TANNAGE
TEINTURE
CU
25 centimes, soit 10 centimes pour 7500 calories qu’au kflog. do houille du prix de 2 à 3 cent, peut produire. H. faudrait une bien grande économie à l'emploi pour
qu'une semblablcdiflércnce pût dtre compensée et qu'un perfectionnement de la machine h vapeur ne lui rendit pas bientôt la supériorité.
TANNAGE. M. Knnpp, qui a fait sur le tannage d'intéressantes recherches, pour arriver à formuler la théoriè de cette opération si obscure jusqu'à ce jour, a mis hors de doute quelques principes fondamentaux que nous allons rapporter.
Le but qu'on se propose d'atteindre par l’opération du tannage est double. 11 faut d'abord détruire autant que possible les tendances do la peau à se putréfier, puis faire que, lorsqu’elle se sèche, elle reste maniable, élastique.
Cest & tort que l’on veut oon sidérer les opérations effectuées comme constituant seulement une véritable réaction chimique , que l'on veut voir dans la peau un corps s'unissant au tannin ou aux matières tannante», et le comparer à la gélatine; on a été même jusqu’à dire que le cuir ordinaire est du tanuate de gélatine, etc.
Il suffit de la simple discussion des faits connus pour démontrer combien cette manière do voir est éloignéo de la vérité. D abord, les os acidulés, qui donnent de la gélatine aussi bien que la peau, ne sont pas susceptibles de donner un produit qui, de près ou de loin, ressemble à du cuir, quelle que soit la quantité do tannin, qnel que soit le temps du contact. Puis, les sels de for et d'alumine qui tannent le cuir ne précipitent pas la gélatine ; enfin, la graisse qui tanne parfaitement bien n’a aucun rapport avec le tannin.
Pour M. Knapp, la matière tannante a seulement pour fonction d’envelopper les fibres de la peau, de telle manière que leur adhérence devienne impossible, et t^uo la peau conserve sa qualité maniable après la dessiccation, ou tout au moins puisse la retrouver par une action mécanique ; ce qui est pour lui le vrai caractère du tannage. Pour démontrer sa proposition, il a institué une série d'expéricncesdnns.le but do tanner la peau, sans l’emploi do substances tannantes.
En considérant que les filaments ne se collent que lorsqu’ils sont pénétrés par l’eau, il est arrivé à l’idée do mettre la pean détrempée en contACt avec tin liquide (l'alcool ou l'étlicr, par exemple) qui, chassant l’eau j. or endosmose, pût ôter par cela seul aux filaments cette propriété de se coller. Selon ses prévisions, il a obtenu par la seule action de l'alcool une peau mégissée bien blanche, d’une constitution telle, que tout praticien est forcé de la reconnaître comme peau mégissée. Or, c’est bien là le vrai cuir sans matières tannantes, qui dans l'eau redevient peau et par la cuisson se change en colle.
Cette dernière expérience prouve surabondamment qüe le tannage n’est pas une action chimique, que c’est uuo opération qui produit la conversion de la peau, que la dessiccation rendrait cornée, en une matière qui reste flexible, malgré la dessiccation. Quant aux autres qualités que le eufc peut prendre dans l’opération dn tannage, telles qne l’imputrescibilité, etc., on peut dire qu’elles no sont pas absolument inhérentes à la nature du cuir; elles ne sont d’ailleurs que relatives, et on les obtient à des degrés variables, selon les produits employés et selon les épreuves qtie la peau doit subir.
On comprend qu’en outredn caractère decuir, la peau
reçoive de l’action des sels métalliques d’autres propriétés, qu’elle devienne, par exemple, relativement imputrescible ; les sels d’alumine et do chrome étant des antiseptiques et formant d’ailleurs autour des filaments une enveloppe qui les préserve du contAct do l’air et les rend moins hygrométriques. On comprend aussiqu’une peau soit plus ou moins bien tannée : ainsi, par exemple, il n’est pasplusdifiiçilc d’admettre qu’un cuir tanné au tan résiste mieux au carbonate de soude qu’un cuir préparé au tannin, que d’admettre qu'une matière tinctoriale {bon teint) tienne mieux à la lainequ' une autre (mauvais teint), sans que l’on veuille pour cela admettre deux modes d'action dans la teinture ou deux modes d’action des substances tannantes.
En dernière analyse, : le tannage n'est pas une
opération chimique. Le cuir tanné ri est pas plus du tannate do gélatine que le cuir mégissé n'est une combinaison de gélatine avec le sous-sulfate d'alumine.
2° La preuve en est dans les faits suivants :
Certaines matières qui peuvent, comme la peau, so convertir en colle, ne donnent pas do cuir.
Les matières tannantes ne sont pas absorbées par la peau en proportions définies.
Les divers sels tannants ne s'unissent pas à la peau en raison de leur équivalent chimique.
Lcb sels tannants, le tannin lui -même, peuvent par des lavages être séparés de cuir, du manière que celui ci redevienne peau.
Les corps gras qui n’ont aucun rapport avec les composés astringents tannent le cuir, et cela sous des poids minimes.
Les peaux peuvent acquérir les propriétés que donno le tannnge sans l'emploi do composés tannants.
Enfin, des substances peuvent s’unir à la peau et la rendre imputrescible et non susceptible de former de la gélatine, sans pour cela lui donner les qualités du cuir.
Pour l'auteur, le cnir diffère de la peau sèche en co que dons celle-ci les fibres sont adhérentes les unes aux autres, tandis que dans celui-là elles restent isolées les unes aux autres ; le rôle de la matière tannante est de produire et de maintenir cet isolement. .
TEINTURE. On connaît sous le nom de teinture, l'art de communiquer aux diverses matières textiles des colorations variées. M, Chevreul définit la teinture, l’orl d'imprégner, aussi profondément que possible, le ligneux , la soie, la laine et la peau, de matières colorées qui y restent fixées mécaniquement ou par affinité chimique, ou enfin, d la fois, par affinité et mécaniquement. (Travaux de la commission française, t. V. Tapisseries, p. 51.) Nons aurons à traiter de cette partie très-importante de la science industrielle, dans ses rapports avec Ica divers tissus que l’homme a su, par de persévérants efforts, introduire dans les usages domestique», le lin, le chanvre, lo coton, parmi los matières textiles d’origine végétale, la soie, la laine, parmi les matières textiles d’origine animale. Nous ne devons mentionner ici que pour mémoire les matières textiles d’origine minérale, rommo les verres filés, les asbestes, los amiantes, etc., matières qui, comme la soie, la laine, le coton, ont été transformées en tissus. Ij* colo-
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ration de eus substances n’est pas du domaine de la ■teinture.
La coloration dos fibres textiles, par certaines matières colorantes déterminées, n'est pas lo résultat d'uno simple superposition mécanique. Nous démontrerons par la suite que si 1 étoffe peinte ne peut être considérée d’une manière absolue comme un composé chimique parfaitement défini; elle doit l’être au moins comme lo produit de l’affinité réciproque do l'étoffe et de la couleur. C'est là ce qui distinguo la teinture de la peinture.
Mai» pour que les couleurs puissent s'unir aux tissus et contracter une adhérence, sans laquelle il n’y n pas de teinture, il faut qu'elles soient présentées dans un très-grand état de division, tel que celui, par exemple, qui résulte de la dissolution du principe utile dans un liquide approprié, ha porphyrisation do la matière colorante et sa suspension dan» l’eau, même dans tout autre liquide, no sauraient convenir pour autre chose que le cas des colorations artificielles obtenues par tniufuc pénétration de la couleur dans les alvéoles des fibres toxtiles. Ce no sera que le cas exceptionnel : il n’y a là, en effet, qu'un cas particulier de teinture.
Pour obtenir des teintes belles, solide», uniforme» sur le» fils et sur le» tissus de coton, du chanvre, de lin, de laine et de soie, il faut que ces matières soient complètement, convenablement au moins, dépouillées de toutes substances étrangère», colorée», grasses, gommeuses pu résinoïdes qui s’y trouvent naturellement, ou que le tissage ou le filnge y ont introduites, et qui feraient obstacle à la fixation des couleurs dont on voudrait les teindre. Le» matières textiles doivent «lune être soumises préalablement aux opérations du blanchiment.
L’art de la teinture embrasse ainsi pour le savant, comme pour l’indubtriel, des connaissances excessivement complexe». L’un et l'autre, en effet, doivent faire une étude approfondie des principaux caractères de» matières textile» elles-mêmes, tant au point de vue des opérations du blanchiment, qu'à celui plus spécial do la teinture proprement dite. N’importe-t-il pa» de savoir comment ces éléments so comportent, lorsqu'on les expose à l'action des divers réactifs potidaht les opérations du dégraissage, de la décoloration et de la teinture, soit par voie d'immersion, soit par voie d'impression directe ou par l'intermédiaire de» mordants ?
N’importe-t il pas encore, j»our l'un et l'autre, d’approfondir les propriété» des matières colorantes organiques ou minérales ; ne faut-il pas savoir les préparer, les purifier, déterminer leur valeur commcrciàlo et apprécier les fraudes auxquelles donnent lieu les transactions dont elles sont l’objet? Aujourd’hui la confection seule des extraits de bois de teinture constitue l'uno de» plus importantes industries dont le chimiste puisse désirer conualtrc les secrets.
Nous aurons à distinguer dans l'art de la teinture des principes que la scieuce a posés, que l’industrie noeepte et dont elle ne s’écarte pas; ces principes forment un corps do doctrine reconnue par les fabricants, que les notion» scientifiques professées dan» tous le» centre» industriels ont rendu» familier» aux idées de progrès.
La teinture ne se pratique pas seulement sur le» fibres en laine, ou flocons, ou fils ou tissus, pour l’obtention des colorations uniforme». Souvent elle doit conduire à la reproduction de couleurs dans lesquelles on fait intervenir le» procédé» do teinture proprement dite, et ceux de l'impression, lorsqu’on applique par les voies mécanique», ou des réserves ou des enlevages. Nous aurons donc à considérer dans leur ensemble les diverses méthode* employée» a l’impression dos tissus. Ici nous aurons à faire apprécier le» diverses phases du mordançage, des réserves, des eulevages, combinés
avec les opérations du fixage des mordants, de l’avi- . vage des couleurs et do leur fixation.
Nous terminerons cet article par un examen aussi complet que possible des moyens d’essai que fournit la science à l’industrie pour la guider dans la recherche des méthode» employées dans la fabrication ou dans la teinture.
J’ai pensé qu’il était convenable, pour faire comprendre l’importance detf industries que nous allons étudier, dégrouper des chiffres qui permettenfd'apprécier d’une manière exacte les progrès qu’ont réalisés, depuis le commencement de ce siècle, les industries dn coton, du lin, du chanvre, de la laine et de la toie ; progrès auxquels assurément ne sont pas restés étranger^ les perfectionnements apportés dans l’art de la teinture et de l’impression pendant la même période.
A ces deux industries nous associons celles qni concernent le blanchiment et la confection de» matières tinctoriales.
Rien qu’il ne rentre pas dans notre cadre de traiter ei profeuo de» diverses phases par lesquelles passent le» diverses matières textiles pour prendre la forme de fil» ou de tissus, nous pensons devoir extraire des rapports officiels contenu» dan» les travaux de la Commission française près l’Exposition de Londres, en 4851 , des chiffres exacts qui fixent d'une manière bien positive l'influence qu’exercent sur la classe ouvrière, sur son bien-être, et sur la circulation générale des capitaux,'les industries du blanchiment, de la teinture et de l’impression sur étoffes. Ces industrie» reçoivent directement et successivement les fils et le» tissus, consommés rarement sans avoir été blanchis, apprêtés, teints ou imprimés.
Le programme très- étendu que nous venons d’exposer nous donne toute latitude pour développer sans répétitions oiseuses des faits connus, les progrès réalisés 1 dan» les diverses branches qni, par leur ensemble, constituent l’art de la teinture. Cet article sera donc conr* piété, pour ceux qui désireront en faire un (oui presque synoptique, par la lecture des deux premier» volumes du Dictionnaire des Arts et Manufacturée. Nous aurons soin, du reste, de renvoyer aux articles déjà parut, pour plus ample» informations. Nous aurons , par cette méthode, toute possibilité d’intercaler avec ordre les nombreuses observations, tant théoriques quo pratiques, qui ont pris place dans la scionce et dan* l’industrie depuis 4855, et qui ont trait, soit nu blanchiment, soit à la teinture proprement dite, soit à l’impression, soit encore à la préparation mécanique ou chimique des matières tinctoriales. Nous commencerons par l’étude des faits commerciaux qui nous sera- . blent propres à démontrer l’importance des industries ' qui s’occupent des matières textiles. Nous la ferons suivre d'observations nouvelle» sur le» propriétés de ces matières considérées au point de vue chimique. La découverte de nouveaux principes propres à dissoudre ces matières pourra un jour jeter les plus vives lumières sur la nature des phénomènes de la teinture proprement dite.
§ 1. DEB MATI LUE» TEXTILES Considérées dan* leur développement industriel et leur rapport arec le* opérations de la teinture.
Coton. — L’industrie du coton, originaire de l’Inde, ne s’introduisit que lentement et tardivement en Europe, d’abord par le* Maures qni, dans lo dixième siècle tentèrent de la naturaliser en Espagne. De nouveaux essais furent faits dan» le quatorzième et le quinzième *iècle en Italie et dans les Pays-Bas, mais sans qu’il en résultât aucune industrie de qucdque importance.
C'est en 4569 quo la première balle de coton fut importée dans le Royanmo-Uni: on 4641 la fabrication était complètement installée sur une grande échelle à
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Manchester. En 1678, ou y tissait environ 900,000 kilogrammes de coton par an. Mais, à cette époque déjà, do nombreuse* réclamation» «'élevaient contre l'introduction de* tissas de coton de* Indes; on demanda la prohibition qui ne put être décrétée qu'en 1700 : à l’ombre de cette protection, l’industrie se développa tellement qu’en 1851 elle représentait 700 million» ae franc» d’exportation, et 600 millions de francsdeconsommation intérieure. En France à la thème époque cotto même fabrication ne représentait que 50 million» d’exportation, mais 580 millions de consommation intérieure. Pans ro premier chiffre figurent beaucoup de tissus de coton teint* ou imprimés. Ainsi, pendant 1849, les toiles peinte» figurent pour 900,000, et en 1850 le mémo article figurait pour une somme de 4 ,488,540 franc*.
La consommation par habitant de France en 1790 était 1/5 do kilogramme, lorsqu’on Angleterre chaque habitant disposait de 1 kilog. 1/2.
L’enquête de 1834 a constaté que 34 millions de kilogrammes entraient à celte époquo dans les manufactures françaises et qu’ils arrivaient au consommateur pour uno somme de 600 millions. En Angleterre 1 25 million» de kilogrammes sont mis en œuvre, 72 million» sont oxpdVté», c'e«t-n-dire'450 millions do francs.
Alors la Franco spécialisait dons l'industrie cotonnière la perfection dn travail, l'amélioration de» fils ; l'Angleterre au contraire spécialisait la production à bon marché. Dans ces donx voie» différentes depuis 4816 chacune de ces deux nations avait triplé sa production et réduit ses prix de moitié. Elles étaient arrivées au même résultat.
En récapitulant depuis 1816 jusqu’en 1849 les chiffre» qui représentent la mise en oeuvre des cotons en Europe M. Mimerel (rapport sur l’Exposition de Londres) a dressé le tableau suivant comprenant de» périodes décennale» :
En 1816 80 millions do kilogramme»
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Ce n’est pas seulement le climat qui détermine l’emploi des tissu» do coton ; la civilisation exerce aussi son influence sur cette partie do la consommation publique et cette observation explique l’importance que nous attachons à ces documents statistiques. En effet, si le l>as prix du vêtement de coton est cause de son emploi fréquent par lo peuple, la souplesse du tissu, la délicatesse dos couleurs qui lo teignent, lo rendent propre encore à l'nsage des classes plus aisées. On en pourrait déduire, avec M. Mimerel, qiie le bien-être et la richesse d'une nation peuvent dans certaines limites se mesurer d’après l’importance de leur consommation en tissus do coton.
A l'appui de cette opinion je reproduis ici le tableau qui rèsumo par nationalité la consommation de chaque habitant:
Angleterre .
Rolgiquo . .
Franco . . .
Zollverein. .
Autriche .
Suisse. . .
Espagne. .
Russie . .
Nous observerons relativement à la France que, plus élégantodnn» ses habitudes, sa population se vêt avec des tissus plus fins, c’est-à-dire d’une plus grnndo snperficie pour un même poids. • Si les habitudes do • l'Angleterre pénétraient chez nous, la consommation « s'élèverait pour chaque habitant au delà dc2 kilog.»
En cherchant à faire l’évaluation des salaires attribué» à l'industrie du coton, on trouve aue la masse filée et tissée par annéo s'élève à 485 millions de ki- It -grammes ayant uno valeur do 6 francs 1 un , ce
qui fait plus de 3 milliard». La valeur des matières premières et des substance» tinctoriales est environ de 800 millions; il faut déduire la valeur du loyer et l’intécêt des capitaux engagé». 11 reste environ X milliards. En France, où la consommation représente 630 millions, la part de» solaire» e*t donc d'une importance considérable, environ 378 million».
L'Amériquo et la Rn»»ie sont sans doute appelées à changer cet état de choses, et peut-être dan» un avenir assez rapproché. La première possède le coton, et la seconde jouit de la main-d’œuvre à des prix très-faibles. * Aujourd'hui les Américains importent en Chine pour 40 à 42 millions de franc» de tissus non imprimés ; lorsque leur» tissu» imprimés seront plu» satisfaisants il» en introduiront beaucoup pin»; l'exportation dune le» Indes est tellement menacée qu'on a dû protéger les produits de la métropole par uneflifférence de 5 pour 4ü0 »nr le» droits qu’il» payent à l’cnfrée. I.e* produits jjjiglm» pavent 5 et le» produits américains 4 0 pour 0/0.
L'Angleterre cherche à conjurer ce danger qu'elle voit grossir à l'horizon ; elle veut introduire dans l’Inde, en même temps qu'elle favorise son exportation, les cotons d'Amérique en les naturalisant. Jusqu'ici ses essai» sont resté» sans résultats, malgré de nombreux sacrifices ; car il y \a du chômage de se» nombreux atelier» dan» an avenir plus ou moins prochain, si par la suite leur alimentation repooait sur le bon plaisir d'une nation rivale; l’Angleterre ne s’arrête pas devant les obstacle» que lai présente la nature transformant snr le sol des Indes les longue» soies de l'Amérique en espèce» à duvet très-court. Elle appello le chimiste à son aide et dès 1851 un fabricant anglais présentait à l'Exposition des produits obtenus avec le lin et possédant l'aspect dn coton.
Ce qno tente l'Angleterre dans les Indes, la Ru*»io l’essaye dans se» provinces du Caucase. Pè» 1849 on filait à Moscou, en cotons indigène», presque la dixième partie des cotons que l'empire rosse tout entier consomme annuellement.
La France, plus heureuse que l’Angleterre , a l’espoir de posséder dan.» sa colonie d'Alger les plus belles ressources pour produira le coton : c’e*t assurément uno Conquête agricole et industriel!» bien capable do payer le» sacrifices de sang et d'argent qno le pays s’est imposés. Ces considération» ont une certaine importance ; car la substitution de cotons nouveaux à ceux auxquels on a recours aujourd'hui, pour la filature et lo tissago, conduira à de» modifications dan» les rapports de ces matières textile* avec le» matières colorantes. Nou* reviendrons snr cct intéressant sujet, en nous occupant de la teinture proprement dite. (Voyez Coït»».)
Lin et chantrt. — Pin» de trente année» s’étaient écoulée» depui» que le filage mécnrùqne dn coton avait transformé l’industrie anglaise; du* progrès eon»!dé“ ruble» avaient été signalés dan» la n»in d’(JBUVre et dans la qualité du travail, et, do ce côté dn détroit, peu de distance séparait notre industrie de celle de la Grande- Bretagne. Le lin avait résisté ; il restait encore dan» le domaine de la quenouille et du rouet. Cependant 1a filature dn lin devait ouvrir nn nouvel avenir à noe manufacture» et le prix d’un million de franc» pour l'inventeur de la filature mécanique du lin ouvrit le» yeux «tir l’importance de la question. M. Philippe de Girard réalisa les conditions du programme, et s'il fnt privé de» récompense» auxquelles lui donnaient droit et son génie et sa persévérance, il ne faut en accuser que le» préoecupation» qui pendant les années 1812 et 1813 absorbaient la France et son gouvernement.
Avant comme après Philippe de Girard, on avait proposé divers systèmes en vue de la filature mécanique du lin; mai» quelques-uns d'entre eux n 'avaient pour but que d'appliquer à la filature mécanique «lu lin les
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méthodes en usage dans la filature du coton. L’entière réa&site devait au contraire avoir pour hase et ^our point de départ ce que la pratique avait appris dans la filature n la main ; il fallait faire exactement ce que fait la fileuse elle-même : aller chercher dans la poigneo de lin la petite quantité de brins dont elle a besoin, les démêler, les tendre et les humecter avec de la salive. Inventés en 1810, comme le prouvent les brevets pris & cette époque par Philippe de Girard, puis appliqués à Paris, eu Autriche, en £axc, ces procédés, basés, d'une part, sur l'emploi de peignes qui hasculentles uns sur les autres, vont chercher et étirer les filaments pour les conduire an cylindre étirenr, d'antre part, sur l'emploi de l'eau tiède pour dissoudre la matière glntineuse qui soude les fibrilles composant le filament de lin, ccs procédés restèrent inconnus en Angleterre jusqu'en 1819. Des documents irrécusables prouvent en effet que c'est dans la période qui sépare 1820 de 1824 que la filature mécanique du lin fqj établie dans le Royaume-Uni. Des essais plus ou moins heureux avaicut été faits, mais ils ne conduisirent pas à des résultats complets. L'invention ne doit dater que du jour où la révolution s’est accomplie, et nous avons dit qu’elle l’avait été par l'emploi de l'eau chaude et des peignes sans fin créés par Philippe de Girard. Telle est la part de la France dans l'application de la mécanique à 1k filature du lin. La part de l'Angleterre est considérable, surtout dans les perfectionnements, car c'est elle qui a réglé les machines préparatoires, c'est elto qui a complété le système de l'assortiment des machines , c’est elle encore qui a trouvé le filage à sec des élonpes.
L'importance du blanchimeut dans ses rapports avec les étoffes de lin motive l’exposé que nous allons pré. senter ici des détails sur l'importance de l'industrie linièro en Angleterre comme en France. Ces détails sont extraits presqne textuellement du rapport de M. Logent il sur l’Exposition universelle de Londres en 1851.
Si la France a tardé trop longtemps à s'approprier la filature mécanique du lin, la Belgique et l’Allemagne ont encore montré moins d'emprossement. On trouve la cause de cette situation dan* la culture même du lin très-répandue sur ce territoire. Lo lin était filé, puis tissé manuellement par des ouvriers débiles, ce travail s’alliant du reste aux travaux des champs: les capitaux d'ailleurs étaient beaucoup moins pressés de se porter sur cette industrie exercée déjà dans des conditions d’un salaire très-modique.
En Angleterre do nombreux et très-habiles méca niciens, une population ouvrière familiarisée depuis longtemps avec l'usage des machines, la vue de fortunes colossales créées par l’exploitation de l'industrie cotonnière, tous ces puissants mobiles entraînèrent les spéculateurs. L’Angleterre marcha donc d’un pas forme dons cette carrière, après avoir pris une avance considérable sur toutes les autres nations.
L’accroissement annuel de la filature et du tissage du lin devrait être le plus puissant encouragement à la culture do. cette matière textile dans les pays qni la cultivent et la mettent en œuvre. 11 n'en est cependant rien, comme lo prouvent les données statistiques qu’on a pu recueillir. Une des grandes difficultés de la culture du lin réside dans l’opération du rouissage ; c’est tout à la fois une cause de retard dans la 6olde du travail du producteur, une cause d’in.-alubrilé dans la localité qui se charge de miasmes, surtout lorsque le rouissage s’opère dans des eaux stagnantes.
Depuis 1847 des essais ont été faits pour faire disparaître les inconvénients de cette préparation ; l’eau chaude proposée par M. Sclienck n’exige déjà plus ponr les tiges de lin que soixante heures d'immersion. En 1850, M. Donlan a proposé le broyage mécanique
dn Un qui sépare la tige ligneuse du filament, et qni supprime le rouissage; on file la filasse à sec, et l’on tait bouillir le fil avant le tissage. Ce moyen ne peut servir qu’à l’obtention de fils très-communs. Enfin, M. Claussen propose de plonger In tige dans une solution chimique appropriée ; trois heures d’immersion suffisent pour détacher la filasse de la tige ligneuse qu’elle, enveloppe. 11 va pins loin : il blanchit complètement la filasse, la divise et la colonise en quelque sorte. Mais y a-t-il avantage à faire du coton avec du lin? ponrquoi ne pas réserver le cœur dn lin qni produit un élément textile plus précieux que le coton ?
De tontes les nations, celle qni cherche le plus actuellement à rérvandre 1a culture du lin est l' Angleterre ; ello fonde ses espér.mces de succès sur la division du travail ; on veut séparer les deux industries, celle de la production du lin et celle de la préparation de cette matière tôxtile. La culture s’augmentera du jour où le cultivateur pourra vendre et livrer sa récolto sur pied. La préparation, le rouissage et le teillage da lin se feront beaucoup mieux, lorsque cos deux opération* s’exécuteront dans des ateliers spéciaux, en dehors des champs, où le filatcur pourra réunir intelligence, économie, activité.
L'Irlande peut suffire aux besoins de l’Angleterre ; l'étendue du sol de cette contrée qu’il est possiblo do cultiver peut s’estimer à 15 millions d’acree (1 acre = 65 ares 60 centiares) ; *il ost admis que chaque acre donne 250 kilogr. de filasse, ce qui équivaut à 380 kilogr. par hectare.
Or, la Grande-Bretagne possède un million cinq cent mille broches, qui consomment annuellement 120 à 125 kilogr. de filasse, dont elle tire les trois quarts de l’étranger. Tour trouver chez elle-même la totalité de son approvisionnement, elle n’aurait à ensemencer que 500.000 acres j l’Irlande y snffirnit soûle, car eetto superficie ne représente que la trentième partie de sa surface totale. Le lin d’Irlande est bon; il produit toutes les variété* extra-fines que la Belgique seule est en mesure de produire.
L’Angleterre poursuivra certainement lo but qu’elle se propose, la propagation de la culture du lin, car elle sent qu’un jour ou l’autre ses manufactures de coton manqneront de la mntièro première dont elles font une si prodigieuse consommation. (Voyez Chanvre et Lix.)
Laine. — Peu de laines en fil ou tissus sont livréos en blanc à la consommation ; si l’on excepte quelques casiinirs et les flanelle*, la laine n’est consommée que lorsqu’elle a reçu les diverses opérations de la teinture. Avec les développements de l’industrie des laines doit dono encore se développer l’art de la teinture.
! A ce titre nous trouvons intéressants les chiffres que M. Randoing a réunis à l’occasion du travail de 1a commission française pour l’Expo*ition universelle de Londres.
D’après cet honorable industriel, l'histoire de l’industrie de la laine peut se résumer en France en quatre périodes distinctes.
La première commence à la fin dn seizième siècle, à la fondation do cette industrie, et la création des grands établissements dont la principale force consistait dans les nombreux privilèges qui leur étaient concédés ; elle se termine en 1789.
La deuxième période comprend la durée de l'Empire et le commencement de la Restauration. La situation do la France vis-à-vis de l'Europe entière impose au chef de l'Etat l'obligation de faire do l'industrie l'un des leviers do son action; la fabrication des draps, secondée par les soins donnés à l'agriculture, comme encore par l'esprit d’invention qui caractérise ce siècle, suit l'impulsion des sciences positives, elle sort de
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l*ornière et ne repose plue fur des privilèges ; prenant son point d’appui snr les besoins du pays, elle devient une cause de prospérité. •
La troisième période commence vers <848. Ia*» manufacturiers adoptent sur une grande échelle l'emploi 1 des machines, qu’ils substituent à la force matérielle ; do l’homme. Il en résulte dans la main-d'œuvre une < diminution considérable , une baisse de prix qui développe la consommation dan» une proportion à la tuile de laquelle deux crises successives apprennent au producteur à régler sa marche de manière à ne plus s'exposer à de nouveaux désastres.
La quatrième époque commence en <830. Elle embrasse une longue période pendant laquelle s’effectue le développement régulier de toutes les branches de la fabrication. l<es progrès de la teinture et l’influence du goût viennent se joindre au perfectionnement des outils, et permettent d'ajouter aux produits français des qualités nouvelles.
L’histoire des progrès de l’industrie de la laine en France se lie entièrement à l’histoire do la production do lalaine brute. Ver» le milieu du dix-huitième siècle, la France n’occupait que le septième rang, si l'on classait les nations par ordre du mérite des laines qu’elles pouvaient produire : elle venait après l'Espagne, la Hollande, l'Angleterre, la Saxe, le Palatinnt et le Danemark. Elle tirait «le l'étranger en <780 la moitié de la laino qu’elle mettait en œuvre. Les laines d’Espagne étaient particulièrement employées dan» les filatures d’Elbcuf, Louviers. Sedan Reims, Abbeville, Amiens, Rouen. En <782 la Franco en reçut pour <4 millions «le francs*, en <81 2 sa production s'élevait à 81 millions de francs. Depuis oette époque, il y a développement non-seulement en quantité mais encore en qualité. Le croisement de nos races avec les races espagnoles a relevé nos produits jusqu'à parvenir au troisième rang. Aujourd'hui nous possédons des laines magnifiques, et nous n'importons plus que le cinquième des laine* mérinos que le lilateur demande pour le» transformêr.
En < 854 on pouvait évaluer à 40 millions les montons de toute nature qui vivent en France. Chaque toison pèse en moyenne, y compris celles des agneaux lavés à dos, 4k,800, soit i 2 millions de kilo^. de laine k rai sou de 3 fr. 50 c. le kilog., co qui fait 252 millions de francs pour toutes qualités.
La moyenne de l'importation des années 4849, 4850, et 4854 est «le 55 millions, soit en tout 307 millions. En admettant, ce qui est assez exact d’après une série nombreuse de prix de revient, que la valenr de la laine brute no soit que le tiers de la valeur d’un tissu quelconque au moment où le consommateur l’achète, le nombre total des tissus de laine fabriqués en France s'élèverait à 924 millions aux époques considérées. On livrait alors à l'exportation <46 millions ; il resterait donc pour la population le chiffre de 805 millions ; ce chiffre, pour de nombreuses raisons, ne peut être considéré que comme un minimum.
En Angleterre, d'après les relevé» officiels, dans la mémo période, la laine représentait une valeur créée égale à 925 millions, c’est-à-dire à peu près la même que chez nous.
Nous croyons devoir terminer cet aperçu par l'exposé do quelques chiffres qui représentent le développement des exportations. Mais il convient, pour pouvoir comparer les chiffres que donnent nos douanes à ceux fonrnis par les douanes anglaises, de réunir aux tissus do laine les exportations qui résultent du trafic de» tapis et de la bonneterie.
La moyenne des exportations françaises des années < 827 à 1 836 pour les t issus «le laine divers, y compris les tapis et la bonneterie en général, a été de 38 millions ; les exportations des mêmes produits pendant
l'année 4854 se sont élevéos à 422 millions 500 mille francs. Le progrès réalisé pendant 20 ans a doue été 220 pour cent.
Les exportations de l'Angleterre ont été en 4830 de 418 millions, en 4851 de 246 millions 500 mille francs. C'est seulement 440 pour cent., o’est-à-dire que la proportion d’accroissement a été double pour la France de ce qu’elle n été pour l’Angleterre. Nous exportons même en Angleterre surtout en tissus de mérinos et tissus de nouveautés.
On suppose, d’après des chiffres officiels, que I’indiiBtrie des laines représentait, vers 4852, 446 millions, distribués en France sous forme de salaire par annéo de 300 jours à raison «le 4 fr. 25 c. par journée de 10 heures de travail. (Voyez Laikü.)
Soie. — L’importance de la teintnre dans ses rapports avec la soie donne une valeur toute spéciale aux quelques chiffre» que nous présentons ieh .. On évalue à 3 millions de kilog. la quantité de soie grège annuellement mise en œuvre en France. La valeur de cette matière, variable chaque année, peut être fixée, terme moyen, à 55 fr. le kilog.; c’est donc une valeur de 460 millions qui se trouvent servir de hase première aux confections de soieries et de rubans.
.Suis vouloir suivre avec M. Arlè» Dufour toutes les alternatives de malaise et de bien-être qu’ont subies les fabricants de Koicrics depuis le quinzième siècle jusqu’à nos jours (Rapport snr l’Exposition de Londres, travaux de la commission française, 4854, Paris), nous constaterons que depuis 4848 jusqu’à 4852 l’industrie des soies a été des plus florissantes. Le nombre des métiers dépassait alors 60,000. Cette situation exceptionnelle tient à ce que plu» de la moitié de se» productions s’oxportnnt, elle souffre relativement peu des crises et même des révolutions intérieures, pourvu que scs débouché» extérieurs restant ouvert».
Le» 60,000 métiers qui travaillent pour Lyon sont dispersés dans l’agglomération lyonnaise, le département du Rhône et les départements voisins.
Les agitation^ politiques ainsi que les questions de main-d’œuvre ont fait porter loin de la ville le» métiers § tisser, même les métiers mécaniques; cela s’explique par la valeur des matières premières qu’elle emploie, et qui élève bien autrement que pour le coton, la laine et le lin le capitul qu’exige l’établissement des grandes usines.
On peut assurément évaluer à 375 millions par an pendant les année» 1850, 1854 et 4852 la production de» article» dans lesquels la soie domine.
§ II. DES MATlÈKKfl TEXTILES Étudiées au point de rue de leurs propriétés physiques et chimiques.
Maintenant que nous sommes convaincus de l'importance des industries auxquelles sc rattache» par de nombreux lien», l’art de la teinture, nous devons, saut aller pins avant dans l'exposé des diverses considérations fiscale», économiques ou autres, qui pourraient s’y rattacher, indiquer d’une manière c«unplèto les notions que nous possédons sur le» propriétés physique» et chimique» do» matières textile» employées et désignées dans le chapitre qui précède. Cette élude, pour laquelle nous éviterons les répétitions et do trop longs détails en renvoyant le lecteur aux article» spéciaux concernant chaque matière textile en particulier, nous initiera promptement à la théorie de fort de la teinture, à la pratique de l’une «le» industries les plus dignes d’Lntorêt. Elle nous permettra de comprendra les différences que présente la teinture en flocons, la teinture en échevcnux et la teinture en tissas. Elle nous fera saisir enfin les modifications qu'on romnrque dans le» procédés pratiques appliqué* aux étoffe» de soie, de laine ou de fil et de coton.
TEINTURE
TEINTURE
Nous étudierons les matières textiles dans l'ordre que nous avons suivi jusqu'à présent, en les divisant en uiatièro* d'origine végétale ot matières d’origine animale.
Matières d'origin e c e’gétale.
A cette catégorie appartiennent lo coton, le chanvre et le lin. Ce sont los seules matières textiles d’origine végétale dont nous nous occupions ici.
Coton ou laine d'arbre. — Le coton est, comme on sait, le- produit d'un arbro ou d'un arbuste qu’on nomme roformitr, do l’ordre des mauves ; il ne crott que dans les pays chauds, entre le trentième degré de latitude et la ligne; les terres argileuses, rocheuses, sablonneuses lui conviennent ; toutes les expositions lui sout bonnes, sauf celle du vent du nord, qui pourrait en dessécher les feuilles. Les fibrilles du coton dont l'industrie fait usage ne sont autre chose que les poils qui forment le duvet de 1a graine du cotonnier, dont les sucs ont disparu par le développement et la depsiccatioirt De la finesse des fibrilles, de leur longueur, de leur élasticité, de leur force et de leur douceur dépend la qualité du coton; celui qui réunit ces qualités au plus haut degré a le plus de valeur, d’après M. Michel Alcan, si bon juge en pareille matière.
Rappelons ici qu’il y a plusieurs espèces de coton niera qui toutes ne se prêtent pas avec la même facilité, avec le même bonheur aux opérations de la teinture. Les uns ont la forme d'arbre, les autres n’atteignent pas au delà de la hauteur des arbustes. On distingue, dans le commerce, les cotons suivant la longueur des fibrilles; en les nomme cotons à longues soies ou rotons à courtes soies. La longueur des premiers varie do O^.OiOi K 0",9J9 ; la longueur des seconds est comprise entre 001, 01 4 et 0"’,U25 ; il y a donc dans cette dernière classe des cotons de la même longueur que les cotons longues soies; leur qualité ne permet pas alors do les admettre dans la première classe.
En général, los cotons longues soies viennent do Géorgie, de liourbon, d’Egypte, de Cuba, de Carthagène.
Les courtes soies viennent de la Louisiane, do Cayenne, de Madras et d'Alexandrie. L’Algérie fournit actuellement à la France des cotons de très-belle qualité. Nous renvoyons à l’article Coton, publié dans lo premier volume de ce Dictionnaire, où le lecteur trouvera l'exposé de toutes les méthodes de préparation du coton et les procédés perfectionnés employés dans la filature de cette matière textile.
Chancre. — Le chanvro est une plante annuelle, cannabis salira; la tige droite, velue, dure au toucher, creuse en dedans, a généralement do 4 m,43 à 1 mètres de hauteur ; elle est recouverte d'une écorce qui se sépare on filaments assez déliés. La graine est connue sous le nom de cAènrris ; Linnée en attribue l'origine à la Perse.
Les chanvres les plus estimés sont ceux de l’Auvergno et de l'Anjou, mais ils ont beaucoup moins do souplesse que les lin» ; il est d’ailleurs difficile de les teindre en couleurs claires, car on ne peut les blanchir complètement.
Un. — Le lin est une plante annuelle à tige fine, qui s'élève moins quo celle du chanvre;, elle n’atteint guère que de 0~,70 à 0m,80; elle est creuse et formée de filaments réunis par uue substance ngglutinative qne le rouissage peut dissoudre, et qui contrarierait beaucoup le teinturier si par des procédés spéciaux on n’en savait débarrasser complètement les fils et los tissus. Les filaments du lin comme ceux du chanvre ne sont autre chose que des tubes vasculaires articulés et cloisonnés ouverts à leurs deux extrémités. Cette contexture de la fibre textile ne semble pas être étran-
gère à la coloration de la fibve pnr le* matières tinctoriales; ceux qui n'ont voulu voir dans les divers phénomènes de la teinture que des actions physiques s’appuyaient sur cette organisation de la matière textile. Noua verrons que pour concevoir une idée bien exacte du 'ces sortes de phénomènes, il faut faire la part à toutes les influences qui sont en jeu. Ce qu’il y a de certain, c’est qu'on trouve dan* la laino et dans la soie une organisation, sinon semblable, au moins équivalente.
Le lin et le chanvre ont d’ailleurs avant d’être mis entre les mains du teinturier àsubir de nombreuses opérations qui les transforment, les purifient, les façonnent on fils et en tissus ; nous engageons le lecteur à lire attentivement les articles si bien présentés par M. Alcan sons le titre de LlN. Les traitements manufacturiers qu’on fait subir à ces deux matières textiles soot les mêmes; il faut les connaître pour apprécier le rôle dans la teinture* de plusieurs des agents dont nous ferons usage parla suite. L'article Tissage du même auteur doit encore être étudié pour nous faire saisir le rôle des substances accidentelles que le tisserand introduit pour effectuer son ouvrage et dont il est important que le teinturier fassedisparaltre jusqu’aux dernières traces s’il veut produire dans les meilleures conditions de succès et de bon marché.
Propriétés chimiques des fibres d’origine végétale. — Considérées sous le rapport chimique, les fibres textiles du lip, du chanvre et du coton représentent de la cellulose pure, débarrassée de toute matière incrustante. Nous devons en faire une étndo approfondie, surtout au point de vue du teinturier. Nous ne pouvons ignorer en offet comment cette fibre se comporte au contact des divers liquides dont te teinturier doit faire usage; il nous faut aussi connaître les altérations qu’elle peut subir de la part des éléments employés pour la décolorer lorsqu’elle possède par elle -même uue coloration propro qui doit disparaître surtout pour l'obtention des couleurs très-claires et pures. L’art du blanchiment comme celui de la teinture exige donc la cqpnaissance dos propriétés chimiques de la cellulose organisée.
La cellulose pure est formée de cnrbono, d’hydrogène et d'oxygène dans des proportions qui conduisent à la formule C1* U '• 0 10 — C ® H • O* H- IIO ; elle contient en effet:
Carbone 990 444
Hydrogène ...... 425 6,47
Oxygène . 4000 49,39
A l’état de pureté, c’est une substance incolore, diaphane, insoluble dans l'eaa, dans l'acide acétique, dans l'alcool , dans l’éther, dan» les huiles grasâes et dans les huiles essentielles ; elle résiste à l'action des acides et des alcalis étendus, mais sa résistance est variable avec l’état d’agrégation sous lequel elle se présente.
La cellulose se conserve assez longtemps lorsqu’on l'expose à l’air sec; mais soas l’influence de l’air humide, elle se désagrégé d'abord, puis finit par subir une véritable décomposition.
Le chlorç, le brome, l'iodo, on dissolutions étendue* no l'attaquent que faiblement; mais s'ils agissent à l’état de dissolutions concentrées, le* altérations sont profondes, surtout sous l’influence des rayons solaire». Non- seulement il* agissent comme de» corps déshydrogénant tantôt en s'emparant d’une partie de l’hydrogène, tantôt en fixantde l’oxygène par suite de leur tendance à décomposer l’eau ; ils agissent encoro en vertu des acide» chlorhydrique, bromhydrique. iodhydrique formés, dans les deux cas, aux dépens do l’hydrogène do la cellulose ou de l'hydrogène de l’eau décomposéo.
Le chlore, lo brome et l’iodo attaquent encoro la
TEINTURE
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cellulose en dissolution étendue, lorsque ces corps sont nu coutoct d'une base énergique caustique hydratée, même carbon ntéc ; In dissolution de potasse ou de carbonate de potasse en présence du chlore, du brfiinc ou de l’iode désagrège la cellulose.
Les alcalis, In potasse, la soude, les oxydes solubles, la chaux, la baryte, les carbonates alcalins de potasse et de soudo en contact avec la cellulose, agissent différemment sur elle, suivant qu'ils sont concentrés ou étendus, carbonatés ou caustiques, avec ou sans le contact de l'air. I^s alcaliscaustiques eu dissolution faible, et les alcalis carbonntée même en dissolution concentrée n’oxcerccnt en général qu'uno action assez peu prononcée sur la cellulose; elle est fortement contractée par les alcalis caustiques employas à l'état de liqueurs concentrées; un tissu de coton, do lin. de chanvre se crispe, lorqu'on le touche avec un alcali concentré.
Lorsque, d’après M. Pelonze, on n’élève pas lalempératnre au delà de 160° et qu'on chauffe un mélange de cellulose et de potasse caustique, si l'on verse un acide dans la liquenr provenant du lessivage, on obtient une matière qui présente la composition et les propriétés générales de la cellulose, maisqui se dissout soit h froid, soit à chaud dans les alcalis.
Avec le concours de leur eau d'hydratation les alcn- •lis deviennent fortement oxydants h l’égard de la cellulose; si l'on chauffe au-dessus de 16b*. lorsque la cellulose est en excès, on obtient do Culmine, et lorsque l'alcali domine à 280* il se forme de l’oxulntc do potasse; à 400* l'oxolato se détruit, il n'y a plus que dn carbonate du potasse. La formation de ces sels alcalins est accompagnée d'un dégagement d'hydrogène provenant do in décomposition de l'eau d'hydratation. L'oxygène s'est porté sur la collulosc.
L'action de la chaux sur la cclluloso est très- remarquable ; cet oxyde n'agit en cflfet, même à l'état trèsconcentré, qn'en présence de l'air: dans le vide il n'y a pas d'altération ; dans l'oxygène, au contraire, on remarque uqp désagrégation très-rapide. Cette expérience prouve qne la destruction du tissu résulte d'une oxydation de la matière elle-même; elle conduit à penser que dans la teinture en noir, il existe une cause d'altération semblable, et qne lorsqu'on dépose sur un tissu des protoxydes de fer on do manganèse pour les faire passer ensuite à l'état d’oxydes plus oxygénés, la fibre elle-même peut s’oxyder.
L'action des acides sur la cellulose est variable aveo l’état de concentration de l'acide ; elle varie encore avec la pâture de l'acide. L’acide snlfuriqne étendu n'exerce sur la cellulose qu'une action très-faible, lorsque lo contact n'est pas prolongé- A la longue, la fibre passe h l'état de désagrégation, »c gonfle et devient soluble dans l'ean ; elle passe à l’état do dextrine. L'acide sulfurique concentré opère immédiatement cette transformation, si Von a soin d'ajouter l'acide seulement goutte à goutte, en remuant toujours.
L'acide chlorhydrique étendu forme nnc matière sacrée par «me ébullition prolongée avec la cellulose; il suffit de quelques centièmes d'acide pour changer en glucose le papier, le vieux linge et la sciure de bois.
L’acide chlorhydrique concentré devient, d’après M.Pèloazc, un excellent dissolvant do la cellulose; il la difsout rapidement avec la plus grande facilité.
L’eau forme dans ce liquide un précipité blanc de cellulose; mais si l’on attend un ou deux jours, on n’observe plus do précipité, quand on ajoute l’eau : la cellulose a complètement disparu et la liqueur présente tons les caractères d’une dissolution de glucose.
L'acide nitrique étendu d’ean et à froid *<• comporte avec la cellulose comme l'acide sulfurique étendu. A chaud, il la désagrégé d'ahord, agit ensuite comme oxydant et ln transforme en acide oxalique.
L’acide nitrique concentré et l'acide nitrique fumant
agissent sur la cellhlose en la dissolvant ; l’ean précipite de cette dissolution une matière blanche pnlvémlente, insipide, azotée, que M. Bruconnot rapprochait de la xyloldinc, composé curieux qui se forme qaand on traite l'amidon dans les mêmes conditions.
Si, au lien du traiter la cellulose (coton, chanvre, lin, papier) par l'acide azotique monohydraté, c’est-àdire no contenant qu’un senl équivalent d’eau, nous l’immergeons pondant quelques minutes dans cet acide, et si nous la retirons ensuite pour la laver à grande eau, nou* obtiendrons une matière douée d'une grando combustibilité, tout en conservant la forme de la cellulose; on la nomme pyroxylino. Le collodion n'est autre chose que la partie de la pyroxylino qui se dissout dans un mélange d’éther et d'alcool, contenant 8 parties d’alcool pour 400 d’éther.
L'acide chromiquc et le bichromate de potasse, dont nous verrons qu'on fait en teinture un tirage important, peuvent, à l’état de dissolution étendue, m* trouver en contact avec les fibres textiles végéüyjes, rans leur faire subir d’altération appréciable, pourvu que le contact n’ait pas lieu sous l'influence de la lumière solaire. Il fant éviter l'action du soleil, qui déragrégo promptement, surtout avec une dissolution concentrée.
I-es caractères qui précèdent, et sur lesquels nous avons cru devoir nons étendre longuement, fixent donc les limites dans lesquelles on peut faire agir snr les tissus de coton, de lin, de chanvre, les liquides dont on fait usage dans le blanchiment et la teinture. Nous rappellerons qu'ils semblent so confondre avec ceux qni distinguent l'amidon dont la composition chimiqno est d'ailleurs exactement U même. Cos deux* matières ne sont cependant pas identiques, et nous devons faire ressortir ici l'une des plus importantes différences que le teinturier puisse observer.
I-es fibre» du coton, du lin, du chanvre, mises en contact avec certains sels de fer et d'alumine, s'emparent dos oxydes de ces sels ; ils forment des composé» particuliers qui sont capables alors de déterminer l'absorption des matières colorantes propres à teindre ces fibres. L’amidon n'ofTrc aucun indice derette propriété. On s’en sert pour épaissir le* sels de fer et d’alumine qu’on vent combiner aux fibres végétales.
Ces fibres jouissent d'ailleurs d'une certaine affinité pour quelques matières colorantes, comme l'indigo, le cartbame, le curcuma qu'elles attirent fortement. Dans cette circonstance, le» fibres ne peuvent être décolorées qu'en faisant intervenir une action chimique énergique capable de déplacer la matière colorante.
Faut- il attribuer l'adhérence do l'oxyde ou do la matière à l'organisation spéciale de» fibres différentes do celle de l'amidon? L'action qu’exerce sur la cellulose la liqueur cupro-anmioniacalo peut permettre de décider la question; car elle fait disparaître l'organisation snr laquelle nous avons insisté. J’ai disposé quelques expériences qui, malheureusement, ne sont pas assez avancées pour que je puisse faire prévoir les résultats qu'il faut on déduire : elles ont pour base le» observations qui suivent et qui permettent d'éliminer l'influence de la forme fibreuse.
M. Schwcitzer a remarqué que l'cau-mèro do l'byposulfato double de cuivro et d'ammoniaque et lo soussnlfate vert de enivre dissous dans l'ammoniaque possèdent la propriété do dissoudre plusieurs substances organique» : la cellulose, l’amidon, la soie; la cellulose est précipitée par des solutions concentrées dé sols alcalin», de miel, de gomme, de dextrine. La cellulose en dissolution se sépare par l'évaporation en plaques membraneuse» amorphes.
M. Péligot prépare un excellent 'dissolvant de ln cellulose (coton, lin, clmnvro,) en versant à plusieurs reprises de l'alcali volatil sur de la toumnre de cuivre, dont on remplit une allonge placée verticalement ; il 60
teintcre.
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produit uno dissolution bleue, capable do dissoudre un poids do cellulose h peu près égal à colui du enivre qu'ollo contient. Introduit dans cetto dissolution, lo coton ms transforme d'abord en une gelée épaisse qui disparaît bientôt par l'agitation et l’addition d’uno certaine
? [nantit*.1 d'eau. L'addition d'un acido on excès régénère u cellulose inaltérée, ranis» dépourvue toutefois de son organisation primitive. 11 m’n poni très- intéressant d'exomiuor comment se comporterait cetto cellulose vis-à-vis dos matières tinctoriales employées dans l’industrie ; en supposant qu’on observe une différence dans le résultat comparatif, on serait fondé, les expériences étant concluantes, a maintenir la séparation qu'on admet entre la cellulose et l'amidon.
11 est vrai que si la cellulose précipitée perdait la propriété d’attirer les matières colorantes, on pourrait objecter l'altération moléculaire quo la matière aurait subie. Mais il est évident aussi qu'on touche alors aux questions les plus secrètes de la nnturo et qu'il no faut présenter de solation qu'avec la plusgrundo r« sorvo. Jusqu'à présent, d’ailleurs, on aconsidéré la cellulose comme un prodoit unique; d'après los expériences de M. Frcmy, les savants confondraient sou» ce nom des composés isomériqnes pouvant, tous l'influence de certains réactifs, affecter un état uniforme. M. Payen n'admet pas complètement cette théorie. D'après lui, la céllulose qui résiste, avant toute modification, & l'action du réactif eupro-ninmonincul. celle, par exemple, qui Constitue (s papier de rtj.ne diffère pas beaucoup de colle qui constitue lea fibres textiles, los poils do ln graine «lu cotonnier et les cellules des divers tissus des plantes. « Tontes les fibres corticales no sont pas homogènes ; « lents parois sont épaissies , les unes par des couches • concentriques de cellulose presque pure, imm^diatc- - ment soluble dans l'oxyde do cuivre ammoniacal; « les autres, par la ccllulosQ plus ou moins injectée et « soluble, seulement après épuration.
« Les différences que présentent les propriétés do la ■ cellulose, primitivement homogène dans les orga- « nisrtics végétaux, dépendent de sa cohésion et do la ■ . nature des substances injectées, v M. Payen no regnrdo pas comme impossible qu'on parvienne à démontrer l'existence de divers états isoinériquos de la cellulose, mais il no regarde pas cotte démonstration comme acquise à la scienco, dans l'état actuel d« nos connaissances.
Matières d'origine animale.
Nous no comprendrons dans ccttc étude quo la l&ino et la soie ; nous étudierons ces matières textiles au point dé vue de leurs propriétés chimiques et de leurs qunlitiés physiques.
Laine. On donne le nom de laine, comme on sait, à la matière filamenteuse qni recouvre la pena des montons, régalièrement percée d’une infinité do porcs qui laissent passer ln sécrétion constituant la lame. On sait que eette matière floxiblo so prolonge à l'extérieur île la peau pnT des développements partnnt do la bnso et «'accumulant au sommet pour s’y dessécher. Eilo remplit une fonction semblable à ccllo quo remplissent les cheveux, les poils, les plumes; sa constitution est analogue.
Vue au microscope, la laine prend la forme de tubes cannelés, striés, ot ayant un canal médullaire, rempli d’air ou d’un liquide plus ou moins coloré. I-o laine est généralement contournée sur elle-même, plus ou moins frisée, ce qui la distinguo des cheveux et des plumes; il existe une grande variété de laines qui se différencient par la longi . par leur grosseur. On les
sépare sous le premier rapport en laines longues ou laines courtes ; les unes ont plus de O®, 08 ii Om,IO de longueur; les a ut rca sont do dimension^teKlessouA. On nomme èos dernières laines 4 cardes yics ' autres,
laine* <\ peignes; il convient 'du resté do faire remarquer ici quo toutes lçs parties d'nne mémo toison ne fournissent pas des brins ne mémo longueur ou de mémo grosseur. Les flancs représentent ordinairement lea parties les plu» estimées.
Los laines se divisent encore eu «leux grandes espèces surtout au point de vue du teinturier. Les laine» die foi ■ sotis qai proviennent de la tonte annuelle des animaux, et les laines mortes qui proviennent des peanx des animaux tués pour la liouehcrio ou morts de mÿladic.'Lès affinités do ces matières textile» pour les matière* colorantes sont fort différente!.
Nous n'avons pas à nous occuper ici dos divers procédés de préparation auxquels on soumet les hûncq pour-les livrer nu filatcur. Çes opérations ont été décrites avec tout lo soin possible par if. Michel Alain à l’article Laine. L’nutcur y décrit toutes les opérations de la filature et ln fabrication des tissus, comprenant lo tissage, lo dégraissage, l'épincetage, lo foulage, lo lainage, le tondogr, le séchage à la rente, le passage à la vapeur* le décatissage et l'apprêt. Nous nous bornerons h présenter ici les propriétés chimiques de la laine, telle qu'elle «j présente après ln tonte.
Propriétés chimiques de la laine. — La laine à l'état naturel n’cqt pas lin corps •homogène. Les filaments textiles sont chargés d'un corps étranger sécrété par l’animal en môme temps que la laine proprement dite, et dont lu quantité varie avec la qualité do» fibres' ‘ textiles. Les qualités ordinaires en contiennent rarement au-dessous do 20 p. 400. Les belles laines en renferment généralement ilo 7b à 80 p. 1 00 ; ot\ nomme suint ou surgt cette sécrétion de nature graisfeoitsc. Le désuhttagc doit toujours précéder tout travail. Ln laine est souvent vendue en suint par lé cultivateur.' Quelquefois l’éleveur lûvc la toispu sur ,1e «los de l’animal, la Inino n subi co qu'eu nomma lé tarage <i jo.%;
, on lave encore après la tonte,' la hiiua subit alors lu laçage d chaud on lavage marchand.
La laine débarrassée do son suint parles laveurs sc nomme laine lavée ; encore chargéo do suint, elle' se nomme laine en suint ou laine sur je.
.Quel que soit l’état do fa lniiie Invue, quand on la met dans lo commerce, elle contient encore do 4(1 h f5 p. 100 dostiint; l’expérience et l'habitude permettent d’apprécier cette contenance sans une trop gramJc.crrour.
lui nature du suint et sa composition chimique offrent' lo moyen d’apprécier exactement ce qni w passe dont» l’opération du désuintage.
La laine surge macérée dans l'eau froide e'y ramollit en abandonnant à co véhicule lo suint qu'ollo contient; l'eau devient troublo, laiteuse, écumuuso comme «le l'cati do savon. A cette premièro macération succède une série do lavages à Tenu chaude, puis une macé ration nouvelle avec de Turinc putréfiée poqr dissoudre le» matières qui n’ont pas disparu sous l'influence dos premiers tnntcmcuts.
D'après M. Chovrcul, la laine agitée rapidement dans un grand volume d'eau cède h celle-ci ln matière solublo du suint, et retient presque toute la mntièro grasse ; celle-ci, à l’état do pureté, est insoluklo dans l'eau ; cependant elle peut être enlevée sous forme d'émulsion, lorsque la partie soluble du suint ost concentrée, et qu'elle reste un temps suffisant en contact, avec la matière grasse. La partie du suint soluble dans l’eau frokle est essentiellement formée do carbonato dé potasse, do sulfoto de potasse, de chlorure «lo potassium , de phociiiute depolnsÿc, d'un autre sel de j>otii**o dont l'acide est volatil, mais faiblement odorant* d'une matière organique contenant de l’atotc et du soufre, enfin de deux sel* savonneux à liase de potasse, dont les acides sont los acides stéurénquo et élaïériquo, acides obtenus en traitent par I» potasse deux matières grasses neutres qu'on trouve adhérentes à la laine lAvéo et que . * * ' 66
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Al. Chevreul nomme tlearérine et clulérinf. Il y a en outre un sel ammoniacal.
Cette partie soluble «lu saint est en mélango avec la terre appliquée mécaniquement à la* toison,- et qui so dépose' don* la cuve de lavngo, puis avec une certaine quantité de stéarérlne et d'élaîi'rino sous forme d’émulsion, et d’une petite proportion de matière contenant du soufre et de l'azote.
La laine traitée par Venu contient encore «ne matière grasse que l’alcool peut enlever par épuisement ; ce liquide enlève en effet une matière qu’on doit considérer comme excrétée par l'appareil glanduleux du poil et comme faisant partie du suint. Des brins de laine mérinos lavés à l'eau froide montrent souvent au Jhicroscopela matière grasse excrétée comme la gomme et la résine laque sur de jeunes branches d’arbres.
La matière grasse de la laine est nu moins formée de deux matières grasses neutres, la sténrérine et l’é* lalérine. L’une 6C ramollit à 45 degrés et fond à 60 degrés, elle cristallise; la seconde est liquide h <5 degrés, cinq cristallise pas. Trèijdiflieilcs à saponifier, elle* donnent des acides sténrérique et élaïérique mêlés d’une petite quantité d’acide phoetnique ; il est probable que ce dernier'est en combinaison à l’état latent avec une matière différente de la stéarérino et de l’chiîérihe. ,
La laine épuisée par l’alcool ne cède h l'acide chlorhydrique que très-peu do matière inorganique, lorsque toute matière étrangère minérale a disparu par le . désuintage. Pour avoir la laine pure, il est nécessaire do la laver encore h l’eau pour enlever tout l’acide chlorhydrique, puis «le la sécher et de la traiter par l’alcool, qid dissout encore des traces de matière grasse, et enfin par l’eau pure, qui élimine tout 1 alcool. Ku résumé, un échantillon de laine mérinos en suint a donné • h M. Chevreul, après dessiccation h -+- 100".
Matière terreuse . » 2G.06
Suint soluble dans l'eau froido .... 32.74
Graisses particulière* 8.57
Matières terreuses fixée* par la graisse 1.40 l^ine proprement dite . 31.23
La laine, après ce traitement, diffère notablement de la soie par une quantité notable de soufre. Cependant cet élément ne paraît pas être immédiatement combiné dan» la fibre; il semble faire partie constituante d on composé particulier qui lui est adhérent. Kn effet, le soufre peut être séparé d’un tissu de laine, cn.faisant miteérer celui-ci dans un lait de chaux, pendant, trente ti quarante heures, le traitant successivement pifr l’acjde chlorhydrique et par l’eau, puis recommençant cos traitements jusqu’à ce que l'eau de Chaux n’cnlève plus de soufre. Comme on peut séparer ainsi là plus grande partie de cet élément de la laine, 'et qüe celle-ci, sauf des déchirements et la diminution Je ténacité qu’elle a subie, après avoir été soumise jusqu’à vingt-huit foi» à l’action successive de ln chaux et de l’acide chlorhydrique, conserve toujours sa forme filamenteuse, on est conduit à considérer le soufre comme un élément, non de la laine, mais d’un autre composé qui lui semble associé, La laine, privée de sbufre, se rapproche beaucoup plus de la soiç par la manière dont ello se comporte avec le» oxydes métallique» dont les oxyde» sont susceptibles do *e sulfurer facilement, qu’elle ne le faisait avant d’être désulfni'ée.
On démontre facilement dan* la laine la présence du soufre :
<• Le carbonate de «Jude à 2® Bnumé, maintenu . pondant une heure en contact il 75" centigrade* avec la laine désuintéu se charge de sulfure de sodium; on en constate la présence, ou par un *el de plomb, ou pur l’acide sulfurique qui dégage de l’hydrogène sulfuré ;
2” L’ébullition de la laine avec des acides faibles,
TÜNTURÉ.
t surtout après éhnHitiqn avec des alcalis, dégage une odèur sensible d’hydrogène sulfuré ;
3* L'acétate de plomb liquide colore la laine en gris noirâtre à la température de l'ébullition ;
4° Une d issol u tioir d'oxyde de plomb dqtis la potasse se colore eu noir au coutact de la laine désuintée; des sels d’étain en dissolution *c comportent de même.
Abstraction fuite du soufre et des matières salines, la laine est composée de carbone, d'hydrogène, d'oxygène et d'nzote dans des proportions mal connue* encore. M. Urp n donné, dans bon Dictionnaire, une analyse dont nous rapprochons les résultats de celle de M. Scbecrcr. Nous mettons en regard une analyse de* cheveux, d’après M. Van Laer, et celle des podsdela barbe d’après M. Scbecrcr.
Laine
Cbrveut.
Po.l.
de la barbe.
l're. Srheeref.
Van Laer.
StbftlM.
Carbone. . .
Hydrogène. .
Azote ....
Oxygène et soufre. . .
La laine supposée pure e*t plus dense que l’eau; ello est très-hygrométrique ; 100 parties do laine sèche absorbent 7,75 parties d’eau ; insoluble dansl’eau, dans l’alcool, dans l’éther, elle résiste à l'action dos acides et de* alcnli» très-affaiblis, Nous allons étudier scs caractères en présence des divers réactifs.
Le chlore, le brome, l’iode désorganisent la laine *, cette action est plus profonde encore ch présence des alcalis.
Le- dissolutions- de potasse ou de soude a l'état d# concentration dissolvent la laine; il «s forme dos acide* particuliers; la baryte, la chaux, la liront iane l’altèrent également. Le* pelades , laines morte» enlevée* par la diaux de la peau des animaux abattus pour la boucherie, ont perdu le moelleux et le nerf que les laines vivante* conservent même après de nombreux lavages.
La laine est altérée par l’acide nitrique affaibli et par les nitrates acides ; il» la colorent en jaune. L'acide nitrique concentré produit avec celte matière filamenteuse nn abondant dégagement de vapeur» rutilantes ; il se forme eu même temps de l’azote et de l’acide carbonique. Le liquide évaporé fournit une quantité notable d’acide oxalique. L’acide sulfurique concentré modifie la laine ; il so forme uno matière analogue aux substances grasses. D’après M. Boettgfer, cotte propriété peut être mise à profit pour l'analyse de» ti*»u8 mélangés. Si l’on soumet à l'action de ce réactif un mélange de laino ot do lin ou de coton, ce» deux dernier» sont détruits plus ou moins vite et les filaments qui résistent sont exclusivement de la laine qui brille avec son odeur caractéristique. L’acide chlorhydrique qui possède aussi la propriété de désorganiser les filaments de coton a été mi» à profit pour séparer les fil» do coton qui sont mélangés aux vieux chiffons de laine qu'on remet en oeuvre. Noos insisterons plus loin »ur l’action do la potasse ponr analyser les étoffe» mélangées.
lorsqu’on met la Ininc en contact avec certaines dissolutions salines, elle pont, suivant la nature du sel, se combiner simplement avec ces dernières sans les altérer, ou les décomposer partiellement et »e combiner avec les produit» de leur altération. MM. Tliéuard et 1 Lourd ont démontré les proposition* suivantes ;
L'alun pc combine intégralement à la laine.
L’acétate d’alumine *'v combine partiellement, mais par la dessiccation à l’air, il so réduit en *ou»-acétato d'alumine et çn acide acétique qui s’évapore.
Le bitfirtrate de potnsse dissous dans Tenu est réduit
TEINTURE
par la laine en acide tartrique qui n’y unit et en tar-^ traie de potage «pii reste en dissolution dans Tenu. Ces faits ont une graude importance dans les opérations de la teinture. Pendant te mordançage des tissus de laine avec l'alun et le sel de tartre^la laine s'unit à la fois à l’acide tartriqne et il l'alun.
Le tort rate de peroxyde d'étain dissous dans l'acide chlorhydrique prépare la laine à fixer la couletirdela cocheniHe comme le fait l'acétate, dont nous étudierons la composition plus loin.
Pons certaines circonstances l’altération que la laine fait subir aux dissolutions salines est beaucoup plus profonde ; elle agit comme agent réducteur puissunt. C'est airnJ , par exemple, qu'elle ramène à l’état do sels de protoxyde les sels de peroxyde de fer ; elle agit encore de même avec certains sels dont les acides sont beaucoup plus .facilement réductibles que ne l’est le peroxyde de fer.
l>e mémo que la fibre ligneuse, la laine peut absorber certaines matières colorantes; elle se prête de la sorte aux opérations de la teinture, mais on remarque des différences notables dans l'intensité de la coloration. Eu faisant des essais comparatifs avec des matières colorantes jaunes, bleues et rouges, sur des laines provenant de moutons virants, de moutons morts en état de santé, de moutons malades et de moutons morts de maladie, on a vu que les dernières n'avaient pris qu’une très-faible teinture, la?* premières seules avaient présenté des résultats complètement sntifaisants. M. Koard, directeur des teintures aux Gobclins de 1803 t\ 1815, fait remonter à cotte cause les différences que présentent il l'égàrd do la teinturo le* diverses laines, quand on cherche a lo» teindra en bottes ou en «écheveaux.
I.a laine doit, dans tous les cas, avant d'être mise entre les main* du teinturier, être désnintée, blanchie et filée ; rarement elle est teinte en toison. Cependant nous verrons qu’on la soumet quelquefois en flocons aux opérations de la teinture. Le désuintage est décrit à l’article Hlamiumkxt, nous n'avons pas à l'étudier; les détail* dans lesquels nous somme* entrés au sujet de la composition du suint pcrmottentde saisir la théorie de la prutique dans tous les détails du travail industriel. 11 nous suffit de rappeler que le désuintage des laines no doit pas être fait au-dessus de 60" et que les laines ne doivent pas rester dans le bain plus d’un quart d'heure. Ces observations de XL Koard sont con- . forme* à ce qni *o fait dans la pratique; le snvou de Flandre est le meilleur agent de désuintement.
Soie. — Nous commencerons l'étude de cette matière première en rappelant quo nous n’avons pas à nous occuper ici de l’élevage de* ver* à soie, présentée déjà sou» le titre soie; par M. M. Alcan avec tous les détails convenable*. Nous insisterons seulement sur les caractère* physiques et chimiques de la soie considérée dans ses rapports avec la teinture.
De toute» les matière* filamenteuses, la soie, comme nous l'avons dit, est la plu» importante; son éclat lui donne une valeur considérable, elle est la plus brillante ; sa résistance et la richesse des coloration* qu’elle peut recovoirde la teinture la placent au-dessus de toutes le* matière* textiles.
Le fil obtenu par le dévidage du cocon se nomme soie grége ou toie écrite. Lg soie grége n'est pas composée d'une aufytance homogène; elle se présente sous forme dodeux filaments uceolé» formés par la solidification du liquide que sécrète la chenille; la substnneo fibreuse qui constitue le filament e*t au centre de la matière solidifiée; elle est recouverte de deux substances gommeuses de compositions différente*. M. Roard a confirmé vers 1 807 ce que l'on savait de la componction do la soie grége, qu'elle est formée d une matière gommeuse soluble dan* l’eau, non cristal lisablc, qui entre pour les 0,21 ou 0,25 de son poids { il constata la pré-
TfcïNTURE. 523
senco dans la soie d’une huile volatile odorante, de la cire et d’une manière colorante fluide à 30®, que M. Ghe* vreul regarde comme tme matière colorée et non comme un principe colorant, car il n'existe danslcs soie* écrites jaunes ou orange* de belle qualité qu’en quantité trèsfaible. XL C'hevreul a constaté dé plus que la matière appelée gomme est susceptible do *c prendre en gelée comme la gélatine. Lu soie abandonne à l'acide chlorhydrique, à l'alcool, à Tenu des principes étrangers mémo uprè* avoir été dépouillée do la gomme qui recouvre les fil». Lo traitement par l’alcool a pour but d’enlever les acUle* gras du savon, et le traitement à l'eau de séparer tout l'alcool.
Il est important, avant de travailler la soie, d’enlever tonte* les matières étrangère* qu'elle contient. Une première couche de matière gommeuse est soluble dans l’eau chaude. La seconde ne l’est que dans une eau légèrement alcaline ; la soie dépouillée de matières étrangère* prend le nom de soie déereusée ou eut le ; on appelh» décreusage, dégummags ou cuile de ta soie l’opération qui a |>our but d’enlever ces matière* étrangères.
D’après XI. Mnlder, lOOpartiesde soies écrues, jaunes on Hanches, contiendraient:
Sole j»une. Soi«blin<-h<
Fibre soyeuse 53, -f? 54, 04
Substance analogue à la gela- *
tine 20,06 19,08
Albumioe t ..... t 24, id . 25,47
Graisse ordinaire 1,30 1,11
Graisse résineuse 0,10 0,30
Matière coluranlo . 0,05 0,00
M. Mulder avait successivement traité la soie par l'alcool et l’éther poilV enlever à chaud la graisse et le* matières colorantes, par l'acide acétique touillant et concentré pour enlever l'albumine et la substance analogue à la gélatine, enfin par l’eau ponr compléter l'action de l’acide acétique.
La matière qui résiste à ce* action* peut être considérée comme la soie pure, la fibrome, malgré 0,003 /le cendres; on ne peut, en effet, sans la désorganiser, enlever le 'soufre, le phosphore, le chlore, le potassium, le sodium, le calcium qui constituent ces cendres.
D'après le même chimiste, la fibroïno pure contient :
Carbone
Hydrogène
Azote *.
Oxygène et soufre . . ,
La fibre soyeuse, insoluble dans l’éther, l'alcool, le* huiles grades et essentielles, est soluble dan* l’acide snlfuriqiiecongentré ; à froid, ^dissolution est visqueuse et d'un brun clair ; à chaud, elle est d’un beau rouge, et enfin d'un brun foncé à mesure que par l'oxydation il se forme de l'acide sulfureux. Le* acides nrsénlque et phosplioriquo dissolvent ù froid la soie ; l'acide nitrique et l'acide chlorhydrique exigent lo concours do la chaleur.
Les alcalis concentrés dissolvent la soie; mais les acides ou l’eau la précipitent de cette dissolution plus ou moins altérée.
Les carbonates et bicarbonates alcalins n'altèrent pas la soie.
Quelques sels sont fixés en nature par la bujc comme par lu laine; l'alnn est dan* co cas.
L’action du cuprate d’ammoniaque sur la fibre soyeuse est très- remarquable ; elle sc confond avec celle que la même dissolution exerce sur le coton. D’après M. Schloâsbvrgcr, l'oxydo nnuuonincal de nickel dissout également la soie; mai* il ne dissout ni l'amidon, ni le coton. lai solution de soie n’est précipitée ni par lo» sels étrangers, ni parle sucroou la gomme; les acide* faibles précipitent la dissolution en flocons
TEINT (’ RE
TEINTURE
incolores ayant l'aspect de l'hydrate d'alumine. Le liquide qui snrnago est vonlàtre.
La dissolution de9 matières textiles dans les sels ammoniacaux capables de les dissoudre no s'effectue pas en présence du carbonate d’ammoniaque. Cette réaction n’est donc tranchée qu' autant que lo réactif est nouvellement préparé. Cé8t que fa dissolution des oxydes do cuivre et de nickel dans lo carbonate d'ammoniaque sont inertes vis-à-vis do la cellulose et de la soie.
On rencontre dans la soie la propriété de soutirer certaines matières colorantes «t certains oxydes aux dissolutions salines qui les renferment; les oxydes Axés sur la fibre soyeuse servent d'intermédiaire pour faire adhérer celles des matière* colorantes qui ne sc fixeraient pas directement.
].©* soies sont conduites à l'atelier pour être teintes après le conditionnement pour éditer le piquage d'once. Nous renvoyons ponr la pratique* du déére usage à ce que contient l’article Blanchiment de la soie (voye* Blanchiment). Nous nous bornons à rappoler l'observation de M. Roard, à laqmllè l'industrie n'a peut-être pas attaché l’importance qu’elle mérite. M. Chevreul pense que lo point lo plus intéressant du Mémoire de Roard, lu devant l’Académie des sciences le 12 avril 1 807. est la démonstration de la possibilité de décreuser la soie plus rapidement et plus économiquement qu’on no le lait ordinairement, lorsqu’on sépare l’opération en trois actes : le dCgommo^e, la cuite et lo blanchiment; ces trois opérations exigent do cinq à six heures, tandis que le procédé de Roard n'exigo qu’une heure de bouillon. Voici la méthode:
Pour une partie de soie, on emploie 15 parties d’eau, de 50 à 00 parties de savon pour 1 00 parties do soie jaune, de b à 46 parties do savon pour 400 parties do *oio écrite blanche. Lorsquo le savon est dissous dan* l'eau, une demi-heuro avant le bouillon on y plonge lo soie pour la maintenir uno heure au bouillon.
• 11 est incontestable, » ajoute M. Chevreul, « qu’en opérant avec soin ce procédé réussit. » Travaux de la Commission française, t. V; tapisseries, p. 45.
g III. SPÉCIFICATION DES TISSUS destinés à la teinture.
. Les détails que nous venons d’exposer sur les propriétés des fibres textiles considérées au point de Vue physique et chimique seraient bien incomplets, si nous ne faisions pas connaître, au moins d’une manière sommaire, sous quelles formes le teinturier peut rencontrer ces matières. La classification la plus convenable est celle qui regardo les divers tissus que le consommateur réclame; . ils se présentent avec des degrés d« délicatesse excessivement variés. On verra que dans le blanchiment, comme dans la teinture et l'impression, on réunit aux procédés chimiques l’emploi do forces mécaniques; or, l’énergie des divers agents qu’on emploie doit être choisie d'après la nature de la fibre, et surtout aussi, quand il s’agit d'efforts matériels, d'après la nature de l’étoffe, c’est-à-dire d’après son degré de finesse et de résistance. Non» commencerons donc par faire connaître sous leurs désignations les plus répandues celles dex étoffes que nous pouvons être appelés à mentionner dans los opérations qui vont suivre :
4* Avec la fibre textile du coton, on confectionne, comme étoffes unies, le calicot, la percale, le cipisé, les jaconas, la mousseline, 1e velours de coton, lo barége, F organdi ; comme étoffes ouvragée*, la roons^plino à jour, les organdis rayés, les halsorincs, le crêpe de fJhine, le orèpe façonné, le hnsége ouvragé, la percale brochée, les piqués grecs ;
2° Avec la fibre textile du lin : les toiles de kn, les toilos fines et Icb batietes ; . /
3® Avec la fibre textile de In laine i le Casimir, la mousseline^laiito, lo mérinos, lo cachera ire.d' Écosse, la flanelle, lo drap;
4° Avec las fihros textiles de la soie : les foulards, les crêpes et les taffetas.
Il est convenable de Ætor ici los tissus mélangés de laine et de coton, de laine et de soie, dô coton et de soie qui sont dans les arts vestiaires, pour hommes et ponr femmes, l’objet d’une consommation particulière et considérable. On désigne sous le nom de mi-laine, ou vulgairement càalne-color», ceux qui contiennent à la fois de la laine et du coton ; la laine forme ordinairement U trame. On trouve dans cos classes des variétés d’étoffes e t" nombreuses, et les noms que lo commerce leur donne sont si arbitraires (presque toujours bizarres, souvent empruntés aux hommes, aux choses otr aux événements nouveaux), qu’il faut renoncer à les conserver ; elles ne sont d’ailleurs que passagères. -
Il est difficile de définir par îles caractères spéciaux et descriptifs ces divers tissas, mais il est bon de se familiariser avec ceux qui diffèrent entre eux par leur grossièreté* plus ou moins primitive. Pour ceux-là, les moyens mécaniques les plus brutaux peuvent, en quelque >orte, £tr« appliqués; pour les autres, les appareils de battage doivent être- moins violents et d'autant moins offensifs que l’étoffe à laver présente un plus grand état do finesse, et partant une plus grande valeur. *
Essaie des tissus. Si la nature physique de l’étoffe dirige le teinturier dans lo choix des agents auxiliaires mécaniques dont il doit Faire usage, ce n’est pas non plus sans étude préalable qu’il appliquo les agents chimiques. Nousv avons appelé l’attention sur les réactions différentes qui bo passent au contact des diverses matières textiles et d'un même agent chimique. De plus, la nature intîmo mémo d’un seul tissu, pont présenter, des irrégularités, en présence de la teinture et la même fibre ne sc conduit pas toujours d'une manière identique lorsqu'elle provient do localités différentes. L'expérience a fait voir, comme M. Persoi le rappelle dans son Traité de l'impression sur étoffes. 2* volume, p. 4, que le coton de Fcmnmbouc sc. teint mieux en rouge turc que le coton de Géorgie, et que lo coton ds Macédoine est inférieur aux doux autres dans tous les genres de teinture, parce qu’il ne prend jamais que des teintes maigres et ternes.
Les toiles do coton colorées per la teinture d'nn mordant imprimé, par conséquent épaissi, présentent* parfois des filaments qui n'ont pas retenu la couleur dont l’ensemble était recouvert; ce» filaments, qu’aucun caractère physique no signalait, constituent na milieu dos masses colorée* des points blancs auxquels on pssigne pour cause et pour origino la présence do colon mort. Eu attendant qu’on puisse faire disparoltro ce début, il faut le mettre à nu, qu’il provienne de tubes obstrués, do torsions trop énergiques, de nœuds d’articulations, d'une cellulose parasite, de bruns avortés, etc. • . ■ • .
Ponr la laine, même observation , même impossibilité de teindre en nuance* unies dos mélanges do laines mortes et de laines vivantes ; les brins de laine vivante fixent une forte proportion de matières colorantes; les brins de laiuc morte, au contraire, ne prenuont qu'une coloration faible et sans écl&t.
La nature du tissu n'est pas moins importante à connaître, lorsqu’il s’agit d’étoffés mélangées ; les couleurs, par exemple, que reçoivent les mi-laines sont nécessairement en relation avec les proportions respectives des fibres de coton et de laine que le tissu contient; et comme d'ailleurs une couleur donnée ne sc fixe pas de la même manière sur la laine et sur le coton, ou est souvent forcé do faire, pour amener une égale iutensi té' de coloration sur les deux matières, un
TEINTURE
mélange dont les élément* conviennent nnx différentes fibres et soient en rapport avec la quantité de celles-ci. 11 Cst inutile’do dire que le teinturier doit, pour composer sa couleur et la rendre adhérente àu tissu, Connaître la composition, la naturo de la fibre qui la forme.
Les considérations qui précédent prouvent que lo premier soin du manufacturier est do reconnaître la nature de la fibre qu'il doit teindre, et cette recommandation ne perd en rien de son poids lorsqu'il s’agit do fils an lieu d’étoffes ; l'intérêt est le même.
Or, il est toujours facile de distinguer si la matière textile est d’origine végétale en d'origine animale ; il suffit de traiter h chaud la matière en essai par une dissolution concentrée de potasse caustique; la laine et la soie se dissolvent; le lin, lo coton et le chanvre restent sans sc dissoudre.
Inaction de l’afcidc sulfurique concentré dans des conditions déterminées permet de rcconnaltrela nature de la fibre, et nous rappelons encore qne l'action des dissolvants ammoniacaux do cuivre , do nickel peuvent permettre de distinguer la soie du coton on du lin.
Quant à la valent de In fibre à l’égard de sou affinité pour telle couleur donnée, Je mieux est d’essayer en petit une teinture daos la nuance voulue pour ne pas s’fi * poser h perdre dan# des travaux exécutés sur une grande échelle des oapitaux et du temps.
Dan? un grand nombre de circonstances, comme nous venons de le dire, il est indispensable de connaître le rapport dos fibres végétales anx fibres do nature nniuule; car c'est sur ces rapports que sont établies les compositions des bai nç do teinture; c’est encore sur oux qu’on détermine le genre de teinture possible sur une étoffe en tissu mélangé.
Analyse des tissus mélangés. — Plusieurs méthodes sont possibles pour faire apprécier les poids respectifs de laine ot de coton, par exemple, contenus dans une étoffe donnée. Quelquefois, lorsque la différence entre l'a-pect des* fibres des deux espèces est considérable, on' pèse séparément, après avoir séché à 100° l’étoffe prise pour l'analyse, les fibres de lainé ot celles de coton qu'on a séparée» par un défilochago complet. D’autres fois, lorsque les fils de chaîne et de trame sont tous deux mélangés et que le départ dos filaments d'uno sorte ne détruit pas la contexture du tissu, on prend un centimètre carré de l’étoffe, par exemple, ot faisant disparaître, en les tirant, les fibres d’uno espèce do chat no ot de trame, on compto les fibres qui restont. Un peut 6’aider pour cetto analysa de l’action chimique de la potasse en dissolution concentrée. lorsque l’étoffe on expérience a été pesée après lu dessiccation a 1 0D% l'ébullition fait disparaître tout ce qui est laine et tout co qui est soie. Le résidu se compose dos filaments de fÙ ou do coton, filaments isolés et mêlés, si toute la chaîne ou toute la trame était soluble; filaments entrelacés sous forino do tissu plu? lâche, si U chaîne et la trame ôtaient elles-mêmes mélangées.
■ On a tiré parti pour faire cotte analyse de la manière dont ces tissus mélangés sc comportent avoo certaines couleurs. Pour no citer qu’on exemple, le carmin d’indigo qui prend directement sur la laine ne teint pas le coton, a moins que co dfemicr n’ait été préparé par des méthodes convenables; misen contact avec une étoffe laine et coton, il ne lui communiquera donc qu'une coloration dont l'intensité sera proportionnelle k la quantité de laine contenue dans le tissu. On trouve cettd méthode très-expéditive, beaucoup plus commode morne, que lo moyen direct qui consiste k compter le nombre de fils que présente nn tissu sur un centimètre carré et do le traiter par la potasse hydratée pour déterminer le nombre de fils qui disparaissent par le traitement chimique. Co procédé présente, en effet, outre l’avantogo de donner le rapport des fils do laine aux' Gis do coton dans un tissu mélangé, celui de fournir
. TFJNTURE* „ 523
une indication précieuse sur la valeur do la fibre ani- ! male ou végétale en regard des opérations du blanchiment, de la teinture ou de l'impression.
C’est en se préparant des normes avec des matières » colorantes déterminées, et dos tissus composés dans dos proportions connues qu’on peut se faire une idée tien précise des éléments sur lesquels Ja fabrications doit rouler.
Eau hygrométrique absorbée par les étoffes. — Plusieurs motifs ont conduit à déterminer la quantité d’eau que les diverses matières k l’état de tissu peuvent conserver mémo après dessiccation et reprendre dons | nn air saturé d’humidité. M. Chevreul »’cst occupé de cette question ; elle a do telles conséquences pour la sécurité des transaction» commerciales , (fu4 les chambres do commerce ont établi dans la plupart des villes de France des conditions pour déterminer iâ quantité réelle de soie et de laine que contiennent les soies écmes et los laines filées. Les expériences de M. Chovreul ont porté sur les matières textiles fournie* par (la cellulose, la laine et la soie, sous les différents états de coton en poils, de filasse do lin et de chanvre, de soie écrue çt dn soie décreuséo, de laine en suint et do laine lavée, enfin sur ces mémos éléments à l’état de fils et do tissus.
Une étoffe complètement séchée à 100, 110 et 120 degrés contient une proportion d’eau égale k celle gui sc trouve dans un échantillon de la même étoffe placée dans la mémo atmosphère que la première, sans avoir été préalablement desséchée. M. Vhcvreul a déterminé la proportion d’eau que ces étoffes absolument sèches absorbent quand on les expose dans des atmosphères marquant 65, 75, 80 et 100 dogrés de l'hygromètre de de Saussure.
Les étoffes étaient dans un tube de verre plongé dans un bain d'huile à 120* pendant trois heures ; un courant d'air séché sur du chlorure de calcium traversait lentement le tube dans toute sa longueur. La perte n'a pas été plus grande dans le vide seé. Uno température do 100° aidée dn courant d-’air sec suffit pour dessécher complètement. Il est résulté de. ces expériences que 1 00 parties d’étoffes préalablement bien séchées absorbent a la température do 20u, ot dans une atmosphère; marquant 100* ù l'hygromètre do de Saussure, des1 quantités d’eau variables entre r
Pour les étoffes de ooton.' .. . . 23,50 et 30,87
Pour les étoffes do chanvre. . . 24,34 « 35,40
Pour les étoffes do lin 26,65 » 32,87
Pour les étoffes de laine .... 28,01 • 36,70
Pour les étoffes de soie 28,91 * 33,20
On voit d’après ces nombres que les étoffas, quelle quo soit leur nature, absorbent à peu près la mémo quantité d'eau, ot qu'en moyenne elle peut être le quart du poids de l’étoffe.
Eau d'imbibition fixée par les étoffes. — S'il n’y a que peu de différence dans le poids de la vapeur d’eau fixée par los divers tissus sous ferme d’eau hygrométrique, il n'en est plus de même de l’eau d'imbibition que cos étoffes retiennent après avoir été tordues ut comprimée». 11 est convenable de connaître les chiffres quo représentent ce» quantités pour les différents tissus ; car deux considérations importantes pour l'ingénieur le forcent k en tenir compto
1° L’altération que le passage de l’étoffe dans lés bains fait subir à ces bains en enlevant du liquido ot les éléments qu’il .tient en dissolutioq; on no saurait, sans altérer 1» force do cos bains, maintenir constant le niveau par l’addition de nouvelle quantité d'eau.
2° L’effort ealorifiquo qu’il convient d’appliquer k l’étoffe pour dégager cette eau, lorsque tout travail étant fini, lo tissu doit être séché.
TEINTURE. i
TEINTURE
Inexpérience a démontré qu'en moyenne après im- ! mersion et expression *
100 partie* de calicot retiennent. . . 125 p. d’enn.
100 — d’étoffes de laine .... 200 p. — •
100 — d’étoffes de soie 92 p. —
Ces quantités n'ont évidemment rien d'absolu; elles varient nécessairement avec la finesse du tissu pour une même nature de fibres textile», et do plus, tontes choses égales d'ailleurs, avec l’énergie des moyens mécaniques employés pour exprimer l’étoffe. Le fabricant doit, pour évaluer les conditions do travail que nous avons énoncées tout à l'heure, établir quelques essais qui lui fourniront des données plus précises eu opérant sur ceux des tissus qui l’ont ordinairement la base de se» opérations en réglant la torsion de façon à la rendre à peu près constante. Cette épreuve doit être Gmé tout aussi bien sur les fil» en écheveau que etir les fibres tissées et façonnées en étoffes.
Marquetées matières textiles à teindre . — Xotisi’avone : déjà dit, les matières textiles à teindre, en fils on en tissus, sontwjumif.csû\ocordre et méthodiquement à Je» série» d’opérations mécaniques et chimiques fixées d’avance conformément aux lois do In science, conformément encore aux règles do la pratique. Il faut pouvoir suivre sans erreur toute matière en fabrication, afin de surveiller le travail. En général, «c» opérations sont nombreuses pour les pièces écrites, c’est-à-dire pour celles qui n'ont encore reçu que l’opération du tissage ; qu’elles aient été tüs&ées à la main ou mécaniquement, il faut les blanchir avant de les teindre en uni , comme encore avant de leur appliquer des couleurs variée» par les méthodes do l’impression. Pour comprendre la plus grande généralité des cas, nous supposerons qu'on ait à teindre des pièces écrues; il y a donc nécessité do les marquer : d'ailleurs, le blanchisseur et le teinturier doivent les rendre à ceux qui les leur fournissent.
Ces marques dQivont être faites avec des matières qui résistent aux traitements par le-quels passe l’objet à teindre, quellcquesoit la période de la fabrication. On Be sert ordinairement d'encre d’imprimerie, ou d'une encre fonnée d'huile do lin siccativo. dans laquelle on délaye de la sanguinfron du noir de fumée. Si l’on veut teindre ou blanchir des «îchevcnox,. on ajoute la marque au lien, do manière à ce qu'il ne se sépare pas, ou bien, c’est le lien lui -même qui reçoit la marque. Lorsqu’on opère sur des étoffes, on appose les marquesaux extrémités de la pièce qu'on nomme chefs. Il est alors facile de les reconnaître durant toutes les phase* de la teinture.
Préparation de la matière textile. Lorsque la pièco à teindre est marquée, les opérations de In teinture pouvant commencer si la nuance est foncée et que la matière soit suffisamment dégraissée ; il faut la décolorer après le dégraissage, si l’on veut obtenir des nuances fraîche» et délicate». Ces opérations doivent être précédées elles-mêmes, lorsqu’il s'agit d’étoffes, du rasage oa de répluchugo du tissu. 11 est très-raie ment .praticable lorsqu'on opère enr des fils.
Le rasage a pour but de faire disparaître les duvets et brin* de liU qui rendent le blanchiment inégal, ou qni s’opposent n la régularité 3e« teintes unies dans la teinture ou qui détruisent la perfection de l’im- .presâion en se rabattant sous le rouleau pour le relever ensuite, an laissant des partie* pour lesquelles elles ont formé réserve ; d’ailleurs, le duvet qui recouvre les étoffes rend le» couleurs dont on les charge ternes et sans éclat. *
Cet épluchage s'exécute soit par dos procèdes mécaniques, soit par de» procédés chimiques. Le premier »c nomme londage, le second grillage ou flambage. Pana l’un on procède par ablation, dans l'autre on- procède par combustion.
Le tondngo peut se faire ù la main; autrefois des femmes nommées tondeuses étaient chargées d’enlever, au moyen de cisaiu* courbes, toutes les inégalité» que présentent sur les tissus le» fils quelque bien filés qu'ils aient été; ce moyen élait long, dispendieux, incomplet, caf il pouvait y avoir des oubli» ou des accidents. On so sort aujourd’hui de machines pour remplacer le travail manuel ; grâce aux perfectionnements dont les tendeur* mécanique* ont été l’objet, on fait usage de ces outils, qui n’étaient primitivement employés qu’au tondage de b étoffes de laine (voyez Laines), pour l'épluchage des calicots, raadapolams. Nous ne répéterons pn» ici la description de toutes ces machines. Nous d i rons seulement quequclques étoffe» ne sont rayées que d’an côté ; d’autres le sont sur les doux faces ; quelque» une» sont tondues en une seule fois ; d'autres enfin le son: à plusieurs reprises, par de» passages* successifs ; on obtient ainsi, sans entamer l’étoffe, un ra sage qui no laisse ni fils ni duvet. .
On peut enlever le duvet des tissus et des fils au moyen de la combustion par grillage et flambage ; on a pn lire à l’article (jiullaoe la. description de» appareils dont on se msrt pour griller et pour- flamber le» tissus. Dans le grillage on fait passer l'étoffe à grillér sur une plaque métallique portée au rouge ; dans lu flambage on l'expose à l’action ^l'une flamme en combustion ; tantôt c’est la flamme d'une lampe àl’alcool j d'autres fois, c’est la flamme produite par la combustion du gaz d’éclairage. Cette opération s’effectue sans inconvénient pour l’étoffe, parce que les fibres d'origine végétale et d’origine animale nè conduisent la chaleur que très-imparfaitement, et parce que leur destruction ne s’effectue qu’à des température» assez élevée*. Nous renvoyons à l’article précité le détail de» appareils employés au grillage de» tissus et du flambage n l’alcool ou au gaz de» étoffe» destinées h la teinture.
D’après certains fabricants, U est préférable de no gritlcr ou flamber les étoffes qu’àpros les opérations du blanchiment ;il» donnent pour raison que los opérations mécaniques auxquelles »ont soumises les étoffes pendant le dégraissage déterminent toujours l’apparition d’un nouveau duvet : quelques-uns peuvent que le grillage en cuisant les graisse» que l’étoffe contivot rend le blanchiment plus difficile *-t la tointure moins régulière ; des expériences directes ont démontra d’une manière trèé-clairc à M. Persoz que les huile» employées pour le rouge turc, par exemple, 6e décolorent au contraire plu» rapidement après qu’avant le flambage. Ton» tefois, il faut admettre que le grillage peqt être nuisible lorsque, par exeiflplo, les tissus ont été tachés par dos sel* de fer ou d’alumine ; par la calcination, cm oxyde» perdent leur solubilité dan» les acides faibles ; il» ro-tent adhérents à l’étoffe.; toutefois, l’alumino a moins d’inconvénients que lo fer, qui, dans certains cas, réductible sons l’influence de la fibre, peut lui faire contracter avec certaines matières colorantes une adhérence complète, cause de taches accidentelles.
Ijqs fabricant* les plus soigneux commencent par grillerl.es tissus avant de blanchir; quand le blanchiment est terminé, on donne un rasage au Moyen de la tondeuse, et même souvent encore, après ce travail, on fait passer nu flambage pour enlever jusqu’aux moindre* traces de duvet.
- ’ g IV. Blanchiment
des tissus de lin, de ooton, de laine el de soie.
Il no suffit pas, pour que les étoffes soient propres à la teinture qu’elles aient perdu les aspérité» qui terniraient leur surface ; il faut qu’elles aient une nuance voulue pour les tons intermédiaires; il faut qu’elle* soient complètement décolorée* lorsqu’on veut les teindre en couleurs claire» et brillantes. Dans tous le» cas, pour les tissus, qu’ils soient en teinté unie ou chargés
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de dessina imprimé et teints , J1 Tant que la fibre «oit complètement dépouillée de toutes les matières étrangères, naturelles ou non, qtti s'opposeraient parleur préleace à l'adhérence ûni forme et brillante des matières colorantes au tissu lui-même ; dans le cas de teinture sur tond blanc, il fuut aussi que ce fond soit facilement ramené dans son état primitif de Mancheur parfaite. On n’obtient ces résultats d’une manière complète qu'autant qu’on connaît les circonstances particulières dans lesquelles les fibres textiles conservent leurs qualités premières, finesse, éclat, souplesse, élasticité, résistance ; il faut rejeter l’emploi de tous les agents qui feraient disparaître ce» qualités et ne fairo usage que de ceux qui pourront enlever les matières étrangères soit indirectement en les détruisant ou les modifiant, soit directement en les dissolvant.
• En comparantes propriétésdes matières gommeuse*, grasses, résineuses, en rapprochant les caractères chimiques des fibres textiles d’origine végétale et d’origine animale, on ne tarde pas à s’apercevoir que la laine’et la soie, solubles dans les alcalis, ne peuvent être I soumises aux mêmes traitements que le coton, le lin et le chanvre. Nous troqvons encore, à l’endroit do l'action du chlore sur ec* matières; que l'emploi des agents décolorants convenable1* pour les fibres d’origine végétale ne convient pas au blanchiment des étoffes de laine et de soie. Nous devrons doue distinguer deux méthodes générait h de blanchiment en ayant égard à la nature de la matière textile.
* Blanchiment des étoffes d’origine végétale.
Lorsque llerthollct découvrit les propriétés décolorantes du chlore et qu’il en Gt l'application au blaochiment des étoffait, on crut que le dernier mot était dit sur cette importante question; mais de nouvelles expériences ont profondément modifié la première théorie, eu ajoutant aux procédés anciens économie et sécurité. Toutes les opérations du blanchiment reposent aujourd'hui dur des principes certains, qui forment un corps de doctrine. Nous le* exposerons ici, parce qu’ils sont intimement liés avec la théorie do la teinture et qu’ils servent h définir rigoureusement la théorie de l’avivngo dans les opérations du garançage.
Pour les bien saisir, nous devons définir, au point de vue chimique, le fil ou le tissu formé pr.r la fibro d’o- . rigino végétale.
J.a fibre ligneuse des tissus de coton, de lin, do chanvre est loin d'être pure ; elle renferme :
1W line matière colorante, Colombie ou colorée, plus ou moins préservée do l'action des agents décélérants par les matières étrangères auxquelles elle est associée;
2° Une matière résineuse naturelle à la fibre, insoluble dans l’eau, difficilement soluble dans lus alcalis et qui protège la matière colorante contra l’action des agents chimiques qui doivent la dissoudre ou la détruire;
3" Des matière* grasses inhérentes à la fibre ou provenant de l'action du filage et du tissage; elles sont surtout déposées à la surface des fils; ces corps gros peuvent provenir ou des métiers ii filer, ou des métiers à tisser ; ce sont encore des savons dont on fait usage pour diminuer le frottement pendant le tissage ;
4" Une substance neutre, fécule, farine ou colle forte suivant que, pendant l'encollage do la chaîne on s'est servi de l’uno ou l'auiro do cch substances ; on rejette aujourd’hui presque (vartout l'emploi de la farine, qui donne, par la fermentation putride du gluten qu’elle contient, du carbonate d’ammoniaque dont la présence transforme la graisse en substances nouvelles, capable» de faire adhérer les matières colorantos, et très-difficiles ti faire disparaître dans les opération* subséquente* du blanchiment On y trouve encore quelquefois, surtout
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à présent ,. de la glycérine qui permet aux ouvriers do fabriquer des tiftbns légers, mousselines et autres njfhne dans les lieux secs.
5® Des matières saline* inorganiques, les unes in-* hérente* à la fibre, les autroa provenant de l’eau dont on a fait usage, d’autres enfin empruntées aux principes dont on s’est servi pour la préparation du purement do la chaîne.
S’il était permis de faire abstraction de tontes les matières étrangères quo nous venons d’indiquer, comme grasses, résineuses , neutres et salines, on pourrait définir une étoffe quelconque comme formée par la libre textile et la matière colorante. Le problème du blanchiment serait excessivement simple et' parfaitement défini ; il suffirait, en effet, d'enlever directement, ou de modifier d'abord, pour l’enlever ensuite, le principe colorant qui donne à la fibre sa couleur propre ; on mettrait de la sorte en liberté la matière textile puro avec les propriétés que le consommateur réclame. Nous u'uarions qu’à rechercher les moyens les plus propres à produire la ^ coloration de la fibre. Mais les matières étrangères grasses et résineuses ajoutent aux difficultés, car elle» s’opposent à la décoloration en préservant la fibre ; il est donc indispensable de commencer le blanchiment par le dégraissage de l’étoffe.
Nous distingueront donc dans le blauchiraent doux sortes d’opérations bien distinctes, le dégraissage et la décoloration, et çotnme les fibres sont colon-*. s sous une certaine épaisseur, comme la matière gms-e et résineuse est associée de la manière la plus intime h la matière colorante, un premier dégraissage, n’agissant que sur l'épiderme de la fibre, ne permet aux premières méthodes dcdécoloration d'enlever que lacoucho correspondante de matière colorée. On est forcé de répéter un certain nombre de fois les opérations successives de dégraissage et de décoloration pour obtenir un blanc parfait. On devrait sans doute y parvenir en augmentant l'énergie des agents chimiques employés ; mais ce serait assuré meut au détriment de l'étoffe qui pourrait perdre do ses qualités physiques. 11 est beaucoup plus prudent d'opérer par élimination successive do matières grasses, résineuses, féculentes et colorées.
Dégraissage des tissus. Nous aurons il considérer dans le dégraissage doux série* d’opérations distinctes, les unes chimiques, les autres mécaniques, complétant nécessairement les premières.
Quelles sont le* opérations chimiques ? Quel est leur but? Quelles sont les opérations mécaniques? Quo doivoat-ellcs produire?
A. Dans les opérations chimiques , les tissus ou les fils écrus sont soumis à l’action :
4** D’une ou deux lessives à la chaux dans le but de transformer en savons calcaires les corps gras ou résineux adhérents à la fibro ;
2° D’un bain acidulé soit par l'acidc sulfurique, soit f pur l'acidc chlorhydrique, dans lo but de décomposer les savons calcaires formés pendant la première opération et de mettre les corps gras en lilierté.
3° D’un ou de plusieurs lavages au carbonate de soude pour opérer la dissolution des acides gros mis en liberté danB l'opération précédente.
Le rôle dos savons calcaires dans le blanchiment
rail avoir été signalé pour la première fois par Prince et Dana ; la chaux est plus avantageuse que les alcalis caustiques; elle oxyde la matière colorante et la rend ainsi plus propre à la décoloration proprement dite; elle saponifie les résines mieux et plus facilement que la potasse et que la soude ; enfin cllo exerce sur la résistance des tissus une action beaucoup moins déaorgani autrice, si l’on a le soin de n’opérer qu'à l’abri du contact de l'air ; enfin, les alcalis no contractent le8 fibres d’une manière suffisante pour s'opposer à la for.
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motion dn duvet quo si leur état de concentration cet capable d’attaquer la fibre elle-même : ofi n'a pas 4 .craindre cet effet désastreux avec la chaux, lorsqu’on a déterminé le degré do concentration le plû» convenable et la température lapluspropico pour un o action prompte et sans danger*.
Nous n'avons pas h décrire ici les appareils dans lesquels sa font les passages des tissus à la chaux, aux acides et au carbonate do soude. Les premiers et les derniers sont désignés sons le nom à'ajtjHtreilêâ letsirer; ils ont été décrits à l’article Blanchiment avec' des détails qui nous dispensent d'y revenir : ou les distingue en appareils à circulation intermittente et continus, à chauffage direct, h feu nu ou à la vapeur. Néanmoins, l'emploi de ces mêmes appareils appliqués au blanchissage a reçu dans ces dernières années des perfectionnements et une extension sur lesquels nous croyons devoir insister. Depuis 1851 les appareils et les cuviers de l’hospice de la Salpétrière so trouvaient dans un tel état <le détérioration qu'il devint nécessaire de les reconstruire. Le système Bouillon, Muller ut compagnie fut adopté ; nousextrayons las chiffres qui suivent d'un rapport fait au diroctour de l'assistance publique de
viers d’tino contenance de 800 kilos dure quatre heures ; on a donc dans ce mOme espace de temps dans 6 cuviers 4,800 do linge lessivé prêt à être lavé. Les flammes et lo6 chai ours perdues circulent autour do réservoirs en tôle qui donnent sans augmentation de dépense et par jour 44,000 litres d’eau 4 60 ou 60®, température nécessaire pour faire de bons savonnages.
Le relevé du linge blanchi pendant 4 854 porto eu moyenne 8,782 pièces par jour, pesant 5,462 kil. ; lent ,993,907 kil.de linge blanchis peudaut 1 'année ont oofité ensemble, loua frais généraux compris, 430,625 franc»; ce blanchissage confié à l'industrio privée aurait coûté 321 ,541 francs : c'est done une économie de 490,916 franc*.
A cette économie il faut ajouter celle qui résulte du ménagement du lingo et qni ne peut se traduire directement par des chiffras. Les apjiarcils fonctionnent avec une telle régularité que les lessives né dépassent jamais 1 degré 6 nii ï degrés do l'aréomètre do ltaumé. Ceci posé, faisons connaître lus 'procédé* Rationnels employés par MM. Bouillon, Muller et compagnie, dAn» les installations qu’il* ont eu l'occaaiou de faire pour l'industrio privée.
Paris sur la Buanderie générale, au sujet de scs productions pendant l'année 4 854. Les cuviers qui peuvent contenir 800 kilos de lingo sec peuvent être changés, lessivé*, lavés, séchés et pliés dans la môme journée , de manière à pouvoir être remis en service dès le lendemain matin ; le lessivage qui s'effectue dans les eu-
Le lessivage sur une grande échelle so fait au moyen d’appareil* fixes ; il y a tout avantage 4 les employer lorhqu'ùn opère sur 300 kilos 4 la fois ; on donne alors au cuvier environ 1»",40do diamètre; on le (ait en liois; son couvercle a 4®, 50; le fond c*t en fonto pour les cuviers d'une contenance de 500 kilo»; leur dia-
teinture.
TKIXTUlîE.
métro est pin* grand, la construction la tnt’mc, le couvercle a 2"»,U0 ; enfin le» grands envier* de 900 kilog. ont 2", 40, ils sont entièrement en font*; généralement on les accouple deux à deux sur 1a même chaudière n circulation comme l'indique la fignre 3719.
Une chaudière concentrique A, il circulation, est placée dan* un fourneau en briques, bâti dans une fo»*o ou sous-sol d’au moins l“, 50 de profondeur. Les enrneaux conduisent la fumée dans un tuyau contrai H, qui donne sa clmlcur àdes réservoirs à eau chaude C; la circulation s'établit par les conduits D et E, qui correspondent aux cuviers F et G.
lorsqu'on ne doit opérer que sur des niasses inférieures a 300 kilog. on peut faire usage de lessiveuses économique», mobiles; ces appareils agissent par remploi simultané des affusions et de la vapeur ; elles produisent une notable économie sur la d -jense ordinaire et sur l'usure dn linge ; elles opèrent Q*JT|n 4 heures, suivant leurs dimensions ; le linge acEwçrt une blancheur convenable, et le chauffage se Lut nu bois, au
charbon de terre ou au coke. On peut indistinctement mployer les sels, les cristaux de soude ou la ccndro. Elles «ont montées sur des fourneaux portatifs, et les applications qni sont faites chaque jour prouvent In généralité do leur euiploi. Les unes comportent une pompe j d'un système très-simple; dans les antres, la pompe • e.-t remplacée par un robinet do vidange d'où s’écoule la lessive qu’on verse sur le linge, au moyen d’un seau spécial, par un entonnoir ménagé dans le couvercle; les unes bout eu t>"de galvanisée, avec foyer en fonte et pompe; le» autres sout en foute et bois; leurs formes sont représentées dan* le» figures 3720 et 3921.
Un appareil, «le la forme de celui représenté fig. 3T20, de de hauteur, et de l™, 03 de diamètre, à la
place de* couvercles, pont contenir 1 25 kilog. de linge ; il coûte 300 francs en tôle galvanisée.
A est le cuvier, Il la chaudièie. C le foyer, D la poupe, E un robinet de vidange, F le couvercle,
•s une tige pour guider le piston, p un tuyau par lequel s’écoule la lessive. L’épaachcincut du liquide so fuit sur la surface du linge par l’intérieur où le tuyau se recourbe et se termine par une pouimc d’arrosoir.
Un appnrcil de la forme decelui représenté fig. 3721,
garni de sa pompe, contenant 125 kilog. de linge, ayant 1",30 de hauteur sur 1»,14 dediuinètrc au cou verclo, vaudrait 340 francs.
Les mêmes lettres que dans la figure précédente indiquent les même* objet» : G est un c Jtonnoir dont lo couvercle est muni dans le cas ou l’appareil n’a pas de pompe.
MM. Bouillon, Muller et compagnie ont joint à leur installation propre aux blanchisseuses de* atdvs-la. veuscs, qui sont des auxiliaires des plus utiles. Elles servent à dégrossir, dan» le savonnage, le* partie* lys plus sales et les moins adhérentes; l'ouvrière n'a plus qu'à faire la recherche des taches et le travail intellectuel. On peut évaluer à moitié l'économie qu'elle produit dans cotte seule opération. L'aide-lnveusc peut servir à faire l’essangeage de linge sans savon, et le rinçage après le savonnage. Elle est indistinctement mue mécaniquement ou à bras par une action rotative ou directe; elle fuit office de bue à savonner et donne placç à deux ouvrières qui, après avoir utilisé l’action
de la machine, peuvent visiter le linge et compléter son lavage sans aucun déplacement.
Une petite chnudièro à circulation qui s'adapte à 1’ aide-làvcu>c sert u chauffer économiquement l'eau de savonnage et k la maintenir toujours il la température) voulue. Le chauffage peut ainsi se faire nu moyen de la vapeur ou d’une circulation d'oau. L'uide luveuso est représentée dans la figure 3722.
Une caisse on bac eu bois A reçoit lo linge à blanchir. Un bâti B fixé sur les joue» dn bac permet nu râteau C d’osciller autour d’un uxe horizontal a, lorsqu'on lui donne un mouvement de vn-et-vieut, au moyen d’un bâton transversal b. Deux blanchisseuses pcuvsut être placées en regard l’une de l’autre dans dos stalle» D qui les protègent contre l’humidité, et vis-à-vis lo» plans incliné» E, dcaiiucS à ramener dans le bac l'eau qui s'échappe sous lo* coup* de battoir. Le dessin. laissé voir le» claie* verticales contro lesquelles le linge est comprimé pur lo râteau C.
Une aide- laveuse k bru*, à mouvement direct, pouvant fournir 300 kilog, de linge par jour, vaut 300 fr.j une aide-lnvcuso à mouvement rotatif, propre au lavage de 375 kilog. par jour, so vend 4U0 fr; uuu
o 3û ’ teinture.*
aide-lâvtousc, propre h 4^0 kilog., munie do son appn- i rcil de chauffage, né coùto que 600 fr. l.cs divers rnécnninnov que nous venons de faire connaître sont actuellement très- répandu*. MM. Bouillon, Muller et compagnie qui »o sont fuit une spécialité très-importante, ont su rendre à l'hygiène publique un très-grand
servie») ; lis ent combattu l'expansion considérable des vnpbars qui dégradent lot murs et fatiguent les gens de service, l'écoulement de l*eau sur lo sol, le transvasement pénible de la lessive ittles températures inégales.
Les linges blanchis, cott -à-dire lavés, sont placés pour égoutter, ou sur un des bancs fixes, on sur des tricycles, ou sur des bancs roulants, ou bien enroro sur des bâches roulantes, dont le transport est facile, sans trop grande fatigue. Les hydro-extracteurs ou cas©retires que ces ingénieurs installent avec une grande économie reposent sur le principe de la force centrifuge ; on supprime ninsi la torsion qu'on fuit subir au linge pour l'égoutter. Une essoreuse à bras pour femme» peut essorer par jour de 2U0 à 400 kilog. de linge égoutté; une essoreuse h bras, mue par des hommes, peut essorer de 1,Q00 à 1,400 kilog. par jour. Avec un moteur xqéconique, on arrive à 1,600 kilog. par jour. Une machine do celte dernière force vaut 750 francs d'acquisition.
MM. Bouillon, Muller et compagnie ont complété leurs appareils en installant d’une manière très-henronsa do petites machines pour cylindrer, calaudrer et satiner lu lingo. Les cylindres en bois, k pression, servent à étirer, tisser cl lustrer le petit linge uni ; ceux en inéutl chauffés servent au repassage du menti linge. Les machines A calnndrer donnent le lustre du neuf; les pressai à satiner forment les plis après l’apprêt.
Mais revenons aux opérations du blanchiment proprement dit.
Le* passages h l’acide s’obtiennent par l’immersion dés pièces réunies en paquets, ou 1ns unes après les autres -dans de grandes cuves enfoncée* en terre; le ^naniement des pièces est facilité par un tourniquet, mû pur une manivelle ou par Un. engTcnago mis f n rapport avec la fojco mertriço de l'établissement. Ou remplace Tenu qui s’échappe et celle qu'entraînent les pièces; on remonte le liqujd» en joutant de l’acide'
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pour remplacer échu que In chaux et le savoir calcaire ont nécessairement saturé.
On opère à froid dans l’industrie. M. Persox propose d'opérer à des température* comprises entre 70 et 80 degré*. 11 y aurait «économie, quoique avec une dé* pense de combustible. En effet, à cette températnjp,- • les savons calcaires sont mieux attaqués par l'acide qni dissout en même temps une partie des acidos gras et <ie la matière colorante déjà modifiée. On opérerait œtte chauffe, soit à feu un dan* unocuvo en plomb, soit dan* une cuve en bois chanfféo par la vapeur B. Les opérations mécaniques cc»mplètent Icb opérations chimiques; elles tendent à faire disparaître les matières soluble» dont l'étoffe est imbibée, tout anssj bien que les matières insolubles répandue* soit à la surface, soit dans les porcs des tissus. ' .
Ces opérations mécaniques ont pour but le digorgtag» «les tissus et Vmtorngt. Dégorger un tissu, c’est lui foire qnittor tous le* éléments étrangers dont il est souillé, que ces éléments soient solubles on non; essorer un tissu, c'est lui faire perdre la plus grande quantité du liquide qui le mouille. Ces deax phases du travail exigent l'emploi d'efforts mécaniques n»»ex considérables, variables, au reste, avec la finesse du tissu et la maure de la matière textile dont il est formé.
La fibre textile relient, en effet, avec une grande force le* matières qui s’y trouvent adhérentes. A moins d'opérer une sorte de filtration, en se servant de lYtoffo comme filtre, on ne parviendrait que trèsim parfaitement à dépouiller lo tissu des matières soluble* qu'il renferme : encore faudrait-il un temps considérable et des masses do liquide. Il est indispensable de comprimer pins ou moins et à plusieurs reprises les porcs du tissu, pour en exprimer tout lo liquide retenu par capillarité; « force d'immersions et do déplnce1 uicnU successifs, lotîtes les matières solubles sont expulsées. Quant aux matières insolubles, elles ne so détachent que par des frottements répétés, et ce u'est que par l’action postérieure de. l’eau qu'elles peuvent dispnraltrc, on projetée* à distance sous l'influence de chocs, ou suspendues dans l’eau qui s'écoule j*Ur son propro poids. Dans tous les ca», l’eau devient doue un agent <hv première nécessité pour dégorger et nettoyer ICS étoffe-.
Les divers appareils employés pour dégorger et nettoyer les tissus agissent par compression : tantôt les linges sont battus, tantôt ils sont comprimés par leur chiffe contre des paroi* résistante*, tantôt ils reçoivent un choc violent par l'eau qui tombe avec force ; ces diverse» métholcs de comprimer sont quelquefois réunies dans nn même appnreil.
Nous ne décrirons pas ici la série des organes si variés quo l’industrie possède aujourd’hui; nous les* trouvons décrits a l’article ItLAKCitnnwT. Noua ferons seulement remarquer -qu’il convient, lorsqu’on peut choisir lo systèmo do dégorgeage, de prendre en considération, avant toute chose, la nature du tissu sur lequel on travaille; et comme généralement un établis-, sement reçoit des tissus de résistances très- variables, il est utile d’avoir sous la main les différents appareils qu’on connaît actuellement.
Ces mêmes mécanismes sont eucore ceux dont on se sert dans les teinturerie» pour dégorger, rincer et laver le* tissus, après ati’on les a plongé* dans les divers bains dont on a dû faire emploi pour les colorer on la ntianoe voulue. A co titre le teinturier doit les connaître et se rendre un «ompte exact de la manière dont ils fonctionnent : les uns enlèvent à la fois les matières solide* et les principes dissous; le» autres n’culèvent que les principes solubles.
Pour quelques-uns, le nettoyage est accompagné d’efforts considérables qui tendeut à détruire le* étoffe*.
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Poiir eçux-ci, le lavage C6t lent ; il exige benuooup d'eau; pour ceux-là, une grande dépense eat néeos- «lire pour réaliser un lavage parfait sur une échelle nn peu considérable, relativement an travail produit; ce» appareils deviennent donc coûteux.
Quelques systèmes, enfin, exigent une place considérable, sont bruyants, demandent à être solidement installés: do là, dépense d'établissement. D’autres, au contraire, n’exigeant qne peu de dépenses premières, no peuvent être employés qu’au dégorgeage des étoffes légères; ils seraient complètement impropre* au ne:* toyage dos tissus grossiers.
L'expérience journalière a prouvé que le efapeaw se prêta au dégorgeage des pièces grossières avec le moins .«le temps et le moins de force; si l'on ïio dispose que de }>eu d’eau, les batteries de Wesserlimj sont préférables ; mais clics ne permettent pas do laver à la fois un grand nombre de tissus. Le plateau-battoir n’exige que peu de force, ij nettoie bien, mais il demande beaucoup <le temps. Lo pilon ou le foulon ne doit être employé qu'au lavage des pièces qui no craignent pas de* contractions considérables. Le dash-whtel est très-utile pour dégorger les étoffes fines «t légères.
lorsque les machines dont on fait u-nge pour le dégorgeage n'éloignent pas en même temps qu’elles la renouvellent l’eau (f imbibitfon- des tissu-, il faut après chaque immersion essorer l'étoffe. La méthode la plus simple «insiste à la tordre à la cheville. On peut u-.sorer par d autres moyens sur lesquels nous reviendrons en parlent de» étoffe» teinte». auxquelles il faut, pour les livrer aux .marchand», enlever toute l’eau qu'elles contiennent (voyez Essoukb). On préféré donc généralement les appareils qui mouillent, immergent et compriment successivement, pour le dégorgeage des tissus à blanchir et teindre; l’essorage proprement dit ne s’exécute plus que aur de» pièce» terminées,
l/écaloration de» tissus. — Les opération» que nous vouons d’exposer ont pour but d’éloigner toutes les matières gommeuses, grasses, résineuses, sucrée», mais elles ne détruisent pas la coloration de. la fibre , elles préparent la décoloration proprement difb ; cette dernière »’ effectue par le concours d’agents qui modifient la couleur, la transformant quant à ses propriétés, fana altérer la fibre ligneuse. Nous verrons qne beaucoup de teinture» sont exposée» au pré, lorsqu’elles ont été savonnées. Cette exposition, qui a pour bot d’aviver la nuance en détruisant les couleur» accidentelles, tout en respectant la couleur plus solide qu’on veut obtçnir, trouve sa théorie dans celle même du blanchiment que nous étudions. Nous entrerons donc dan» quelque» détails sur ln décoloration proprement dite.
A. I)e tous les agents que l'expérience a démontrés capable» de décolorer les tissu» ou «le détruire les cou leurs végétales ou animales, accidentelles ou posées avec intention sur une étoffe donnée (nous prenons le cas le plus général), l’air est le plus anciennement connu. On sait", en effet, qu’une toile exposée successivement à l’action do l'air et de» lessives alcalines finît par se blanchir; on sait, de reste, encore que beaucoup d'étoffe» teintes exposées h l'air se décolorent, en perdant complètement quelquefois toute leur matière colorante.
La matière colorée qu’on veut faire disparaître dans le blanchiment n’existe qu’en très-petite quantité; l'air peut la détruire, mais il faut, pour transformer cette matière insoluble dans l'eau, dans les alcalis, dans les acides, en substance soluble dans ces agent», le concours de plusieurs circonstances sim» lesquelles la modification no saurait avoir lieu. II est indispensable de réunir l’insolation, c'est-iwdiro l'influence des rayons solaires et l’influence de l'humidité. On démontre, en -effet, qu'une toile écrue placée dans un flacon bouché, sous l’iuflucnce de -l'humidité, ne. se décolore pas sans
radiation solaire; elle no se décolore pas davantage dans le» conditions inverses, c'est- à-dire sous l'influence de» rayons solaires sans humidité. Dans l'obscurité, la coloration persiste ; il faut dond savoir réunir tout à la fois do l’air, c’est-à-dire de l'oxygène, du soleil et de la vapeur d'eau. # *!
Quel est le rôle de ces divers agents? Quelle influence exerce l'oxygène /
L’oxygène agit évidemment comme matière oxydant o, brûlant la matière colorée; il enlève ensuite uno certaine quantité d'hydrogène qu'il transforme eu eau. L'eau formée dans ce cas ne rendrait-ello pas inutile l’influence de l'humidité? L’eau dès lors ne jouerait-elle qu’un rôle secondaire purement physique, celui d’aider à l'action chimique? L’eau dissolvant l’oxygène ne permettrait elle pea alors l'introduction de cet élément dans la fibre» elle-même d'une maniéré plus intime, plus immédiate que ne lo ferait l'air complètement SCC ?
Les rayons lumineux déterminent d'une manière évidente l'action chimique qui s'accomplit, qu'on admette l’oxydation pure et simple de la matière colorante, ou'otl admette, au contraire, l’élimination d'ûne certaine quantité d’hydrogène sou» forme d’eau. A plus forte raison cetto influence est-elle hors do doute, lorsqu'on suppose réunies ces deux réactions suce saives ou simultanées. L’expérience prouve, en effet, que, l'étoffe étendue sur le pré, à l'époque à laquelle la végétation est luxuriante, par un temps clair, une température élevée, un soleil ardent, par de forte» rosées, la décoloration marche promptement. Si le temps est obscur, l’air sec, si la rosée manque, la décoloration ne progresse pas.
Pratiquement, l’opération peut être régularisée ; si rhutnidité fait défaut, on arrose; ù cet effet, toutes les prairie# réservées pour l’étendngo dans les-blauchisscries ou les teinturerie» sont irrigdées, c’est-à-dire traversées do petits canaux dans lesquels on puise l'eau, par le moyen d 'écopes, pour la rejeter en forme dé pluie sur le- pièces étendue». Mai» si kr soleil est caché, il faut attendre, car alors l’oxygène actif manque égalo- . ment . On sait, d’après le» belle» expériences de T. de Saussure, confirmée» par les recherches beaucoup plu» récente» de M. Roussi ngault, que la décomposition de l'acide carbonique par les partie» verte» de» plantes (décomposition de laquelle résulte l'assimilation du carbone avec dégagement d'oxygène) n’a lieu qu’en présence de la radiation solaire. L’oxygène mi» en liberté dan» cet acte important de la végétation, encore doué des propriété» énergique» qu'il contracte à 1 état naissant, en quelque sorte ozonist, se dissout dan» l’eau ou dans la vapeur d’eau contenue dan» l'air, et vient agir énergiquement sut la matière qui colore le» toiles*
On altère donc ainsi par l’étendage nu pré la première coucha do l’épiderme de» fibre» ; on lessive do nouveau pour mettre à nu la partie subjacente, et, par une nouvelle exposition à l'air, on nltèreplns profoudément la partie colorée. Cos diverses opérations »o répètent jusqu’à décoloration complète.
La décoloration est maintenue par une dernière opération qu'on désigne sou» le nom do vHriologe. l’our | conserver lo blanc parfait quo le» pièce» ont acquis sur le pré, le» blanchisseurs le» lavent et les dégorgent dans un bain d’acide sulfurique étendu, marquant au plu* 1 degré. Co pnssago aux acides était tellement reconnu comme nécessaire pour éliminer toute trace de matière décolorée, susceptible de fce déeolorer à la longue, que même anciennement on passait les toile» blanchies dans un bain de lait aigri. On sait que par la fermentation du lait il se développe un âci^c particulier qu’on nomme acide lactique.
| On a beaucoup amélioré le procédé de décoloration par l’air, par le »eul (ait do la sépa ition dès deux
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opérations du blanchiment. Le dégraissago, a» moyen des lessives à la chaux, des lavages acides et du lessivage aux alcali». n mis à nu la matière colorante qui cède avec plus do promptitude h l'action de l'oxygène, sous l'influence de la radiation solaire; il convient surtout de l'employer nû -printemps, époque à laquelle ta végétation o*t beaucoup plus active; d’ailleurs à cette époque les travaux des fabriques d’indiennes sont naturellement mlontis. .
On connaît actuellement les conditions principales dans lesquelles »c produit l'osons, l'un des agents oxydants les plus énergiques. I-a production économique de cet «ir en dissolution peut devenir le fait le plus important dans les opérations du Idanchin^ent ou do l'avivage; provoquer des recherches sur les moyens d'arriver à de* préparations propres h l'emploi do l’ozone sur mie grande échelle dans la fabrication des toiles peintes, c’est donc poser un problème dont la solution peut être prochaine; c’est ouvrir une voie nouvelle, féconde en grands résultats.
H. Depuis 1785, époque h laquelle Berthollet découvrit les propriétés décolorantes du chlore, l'emploi de cet agent a fait une concurrence sérieuse an premier procédé, surtout en raison de ln possibilité de l’uppliquer en toute saison. Mais le rôle dn chlore n’est devenu parfaitement efllcaco que lorsqu’on l’a fuit réagir sur des tissus préalablement dégraissés et lorsqu'on n remplacé le chlore à l’état de .liberté par le chlore à l’état de chlorure décolorant.
RertboUet, trompé par la fausse composition qu’il assignait nu chlore avec scs contemporains, assimilait à l’action de l'air l’action de l'oc» de muriatique oxygéné; il ajoutait, toutefois, que l'oxygène s'y trouvait cotvdensé sous un poids considérable, et qu’il avait alors une plus grande énergie que lorsqu’on le preuait dans l'air. Ce Mc interprétation lut immédiatement en défaut lorsqu’on établit la véritable nature du chlôre et qu'on démontra qu’il devait ôtre classé parmi les corps simples. Sa' puissante énergie pour l'hydrogène lit admettre que son action était directe et qu'il décolorait en enlevant à l'état d'acide chlorhydrique nno portion dé l’hydrogène, transformant ainsi' la matière colorante en un principe nouveau soluble dans les lessives alcalines.
Dos expériences nombreuses, dirigées on vue de l’étude du chlore sur les matières colorantes, ont mis hors de doute que le. principe d’une action directe est trop absoln. Certaines matières colorante», en effet, immédiatement attaquées par 1h chlore Inimitié, et sous l'influence de la lumière diffuse, résistent, au contraire, quand elle» sout en contact avec le chlore sec et sous l’influence do la radiation Solaire. Avec le concours des rayons du soleil, l’altération est profonde, elle sc manil'ertc par lit formation de J’acide- chlorhydriquo et la substitution dans la molécule colorée primitivement du chlore a j’hydrogèno éliminé. L’eau armkle donc intervenir dans lu réaction, et l'affinité du chlore pour l’hydrogène u ponr résultat de mettre en liberté do l'oxygène qui devient l'élément réellement aetifc Le chiure agit ainsi d’une manière indirecte; cette réaction o-t conforme & coque nous savons du rôle •le l’eau pendant lo contact du chlore et des acides sulfureux, arsénieux et phosphoreux qui so transforment en acides sulfurique, nr-éuiquo et pbospliorjque. Le chlore, en dégageant de l’oxygène à l’état naissant, se comporterait exactement comme l'air, et mieux encore, comme les parties vertes des plantes dans le blanchiment au pré. Dans les deux méthodes, il est difficile d’ailleurs de réduire l'action do l'oxygène à l'oxydat'ou simple; il peut y avoir élimination simultanée ù'uno portion d'hydrogène sous forme d’eau.
Quoi qu’il en soit de l'explication qu'on Adopte pour fixer le rôle du chlore, son action est acquise à la
science et à l’industrie. Nous n’ insisterons1 pas sur les méthode* à l'aide desquelles on le prépare, on les a données à l’article L'hlokb. Nous ferons remarquer seulement qu'il y a beaucoup plus d’avantage h l'employer il l’état liquide qu'à l'utat gazeux, et qnc, de tons les corps chlorés, celui qui maintenant est le plie répandu, c’est lo chlorure de chaux ; il présente l’emploi le plus uvantugeux. Nous renverrons le lecteur à l'article CnLOBüRB DÉCOLORANT, mais nous ajouterons ici que le chlorure de chaux n’e.*t pas décolorant par lui -même; tant qu’il resto à l’abri dp contact de l’air, il ne fait subir aux matière» colorantes que des modifications insensible»; sons l’influence de l’air ou d’un «eide la décoloration s’effectue. L’air contient de l’acide carbonique sous l’inHucnée duquel le chlorure do chaux se décompose en acid© hypochloreux ou en chlore, suivant qu’on interprète la réaction dans un s^n» ou dans l’autre :
Cl <’a O m Cl-j-<’aO.
2 (Cl Cad ) = 1 10 Cad 4- Cl Ca.
Pour hât-.r l'action décolorante, il faut donc ajout et au chlorure de chaux un auxiliaire indispensable, tantôt l'air qui n’agit qu’avec lenteur, tantôt ou l'acide sulfurique ou l'acide chlorhydrique qui agissent plus rapidement, tantôt enfin l'acide carbonique, quelle que soit la source ù laquelle on préfère l'emprunter.
En supposant un dégagement de chlore, ce sel ngtt comme nous l'avons dit plus haut. Eu snpposaut un dégagement d'acide hypochloreux, l'action décolorante se produirait en vertu de la propriété caraotéri-tique d© cet acide d’être par lui-même un oxydant énergique, abandonnant son oxygène à la fuçon de l'eau
oxygénée. ' '
• L'action du chlore lui-même pourrait Otre rapprochée de celle de l'acide hypochloreux; mais il(faùdrait, par de* expériences directes, démontrer que, la fibre ligneuse jouit, comme la potasse et la soude en dissolution étendue, de la propriété do trun6lomier le chlore en acide hypochloreux; rien ne le prouve jusqu’à ce jour.
Quoiqu'il en soit, il ne faut pas perdre de vue, pour comprendre tontes les précautions dont on doit s’entourer, qu’une dissolution froide de chlorure de chaux concentrée agit avec assez d’énergio pour détruire la libre elle-même, et qu’une dissolution bouillante lu désorganise encore beaucoup plus rapidement. A la longue, une étoffe mal lavée sc désorganise tt tonibo en poussière.
Noua trouvons dans la pratiqua^ pour la période de la décoloration comme dans celle du dégraissage, la réunion des procédé» mécaniques. Les procédé» chimiques qui ont pour but do soumettre les objets à décolorer (fils ou tissus) à l'uction des principes actifs, sont nécessairement suivis d'opériitionk mécanique# dont le but est d'éliminer le* produit# qui résultent de l’action des premiurs, et du dégorgeagè, nettoyage des écheveaux ou pièce* après leur décoloration incomplète ou parfaite. Ces dernières opérations s’exécutent dan# les appareil# que nous avons déjà mentionné» en parlaut du dégrais*nge.
Lorsqu’on s’est procuré la dissolution de chlorure de chaux bien claire et dépouillée par lo repos do toute substance étrangère, on procède au titrage de petto dissolution, on l’étend assez pour qu’elle décolore une ou deux fois sou volume de dissolution d’indigo.
On obtient la décoloration par deux méthodes essentiellement opposées ; tantôt en opérant au moyen «le dissolutions étendues qui n'agissent que lentement, tantôt en dissolution» concentrées qui agissent beaucoup plus rapidement. Ce# deux procédés ont de» avantage» différent*. Le premier no présente aucun danger pour l'étoffe, mais il opère avec lenteur; il est sans inconvénient# pour les ouvrier»; duus la seconde méthode,
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il y a danger -pour l’étoffe, inconvénients pour Ica ouvriers si les «oins viennent à manquer ; mais il y a )K>*âjl>ilité de traiter rapidement des masses considérables. O» pourrait opérer avec les mêmes avantagea en faisant usage de solutions étendues portées à des températures voisines de 60 à "0 degrés. Les pièces se raient facilement imbibées et dépouillées de l'air contenu dans les porcs.
A. Lorsqu'on fait usage des dissolutions étendues, on op<-re la décoloration dans des appareil» variables.
Tau tût on fuit usage de cuves pouvant contenir de 400 à 500 pièces de calicot, les pièces sont pliées en paquets ; on imbibe les pièces avec la dissolution do chlorure de chaux contenue dans une première cuve, on les exnose à l’air pour que la réaction se fasse, non- •U'uleinciil sur la surface du tispu,* mais même à l’intérieur des fibres, puis on les plonge dans une seconde cuve qui coutient de l'acide uflaibli. Le chlorure de chaux liquide qui mouille le tissu se décompose, et la matière colorante, en contact avec le chlore à l'état naissant ou l’acide hypochloreux mis en liberté, se trouve eu partie détruite. On retire ces pièces pour les dégorger.
Tantôt les pièces sont placées dans un cuvier & lessive dans lequel on fait circuler la dissolution de chlorure de chaux ; cette méthode a l'inconvénient de no conduire qu'à des résultats incomplets; car il se forme des courant* auxquels correspond une décoloration trop avancée, c'est-à-dire l'altération des tissus. Les points qui font obstacle à la circulation régulière no soin que peu décolorés.
Tan tût les étoffes engagées 'sur des rouleaux presse urs : passent en y plongeant quelque temps dans des bains de chlorure de chaux; l’action del’air et l’actipn do ta batte produisent un dégagement uniforme et très-lent, trop faible pour compromettre la résistance des tissus.
Tantôt on fait tremper les pièces quinze n la fois dans une fosse carrée surmontée d’un tourniquet sur lequel on les place Après une immersion do 30 à 40 minutes. On les enroule |>our les transporter sur le tourniquet lui-même au-dessus d'un bain dans lequel on les déroule aprè’vqu’cllcs ont été égouttées, de façon que les eanx d'égouttage retournent au baiu de chlorure de cliaug .
Tantôt enfin les pièces, au lien de séjourner dans le 1min, s'y plongent en passant successivement autour d'un tourniquet qui les fuit mouvoir et renouvelle ainsi J es points de contact; à la sortie de» trois cuves juxtaposées dans lesquelles passent les mêmes pièces, elles sont comprimée* entre deux rouleaux presseurs qui rejettent l'eau d'iinhibition ; deux caniveaux les ra mènent dan» Ica cuve*.
Là, comme toujours, les tissus passés au chlorure de chaux sont immergé* dan» un bain nckle qui met en liberté l'agent utile dans la décoloration.
B. Lorsque la dissolution de chlorate de chaux est concentrée, le séjour de» pièces dans lebaindeviendruitdangerenx pour la sécurité de l'étoffe ; on ne fait donc que les y faire passer d'une manière égale, en le* immergeant ot les exprimant à chaque passage. On les pn*&o enfin dans un bain acide pour décomposer lo chlorure de chaux. II est convenable alors, pour ne pas jncommoder le» ouvriers, de mettre an- dessus delà bâcha qui contient l'acide, une hotto dont le but est de conduire nu dehors les vapeurs dégagée» au contact de l'acide et du chlorure de chaux.
Quel que soit l'état de concentration du chlorure employé, les pièces doivent être dégorgée» avec le plu» grand soin, et, dan» tous lescas, le blanchiment terminé par un passage dans une lessive qui a pour but d'entraîner la matière colonmto modifiée sous l'influence du chlore. Après cette deuxième lessive, on lave les pièce», et s'il faut pour les besoin» de la teinture un blanchiment
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parfait, on recommence la série d’opération» dans l'ordre que uou» venons d'indiquer.
Ce n'est quo lorsque les pièce» sont arrivées au degré de blanchiment voulu qu'on les soumet à l’opération du vitriolage. L'acide enlève la résine qui résiste aux alcalis et qui se colorerait pins tard par le contact de l’air; cotte résine accompagne la fibre et ne la quitte que nous l'influence des acides ; codernicr traitement a de plu» pour effet de diseoudro les oxydes do for on d'alumine accidentellement déposés sur les tissus , et dont la présence se manifesterait après la teinture par de» maculatures et des taches irrégulière».
Ce bain, généralement composé d’acide sutfurique étendu, ae donne de deux manières:
A. Lorsqu on n’a pas à an disposition de générateur de vapeur.
B. Lorsqu'on n sou» la main une chaudière pouvant nu besoin chauffer les bains. Dans tous les cas, il convient de littsscr déposer le sulfate do plomb que l’acide concentré du commerce contient toujours et qui se dépose quand ou étend d’eau l’acide concentré. Il est indispensable, lorsque le* étoffes ont passé doux ou trois tours dan* le bain acide, de laver le» étoffes à grande eau, puis de le* dégorger complètement afin d'éloigner jusqu'aux dernières traces d acide qui, wi concentrant par la dessiccation, pourraient avoir pour effet de détruire la’ résistance de Kétoffe.
Maintenant quo nous connaissons la théorie du blanchiment de» matière» textile» d’origine végétale, le» appareil» dont on fait usage, et l’ordre dans lequel on fuit les opérations successive» qui composent l'ensemble de l’art du blanchisseur, non» résumerons, au point du vue dos dosage» de» bain», une opération sur le» étoffe» de coton, Tle toile, de lin ou de chanvre. Nous «supposerons une décoloration par étcudage sur le pré pour les étoffes de toile.
liUmchimcnt des tissus dé coton. — Nous appliquerons au blanchiment du calicot le» observation» que uous venous de poser. Les pièce» de calicot écru reçoivent pour être dégraissées :
1° Un premier lessivage à la chaux do 20 à 24 heures; on prend pour faire la lessive 30 kilogramme» de chaux, pour 1Ù00 pièce» de calicot 3/4, qu'on fait dissoudre pour économiser la chaux dan» le résidu de l’opération n® 3;
2° Un lavage et un dégorgeage ;
3* Un second lessivage à la chaux, de même durée que le premier et de même composition, mai» lait avec do l’ean pure ;
4° Un lavago et un dégorgeage ;
5° Une immersion dans l’ucido sulfurique tiède à 1°,4K;
6W Un lavage et un dégorgeage;
7* lin lessivage au carbonate de soude ; la lessive est faite avec le résidu de la lessive n° 12, à laquelle on ajoute I kilog. de carbonate do soude par lOÜ mètres de calicot 3,4;
8° Un lavngo et nn dégorgeage.
La décoloration s'effectue pour le même nombre do pièces en leur Élisant subir:
9? Une immersion do quelques heure» dans une solution de chlorure do Chaux qui ne marque pas à l’aréomètre, et qui, saturée par un acide, ne déguge pas de chlore;
10° Une immersion dans un bain acidifié par l’aoido chlorhydrique à 2" Buumé ;
<1« Un lavage et un dégorgeage;
12° Un second lessivage au carbonate de soude pondant 24 heures. On ajoute 4 kilog. 5 de carbonate do soude à la quantité u eau nécessaire au lessivage do 1000 mètres de calicot;
13° U u lessivage et un dégorgeage;
TEfttrUltE.
44°Uneseeondo immersion dans le ehloruro dochanx semblable à l’opération n° 9 :
15° Une immersion dans l'acide cblorhydriquo à 2° Itaumé;
46° Un lavage et un dégorgenge parfaits.
D'après les chiffres produit» pur Si. l’ersoz, le moufaut approximatif de la dépense nécessaire au blancbiineut île 40,000 métros de calicot se balance par :
60 kilogrammes de clmax 1 IV.
55 — do sel de soude 37 fr.
55 — de chlorure de chaux . . 46 fr.
Acide 40 fr.
Main-d'œuvre et fruis généraux .... 450 fr.
244 fV.
Soit 4 fr. 07 par pièce de 50 mètres. Les frais de main-d'œuvre diminueraient beaucoup si la fabrication était exercée sur une plus grande échelle.
Ce procédé permet de remplacer les alcalis caustique-- par leurs carbonates. Il n'en résulte pus d'incoménicnt; car les carbonates alcalins dissolvent auVsi bien les corps gras à l’état libre et jouissent de plus do l’avantage de décomposer pur double décomposition les savons calcaires en formant des savons alcalins et du carbonate de chaux. Dans l’origine do ce procédé, les résultats satisfaisants étaient obtenus même eu l’nbsenrc do toute décomposition par les acides des savons calcaire!: résultant du lessivage à la chaux.
Dans ce même procédé, l'acide qui sert à décomposer le cblorure de chaux est l'acide chlorhydrique et non l'acide sulfurique. Non-seulement, il y a formation de chlorure de calcium qui, déliquescent, entretient une humidité plus uniforme dans toutes les parties de la pièce, niais il y a dégagement d'une quantité plus considérable de chlore dans le cas où le sel contient du chlorate de chaux. 11 est donc rationnel de préférer une méthode comme celle qne nous venons de décrire, car die apporte économie au double point do vue du la main-d'œuvre et de* matières premières. Cette considération acquiert un grand poids par suite des baisses de prix qui conduisent forcément le fabricant à diminuer incessamment le chiffre des frais occasionnés par les opérations du blanchiment. C'est même pour satisfaire à ces conditions d'économie qu’ont été disposés les systèmes dits continus.
Pour nous rendre ci-mpte de ces systèmes, supposons cousues a la suite les unes des autre: plusieurs pièces do calicot avant ou après lo lessivage ; on les supporte pur un nombre suffisant -le cylindres qui servent aussi de rouleaux de tension ;’on fait mouvoir la tête des pièces en la faisant immerger successivement dans les bains convenables, acides, alcalins, de chlorure de chaux, acides, ctc.{ on intercale entre chaque bain dos appareils à nettoyer et dégorger. Un mouvement confina permet donc de conduire 1’étoHe blanchie convenablement dans les appareils à sécher. Cette méthode réunit alors à l'économie des opérations chimiques celle des opérations mécaniques qui n'est pas moins iraportant».
Par les procédés perfectionnés que nous venons d'exposcr, on évite toute fermentation acide quî jouait un ni grand rôle dans la pratique du blanchiment des calicots, surtout anciennement. Nons allons en dire quelques mots, car elle n’est pas abandonnée partout, et quelque* teinturiers l'appliquent encore à l'avivage de certaines nuance*. Les points théoriques sur lesquels non* insisterons ici éclaireront plus tard quelques points c onsacrés par la routine.
On lai&so macérer la pièce dans une cuve avec plus ou moins d’eau tiède, et pour déterminer une certaine fermentation on njouto une petite quantité do son I.a pièce doit être complètement immergée pendant toute
lu durôe de l’opération : soit 40 à 50 heure» pendant
l'été, 3 à 5 jours pendant l’hiver.
Si les pièces no sont pas convenablement submergée», la température de la mn-#e s'élève considérablement nu centre surtout ; il s'y produit une espèce de pourriture nuisible à la résistance du calicot. S'il y a trop d'eau, la fermentation se règle mal, et l’on ne parvient que très-itn parfaitement à faire disparaître le gluten et les matières amylacées que contient la fibre, et dont on cherche à se défaire. Au point de vue des besoins do la leinturo, cette ancienne méthode a l’inconvénient de transformer les matières, ou certaines matières résineuses fixées à l’étoffe, de telle sorte qu’en contact avec quelques principes colorants, ces résines modifiées le» rendent adhérentes aux tissus. Le» molécules de garance, par exemple, sont attirées avec énergie et viennent teindre les parties altérées; ce genre <l‘ultcra> ion no se produit jamais lorsque le lessivage h la chaux supprime la fermentation.
Nous ne quitterons pas ce sujet sans exprimer un regret, c’est qu'on no connaisse pas encore le degré de solubilité de la matière colornutn du coton dans les lessives do diverses forces et dans les savons, depuis 60 jusqu'à 18! degrés, température correspondant à 40 atmosphères; on ignore ainsi quelle est la température la plus favorable pour blanchir les tissus. Si quelques praticiens font usage d'nppareiUà haute pression, rien ne prouve qne ce soit avec avantage; la science n'a pas encore démontré l’utilité de cette pratique. j „
Blanchiment de» litsu» de lin ti de rhanrre. — Les méthodes que nous venons de décrire, trè»--9Ùnples,
■ ationuellcs , actives dans le cas du blanchiment des tissus de coton, sont bien moins efficace* quand on les applique nu blanchiment des tissus de fils de lin et de chanvre. La matière colorante est en plus grande quantité dans ces dernières, elle est plus résistante, et le» mutirres grasses et résineuses ne cèdent pas aussi facilement à l'action de» agents, dont on ne saurai- augmenter l'énergie »an6 compromettre la solidité de l’étoffe. Il faut donc répéter successivement lei opérations que nous avons indiquées; pour les fils de lin, ou va jusqu'à faire subir a la pièce quatre lessivages a b chaux, en les Cuisant suivre, pour l’opération du dégraissage, d'autant de lavages à l'acide, puis au carbonate alcalin.
Les étoffes de lin et de chanvre sont celles auxquelles on applique le plus généralement la décoloration par l'étendngo au pré. Nous »up|>oscrons donc ici qbe nous voulions traiter pour la blanchir la toile Commune écrite.
Le dégraissage s'opère au moyeu des opération» suivantes, savoir :
4° Un premier dégommago à l’eau tiède;
2" Un second dégotmnage dans les mêmes conditions;
3“ Un lessivage à chaud dans uno dissolution do savon vert;
4° Une lessive de 4 heures dans un mélange de chaux vive et de sel de soude qpi forme une lessive caustique.
La décoloration s'exécute au moyen d'opérations subséquentes, savoir :
5° Une première exposition au pré, pondant 2 ou 3 jours, suivant la saison ou l’état de l'atmosphère ;
6* Une seconde lessive de 3 heures;
7° Un nettoyage et dégorgenge;
8° Uno nouvelle exposition an pré do 4 à 5 jours;
9° Une troisième lessive do 4 heures;
40° Un nettoyage et un dégorgenge;
4 4° Une troisième exposition ou pré, do 4 à 5 jour» , selon l'état de l’atmosphère;
42* Un dofnler possnge aux acide». On j>cut recoin-
THNl'URF.
TKJKTURE.
tneuoer les pa««oges on lessfvo et l'exposition nu pré , si les pii ces n’ont pas lo blanc qu’on de» ire.
Les chiffres qui suivent pennettent do so fairo uno idée des frais occasionnés par cette méthode.
Tour composer Ja lessive, d'après des renseigne . monts fournis à M. l'crsoz par MM. Krechlin frères, on prenait : 45 kilog. de potasse des Vosges;
20 kilog. de chaux ;
35 kilog. chlorure do sodinm ;
4200 kilog. d'eau.
On porte à l'ébullition pendant une heure ; on laisse déposer; on décante, et on ajoute h la dissolution limpide 7 fois son volume d’eau claire. Ces quantités de matières servent pour uno lessive propre h 300 pièces. Un répète cette mémo dépenso h chaque lessive qu’on fait subir aux matières à décolorer.
Quelque soin t^u’on ait apporté dans la pratique des différente» opérations que nous venons do décrire, il est urgent de reconnaître l'état des toiles destinées & la teinture, soit qu'on veuille préparer des teintes unies, soit qu'on veuille les transformer en tissus imprimés ; à cet effet, ou soumet à dos épreuves convenables des morceaux d'étoffes prélevés au hasard sur l’une des pièces faisant partie d'une série soumise k la succession des opérations du blanchiment.
Si le blanchiment n'avait pas fait disparaître toutes les parties grasses, en passant l'étoffe, par exemple, dans nno cuve d'iudigo, la couleur ne prendrait pas également sur tontes les parties ; si l’on imprimait en uni, les parties grasses fixeraient la couleur, ce qui formerait des taches, diminuant la valeur de la teinture. Si l’on cherchait à produire des dessihs sur fond blanc, ccs tacites maculeraient la partie blanche ; dans le cas où le fabricant voudrait ensuite enlever ces tache», il s’exposerait h l'inconvénient de détruire 1a solidité de la pièce.
l'our s’assurer de l’état dans Icqnel se trouvent loe pièces blanchies, on en prélève un échantillon qu'on coud à la suite des pièces mordancée» qui pas*cnt dans un bain de garance. Nous verrons plus loin que le mordançago a pour but de tixor la garance qui, par elle-mOine, ne contracte aucune adhérence avec la fibre végétale. La pièce, en passant dans lo bain «le garance, devra se colorer d'autant moins que le hlun • chimont aura reçu le plus de perfection , c’est fc-dire qu’on^nura détruit le plus do matières étrangères fi Ja fibre. Pans tous tes cas, la coloration devru se présenter unie et sans mnculatures.
Ce modo d'épreuve no révèle pas toujours les accidents qui peuvent survenir, lorsqu'on imprime des tissus blanchis. Certaines natures dégraissé ou do résine ont par elles-mêmes si peu «l’affinité pour- la matière colorante de la garance, qu'elle* n'en fixent que des quantités insignifiantes, tandis qu’au contraire, par l'intermédiaire de certains sels d'alumine ou de fer, il y a fixation d'une coloration assez sensible. Avec de semblables toiles, on court lo «ijque de voir apparaître une coloration rose prononcée, soit unie, soit tous forme de lâches, lorsque par suite de l'opération du boutage elles auront été mises en contact avec l'excédant do sel 4 base d'alumine ou de fer que lo bain de boiuo a rcdUsons , et lorsque ccs loches auront fixé l'une ou l'autre de ces bases.
11 convient dono, pour n'ètro pas surpris au milieu d'üRo opération, de répéter l’essai du garançage d'on échantillon sur un nouvel échantillon préalablement passé «lans un bain de bouté : si le mireceau d'étoffe ne *e colore pas à cette double épreuve, ou si la teinte est légère et très uniformo, on on conclut que l'qg ham ilkrn est complètement débarrassé do matières étrangères à la fibre ; on peut conclura que toute» les pièces uvçs&ai i-oiit «le lonno qfftillté.
Ul'inc!' itneul Jet éiofiet J ar gint animale.
Si les procédés à l’aide desquels on prépare ù la teinture les étoffes «le cotop, de lin et «1e chanvre, diffèrent notablement «le ceux auxquels on soumet dans lo même but les tissus de Inine et do soie, on n'a que do faibles modifications à faire subir aux procédés qui Servent au blanchiment des laines pour lot approprier au blanchiraont des soie*. Nous les ferons connaître d’une manière sommaire. Dan* cette opération, commo dans celle qui s'appliqno au travail des calicots, noies aurons à distinguer lo dégraissage ot le blanchiment, et, pour ces deux phases, des moyen» mécaniques et des agents chimiques.
Blanchiment de» laine» et mi-lainei (chaîne- raton), — » - Il est urgent d’abord do débarrasser la matière textile de tou» les corps étrangers, gros, résinoux, salins, qui peuvent la souiller. Ce n’est qu’apiès cotto première opération qu'on peut songer à la «iécolorcr d'une manière prompte, efficace, durable.
4" Dégraissage. — On comprendra sans peine qae leétoffes de laine no puissent être dégraissées, c'est-à dire débarruh»écs des matières cireuses, graisseuse-, salines et résineuses qui constituent, par leur association » la fibre textile, un tissu dé laine, au moyen de* méthodes que nous avons appliquée» au blanchiment «les tissus d'origino végétale. Le» alcalis 0uu*tiqueS| en effet, ne dissulvent-ils pu* les fibre», comme nou» l'avons dit; et hi chaux ne les désorganise-t-elle pas h ce point que la fibro ainsi traftée perd toute énergiq. pour fixer la matière colorante? On est donc forcé d’avoir recours «l'abord à l’action des cristaux de soude, et si cet agent n'est pas assez fort, on fait usage, dos savon* qui, tantôt dégraissent en saponifiant le* corps gras directement par l'alcali qu'ils renferment en excès, et tantôt agissent en se décomposant sous l'influence «lo renu, «le manière à forrher dos acides gnu qui dissolvent mieux les matières résineuses, insolubles dan» l'eau, tout comme elles le sont dans lez carbonate* alcalins.
Quant aux températures auxquelles on opère le lessivage, elle» diffèrent encore notablement de celles qu'on choisit pour blanchir le» toilos «le coton, do lin ou de chanvre. On doit redouter uno élévation de température et n’opércr qu'entre 60 et 70 degrés ; le* appareils dans )o*queU on lave ot rinco le* tissus do laine sont aussi généralement différents de ceux qu’on emploie dan» le dégorgeage des tissus de coton ou de lin.- Presque toujours lc^ étoffe» do laine ont besoin d'êtré tendue» en passant dans le» dissolutions alcaline» pour éviter le» contractions qui gêneraient la teiuturc. Qn se sert do la muchiue à fotilarder, dite encore machine h plaquer, parce que c’est elle dont on se sert pour mettre sons épaisseur uniforme les intermédiaires capables do hxer sur les tissus les matières qui pqr elles-mêmes ne teindraient pas (voyez Imprkssiox, î' volume). Clutquo pièce pa»se uno fois ou deux an foftd d'pne auge remplie de lessive ; elle en sort ensuite pour être exprimée par deux rouleaux qui font retomber dans' l’uuge INïvcédsnt «le la lessive, et s'enroule sur de». cylindres mobiles eu bois qui se nomment bobines, et qui servent à transporter lo tissu. Quand les pièce* ont été pendant un temps suffisant en jontact avec la lessive, ou « lmuge les bobines do place, et, les transportant au-dessus de nouveaux bains ou d’eau poor hiver, ou de carbonato de soude et de savon pour opérer un dégraissage plut complet, on les fait circuler une seconda fois; on a soin de répéter ce* opérations tant qu'on ne juge pas lo dégraissage suffisamment avoffeé. Ce n’est qu’alort qu’on passe à la dernière phase du blanchiment à la décoloration.' ~ *
Décoloration Jet ijstut. — L'action du chlore* sur