‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 233 sur 394 · WA · texte numérisé non relu

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TEINTURE

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les fibres d'origine animale ôtant toujours accompagnée d'une désorganisation profonde et d’ mie coloration jaune plus ou moins intense, on ne peut songer à faire usage des principes employés podr le blanchiment des tissus qui proviennent du tissage des fibres du coton, du lin et du chanvre. On est forcé d’avoir recours à de ji >u veaux ngenfe, ot l'usngo a consacré l’emploi de l'acide sulfureux.

La réaction ost Ici d'une tout autre nature que celle qni prend naissance dans le contact du chlore avec la matière colorante ; dans le dernier cas, la malivre avant changé de propriétés est éliminée sous forme soluble; dans le cas de l’action de l'acide sulfureux, il «cmble qu'il n'y ait rien qu'une combinaison de l'acide avec la matière colorée qui so fixe sous forme incolore au tissu sans élimination. Ce phénomène rentre dans la c1oh«o de ceux observés par M. Chevrenl dans l’action do l'hydrogène sulfuré sur l'hémntine, et par M. Knlmann dans l'action de l'acide sulfureux sur los matières colorées d’origine végétale.

L’acide sulfureux, employé depuis une époque dont on no peut préci-er la date, est en usage presque partout pour blanchir les étoffe* et les fils de laine ; on l'obtiont par la combustion du soufre dans des chambre» qu'on nomme toufrair * (voyez Acii>f. sulfureux, 2* volume). On opère tantôt avec l'acide sulfureux gazeux, tantôt avec l’acide sulfureux liquide. Nous ne décrirons ici ni lu préparation de l'acide sulfureux gazeux, ni les appareils dans lesquels le» laines sont mises à blanchir ; mois nous indiquerons In |n>ssibilité de so servir d'ncide liquide on d'acide combiné. O’iteilly depuis fort longtemps n fuit voir qu’en soumettant des étoffes’ h l'action d’un liquide coiitenuut de l'ucidc sulfureux liquide, on obtient un blanchiment beaucoup plus complet que par l’acide gazeux. 11 suffit de 4 heures d'immersion dans un liquide disposé dans des appareils analogues à ceux dont ou fait usage dans lo blanchiment par lo chlore liquide ou combiné pour obtenir uno décoloration sati»faisantc.

M . Perso* indique comme procédé très-économiquo pour la préparation de l’acide sulfureux le moyen suivant : on cqlciue dans des cylindres de f »nle un mélange de sulfutc de fer et de fleurs de sonfro. La formule 3 (SO*) KeîO’ -4-8 Sali (SO:) 4- 2 (FoSl rend compte du la réaction. On chauffe à peine nu rouge. On dispose l'appareil comme pour lu fabrication de l’aciiie nitrique, maison charge d'abord uneportiun du sulfate do fer dans la partie antérieure de l’nppareil, puis lemélango de soufro et de sulfate, en sorte que le soufre en vapeur» rencontre d'abord du sulfate de fer chaud qu'il décompose avec facilité. On «onduit le gaz qui se dégage dans un tonneau laveur rempli de pnillp ou do mousse humectée; il se rond de la dans une caisse munie d'un ngitntenr ou d'une cascade chimique comme pour la dissolution dn chlore. En opérant sur lijÜO grammes de sulfate du fer supposé pur et sur 4000 grammes de soufre, on obtiendrait 34l» litre* do gnz «eide sulfureux &oug la pres-dort de 0"»,76 et à la tem(»émture de 0". Or, comme Tenu di-sout à la température ordinaire 43 fois son volpmo d'aeido sulfureux, on obtiendrait avec ces doses 79 lit rés d'eau saturée.

Je suis surpris qu'on n'ait pas encore introduit dans l’Industrie l'emploi de l'acide sulfureux combiné comme on lo fait pour lo chlore; le* appareils appliqués dans los deux cas seraient les mêmes, et par l'exposition K Voir des tissus imbibés do sulfite alcalin on pourrait obtenir une décoloration convotjablo. Sans doute cette innovation conduirait il quelques tâtonnements pour fixer la densité dn liquide et couualtreln force de IV cido il mettre en contact avec le tissu chargé de sulfite dans le cas où l'acide rarbotiîqro de l'air serait insuffisant oit d'une énergie trop faiblo pour agir promptement & la température ordinaire ; il fondrait encore

aussi so prémunir contre la transformation de l'acide sulfureux eu acide sulfurique par condensation dam> les porcs dn tissu, transformation qui compromettrait la solidité de l’étoffe ; la présence d'une hase dans lo sel primitivement employé mettrait facilement de côté cette cause* de destruction.

Noue pensons devoir faire connaltro ici un appareil très- simple, employé psr M. Kopp pour faire ubnorber l'acide sulfureux par une dissolution de polysulfur* de calcium dans la fabrication du vermillon d’antimoine. l.o guz sulfureux cet produit ou par la combustion dn soufre brut, ou par ifc calcination des pyrites, ou par le grillage vlu sulfure d'antimoine ( fig. 37 23.)

Une série de ctrves disposées en ttJigc» A, A’ sont en communication par un tuyau 11 avec l'appareil producteur du gaz sulfureux ; une cloison E existe dans chaque cuve folle force le gnz aride sulfureux à descendre pour se trouver au contact de la dissolution et do lu plaio liquide produite par le mouvement do rotation d'une roue i» palette F ; la cloison K' force le gnz a redescendre encore a\ant de so rendre dan* la cuve A’ qui absorbe les portions qui ne se sont pas dissoutes ; elles y pénètrent par un tuyau b ; un robinet II permet d' écouler le liquide contenu dun» la cuve A' dan» la cuve A lor*quV]c n été vidée par le tuyau I du liquide légèrement acide qu'elle renferme : quand on juge h propos de remplir directement d'eau pure lu cuve A on débouche l'orifice K : le tampon L permet do remplacer lo liquide combiné dans la cuve A’. Un cône nié-, tallîquo M, dans lequel on placo quelques charbons ardents, active le tirage du tuyau d'appel N qui doit aspirer l'acide sulfureux, les roncs à pâlotte* F tournent dans lo même sens ; elles sont commandée* par le mémo moteur; des roues d’engrcuago do différent diamètre règlent uno fols pour toutes la vitesse de rotation convenable pour une absorption régulière.

Lorsque l>-s tissus par des immersions répétées dans do* bains convonubles sont sufii-ammont dégraissés et décoloré», on les passe dane un bain spécial dit d’ararage pour rehausser le ton, et surtout pour f*lro<di»paraltro dans le» ti**u* de chalnt-coton la nuance jaune que convervc le Ininuge.

On a fait emploi pendant longtemps, pour remplir ce but, de sulfate de ruivro, on de touto uutre préparation bleue ayant pour base l'oxyde de cuivre. Mais on y a bientôt rcuoncé devant le» nccidunts graves auxquels cct azurage donnait lien toute» les l'ois qno les lames étaient teinte» et fixées par la vapeur. On doit àM. Chevreul cette observation importante, que nous Fin* fl iiénce de la vapeur d’eau et d'nne température éleiée, le soufre dont nom nvop» constaté la présence dans la fibre môme qui constitue la laine se porto sur les oxydes en présence desquels il se trouve, et lorsque les sulfure* qui résultent de cette combinaison sont colorés, In laine prend uno teinte colorée, uniforme ai l'oxyde e*t régulièrement réparti, sous forme de taebo si l’oxyde est irrégulièrement déposé. Telle c*t la eauso Assignée par M. Chcvroul, en 4837, b des taches qui s'étaient manifestées snr des laine» soumise* blanche» à la vaporisation, et devenues colorées par l'opération. Cet illustre chimiste avait reconnu que cfc* étoffe* «'étaient trouvée* accidentellement, pondant le travail, en contact avec des sels do cuivre, d'antimoine, d'étain, de plomb, avant leur passage il la vapeur, et que, sou* linfluence de l’agent, il y avait cil production d’nn sulfure coloré. La couleur brune que lu laine prend, quand on U plonge dans un mélange d'acétate d'aluinitie et d'acétato do' plomb, n la mémo origine; on évite ccs inconvénients en *o servant, pour murer, de carmin ou d'acétuto d’indigo qu'on ajoute en proportion variable avec le goflt du commerçant.

Nuu» terminerons c© chapitre en faisant remarquer "ustrie manque encore d'une bonne méthode,

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qui réJuise In macère colorante cl qui l’cxprtlsc. Les ! suis©, on sorti* qu'on oni|fiuie pour cca 100 pièces Mî kÛ. laines d’appnrcnco blanche tiennent cette qualité bien l de carbonate -île sonde;

plus de ccllo de- la matière que de l'eiret du blauchi- | 5° Les pièces passent ensuite au ïonftitge, ellc6 rqs-

aincnt; il serait intéressait de trouver une inarcho rationnelle qui supprimât l'azurage complémentaire avec lequel on imite un faux blanc.

Pratique du blanchiment des tissus de laine. — Nous réunirons ici l'ensemble des opérations qui constituent le blanchiment des laines tel qu’on l'exécute aujourd'hui. Nous supposerons avec M. Chevreul qu’on ait h blanchir 100 pièces de mousseline de laine, ayant 60 mètres de longueur, soit 6,000 mètres d'étoffe :

1° Les pièces sont assemblées pur mises de cinq, et cousues ensemble jusqu'à la tin des opérations. Chaque mis&est enroulée sur des bobines. Les 100 pièces forment» ainsi vingt mises; chaque mise est garnie aux deux bouts de deux garats en toile de 2 mètres envi ron, cousus solidement pour protéger les chefs do chaque extrémité de la mise ;

2U On monte un bain avec 7 kHog. de carbonate de sonde, et 1k,7& de savon blanc, à la température de 50 degrés, dans une cuve à foularder, garnie de son rouleau presseur et convenablement chauffée par la vapeur ;

On y fait passer la première mise trois fois de suite dans les rouleaux. Avant d'y faire passer la deuxième mise, on ajoute 500 grammes de savon bien dissous, en maintenant la température toujours à 50 de- I gré». On remonte de même le bain par 500 grammes de savon, pour la troisième, lu quatrième et la cinquième mise ; après le pu.sugo de ces cinq mises, on vide la cuve que l'on remonte a neufpour cinq autres mises, eu sorte que pour les 100 pièces on emploie 26 kdog. de carbonate de soude, et 15 kilog. de savon blanc ;

3° On rince ensuite doux (bis chaque mise dans un bain d'eau à 35 degrés, monté dans l'appareil h foularder, où l'on renouvelle l'eau po*r chaque mise ;

i° On monte un bain avec 7 kilog. de carbonato de soude à la température de 50 degrés centigrades ; on y fait passer trois fois la première mise entre les rouleaux ; avant d'y faire passer la seconde mise, ou remonte le bain avec 50 grammes de carbonate de soude très-limpide, et l'on maintient la température ù 50 degrés. centigrades. On remonte de même le baü) avec 50 grammes de carbonate de 6oude avant lu passage ' de la troisième et de la quatrième mise ; ou remonte h neuf uue nouvelle cuve pour le passage de la cinquième

lent 12 heures dans le soufroir, compris le temps nécessaire pour garnir et dégarnir la Chambre; on consomme 25 kilog. de soufre;

6° Au sortir du soufroir les pièces sont rincée» dans un courant d'eau froide qu'on renouvelle continuellement;

7° On répète l’opération 4°, en ayant soin tl’cm- . ployer pour faire les bains nécessaires aux 100 pièces 36 kilog. de carbonate de soude;

8° On répété l'opération du soufrage avec 25 kilog. de soufre;

9° On rince encore h l’eau courante ;

10° On lessive avec le carbonate do soude, en consommant 36 kilog. de carbonate de soude;

11° On soufre de nouveau, toujours avec 25 kilog. de soufre ;

’1iw On rince enfin en eau tiède;

13° On rince en eau froido en établissant un cou~ nuit.

On nzuro, an niovon d’un passage dans le carmin d'indigo, qu’on fix* dans la dernière opération du sonfrnge, lorsque les pièces sont destinées à la vente en blanc; elles peuvent d'ailleurs ne recevoir qu’un seul soufrage. Quant aux pièces destinées à la teinture en nuances claires et brillantes, il faut leur donner le dégraissage et la décoloration la plus complète, afin d'obtenir des nuances ou des impressions irréprochables. On ne doit soumettre les pièces décolorées avec l'acide sulfureux qu'à des températures peu élevées, afin do ne pas détruire par In chaleur le princijie incolore qui résulte de la combinaison de l'acide sulfureux' avec la matière colorante; il se dégagerait de l'acide et la coloration apparaîtrait de nouveau.

Obsécrations générales.

On a pu voir par eu qui précède toutes los lenteurs qu’on rencontre dans les opérations courantes du blnuchiment. Nous avons signalé les points encore délicats qu'il était possible d'aburder. Disons quelque» mots de» tentatives faite» dans ce» dernières anuées pour introduire dans la pratique de nouveaux agents.

On a fait en Prusse, dans une douzaine «le fabriques, des expérience» en grand sur l’emploi du verre soluble comme suvou; en. général, les résultats n'ont pas été satisfaisants; on nettoie bien, il est vrai, les tissu»

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du cdton par l 'emploi do celle matière, mai» son action n’est pas supérieure à colle du sel do soude ; elle est de beaucoup inférieure h celle du savàn alcalin. Los fil» et' tissns traités par les silicates alcalin» conservent p roque toujours une dureté et une rigidité désagréables; le blanc est d'ailleurs moins pur et plus salissant; h» taches Bont dificilé* h foire disparaître; la silice qui reste dans les fibre» après le lavage fait répartir inégalement le duvet, bien qu’on ait cherché par un rinçage des plus soignés à l'éliminer complètement.

Employé pour l'avivage des couleurs garancéc», cet agent «'a pas donné de meilleur» résultat». Le blanchiment des tissus de lin et de chanvre n'a pas été couronné de plue de suciès. Cependant, il faut dire que le les-lvage des linges grossiers de ménage réussit plutôt avec un mélanga de savon et de verre soluble qu'aveo le silicate rileulin sans addition.

M. Chapotenut tils, pharmacien à Déchu ( Nièvre ), n fait Connaître qu’on opère avec facilité le lessivage au moyen d'un mélango de 4 grammes d’acétone . 20 gramme» d'essence de térébenthine, et 40 grammes d'ammoniaque liquide. Si l'acétone recevait cet emploi, >a fabrication deviendrait facile par la décomposition, sous l'influence de la chaux, de l'acétatç de soude obtenu par le contact du carbonate de soude avec le gaz provenant de la distillation des bois.

niaïu'himfHt des soirs. — Noue n’avons plus qu’à dire quelque» mots du blanchiment des soies, pour passer à l'étude de la teinture proprement dite

Lés étoffe» qu'il s'agit do blanchir ont été déjà soumise» à l'opération du décreusago, ou bien elles sont cernes. 11 faut, par conséquent, plus de travail dans le second en* que dons lo premier.

Lorsqu'il 6’ agit de blanchir des soies déjà décrcusée», il suffit d' immerger les tissus dans une eau. courante, puis de les laver dan» une lessive formée de 60 gramme» de savon, ut 500 grammes de son par pièce de 4ümètrc» environ : le son, par son acide, affaiblit l'action de l'alcali du »avon, Il détruit moins la soie; en sortant do ce bain, les pièces sont dégorgées ü 40 degré», lavée» à l’eau froide, puis nettoyées dans lus roues à laver ( Dashwheel ).

4° Digraissags. — Dans le second cas, ou immerge les pièce», après les avoir introduites dans un sac, dan» une chaudière remplie d'une éau tenant en dissolution . 250 grammes do savon pour 4 kilog. de soie. Après avoir chauffé graduellement et maintenu l'ébullition pendant 2 ou 3 heures, on nettoie a l'eau courante. L’étoffe bleu rincée reçoit un second bain semblable au jitcinier, on la dégorgo de nouveau dans la rouo à laver. Lorsque le dégorgeage est complet, on tormino pirr un passage dans l'eau contenant 45 grammes do carbonate de sonde cristallisé pour chaque pièce .de 40 mètres. La pièce est alors dégorgée , rincée et passée dans nn bain d'acide sulfuriquo qui no marque pas à l'aréomètre. On tennino enfin par un dernier lavage à l'eau cbaudo, suivi d'un buttage à l’eau courante après avoir rincé.

2° Déeoloration. — Les tissus de soie blanchis de la aorte sont d’un blanc assez vitpour recevoir tonte» 1ns colorations foncées ; mai» quand ils sont de«tinés à recevoir dos nuance» très légères, il convient do le» exposer à l'action d'un léger soufrage. C'est là que l'emploi do l'acide sulfureux liquide est parfaitement approprié; il faut dans tous les cas agir avec la plus grande circonspection pour ne pas altérer le tissu.

Au reste pour les soies, les opérations du blanchiment et de la teintnro s'exécutent généralement sur des fils ou do* écheveaux qu'on livre ensuite aux tisserands. Le travail du blanchiment a souvent pour but üc dégraisser et de décolorer entièrement la fibre ; dan* d'autrui en», nu contraire, on veut seulement

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assouplir le fil ; on nomme soie» assouplies celles qui n’ont subi quo l'action prolongée pendant une beuru environ de l’eau chaude à 80 ou Û.0 degrés centigrade» ; on conserve ninsi tout le poids que la soie possède, tandis que par le décreusage ordinaire il di- .tninuc d'environ 25 p. 100. Mais le volume augmente par une Borto de gonflement de la matière fibreuse ; ces soies sont réservées pour le» parties non apparentes de» tissus; on sait, par exemple, que dans let> satins dont la chaîne est brillante, la traino est presque toujours en fil simplement assoupli. Quand la couleur le comporte, Je blanchiment du fil est suivi d'un cngalloge ; quand on cngalle les soies assouplies on trouvo forcément une augmentation de poids. Nous signalerons toutefois une variété de soie de Chine qui perd par l'eau seule de 45 à 20 p. 400; l'engallago ne fait donc quo diminuer cetto perte de poid».

Quelques observation» sur le décreusage des soies peuvent trouver leur place ici : lorsque les soies ont été dévidée» dans de» eaux calcaires ou chargées do sels inorganiques, ces sels peuvent so fixer sur la fibre et conduire à des accidents dans le» opérations subséquentes auxquelles on soumet les soies, ou pour les cuire ou pour les teindre. L'expérience prouve en effet qne lorsque la noie moulinée laisse plu» do I gramme do cendre», cette soie prend un aspect terne au décrtSUsage et qu'elle reçoit mal la teinture.

Si l'on soupçonne avoir à traiter une soie de cette espèce, il faut commencer par la traiter avant de U, d écrémer par un lavage à l'eau légèrement acidulée d'acide chlorhydrique, puis avec une faible dissolution alcaline. On enlève de la sorte les oxydes inorganique» qui, pendant le décreusage au savon, forment des savons insolubles et pénètrent dans les fibres eu lotir enlevant leur éclat soyeux.

On connaît à Lyon, sons le nom de soieTussab, une soie d'une espèce particulière, qui n’est importée que depuis 4846 et qui nous vient par l’Angleterre; elle est réservée pour des usages spéciaux à cause de sa résistance; elle est d'on prix plus bas que celui des soies iès plus communes.

M. Gninon, de Lyon, a fait connaître en 4849 l’emploi des alcalis caustiques pour décreuser et décolorer cette soie. Dans une solution alcaline de soude caustique marquant 3 degrés à l'aréomètre et 400 degré» centigrades, on plonge la soie qu’on agite pour que l’action soit uniforme. Pendant cotte première opération, la matière colorante se dissout immédiatement, la soie cède environ 0,4 2 de son poids, sa rude«se disparaît; elle devient souple en même temps qu'elle acquiert du brillant et l'éclat soyeux. Cette immersion ne doit pas so prolonger au delà d'nn quart d'benra, autrement on risqncrnit de voir la soie s'altérer profondément par l'action de la soude dont l'énergie est augmentée par la température à laquelle on opère. Au sortir do ce bain, on lave à l'eau et on pas»c en acide sulfureux ; on lave, on blanchit encore en acido sulfureux, puis on lave uno dernière fois. 11 est évident que ces répétition» ne sont nécessaires que pour la teinture eu nuauccs claires.

La soie n'a rien perde de ses qualités; son affinité pour les matières colorantes n'a pas augmenté, mais en acquérant la souple**, le brillant et l'éclat des soles ordinaires, elle est devenue propre à recevoir la teinture. On peut lui appliquer toute coulenr, excepté cependant les couleur» tendres, telles qne blanc, rote, bleu de ciel, paille et gris fin.

M. Petzi à Lyon donne, pour opérer le décrcusago de ln soie Tussab, les recette» suivantes : on la soumet à trois reprises pendant 3 à 6 heures à l'action vl'nn bain formé de t

Carbonate de soude. . .. 44 kilog.

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rotasse du commerce. . . 4

Potasse eaiftiiquc ..... 5!

. Eau choisie. . . . . . 345

après ces trois traitements on agite In soie pendant 45 minutes dans un quatrième hain renfermant :

Potasse du commerce. . . 41

Chlorure de chaux . . : . 2

Eau 315

après cette operation la soie est lavée dans do l’eau froide et immergée pendant dix minutes dans un bain composé d'acide chlorhydrique, '22 partie-, et 315 litre» d'eau. Pour ajouter à l'éclat, on la passe enfin dans on bain d'acide nitrique -très-étendu d'eau, ou rince et on passe entre des cylindres pour allonger los libres.

Lorsqu’on fait usage d’acide eultureux gazeux pour blanchir les soie», on doit, pour éviter l'altération de» fibres, mettre dans les chambres un excès de soufre, et protéger les échcvcaux suspendus sur des tringles do bois enveloppées de toile. Au sortir du soufroir , les érheveaux sont placés dans des draps de toile simplement humectés, ot transportés dan» une autre chambre où la marchandise est abandonnée à clic-même pendant 12 heure». L'action de l’acide sulfureux se prolonge lentement, et s’il se forme de l’ocido sulfurique, il agit sur le» enveloppes qui sont promptement corrodées. J’ai vu prendre à Lyon ces précautions indispensables pour conserver aux 61s leur brillant et leur solidité ? on les rince après le soufrage.

Nous n’aurons rien & dire de l’opération qu’on nomme séchage ; on la pratiqua sur les pièces teintes par immersion dans un bain de teintnre soit sons impression, soit après impression. Nous aurons donc . à décrire les méthodes dont «5n .fait usage, après avoir exposé les opérations de la teinture proprement dite, g V. TotfORlK

des phénomènes de teinture.

Ou désigne généralement sou» le nom de teinture l’art qui a pour objet de fixer les matières colorantes sur les fils ou les tissus. Nous répéterons que d’après M. Chevreul on doit préciser cette définition en la modifiant de la manière suivante :

L'art de teindre consiste h imprégner, aussi profondément que possible, le ligneux, la soie, la laine et la peau, do matières colorées qui y restent fixée» mécaniquement ou par affinité chimique, ou enfin à la foi» par affinité et mécaniquement.

On teint en effet par imprrgruitiou mécanique , par imprégnation chimique et tout à la fois par imprégnation chimique et imprégnation mécanique. C'est l’ensemble de ce» trois moyen» qui constitue la science du teinturier.

Imprégnation mécanique . — Depuis près de trente an», on colore dan» l’atelier de teinture des Gobelins des fils au moyen de matières qui n’y sont fixées que mécaniquement par adhésion et par interposition. Ce procédé ne donne que des couleurs très-claire» ; mais si l’on emploie de» matériaux solide», comme le charbon, l’outremer, l’oxyde vert de chrome, pur ou combiné par le (eu, du peroxyde de fer , de l'ocre, du cinabre, du phosphate de cobalt, on obtient des couleurs inaltérables, tandis qu’au contraire la production des mêmes nuances par l’affinité chimique ne conduit qu’a des couleurs éphémères. Des soies et des laines, colorées en gris-perle par on mélange d’ontremer et de charbon employées en tapisseries pour meubles se sont parfaitement conservée» après dix ans d'nsage , lorsque quinze jours de soleil auraient suffi pour décolorer les mêmes nuances obtenues par les procédés ordinaires.

Imprégnation chimique. — Les étoffes de coton et les tissa» do soie plongés quelques heures dans la dissolution d'un sel do peroxyde de fer se colorent par affinité

chimique; elle* enlèvent du peroxyde de fer ù l’acide; c’est l'exemple d’une fixation de couleur par affinité chimique; que cette couleur soit végétale, animale, minérale, la coloration s’effectue en raison du même principe.

Imprégnations chimiques et imprégnations mécaniques simultanées. — D’autre part, do» étoffes avant d’être lavée» à grande eau à leur sortie d’un bain ferrugmeux, passées dans un hain alcalin , en sortent bien pin» foncées qu'elles ne l’auraient été sans l'intervention de’ l'alcali. Dan» ce cas, outre l’oxyde de fer fixé par l'affinité chimique, il y a la portion de cet oxyde qui est adhérent par sou interposition mécanique ; c’est le peroxyde provenant de la décomposition par l'alcali du .sel ferrugineux en "excès qui pénétrait les fibres textile» quand on les a retirée» du bain. Une petite quantité de l'alcali qui sc combine à l’oxyde de fer contribue encore à foncer la couleur dé l’étoffe.

Tels sont les trois ca» principaux qui peuvent te présenter dan» les opérations pratiques do lu’teintare.

On a défini généralement la teinture l'art fTappli* uer des matière» colorée» ou colorantes sur les étoffes, e ligneux, de soie, de laine, par l'intermédiaire d'un corps souvent incolore qu’on nomme mordant. Cette définition, qui nous semble devoir être rejetée comme incomplète, est vivement combattue par M. Chevreul qui s'appuie snr les motif» suivants :

4* Elle ne comprend pas le cas ou l'on teint par imprégnation d’une matière qui n’adhère que mécaniquement.

2° Elle ne comprend pas le cas oùj’on teint par affinité en plongeant un tissu dan» une dissolution ferrugineuse, dnn» du sulfite d’indigo, dans une cuve d’Inde, dans une dissolution de brou de noix.

3' Elle ne comprend pas le ca» où, après avoir rombiué du peroxyde de for à de ta cellulose ou de la soie, on la convertit en bleu de Prusse en passant l’étoffe dans un bain de cyanofcrrite ou de cynnoferrure de potassium acidulé.

Nous admettrons donc avec l’illustre directeur des teintures dos Gobelins que cetto définition c#t trop restreinte, et d’ailleurs, sans proscrire le mot de mordant, H ne fadt l’employer que comme expression d’atelier dont il est difficile, sinon impossible de donner une explication rationnelle en tant qu’on cherche à la généraliser. S dan* d’autres industries le mot do mordant peut être synonyme de fixatif, ici cette expression devient impropre, car elle ne signifie pas assez; le» mordants dans le* arts n'agissent en aucune façon chimiquement, leur rôle est basé sur leur» propriétés physiques. En teinture, an contraire, il y a réaction chimique indubitable et leur» affinité* »|>éciales les font choisir dnn* des ca» déterminé*. Cette considération nous condnit en effet à considérer h** étoffe* colorées comme formées par l’adhérence de la fibre avec un composé défini dan» la nature, la proportion, l'arrangement des éléments lorsqu'il s’agit d'une teinture dans laquelle l'affinité rassemble plusieurs corps mis en présence. Ce composé peut être binaire comme le peroxyde de 1er, ternaire comme la cartli&mino, quaternaire comme l'indigoline. 11 peut être un principe colorant quaternaire cqmme l’indigutine, ou ternaire comme la carminé, la luteoline, Vhéinatine, uni tantôt avec une base, tantôt avec un ucido insoluble , tantôt avec un sous-sel ou même un sel neutre.

Dans tons les cas, on comprend que le poids de l’étoffe est toujours trè—fort relativement à celui du composé coloré, et comme la première, doit conserver sa ténacité,

! il faut éviter dan» la teinture l’emploi de tonte pra tique qui tendrait à l’altérer dans su ténacité, soit brillant, sa souplesse.

Qu’on admette aujourd’hui qu’il convient de ne plu*' sacrifier ù l'usage, il nous >ern bien vite accordé qn’il

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serait préférable dédire n/un»»r»#r, enferrer, plomber, etc., les tissai au’on veut colorer au moyen de la garance, de la gnuuo, etc., puisque ces expressions fie représentent à l'esprit qu’un fait évident, la fixation sur l'étoffe d’une certaine quantité d’alumine, d’oxyde de fer, d’oxyde do plomb, etc. Quant b l'expression générale de mordançage, ne suffirnit-il pas de la remplacer par celle de préparation , alors il faudrait dire tissus prépares,' terme générique pour toutes les pièces ayant subi les préparations nécessaires, quelles qu'elles soient, nu point de vue chimique, pour les rendro propres b contracter adhérence avec les matières colorantes ou colorées. On s’est servi longtemps, pour désigner la préparation qu’on faisait subir au Coton, du mot anima/tser ; il est inutile de dire que l'usage ne l’a pas çonservé.

La science de la teinture, on, ce qui revient au même, 1» chimie appliquée à cotte industrie doit, ainsi que nous l’avons dit ailleurs, définir les corps nécessaires b louicsle» opérations d'atelier, les circonstances les plus favorables à l'action mutuelle des étoffes et des corps mi» en contact avec elle», le* conditions les plus convc- I nobles b l'adhérence complète de la coloration, la nature de» produits colorés. Pour faire cette étude d'uuo manière profitable, utile, il faut attaquer la question dans son ensemble et former des division» qui satisfassent un esprit logique. • Il est évident, dit h ce sujet M. Cbcvrenl dans son rnpport sur les tapisseries exposées h Londres, qu’il n’existe pas de difficulté» lorsqu’une étoffe mise en contact nvcc nno matière coloranto dissoute dans un liquide In précipite en s’y unissant et formant avec elle un principe insoluble.

• Telle est faction du sulfate d’indigotine sur une étoffe; il reste sur celle-ci une matière colorante qui résiste b feau, c'est du sulfate d’indigotine et non do l’indigo ti ne, puisqu'on peut l’enlever à l’étoffe avec de l'eau alcalisée chaude.

« Telle est encore l'action d’une.étôffo but la solution d’un sel h base de peroxyde de fer ; il se produit , suivant toute apparence, un sons-sel de peroxyde, lequel peut être réduit par des lavages ultérieurs à l’état do peroxyde pur.

• Mai» lorsqu'un corps acide, alcalin ou salin, dissons dans l’eau n’cit pas dans le cas de laisser un corps coloré sur les étoffe» ou que Tenu employée en quantité suffisante peut dissoudre tout le corps coloré qui s’y est fixé d'abord, comment reconnaître s’il y a action mutuelle entre le* corps mis en présence ? On le peut par une méthode qui consiste à comparer l'état d'une solution ncide, alcaline, snlineavant et après son contact avec une étoffe donnée. Ou peut reconnaître alors :

• I" Que l’étfiffe a nbsorbé proportionnellement plus d'eau quo du corps dissous.

• 2" Q*ae le contraire n eu lieu.

• 3» Que la solution est après k contact dons l’état où elle était auparavant. C© résultat n’est pas un motif de conclure qu’il n’y a pas d'action , pnreo que, h la rigueur, il peut y en avoir une. Si on la soupçonne, il est nécessaire do répéter l'expérience en employant des solutions faite* dans des proportions différentes do celles qu’on a employées en premier lieu. •

Par l'emploi régulier do cette méthode expérimentale. M. Chqmols constaté qu’une solution aqueuse d'acide sulfbrique ot d'acide chlorhydrique qui se concentrent sur le ligneux, parce que celui ci attire proportionnellement plus d'eau que d’acide , devient plus étendue par le contact de la laine et de la soie, cellos-çi absorbant plus d'acide que d’eau.

Il a vn qu’il c*t dos sels solubles qni «'unissent aux étoffes par une affinité Assez forte pour que Peau froide cesse d'en dissoudre une quantité sensible aux réactif», »t cependant ce» étoffes en retienuent ime quantité appréciable. Tel est l'azotate dé plqinb et la laine. La laine

lavée jusqu' b ce qu’elle ne cède plus de sel de plomb sensible h l’acldé sulfurique en retient a*«ez pour brunir par l'ucidc sulfhjdrique quand on la plonge dans cet acide.

C'oRt donc après avoir étudié les actions des acides , des alcalis et des sels sur les étoffes, qu'on pourra déterminer les réactions qui se passeront entre les principes colorants maintenus en dissolution ou précipités au moyen do coti même* agents.

La pratique journalière des atelier* a fait voir que sous cé rapport toutes les substances connues colorantes d’origine végétale et d'origine animale se conduisent de manière» bien différentes dans leurs rapports avec les fibres textiles.

Dans certains cas il suffit, en effet, pour obtenir une teinture durable, de mettre la matière colornnté dissout o en contact avec le filou le tissu; nous citerons l’indigotine, la cnrthamine, la curcumiuc.

Dan* d'autres circonstances les couleurs ne se fixent qu’au moyen de certains agents intermédiaires qui font nécessaires pour faire adhérer la couleur ; de celte espèce sont la garance, la cochotiille, 'les bois do Brésil et "de Cam pêche, etc.

D’autre part une matière colorante donnée ne se conduit pas de la même manière avec toutes les fibres textiles, et les teinturiers n’ignorent pas que le coton, le lin, la laine et la soie n'offrent pas h la teinture en une nuance donnée la même facilité; do plus les couleurs obtenue!» n'offrent pas la même résistance.

La force qui déterxnino entre les deux corpl, fibre et principe colorant, une adhérence déterminée n’est donc pas la même pour tonte* les fibres. Quelle est !n cause de cette ndhérencc, quelle c»t la cause de cette inaltérabilité pour celle* ds ces substances colorées qui jouissent d’uno grande solidité? Elles pendant longtemps ot à juste titre été l'objet des préoccupations des homme» éminents qui depuis plus de soixante-dix ans ont voulu jeter, sur l'industrie de la teinture les lumière» de la science.

Des opinions très-diverses ont été tour à tour admises bec sujet. Il nous paraît digne d’intérôt do les discuter ici.

Ilellot et Lepileurd’Apligny ne voient dans ln fixation des couleurs qu’un effet méeaniqae ; Bcrthollet, Mncquer.Bcrgmann, M. Cbcvrenl, M.I'ersoz et d’autres voient dans cette fixation un effet chimique. Nous avons déjà fait sentir qu’il fallait, pour rester dans le vrai, faire la part b chaque influence et reconnaître dans beaucoup de cas la simultanéité des effets physiques et chimiques sur le» phénomènes de la coloration des étoffes par voio de teinture. Cette question, de nouveau remise à l’ordre du jour par l’un de» plus habiles manufacturiers del’Anglcteire, M . Walter Crum qui semblo opiner vers les idées de Hellot et Lepileur, est devenno l'origine de travaux consciencieux et très-important»; tout récemment encore M. Kuhlinann, d’une part, et M- Verdeil, d’autre part/ont présenté des observation» que nous mentionnerons en leur lien et par ordre chronologique.

Opinion «fs Hellot. — Ilellot voit dans la fibre do 1s laine la cause de l’adhérence; les matières colo- . rantes s’y fixent parce qu’elles pénètrent dans les cavités laissées b l'intérieur des fibres, lorsque ces- canaux ont été dilatés par la chaleur; clics s’y trouvent mastiquées ensuite par le» astringents qui font presque toujours partie des bains de teinture; elles y sont comprimées enfin par les lavages b l'eau froide.

Opinion de Lepileur d'Apligny. — Lepileur d’ApllgnV, postérieurement b Hellot, applique b la soie, au lin, nu coton même, les théories que le premier savant applique b la laine. Il retrouve dans la fibre textile, quelle que soit son origine, une contexture, une orga-

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nisotion similaire en tube» ou sacs ; et o’est par la plus ou moins grand o ténuité de ces tubes ou sacs, c'est par la différence de leur diamètre et de leur longueur, qu'il explique l'énergie variable avec laquello les fibres de coton, do laine ou do soio s'emparent d'une matière colorante donnée.

Opinion de liufay et de Bergmnnn. — Dufny, en 1737, et Rcrgmann, beaucoup plus tard, en 1775, ont eu recours aux affinité» chimiques, pour expliquer la propriété dont jouit une substance colorante de s'unir à telle matière textile, de préférence k telle autre. Borgmann, principalement, dans son travoil sur l'indigo, expose nettement que si le sulfate d'indigo sc trouve absorbé par la laine en plus grande quantité que par la soie, la cause doit résider dan» la différence des affinités des doux fibres pour ln matière colorante, puisque dans un eus, pour une mémo dissolution de sulfate d'indigo, la laine enlève au bain de teinturo toutes ses parties colorante», tandis que, dan» le cas d« la soie, une partie seulement de la coloration ee trouve absorbée.

Opinion de Marquer. — Penchant au commencement de sa earrièro scientifique vers les idées de Hellot, Marquer n’hôsito plus k déclarer, en 1778, que nonsculemont le.*» colorations des (Issus tiennent à la quantité de matière introduite dans les pores ou sacs que les fibres présentent, mais qu’elles résultent encore de certains jeux d'affinité puissante entre la matière des fibres elles-mêmes et la matière colorante. Il insiste surtout sur les phénomènes que présentent les couleurs qu’on ne peut fixer que par l'intermédiaire de l’alumine ou do l'oxyde de fer, et qui contractent, par la présence de ces intermédiaires, une solidité presque complète. Toutes le6 notions fournies pur l'empirisme ont été l'objet, de la part do Marquer, d'études plus approfondie» que celles qu’on Avait tentée» avant l’application de la théorie de l'affinité, pour expliquer l'adhérence des matières colorante-* ni ne fibre» textiles. Marquer "fut conduit, par dos observations intéressantes. b poser en principe qu’on recourt û l’emploi do l'alumine, dit for, etc., pour fixer les matières .notofautes soluble» dans l’ean ; mais qu'on s’en dispense, toutes les fois qu'on veut colorer au moyen dos substance» qu’il désigna sous le nom do matières rûmoex tract ires, savoir, les principes colorants du brou do noix, du sumac, du sautai, de la racine de noyer, de l'écorce d'aulne ; ou bion encore les matières retineuttx, comme l'indigo, le rocou, l'orseille, le carthame. L'objet de la teinture, dans les idées do Macquer, était de précipiter k l’état de matières insolubles, par l'Intermédiaire «le l'ai tim inc* et du fer, les matière* solubles qui, jiar le contact de la fibre et k l’état naissant, s’y combinaient alors, comme les matières résineuses ou résino • ex tracti vos.

Une oxpérioncc très-cnricuso, et quo Moquer cite, semble mettre hors de doute l'importance de l'affinité chimique exercée par les divers tissus, sur une matière colorante donnée; elle nous parait avoir contribué puissamment k faire intervenir dan* l'esprit du savant académicien l'influence des force* chimiques.

■ Si, après avoir aluné, autant que possible , 60Ô gramme» de laiuo et 500 grammes «le soie, on les teint ensuite séparément, chacune dan* un bain de cochenille, elles prendront l'une et l'autre un cramoisi très -beau et très -solide ; mais k quantité de cochenille égale, dans chaquo bain, la couleur do la laine aura infiniment plus de plénitude et d'intensité que celle de la soie; cotte différence est si grande, qu'on ne peut parvenir k donner au cramoisi de la soio autant d’intensité qu’à celui de la* Inine qu'en y employant uno quantité do cochouillo plus que double, c'jut'hdrro qu’il faut 76 grnmtno* do cet ingrédient pour donner

aux 500 grammes de soio un cramoisi aussi plein .que celui quo les 500 grammes de laine prennent avec 30 grammes do cochenille. Et l'on ne peut pas dire, avec M. Lopileur d’Apligny, que cela vient de ce quo les pores de la soie étant beaucoup plus fins quo ceux do U laine, elle ne pont prendre lo» parties les plus fines de la coohonille, tandis que la laine les prend toutes, parce que ses pores sont plus grand» ou pins nombreux; s'il en était ainsi, il devrait rester beaucoup de couleur dan» le bain, où la soio a pris tout co qu'elle peut prendre, et a refusé d’en prendre davantage; or, c’est ce qui n'arrive point; au contraire, il est constant que la soie, à raison do 7f> grammes de cochenille par 500 grammes de soie, laisse son bain aussi clair ot aussi épuisé de couleur que l'est celui do la laine teinte par 30 grammes de cochenille, s

Il y a donc, dansco cas, uno quantité considérable do carminé k l’état latent; elle l’est, parce qne la combinaison do la carminé avec la soie n’a pas la même intensité de, couleur 'que lit combinaison correspondante de laine et de carminé.

Opinion de M. W'alter Crum. — Tout On modifiant l'opinion do Ilcllot, M. Walter Crum a remis ou voulu remettre en vigueur les idées de Hellot, en les modifiant toutefois. Nous allons donner, d’après M. Persoz, un aperçu do l'opinion do M. Walter Crum, en présentant, d’uprès co même savant, los faits qui permettent de réfuter la théorie du manufacturier anglais.

En s'appuyant sur les anciennes expériences de Th. de Saussure sur 1« charbon qui peut absorber les gaz sans les dénaturer, en proportions variables, suivant la nature do ce» gaz, suivant sa nature propre et sa porosité, M. Walter Crum déclare que plusieurs des opérations de la teinture sont du domaine des actions capillaires décrites par do Saussure, en accordant toute confiance uux observations microscopiques qui ont porté fur los fibres de coton composées, comme on le sait, de tubes creux et transparents. L'hypothèse do la porosité des fibres étant une fois admise, on fixo lu bu»c minérale d'une couleur obtenue do la garance, l’alumine ou l'oxyde de fer, par exemple, en la traitant par un acide volatil, l'acido acétique; il se fait une solution qui par le temps, au contact de 1a fibre dans l’intérieur de laquello elle pénètre, se décompose en abandonnant l'oxyde et l’acide se dégage ; cette solution s’altérerait de même sans lo concours du coton. Et si la hgse reste adhérente, au point de résinier k l'action du lavage lo plus complet, c'est quo l'oxyde déposé dans le tuho ne peut plus en être éloigné par des méthodes mécaniques. Postérieurement,*To coton préparé par l'immersion dans le sel alumineux est «n contact avec lo bain de garance. La matièro colorante so combine en vertu d’une véritablo action chimique.

M. Walter Cfnm s’appuie, pour établir sa théorie» sur ce que l’on ne pourrait foire dépendre l'ndhérence des couleurs de la force d'attraction qui unit les corps atome à atome, sans admettre en même temps la désorganisation de l’étoffe ; et l’expérience prouve qu’aprè» avoir onlevé la matière colorante pur des agents chimiques appropriés, la fibre so retrouve sans altération ; elle n’a pas perdu scs propriétés caractéristiques.

Boit h l'œil nu, soit k l’aide du microscope, on découvre quo la teinture n’est pas uniforme, quo la Coloration est accumulée dons l’intérieur des tubes, que la coloration soit jaune, rouge ou bleue. Dans la teinture en bleu par l’indigotinc, il n’y aurait pas coirffiinoison, simplement dépôt d'indigo bleu dans l' intérieur des fibres.

M. J’crsoz répond h co* arguments, on ce qui concerne la décomposition de l'acétato d'alumine, que M. Walter Crum a pris comme exemple que la décom-

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position par une surface inerte comme le mica, le verre, est très-faible, tandis qn'an contraire elle est beaucoup plus forte avec l'intervention d'un tissu de coton. D'ailleurs, on a lait une observation capitale qui trouve sa place ici. Lorsqu’on évapore une dissolution d'alun cubique dans une capsule, un verre de montre, par exemple, il se dépose de l’alun cubique. Mais si l’on a fait plonger dans la dissolution un tissu de coton avant l'évaporation, ou obtient, indépendamment des cristaux cubiques, dos cristaux d’aluu octaédrique. Les tissus ont donc enlevé, sau? autre influence, une certaine quantité d'alumine. Quant. & ce qui concerne l'existence de» sachets, sacs ou canaux, et leur remplissage par l'oxyde, on n’en comprend pas bien la possibÜité , puisque dans l'impression les sels d'alumine sont appliqués visqueux et épais. Sous cette forme, ils ne chassent que bien imparfaitement l'air dont les tubes sont remplis. L'objection prend une gravité plus grande encore en présence do ce fait, qu'on npprète avec l'empois d'amidon, auquel on ajoute une certaine quantité de sulfate de cuivre, les pièces qu'op veut teindre en bleu de cuve, afin d’économiser une portion d’indigo. Dans ce cas, l'apprêt devrait être un obstacle û la teinture, car il remplit les pores des fibres; il parait au contraire les favoriser.

A ce fait non» pouvons ^jouter plusieurs faits analégues. Lorsqu'on veut obtenir le rcmge turc, on commence par raturer de préparations huileuses les toiles à teindre ; on les plonge ensuite dans des compositions astringentes , comme une décoction de noix de galle, do sumac, etc., avant de faire iutervenir le sel d'alumine qui doit s'emparer de la matière colorante de la garance.

Lorsqu'on dépose h la surface d’une toile do coton du sulfate de plomb, qui est, comme on le sait, insoluble dans l'eau, ce sel ne contracte aucune adhérence à la fibre ; mais on peut le fixer par un simple passage dans l'eau de chaux. Le sel n'a pu cependant pénétrer dan» les pores de la fibre, en devenant soluble.

Enfin, beaucoup de couleur? qili n'ont avec les étoffes que peu d'adhérence, même quand on les présente avec certaine* préparations, s'y fixent avec une grande énergie lorsqu’on fait intervenir l’oxyde d'étain. Cet oxyde, de mémo que les corps gras et les corps astringents dont on fait usage dans la fabrication du rouge d'Andrinople, no dovrnit-il pas, H'iln’y avait pas d’autre action ue celle du corps vésiculaire, gêner la coloration, loin e la favoriser?

Dans le cas de couleurs imprimées, le microscope fait voir que la surface seule est teinte: el ce qui prouve qu’il en est ainsi, c'est que la couleur disparaît encore par l'emploi de» rongeants épaissis. Si la cou leur avait pénétré les fibres, l'acide épaissi pourrait-il, en s'introduisant dans les cellules, dissoudre la matière colorante? H y a, d'ailleurs, une limite dons l'épaisseur k laquelle il convient d'appliquer la couleur; trop d'épaisseur donne nno nuance qui manque d’éclat et de transparence.

Telles sont los preuves que M. Persox oppose aux idées do simple action capillaire : il formnle lui-même sa pensée, qu| ne s'éloigne peut-être que par les expressions do celle do M. Chcvroul, dont le nom se retrouve chaque fois qu’on parlé de teinture ; c’est celui de tous les chimistes modernes qui, par ses fonctions aux Gobelins, devait lo plus approfondir cette étude intéressante. Ses travaux sur ce aujet sont devenus elafsiques..

Opinion de If. Chevreut. — D'après l'illustre académicien, les phtnomtnea de teinture se rapprochent de ceux qn’on considèro comme dépendant dos forces moléculaires, causes de l'action chimique; il dé^nontre que cos phénomènes sont du nombre de ceux que l’ofl

constate, lorsque deux ou plusieurs corps sont en contact, et que leur combinaison ou juxtaposition s'effectue d'une mnnière lente. Nous n'insistons pas puisque nous avons déjà mentionné l'art de la teinture d’après la définition même de cet illustre savant.

opinion de .1 1. Per toi. — M. Perso*, formulant sa pensée, déclare que la fixation des couleurs sur les étoffes n’est due qu’à l’attraction. Pour arriver à cetta démonstration, il établit qnelques considérations générale» sur la fixation des matières colorantes, puis il passe en revue les principaux phénomènes d'attraction, dans le double but de faire remarquer les différences qu’ils peuvent offrir, et de découvrir ceux qni présentent le plus d'analogie avec la fixation de telle ou telle couleur.. Nous empruntons à son traité de l'impression, presque textuellement, l’exposé qu’il fait lui-même de son opinion.

- Le règne organique et le règne inorganique, le premier surtout, fournissent un grand ’nomhro de substances qui possèdent la propriété, de teindre les étoffes, soit qu'elles constituent des couleurs par ellesmêmes, soit qu elles outrent comme éléments dans des composés colorants plus compliqués'; mais pour recevoir une application, ces substances simples on composées doivent réunir, si ce n'est par elles-mêmes, -du moins par l'intervention de corps convenablement choisis, deux qualités essentielles : In première, celle dVfra insoluble» ou peu solubles ; la seconde, colle de rts ister U plus possible <i l'action destructive de l'air et des rayons solaires. La première de oes qualité» est indispensable, car vient-elle k faire défaut, il y a coloration de l'étoffe, mais il n’y a pas teinture, dan 9 l’expression restreinte du mot ; un simple lavage à l'eau suffit pour faire dis* paraître la couleur. Lu seconde ne l'est pas au même degré, puisqu'elle dépend de la stabilité qu'ou désire donner aux couleurs déposées’ sur le tissu.

■ L'indigotine, lacnrthamine, la curcumine, le peroxyde de fer, l’oxyde de chrome, le sulfure d'arsenic, lu sulfure d'antimoine sont des matières colorantes par ellet-mème». Quand on interroge l'expérience sur les moyens de les faire adhérer aux tissus, au point qu'ils fassent corps avec eux, on trouve qu’U ost de toute nécessité ou de former ces corps sur l’étoffe ipêmc. en mettant en présence de celle-ci les éléments qui les constituent, et dont un, au moins, doit être soluble, ou, si ces couleurs sont préalablement formées, de les faire entrer dans une combinaison soluble dont on imprègne le tissu pour Ica mettre ensuite en liberté, do téllo sorte qu'elles soient en contact immédiat avec lui, lorsqu'elles passent de l'état soluble où elles se trouvent dans leur combinaison, à l’état d'insolubilité qui leur est propre, lorsqu’elles sont isolées. •

L’indigo blanc est soluble; l’air le transforme ensuite en indigo bleu qui n'est plus soluble. I j» couleur rouille s’obtient au moyen du sulfate de protoxyde de fer, qui se décompose à l'air, en fbfnmiit de l’oxyde de fer hydraté. La carthamine et les sulfures d'arsenic ot d'antimoine se préparent aussi sur l'étoffe même. Pour toutes les autre» matières colorantes, lo principe est donc le même ; la garance, dont le principe colorant est soluble, n'est fixée qu’à l’état de laque.

Les bois de teinture et l'acide chromique doivent être déposés sur l'étoffe à l’état de sel soluble, puis précipités; il n'y a proprement dit d'adhérence que lorsque le composé se forme sur la fibre même. L'usage a fait passer en loi quo la fibre ost imprégnée d’abora du corps qni présente pour lo tissu le plus d'affinité. On opère la décomposition par le corps qni en présente le moins. S’iUÿ a peu de différence entre l'affinité des deux éléments pour la fibre, on fixe indifféremment l’une on l’autre. Pdur teindre en noix do galle Tt fer, on plonge sans grand avantage l 'étoffe dans la ifoix de

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galle, pour la décomposer par le sel du fer, ou bien, on commence par enferrer l'étoffe pour Yengaller ensuite.

Nous devons doue distinguer dans tous les cas deux pliâtes successives dans les phénomènes de la teinture :

1° Formation du principe colorant, résultant de l’action chimique analogue b celle des décompositions parfaitement connues.

2° Fixation de In couleur, c'est-à-dire coloration, adhérence de la matière qui vient d'être formée. Ces deux phases ne peuvent être conlondues.

A quelle classe de phénomènes chimiques comparerons-nous les phénomènes qui déterminent l'adhérence ? Dans quel cas se forme t-il une combinaison ? Nous pouvons admettre trois circonstances particulières.

A. Lorsque deux corps dont les particules sont eu présence présentent des propriétés physiques trèsfloignées, lés composé* qui résultent de leur combinaison ont des propriétés très-différente» de celles dos éléments constitutifs. Les phénomènes dont il est question ici sont toujours accompagnés de dégagement de chaleur.

II. Mais lorsque les corps qu’on met en présence n'ont que des propriétés très analogues, les phénomènes qui produisent à leur contact ne semblent capable-) de déterminer autre chose qu’une juxtaposition immédiate des corps en présence. A cet ordre d'idées nous rapporterons les cristallisation* par voie d'attraction des sulfates isomorphes, des uluns et des silicates. Nous noué représentons la puissance de cette force par la supérposition de lames d'alun de chrome sur dus cristaux d'alun d'alumine, et pax l'adhérence que présentent les deux faces juxtaposées.

C. L’attraction capillaire permet d'expliquer une troisième série de métamorphoses considérées sons le point de vue do l'adhérence à laquelle elles conduisent. On sait que le charbon absorbe les gaz en raison de la nature du gaz sut lequel on opère ; la quantité do gaz absorbé varie avec la pression sous laquelle a lieu l’expérience et la température que possède le charbon. D'autres substances possèdent aussi le même pouvoir. Les gaz sont condensés souvent sous un poids considérable ; dans ces conditions, ni le gaz, ni le charbon n’ont été chimiquement altérés.

Ayant à choisir entre ces trois ordres de phénomènes, M. Persoz explique l’adhérence des matières eolorautes aux tissus de soie, de laine et de coton par une juxtaposition immédiate et simple de la couleur sur la fibre ; il s’appuie sur de nouveaux faits, la superposition par exemple d’une couche d'indigo et d’oxyde de fer sur une étofie donnée ; l’expérience prouve que la couche a pris d’autant moins d'adhérence qu’ollo a prirplus d’épaisseur.

•• Si l’adhérence dépendait des porcs , toutes les substances insolubles devraient pouvoir être logées dans ces porcs, le sulfate de baryte, comme le chroma te de plomb, le carbonate do baryte, comme l’oxyde de plomb, l'oxyde de zinc coipine l’alumine et l’oxyde ■ d’étum. Or, l'expérience prouve-t-elle qu’il en soit ainsi ? Ne démontre-t-elle pas, au contraire, que les uns, tels que le sulfnte et le carbonate de baryte, le sulfate et le carbonate de chaux , n’adhèrent jamais k la fibre, quelles que soient les conditions dans lesquelles on les place, tandis que les autres s’y combinent avec la plus g’randc facilité? Dans l'opinion que nous soutenons, ccs différences de résultat n'ont rien d’extraordinaire , puisque les dimensions des équivalents des corps n’étant plus les mêmes, ne présentant pas tous des faces semblables à celles de la fibro, ils n'ont pas une égale aptitude è y adhértfr.

• 11 est d’ailleurs un fait qui nous semble justifier l’influence de la dimension et delà forme de la molé-

cule dans la fixation des matières colorante* : c’cat que parmi les oxydes métalliques, ceux qni se combinent aux tissu» avec le plus d’énergie et daus les conditions les moins différentes sont précisément le* hydrates des trois oxydes isomorphes, alumine, oxyde de fer, oxyde de chrome. » *

Toutefois je ferai remarquer que cet argument ne saurait être présenté d’une manière absolue , car on trouve dnn* les oxydes de plomb et d'étain, dont le volume atomique diflère beaucoup du volume de l’alumine et de l’oxyde de fer, une tendance souvent Considérable pour taire adhérer les couleurs.

Dans tout ce qui précède nous avons vu qu’on n’avait pas fait intervenir comme cause de l’adhérence la composition chimique dus fibres textiles. Les différents rapports qu'on observa entre l'hydrogène , l'oxygène et le carbono de la cellulose provenant du lin, du chanvre et du coton, etcca éléments pris dans la laine et la soie ont paru sans influence sur l'affinité quo ces diverses substances produisent à l'égard des matières eolorautes ; néanmoins on a cru pouvoir attribuer à l’azote un rôle plus actif accrédité dès l'origine dans l'esprit des premiers chimistes qui se sont occupé* deccttc question. Macquor, entre autres chose», avait écrit :

* Ce qui parait résulter de ploa général de ces détails particuliers , c'est que la laine et mémo toutes le» matières d’origine animale sont de toutes les substance* qu’on peut teindre celles qui se prêtent le mieux aux opérations de 1a teinture , que le fil et toutes les matières d’origine végétale sont au contraire celles qu'il est le plus difficile de teindre, celles qui prennent le moindre nombre do couleurs et de plus qui les prennent les moins belles et les moins solides ; enfin que la soie et les autres substances qui paraissent tenir le milieu entre los matières purement animales et ccllee qui sont purement végétales tiennent aussi lo milieu à cet égard dans les opérations de la teinture.*

Fartant de cette idée, quelques teinturiers ont considéré, dans la teinture en rouge d' Andrinople , l'emploi de» fientes et des bouses comme devant introduire dans le coton un principe azoté, comme capable de lui communiquer une sorte d’animalisation. Cette théorie dut être abandonnée lorsqu'on apprit à remplacer dans la pratique ce» bains animnlisés par des liquide», tels que les dissolutions de silicates ou de phosphates alcalins. D’autres preuves contre la doctrine de l'animalisation sont fournies par M. Kuhltnann dans son travail remarquable sur la teinture des matières textiles modifiées par l'introduction de la vapeur nitreuse dans leurs molécules.

Voici les conclusion» intéressante» qu’il a consignées dans le» Comptes rendus de l’Académie de» sciences t. XLII, p. 673 et 7 M .

Opinion de M. Kuhlmann. — Lorsqu'on transforme en pyroxylc un tissu do coton ou de laine et du coton en laine, et qu’on cherche à teindre les produits qui résultent de la transformation, contrairement à toute prévision, et surtout à la doctrine qui tendrait à faire admettre d’une manière absolue l’existence de l'azoto dan» la matière à teindre, la pyroxyline se refuse k la teinture. Ce fait résulte des expériences qui suivent et que nous allons exposer d'une manière sommaire.

La pyroxyline, formée par un mélange d'acide nitrique inonohydratû et d’acide sulfurique concentré, a été soumise à de» opérations pratiques de teinture et d'impression en fabrique , on même tempe que le» mêmes échantillons de tissu de coton et de lin et le» cotons en laine sur lesquels on avait prélevé l'échantillon pour le transformer.

Los échantillons disposés pour I'cshu ont été foulés, rincés, lavé» à l'eau bouillante, lavés h froid, séchés

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et cnîendrés ; on les a chargé* d'une même préparation de fer, d’alumine ou de fer et d’alumine. Ces casait devaient servir h l'obtention de six nuance».

Tour le noir, on imprime du pyrolignitc de 1er à 7 degrés Damné, épaissi à l'amidon ;

Pour le pue* , 2 parties de pyrolignite de fer à 10 degrés et 1 partie de pyrolignite d’alumine épaissi à l'amidon ; •

Pour le rougt, pyrolignite alumine à 8 degrés, épaissi & l’amidon ; s

Pour le violet, pyrolignite de fer k 1 degré épaissi à l’amidon ;

Pour le nia», pyrolignite do fer à 1/3 degré, épaissi à l'amidon soluble ;

Pour le boit , décoction do cachou avec l'acide acétique mêlé d'un peu de nitrate de cuivre.

Après l'impression, les tissus sont restés suspendus six jours dans la chambre à oxyder froide et six jours dans la chambre à oxyder chaude ; on a dégommé par l’immerrion dans un bain de bouse de vache additionné de craie, à 70" pendant 10 minutes, nettoyé, pois dégommé pour la seconda fois dans le même bain, à la même chaleur, nettoyé do nouveau, rincé. La teinture a’est faite simultanément pour tous les échantillons avec de la garancine dans un baiu d'eau de rivière légèrement acidulé : on est entré à 35 degrés en élevant progressivement la température de manière à arriver en trois heures à H5 degrés. On a foulé, rincé et nettoyé, puis séché. Les échantillons teints ont été séparés en deux, une moitié blanchie par le chlorure de chaux.

Toutes ccs opérations permirent de constater les résultats suivants :

Tous les tissus azotés restèrent excessivement pAles, comparés aux tissus non azotés , malgré là surabondance de matière tinctoriale.

Le tissu azoté, quoique se refusant h se chnrger do la préparation métallique, semble posséder la propriété de se combiner sont le concours de ces derniers avec une partie de la matière colorante de la garance, à ca juger par la nuance jaunâtre qui persiste même après lo passage en chlorure.

Ces mêmes faits se sont reproduits avec do la pyroxyline préalablement lavée à l'eau Ihibleinont idéalisée pur le carbonate de soude.

Lu teinturo en noir de gallo avec le pyrolignitc de fer a conduit aux mêmes observations; les tissus oz-dés ne prirent que peu de fer et restèrent après la teinture très-pâles en comparaison des tissus do coton cl de lin non u-ausforuiés en pyroxyline.

Quelques teintures en bleu de Prusse sur du coton en laine donnèrent lieu, comme pour la teinturo en noir , ù la même observation ; lo coton pyroxylé ne prit qu’une nuance très-pfkle comparativement avec la couleur du coton non pyroxylé. Même résultat avec la teinturo dn coton en laine en remplaçant la garance par le bois de Brésil.

M. Kutdmann a voulu voir s'il était possible de restituer au coton pyroxylé sa propriété de se teindre en lo ramenant par la méthoJo do M. Bécharap h sou état primitif.

Après avoir fait bouillir la pyroxylino avec du chlorure de fer et l'avoir mia k digérer avec l'acide chlorhydrique, puis lavé, on trouve que le coton dénitrifié reprend, en grande partie du moins, la propriété de recevoir les couleurs. Ccs expériences sont donc concluantes ; mais elles ne prouvent pas d’une manière absolue la non-aptitude du coton auquel on assimile dé l’azote h prendre les teintures. Dan» ce même travail, on cfict, M. Rnhhnnn fait voir que du pyroxylé qui, dans certaines conditions, perd une partie de son principe nitreux , devient plus apte k s’emparer des • matières Colorantes que lo coton dans son état pri-

mitif. Ces faits nouveaux résultent do* expériences suivantes exécutée» sur un coton pyroxylé- qui Avait perdu, sOus l’influence d’une décomposition spontanée, presque les 2,3 de la vapeur nitreuse qu’il contenait k l’état normal.

La teinture on garance, la teinture au bois de Brésil, se fixent par l’intermédiaire de l'alumine, non-seulement mieux que sur le coton pyroxylé, mais avec plus d'éclat et de plénitude que sur le Coton non azoté , toutes choses égales d’ailleurs, dans les opérations de préparation ot de teinture. L'addilion au colon pyroxylé d’une certaine quantité, d’un sel de protoxyde de fer détruit la stabilité de la combinaison des vapeurs nitreuses et de la cellulose , et permet de constater que, d’une manièro générale, la pyroxyline, en perdant une partie de ses éléments nitreux, non-seulement perd sa résistance k se combiner avec les oxydes métalliques et le» couleurs, mais devient mémo infiniment pins apte à se charger de ces corps que le cotou non transformé.

En poursuivant l’étude de ces phénomènes , on observe des relations excessivement remarquables entre l'aptitude que la cellulose présente à la teinturo et la nature des modifications qu'on lui fait subir ch la mettant en contact avec l'acide nitrique ou le mélange d’acide nitrique et d’acide sulfurique, dans de* circonstances telles que la formation de la pyroxylino soit entravée. Ainsi lo bois de Brésil communique au coton non azoté préparé par l'acétate d’nluniiire une couleur rouge violacée. Une immersion de vingt minutes dans l’acide nitrique à 34 degrés , suivie d’un lavage à grande eau, et d’un passage dans une faible dissolution de carbonate do souda avant l'aluminage du tissu, fournit une couleur rouge beaucoup plus nourrie et beaucoup moins violacée que celle que prend lo coton dans sou état normal. Un effet bien sensible est produit même par l’immersion du cotou pendant une demi-heure daus le même acide étendu de deux fois son volume d'eau. .Dans ce dernier cas le coton n’est pas sensiblement altéré dans sa solidité.

Les résultats suivant» ont une grande importance.

Lorsqu’on truite pour les teindre en bois do Brésil les préparations suivantes, après les avoir lavées k grande eau, passées dans un bain chargé de carbonate do soude, lavées encore et passées dans uu bain d’acétate d’alumino, avant bou&age et lavage définitif :

N° 1 . Coton sans préparation acide ;

N° 2. Coton resté cinq minute* dans un Luin acide formé par lo mélange de 2 volume» d’acide nitrique h 34° et 1 volume d’acide sulfurique h 66* ;

N" 3. Coton resté doux minute» dan» un mélange do 1 volume d’acide nitrique à 34° ot 1 volume d’acide sulfurique à 66° ;

N* 4. Coton resté vingt minutes dans un mélange «lo 1 volpmc d'acide azotique ù 34° et 2 volumes d'acide sulfurique k GGU ;

N* 5. Coton resté vingt minutes dans un mélange de 1 volume d'acide azotique k 34“ et 2 volumes d’acide sulfurique k 66°*et 1/2 volume d’eau.

On observe que le n" 1 prend une couleur ronge plUe-violacéc ; le n“ 2 prend une teinte rougé moin» violette, mai» encore assez pAle ; le n° 3 une couleur plu» nourrie et plus vive ; le n“ 4 une couleur rouge- IHtnccau, beaucoup plus foncée , assez analogue à celle qu’on obtient avec la pyroxylino décomposco; enfin le n* 5 prend mie couleur rouge fouoéa d’une couleur extraordinaire, la plus belle nuance obtenue dan» tous ce» essais.

Ainsi ces expériences prouvent d’une manière évidente qu'une immersion dans un tnéltuigc d'acide nitrique et d’aride sulfurique donne do- .trcs-bclles cou i ours écarlates, et que le mélnugo «phi convient I«î mieux renferme 1 volume d*aci«ie azotique à 34*,

TEINTURE

2 volumes d'acide sulfarique il 66“ et 4/2 volume d'eau.

L'orscillc et U cochenille ont été d» même essayées avec la préparation d'alumine ; on a fuit ces essai» avec : • ' - ^

N* 1 . Coton immergé vingt minutes dans nn bain d'acide nitrique ou d'acide azotique 2 volumes, 4 volume d’acide sulfurique ;

N" 2. Coton plongé 20 minutes dans un bain do 4 volume acide nitrique et 4 volume acide sulfurique ;

N« 3. Coton plongé 20 minutes dans un bain de 4 volume d'acide nitrique et 2 volumes d'acide sulfurique.

On observa : 4* pour les essais faits au moyen de la cochenille, avec le n° 4 , une teinto giroflée pàlc pou différente do celle obtenue avec le coton sans préparation ; pour le 2 uno teinte beaucoup plus foncée, et pour le n° 3 mie coloration au moins double de celle de l’essai précédent.

Un observe, pour les essais faits au moyen de l'orscille, des colorations violettes dont l'intensité te trouve on rapport avec les résultats fournis par la cochenille.

Lorsqu’on se sert de gnrancine, comme matière tinctoriale,. un bain d'acide nitrique seul donne sur coton une nuance un peu plus jaune, mais égale en plénitude h celle qu'on obtient sur le coton qui n'a pas reçu d'immersion dans l'acide; 2 volumes d’acide azotique etl volume d'acide sulfurique donnent la même nuance, mais plu» foncée; 4 volume d’acùfo azotique et 1 volume d’acide sulfurique fournissent une nuance très- foncée, qui rappelle celledu rouge d’Andrinople avnntl’uvivage ; 2 volumes d’acide azotique et 2 volumes d'acide sulfurique fournissent une coloration très- foncée, légèrement jaunâtre. Enfin, 1 volume d'acide azotique, 2 volumes d'acidu sulfurique, 4/2 volume d’eau donnent une couleur rouge très- vive et beaucoup plus foncée que les précédentes.

La laine, la soie, les plnmcs, les crins, traités, comme le coton, par les acides que nous venons d’indiquer, offrent la même aptitude à teindre par lagnriuicinc, l'orseille, la cochenille, la décoction de Hrésil, et les avantages qu’on retire du faction des acides, nu point de vue de larichesscet de fintensitéde la nuance, sont des plus remarquables. L’acide nitrique étendu de cinq fois son volumé d'eau fournit déjà des avantages très- marqués.

Malheureusement, au point do vue pratique, les fila et les tissus sont profondément altérés par ces immersions acides; cos observations ne sauraient donc être, mu mouis quant à présent, utilisées dans l’industrie. 11 n'y a d’espoir d'en tirer parti qu'autant que la matière colorante peut appartenir nu groupe des substances qui «c forment et s'appliquent au moyen do l’acide nitrique. L'acide picrique, par exemple, qui ne se fixe pas sur le coton, même par l'intervention do l'alumine, donne des nuances très-nourrie*, lorsque le coton est traité par le bain acide. L'acide agit alors comme matière colorante et comme intermédiaire; il sert à produire des nuances composées, «>it en donnant des bains d'acide picrique, soit en le mêlant aux autres couleurs, après les préparations métalliques qni servent à fixer la matière tinctoriale. Ces couleurs composées, très-vives et très-éclatautes, sont plus particulièrement applicables à la teinture sur laine et sur soie; dans la teinture sur coton, l’acide nitrique fixé altère & longue la couleur, et la fait virer au jaune. Dans tous les cas les composés nitrés auraient des inconvénients dans 1a pratique, par suite de la grande combustibilité que possèdent les tissus, lorsqu’ils ont été triités par l'acide nitro-sulfuriqae.

Les expériences qui précèdent, et sur lesquelles nous avons cru devoir insister parce qu'elles sont noufelleà et parce qu elles •pèsent d’un grand poids dans la qnes-

TEINTURE. 515

tion qui nous occupe, semblent doue conduire à des résultats oui peuvent réduire à peu de chosu l’ influence de lacontextûro des fibres dans les opérations de lu teinture. ^ ■ . •

M. Kuhlmann formule lui-même son opinion de la manière suivante :

« Si l’on ne peut faire dépendre la fixation des couleurs 4' un principe il application constnntu, celui par exemple qui reposerait uniquement sur la composition de lu m^ièrë à teindre; si, comme le démoutre M. Chevron!, cette aptitude procède souvent aussi des propriétés particulières de la matière colorante elle-même, se fixant mieux sur telle ou telle étoffe, on peut établir dè» aujourd'hui, que la composition chimique du corps à. teindre n la plu» grande influence sur cette fixation, que les teintures sont de véritables combinaisons chimiques, et que Icb effets dus il la capillarité et à la structure particulière de la matière filamenteuse ne sont quo secondaire». »

Ces expériences me paraissent démontrer, d’une manière évidente, que l’adhérence qu la fixation.de» couleurs dépend, en grande partie du moins, d’une action chimique entre les routières colorantes et les étoiles dans leur état naturel, ou ces étoffes diversement modifiées, soit par leur combinaison avec d’autres corps,

( soit par un arrangement moléculaire particulier de leurs principes constitutif». Elle» me semblent prouver plu» que les arguments de M. Persoz, qui sépare l'action chimique proprement dite de l'action d'adhérence, cette dernière n’étant produite que par juxtaposition.

On peut, du reste, prouver que, dan» le cas de l'intervention do l'acide nitrique, cet acide n’agit pas ci. mmo corps se mettant en liberté, pondant l'opération de la teinture. En efiet, les tissus nitrés à différents degrés ne perdent pas après la teinture leur grande combustibilité, pas plus sou* ce rapport que lu pyroxyline ellemême. D’ailleurs, d’une part, le» étoffes pyroxyléc» ne prennent pas plus de coloration dans les bains à réaction acide que dans les bains fl réaction alcaline; d'autre part, la pyroxyline, spontanément décomposée, attire bien plus énergiquement que le coton naturel le» couleur* quelles qu’elles soient, dan» l’une comme dans l'autre circonstance.

Peut-on attribuer à do simplos modifications moléculaires les modifications remarquées sons l'influence des intermédiaires, dans l'aptitude des fils et tissus à fixer les matières colorantes et former avec elle» de véritables combinaison» chimique»? M. Mercera fait voir, il y a quelques années, que les tissus de coton donnaient don* l'impression et la teinture des couleurs beaucoup plu» nourries, lorsqu'on le» plongeait dans une dissolution concentrée de soude caustique, avant toute application de sel métallique. On u'a voulu voir don* ce fait qu'un seul rapprochement des fibres dont l'étoffe est composée ^ mais il est plus vrai semblable d'admettre uno action chimique dont l'existence n'est pas liée d'une manière absolue à U présence de» alcalis caustiques, potasse ou soude. L’alteration des tissus de coton par le chlore, par l'acide chlorhydrique et par l’acide fluorhydrique, ne modifip en rien l'aptitude à fixer le» matières colorantes. Au contraire, les acides phosphoriqne* et sulfurique concentré» agi ««ont d'une manière très-efficace i>our ajouter à la plénitude et- à l’éclat de la teinture. Sous l'influence do ce» acides, la cellulose, comme nous l’avons dit, se modifie; elle prend un aspect translucide, par suite d’une transformation moléculaire qui concourt à la production d'une certaine quantité de dextriue et de glucose. Ln composition de la cellulose ne subissant même aucune altération, n’est-on pas en droit de croire aux changements possibles, dans lés aptitude* relatives fi la teinture- présentée» par denx substances isomères? Cette dernière mauière d’interpréter les fait* dan» ccs

TEINTURE

TEINTURE

SiC

conditions est formulée par M, Kuhlmann, dans son travail {Comptes raid tu de i Académie des sciences, t. xtW, p. 900ct953). « Un arrangement moléculaire non veau peut conduire à des combinaisons chimiques nouvelles; et le résultat d’une plus grande intensité do couleur dans lu teinture, sans être expliqué par l'état parement physique de la matière, par une espèce de contractihn de» libres du coton ou du lin, doit être attribué de préférence a des combinaisons chimiques différentes.

■ I.a teinture repose essentiellement sur une. combinaison chimique entre la matière colorante et la matière textile naturelle ou diversement combinée ou modifiée ; l'état physique de cette matière n'intervient dans le phénomène que d'une manière accessoire.

- Il est, d'ailleurs, difficile de distinguer oc qai appartient h l'affinité chimiqne proprement dite de ce qui eut le résultat de la cohésion ; ce qui, dans la teinture du charbon, par exemple, procède des propriétés chimiques do ce corps de ce qui est le résultat do sa porosité.

• Dans la plupart des cas, les doux actions réuniés concourent au même but et se confondent en quelque sorte. *

On le voit ici : la définition delà teinture, telle que nous l'avons donnée d'après M. Chevrcul, conduit forcément à reconnaître un ensemble de phénomènes complexes, et M. Kuhlmann, partisan éclairé de l'action chimique, fuit néanmoins la part de l'action mécanique. Là. en effet, est la vérité. Tous les auteurs qui se sont occupés dans ces derniers temps de la théorie de la teinture sont d'accord sur ce point, et s’il» semblent différer d'opinion, c'est snr la part afférente à chaque action dans l'ensemble du phénomène; c'est plus, au fond, à cause des termes par lesquels ils représentent l’action que par le principe de l’aetion elle-même.

Depuis les travaux do M. Kuhlmann, RI. Verdeil a réuni de nombreux éléments pour approfondir encore la question. Ce travail important est nouveau, et pour no pas le tronquer jo reproduis ici l’extrait que l’auteur en a donné lui-même dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XI.V1I, p. 9t>4. 11 a pour hase dos observations qui sont personnelles à l'auteur.

« Si l’on examine au microscope des fibres isolées de ligneux, de soie ou do laine qui ont été colorées par les procédé* ordinaires delà teinturo, on reconnaît que la substance de la fibre est teintée par pénétration du principe colorant : la fibre ost uniformément colorée, transparente; on n’aperçoit aucune particule colorante insoluble à easurface, elle est homogène, privée de pores et de canaux. 11 faut oxcepter toutefois les étoffes colorées par le cliromate de plomb ou par l’oxyde de ebrotne qui sont teintes on partie par le dépôt du principe colorant à la surface do la fibre et en partie par pénétration. Dans quelques cas exceptionnel», la soie teiQte en noir est colorée par une »orto d’incrustation peu adhérente à la fibre. Cette enveloppe se brise et laisse voir la fibre teinte également par pénétration. En dehors de ces cas particuliers , les fibres textiles teintes sont constamment colorées par pénétration 8u principe colorant et par son unjon intime sur la substance môme d« la fibre.

« Les procédés employé* dans la pratique pour colorer les étoffes varient suivant la natnre des tissas. En effet, tandis que les fibres d'origine animale, laine ot soie, s'emparent des principes colorants en dissolution dans an bain de teinture dan» lequel entre un sel métallique faisant l’office de mordant ', le ligneux, an

Nous conservons (ci ce mot, mais comme terme d'atelier. Noos reviendrons Mentit sur la signification de cette ei pression. Nous n'avons pas voulu changer le teste de l'extrait rédigé par H. Verdeil. *, s.

Contraire, placé dan* le» mêmes conditions, ne fixera pas trace de couleur.

• Pour que du eoton, du fil ou du chanvre puisse se

colorer de manière à ce que ni les lavages à l’eau ni le frpttement n’enlèvent la couleur, il faut de toute nécessité que ls principe colornut soit rendu insoluble lorsqu'il a pénétré la substance do la fibre. La laine et la soie semblent, au contraire, posséder nne vérituhln affinité pour les principes colorants mélangés avec de» mordant*. "J- *

• Dan* le but d'expliquer ces ffliénomènes de coloration, j'ai étudié l'action des sel» d’alumine, de ter, d'étain, employés comme mordants sur les étoffes de laine et de soie. J'ai constaté que ces substances d'origine animale possédaient la propriété de fixer une certaine quantité de la.*hase du mordant avec lequel on le* mettait en contact. •

Cette propriété est commune à tonte» les substances azotées, albumine, inusculinc, etc., qui constituent le» tissu* du corp^ des animaux.

Par l’ incinération de l'étoffe de laine ou de soie mordancéo, on retrouve dans le» cendres, soit lo fer, soit l'alumine, soit l'étain, à l'état d'oxyde.

« I*a quantité de la base ainsi fixée est très-faible; ollo suffit cependant pour déterminer dans l’étoffe et dan» l’albumine une coloration intense au contact d’un principe colorant en dissolution aveo lequel l’oxyde se combine.

• M. Chevrcul a démontré déjà que la soie m charge d’oxyde de fer par sou contact avec une dissolution de sulfate de fur. M. Chcvreul a observé, en outre, que de la laine et de la soie , par lour contact prolongé avec du peroxyde de fer hydraté, fixaient de l’oxyde de fer. tandis que le coton u'en fixait pas trace,

« Le» chiffres suivant* indiquent U proportion do cendres que j’ai obtenue par l’incinération de* étoffes mordancées :

En 100 parties.

Laine mordancéo par l'alnn 0,75 cendre*.

id. id. id 0,7 i id.

id. . le sulfnte d'alumine 0,86 id.

id. l’alun et lo tartre 4.12 id.

id. l'acétate de fer 0,75 id.

id. le deutochlornrc d'étain. ... 4,25 id.

Soiemordaucéo par l’acétate d'alutnino. 0,50 Soie mordaneée par l'acétate de fer. . 4,00 cendres,

id. id. l’alun ...... .0,40 id.

Albumine

coagulée en présence do l'alnn . . 4,30 id.

id. du sulfate d’alumine. . 3,00 id.

Caséine en contact avec l'alun. . . . 2,66 id.

Le ligneux placé dans les mêmes condition» no fixe pas trace de la base du mordant.

Le produit do l'incinération, dont les proportion» sont indiquée* plus haut, est presque complètement formé par l'oxyde do mordant. Le* cendres de la laine mordaneée à l'alun renferment 80 p. 400 d'alutnino.

• La faible proportion d'oxydo fixé par les étoffes do laine et de soio mordancées ne semble pas en rapport avec l’intensité de coloration qu'elle* acquièrent par leur contact avec nn principe colorant formant une combinaison avec l’oxyde qu’elles ont fixé. Aussi est-ce dans la constitution physique de la fibre qu’il faut chercher la cause du degré de coloration qu'elles peuvent acquérir par la teinture.

• Le» fibres de la laine et de la soie sont très-transparentes ; les corps coloré» transparents n’exigent qu'une trè#-faible proportion do principes colorants pour paraître d’une couleur foncée vus par réflexion. L’expérience que jo vais décrire prouve bien que c'c»t en vertu île ce principe que les étoffes teintes de laine

TEINTURE

et «lu suie possèdent cette coloration intense qui les caimWn. ’

« De l'albumine coagulée par la chaleur dans de l'eau renfermant du deutochloruro d'étain est colorée ensuite au contact d'une dissolution de cochenille. L'albumine se teint comme une étoffa mordancéa ; par U dessiccation, la masse acquiert une tcinto grenat 6»noé. Si l'on broie la masse, la couleur change ; elle devient rouge clair. En continuant do broyer, on obtient une couleur de plus en plus clalro, qui arrive au rose. Examinées au microscope, il lour» divers états de division, les particules n’ont subi d’autre modification qu'une diminution do volume. Elles restent toujours transparentes. Ce phénofflèue ne se produit pas dans nn corps coloré opaque dont la couleur ne se modifie pas eu suite d’un broiement, môme prolongé. »

Cet effet de la transparence dans les corps colorés explique la coloration dos tissus qui composent le corps dos animaux ; cette coloration déterminée par des quantités très-faibles de sang est due, sans nul doute, a la transparence des chairs.

La transparence des tissus qui oomposent les pétales des fleurs occasionne également cette intensité de coloration, que la faible proportion do principes colorants qu'elles renferment do pourrait déterminer dans uu corps opaque.

Pour résumer les résultats auxquels l'auteur se trouve conduit, il poso lui-même les conclusions suivantes : ,*

■ Les fibres qni composent les étoffes teintes, qu'elles soient d'origine végétale ou d'origino animale, sont colorées uniformément dans leur substance même ;

• 2* Les fibres de la laine et de la soio ont la propriété do fixer directement une certaine proportion de la base «les sels métalliques employés comme mordants ;

• 3* La proportion do base fixée par l'étoffe mordancéo ot pnr conséquent la proportion du principe colorant retenu par l'étoffe teinte est très- faible. La transparence de la fibre et son diamètre ont une action sensible sur le degré de coloration qu'elle peut acquérir. »

On peut remarquer qne M. Verdeil admet qu’il n’y a pas de ligne de démarcation bien nette entre les enuses physique, chimique, mécaniquo auxquelles on peut attribuer les phénomènes de teinture.

Les réflexions que nous avons présentées au stÿei «les différents mémoires que nous venons d'analyser nous di-pensent d'insister davantage et nous conduisent à regarder comme essentiellement complexes les phénomènes dont le teinturier doit s'occuper. Nous y ro-' viendrons d’ailleurs en parlant des intermédiaires connus dans les Ateliers sous le nom de mordants ; nous y reviendrons encore en parlant de la solidité des diverses teintes que le teinturier doit savoir produire.

Bornons-nous h rappeler que le» phénomènes de teinture sont le résultat d'effets multiples et qu'il faut représenter l'adhérence do la couleur à la fibre :

<° l*ar .pénétration, par voie do capillarité;

2" Par juxtaposition, par voie de contact et de cohésion :

3" Par combinaison, par voie d’affinité chimique.

Dans tous les cas, la transparence de la fibro n'est pas sans jouer un rôle dans le degré do la coloration.

g VI. DES 1‘KÉI’A RATIONS générales auxquelles on soumit Ut fibres en eus Jet opérations de la teinture.

.! fardants. -*■ Nous avons vu que parmi les matières colorantes le* nnea s’unissaiont directement anx laines, aux fils, aux tissus qu’elles pouvaient teindre mwuSdia-

TEISTÜRE.

tement, que d'autre» au contraire n'éteicul capables do prendre d'adhérence aux fibres textiles qu’ autant qu'on taisait usage do certaines matières auxiliaire», comme quelques oxydes, certains corps gros qu’on nomme mordants et qui fonctionnent coinmo intermédiaire^

Jusqu'à ce jour on u donné le nom de mordant à toute substance qui jouit do la doublo propriété de s'unir d'une part aux tissus, d'autre part aux matières colorantes. Si nous posons Ici comme principe, que nous développerons plus loixi, que les substances colurahles ou colorées se combinent aux oxydes métalliques pour former des composés insolubles, il semblerait que tous les composés oxydés pourraient remplir le rôle de mordants et devenir par conséquent la base des principes colorés pins on moins adhérente aux tissu*. Il n'èn est . cependant pas ainsi ; nous ne pouvons, en -effet, citer que quelques oxydes qui jouissent du cette faculté parmi les substances d'origine minérale. Quant aux corps d'origine organûpie, nous ne trouvons que quelques corps gras modifiés et quelques principes organisés.

Parmi les oxyde» métalliques, ceux qui possèdent au plus haut degré la propriété do rendre adhérentes les couleurs, matières cotorables ou matières colorées, nous ferons remarquer quo le» plus énergiques, l'alumine, l'oxyde de fer, l'ofcydo de chromo sont isomorphes, qu’ils ont le même volume pour leur équivalent,, qu'ils passent do l'état soluble dans les acides à l'état d'oxyde» insolubles avec dégagement de chaleur etc.

.C'est ici le lieu de bien définir lo terme de mordant en usage dans les ateliers. Emprunté son» aucun douto à l'industrie décorative, si la préparation dans laquelle ob plonge l'étoffe à teindre n'avnit «l'autre effet que dq fixer la couleur comme la faille mordant, fuir exemple, «lana la dorure sur bois,' ce tonne pourrait ètraenteudu sans commentaire ; mai* les phénomènes de la tcinfUre sont loin d’être aussi simples, et nous no pouvons admettre le mot rabrdant que comme .terme «râtelier abréviatif au même titre que ie m<Jt degré eentériiifol quand il s'agit do définir une température. Noua avons «lit qu'il est impossible du ne po» consid«'*rer l’étoffe , teinto comme uno agglomération de molécule* composées dons laquelle on doit Taira intervenir souvent' avec modification chimique la fibre elle-mêino , lo mordant proprement dit et lu matière colorante. .Si donc nous adoptons le terme de mordant, c'est-avca la restriction quo nous lui donnons ici ot seulement pour' représenter un effet, sans prétendre en aucune façon on expliquer la cause. I«c nrordant no rend pa* la couleur adlnTonte toujours do. la mémo manière ; il p'agit pas non plus* (onjonrs d'uno mêtue façon identique; dan» certains cas il ne l'ait éprônver à i’étoffe que des chungemeritA de unnnc«>* qur tiennent à ja nature de» réaction» acides 'ort- basiques en présence desquelles ont lieu los phénomènes de teinture ries modification» peuvent encore dépendre «lu volume -des Sels métalliques employé» ; quelque* exemple* fixeront le* klée«: dans un bain do cocheuille une étoffe préparée par l’alumine prendra uno nuanco-tila», tandis qu’une étoffe préparée par l’oxyde de. plomb se colore en rouge. L’hydrate d’étain et l'hydrate d'alumine passés don* ufi bain de cochenille «lonncnt des rouget différente, liront au violet «lana le premier «6, tirant *ur le jaune dan* lo secoud cas. Ces exemple» démontrent l'importance sur la -nuance «le la combinaison chimiquo qui prend naissance. L’action peut être encore beaucoup plus compliquée.- Les préparations ferrnginense* tout subir an composé coloré de» altérations préalables ; il est retimrquahlo quo Ja garance* «Ion no avec b- s sels de fer uno couleur trèsfoncée; on prépare do la sorte des violets intense* quî sont presque noirs.

Dans lus opération* de la teinture, la préparation # dont on charge le» étoffes et le» tissus a lit pin* grande

TEINTURE. '

TEINTURE

i «il uo uce sur les résultats de l’opération. Nous insisterons donc ici sur un grand nombre de points, et, uous pinçant au point de vue le pins général, nous considérerons les mordauts dahs leur rôle, pour obtenir nonseulement les teintes unies, mais ans*! les impressions en couleurs. L'impression sur étoffe fait usage, en effet, dos opérations de la teinture proprement dite, pour

Îroduire une grande variété de dessins, par la méthode os réserves ou des enlevages appliqués par \oie d’impression. 11 convient ici de remarquer que l'impression n'a d’uu're but que d’apposer rapidement et mécaniquement les dessins qui us pourraient être déposés à la maiu qu'avec une grande lenteur et beaucoup de dépendes. Les fait-* mécaniques ont été traités à l’article tsiunisMoN ; nous us saurions établir dé distinction «titre les phénomène* chimiques qui so passent dans une teinture unie et dans la teinture imprimée.

• Nous devons avant tout considérer lo rôle chimique que la préparation doit jouer après son adhérence h l'étoffe Supposons donc qu'au lieu de pose rdc l'hvdrate /L'alumine sur un tissu donné, nous ayons appliqué de ralojnlue calcinée. L’èxpérienco, d'après co que nous coiyiamona des propriétés de l'alumine, prouve que lo dé |0: n'est pas capable de so colorer. Si, d'autre part, après avoir appliqué l'alumine hydratée, on lu dessèche lentement ou rapidement, on trouve dans les tins <* prépaies dos propensions bien différentes à so laisser tuSiidio en garance, par exemple. Dans un cas, la coloration sera brillante ot colorée; dans l'antre, lanuauoo sera faible ot terne. 11 y a donc, indépendamment dt la tuitiro * lriuique de la préparation, des ciroontf anot-i apéoiidcs qui correspondent & des états physiques particuliers indispensables au succès de l’opération, et sur leequtdU* il convient de porter notre attention ; nous allons le. faire, en uous occupant de» diverses préparati ms métalliques ou organiques qu’on fait subir aux iils comme aux tissus, pour les rendra propres a la teinture.

Prtpafatitm* illuminées .

L'aluminage d’une matière textile s’opère avec des fruitière* qui contiennent de l'alnmine, et dans lesquelles cette alumine joue des rôles bien différents, tantôt acide, tantôt basique.

frrjiarottons dans lesquelles ïalunyiue jo\ie le rôle de hase. — Les sel» d’alumine sont très-nom hroux; mai» ils nç sauraient ton* énre employés an même titre : les uns, insolubles, se détacheraient au moindre choc, Au moindre frottement; le» autre», solubles, ne po»rèd«r\t ptf» au même degré la propriété de céder aux tissus de l'uluiniue hydratée, conservant une énergie chimique suffisante pour eo oouihincr h la matière colorante.

On remarque* parmi les sels alumineux solubles trois sortes différentes; dont Inaction se tésurae do la manière suivante :

Les uns sont basiques ou peuvent le devenir, Cn abandonnant une portion de leur -acide ; ilè n'ont besoin, pour céder aux tl»Mi* une. partie de leur ba*«, que du Simple contact avec l’étoffe : ce sont l'acétate d'alumine, l’alnt» cubique, l’oxalatc, le butyratc, le foruinte et l’hyposvilfite d'alumine;

Les antres sont -nobles ou maîtres; dans quelquesuns, l’aTumtue se dépose avec scs propriétés caractéristique», lorsqu'on Satura l'acide par une base, ou dès u'on opère par uuo double décomposition la formation ’ujy sol basique analoguo h ceux dont nous avons parlé tout fv l'heure; de ce nombre, sont le sulfate, le séléniate, le chlorate, le broumte, le nitrate,* le chlorure noTalutv oetnédriquo ;

Enfin, quelques sels d’alumine sont remarquable* par le rôle de la ba.*e qui sémblo y ôtre masquée ; elle uu sc dépqse pas sur les tissus avec l'adhérence néces-

saire a la teinture. A ce dernier ordre appartiennent le tnrtrate, lu citrate et le malata d’alumine.

Les deux premiers groupes do sels alumineux conviennent très-bien pour l'aluminnge des tissus; on agit soit directement, soit indirectement; dans un cas, le tissu s'empare de l'alumine, sans autre intermédiaire que le jeu de l'affinité de la fibre pour l'alumine ; dans l'autre, an contraire, il faut faire intervenir un sel cou venablement choisi, p ou r précipiter la base, tantôt ou totalité, tantôt en partie seulement.

Tous los sels que nous venons do nommer offrent dans la pratique des avantages et de» inconvénients sur lesquels il est bon d’£Ué fixé. Il convient de les passer en revue.

Lo nitrato d'alumine et le chlorure d'aluminium agissent surtout lorsqu’on met en liberté l'alumine par un passage dans un bain alcalin; cependant le chlorure se décompose spontanément au contact delà fibre; on no pont néanmoins en faire usage qu'autant qu'on ne teint pas le coton, le lin et le chanvre; car s'il n’attaque pas la soie par l’acide chlorhydrique qui se trouve mis en liberté, les fibres d’origine végétale sont attaquées sensiblement ; o’est surtout dans l’ impression que cotte Action es* è redouter.

L’oxalate d’ulumino no cède pas toujours sa base. Au moment de sn préparation, il est privé de cette propriété; c'est à ce point mémo, que l’acide oxalique peut être employé dans certains cas, pour enlever aux tissus l’alumine déposée, lorsqu’on veut obtenir une réserve blanche par vole d’rnfmigs sur mordant. >fai* par suite d'un contact prolongé ou par l'exposition à la température do 100°, l’oxalatc subit mie métamorphose qui lo transforme et le rend npte n cédfer de l’alumiuc anx tissus sur lesquel» ou l'appose.

Le plus répundù des sols auxquels on emprunta l'alumine est l'alun; Pusagc de oette matière, qui ne donne une bonne préparation que lorsqu’elle renferme un excès de bsse, ne s’est répandu depuis l'époque la. plus reculée qne paroe que le sel naturel précisément doits ce qas : au reste, on rend l'alun ordinaire aussi convcnablo pôur cet usage que l’alun naturel, eu (joutant un peu dè natron'ou do carbonate de soude. On peut mémo en mettre assez, pour précipiter un excès d’alumlné, à là condition de redissoudre le précipité d’abord formé par une addition de vinaigre. C'est ce que l'industrie a pratiqué pendant fort longtemps. L'intervention de l’acétate de plomb paraît tout européenne; mais il est impoasibile de préciser 1a datq de cette innovation et do dire quiia mit en pratique pour lu première fols.

1.0» mordant» d'alumine sont très en usage dans l'impression ; un leur fait alors surtout quelques additions. Dan* l’origine, ou ajoutait à l'acétate do plomb de l'ueétate do cuivre, <lu sel marin, de l'aèide arsénieux, du sulfure d'arsenic, de la craie, du sel ammoniac; l'utat d'ignorance dans loque! étaient ceux qui s'occupaient de teinture avait sa us doute fait introduire, dans les mélanges destinés à l'aluminage des étoffes, des substances inerte» ; mais on no «aurait refuser a certaines «l’entra clics plusieurs avantage*, soit pour prévenir Tadhércnee de l'oxyde de fer dont h» présence devait nuire à la pureté des nuances de la garance, soit pour maintenir l’étoffe, avant la teinture, dans un état d'humidité nécessaire pour conserver de l’alumine dépoaéo'dans de bonnes conditions.

Maintenant «>n se sert exclusivement d'alun octaédriqoe ^ct si dans certains cas ce sel, cn se fixnnt sur l'étoffe ‘qu’on met cn présence de l’eau chaude, en contact avec une matière colorante, forme un sous-scl d’alumine et de principe colorant, il peut se faire aussi que l'alun subisse nne décomposition plus avancée, ne laissant adhérente à l'étoffe qu'une combinaison d’alu&inc et de principe colorant. Cot effet o toujours

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lieu, lorsqu'on passe une étoffa alu née ou colorée dans une eau légèrement alcaline. On obtient donc oonstamment une bonno préparation, eu partaàt de l'alun, lorsqu'on sature, pat une quantité convenable d’acétate de plomb, de chaux, de baryte, do slrontiane, une partie de la base : on obtient de la sorte, par nne double décomposition, des sulfates plua ou moins insolubles et de l'acétate d'alumine en quantité proportionnelle. On peut fairo usage encore d’acétato de potasse, d'ammoniaque, de soude, qui ne font naître aucun trouble dans la liqueur, ou des carbonates d’amroohiaque, de potasse et de soude, à la condition de ne les ajouter qu’en proportion convenable, pour opérer la transformation de l’alnn octaédrique en alun ctibiqne. •,

Nous pouvons réduire à tu)!* les principaux composés dout on »e sert pour aluminer les tissus. Le» voici :

Alun. . . i . . . 40», 00 — 27», 00 — 20», 25

Cristaux de soude, 4 ,00 — 2,70 — 12,28

Aoétalc de plomb. 40 ,00 — 20, 20 — 43 ,50

On commence par introduire dans uu baquet l’aluu finement pulvérisé ; ou y verse la qamilité d'eau chaude nécessaire pour opérer la dissolution ; on ajoute à la liqueur le carbonate de soude, puis en tin ou verse l* acétate de plomb. L'effet se produit instantanément ; on obtient du sulfate do plomb qui se précipite immédiatement*, on hgite, poison attend le refroidissement. Il n'est pas indiffèrent d'ajouter le carbouate de soude avànt ou après la précipitation ; dans le premier cas, U sature l'alun, en formant de l’alun cubiqub; dans' le second cas, il se porte sur l'acide acétique et forme des acétates dé potasse et de soude. Uuo telle préparation est basique, et plus on moins déliquesceute.

Lorsque le dépôt s'est effectué lentement, on décante la partie claire qu'on conserve séparément dans des vases de verre ou de grés. Les eaux de lavage des dépôts servent h' faire des mordants faibles ou d’uutres préparations des mômes mordants.

Ou n’est pas obligé de séparer les dépôts de sulfate, lorsqu’on doit épaissir la préparation. Comme le sulfate de plomb uu prend d'adhérence avec ta fibre taatile que lorsque les tissus qui l'ont reçu sont plongés dans une eau de chaux, sa présence n’a pas d’inconvénient ; il devient alors un puissant élément d'économie, puisqu’il f ormet do réduire la proportion de l'épaississant (gomme, fécule ou amidon).

On pourrait avoir une seule préparation qui servirait de base uux compositions faibles ou fortes, dout on peut avoir besoin dam des circonstances données.’ Jusqu’à présent, les fabricants préfèrent en avoir plusieurs qui diffèrent par leur densité, c’est-à-dire par les proportions d'alun et d’acétate de plomb employés pour les obtenir. L'usage n’est pas d'ailleurs ici basé seulement sur la routine. Dans le cas des impressions, il nry , a que peu de eus où l'on ait besoin d’une préparation plus forte que les préparations d’une densité moyenne, et d'autre part, les sels chargés d’acétate d'alumine se décomposent spontanément a In longue, en abandonnant du tons-acétate d'alumine en proportions variables, ce qui jette la perturbation dans les dosages primitifs.

On commence à fairo usage aujourd’hui, d’une manière à pou près générale, du sulfate d’alumine pour les compositions propros à l'aluminage des tissas, et surtout pour préparer les mordqnt* rouges. Ce sel se prépare en grand pour les besoins do l'industrie. La composition moyenne des bonnes llvraisous do M. Pommier, de Paris, quai de Jemmapes, contient :

Eau . 52 — théoriquement.

Alumine. *44 400 400

Acido sulfurique. . 34 236 23 i, 4

Pour préparer le mordant rouge, eu partant dç eo sel, on prend 4 40 parties d’une dissolution de bulfate d'alumine marquant 30* Baumé, ai l'on opère'à chaud, 33° ai Ton opère à froid; ou y ajoute 400 parties d’acétate de plomb dissous dans 30 parties d’eau f ou obtient alors une dissolution très-couoentnie d’acétate d’alumine, marquant 45 à 46° Baumé.

Dans quelques fabriques, ou remplace l’acétate de plomb par le pyroliguite de môme métal. Mais on peut substituer à oes deux sels les acétates de baryte, de chaux et de strontianc, de soude, de potasse et d'ammoniaque ; jusqu’à ce jour, on n'a tiré parti que do l’acétate de chaux ; la réaction qui donne nai»sanco à l’aoélate d’alumine est 1a même dans les deux cas, et eette dernière méthode est éminemment économique. L'oxyde de plomb qui entre dnns la composition du sel employé représente plus du* 2/3 de la valour du pro duit. Il est a peu près complètement perdu, puisqu'on se sert actuellement du sulfate de plomb, seulement comme prodnit accessoire, pour frelater Tes chromâtes de plomb et la cérusu. L’emploi des acétates de chaux offrirait encore cet avantage dans l'impression sur étoffe, qu'il laisserait un résidu de sulfate de chaux, qu'on n'éloignerait pas, et qui pourrait permettre un épaississage économique.

M. Kœchlina proposé depuis longtemps un mordant qu'il est regrettnble de ne pas voir employer plus généralement. Ou neutrali-e uno dissolution d'alun par lo carbonate de potasse, jusqu'à oo que les flocons refusent de se dissoudre par nue nouvelle agitation ; on porte a l'ébullition la dissolution saturée, pour former le sulfate alumineux basique qu'on recueiflo et qu'ou traite par l’ncide acétique, qui le dissout trèe-biea. On obtient de la sorte une composition alumineuse des plus simples et des pins fidèles. Si, dans la fabrication de ce mordant sur une petite échelle, on pcTd le sulfate de potasse et une partie de. l'alun qui s’échappe avec les eaux mères, cet inconvénient n'existe pas dans nno préparation en grand, puisqu'on retrouverait dans la fabrication de l'alun toas les éléments qni ont uue certaine valeur.

Lorsque le oommcroc pourra fournir de l’hydrate d’alumino d’une composition .constante et facilement soluble dans l'acide acétique, ou l'utilisera pour produire directement l’acétate d’alumine, que l'cxpérieuce classe tous les jours parmi les meilleurs mordants. Les qualités spéciales de l'acide acétique rendent très-propres aux préparations des tissus les acétates métuHi-

nes. Mais quand on fait usage d’acétate d’aluminè

ans le mordançage, il est convenable de bien faire observer que oc sel demande à ne pas être conservé. Si l’on dissont de l’alumine gélatineuse dans de l'aoide acétique, de manière ii obtenir une liqueur qui marque 8 à 9° à l'aréomètre de Baumé, et qu’on con*orve cette dissolution dans des flacons bien bouchés, on s’aperçoit, ■nu bout de plusieurs jours, qu'il^s’est fait un précipité blanc, plus ou moins cristallin, renfermant toute l'alumine, tandis que la liqneur est devenue fortement acide; Gay-Luttac avait déjà remarqué que leadissolutiona d’acétato d'alumine, qui renferment du sulfate de soude ou de potassp, se troublent par la chaleur, mais reprennent leur limpidité en refroidissant. M.Tis- *içr a vu que, mémo dans le cas du sel d'ulumino parfaitement pur, il y a dépôt, et que ce dépôt eêt formé par un sous-acétate d'alumine, qui ne contient que doux équivalents d’acide acétique.

La décomposition toute apontaoéO, qui fait que l’alumino dissoute dans l’acide aoéliquc passe lentement à l'étal do combinaison soluble, sans qu'il soit nécessaire pour cela de la moindre élévation de température» conduit à l’explication de bien des accidents

ni se produiasnt avec ce composé, dans le mordançage

es iis tus, lorsqu'on a conservé oo sel pendant plus

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ou moins de temps. Au reste, In décomposition est sans contredit singulièrement activée par la présence de la fibre clle-mêmo, qui tend à s'emparer de l’alumine, pour la fixer elle-même. M. Pcrsox s'étend longuement sur cette décomposition ; elle est mise hors de doute per ses expériences.

M. Kopp a découvert dans les hyposulfites des propriétés semblables à celles qnc nous venons de distin • gner dans l'acétate d'alumine ; aussi cette circoustanoe permettra-t-elle de substituer dans bien des cas ocj derniers sels aux acétates dans la préparation des mordants. En effet, de même qne les acétates, les hyposolfites sont généralement solubles dans l'eau ; leur aride est extrêmement faible et ne peut même pas exister à l'état libro, puisqu'il m dédouble immédiatement en acide sulfureux et un soufre, qui tons deux sont sans action corrosive snr la fibre végétale et animale; enfin le» hyposulfites à base de sesquioxydes sont généralement décomposés et les baies luises en liberté par la siraplo dessiccation.

Les hyposulfites de chaux et de sonde sont les sels an moyen desquels so préparent ces nouveaux mordants. I.'hypOMilfite de ohaux s'obtient très-économiquement en faisant réagir dans un appareil barbotcur l'acide «itlfiirenx provenant de la combustion du soufre ou des pyrites sur du sulfure ou do roxysulfuro de calcium. La solution, évaporée avec précaution et à une douce chaleur , fournit des cristaux d'hyposulfite de chaux contenant 6 équivalents d'eau. La solution d'hyposolfilo de chaux, décomposée par le carbonnto ou le sulfite de tonde, donno, parla concentration, das cristaux d'hyposulfite do soude contenant 5 équivalents d’onu.

En ajoutant à des solutions de sulfite d'alumine bti d’alun les hyposulfites de soude ou de chaux, on obtient de l'hyposulfite d'alumine. C'est une liqueur claire, limpide, qui ne s'altère que lentement au contact de l'air. Rouillie on évaporée à siceité, elle dégage de l'acide sulfureux et donno un résidu d'alumine, de sous-sulfute d'alumine et do soufre.

Pour préparer une toile en alumine, on n’a donc qu’à l'imprégner de solution d'hyposulfite d’alumine et ù la faire sécher. Toute l'alumine se trouve fixée. Le dégagement d’acide sulfureux, qui pour les toiles de coton est, à la vérité, un inconvénient a*»cz gravo, pourrait au contraire devenir avantageux lorsqu'il s'agit de tissus do laine on do soie. L'hv posulfito d'alumine présente cette circonstance favorable, qu'il empêche jusqu'à un certain point la fixation du for que peuvent contenir l'alun ou le sulfate d'aluraiue, surtout si l’on ne prolongo pas trop lo séchage après l'application du sel ; cela provient de ce que le (orne peut sc fixer sur la fibre toxtile qu’à l’état d’oxyde oü de sous-scl ferrique et de ce qnc l'hyposulfite ferrique n'existe pas. l>èt qu'un sel ferrique se trouve en présence d'un hypotulfite, le «cl ferrique e«t réduit à l'état de sel ferreux, et il en Résulte évidemment qu'aucune pnrccllo do fer ne peut so fixer sur lo tissu, tant qu’il existe encore dans la dissolution la moindre quantité d’hyposulfite d'alumine non décomposée. Ce n'est qa’après que l'alumine s*e»t complètement fixée, après que l'acide hypoiulfureux libre a disparu en se décomposant, que le fer pourrait s’oxyder à son tour et m combiner à la matière textile.

Si l'on vont préparer un mordant d’hyposulfite d’alumine épaissi à l'amidon ou à la farine, il faut commencer par préparer de Phydrochlorate d'ulnmine sirupeux en déc< imposant du sulfate d'alumine ou de Tulun par du chlorure de calcium basique, filtrant et évaporant fortement la liqueur. Par le refroidissement, celle-ci laisse cristalliser du sel ammoniac ou du chlorure de potassium, et les eaux mères, renfermant surtout do Phydroclilornted’iilutnine, sont ensuite évaporées de

nouveau à une température voisine de 100°, jusqu'à ee qu’elles se recouvrent d’une pellicule assez consistante.

C’est cette matière qu'on incorpora à froid dans de l'empois d'amidon on de farine ; ensuite, à la conteur épaisse ou ajoute une quantité d'hyposulfite du soude telle que les 2/3 oh les 3/4 de l'hydrochlorate d'ulnmine soient transformés en hyposulfite d'alumine.

Préparations dans lesquelles l'alumine joue le rdle d'acide. — Dans un certain nombre do préparations «lumineuse:*, l'alumine fait fonction d'acide. M. Iluusraann, et bien longtemps ayant lui M. Macquer, «'était .«ervi de ces composés pour déposer sur les calicots l'alumine nécessaire à l'adhérence do certaines couleurs. En Angleterre même, on en fait une application sérieuse sur uno très-grande éclicllo pour l'impression des étoffes au moyeu du rouleau. On sait que l'alumine m dissout dans la potasse ou la soude pour former des aluminates alcalins solubles, qui so ‘décomposent ensuite sous l'infiueucc d’un acide, de l’acide carbonique de l'air, par exemple, en régénérant de l'alumine. Industriellement, los tissus imprégnésd’aluniiuiite atcnlin sont rxposés dans l'air; la potasse ou la soude se saturent peu à peu pour mettre l'alumine en liberté; on arriverait assurément plus vite an résnltat qu’on veut obtenir en faisaut passer l'étoffe dans des étuves chargées d'air saturé d'acide carbonique préparé par la combustion de mauvais combustible, ou d’acide acétique dissous dans une grande quantité d’eau.

D'après M. Wagner, non -seulement les illuminâtes alcalins peuvent être employés, mais on peut foire usage des aluminates de magnésie, de zino et de fer; ou ob tient aus»i sur tissu la fixation simultanée de dsuk , matières dont l'adhérence doit concourir à l'obtention d'uno nuance donnée.

11 est très rare que la méthode ordinairement employée permette de saturer complètement toute la potasse ; aussi passe-t-on la pièce dans un bain de rd ammoniac ; la base alcaline s'empare du chlore et l'alu-, mine et l'atnmouiaque deviennent libres saus fariner de combinaison ; la première se fixe à l'étoffe, tandis que la dernière reste en dissoluiiou dons l’eau ou bleu se volatilise. L’expérience a prouvé que ce dernier moyen n'offre pas tous les avantages qu'on est tenté d'en attendre, et qu’il est de beaucoup préférable de charger l'air d'acido carbonique artificiel. L'alumine mfto en liberté par le chlorhydrate d’ammoniaque n'offre en » u eu ce façon le brillant do celle qui ae dépose lentement.

Les préparations d'alumine sont employées seules ou mélangées avec d'autres préparations pour rendre lés tissus uptes à se teindre avec cortainc» matières colorantes, qui sans ces intermédiaires ne contracteraient pas avec les fibres textiles une adhérence convenable : nous citerons la garanoe.

Préparations ferrugineuses.

De même quo les sols qui contiennent de l'alumino, les substances qui renferment de l'oxyde de for ne peuvent servir de préparation aux tissus qu’autaut qu'on les amène à l'état soluble et qu'elles ftb t adonnent ensuite à la fibre, «soit spontanément , soit sous l'influence d'agents convenablement chois», une portion notablo d oxyde doué do propriétés efficaces. A quel état convient-il que le fer soit mis on contact avec l'étoffe pour qu’il la prépare dans les conditions les plus avantageuses? Le fer présente plusieurs états d'oxydation dans les divers sels quo le commerce uous offre. Or, l'expérience a fait connaître qu’il n'y a pas d'altération de la matière textile toutes les fois que lo protoxydo do fer hydraté déposé sur un tissu passe lentement à l'état de peroxyde de fer et qu'il n'n pas perdu, par une trop grande cohésion, son affinité pour

Digitiz.ed b:

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lut matières colorants» ; on conserve cette affinité par la précipitation de sous-sclt ou do tels neutres in*olubies.

On a remarqué quo l'acétate do protoxyde do fer était une bonne préparation ferrugineuse, agissant directement sur la fibre, quelle que soit la méthode employée pour sa préparation. Néanmoins, d'après M. Scblumbcrger, auquel on doit des expériencos intéressante» sur o* sujet, lo sol préparé par l’ncido pyroligneux est préférable toutes les fois qu'on applique In préparation à la planche, parce qa'il y a contact do l’air plus prolongé ; l’acétate de fer pur doit être préféré toutes lee fois qu'on fait usage de rouleau, c'està-dire dans toutes les conditions dans lesquelles on travaille rapidement et dans les goures pour lesquels les piéoes doivent fi;re dégorgées immédiatement. De plus, il convient quo l’air n'aii pn# peroxyde le fer dans l'acétate ferreux ; cependant cette manière do voir ne saurait s'appliquer à tous les seis do for, car le sulfate do peroxydo de for donne, quel que soit le temps depuis lequel on l'a conservé , des colorations en rapport avec la force de la dissolution ; le sulfate do (cr peroxyde parait même préférable au sulfate de protoxyde pour obtenir avec la gamnoo dos tains violets, pille» ou foucés, comme aussi pour les noirs.

Lorsqu'on se sert, oomme préparation ferrugineuse, d’ncétato de fer, l'expérience conseille d’appliquer do préferenoe le sel sur lo tissu-; il s'y décompose peu à peu et forme un sel basique qui s'oxyde à l’air. Or, i^ans âette circonstance, il faut prendra certaines précautions pour éviter l’altération de la fibre. On n'ignore plus aetucllement, surtout d'après los expériences de M. E. Schwartz , que la fibre s’oxyde elle-même lorsqu'elle se trouvo en contact, au momoutde l’oxydation, avec une matière n\ ide d'oxygène.

Cette action de l’oxydo de fer peroxydé sur Iqp matières organiques ne saurait être mise en doute. M. Kuhlmann a démontré la conversion de l'essence d'amandes ameres en bonzo&te à 100° dans un tube scellé, sous l'influence du sesquioxyde do fer ; la réduction de cet oxyde par du glucose, du sucre et des analogues ; son action sur les extraits d’un grand nombre do bois colorants. MM. Paul Thénard et HorvéMangon ont apporté leurs preuves, et M. Hervé Maogon pense que les phénomènes se produisent en vertu do la présence, dans la réaction, d'uu certain sel produit sans doute par un acide probablement identique avec l'acide crénique qui réduit spontanément le se9quioxydo de fer.

Quoi qu'il en soit de cette explication, le rôle des sels de fer est incontestable ; et parmi lès expériences les pins curieuses qu’on puisse citer, nous relaterons celle dans laquelle M. Wurtz de Washington a démontré que la dissolution de sel do peroxyde de for pouvait blanchir les dissolutions bleues d’indigo, les solutions de tournesol , de cam pèche et de cochenille qui sont détruites par le perchlorure de fer. Dès 1840, M. Dumas expliquait la formation de l'encre par l'oxydation du fer aux dépens do l'acide galliaue; les observations de M. Persoz et do M. Barrcswil ont confirmé coite théorie.

M. Kuhlinann a répété l’expéricnco sur la décoloration de l’indigo par les sels de peroxydo de fer ; ce transport do l'oxygène n'est pas sans inconvénient pour la solidité de l'étoffe ; qu'on l’admette par entrainemeHt, c'est-4-diro par l'oxydation simultanée de la fibre et de l'oxyde, lorsque l’oxyde de fer protoxvdé se transforme en peroxyde, ou par une succession d’dîcydations séparées s'attaquant à 1a fibre et résultaut de la réduction de l’oxyde de for, ce qu’il y a do certain, c'est que la fibre elle-même est sous l’influence d'une propriété comburante qu'on pent attribuer 4 l'oxyde de fer. Cette deruièro interprétation peut s'expliquer 4

TEINTURE. 551

la façon de ces phénomènes qu'on désigne sons lo nom do rumbus/ûm du aanrj.

Daus leurs rapports avec la teinture, ces phéno- • 'mènes ont été étudie» par Schlumbcrger. Il résulte do ses recherches sur l’impression en noir des faits qui doivent être pris en sérieuse considération et qu’on peut étendre 4 la teinture proprement dite ; comme on le dit généralement, lo noir a le défaut de brûler tes tissu/ :

4* L'altéfntiou de l'étoffe n'a lieu généralement quo sur dos échantillons traité» par dos dissolutions concentrées ; rarement dos étoffes préparées avec dos dissolutions marquant 4 degrés Bitumé sont nllérée» par la teinture.

• 2° L'acétate ferreux altère le tissu , mais beaucoup plus lorsqu'on l’emploie pur quo lorsqu'on le fuit servir avec une addition d’acétate fie plomb en excès.

3’ L'addition des fécules et do l'amidon s'oppo»o 4 l'altération ; elle est augmentée d’ailleurs par l'exposition 4 la radiation solaire, et nulle, au contraire, toutes cho«e* égales d’nilletirs^pour une exposition 4 la lumière diffuse, ou dans l’ob-curité.

4* Dana tous le» cas l’affaiblissement du tissu so développe dans les premiers jours de l’oxydation , de telle sorte que le 21* jour un tissu quelconque a purdu de sa ténacité tout ce qu’il doit perdre par le fait do l'oxydation.

Suivant qu'on fait passer les échantillons en bouso 4 la température de. l’ébullition ou a celle de 50°, suivant qu'on les plonge ou non, 4 la sortie -du bain de l»ou«o, dans un bain do chlorure de chaux, on observo des signes d'altération plus otr moins avancée : faible pour un boutage 4 50 degrés non suivi d'un passage nu bain de chlorure, ello est prononcée pour un bousnge 4 l'ébullition suivi d'un possago uu bain déoolorant.

L’usage a conduit 4 mêler oui préparations de fer certain» composés , métalliques ou non , dont le but multiple peut so résumer ici en disaut qu'ils doivent :

4 ° Favoriser la fixation de l’oxyde de fer ;

?® Prévenir une oxydatiou par trop rapide ;

3® S'opposer 4 la do*sicc.-ition trop prompte ;

4* Ojnserver 4 .l'impression une grande netteté dans le cas où la teintnro ne doit pas conduire 4 des teintes unies.

Au nombre de ces divers composés, nous constatons des sels de cuivre, des huiles crapyreumatiques, Lucide arsénieux, du chlorure do zinc, du chlorure d'ammoniaque, du nitrato de (votasse, des chlorates de potasse et de soude, du succharutc de chaux, do l’acide oxalique, de l'acido acétique, etc.

L’action des sels de cuivre me paraît obseure, s’il u’est pas possiblo de la rattacher 4 l'action directe dn la matière colorante sur l’oxyde do cuivre lui-mèmo déposé sur le tissu.

L'acide pyrolignoux qn’on préivre 4 l’aoide acétique renferme des matières empyreumutiqoes qui retardent l'oxydation du fer et s'opposent 4 l'altération du l'étoffe. Cette différence est importante au point do vue de la teinture on noir.

L’acide arsénieux, qu’on emploio souvent pour teindre en violet et en lilas, remplit ces deux rôles; d'une part, formant avec l’oxyde de fer une combinaison insoluble, il conserve 4 oet oxyde les propriétés chimiques do cette base; d'autre part, il ralentit directement ou indirectement l’oxydation sous l’influence do l’air atmosphérique.

Lo chlorure do sine introduit dans ln préparation dn noir ne pout pas avoir d’action directe sur lç* résultats obtenus; copendunt l'oxyde de zinc peur entrer eu oombinaison avec l’oxyde de fer et former dos composés multiples avec la matière colorante. J'ai fait voir .que l'oxyde de fer et l’oxyde de zinc se combinent pour former un corps défipi d'une couleur ocrcuse portieu-

TEINTURE

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Mère. L'oxyde de zinc dans tous les ras combat la i tendance dos matière-» amylacées à se coaguler.

Lo chlorate de potasse, le chlorate de soude , l'uzo- Hto do ;>otfts.#e et lo sel ammoniac sont surtout en' usage pour l'impression à laquelle ils «donnent des dc**ins tri*#- net*. Certains fabricants oui s'en sont servis dnns leurs ateliers en ont été très-satisfaits, lions mnun préférait, dans beaucoup de préparations, l’addition de substances capables de dégager do l'ammoniaque. ..

Le sucre, l'acide tartriqne , l'acide citrique ou lo jus do citron, lo sacchsrate de oIiaux sont surtout employâmes pour les nuances claires , parce qu’il y a précipitation d'une partie de l'oxyde de fur, et parce qu'en outre une partie des bases sulifiablos so trouve complètement masquée.

De# expériences souvent répétées ont prouvé que, dans la teinture en noir, le pyrolignito de fer ou l'acétaftj do protoxyde non épaissi produisent, en 6 heures d'exposition à l'air,* des couleurs qui, considérées au point de vue de leur intensité, «ont aussi vigoureuses que fi l’exposition avait duré 21 jours; que des préparations épaissies n'oflrcut que de légères différences en faveur de ceux qui sont exposés pendant 21 jours, différences qui disparaissent totalement, si l'on expose, durant 10 heures, au lieu de 6 ces mêmes échantillons avant de les teindre; que les préparutions dont l'oxydation se fait en 6, jours, en 10 heures ou en 18 heures, donnent toujours h la teinture des nuances plu» riches et plus intenses que quand ces préparations ont séjourné à l'air durant 10 jours, et h plus forte raison pendant il jours; et que ces différences se font surtout remarquer avec l’acétate ferreux, qui, ne renfermant pas comme le pyrolignite une substance capable d’en retarder l'oxydation, présente toujours des teintes moins favorables : lo sel existe sur les fibres à l'état de phosphate de fer ou d'arséniate, suivant qu’on u pris pour le dégommage ou de la bouse de vache ou do l'arsénisle double de potasse et de chaux. Ce fait explique comment l’étoffe, chauffée vers 160 ou 180 degrés, pourrait ne pas perdre la propriété de se teindre, co qui n'nrrivcrnit pns avoc un simple* dépôt d'oxydo de fer peroxyde.

Nous devons admettre que, dans l'opération da mordançage par les sois de fer et par l'acétate de protoxyde, l'oxyda do fer se dépose k l’état d'oxyde ferreux ; l'oxydation a lieu sur le tissu; il se forme un acétate basique qui conserve à l'oxyde ses propriétés utiles en préscuce des matières colorante#, et qui, sous l’infiuenco des sels à bouser, se transforme en phosphate ou vu areéninte ; l’oxydation doit être lente et progressive, car si l'action est énergique, la solidité de l’étoffe est compromise, et l’oxyde de fer peut passer à l’état isomériqne, difficilement soluble dans les acides,' et dès lors incapable de fixer les matières colorantes.

Les sels de fef sont acides ou neutres. Les sais acides sont évidemment impropres à la teinture; d'après co que nous venons de dire, il en est autrement des sels neutres ; par leur oxydation, les sels de prr- -toxyde de fur forment un sel qui. pour devenir neutre, exigerait trois fois plus d'acide que le sel primitif n'en contient ; il y a donc formation d'un sel basique trèspeu stable, apte à oéder nu tissu quelque peu do base capable à sou tour de fixer I» matière colorante. On a prétendu, d'ailleurs, que la coloration du soas-scl influait cllo-mêtnc sur la nuance du tissu. Ainsi les arsénintes et les phosphates août peu colorés, tandis que les aoos-axotutes sont très-colorés. Cette proposition n'est admissible que dans le cas où le sel do fer est, à lai seul, la matière colorante. Tout porte à croire que, dans le cas d'une teinture proprement dite, les acides arséuiqoe, t>ho*phorique, nautique sont éliminés sou»

• l'influence des lavage# convenables, et surtout par les

I lessivages avec des eaux alcalines; la coloration no résutto alors que do lu combinaison de l'oxyde de fer avec la fibre et la matière colorante.

Il faut une si faible quantité d’oxyde de fer pour modifier les teintes de la garance avec les |fté parutions alumineuses, qu'il convient d'éviter le contact du fer métallique mémo avec les tissas qui doivent être teints vu rouge. Le sulfure de fer et le fer qui se rouille agissent comme mordants ferrugineux, en fixant la couleur. •

Les emplois importants qu'on fait aujonrd'hni des sels de fer <lans l'industrie des toiles peintes ont appelé l'attention des chimistes sur la composition do plusieurs sels, tels que les acétates et les azotates. On doit à MM. l'éan do Saint-Gilles, Scbeurer-Kcstner et Oadcmans, des observations intéressantes qui permettent d'expliquer quelques réactions obscures du mordançage au sel de fer.

D'uprèt M. Schcurcr, il existe plusieurs azotates de fer.

Quand on traite le fer métallique par de l'acide de 4 ,0 ii de densité, le produit dissous contient de l’azotate de protoxyde de fer et do l’azoute d'ammoniaque. Avec de l'acide azotique de 1,073 de densité, le produit soluble est formé d'un mélange d'azotate de protoxyde et de peroxyde de fer accompagné d'azotate d’uinmouiaquo. Un acide de 4,445 de densité ne fournit que de l'ozotato de peroxyde sans formation d'ammoniaque. Avec un ncide d'une densité supérieure à 1 , 1 15, on forme de» azotates de peroxyde, de composé t on variable avec les circonstances de l'opération. En employant l'acide à 1 ,332 de densité, pour dissoudre une quantité oonvcnable de fer, on oblicnt une dissolution de 4 ,580 de densité, qni dépose, en »e refroidissant, de beaux prismes rectangulaires à quatre faces, ui deviennent presque incolores, en 1rs séchant sur u papier buvard; ils contiennent 48 équivalents d'ead, et correspondent à la composition de l'nzotate neutre de peroxyde do fer. Us se décomposent * la chaleur avec la plus.grsiulo facilité; à 50°, il s’en dégage déjà des vapeurs acides; pendant l’ébullition, il so dépose un sel basique insolublo. a.

Le sel neutre peut dissoudre à froid différentes proportions d'oxyde de fer hydraté, et former ainsi des sels basiques à deux et trois équivalents d’acide. L'azotate à deux équivalents d'acide se prépare, par exemple, en faisant dissoudre 400 grammes de cristaux neutres dons de l'eau, précipitant par l’ammoniaque la totalité du fer, et ajoutant encore pour dissoudro le fer oxydé, parfaite ment lavé, 200 grammes do cristaux. Pour préparer l'azotute tri basique, pn prend 20U grammes de cristaux, qu'on déenmposo par l'ammoniaque, et qu’ou redissout dans 400 grammes de cristaux purs.

Ces trois azotates do fer sont donc solublos, et par l'ébullition ils précipitent des sels insolubles; oü les en •< paro en éteudant d’eau et filtrant- Ces sels sont décomposâmes à 430" ; ils abandonnent de l'acide, pour se transformer en oxydes; iis sont insolubles dans l' acide azotique, mais très-solubles dans l'acidcchlorliydrique.

Le sel qui se forme par l'ébullition du sel neutre peut être supposé contenir un équivalent d'uxototo .tribasique et un équivalent de peroxyde de fer à un seul équivalent d’eau.

Lo sel qui prend naissance par l’ébullition d’nn sel scsquibosiqiie peut être supposa contenir un équivalent d'azotate tribasique de fer et deux équivoleuts do peroxyde de fera un seul équivalent d’eau.

Le sel qui sc forme par l’ébullition de l'azotate tribasique peut so représenter par la combinaison de l'azotate tribasique de fer avec trois équivalents de peroxyde do fer hydraté.

Ces sels de fer peuvent donc êtro employés avant»-

itommc.

TEINTURE

gensomcnt, par suite do la propriété qu’ils possèdent de se dédoubla en sels insolubles par l'ébullition; il convient, pour expliquer certaines réactions, de tenir compte des propriétés que oe» sels présentent encore, et dont on doit l'observation à MM. Scbeuror-Kestner.

L'azotate do fer neutre et les deux nzotat^s basiques dont nous venons de parler, renfermés dans des tultc-s scellés et soumis à la température de l'eau bouillante, sont altérés : les sels basiques devier nent rouge brique; la dissolution limpide par transparence sembla trouble, vue par réflexion. Le sulfate de soude préci- | pire la dissolution. Le liquide, séparé du dépôt, offre la composition de l’azotate neutre. Quant k l’nzotuto neutre, il n’est pas modifié. Le précipité fourni par le sulfate de soude contient un équivalent d’eau pour un équivalent de fer; il est soluble dans l'eau pure, m:.io insoluble dans les acides concentrés. Cette dissolution ne donne pas les caractères des sels de fer avec les ferrocyanures et sulfocyannres.

Ainsi la chaleur exerce sur. les denx azotates basiques une action analogue à celle qu'elle produit sur l’acétate de fer , à cette différence prés : tandis que l’acétate de fer est décomposé d’uue manière complète en oxyde de for et en acide acétique, les azotates basiques sont décomposés en oxydo de fer et en nzotate neutre, ce dernier sel résistant à la décomposition. La lumière agit de même que la chaleur. Aussi faut-il éviter de conserver ces dissolutions basiques qui per* dent leur énergie en vieillissant.

Los acétates de peroxyde de fer se préparent facilement , d'après M. Oudemans, en traitant par l'acide acétique concentré (dix foi» le poids dn fer) le peroxyde de fer préparé par le fer converti par l’eau régale en srsquichlorure de fer précipité par l'ammoniaque ; on fait macérer pendant 40 heures de 50 & 60° et, après un peu do repos, on décante la liqueur claire, ou évapore sur des assiettes a 60° ; on obtient de la sorte un produit solide qu'on achève de dessécher pendant quelque temps à 1 10’ et qui représente une composition définie ; il pont ainsi servir comme préparation ferrugineuse très-fidèle dans le cas où le peroxyde do fer doit jouer un rôle actif. Mais il faut tenir compte de certaines circonstances observées par M. Péan de Saint-Gilles.

Les recherches de ce ohimiste ont fait voir qti'mie dissolution d'acétate de peroxyde de fer, chauffée dans nn bain-marie à l’ébullition pendant dix k douze heures, reste transparente par transmission et devient opaque par réflexion ; elle n’a plus de saveur et co»so d'accuser les réactions de l’oxyde de fer, par exemple avec les ferrocyanures. Le sulfocyanuro lui-même ne décèle par la plus petite quantité d'oxyde de fer. Les ncides précipitent de U liqueur un précipité ocreux , brun, insoluble, dans les ncides même concentrés.

L'hydrate de sesquioxyde de fur pur, sous l'influence do l’eau et de l’ébullition, se modifie lui-même peu à peu et acquiert les mémos propriétés qne l’oxyde de fer traité par l’acide acétique et chauffé comme nous l’avons dit phis haut ; cet hydrate ne contient que 40 p. 400 d’eau; de plus il ne possède plus In propriété de devenir incandescent quand il passe de la température ordinaire k U température rouge. Il est, en un mot, dons col état particulier prévu par M. Pi-rsoz et attribué aux oxydes k 3 équivalent» d’oxygène quand Us sont impropres à la teinture. L’hydrate modifié ne joue donc plus le rôle de base ; il est isolé et ne joue nullement le rôle de l’oxyde de fer dans les sels ferriques. Ces faits ont une importance réelle pour la- théorie de la teinture et pour celle de l'impression, c’est à co titre que nous les rapportons ici. Il en résulté la nécessité pour les industries qui nous occupent de ne préparer les sels de fer qu’en évitant avec soin une plus forte élévation de température dont

on serait tenté do fniro usage pour faciliter la dissolution. Nous donnons a cette occasion la iqéthodo employé© dans la pratique. ' .

Les aoé'ntes ot pyrolignites do fer te préparent en grand dans les fabriques d’indiennes; on utilise, à cet effet, la solubilité du for métallique dans l’aoide acétique ou même duns le vinaigre. L’acide acétique dont on se sert est l'acido pyroligneux. Ou chauffe à 40 ou 50 degrés de l’acide pyrotiguenx ou de bon vinaigre, on le verse dans un tonneau mr do la ferraille bien nettoyée et qui p'onge complètement dans l'acide; le tonneau est couvert*, au bout de trois ou quatre jours nn routire par la partie inférieure 40 ou 50 litres qu’on reverse par la partie supérieure et ainsi do suite pendant trente ou quarante jours ; après ce temps, le »cl est formé. Si l'on a fait nsage de bon vinaigre et que l'opération ait été bien menée, la dissolution qu'on obtient sous lo nom de bain de noir marque 7 iv 8 degrés Baumé, dan» le eus contraire, elle ne marque que 6 a 7 degrés ; si l'on a fait usage d'acide pyrolignenx.le sel marque 43à 4G degrés suivant lo degré de concentration de l’acide dont on a fait usage.

Co sel peut s’obtenir encore nu moyen d'une double décomposition par le mélange d’une dissolution de sulfate de protoxyde de fer et d'acétate de plomb; on tire » clair pour enlever la totulité du sulfate de plomb qui

forme un dépôt inutile.

Les analogies que présente l’acide hyposulfurenx avec l’acide acétique ont conduit il penser que l'hyposulüto de fer pourrait servir de bonne préparation pour la teinture des tissas en couleurs qui exigent le couconrs du fer. L’byposulfite do far so prépare en ajoutant de l’hyposulffte do sonde à du sel à base do protoxyde ; ce mordant renferme un corps qui s'oppose à l'oxydation trop vive du métal. Il se fixe un sous-sel nprè» la fibre sans l'altérer sensiblement.

Les préparation* ferrugineuses s’emploient soit isolément, soit en mélange avec Iss préparations alumineuses ; dans le premier cas, elles concourent avec les matières colorantes rouges à la production des lilas, des gris et des violets; avec les matières colorantes jaune», elles forment des gris olive et des verts bruns ; avec le secours d'un mélange do matières colorantes jaunes et rouges, elles produisent une foule de nuances intermédiaire» depuis le gris clair jusqu'au noir le plus foncé.

Lorsque les préparations ferrugineuses sont associées aux compositions alumineuses, elles fournissent avec les inutières colorantes rouges des nuance» plus ou moins intenses tirant au noir; avec les matières colorantes jaune», des jaunes plu» ou moins olivâtres selon qu’il y a plus ou inoius de for; mec un mélange de matière» colorantes jaunes et rouges, des couleurs brunes, feuille morte, bois pourri, qui varient à l'infini suivant qu’on i Lange dans la préparation les rapports do l'alumine k l'oxyde de fer, on les proportions des matières colorantes jaunes et rougos dont on fait usage pour composer le bain de teinture.

m Préparation» r bromiques.

Les analogies qui rapprochent les oxydes d'alumine et de fer permettent de penser qne l'oxyde de chromo peut convenablement préparer les tissus pour les rendre propres à la teinture. Lu effet, on 6e sei t des sels do chrome pour préparer les toiles qui doivent passer eu campêchc, on brésil, en garance, eu qnnreitron. Les composés qui servent de base à la préparation chimique sont do nature essentiellement variée ; et comme l’oxyde do chrome forme des sel» très-différenls, que les uns jouissent de propriétés oxydantes très-prononcées, l’action do ces composé» ost très-complexe, car elle peut so porter tout à ln fois sur la fibre animale ou végétale et sur la matière colorante elle-même; il peut y avoir combinaison do l'étoffe avec l'oxyde de cliiomu à l'état

TEINTURE

TEINTURE

de sesuuioxydo et oxydation de !n matière colorant*», puis QdflirNice par nouvelle combinaison cotre la couleur et l’étoffe modifiées tontes le* deux. Gérférnlcmeot on admet qnc le bichromate do potasse agit dans la teinture on oxy.liuit la laine ï on |>eut combattre cotte opinion par uno série d'ex pé rie iiCos t

\m En faisant réagir sur le tissu fiu permanganate de potu.'isc à chaud ou a froid, ou du ferrate de potasse, et constatant qu A. cette laine ( qu'on considère comme oxydée par la réduction do l'acide métallique), teint© nu bain de campêche avec le chlorure d'étain, ne prend pas la môme couleur que sous l’action du bichromate;

2® Eu soumettant le tissu à l'action d'une dissolution bouillante d'acide chromique pur, ce qui lui donne une teinte verte (par le fait do la réduction de l'acide chromïquo, conséquence, selon los autres, a’ une oxydation delà laine), et démontrant que parla teinture, lu laine prend la couleur bronze, au lieu du bleu, qui est la couleur produite par le bain du ckrora&tc employé à la manicro ordinaire.

Selon MM. Blockey et Sugdon, lo bichromate en nature *o fixerait sur le tissu ( c'est du moins ce que les auteurs pensent, d 'après la couleur jaune que prend la laine); et ce serait à la faveur de cette préparation de bichromate de potasse que se ferait la teinture.

M. Barreswill regarde comme probable que dans le mordançage par le bichromate, qui le plus souvent est acidulé, il y a uno légère destruction du tissa, par le fait do la réduction partielle de l'acide chromique, et qu'il so forme un oxyde intermédiaire de chrome qni reste fixé sur la laine, pour être ultérieurement réduit par l'oxyde d’étain, et transformé par suite on sesquioxyde «le chrome, susceptible de s'unir a la matière colorée pour former un sol simple do chromo oit peut- Ptro un 6el double stanno-oliromiqnc. L’idée d’oxydation du tissu parait être abandonnée.

M. lion tard, chef d'une importante maison de teinture à Clichy , n’admet pas complètement cette manière de voir : car une étoffe préparée par le bichromate de potasse, et plongéo dans un bain de en m pêche et de chlorure d'étain, prend une couleur bleuâtre, qui, si le bain est assez concentré, Huit par devunir rougeâtre.

Pour obtenir uno couleur avec du bichromate et du campêche, on doit mordnnccr en bichromate d'abord, laver, puis teindre en campêche. En mettant ensemble le colorant et lo bichromate, on no peut teindre. loi première expérience faite pour prouver quo lo bichromate n'a aucun effet oxydant lui parult avoir bien peu do valeur ; cor on semble conclure quo si lo bichromate agissait comme oxydant, il devrait donner la même teinte que tes oxydes de fer et de manganèse. Or, cos trois oxydes, teints en cam pêche, donnent des tons très-différents : on doit conclure que la teinture, dans tous les cas, peut être considérée comme résultant de la formation d'une molécnle très-complexe.

Lorsqu'on mordanco une étoffe on bichromate do potasse, et qu’on la teint ensuite dans un bain de campêche suffisamment concentré, on obtient du noir, soit qu’on ait etnpêché la réduction de l’acide chromique en ajoutant de l’acide nitrique dans lo baiq de mordançage, soit qu’on ait, nu contraire, favorisé la réduction, en y ajoutant do l’acide sulfureux. Dau* lo premier cas, l'étoffe est jaune ; dans le second cas, elle est vorto; mais elle donne toujours du noir dans un bain de campêche suffisamment concentré. Pourtant, c’est dans lo premier cas quo la tointurc s’opère lo pins facilement. l)u reste, voici une expérience qui prouva encore le même fait.

On mordanoo un morccnu de lame dans un bain de bichromate de potassa et d'acide nitrique; on lo lavo, et on l'expose encore humide aux rayons solaires, en cnubnnt la moitié du tissu avec du papier, lia partie éclairée devient verte, la partie cachée reste jaune. On

teint ce morceau dans un bain de campêche : la partie jaune prend d'abord uno nuuncc plus foncée que In partio verte, mais bientôt la différence di «paraît, et il deviont impossible de distinguer les deux moitiés. .Coe différences peuvent s'expliquer pur les modifications quo subit l’oxyde do chromo dans certaines circonstances étudiées pur M. Kreroy. On pourrait supposer avec M. Barreswill que, dans la teinture en bien pourpre, lo chrome est à l'état d’oxyde ( modification rouge ou plutôt violette), et quo dans lu teinture finale noire, il existe h l’état d’oxyde ( modification verte, qui est la plus stable).

Ces observations semblent d’accord avec celles de M. Camille Kœchlin, auquel l'industrio des toiles peintes doit l'applièntion do l'oxyde do chrome. Après u voir constaté quclcs sulfites alcalins dissolvent l'oxyde de chroinc, et qu’un excès d'alcali pur ou carbonnté n'empêche pas la dissolution, et qu'il la rend beaucoup moins stable, M. Kœchlin a tiré parti d’uno réaction très-nette de sulfite do soude sur le chromate de potasse. Le sulfite de soude en mélmngo avec un acide susceptible do déplacer l'acide sulfureux, décomposé par le chromate do potasse, puis rendu alcalin par l'ammoniaque, produit de l'oxyde de chrome; cet oxyde peut, suivant les proportions de* divers réactifs . qni constituent lo mélunge, so produire insoluble ou solnble, et affecter les diverses couleurs sous lesquelles il est connu : verte, violette ou rouge.

On prépare le sulfite h 13°, nécessaire pour produire ces réactions, en soumettant de» cristaux de soude à l'action do l'acide sulfureux ; on obtient de* dissolutions qui marquent il* Baumé, et qui cristallisent quand on neutralise l'excès d'acide; un litre d'une telle dissolution réduit 450 grammes de bichromate de potasse, ce qui correspond à 285 grammes d'acide sulfureux ; on la ramène par une addition d’eau, do manière à marquer 43» Buumé.

Avec 400 parties d’une semblable dissolution de sulfite do soude à 13° et

4° 5 parties de chromate acide do potasse, l'ammoniaque en excès produit une dissolution verte ;

2* 5 parties de cliromnto et 2 parties d'acide sulfurique, l'ammoniaque produit une dissolution verte i

3* 5 parties do chromate de potasso et 4 parties d’acide sulfurique, l'ammoniaque donne une dissolution violette ;

i° 5 parties de cliromnto et 8 parties d'acide sulfurique, 1 ammoniaque forme une dissolution rouge ;

5° 40 parties de chromate et 4 parties d'acide, l’ammoniaque donne un précipité vert ;

6* 40 parties de bichromate et 8 parties d'acide, l'ammoniaquo forme an précipité violot;

7° 40 parties de bichromate do potasse ot 46 parties d'ocide donnent un précipité violet rougoâtro.

Il est important quo l'acide soit ajonté d’abord au chromate: on ajouta ensuite lo sulfite alcalin.

Pour )n teinture en campêche, on fait usage d'un mordant do chrome, qu'on forme au moyen de bichromata do potasse additionné do son poids d’acide sulfurique; ou ajouta pou h peu une certaino quantité de mélasse on do dextrinc, pour désoxyder l'acide chromique. On prépare l'étoffe » chaud dons ce mélamçe étendu d’uno proportion d'oau suffisante; pour 56 à 60 kilogramme* do Coton, on emploie le même poids de campêche et l’oxyde de chromo résultant do la décomposition de 67 grammes de chromate acide de potasse.

On peut employer avantageusement l’alun de chromo pour effectuer lo mordançage des tissus. Ce que nous avons déjà dit des propriétés do l’alun ordinaire nous dispense d'entrer ici dans de plus amples details.

Les sols de chrome sont employés, surtout uujoûr-

TEINTURE

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d'hui, .pour l’obtention ele* couleur* rabattue»; colles qni sont les plus commune» sont les noirs dits au cbromatc.

Les matière» colorante» en pendrai n’acquièrent, uvoc l’oxyde de chrome, que des nuances sales et ternes; celles qui donnont les laques les plus pures sont le quercilron, la gurunce, la campêdic et le bréàil.

Préjnratitms stannique s.

L'oxyde d’étain constitue l’une dos préparations les plus remarquables employées dans l'art de la teinture. Son usage date nu moins de 1630. Il est intéressant do citer ici la composition pour Yescarlatte d’Hollande, tirée d’un manuscrit que possède M. Cbevreul, qui lé doit a l’obligeance d’Adrien dè Jussieu, lequel lo tenait de ses ascendants. Ces procédés sont tels qu’ils étaient pratiques en 1666 et 1667 dans la teinturerie fondée par (iobelin. Voici l’extrait que j'emprunte nu travail de M. Cbevreul »ur l’K.x position de Ixmdres, P* -!• L’écarlate à l’oxyde d’étnin ne date que de 1630 s on en est redevable & Cornélius Drebbel, Hollandais; elle ^fut pratiquée sur une grande échelle h Leyde, pur Kuffular, teinturier, gendre do Prcbbel, puis importée par un nommé Jean Gluck ou Kloech.

On trouve dans l’ouvrage cité les moyens de faire les r»c«r/ 1 ttes rouge» dtttes de graine fan moyen île l'ci/un, du tartre, de l'arscnic, de la graine et du pastel dVscnrlattc ou venait lop, qu une note marginale définit vermisseaux qui s engendrent dans la graine. Un y donne des recette^ pour faire \vpQvrprtorientalo\iesoarUsUed UoUande, qui, par les différences qu’elles présentent, prouve qbo I on ii 'était pas encore fixé sur un procédé préférable à tout initie En effet, dans une recette, on prescrit pour lo bouillon I emploi simultané du tartre, du sel armomV, do la farine de poix, d esprits , de l 'alun, du sel gemme. ou bien, du sel armoniac, du salpêtre raffiné, du tartre, de la farine , de 1 alun, des esprit-* dont on donne des projetions diverse». On prescrit pour la rougit, ce qu on nomme cochmiller, la cochenille dite meslee, le tartre blanc, 1 amidon blanc et le» esprits. Ces recettes sont remarquables, dit M. Cbevreul:

1“ Par l'absence de la dissolution d’étain dan» l’ une *1 elle*; mais comme on opérait dans une chaudière de ce métal fin, c était le vaisseau qni fournissait l'étain nécessaire h la constitution de la couleur;

«*’ Par 1 emploi simultané <le l’alun et des acides ; une autre recette intitulée : La c raye manière de faire I esiarlattf d Hollande, prescrit une composition d'eauforte et d’étain.

Kan forte 2 livres.

Étain fin d’Angleterre. . . 4 onces.

La dissolution faite, on ajoute ensuite à

Eau 75 seaux.

Cristal de tartre 2 livre*.

Voilà le bouillon pour un drap de 35 brasses.

Dans la rougie, on emploie

Eau 75 seaux,

à laquelle on ajoute une dissolution d’étain comjioséo avec

g™ fort* 4 livres.

fin » onces.

On fait chauffer, et quand le bain est sur lo j>oint do bouillir, on y inet

Cochenille 67 à 70 onces.

Si l’on .veut une couleur rosée, on ajoute 2 livres do tartre.

Pour que la dissolution fût possible dan» l’eau forte, il fallait que celle-ci contint do l’acide chlorhydrique ou un chlorure.

Le* sels d’étain sont les seuls qui jusqu’ici donnent

à la cochenille la magnifique couleur qu'on connaît sons le nom d’écarlato. Nous allons étudier ceux que l’industrie préfère employer.

L’étain forme, comme on sait, deux combinaisons avec l’oxygène; l'uue agit à la façon d’une base, l'autre à la fuçun d’un acide ; de là deux modes d’emploi dans l’art de la teinture. Au reste, les deux sels préparent la toilo sur laquelle ils abandonnent do l'oxyde d’étain, qui contracte avec elle une grande adhérence. On se règle, sur le choix ù faire entra les deux forte* de sels, sur la nature de l'étoffe ot sur la nuance qu’on veut obtenir.

Comjtos/s dans lesquels l'oxyde d'étain agit comme base . — Le.» préparationsdnns lesquelles l'oxyde d’étain joue le rôle de base sont do deux sortes, suivant que l’étain c»t à l'état de protoxyde ou de peroxyde d'étain. Le protoehlorure d'étain est la préparation la plus répanduo ; en contact avec un tissu quelconque, il lui laisse de 1 oxyde d’étain, car l’eau t-cnle Je décompose déjà; il se forme un sel soluble acide qui reste dissous, et nu set insoluble qui se précipite et se dépose sur la fibre. On en fait usage pour le» couleurs vajauirs; mais comme ce sel ne se détruit que par double décomposition, il en résulte une quantité proportionnelle d'acide chlorhydrique qui détruit les tissu», surtout le coton. Un a recours, pour combattre cet effet, à l'ncétnte do potasse ou de soude, dans la solution de laquelle on fait pa»*or les pièces fonlardée* dans le protochloruro d’étain. Les acétates agissent à la façon des bases.

Au lieu d'employer le protochloruro d’étain, on fait souvent usngo du sulfate do proloxydo d’étnin dissous dans l'acide chlnrhydriqne.

Sur 10 kilogramme* d’étain en grenaille, introduits dans un vn»e de porcelaine, do grès ou do verre, ot» verse 15 kilogrammes d’acide chlorhydrique du commerce exempt de for, on ajoute peu à peu dans on mélange 7*, 5 d'acide *tiifurique n G6°; il y a dégagement de chaletir, et l'étain, violemment attaqué, se dissout sans peine, dè-. le commencement, plus difficilement à mesure que In concentration s’opère ; on termine l’action en élevant la température à la fin de l'opération jusqu’à ce qu’il rtc se dégage plus d'hydrogèno. On obtient, pnr le refroidissement, une masse de cristaux qui contiennent un léger excès d'étain, et qu'on étend d'eau, pour que lotout pèso huit fois lo poids de l’étain dissous, c’est-à-dire 60 kilogramme».

1-n difficulté de trouver «les vases en porcelaine d'une capacité suffisante pour l'opération quo nous venons do décrire a fait rechercher les vases en métal. On prépare aujourd'hui, dan» le* fabriques, les chlorures et le» sulfates d’étain dan» de grandes chaudières en cuivre, étamées fortement on dedans et on dehors. On a fait usage do capsule» d’étain ; mais elles sont trop sujotteg à se fondre, si l'on no prend pas assez de précaution* dans la couduite du feu.

Si l’on chauffe à 400 degré» dan» un bain-marie do l'acidc sulfurique do Nurdhausen, dans lequel on fait dissoudre jusqu'à saturation complète du protochloruro d’étain et qu’on dessèche jusqu’à ce que lo mélango prenne la consistance d’un mortier durci, qu'on conserve à 1 abri île l’air, on obtient une bonne prépnrntioii capable 4c faire adhérer aux fibre» textiles le» matière» colorantes qui forment laque avec l’oxyde d’étain.

Los sels de peroxyde d’étnin peuvent également, . ainsi que nous l’avons dit, servir d'intermédiaire entra l«» fibre» et les matières colorante» dan» les opération» de la teinture. On prépare pour cet effet les bichlorure* d’éfaih au moyen des deux méthode* suivantes, qui pratiquement donnent d’excellent* résultats.

| 4" 10 kilog. d’étain sont traité* par 80 kilog, J*a-

! eide nitrique à 26 degré», dans lequel ou a fait dj*k/udro 10 kilog. de sd ammoniac.

teinture.

TEINTURE

2" 10 kilo#, «le protochloruro d'étnin «ont trait ta par un mélange formé de 16 kilog. d'acide chlorhydrique du commerce et 8 kilog. d'ucido nitrique.

3® Suivant M. Kopp, l'Iiyposulfilo d'étain permet do fixer i*ur le* tissas une prnportkm assoz considérable d'oxyde «l'étain qui donne fi la teinture des nuance» assez vive». L’hypuMilfîto de sonde ne doit être mêlé qu’à de* sol* de bioxyde d'étain ou aux composé* multiple» h base d'oxyde stannoso -stannique, parce qu’au contact des sel» jle protoxyde, il so forme rapidement ou du sulfure ou de l’oxysulfuro d’étain.

Comjiotta dans lesquels l’ étain jour le r6le d'acide. — Dan* d'autres composta l'étain fait fonction d'acide; ces préparations sont fréquemment employées ; on en fait usage lorsqu'on peut détruire la combinaison dans des condition* telle* que l'oxyde stonnique pnisse *e fixer sur l’étofle. Pour préparer le stunnato de potasse on fait dissoudre de l’oxyde d’étain, ou mieux du protochlorure d'étain dans la potasse qu'on ajoute en grand excès pour luire redissoudre le précipité qui s’eat formé tout d’abord. Ce composé n’offre qu'une faible résistance. L'acide carbonique do l’air tend à lo décomposer en mettant on liberté du protoxyde d'étain qui s’oxyde lui-même sous l’influence do l’air atmosphérique. Cette mémo décomposition s’effectue déjà sans le concours de l’air; car le protoxyde d'étaiu se dédouble par un nouvel arrangement moléculaire eu étain métallique et en peroxyde d'étain. Quautà l'étain métallique, il s'oxyde à son tour pour donner finalement do l ucide stannique.

En définitive, on voit donc que c’est toujours de l’acide stonnique qui sc dépose sur les tissus. Quelques fabricants obtiennent un résultat immédiat en faisant usage du bichlorure d’étain pour obtenir une bonne préparation stannique. On le précipite parla potasse, et le dép6t est dissous dons une quantité convenable do 'potasse eu oxcès. ,

On n’a que rarement recours aux sols d'étain pour produire le* nuances gnmncécs, mais on s’en sort quelquefois ponr combattre les effets produits par la présouco de l’oxyde de fer; on en fait encore usage pour modifier par substitution, ce qu’on uoinme comersion, une étoffe teinte avec lo concours de préparations alumineuses. On s'en sert avec le plus grand avantage dans rétablissement de toutes le* coulour» d’application et surtout pour fixer le» couleurs dites couleurs vapeurs. Nous aurons plus loin à revenir «ur lo6 principes qui guident le fabricant dans lu préparation des matières colorantes de cette sorte.

Préparations organiques (mordants organiques).

Los matières minérales que noua venons d’étudier ne sont pas les seule* qui noient aptes à rendre adhérentes aux tissus colle* des matières colorantes d’origine organique qui ne contractent par elles-mêmes aucune combinaison avec les fibre* textiles, quelle que soit leur nature. Nous avons déjà fait comprendre, en pnrlnnt du blanchiment, que certaines substances de la classe des matières grasse», modifiées dan* certaines circonstanc e!», jouissent do la propriété que nou6 venons du rappeler, et qu'elles agissent dans les opérations do la teinture comme de véritable» mordants.

Toute In fabrication du rougo turc ou rouge d’Andrinople repose sur l'emploi d'hniloa convenablement modifiées pour pouvoir faire contracter aux tissu* d'origine végétale une véritable coloration d'un rouge éclatant sons l'in fl nouée do la garance. On donne à ces huiles modifiées, ou capables de »e modifier, le nom d’huiles tournantes ; elles sont devenue*, de la part do* chimistes les plu» distingués, l'objet d'études très-intérésrantes, et le type auquel on a rattaché la plupart de* intermédiaires propret à la teinture entièrement destructible sou* l'influence do la ehuleur, que leur origino

et leur nature ne permettraient pas de classor parmi

le* mordants inorganiques ou minéraux.

Il existe d'ailleurs certaines substnneta qni, nprè» teinture, retiennent sur la laine, ln soie et lo coton non blanchi, los matière» colorantes qui nécessiteraient des mordants. On n'en connaît pa» la nature, les fibres végétales sont les seules qu'on ait pu débarrasser de co mordant. En serait il do même de la soio et de lu laine ? Que sont les tissns débarrassé* de ce mordant organique; est-ce cette substance qui rend les tissus réducteur»? Ces questions restent encore à résoudre.

Nous trouvons, parmi los intermédiaires organiques propres à fixer le* couleurs, des substances organisées, animalisée», c'est-à-dire produites directement avec ces qualités sous l'influence de la vie, d’autre* matières nO jouissant do» propriétés utiles que nous énumérons qu'nprès avoir été modifiées dans de» circonstances données. Nous allons chercher à présenter à ce sujet quelques réflexions suggérées par certaines substances appartenant à dos groupes bien différents

Matières albuminoïdes. — Lorsqu’on soumet à la teinture des œuf* pour leur donner les couleurs diverses des œufs de Pâques, on so contente de les faire bouillir dans de# décoctions de différentes matières tinctoriales, de bois de Brésil, de bois «le CampAche, de pelures d'oignon, de pain de tournesol, d’orseille, etc. Toute» ces couleurs se fixent parfaitement bien eans aucune intervention de matière particulière, avec cette seule différence que tel œuf prend la matière colorante d'une manière plus prononcée que tel antre. Dans ce cas, commo l a démontré M. Kuhlmonn, la coloration se trouve déterminée non pas par lo sel calcaire dont la coquille o*t formée, mais par un enduit albuminoïde azoté qui revêt ln surface sous une épaisseur plus ou moins variable. En effet, si l’on traite pendant un certain temps des œnfs pur de l’acide chlorhydrique affaibli, en ayant soin de ne faire atteindra par le liquide que la moitié de la surface de chaque œuf, les parties attaquées sa couvrent d’uno matière émuUive blanche qu’un simple lavage à l’eau suffit pour détacher. Le» parties non atteintes sont alors les seule* qui fixent les couleurs, co sont celle» qui sont naturellement recouvertes d’un enduit naturel qui ressemble assez à de l’albumine coagulée. Les parties des œuf» qui ont ou le contact do l'acide restent parfaitement blanches.

L'affinité de l'albumine pour los matières colorantes est d’ailleurs démontrée par le» colorations quo prend dans les bains de brtail, decnmpêche, etc., de l'albumine coagulée par la chaleur. Ces curieux résultats ont conduit M. Kuhlmann à faire quelques essais de teinture sur dos étoffos de coton, de laine et do soio préalablement préparées avec de l’albumine coagulée «oit au moyen d’un acido, soit par la chaleur. Il est évident, d'après ce» essais, qus 1 albumine e*t convenable pour les tissus de coton, qu’elle convient moins pour la soio et qu’elle no donne que des avantages à peu près insonsiblos pour le» tissus de laine. Au moins fuut-il admettra qu’il en est ainsi don» l'emploi do la garanco, du brésil et du campêclio.

Nous avons déjà cité celle des expériences do M. Verdeil sur laquelle il s'appuie pour démontrer quo la transpnrenco des fibres o*t une do» cause» les plu# influente» de l’intensité quo possède une teinture donnée. Elles prouvent la tendunce de l’albumine à fixer les oxyde» métalliques.

Lorsque de l’albumine cet coagulée dans l'eau renfermant du bichlorure d'étain, et que la coagulation est obtenue par la chaleur un pré-enro d'une solution de cochenille, on obtient une teinture grenat foncé, comme ai l’on avait opéré sur un tissu véritable. Les substances albuminoïdes peuvent donc servir de pré*

TEINTURE

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punition propre à faire adhérer sur le* divers tissus Ïoh uuitièrc* colorantes, tout comme le peuvent faire lei matières minérales quo nous avons déjà passées en revue.

Il ressort des essais de M. Knhlmanu que les inatitres azotées coagulables sont très- énergiques pour fixer sur les tissus, dans toutes les conditions d'insolubilité désirables, les oxydes métalliques, mémo de ceux dont les sels ne se décomposent que très-difficilement

De tons cos essais on peut tirer cotto conclusion, qno la pratique ne manquera certes pas d'utiliser prochainement, que l’albumine, étant appliquée d'une manière uniforme à la surface des tissus de coton, peut servir d’uno bonne préparation pour y fixer les couleur» do la garance et du bois de Brésil; qu'elle contient mieux encore pour faire adhérer divers oxydes avec lesquels elle forrao des combinaisons insolubles. Dans la teinture proprement dite, les tissus chargés do ces préparations absorbent les Couleur» avec pins de facilité que si le mordançage avait eu lieu, soit avec l'albumine seule, soit avec les sels métalliques pris isolément.

Maliens gélatineuses. — Certaines matières qni, par leurs propriétés générales, rappellent la gélatine, possèdent des caractères semblables. Lorsqu’on prépare quelques tissus au moyen de la gélatine, il convient de la fixer, en la coagulant au moyen du tanin. M. Kuhlmann, auquel ou doit ce» recherches intéressantes, a pu constater quo la gélatiue, on permettant de fixer très- abondamment le tanin sur des étoffes données, peut intervenir d'une manière très-efficace dans la teinturo en noir ou en gris par les sels de fer. Les couleurs ainsi préparées possèdent la plus grande solidité.

Matières tannantes. — Des résultats analogues ont lieu lorsque inversement on fixo des matières qui jouissent des propriétés du tauin avec une immersion dans de l'eau chargée de gélatine. Ce dernier procédé trouve une application très-heureuse dans les teintures en noir, en produisant une combinaison avec lo tanin et 1 oxyde de fer. Le tanin seul intervient encore avec une étonnante énergie pour fixer snr les étoffes l'acétate d'alumine qu’il décompose facilement, et pour obtenir des nuances excessivement nourries.

Matières grasses. — Le véritable type des mordants organiques doit être choisi dans les huile» fixes dont on se sert pour la préparation des teintures qu’on nomme rouge turc ou rouge d'Andrinople. Mais toutes les huiles fixes ne sont pas également propres à donner de bons résultats, c’est à-dire des nuances vives et suffisamment foncées.

On doit à M. Pelouse d’excellentes recherche» snr cet objet; nous les présenterons ici presque textuellement.

Les huiles employées généralement pour lu fabrica-

au contact des étoffes. Dos expérience* comparatives, faites par exemple avec l’acétate d'alumine , le chlorure de manganèse, le sulfato de zinc, le sulfate do enivre, lo sulfato de protoxyde do fer, lo perehloruro de mercure et lo chlorure de platine, ont fourni les résultats suivants , mis en contact avec la décoction do bois do Brédil et la garance. Jo le* réunis, d'après M. Kuhlmann, dans le tnbleau suivant (Comptes rendus 'le l'Académie des sciences, t. xt.ni, p. 952).

tion du ronge d'Andrinople sont des huiles d’olive provenant, pour la plus grande partie, des Etats du Lovant, de l'Italio ou du raidi de la France. On les distinguo des autres corps gras par la dénomination d 'huiles tournantes, qui rappelle la propriété qu'elles présentent, étant mêlées à de faibles dissolutions alca linos, de produire une émulsion lactescente. Unehuilo de celte nature est d’autant plus estimée, que cette émulsion est plus parfaite, et que sa partie grasse est plus de temps à se séparer du liquide aqueux. Pour distinguer une huile tournante d’une huile ordinaire ou flambante, il suffit d’en laisser tomber une ou deux gouttes dans un verre à expériences, en partie rempli d'uno solution de soude caustique marquant 4 4/2 à 2 degrés. La première devient opaque, la niconde reste transparente. C'est lo procédé que suivent ordinairement les industriels qui vendent ou qui nchèteut les huiles tournantes ; ils jugent, d'après le pins on moins d'opacité dos gouttes oléagineuses, si la propriété qu'ils recherchent est plus ou moins dévoloppée dans l’échantillon d'huile soumis à l’essai.

Los huiles propres à la fabrication du rouge turc •ont d'un prix assez élevé; on a donc tenté de leur substituer des huiles de qualité inférieure et d'une valeur vénale beaucoup moindre, en les mèiaut au jauno d’œui. en les traitant par l'acide nitrique, etc. ; mais il parait que ces essais n’ont pas été suivis de résultats industriels, puisque l’industrie des toiles peintes en rouge d'Andrinople cnntinuo toujours à consommer des quantités considérables d’haile d'olivo naturellement tournante.

M. Pelonze a démontré que cos huiles naturellement tournantes ne sont antre chose que des mélanges d’un cor|« gras neutre avec un corps gras acide. En effet, lorsqu’on traite par l'aleool les huiles d’olive tournantes, quelle que soit leur provennneo , elles lui cèdent toutes une quantité notable d’acide oléique et margarique. Iji proportion de ces acides varie do 5 à 45 pour 400; on retire également ces acides des mêmes huiles en faisant chauffer celles-ci pendant quelques minutes avec un alcali.

L'huilo d'olive ordinaire, celle qni sert aux usages de la table, ne contient pas d'acide gras ou du moins n'en contient que de» quantités insignifiantes ; il est f.icilo de s’en assurer par l’épreuvo que nous venons d'indiquer. Or, si nous rappelons que lefe huiles pure»

KATTR^ de la préparation.

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