisamment élevée.

Néanmoins, on regardant comme essentielle la plasticité de la pâte, on est autorisé dans le plus grand nombre de» cas b distinguer parmi les matériaux employés dans l'art céramique ceux qui sont plastiques et ceux qui ne le sont pas; ces deux sorte* de matériaux ont, en effet, leur utilité, leur rôle dans l'industrie.

Si, d’une part, la plasticité de la pâte permet un façonnage rapide, une ébauche facile, une trop grande plasticité , d’autre part , s'opposerait à la rapidité du tournage, et principalement à la dessiccation uniforme «la la pièce fabriquée : il existe donc pour le fabricant un iutérét réel h diminuer la plasticité lorsqu'elle est trop développée dans les matériaux plastiques qui composent la pâte dont il fait usage. On donne le nom de matière* dégraissantes aux substances qui remplissent ce double but, d'enlever une trop grande plasticité et de faciliter le départ de l’eau d’imbibitiou ou de combinaison soit à la dessiccation, soit au four. M. Mnlaguti se sert du mot anliphuligue pour désigner la qualité de ccs matière»; nous croyons l'expression heureuse; cor elle peint parfaitement le but qu'on vent atteindre.

Les matières plastiques sont :

4" Les argiles pieu ligues, employées plus spécialement dans la fabrication de* faïence* fines et des terres cuites on grès.

2° Le* argile* fiqulinet qui sont la base des terres cuites, desquelles on n’exige pas les qualités réfractaire».

3* Les argiles marneuse*, auxquelles les faïences commune» doivent leur propriété de recevoir nne giaçuro stanniferc.

4* Les marnes argileuses, dont l'usage est le même que celui «les précédente», mais auxquelles on njontede* argile* plastiques ou figulinc*.

5° Nous classerons encore dons ce groupe les collyrites, les cymolites, les talcs, qui n'ont été jusqu'à ce

jour employés que dans des circonstances très-rare*.

6° Les marne» calcaire* et limoneuse* sont encore employée* ; mais leur plasticité très-faible le» ferait classer aussi bien parmi le* mntériuux nntiplastiqurs.

7° Les «Hémeiits les plus importants de cette classe, si l’on tient compte de la valeur vénale, sont les kaolins, espèces d’argiles dont nous avons donné les qualités et l’histoire détaillée dans notre article abqjlk de ce Complément, p. 33. Ces matériaux sont la baso de» porcelaines dnres.

Le* matières dégraissantes sont beaucoup pins nombreuses et plus répandue» sur la surface du globe ou plu* faciles ii produire dan* les ateliers industriel». On distinguo :

4“ Le quartz fsablo on silex);

2” Les feldspath*, l'orthose, l'nlbitcet la pcgmntitc;

3° Le ciment et les escarbilles ;

4° La craie, le sulfate do chaux, le sulfate do baryte;

5° Le phosphate de chaux ;

6* Le» frittes vitreuses;

Les matériaux que noua venons do nommer n'entrent dans la fabrication qu’après avoir été lavé» et broyé». Nous ne voulons ni ne devons répétor ici le* diver* moyen» usités pour obtenir ces résultat*. On procéda généralement par écrasage, délayage et décantage. Le broyage comporte lo cassage, le pilngo et la porphyrisation.

Ces opérations sont rendues plus économiques et plus rapides quand on les fait précéder de la calcina hou, qui, sans apporter de modifications dans la composition chimique de» maté '-riaux à broyer, fait naîtra un grand nombre do fissures qui les rendent fragm entailles. La calcination offre encore cet autre avantago de rendra plus facile un épluchage soigné; ello détermine des différences de coloration qui rendent possible l'élimination de* parties ferrugineuse*, point impor tant lorsqu’on se propose de fabriquer des poteries comme les porcelaines, pouç lesquelles la plus grande blancheur est do rigueur.

Iji description des divers appareils an moyen desquels on obtient le concn«soge et la porphyrisation proprement dite ferait double emploi, «in* avantage aucun, avec l’article précédemment cité. Nous devons donc noos borner à renvoyer le lecteur au Di- (ionnaire , t. II, en rappelant qu’il faut, avant do mettra les matières en fabrication, vérifier si le broyage est suffisant. A cet effet, on compare les matières à de* poussières prises pour étalon : on choisit donc un bocal cylindrique pouvant contenir 500 grammes environ, divisé dans sa hauteur en partie* égale». Si l’on délayo 250 gramme* de matière broyée dans 500 gramme* d’eau, et qu’on observe le temps que cetto mntièro mettra pour se déposer et prendre un niveau déterminé, on aura tou* le* éléments nécessaire» pour faire la comparaison, en admettant toutefois que tonte matière de même nature, amenée par le broyage an même état de ténnité, doive se comporter de la mémo manière. Si le temps mis par la poudre pour atteindre lo nivean marqué snr lo vase est monts conrt que dans l'expérience normale , il fondrait nécessairement ajouter au broyage. Ces méthodes, auxquelles il faut joindre le craquement sous In dent on même entre les' ongles des deux pouce», suffisent, quoique purement cmpiriqnes, dan* la pratique de» art* céramique*.

Certains liquido* augmentent la viscosité do l'can, comme d'antre», au contraire, hâtent la précipitation des matières qne ce liquido petit tenir en suspension. Le vinaigre, une solntiou faible de gomme arabique, ont une influence trè»-niarqnée sur la lenteur avec laquelle s'effectue le dépôt. Im température k laquelle 1'expérienee se fait agit sur les résultats. 11 est donc indispensable, comme lo fait remarquer M. Brongniart, d’opérer toujours dans les même* circonstances,

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Lorsque le* matinaux ont ôté broyés et lavés pnr décantation, on procède au douane clos matières, tantôt par des pesées directes, tantôt en employant des volumes déterminés. Le mélange intime s'obtient h l'état liquide dans des gâehoir», ou dans des tines à malaxer, à l'état de bouillie» plus ou moins pâteuses. On a pratiqué sur une très-grande échelle. co dernier système, pour les pâtes de faïence fine dans la fabrication anglaise. On a remplacé delà sorte le travail à la main, le battage, ou la marche de la pâte, par des moyens mécaniques d'une grande puissance et de beaucoup plus économiques.

Quelques fabrications grossières peuvent employer la pâte telle quelle sort dus tincs à malaxer ; il n'on est plus do mémo pour les pâtes fines dont les éléments sont fournis par des matériaux qu’on a mélangés à l'état de bouillies claires, amenées à des densités déterminées et contrôlées par des trébuchcts chargés d'un

ids faisant équilibre à un volume déterminé de

bouillie. Ces pûtes se déposeraient par ordre de den aité, si l’on n’avait le soin de les ramoucr à l'état pâteux : c'est à cette opération qu’on donne le nom de ressuage ou do raffermissement de* pâtes.

En cherchant à dénommer les différentes méthodes employées dans ce but, d'après les principes qui leur servent de baso, on voit qu'on enlève à U pâte l’eau qu'elle contient en excès : 4° par évaporation opoutanéo { 2" par évaporation aidée du concours do la chaleur, & l'ébullition ou à des températures inférieures ; 3° pur évaporation aidée dn concours des matières absorbantes et poreuses; 4" par filtration avec ou sous pression ; 5W par filtration au moyen de la compression.

On sait, d'après les expériences qu'ont faites différentes manufactures, qu'à composition identique, la pâte pressée acquiert plus do plasticité que les pâtes raffermies par ébullition ; mai» cette méthode est dispendieuse à cause des saes dont le renouvellement est fréquent. On a proposé pour les conserver de les faire bouillir dans un bain d'huile qui protège la fibre ligneuse contro l'action énervante et dissolvante de l'eau, agissant même à la température ordinaire.

La pâte, nmcuée par les différents moyens que nous venons d'indiquer «u degré de consistance désirée pour Gtro travaillée, doit encore être pétrie, battue, maniée, pour acquérir l nomogénéité voulue, seule capable de donnar une tnaseo se travaillant avec succès, c’est-à-dire sans chances de rebuts, gauchissements fentes, trous, etc. Cette homogénéité des masse» qu'on cherche à produire par tous les engins propres à buttro, à malaxer, à rabattre encore le» pâtos raffermies, est surtout atteinte pour les pâtes de porcelaine dans l'opération do l'éhauchngo sur le tour qui consiste à façonner des cyliudres grossiers qu'on nppello mandrins, pleins ou creux, qu'on réduit ensuite eu copcnux auxquels on donne le nom de loumassures ; le mélange de ees tounuusurc» avec des pâtes neuves constitue des pâtes qui préMuitont toutes les meilleures qualités comme facilité de travail, régnlarilé de cuisson, cto.

On ajoute encore aux qualités de ces pâtes par un moyen détourné. Les fabricants admettent généralement que les pâtes anciennes «e travaillent mieux que las pâtes nouvelles, qu’elles se gauchissent et se fendent beaucoup moins, soit en séchant, soit en cuisant.

On s’acconlo à reconnaître que les argilos et les marnes lavées gagnent pour fairo les faïences communes h l'exposition aux intempéries des saison», la gelée, le froid. Les Chinois conservent, dit-on, leur» pûtes pendant pins de ccnt ans avant de les employer. On accepte en France, on Angleterre, en Allemagne l'influence de la conservation des pâtes pendant plusieurs années sur l'économie do la fabrication ; mai» il serait, il faut l’&vouur, difficile de citer h l'appui do

cvtte opinion des expériences précise* faite* avec anse* do soin et' répétées an assez grand nombre de fois pour la faire considérer comme entièrement exacte.

Tous les résultats obtenus dans lo but de constater l'influence que l'âge d'une pâte exerce sur ses qualités sont modifiés par des circonstances qui ont une action efficace, et dont on ne s'est pas préservé. C’est ainsi qu’on laissait la pâte se pourrir en même temps que vieillir; c'est ainsi qu'on la mélangeait, avant de l'employer, avec des tournassurc» qui représentent en définitive de la pAto maniée, pétrie et remaniée, c’est-àdire de la pâte dans les conditions les plus avantageuses d'une grande facilité de travail, offrant le* chances d'un succès presque certain.

On a remarqué que les pâtes, quelle qne soit leur nature, atrouvéos d'humidité, réunies en masses assez volumineuses pour que l'action de l'air ne s'étende pas jusque vers leur centre, prennent une couleur d'abord grisâtre, puis cusuitc entièrement noirâtre; elles répandent une odeur prononcée d'hydrogène sulfuré; elles conservent cos deux propriétés tant qu'elles con tiennent de l'eau, tant qu’elles sont abritées du contact de l’air pur mie écorce assez épaisse. Cette coloration de la pâte est d'autant plus prompte et d'autant plus prononcée que les eaux dont elle est abreuvée ee trouvent être moins pures. Mais la coloration noire disparaît à l'air, il se dégage do l'acide carbonique, et la liqueur que l'on obtient rcnfcriuo de l’oxyde de fer à l’état soluble.

Or la retraite des pâtes pourries étant moins grande que cello des pâto« neuve», les défauts que présentent ces dernières diminuent dans les pâtes qui ont subi lu putréfaction : on a cherché les moyens d’accélérer la pourriture dans les pâtes nouvellement composées. I.**» eaux marécageuses, les eaux de fumier lu développent en raison de l'espèce de fermentatiim qui s'y établit ; les garuisscurs font pourrir la barbotine qui leur sert à faire les collage». M. Rrongniart expliquait l'influence de la pourriture sor le» pâte» neuves par le mouvement moléculaire auquel donnait lieu In fermentation putride, pendant laquelle il devait se produire des particules gazeuse».

Les causes qui déterminent l'amélioration résultant pour les pâtes céramiques de la pourriture et de l'ancienneté sont encore tellement obscures, qu'on n’a présenté jusqu'à ce jour, pour en expliquer l'influence, quo de» hypothèses ; nnc pareille étude est difficile, et pour être traitée convenablement et par l'expérience, ■ elle exige un temps qui manque généralement aux manufacturiers ; l’interprétation que je propose, si l'nnnlyse venait me donner raison, me semble de nature à jeter un grand jour sur cette question ; elle est purement hypothétique quant à présent ; mai» elle est si simple, elle rend si bien compte de tous les faits observé», qu'elle me parait excessivement probable.

L’eau pure n’est nullement apte à communiquer aux pâtes céramiques les bonnes qualités qu'elles tiennent de la pourriture ; mais l'eau chargée de matières en putréfaction peut, nu contraire, dan» certaines conditions toutefois mal définies, les développer d'une manière notable. On s’accorde à reconnaître que dans l’acte de la pourriture utile, il se développe une quantité très-sensible d’hydrogène sulfuré. Ce gaz prend naissance très-vrnifierablablemont par suite de la transformation du sulfute do chaux en sulfure do calcium sous l'influence do certaines matières organiqnes, et so dégage quand ce sulfure se trouve en contact avec l’acide carbouiqno de l'air. ïji coloration de la pâte en noir, eon blanchiment à l’air libre, s'expliquent parla formation du sulfure de for noir brfilant à l'air libre, et s’échappant, avec les eaux do lavage, à l’état do sulfate de fer à réaction acide, qni dégage une certaine partie de l’acide carlioniquc abandonné par le calcaire

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introduit à dessein dans les pûtes do porcelaine do Sèvres.

Or, ou sait que dans certaines localités cette réaction du sulfata de chaux sur les matières organiques, qui donne nai>*ancc à des dégagements considérables d'hydrogène sulfuré, se trouve accompagnée de" la formation d'une substance particulière glairohse. Ko peul-ou pas supposer que cette matière devient la cause de la plus gruude plasticité que prend la pâte dan» les circonstances de la pourriture? On n’ignore pas d’ailleurs qu'on donno à la pâte une certaine plasticité par des mélanges appropriés.

Qunut à l'ancienneté, nous avons avancé, M. Ebel- •nen et moi, dans notre travail sur les matières employées, en Chine, à la fabrication de la porcelaine dure, qu’on long séjour des pâtes sou» l’eau pouvait bien déterminer la décomposition d’une partie de l'élé* ment fcldspathique qu'elles renferment. Nous avons trouvé, ou effet, par des analyses précises que les pâtes •le la Chine paraissent être composées de I partie de kaolin pour 4 de pétro-ailcx, tandis que les documents synthétiques les plus dignes de foi s’accordent à donner 2 de pétro-silex pour 1 de kaoliu. L'altération do felnputh suivie do lu dissolution d’une certaine quantité do potasse fournil une nouvelle proportion de l’élément plastique; cette décomposition peut être, du reste, facilement admise; car pendant la végétation, les roches granitiques fournissent aux plantes, assez rapidement encore, le» alcalis nécessaires à leur développement. Iji transformation kaolinique doit être, en outre, sollicitée par le jeu des décompositions particulière» dans lesquelle» la pourriture prend son origine, et nous avons déjà dit quo l'action prolongée de l’eau sur le» ailicates alcalin» devait avoir pour résultat forcé la formation d'un silicate d’alumine privé de silicates alcalins (voyez A HUILE).

Une dernière observation que nous ferons snr ce su • jet porte sur les améliorations quo la pâte doit subir sou» le rapport de sa pureté, lorsqu’on s’occupe do la (Porcelaine. L’oxyde de fer cet le plus grand ob»tarle à la blancheur ; il c»L évident que la pourriture des (lûtes tend à l’éliminer à l’état de suMhte soluble; l’expérience prouve, en effet, que des pûtes primitivement colorées en jaune, parce qu’elles avaient admis dans leur compoaitiou des kaolins ferrugineux, ont fini par donner dos pûtes presque irréprochables sous le rapport de la blancheur, lorsqu’on les avait laissées suffisamment pourrir.

Façon ttage Jts p,Uet. — Le» pûtes pétries, malaxée», et pourrie», lorsqu'on juge que cette dornièro opération devient utile, nécessaire même à l'économie de la fabrication, sont amenées dans des atclior# spéciaux dans lesquels on leur donne la forme que le consommateur réclame.

On peut diviser en deux classes les procédés do façonnage. Les uns ont pour but d'ébauclier les pièces, les autres ont pour objet de le» terminer. Il est certaines fabrications grossières qui no comporteraient pas les dépenses qu'on ajouterait à l'ébauche; il est aussi des moyens d'ébauche assez parfaite pour donner presquo immédiatement et de premier jet, en quelque sorte, des pièces terminées.

Parmi les procédés d’étauchnge qu’on trouvera décrits à l’article poteries du Dictionnaire, ou distingue :

4* L'ébauchago à la main, au colombin ou à la balle;

2° L'ébaucbage au ballon et sur le tonr ;

3° Le moulage comprenant le calibrage, le coulage et le tréfilage, ou moulage à la presse.

Ün nomme achevage l'eoscmblo des prooédé* variés ni ont pour but de terminer les pièces. Il comprend i verse» opérations distinctes, savoir t

POTERIES. 469

4° Le tournas»» go, comprenant le guillocluige et le goudronnage ;

2° Le réparage, comprenant l'évidnge et le sculptage;

3“ Le molletago et l'estompage ;

4“ L'applicoge et le collage.

Chacune de ce» dénominations rappelle l'opération qu'elle représente. Nous n'aurons donc |<a» à revenir sur ces diverses opérations avec plus de détails que nous n'en avons donné dan» le premier paragraphe. Cependant certaine» méthodes out conduit dans ce» dernier» temps à des résultat» tellement parfaits, lorsqu'on les employait dan» certain» en» spéciaux, qu’il nous est impossible de les passer ici sous silence. Non» profiterons de cette occasion pour expliquer quelque» pratiques générale» dont ne » écartent jamais le» ouvriers, même dftns les opéralious les plus connues de l’ébauchagc sur le tour.

On avait cru pendant longtemps qu'il n’était pas possible de faire usage du tours mus à la vapeur. On sait aujourd'hui quo la combinaison du tournage et du moulage conduit, même dans les fabrique» de porcelaine dure, à des résultats pratique» de la plu» haute importance, ut qu'il est très-avantageux de fniro tnoti-

3 Mtm h

voir ftimultanémsnt tous les tours d’un même atelier ; il faut toutefois ménager à chaque tourneur la possibilité de ralentir ou d'accélérer, d'arrêter même le mon» \cmcnt de sou tour sans gêner eu rien le mouvement

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do son voisin. On y arrive au moyen de frein# qui. J sont placés à proximité do chaque tour, et qui permettout de régler le mouvement de# arbres indépendamment les un# des autres. J'ai vu, dans l’une de nos plus importantes fabriquoa, des tours ainsi montés sur lesquels, au moyen de surface de frictions mobiles et de pédales, on pouvait ébancher peu* moulage et tournage. Ce résultat résout de la manière la plus heureuse le difficile problème de débauchage mécnniquo sur le tour.

L'operation de l'ébaucho sur le tour prend alors une grande régularité; personne n'ignore que la fabrication sur lo tour est l’une des plus délicates de l'industrie do la porcelaine; 1a porcolaino dura elle- mémo peut ctro faite mécaniquement; on évite alors un grand nomhre de défunts, entre autres celui du vissage; on économise ensuite un temps considérable, puisque le moulage supprime les lenteurs du tournassago. Ou n’a plus h se préoccuper de l'épaiaaeur considérable à laquelle on devait ébaucher, pnisque la pâte n’a reçu, dans toutes scs parties, qu'une pression identique, ce oui ne se présente pas dan# l’opération du tournage ordinaire Comment donc s'effectue débauchage sur lo tour sans lo secours du moulage? Quelles précautions ectto opération exige-t-elle? Répondre à ces questions c’est exposer la théorie des opérations du tournage. Nous allons entrer dans quelques détail».

Nous avons dit que toute pâte céramique doit, pour pouvoir entrer dan* uno fabrication régulière, présenter une homogénéité des parties et des mu'seft. C’est en mison de cette circonstance que les tourneurs élèvent puis abaissent, relèvent, pour abaisser encore, la masse informe qui doit devenir une tasse, uno coupe, un vase. On peut voir dan* In figtiro 3690d'nutrcpart la sériodes formes par lesquelle* doit passer, par exemple, un ballon do putopour devenir une bouteille à conserver l'encre

Jo pcn*e que pour condniro à des produits fabriqués dans des condition# normale», chaque ballon de pâte doit joindre aux sorte# d'homogénéité que nous avons rappelées l'homogénéité do tendance. Il est évident que la pièce ébauchée peut être considérée comme formée par nne lamo de pâte hélicoïdale qui s'appliquerait sur une surface de révolution occupant le milieu do l*épai*»cur de la pièce. C’est en sens invorra du mouvement qui a développé cotte bonde de pâte, c'està-dire ca sens inverse du mouvement rotatoire du tour, que la retraite a lieu pendant la cuisson. Or, il faut, pour qu'il n'j ait ni déchirure* ni fontoo, que toutes les particule* qui composent la pièco, cellea du hnut, celles du bas, celle# de l'intérieur de la pâte, aient, lors *le la retraite, la même direction avec la mémo vitesse. Elles ne suivront cetto direction quo lorsqu'elles auront toutes et tour à tour reçu l'impression de la main dn tourneur, élevant et aplatissant la masse lenticulaire sous laquelle »e présente tout d'abortl le ballon qui doit fournir l'ébaucha. Ot tirage, qui ne souffre pas d’exception, n'aurait ainsi d'autre but que d 'entrai nor toutes les molécules d'une pièce dans uno direction uxtiquo.

En pâte de Porcelaine plus que touto autre pâte, en raison do sa fusibilité propre, est ébauchée sous une épaisseur considérable ; cette pratique a moins pour effet de 6‘oppo*er à la fente on ii In déformation, que d'éloigner le plu» possible de la pièce réelle les surfaces interne et externe de l'ébauche terminée. Cos surface* ont reçu toutes les pressions successives qui ont amené la transformation de la mawi lenticulaire, ot dont l'influence n'est plus sensible à uno certaine (listanco. On a donc d'autant plus de chances d'éviter les vissage», qu’on ira chercher plus an loin dans le bloc de l'ébaucho 1a pièce qu'on vent fabriquer. Ijt fig. 3691, qui représente uno coupe do l’ébanchc d’une soucoupe conforme an dessin donné, fait bien voir la place occupée dan» 1 ébauche par la pièce elle* même.

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Ixj tournage no peut donner que les pièces do révolution. On a fait emploi du moulage, qu'on peut divâeer en moulage à la

presse , s exerçant sur pâte sèche ou simplement mélangée d'une substance très - agglutinntive .

et moulage en pâte mollo, à lu balle, â • la croûte, àla housse, s'exerçant sur lu terre réduite à la consistance pàtcu*e, molle et plastique.

On a fait, dans ces derniers temps, l'application la plus heureuse du mode de façonnage par l'emploi de la presse a la fabrication des brique»

creuse» et des tuyaux de drainage. <"e*l encore à l’aide de la presse qn’on fabriqué les énormes tuyaux pour conduite d’eau ou penr cheminées que le commerce rencontre aujourd'hui. Nous indiquons dan» la figure qui suit uno disposition en tirage en Angleterre pour faire les gros tuyaux do drainage.

Un fort cylindre en fonte, fixe d'une manière invariable dans uno position bien verticale, après avoir été rempli de pâte dans l'état voulu pour un travail rapide, se vide par l’effet du piston qui monte et descend alternativement au moyen d'une crémaillère (fig. 3692).

I-a pâte comprimée dans le cylindre no peut s'échapper quo par une ouverture nnnulnirc qui se trouve don* le fond dn cylindre. A l’intérieur, on voit par la coupe (fig. 369J), une sorte de noyau suspendu, «olidemont fixé sur des traverses métallique*, dont lo bnt est d'arrêter la descente du pistou ; clics sont élevées à l'intérieur pour quo la fissure qu elles forment oit le temps de se ressouder sur elle-même ; le novnn forme avec In couronne qui sert de ha«e nu cylindre un espace annulaire qui détermine la section du tuyau «le drainage. Il est reçu h sa sortie du cylindre sur une tourne ttc qui doteend avec lui, poi9 coupé do longueur voulue.

J'ai vu dans plusieurs établissements en France une disposition semblable employée pour la confection d<’s tuyaux do cheminées dans le système Gonrlier, avec cette seule modification qn’il y a deux cylindres nu lieu d'un senl. Ils sont fixés sur un chariot qui g]i«-o sur de» rails, ot se place de telle sorte que lorsque l’un de# cylindre» e»t en travail, l’antre est en charge h droite ou h gauche en dehors de faction dn pi*ton ; il n'y a pas do tomps perdu, comme dans la première disposition que nous avons décrite.

Le moulage &c pratique encore sur les pâte» liqiifde»; on a donné lo nom do couta/fe à ce procédé spécial. Nous entrerons ici dans quelques détail# au sujet de co dernier mode de façonnage, surtout à cause de l’extension considérable qu'il a reçue dans la manufacture do Sèvrc# depuis ces dix dernières années : on 6’cn est servi dans plusieurs circonstance# pour obtenir soit des pièces si minces, qu'il eut été difficile de les obtenir par les procédés du tournage ordinaire, soit des pièce» d’une dimension et d'une épaisseur telles, qu'il eût été Je toute impossibilité do le* mouler on de les ébaucher nu tour. C* est ainsi quo des tasses mince* comme de» «•quille» d’œuf et de grandes jattes chinoises ont été faite» avec une rare perfection par le j*rocédé du coulage.

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In partie supérieure donno 1» hauteur. On l'emplit de bar bot un-, ou verse, après quelques minutes, lexcé dual de lût*, puis ou la laisse adhérente nu moule se ressuyer un peu ; on met sur le tour lo moule, ou le centre, et, avec uuo lame , on détache sans effort le bord supérieur de la pièce moulée ; la dépouillo se fait tout naturellement, et pour éviter la déformation, on place sur un renversoir b la tasse tirée du moule; la dessiccation s'opère spontanément. I.e pied de la tasse se rapporte quand 1a pièce est faite ; on le prend dans unman»

drin da pdto éhauché sur le tour, on le colle comme à 1 onium ire, et l'on Ünit l’ouverture de la tasse en coupant à la hauteur

\oiiluc l'excédant indiqué par le trait que donuc direc (ornent le moula.

I verserait dans ces moules ne tarderait pas à boucher rentrée dn creux en s’y fixant, on inj-cte le liquide à l'aide d’nne petite pompe aspirante et foulante f. Ou ajuste k cet effet, sur l'ouverture d'entrée et sur 1e trou de sortie, deux lubea minora en cuivre e, et par l’un do

c* s tubes on eha«se avec la pompe assez de barbotiuc prise dans le m>c J, pour qu’elle sYloe un niv* au su-

ITp moule enplfitreu. fifr. 3f>9î>, donne intérieurement la forme que la pièce doit avoir; a no Ügno tracée sur

Tais anse* sont creuses ; on les fait par coulage dans •les moules en plâtre c; mais comme la barboüno qu'ou

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pèrfetir du second tubo. Si l'anse doit «voir une certaine épaisseur, on répète l'injection, mais en prenant pour orifice d'outrée colle qui «errait d'orifice de sortie dan» l’expérience précédente; on opère delà même manière. Si la largeur du canal évidé de l'ante est considiTable, on doit avoir le toin de retourner le moule de façon que la face supérieure devienne l’inférieure, afin que toutes les parties aient, autant que possible, la même épaisseur. On évite ainsi, le liqnide séjournant le» deux foit dans le* même# parties inférieures, que le fond prenne plut d'épaisseur que les pointa donnés par •là coquille supérieure

Les soucoupes de tasses minces sont aussi préparées par le coulage; il faut éviter que le flot do barbolinc, on arrivant dans lo moule, n 'éclabousse, et n’occasionne un frémissement qui se traduit sur la pièce cuite par des ondulations. Dans ce but, on dispose sur le moule un faux bord incliné, métallique, sur lequel le jet de batbotino s'np'atissnut déverse sont secousse le flot dans l'intérieur du plâtre.

On a pn voir aux Expositions de Londres et du Taris do grandes jattes de forme chinoise de 0"\83 de diamètre. On peut se faire une idée de la manière dont on procède par l'inspeetion do U fig. 3691.

■a représente la bâche qui fournit la bnrbotine, et b le moule percé d’un trou par la partie inférieure : un tuyau qui s'ajuste dans ce trou introduit par le bas la pàto liquide, qui monte graduellement sans bulles ni secousses. Une cuve c, plaeéo sous la table qui supporte le moule, reçoit l'excédant de barbotiuo qu'on ►ont ire nu moyen d’un robinet.

S'il n'est pas déjà «ans difficulté de couler une pièce de cette dimension, tes difficultés s'accroissent encore par lu nécessité do boucher le trou qui transperce le fond do la pièce. On s'y prend de In manière suivante : Après avoir nettoyé le moule, c'cst-à dire après avoir enlevé avec une lame compacte la partie de pâte qui s'est épanchée sur ta surface horizontale qui le termine, et 0<>npé lo» bavure- de l'ouverture pratiquée dans le fond et qu'il s'agit de boucher, on laisse lomber dans le fond au moule, par cette ouverture, un bouchon de plâtre parfaitement soc et bien ajusté, pour qu’il com- 1 1« te lu calotte sphérique qnc présente la partie inférieure du moule. On verse alors de la barbotino trèsépnisw; qu'on mélange légèrement avec les partie» nn peu raffermies qui limitent r ouverture à bouclier et qui vient a'y touder d'une manière intime. On donne au fond formé de la sorte une assez grande consistance, et on la finit par un tonrnaasage qui le ramène à une épaisseur convounble. Le pied de la jatto est coulé d'antre part, et sort de support à la pièce pendant la cuisson nu grand feu : il reste indépendant; ou lo réunit par de» Uen« métalliques après toute cuisson. On a remarqué que toutes le» fois qu'on voulait coller le pied soit eu pâte, soit au moyen de la glnçure, les différences de retraite, occasionnées par 1a distance des deux centres de contraction de la jatte et du pied nécessairement couléa séparément, entraînaient ou lo décollage, si lo collage était mal fait, ou la casse lorsque lo collage était bien fait.

Ou a modifié U procédé de coulage d'une manière heureuse pour en obtonir sûrement lu* plateaux qui complètent les cabarets minces. Au lieu do remplir le moule de pâte liquide, on fait glisser légèrement ce moule dans un bain de bnrbotine. Le moule se recouvre extérieurement et intérieurement de pâte raffermie «Tune épni-renr en rapport avec le temps de l'immersion, l'épaisseur du moule et la viscosité du bain. Ou nettoie le monle au dehors; on enlève aveouu couteau la pâte adhérente sur la face horizontal.*, en même temps qu'avec une poiuto on détache légèrement» pour faciliter la déjwvuille, le faux bord du phiienti. Ou examine attentivement s'il no se fait pn* quelque* fiseurcs

pendant la dessiccation et la retraite qui raccompagne, et on arrête par un trait de pointe et en travers toute» celle* qui se déclarent tant qu'elles restent sur le champ du faux bord. Ce plateau n'a pas de pied

On combine souvent lee deux méthodes du moulage et du tournsge pour obtenir dans une même opération des ébauches plus fines et de meilleure réussite.

Dans le moulagt à la bouts* , on fait une ébauche sur le tour sans secours d'appui ou de moule ; on la termine par lo moulage. Tantôt, suivant le caa, on place la hauts* sur le moule, qui a ln forme d’un noyau et qui peut donner directement de» dessins à l'intérieur. Le moule est placé sur tm tour. Le tourneur comprime avec uno éponge la housse contra le moule ; tantôt ou la met h l'intérieur du moule, dont la forme est creuse, et qui peut donner alors directement los reliefs dont la # urfnce extérieure est ornée.

La ho ns «u peut être simplement uno balle, lorsque lo moule est creux; c'est ainsi que ]>our mouler mécaniquement un graud nombre de pièces dites de petit creux, on se borne à placer dans le uioulo, animé d'un mouvement circulaire qu'il tient du tour, une balle de pâte au 'on fait monter en la perçant avec les doigta lo long de» paroi* du moule. Oo modifie colle méthode en faisant descendre dans le creux une sorte de noyau qni remplace les doigts. Cette méthode est appelée sans contredit à modifier notablement le prix de revient des pièces de pororiaino.

On donne le nom de calibrage nu procédé inixto résultant de la combinaison du moulage et du tournage dans lequel le moule donnant lu forme intérieure ou extérieure de la pièce, U surface extérieure ou intérieure est donnée par le tournage avec l'aide d’un profil fixé d'une mnnlère invariable. On obtient, au moyen du calibrage, do# pièces d’une régularité, d'une minoeur, et partant, d'une légèreté remarquables ; on ne fait pas autrement h Sèvres les assiettes do toute dimension, unies ou n reliefs.

Pour ccs derniers objets, U convient d'apporter lo plu» grand soin à la confection des m<>ulas. A ce titre, noue relaterons ici lo procédé proposé par M. Hubert Moreau de Mehun, pour obtenir des mères d’une exécution irréprochable, seules capables de reproduire los moules dont on a besoin pour la fabrication des assiettes. Le travail du l'auteur a reçu de la Société d’encouragement l'accuoil lo plus favorable, et le rapport que j'ai fait peut trouver ici, en substance au moins, une place convenable. Le» considérations suivantes nous paraissent de nature à foire comprendre les avantages de ca système, tant an point de vuo de l’économio, qu'à celui de ln régularité, do la perfoction et de la rapidité du travail.

La fabrication de l'assiette nécessita l'établissement du modèle, qu'on enduit d'une oonche d'huile siccative; il donne l’intérieur do l'assiette ; aur oe modèle on coule un plâtre ^ui prend le nom de mère; on le durcit aussi par l’huile siccative ; e'est sur cette mère qu’on coule ensuite les moules en plâtre sur lesquels on rooulo les croûtes. Ces procédé» sont ceux qu’on prntlqnr généralement et depuis longtemps dan* toutes le* manufacture* de porcelaine. Ils entraînent certains inconvénients qui ne peu vont être évités par la pins scrupuleuse attention, car ils sont iuhûrents au plâtre. On sait, on effet, que pendant qu'il fait prise, lo plâtre nugmemc de volume ; or, l'expérience a démontré que, apres vingt tirages dérivés l'un de l’autre, Ja dernière épreuve d'un modèle de 25 centimètres en présoute 27.

Indépendamment de cet inconvénient qui conduit à l’altération du volume des objets, et quelquefois ao**l de leur forme, on est exposé, par le gauche que peuvent prendre les moules, à fabriquer de# a-siertos plus défectueuses encore que le moule lokahM* Enfin U nécessité do faire par le toumossago U poignée des

1WERIES.

rOTEKlES.

moule» fait perdre, wm» forme do copeaux inutile», une quantité cousi-h-rnlde de plâtre.

Dnn« U disposition du moule proposé par M. Hubert Morwau et représenté pnrlntîg. 3696, le gonflement gra-

duel da plâtra, qui dénature le» dimensions de l'objet moulé, n’est possible en aucune façon; le diamètre des us&iottos, par exemple, ne peut plus augmenter; la du rée de» mères est prolongée dans une proportion notable. On évite le gauche des mouli-s, et comme lo moulage de oeux-ci s'obtient immédiatement et d’une »enlo opération, on n'u plus à faire disparaîtra par lu touraassago ni l'extérieur du moule pour le dresser, ni l'intérieur pour former la poignée.

Supposons qu'ou ait nue mère en plâtre durci par de l'huile grasse r, et donnant la forme intérieure de l'assiette : on la surmonte d'uue couronne eu zinc d'une seule pièce 6, dont l'usage est de faire obstacle nu gonflement du plâtre à l'instant de la coulée; ce cercle est adhérent i on le surmonte d’une nouvelle couronne on trois pièces d, qui servent à régler la bautevr et le diamètre du moule. Ces trois parties sont réunies dans une chape r, qui s'emboîte dans le cercle adhérent h IÎ mère ; les nutrra parties du moule, la base, la poignée, l’évidement que forme celle-ci sont données par de» pièce» en zinc et leur cbapo qu’il est facile

de séparer pour opérer le démoulage. Lo maniement de ce» diverse» pièces est facilité pur des anneaux métallique*. Une ouverture oent raie ; permet l’Inüroduolion du plâtre liquide.

Pour opérer le moulage, on enlève les parties snpéricure» qui mettent à jour lo fond du moule ; on les a graissées, et avec nn pinceau on imbibe le tout d’uno couche de pliltre liquide pour former l’épiderme du moule ; on rapporte ensuite l’espèce de couvercle sur lequel doh sc mouler la face supérieure, et on verse le plâtra liquide pour remplir le moulo; l’air se dégage par quatre trou», et l'expulsion du gaz se fait entièreinont lorsqu’on a soin d'agiter le moule aussitôt qu'on Ta rempli.

Lorsqu'on a dégagé le» partie» du moule extérieur, on enlève la partie moulée ; pour la terminer, on détruit' sur le tour, le» coutures qu'ont laissées les joint» correspondant» aux diverses partie» du moule métal -

lique. Ce travail s'exécute facilement nu moyen du tournnssiu. La pièce isolée »o voit en ni, débarrassé»* de sou moule. Coque nous avons dit suppose la confection de la mère Pour l'obtenir, après' avoir graissé lo modèle a comme à l’ordinaire, on lo garnit d'un cercle b qu’ou dres-vc au moyen du tour ; on entoura le diamètre extérieur d’une bande de plomb, puis ou verse du plâtre Quand il est nssez dur, ou le tournasse.

Ce procédé doit s'appliquer aux pièce» plate» avec plus d'avaotilgn qu'aux pièco» creuses; néanmoins, dan» tou» les cas, il doit donner mm économie notable aux manufacturiers qui font un grand usage de moule» de plâtre et qui sout éluignéa de gisement» de gypse.

J’ai vu pratiquer ce moyen dan» l'usine de Mebun, chez M. Pilliwuyt. A Uunloanx, si lo mémo moyeu n’est pas employé, celui dont ou so sert eu donnerait bien une idée, mémo à première vue.

Que le» pièces soient moulées ou tournée», qu'elles soient ébauchées par l'une ou l'autre de» méthode* mixtes que uous venons d'étudier, il faut le» hoir. Lo tomnn&sogc ne s'applique guèro qu'à certaine» fabrication» soignées ; eu un mot, il consiste dun» un lournarsnge qui rappelle, quant au principe, le travuil du tourneur en bois, en métaux, etc. Ou enlève l'excédant de pâte présenté par l'ébauche, qu'il ne font «lès lor* considérer que comme un bloc dans lequel ou va chercher la pièce qu'on veut obtenir. Lo tour a tantôt l’uxe vertical, comme dans la fabrication de la porcelaine, tantôt l'axe horizontal, oomine dan» les fabriques do faïence» Hue». Contrairement à ce qu'on avait Mipposé pendant trop longtemps, le tour en l'nir peut également convenir pour le tournas«age des porcelaines duras, et j'oi vu duns beaucoup d'usines du centra lo tour fhmçais remplacé par lu tour anglais pour le ruchovagc de» pièces de petits creux en pfito de porcelaine ; on gagno do la sorte en temps et en régularité.

Le fait le plus comJdérublo qui t'est produit dans ccs dernières années, relativement au ruchevage eu ce qui ooncerne la porœlaine dure, est l’usage qu'on a fuit du tour a guilloeher; non» ne Murions, sous peine de donner trop de longueur à cet article, en faire ici la description ; nous renverrons le lecteur à la définition que- j'en expose dans mes Leçon t Je céramique, t. II, p. 130 et suivantes.

Le réparage des pièces comprend des opérations qui sa définissent nettement par lo nom qu'ou leur donne : eu sont le grallage, pour enlever par ablation toutes le» couture», toutes les saillies nécessaire» à l'ébutichnge; le rempli stage , pour boucher les trous, les cloque» accidentelles mises à nu par lo démonlnga ou par le grattage. Lo tculptage, qui ne difTère du grattage que par le» différents résultat» obtenu», participe à lu fois de» méthodes de grattage et du remplissage; nous en trouvons un exemple remarquable dans c» qne l'on appelle à Sèvres tcu/plure en pdlt, cru sur cru. On a fait, à l'aide do cette méthode, de» pièce» «le dimeo* sion» très-variée». Elle donne des objet» d'une valeur orlistiquo réelle et d'une grande importanoe industrielle, si celui qui la met en usage joint au talent du «culpteur l'habilité du praticien.

La première idée do ce genre de décoration se trouve très-nettement dévoilée dan* quelques poteries fine» de l'époque romaine; les Chinois en ont certniuumcnt tin1 lo parti le plu» avantageux, cl lo musée céramique offre des oxemptes fort remarquables fourni» per les peuples qui out créé cette sorte de poterie.

On établit par l’un quelconque de» procédés décrit» précédemment la pièce que l’on veut décorer d'ornement» en relief. On moiutient la pâte humide pour appliquer en relief au pinceau avec précaution et par couches successives, un évitant le» bouillon» et les trous, la pâte qu'ou peut modeler eiuu-.to par incision

POTERIE?

POTEWRS.

,*t grattage. comme s’il a’agiatnit d'une1 ébauche mon- j lée; on obtient de la sorte de* saillies assez vives, trèsnettes. si le rétyiragc est fait avec tout le soin nécessaire. Cette métbodo permet do conserver religieusement la touche du sculpteur, si souvent altérée par les opérations du moulage. Elle «joute encore à la valeur artistique de la pièce faite par ce moyen le m«*rite de constituer en quelque sorte un objet unique, puisqu’il n’a pas été Confectionné dans le but de multiplier les éprouves. Le même motif, encadré différemment, ajusté dans d’autres données, peut présenter, sans frais de composition la plus grande variété d'aspects. Par le moulage, au contraire, pratiqué comme on est dan* l'usage de lo faire, on n'obtient .qu'une reproduction fâcheuse pour des objets d'art.

Lorsqu’on fait usage de pûtes de diverse» couleurs, on peut produire les effets les plus heureux, ot les plus belles productions en ce genre qu’ait offertes la manufacture de Sèvres sont les vases dit* en céladon, rehaussés de sculptures en pâte blanche Au li«u des jAtes vert •l’eau, on peut fuire un fond de toute autre nnanco, et créer de la sorte des poteries très-variée» et du meilleur goût. L’industrie prisée n’aurait assnrément qu’à gagner en entrant dans cette voie nouvelle ouverte par la manufacture impériale. Les pûtes colorées parla pechblende, l’oxydo d’iirane et d’autres oxydes conduiraient infailliblement à des pièces recherchée». L’oxyde de chrome sous lo poids de 3 à 4 pour 100 donne avec In pûte de service une couleur olivâtre nvec une nuance de rose qui acquiert à la lumière artiflciollo une couleur rose du plus vi/ éclat.

Nous n'atiron» pas l'occasion de revenir plus tard snree sujet. Pour l’épuiser, nous signalerons ici quel* que» accidents quo peuvent présenter les pâtes céladon, et les moyens d’y obvier. Quelque soin qu’on nit pris pour enlever le sel soluble do chrome que l’oxyde mêlé dans la pfLto blanche emporte nvec lui, lorsque, pour uno cause on pour une autre-, le four se cbnrge pendant la cuisson d'une grande quantité d'humidité, il *o développe et *e répand, sur le* relief* blancs ou sur certaine* parties de la pièce, nn soi soluble de chrome qui dépose plus tard de l’oxvde vert ou brun. La pâte céladon cuit généralement nvec un ton plus agréable dans une atmosphère réductrice que dans une atmosphère oxydante; on vient do voir que, dans tous les cas, pour obtenir des nuance* unies, il est indispensable do cuire dans une atmosphère dépouillée d’humidité.

l.'ecidage. qui consiste k faire des jours dans les paroi# des pièces suivant des traits indiqués par le moule, l’estampage et le moletage, le collage et Papjdicage, qui consistent dans la réunion des garniture* ou de# différentes partie* d'uns même pièce, complètent U série des opération* an moyen dêquellcs les poteries sont mises en état de supporter l’action du fou qtii doit leur donner consistance et dureté, imperméabilité on brillant. Il n'y a pins, pour ne pas perdre le bénéfice des mains-d'œuvre déjà faite», qu’à conserver à la pièce «a forme intacte, sans fente ni déformation, par uno dessiccation très-lente. A ect effet, les poteries, qu’elle# soient simples ou composées, doivent être 'placée* dans des séchoirs convenablement aménagés, snr des planches superposées, exposées à des températures progressives. ' %

L’établissement do oes séchoirs laisse encore bennooup à délirer dans un grand nombre d’usines. On

rotito souvent dos jonrs de soleil pour exposer au de-

or» les marchandises prêtes à porter au four. 11 faut veiller au temps, et s’il vient a pleuvoir subitement, la rentrée brusque de toutes les pièce», rentrée qui no peut être exécutée que par lo pins grand nombre de bras, met la perturbation dons ton* le* ateliers. Ce système d’ailleurs ne dispense pas, pendant l'hiver, de si-

olioirs artificiels ; et rVst peut être cette partie da Ta fabrication qui devrait devenir to sujet de# plus sériensi* étude*.

Le chauffage de# ateliers, dan# lesquels on place les moules et marchandises terminée* pour le* sécher, a lien presque partout nu moyen de poêles dispo-és au centre île la pièce, et dont les lonus tuyaux serveut de surface de chauffe. Mais il ne suffit pas d’élever la température, il faut chasser, nu moyen d’uno ventilation bien réglée, la vapeur d'eau qui #c répand dans l'atmosphère. Ordinairement le chauffage est intérieur, et la présence dans l'atelier d'appareils ù feu répandant de# poussière* n’est pas *ans inconvénients pour les poterie», d’ailleurs irrégulièrement échauffées. v

Toute disposition qui permettrait d’employer au *<îchage des pièce* fabriquées la chaleur perdue de* fours de cuisson remédierait à beaucoup d'embarras, et deviendrait économique au point do vue du combustible, tout aussi bien qu’à celui de la perfecTOn du travail. - ' »v ' ,

Je donne ici c -lie que les manufacturier* Anglais emploient aujourd’hui. La description peut être su fil saimnent comprise, sans qu’on ait besoin de recourir à des dessin* représentant les appareils.

Deux fours accolés sont placés près d’une cheminée commune ; les fours, dont le laboratoire forme un cône surmonté «l’une calotte sphérique, #ont séparés par uno galerie qui donne accès, d'une face à l’autre, à deux chambres où se tiennent les cuiseurs ; les alaudiors, nu nombre de six par chaque four, trois de chaque côté, sont placés immédiatement au-dessous du volume de* marchandises à cuire. Les produits do la combustion s'élèvent au travers d’arcadons dont la surface supérieure forme le sol du four; ils traversent les matériaux qu’ils doivent porter à la température rouge, et s'échappent ensuite par une ouverture qui existe dans la calotte sphérique limitant le laboratoire dans sa partie supérieure. Les fours n’ont donc pas de cheminée comme le* fours ordinaires. Un canal horizontal, qui se recourbe pour passer dans les ateliers dits séchoirs, conduit ce* gaz chargés de fumées épaisse*, et j’ortiuit encore une température élevée dans des tuyaux circulant dans l’atelier, de manière à maintenir l’atmosphère h 30 on 40 degré* centigrades. La vapeur d’oan produite par la dessiccation de# matériaux encore b timide# est conduite, ou moyen d’ouverture* communiquant avec le canal qui dirige les fumées et les gnz chauds, dans la cheminée d’appel.

En sort-int des séchoirs qu’il# ont échauffé* san* déjMsnse nouvelle, les gaz et les filmée» reviennent dans la .partie intérieure du four, se partageant en deux connut# qui circulent entre les troi# rangées de fourneaux; là, rencontrant les plaque* de fonte portée# an ronge, qui forment te* paroislatérales du foyer, il* #e brûlent en dégageant une chaleur assez intense pour déterminer un tirage très-violent dan* la cheminée verticale dont la humeur règle l’appel de l'air froid snr tes grilles des ahm-lier# chargés de charbon de terre.

Avec deux système* de fours accolé», placé» chacun à l’extrémité des séchoirs, on pourrait chauffer d'ane manière continue; car oti peut toujours avoir nn four •*n feu, pendant qu’on en emplit nn on qu’on vide les deux'autres; on a do la sorte toute facilité pour cuire un four tous les tro s jours. Différente* espèces de registres permettent d'interrompre à volonté la communication des conduits d’un four avec la cheminée d’np pel, pour qu’il y ait isolement d’un appareil pendant qu’il ne fonctionne pa», c'est-à-dire pondant qu’on l’emplit on pendant qu’on le vide.

On voit que celte méthode peut s’appliquer fiieiloment, et qu'un des grands avantage* qu’èlle présente est de pouvoir s’adapter, 'sans de grandes dépense», à •les fours déjà construits. Du reste, le procédé de l'an-

POTERIES

POTERIES

t-'ur s’applique à toute espèce do fours en usage dans les fabrication* céramiques.

M. Bonnet a fait breveter, en 1845, un fonr pour les mêmes usages, dans lequel on remarque le» dispositions employées en Angleterre. On voit, d’après la faveur avec laquelle les prooédés do M. Haud ont été suivis, que cet intéressant problème do la combustion complète do la fumée et du chauffage économique des séchoirs a reçu do l’autro côté du détroit une solution pratique.

CniBSON DES POTERIES.

Quand les poteries, quelles qu’elles soient, ont été séchées convenablement, on les porte nu four, pour les cuire lorsque co sont des poteries simples, pour les préparer à recevoir les glaçures lorsqu'elles sont composées .

Nous n’avons rien à dire, dans cet article, des procédés dont on se sert pour enfourner et enoatter les pièces, soit pour los cuire en biscuit ou dégourdi, soit pour les ouire en verni», que ces vernis soient ou des émaux , ou des vernis proprement dits, eu des rouvertes. Nous n 'avons même pas à rappeler les méthodes nu moyen desquelles on prépare, ou broie, ou upplique ces

glaçtires Mais avant de nous occnpcr des combustibles dont on fait usage dans In cuisson, nous dirons qu'en Angleterre on trouve des établissements qui ne font autre chose que de préparer les perneltcs,

dispositions. I.c moule est en métal, enivre ou bronze; il est en deux coquilles ; il donne plusieurs exemplaires disposés symétriquement et de te. le façon, quo les points supérieurs soient donné» parla coquille supérieurs du moule, les points inférieurs par lu coquille inférieure. On obtient lu pression sur la croûte, qu'on a mise entre les deux coquilles, au moyen d'une presse it vis. On chauffe ia métal pour obtenir In dépouille nécessaire nu démoulage. On prépare ainsi tous los modèles dont on n besoin et qne représente la fig. 3697.

On sait qu’on fait emploi de bois et de charbon de terre pour cuire lA poterie de terre, la faïence commune et la faïeuoe fine; la cuisson de la porcelaine dure nu moyen du combustiblo végétal était *«tile rugnr.lée comme possible par un grand nombre d'indus, triels : aussi les expériences qui ont eu pour but ln cuis* sou de la porcelaine dure au moyen de la houille ontelles tixé très-vivement l’attention générale. On a déjà vu la notice de M. Ebclmcn et son savant rapport sar le four de Noirlac a l'article IIouili.b. Nous compléterons ccs renseignements intéressants par l'extrait d’un trnvnil consciencieux de M. Redon sur les tentatives suivies de succès exécutées à Limoges [vendant l’année 1857. Ces expériences ont été dirig. es par la chambre consultative, demandant à s’éclairer sur un fait industriel qui, bion que déjà traité dans d'autres contrées manufacturières, n'en avait pas moins pour le Limousin un grand intérêt do nouveuuté d’abord, et un intérêt plus grand encore au point de vue de la production économique et du développement de l’industrié de la porcelaine Depuis longtemps, la cherté toujours croissante des bois et la crainte de leur insuffisance inquiétaient non-seulement les fabricants, mais encore la population ouvrière, dont l’existence et lo bien-être dépendent en grande partie do la prospérité dos manufactures de porcelaine.

Un doit à M. Mnrquet, de Limoges, d'avoir été le premier instigateur de la cuisson à 1a houille par des méthodes perfectionnées que nous allons décrire. Il a fait ses essais d’abord avec lo système Bordone, qui consiste dans l'application des grilles à gradins, puis avec celui de M. Mon rot, an sujet duquel nous allons outrer dans quelques détails ot qui conduit à dos données pratiques.

pattes de coq ou colifichets, dont on fait usage pour isoler les pièces dans lo four, et les empêcher de se coller entre elles ou sur les pièces qui les supportent dans les étuis. Ces peruettes, de forme toute particulière, s’obtiennent par moulage et sans la moindre difficulté. La figure ci-dc&sti» représente leurs principales

Les premiers essais de ce dernier système furent faits dans un four do 2 mètres de diamètre cubant de 7 à 8 mètres cubes; la réussite presque complète encourngeu les inventeurs, désormais assurés que l’application do leurs appareils aux fours de plus grande dimension se ferait avec plein succès. On les disposa de

POTERIES

POTERIES

tuile pour cuire un four Je 5m,33 de diamètre. Doux fournées ont été suivie» comme expériences pour étudier lu marche du four uprèa su modification. Nous donnons en détail le» circonstances dans lesquelles on s’est placé. C’est le meilleur moyen de fuirc connaître les conditions dans lesquelles on obtiendra de bons résultats. Les procès-verbaux qui suivent pourront ainsi servir d'enseignement utile. Nous commencerons par inset ire la dépense ot l’allure du même four avant l’addition de l'appareil pour cuire à la houille.

Le four, précédemment au bois, cubant 92ni«50, était muni de six nlandier* ; la durée moyenne de sa cuissou était de quarante-cinq, heures, et sa consommation de 401 stères 47 centistères de bois v&lunt, rendu dans la enge du four, environ 4320 francs.

Par suite do su transformation, rien n’a été changé dans les profils et la dimension intérieure de ce four; le* foyers ou alandiers ont été portés nu nombre de dix ; les orifices d'entrée de la flatnme dans le four, dits bouches k feu, ont été conservés dans les même* dimensions qu'au bois ; la cheminée do même, et les carttonux de pourtour augmentés de quatre, on tout dix.

L'appareil a combustion, dont la di*|»osition constitue toute la nouveauté, se compose d’une grille horixontale formée de barreaux ordinaire» eu fonte, espacés de 0,0015. Su longueur est do 0",90, et sa largeur de 0“,75, donnant une surface do 0",6750. Cette grille est munie en son milieu d'uno boite rectangulaire formant trémie, dont le but est d'alimenter la grille par la partie intérieure (fig. 3698).

L'alimentation se fait à l'aide d’un chariot on fonte, on on forte tôle rivée, contenant environ 3 kilog. de houille, et qui, glissant sur les deux guides en fer, vi-

Aussitôt que le chariot est engagé sous la trémie, le combustible du foyer se renouvelle par la nouvelle charge qui, s'élevant, soulève constamment devant elle les couches de houille déjà eu ignitkm. L'iutroduction du combustible se fait ainsi sans ouverture de |>orte( et, pnr conséquent, sans admission d’air froid sur le foyer.

I.e fonr ainsi préparé, l'enfournement fait dans les mêmes conditions qu’su bois, on procède à l'allumage.

Les grille» sont chargées de 85 kilogrammes de houille; it l'aide d'une ouverture ménagée dans le mur de faco du foyer, on introduit du menu bois auquel ou inet le feu avec un peu de paille. Ccln fait, l’orifice d’allumage est bouché et bien luté ; le feu gngne rapidement la houille, et, un quart d'heure après, la première charge est élevée dans chaque grille ; pendant les deux premières heures, les charges ne sont faites que de douze en douze minutes, et augmentées progressivement jusqu’à douze heures de feu. A cet instant, on commence le grand feu, en chargeant toutes les trois minutes au plu», et en ajoutant à la houille trois bûchettes de bols.

I.n flamme commencé alors à se dépouiller de sa fu mé«, et au bout de six heures do grand feu, c'est-à-dire ) après dix-boit heures de chauffe, le globe est parfaitement purge, et la finmtne s’élève en gerbes très-pures des carneaux et de la cheminée; à partir de oet instant jusqu'à la fin de l’opération , l’élévation des charges ne donno plus la moindre production doïumée.

Après vingt-deux heures de feu, loi montres peuvent Tare retirées ; la glaçnre doit être brillante, et généralement après vingt-neuf à trente heures la porcelaine est cuite.

I Lorsqu'on a jugé la cuisson suffisante, la dernière

sihlcs en plan don* la figure ei-dessns, vient se placer j directement sous la trémie dans laquelle il est élevé en : pesant sur un levier; le combustible, d’abord soutenu au moyen d'une petite grille mobile placée au fond du chariot, qui s'accrochait sous la trémie au moment où l’ascension était accomplie, est, d’après le nouveau système, maintenu par lo fond qui monte on descend I à l’aide de la disposition que représente ln figure 3699. Dans sa position normale, le chariot en dehors du foyer présente k caisse ouverte et pleine de combustible; la qnouc de l'appareil fait le fond delà trémie et retient lo combnstible ; pour charger, on pousse le chariot, on appuie sur le levier pour faire monter lo fond guidé dans son mouvement ascensionnel par les glis. Bières qui forment les joue» latérales do l’appareil, et on ramène le chariot en avant ; on ne relève le levier pour faire descendre le fond que lorsque la boite à combustible est complètement en dehors du foyer. Dan* le premier système, à chaqno chargement la petite grille devait être retirée.

charge de honille est remplacée dans le chariot de chaque alandier par deux briques qui achèvent d’élever sur la grille le combustible contenu dans ln trémie. Après la cessation des charge», les appareils, contenant alors une coucha do houille do 30 à 40 centimètres, ont pu fournir encore de la flamme (tendant près de deux heures.

Dans cos fournées, la consommation est ordinairement pour le four des dimensions indiquées :

Houille de Commentry ordinaire . . 7,935 kilog.

Houille do Chorlcroy 3,965 —

H, 900 kilog.

Bois en bûchettes, 2 stères 1 /2.

Dépense évaluée comme suit :

7,935 kil. houille de Commentry, à 40 fr. 75 c. ln

tonne 323,35

3,965 — houille da Charleroy, à 64 fr. 75c. 256,45 2,5 st. bois à 13 fr . • . . 32,50

Total 612,30

POTERIES

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