‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 237 sur 394 · GG · texte numérisé non relu

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TEINTURE

TEINTURE

qn’il n’altère pas la composition de ecv substances comme le font le chlore et l'oxygène. Il no para U pas qu’il y ait au delà d'une simple combinaison. C'est au moins ce qui résulte de ce» anciennes expériences, sur l’interprétation desquelles tous le* chimiste* sont d’accord. Une rose rouge plongée dans l'acide sulfureux devient blanche en peu dinstnnts; mais pincée sons une cloche remplie de chlore, elle reprend sa couleur primitive, en même temps que l’acide sulfureux se transforme spontanément en acide sulfurique. Une étoffe de laine ou de soie teinte en rouge nu moyen de la fuchsine, placée dan* un bain d’acide sulfureux, se décolore immédiatement. Le sirop de violette est décoloré par l’acide sulfureux : l'ammoniaque ramène au violet la coloration de la liqueur; le résultat final est un liquide vert provenant de l'action de l’nmmoninque sur le sirop do violette, l.’acide sulfureux forme donc, au moins dans nn prend nombre de cas . si ce n’e»t dans tous, nne combiuaLou avec les matières colorantes s la coloration primitive reparaît lorsqu’on Cx- ]Mil*c l’acide sulfureux en l'engageant dans une nouvelle combinaison.

Carbone. — Le carbone, employé *otJ* forme convenable, jouit do la singulière propriété de décolorer un bain de teinture quelconque, en rendant insoluble la matière colorante vis-à-vis de laquelle il se comporte comme en présence de» gaz. Cette propriété trèa-développéc dan» e charbon, surtout le charbon poreux, se r ucontro dan» d’autres substances, principalement dans le* oxydes métalliques en tête desquels il faudrait mettre les oxydes d'aluminium, de fer et de chrome, *> nous n'admettions pas qu'il y a plus qu'une simple action dè contact entre le* oxydes que nous venons de nommer et le* matières oolo antes. M. Persoz fait remarquer que le pouvoir décolorant de ces oxydes paraît être en rapport avec la propriété qu'ils possèdent de ►e fixer aux tissus pour former des mordant» dans le i»<ms de l’expression consacrée.

Eau. — Lorsque les matières colorantes sont on contact avec l'eau, en tant que l’eau ne contient pas de gaz dlssoui, on remarque une action dissolvante variable avec la température, avec la nature du principe color.-, a» ec la facilité que possèdent les couleurs de *c conserver intactes sans altération. L'eau, comme véhicule, doit donc être étudié* de près; die dissout ou ne dissout pas les matière* colorées; elle peut les altérer, *‘t non* no saurions oublier que nous avons posé comme principe absolu que dans le* opération* de la teinture t! était avant tout necessaire de rendre soluble le princ po dont oh veut se servir pour teindre une étoffe donnée. - *

Le* matière» colorante* peu riche* en oxygène , comme l’indigotéioc, sont complètement insoluble* dans l’eau. Celle* qui sont plu* oxygénée» semblent nn c «ntrairc plus solubic»; l'alirarine et la lutéoline, qui contiennent 5 équivalent* d'oxygène, sont assez, p 'H soluble*. Im bréfiiline et Diématine, qui contiennent plus d’oxygène que les précédente», sont plu» soluble*: il ne faudrait néanmoins pas croire que In solubilité croît avec le degré d’oxydation : l’expérience, dan* certains cas, prouve qu’une oxygénation qui rapprocherait la matière colorante de iétat résineux s'opposerait à «a solubilité dan* Tenu.

I. action de l'eau comme véhicule o*t d’aillcnrs mod fiée pratiquement par celle des matîèro» qu'elle charrie ou dissout communément; ou no se sert que rarement d'eau distillée dan* l'industrie : e«t elle, par exemple, chargée d’oxygèno ou d'air atmosphérique, cl lo oxydera le» matière» colorante», elle transformera l'indigo blanc en ind'go Mou qui ne se dissout pas; est- * Mo chargée de certains sch. elle ne dissoudra pas diverse* couleurs qui seraient parfiiitcmont solubles dans

l'ean pure ; la teinture en carmin d'indigo, en garance, gn gnndc offre des faits à l'appui de ces observations curieuses

A l'état de vnpeqr, l'eau se comporte d'une façon très-remarquable, et nous avons déjà luit ressorti* e« que l’influence de la chaleur peut produire bur la tendance de* matières colorantes à se fixer aux tissus. Dans certaines circonstances , cette influence deviendrait à peu près nulle, si le rôle de l'cnu oc venait s'ajouter à celui de la chaleur dans l'application de» couleur» dite* loulrur» rafMurs.

L’eau n'est plus aujourd'hui le seul véhicule dont on fasse usage.

Oxyde». — Nous négligerons icd les phénomène* d’oxydation et de réduction qui nous ont occupé déjà plu* haut et nous chercherons à déterminer le rôle de» bases au contact des diverse* matières colorantes en usage dan» l'art de la teinture.

D..n» nn grand nombre de circonstance* le* niatière* colorante* »e combinent aux oxyde» pour former- de véritables sels, les uns Rolnblcs, le* autres insolubles; tantôt la matière Colombie gmlc jouit de cette propriété dont la matière colorée se trouve entièrement privée. A l'appui de cette observation , nous citerons l’indigo blanc qui sc combine trè*- facilement a la potasse, à la «onde, à la chaux, tandis que l'jndigotéine (indigo coloré» ne contracte aucune combinaison, lorsque la matière Colombie se présente dnn* un état convenable, la combinaison est des plus faciles; «lie s'effectue très-souvent k froid, toujours n chaud. On donne lo nom général de laques aux combinaisons des matières colorantes avec le* oxydes insolubles comme l’a-* lnmine, l’oxyde do fer, l’oxyde de chrome.

Pour déterminer In combinaison do* oxydes avec le* matières colorée*, dan* leca<do principes également solubles, il suffit, 4 titre général, de mettre la matière Colombie soluble en contact avec l’oxyde en qne«tion ; lorsque l'oxyde n’est pn* soluble la combinai ami s’effectue toujours si l’oxyde est hydraté; les oxydes qui n’nUircntpa* la couleursout-ceux qni, s^ns l'influence de la chaleur ou de certaine» circonstance», ont perdu toute solubilité dans les acides en même lemp» qu'ils ont ntnmdonné leur eau d'hydratation. 4'our fixer le» idées, nous citerons les oxydes de fer, d'alumine et de chrome qui ne te combinent pas aux matières colorantes lorsqu’ils ont perdu leur eau d'hydrate par une circonstance quelconque, et qui »e combineraient immédiatement avec i- » matière» colorante* s’ils étaient à l’état de gelée.

I .» clmux. la baryte, la strontinue, l'oxyde de plomb jouissent aussi de la propriété de se combiner aux mst'èfesro' omîtes solubles et do dépouiller complètement Io* bain» de’ teinture. Quant nux oxydes solubles, comme la potasse, la soude, l'itminomaquc, quelquefois même Ja chaux, elle* forment de* combinaison» soluble*, à moins que ces éléments ne Retrouvent en présence d'une dissolution saturée, et que l'excès de sel ne rende insoluble soit In combinaison formée, soit même la matière colorante.

S’il est facile d’obtenir une combinaison soluble de la matière colorante avec nn oxyde convenablement choisi, rien h'eat plus simple encore que de préparer le» combinaisons insoluble*. Non* trouvons à chaque pus, dans cette partie de ta science qui nous occupe maintenant, l’application de» règle* le* plus générales de la ohitnio minérale; elle* conduise»*. à la précipitation de composés pnrfaiteiocnt définis d’une couleur et d’nnc composition invariable».

Plusieurs cas peuvent se présenter :

4* lorsque In matière colorante c*t soluble par cl!omême on peut la mettre en présence 'l'un sel soluble dont on précipite la ha-c nù moyen "d’un réactif phi» puissant. La matière colorante estcnlrnTnéc tous forme

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Je laque pur l'oxyde précipité. Uue dissolution de gn rance, mélangée d’alun, précipite par l’ammouiaquo une laque de garance. Générait ment cette méthode ne conduit pas à des composes parfaitement brillants

2® Lorsque la matière colorante est soluble par ellemême, elle peut être déplacée et précipitée par l'ébullition ù l’état de acl lorsqu'on a mélangé la dissolution de matière colorante avec un sel de potasse on de soude capable de former par la chaleur un sous-sel insoluble. C’est ainsi qu’en présence d’une dissolution de garance, une dissolution d'alun saturée à froid de carbonate de ]>otasse on do carhonaté de soude, ou d'acétate de plomb se trouble déjà vers 00®, suivant son état do concentration, en entraînant la matière colorauto de lu garance.

3® Lorsque la matière colorante est encore soluble, on met on présence un sel banque qui forme à la foi* un sel neutre soluble, et In laque se précipite pnr voie de double décomposition. L 'acétate tri basique de plomb, par exemple, forme de l'acétate neutre qu’il est facile d'isoler par filtration de la laque plombousc qui se sépare.

4’ Lorsque la matière colorante existe a l’état de dissolution à la faveur d'une base soluble avec laquelle elle forme une combinaison soluble, on ajoute un sel soluble qui contienne l'oxyde qu'on veut combiner. C’est aind que l'indigoturc de chaux, traité par lo chlorure d'étain, forme, pnr double décomposition, un indigoture d’étain, sel insoluble qui se précipite. L’ind’sinc, en combinaison avec tapotasse après réduction, so comporte de même.

Il est facile de voir que dans tous ces cas la matière colorante se comporte à la façon d’un acide. Au reste, on Je prouve eu cherchant à la déplacer; on n’y parvient qu'on faisant usage d’un acide plu* énergique. Si les matières colorante», en général, sont considérées comme des acides, clics doivent présenter pour iiu oxyde donné de* affinité» différente», et là encore l’expérience confirme celte manière do voir. Met-on, en effet, dans un même bain une dissolution de garance, de cochenille et de ga ule, l'alumine fixura succossi- ' ement la garance, puis la cochenille, et enfin la garnie. Disons neanmoins que ce* caractère» ne sont pas absolus et que nous avons déjà cité l’exemple de l'h- matine qui, vis-à-vis- de l'acide sulfureux, mj comporte comme le ferait une base. 11 y aurait un intérêt réel à dresser une table des proportions chimique* concernant les matière» colorantes organique». lu» société de Mulhouse a proposé pour co travail une médaille d’argent; le programme iudique l'utilité du cette table, qui devrait contenir les proportions chimiques des principe» colorant* purs et dans l'état ou le commerce lo» livre, et pour celles des matière» colorantes qui sont solubles l’équivalent de» décoction» a de» degré* nréométriques donués ; de ce» proportions pourraient sc déduire relies de tel ou tel mordant propre à la composition d** couleur* et la préparation de» laque*, comme on calcule la composition du tout sel dont ou chcrcbo l'acide, connaissant la base.

Âiidft. — D’après ce qui précède, ou voit que l’action des acides sur les matière* colorantes tend, conformément à ce qui se passe dans les atelier» et le» laboratoire», à mettre eu liberté les matières colorantes soit qu'elles sc trouveutengagéesdan» le» matières tinctoriales, soit qu'elles existent en combinaison avec le tissu, soit enfin qu’elle» restent à l'état de liberté dans le liquide sans contracter d'adhérence avec l’étoffe Ces réaction* sont en effet utilisées dans la pratique ou pour rendre soluble la matière •olurabln engagée dans un bain à l’état de composé non soluble, ou pour enlever la couleur déposé* d’une manière uniforme sur une étoile qu’il faut décorer de domina variés, (rattrape) ou

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pour empêcher la couleur de prendre sur certains points {rtntrve chimi^ut).

Le» ras de contact dus acides inorganique» avec le» matière» colorante* sont donc fréquent» dans l'industrie. Voyons à déterminer les phénomènes qui peuvent te présenter ; ils seront nécessairement vuriable* avec la nnture de la matière colorante, avec la température) à laquelle l'expérience aura heu, avec la uaturc ut l’état de concentration du liquide employé.

Lorsque l'acide sulfurique est concentré et qu'on le fait agir à froid, il peut u'étre qu'un simple dissolvant, et le* observations de tous le» jour» ont démontré quo les matières colorantes qui no a'ultéufent pas ou contact do l'acide sulfurique étaient douées d’une gruudo solidité. 11 suffit, en effet, d'éien Ire d'unu |«mr faire reparaître la matière colorante avec toute» ses propriétés primitives. C'est ce qui arrive lorsqu’on traite la garance par l'acido sulfurique concentré. L'alixorina se précipite avec ses caractères distinctif» quand ou étend d’oaa la dissolution. Dan» certaines circonstance» l'acide sulfurique entre dan* le molécule qn U modifie; il »e copule surtout avec lo* matières colorantes volatile». C'o-t ainsi qu'il forme uVec l’indigo bleu, l'nlizarina, la lutéolino, des composé* ucidas analogue» à l'acide kulforinique.

Si l'on fait intervenir la chaleur, le* matières colorantes non volatile» so détruisent ; en général, eile» se charbonneut, tantôt avec dégagement de produits contenant du soufre, tantôt $nn» formation d’acide sulfureux. *

L’auido azotique oxyde quelques- un* de ces corps sans altérer leur coustitutiou moléculaire ; mais le plu* souvent, il le» détruit pour donner naissance à des produits très variés.

L’iicrUe chlorhydrique concentré détruit le |4u» grand nombre des matière» Colombie* ou colorées, particulièrement le* matières colorante» non volatiles.

C’est surtout au contact de» acides étendus que lo* matière* colorantes sont exposées dans les opération* de l’industrie; comme Les acides concentré* attaquent le* fibre», on doit éviter leur action dans la teinture proprement dite.

Lorsqu'une matière colorante e.*t mise en contact à froid avec un acide étendu, ta solubilité diminue, ai cotte matière e-t soluble; il n’y a pas d'action, si la matière colorante est insoluble à chaud. S'il y a dissolution, la matière colorante se précipite par refroidissement sou* forme cristalline.

Le simple contact du» acides étendus avec les matières colorante* «luit assurément les modifier de la même manière qu'il agit sur le sucre de raisin. Les opérations journalière» font admettre dos altération-, de cet ordre qui est de nnture à donner une explication plausible do l'appauvrissement quo subissent certains baius’do teinture abandonné)» à leur propre décoiuj*osillon.

L'i première influence d’une matièr* acide sur une couleur végétale est d'en modifier la nuance : on admet généralement que le* couleur» rouges tournent à l'orangé, que le» couleurs bleues passent au rouge et que le* jaunes «ont éclaircies en plissant au vert. t*o> nuances sont ramenés, à leurcouleur primitive par l’addition de» alcali* ; le» rouge* sont ramenés an rouge vineux, le* bleu* paient au jaune foucé et le*. jaune» sont à peine alt-ré*. On peut donc- toujours ramener, duo» certaine» limites au inouï*, uue nuance altérée par un acide au moyen d’une base et réciproquement; on donne duos les arts le nom de cirtmtnt a l'action dont nous parlons ; ou en fait usage pour rassortir une nuance donnée.

À quoi tieunênt ces modifications? Evidemment nous ne pouvons confondre ici deux aorte» de phénomène», l’un essentiellement physique qui constitue lo

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virement dont nous Venons de parler; l'autre exrinsivemei.t chimique et qui rétfpHor de la mi*e en liberté d'un acide végétal coloré dont la couleur était masquée pur suite d’une combinaison avec une base alcaline. Dans cet ordre île faits nous rîipjtcUerons l'action d’un acide quelconque sur la teinture Wleuedc tournesol. I.a coloration bleue résulte dé lu combinaison de l'acide Touge avec une base ; l’acide met l'acide végétal en liberté ; il est soliiblo, il colore donc en rougo le liquide primilivcmeut bleu; ici rien d'obscur , et tou* les chimiste* sont d’accord. Il n’en est pin* de même de la cause qui fait virer le* conlenr#, et c’est surtout à l'altération des principes simples coloré*, qu'on ne peut considérer comme de» sels, qu’il faut appliquer 1 hypothèse que nous allons présenter. Or, si î'6n admet avec M. Chevrcul que les couleur* no sont pas dan* ln .matière, qu’elles résultent don impression* que non* eu éprouvons sons l'influence de-la lumière blanche qui n’est pas réfléchie dans son ensemble, mai*' dans quelques-unes «le scs parties *■ ulemeut, il eit vraisemblable d’admettro qjie toute» le» circonstance* qui modifieront la molécule d’upc substance modifieront de mémo Ki- couleur. Ko- peut* on pas ooucevoir certaine* contraction» des molécules colorée* *ou* l’influènco de* acide* ou des buses, contraction* qui ne seraient pn* capable de se triUnr par d’antre»- caractères que ceux qui prendraient naissance dans uue modification légère de In muni ce primitive? Au reste, nous n’enteniIqiis présenter cette explication qtl'avi c la plu» grande réserva ot ne la produire que dans le cas ou la transformation d’une nuance donnée on une nouvelle nuance, si voisine qu’elle soit de U première, u'-est accompagnée d' mienne métamorphose chimique, d’aucune évolution moléculaire.

Sri*. — L’action dessein sur les matières colorante» peut être étudiée sou» divers point* do vue. Son* le rapport d'une intervention purement physique," le* un* retardent momentanément la solubilité d'une matière colorante soluble par elle-même, d’aut resla favorisent un contraire, quclqncs-unf, fi ce chef, sont sans influence aucune. >

Sou* lo rapport d'uno intervention chimique, tandis que plusieurs sel* agissent à la façon de* bases, d'antres se comportent counné de* acide*, lhins ces deux circonstances, l’action est multiple ; car l’influence relative au virement s'ajoute généralement h celle qui résulte des dt-oomposition* que la chimie peut prévoir et expliquer. Les «cl» dont l'action est équivalente à celle des bases sont surtout le* tels À acide» minéraux ou végétaux doué* d'une faible énergie chimique; le» «irl-ouatcs et le* acétate* saturent le» couleur» avec leur» bases comme si dans le mélange ces dernières étalent en liberté.

K on* avons va continent les matières colorante* solubles se comportaient avec les sols en étudiant le» moyen* a l'aide desquels on rend Insoluble* ce* principes pour les déposer avec adhéreuce sur le» fibre* textile». Noüs n'avons donc pas h revenir sur co sujet. Noire rappclleron* seulement que Imite» le* fois que lu matière colorante est soluble sous forme de sel, elle peut former une laque insoluble pur voie da double décomposition, quand on -sait choisir parmi tous les s'ele celui dont la base forme un composé non soluble. Comme exemple nous citerons la décomposition de l’indigoture de clianx par le protoclilerurc d'étain. Souvent même, la dissolution simple de la matière dans l'eau, lorsque la matière colorante est soluble, s» dépouille complètement au contact d’un sel. Témoin lu solution d’hématine arec le sel dVtain : dans cette réaction il se forme de l'oxyde d'étain ot de l'acide chlorhydriqu. ; le protoxyde d’étaiu s’empare d© fa matière colorante et l'acide chlorhydrique n'exerce pas plus d’action sur la laque colorée que si l’on avait

opéré sur no mélange alcalin. On peut rapprocher '.de et** faits l'Influence de certain» sel» calcaire* qui n’agi-sent qn’eri vertu de In chaux qu'ils contiennent; ôn utilise cet te propriété dans les operations du garançuge en additionnant le bain dp qdercitron-çt de fusit-r.

Dissolvants organique?. — L’alcool et l'éther sont employé», et si leur prix élevé permettait 'de le* introduire avnnUtgcu.-cmt.-iit dans les pratiques do l'atelier, ils pourraient rendre de grands service» a l'industrie qui non* occnpe; nous verrons que l'on a déjà fait usage du premier, nu moins pour isoler les principe* utile» contenu» dans les matières» tinctoriales. On fait mage aujourd'hui d’esprit de bois, d'acétone, de »ulfnro de carbone, etc., comme dissolvants de» matières colorantes.

Sf nous exceptons l'imjigotéiuc,' toutes les matières colorantes sont solubles dans l'alcool et l'éther, surtout si l’on fait usage de la chaleur pour faciliter la disïolutiou; là matière colorante se sépare par lu refroidissement sou» tonne du cristaux plus ou moins nets et brillants. La dissolution n’est que rarement accompagnée d'altération; cependant il *e manifeste quelquefois des modifications qui »e décèlent par des changements de nuances et de propriétés.

L'acide chlorhydrique et l'acide aulfuriquo en mélange avec l'alcool dissolvent toutes les matière» colo- ' rentes, surtout èclinuJ, et c'est dans ce» citcon.stancei nue le* phénomènes de réduction que nous venons do rappeler sont le» plus frequents. L’imlUine C»t décolorée p'nr ccs mélanges.

L’acétone et l'esprit de bois sont de bons dissolvants jour certaine* matières colorante». On c*t peut être à a veille d’en faire u*ngc d’une manière pratique pour remplacer le.» extrait» aqueux de plusieurs matières tinctoriales. Ccsdissolviints, au reste, mélangé* à l'aride sulfurique jouissent des même* propriétés rédactrices que le ipchtiigc d’acide sulfurique et d’alcool, l.'indîgo, la garance, lu gaudo subissent de» altérations profondes.

L'essence de térébenthine est encor® un boit disant vaut de certaine» substances colorantes; clic agit *ur le rouge d’ÀndrinopIc.

Le sulfure dç carbone dissout l’anchusinè, principe colorant de l'orcanetîc. Lorsque les dissuivant* orgaV niques n'agiseent pas sur le principe colorant pur, il» peuvent servir à le» dépouiller de» matières étrangère# qui les souillent; c'est ainsi que, dons le précédé, de Parkin, le naphte c»t employé jxmr séparer l'indisin® de la résine qui l'accompagne; c'est ainsi que lo sulfure de carboné débarrasse la curcutuine de» Impuretés qui s*y trouvent asèociéc*.

État naturel des nuUirres colorantes. — Nous aveu» vu que lo» matières organique» colorantes étaient four* nie* par le règne végétal et le règne animal. Comment *c forment-elles? C’est là certainement un mystère encore inconnu, mais dont il ne faut pus dé-u*|icrer do trouver l’explication. Personne assurément ne peut, dire à quelles substances il faut recourir pour engendrer do l’fndigotéipo avec le» feuille» des indigofères, de la cnrthnmine avec les fleur* du csrthamu» tinctorin», de l'allairine avec le* princip-s accumulé» dans les rncine* do» rtibincéw. Mai* bien qu'on n’ait encore pu suivre jusqu’à présent ccs métamorphoses intéressantes, on ne peut adn:ettrc qu’elle* soient des secret» impénétrables. N’est-on pas pan cnn dans ces derniers temps à |wéparer, au moyen d'intermédiaires éloignés, de# composés qh’on considérait autrefois comme etélusivement du domaine des actions vitales? L’acide oxalique, l'acide raeémique, Tscidc tartrique, l'aride acétique, l ‘tirée, le* matière* grades sont aujourd'hui des produits de laboratoire. Assurément ce *ernit mécOity naître la puissance de la synthèse chimique et le* ser-

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vices qu’elle a déjà rendus à l'homme que d'admettre que la science ne pourra jamais résoudre «le semblable* problèmes. On a déjà fai* dans la reproduction «les matière» colorantes de tels progrès, qu’il serait prématuré de penser que quelques-uns a» moins des principe» colorée des animaux ou des végétaux, employés «n teinture ne sauraient jamais être reproduits de toute» pièces.

M. Stenhouse a fait voir que le furfurol en contact avec l’aniline donne immédiatement mie magnifique couleur rouge. On a découvert l’aniline dans quelques variétés de champignons; le furfurol est une huile ex traite du »on. Ces trois faits conduisent naturellement à cette conclusion que les éosleiip des fleurs peuvent être le résultat du contact de certains liquides produits à de» é (toques déterminées de la vio de» plantes. L’oxpériencc conduira certainement uO j«>ur à la découverte île faits de même ordre, mais traduits par des colorations différante#»

Ainsi que nous l’avons dit, l’oxygène joue certainement un râle important «laus la formation des matière* colorantes; mais ce serait aller trop loin que do croire que tous les principes immédiats colorés unités dans la teinture dérivent tous de l’oxydation de matières primitivement formée» don» les végétaux ou les animaux. De simples dédoublements moléculaire*, possible» sous l’influence de» fotees vitales, sont capable» de transformations complètes dont nous t'Omons «les analogue» dans le» faits purement acquis dans les laboratoires. l.n salicine, par exemple, distillée sur de l'hydrate «le chaux, perd une partie de sod carbone à l’état d’acide carbonique et fournit une snbst&nce hüileu-o 1 incolon*, volatile, qui, souslinflticnceduchloruredecalcium, forme à son tour à 1» longue une matière colorante rouge-cerise qui »e place entre celle do la coclienille et de l’oraoille. L’acide nitrocuminique , qu’on prépare en faisant agir l’acûle nitrique fumant sur tin «les produits de l’oxydation do l’essence de cumin , ne conserve sa blancheur et sa limpidité qtto lorsqu’on le miiintietit à l’abri du contact do l’air; non* (‘influence des rayons solaires, il so forme une poudre rouge qui rappelle la couleur du carmin , et susceptible de contracter adhérence avec les libres ligneuses, Des recherches remblables à celles que nous indiquons pourraient conduire même à des colorations différentes de celles qu’on retire des substances tinctoriales, et pour ne faire qu’une citation nous «lirons avec la société de Mulhouse que les travaux de Laurent sur la naphtaline ont permis d’entrevoir dans les dérivés chlorés et chktroxydésde cette substance une mine de couleurs d’autant plus intéressantes que leur composition chimique les rapproche do l’alizariue. Cette coïncidence remarquable n déjà conduit, en Angleterre comme en France, à des travaux de recherches et d’applications de la plus haute importance, dont la pratique est encore privée par l’absence dé la matière première et la longueur de sa préparation.

Ces difficulté» disparaîtront aussitôt que les acide» chloroxynnphtalique et perchloroxynaphtnlque seront préparé» d’une manière courante, et qn’on pourra sC procurer les acide» et leur» sels à de» prix qui puisent rivaliser aTec ceux de l’nlizarinc, c’est-à-dire dè* que lenr valeur se pincera dans les environs de 100 frnncs le kilog.

Cette nouvelle source de coloration sera de* plus ri-' cbes; en effet, la naphtase, produit de distillation de la nitronaphtalino, colore l'acide sulfurique en bleu violacé; la binitronnphtnline donne dans F alcool saturé d’ammoniaque un composé cramoisi foncé; In trinitronaphtaline forme avec les alcali» des dissolutions rouges; la naphty lamine produit de» sels qui s’oxydent en se colorant en violet, et olle se diront dan* l'acide sulfurique avec une coloration bleue très- • C.

.vive; Ut tiîtronapbty lamine est un alcali rouge carminé; l'azorwiphîy lamine so dissout dan* l'acide sulr torique avec une coloration violette persistante; le* thionaplitamates à réactions acide* se colorent en rouge; l’acide snlfonaphtuliquc su décompose en une résine rouge violacée; les chîoroxynnphtalatc» et perchloroxynaphtalates sont des sel* d<j toute beauté, insolubles, aux plu» brillantes couleurs; à base do cuivre ils sont cramoisi, à basa de plomb, roug.-ornngé, , à base de cobalt et do cadmium, vermillon ; à base île chrome, ils sont rouges. Ces acide» se fixent parfaitement avec les préparations en usage aujoiud hui dans ht teinture ordinaire. S’il était po-siblc «le remplacer dans l'acide chloroxynaphtntique le chlore par son équivalent d’hydrogène, on ]iro>luirait l’acide oxynaphtalique ou l'aliznrine, et celte substitution no conduirait à rien moins qu'à pouvoir ga tancer avec les produits de la distillation de la houille.

L’introduction récente de l’aniline ron me matière Colombie , celle plu* ancienne de l.i mutexido comme matière colorée, donnent tout espoir de voir s'accroîtra considérablement le nombre des matières résultant des transformations opérées dans les laboratoires sur des substances incolores

L’art de la teinture et celui des toile» peintes en sont arrivés non-seulement à comprendre l’importance de l’étude des matières colorantes qu’on rencontre tontes formées, mais encore à demander qu'on poursuive la préparation de toutes le» matières qui décè- | lent une c tuleur. Il y a quelques fruits à récolter aci tuellemënt partout où *c produit une matière colorée, et le* difficultés chimiques non (du* que la ru r été des substances ne peuvent être de» ob.-tacles, La marexide et l’aniline, qui ne se voyaient, ü y a moins de trois ans, que dans de» tubes scellés, comme spécimen de collections, sont de* conquête* industrielle» aussi bien sons le rapport de la pio 1 notion sur une grande échelle que sou» celai de l'application et de la transformation d'un principe en mis matière des. plus utile». Le» alcali» organique* doivent étendre considérablement l'avenir de la teinture. Le problème à résoudre ne *e pince certainement pns sou» «les auspices plus défavorables que ne l’était celui de la inurexide. A Côté de l'aniline, un nombre imposant de buses s’offre aux étude* du chimiste. Nous citerons Ica alcalis de Eopium, la morphine et la codéine qui produisent du rouge, la nnreotine qui donne du Vert avec l’acide sulfurique, la nitrouiéconine qui Se colore eu rouge avec les alcnlia. La strychnine donné du violet; la dissolution nitrique do la brucine e»t ramenée par le protochlorure d'étain du rouge nu violet ; la théobromine oxydée colore l'épiderme en rouge et U magnésie en bleu fonç£. La sauguinarine so colore en rouge dans le» atmosphère* acides; In nitronaphtylaniine est un alcali rouge-carmin. Le» dérivés nitrique* «le la caféine fournissent un homologue de l’acide urique, l'acide nmnlique qui se colore on violet «nus l'influence do» alcali-, et teint l’épiderme eu rose trèspur. Enfin lu quinine avec l'ammoniaque et do i'aati chlorée fournit une couleur verte, du violet, du rouge, à mesure que le chlore augmente. Les dérivés chlorés de» amides quiuoniqm sdc Laurent, la quiuone e; i'hydroquinone seront aussi plu» tard utilement employé*. II est vrai que plusieurs de» colorations qirts nous venons d’indiquer sont passagère», d'autre» n'existent que dans des véhicules à I action desquels ne résistent pn» les fibres textiles; mai* nous verrons plus loin que le» méthodes qui permettent de rendre solides les couleurs tirées de l'orseille ne sont plus un secret pour personne J on a rencontré «lan» l'application «le la tnui exide , del'acide sulfindfgotiquc, de «'acide sulfopnrpurique les mêmes difficultés inhérente» aux obstacles créés par le* véhicules; elle» ont été surmontée» ou tournée»

li ■ :

TEIKTÜRE.

teinture.

avec linbileté. La première entrave viendrait 4'aliO/il de* prix de In matière; ma’» à l’origine on n’exigera certainement pi< la même pureté «pie pour Je» proJuits que réclame ia pharmacie, et les siècle» ot» mieux les apnées futures exigeront seules des produits mieux purifiés; l'époquo préï« nte recevra des substances tinctoriales complexes desquelles, on retirera des produit* plus purs, mais qui prendront place dam les arts au même titre que certain* extrait*, que l'indigo, que le rocou, etc. *

Quoi qu'il en soit de l'avenir de la science chimique, lor;qu’on la considère dans son aptitude à la découverte ou à la préparation des couleur* végétales, non* ne pouvons plu» actuellement, comme on le fait-ail autrefois, assimiler une substance tinctoriale à de simples mélange.» ,1’nn principe immédiat coloré plus ou moins souillé de matière* étrangère*. Toute* les expériences exécutées jusqu'à présent tendent au contraire à dé montrer une composition généralement beaucoup plu* complexe. On peut y rencontrer :

Le principe immédiat incolore, ou diversement coloré, générateur du principe utile et coloré (principe Colombie) (lécanoriuo dun» les lichen*) ;

2° Le principe colorablo (orcine, dan* le* mêmes matières) ;

3“ Lo principe coloré plus ou moins propre a la teinture (orcéine dans Torseille) ;

4* Le principe coloré plu» ou moins altéré, plus ou moins détruit par suite d'une oxydation, d'une lèrment&tiou, d’une hérétnacausio plu» ou moins prolonge.

11 est évident que le mélango de ces divers principes est «■ essentiellement ^rié dans les différentes matière* employée» ou teinture; les propriétés caractéristique» «lo quelques-unes d'entre elle» les protègent d'une manière plu» ou moins efficace contre toute chance d'alto ration ; Tindigotéine , par exemple, inaol uble dan» l’eau comme dan* le* véhicule» le* plu» énergique», ne passera pn» à l'état d'indigo détruit aussi facilement | que l'indigo blanc qui »e dissout à la faveur d'un alcali et qui peut alors subir lu fermentation putride; xocts l'une ou l’autru de ce s deux forme* , il sera toujours moins impressionnable que d'autres matière» cntièremeut solubles dans l'eau. Au reste, il n'est pu» toujours également facile d'i-oler le» substance» génératrices du principe Colombie, le principe Colombie,

10 princij* coloré lui même et le» produit» de l’altération de ce dernier; si Ton a pu suivre dans certain* lichen», par exemple, la transformation successive de la lécanoriuo en orcine , et celle de l’orciiie en orcéine, rien d'àmilogno no s’est offert aux yeux des chimiste* qui ont fait des produits de la garance l’objet «le leur» étude». Dans quelques cas, au contraire, c’est le principe générateur de la matière Colombie qui manque r

11 n'est possible de suivre que la formation de la matière colorée et les produits de son altération. L'indigo blanc te transforme facilement en indigotéine, et bien que le* produit» de sa destruction ne soient pas connu» au point de le» formuler ou d'en déduire la coinposition d’après celle «le l’ii dtgo, rien n’est plus simple de prouver, d'aprè* le» compte» de fabrication, qu’il existe de» produit* altér.-s dan» le* bains épuisés ou mi* hors de service par nue fermentation mal conduite.

Quel est le but «lu teinturier mi* en présence d'une matière tinctoriale quelconque? Lorsqu'il existe uu principe générateur do la couleur, en opérer la transformation, et »i la matière colorablo existe toute formée, déterminer les réactions capables de donuer naissance an composé coloré. Enfin, lorsque cet» dernière s'est produite, l'extrairo pour la débarrasser autant que pos-lble «les substance» étrangère* qûi souilleraient wn éclat, ou détruiraient an solidité. Dan» uu grand nombre «le cas, une simple décoction, nn extrait concentré, nn i jurait solide sont plus que suffisant» pour contenir le

prim-ipe coloré sou» une forme convenable pour la pratiqua Dans d'autre» cas, au contraire, il faut avoir recours à de* voie* détournées dont le choix repose sur une etnde approfondie de* propriétés camctérii-tiques de la matière tinctoriale, considérée connue une sorte de minerai complexe, et qui dépend de la uuture de» principe* coloré.* apprécié* à leur plus grand état de pureté.

11 est assez remarquable que le* couleur* qu'on a pu jusqu’à présent extraire d**s diverses substances tinctoriales se soient rapportées aux trois couleur» simples,, rouge, bleu et jaune. Le» autre» couleur* no sont que do» mélanges; par exemple, lo rouge orangé e»t un mélange de rouge et do jaune, lu violet un mélange de bleu et de ronge; le vert est formé de jaune et do bleu.

Quelques exceptions à cette règlo peuvent néanmoins être citée3» surtout parmi certaines couleurs violettes qu'on n'a pas encore décompo*- es de manière à séparer le principe bleu de la substance ronge. Je veux parler de la couleur dite orseillc qu'on retire avec un éclat sans pareil. de* lichen* traité* par l'ammoniaque et l’eau. Nous citerons encore l'iudi*ine ou violet d’uniline. Quant aux vert», on est phi* avancé. On a pensé tout d'abord que la couleur dé.-ignée sou» le nom do lo-kan et qui s'oxtrait des nerpruns do Chine, devait être verte et formée de tonte» pièces. On Ta dédoublée. La chlorophylle tUe-roëtna, qu’on a regardée si longtemps comme uu principe unique, s'est transformée de U manière la plus nette entre les main» habiles de M. Frémy en deux nuança» élémentaires, l'une jaune, lu phylloianlhiete, l'autre bleue, la phyllocyiurtut.

Tou* les antre tons ne sont que les mélange* variés en proportions différentes de rouge, de jaune et de bleu. M. Chevreul n démontré, par exemple {Complet rendue de I Acad mie dtt tritures, t. xxxix, p. 243), que les fouilles «lu hêtre, de T épine-vinette, du noisetier pourpre renferment des parties verte* et de* partie» rouge» en proportion* variables , qui conduisent aux nuances brunes variées que res feuilles présentent aux diverse* époque* de leur végétation ; que la giroflée brune de» jurdiusdoit sn couleur au mélange de parties jatmesetdo parties violette*; qu'il en est de même de» fleurs d'iris, d'oreille d’ours, etc., enfin (Complet rendus , t xi.v, p. 397), que le» bord» brun* de* feuille* de Q'ranittm zonale étaient colorés par un mélange de partie» vertes imbibée* par un iiquido rouge ou violet qui remplit le» cellub-s juxtaposée* aux partie* vertes : l'alcool permet du lo» séparer.

Extraction des principes colorants. — Les progrès de la chimie ont conduit facilement le teinturier à faire usage de» matières colorées, ramenées par de* traitement b convenables au plus grand état «le pureté. Le tableau qnc nous avons déjà présenté non* démontre que généralement on a séparé des matières tinctoriale* des principes colorabics et coloré». Nous ne saurions admettre cependant en principe avec M. Frelater quo toujours existent simultanément un priucipe incolore colorable duquel dérive la matière utile , quelle que soit sa nuance, et lu principe coloré lui-même. Ce qui e6t vrai pour quelque» cas ne Test pas pour tous, au moins dan* l’état actuel de nos connaissance»; il est plu» général de voir une même substance tinctoriale j contenir deux ou trois principes différent* et différemment coloré* ; et la science est parvenue sans trop du peine à les isoler en mettant a contribution deux méthode* qui reposent, Tune sur la solubilité de» matière*, et l’antre sur leur insolubilité dans l'eau.

Four séparer les principes coloré» ou color&ble», ou fait u«agu «le méthode» variée» suivant la nnture de# substnnc«ï‘ qu’on veut isoler, suivant qu'elle* sont ou non soluble» dans Tenu ou dan» tout antre véhiculo.

TEINTURE

Matières peu solubles. — Af rès ftvolr divisé la matière j tinctoriale, on ta traite par l’alcool jusqu'il ce que co'J véhicule n’onlève plus aucune partie eolablo. Une portion de la numéro colorante sc dépose par refroidissement; le re*te est soumis h une distillation qui permet de recueillir l'alcool et de séparer un résidu chanté de sucre et de matière grasse qu'on éloigne pnr des lavages successifs à l'éther et a l’eau chaude, ho principe colorant n’appnraltd'ailleurs avec ses caractères propres que lorsqu’on l'a fait cristalliser plusieurs fois dans l'alcool otqu'oD l’a sublimé, a’il supporte tans s'altérer l'act ionde la chaleur. On peut commencer pnr épuiser la matière pnr l'éther et l'eau avant de la traiter pnr l'alcool. 4Jctte méthode permet de substituer l’esprit do bois, l'acétone, l'acide arétiquo ou l'acide chlorhydrique à l'e-prit-dt-vin. Si l’on fait usage d'acide , il faut ne l'employer qu’a l'état do concentration convenable j pour no pas détruire le principe qu’on cherche a sc- . pui-ur.

Matières solubles. — lorsque lo principe qu’on veut isoler est soluble dans l’eau , le procéJé le plus simple consiste à traiter par l’eau froide ou tiède les matières tinctoriales convenablement broyées et h plonger dans la liqueur conservée dans des vases bouchés une peau verte gonflée pour absorber le tanin que renferment J généralement les infusions aqueuses. l.>i liqueur dé- j 1 amusée do la matière astringente est précipitée par J l’acctato de plomb basique on le protocliloruro de- J ta ti qui se combinent avec la matière colorante, ho j précipité lavé doit ensuite être troué par l’hydrogène j t-ulluré qui forme du sulfure métallique, tandis que U ; matière colorante est dissoute avec ou sans modifies* j tion-par l’excès d’acide ; on ta retire par concentration, évaporation dans lo vkle ou à l’air libre, suivant les propriétés de la substance.

Lorsque ta matière résiste à l'action de l'acid g sulfnr'uiue concentré , il est assez rationnel de traiter la matière tinctoriale par tut mélange de quatre volume* j d’acide sulfurique concentré et nu volume d’alcool ; on ! comprime lo mitgin t résultant de la réaction pour en j extraire un liquide qui *e trouble pnr Pad lith-n de i l’eau en déposant la matière colorée, peu ou point so- f lubie dans ce véhicule acidulé On purifie la matière ainsi préparée par des cristallisations et sublimations répétées. Ku imitant de la sorte l'indigo, la gérance, lo quercitron, ta garnie, le kermès, ta cochenille, on isolo une matière colorante, Pncido sulfimligotiquo, l'nlirarinc, la lutéoline, la carminé.

Tontes ces méthodes ont pour but d’isoler la matière colorante pour la soumettre aux étude* du chimiste, lorsqu'il désire en connaître les diverses propriétés. Mais quand on n’a que peu do mntières colorantes on procèle par voie de teinture, on arrive de la sorto à faire ressortir les différences que présentent entre eux les divers principes colorants; ou soumet aux principaux réactifs des échantillons d'étoffe» de laine cm de soie teint* avec les matières qu'on veut définir. Cette méthode est surtout précieuse pour l’étude des mntières qui se fixent directement sans intermédiaire ; elle donne des résultats précis dans tons les cm, quand ou tient compte des réactions dues à la fibre, aux matières qu’ello contient, aux subs* tances qui oht servi d’intermédiaire pour donner la teinture.

A i traits aqueux. — Nous ne croyons pas devoir insister sur ce point que ce» méthodes, applicables avec fruit,

| O'tr permettre •l’isoler' dans les laboratoires les substances tinctoriales qu’on veut soumettre à l’étude en définissant aussi Complètement que possible leurs élément* constitutifs, ne pourraient être, aujourd'hui du moins, dn domaine do l'industrie. Un jour viendra oû de» méthodes, même coûteuses maintenant, prendront ' rang dans les fabriques. Mais onse borne généralement

ponr beaucoup de celles dont le principe est solnhle drus Tenu à le* traiter par ce véhicule. On concentre ainsi, dans un liquide peu considérable, le principe utile dores matières tinctoriales; les bois de teinture principalement sont ainsi déharm-rés d’une grande quantité d« substances sans valeur. Depuis longtemps on prépare h Paris et dan* les environs des extraits que le commerce accepte comme un progrès très- sérieux, quoique lu décoction ne contienne pas encore les principes à l’état de pureté : ta teinture et surtout 1 impression ont le droit d’exiger davantage.

Nous pourrons abréger ici ce que noue aurions t\ dire de ta préparation des extraits parce que le premier volume de cet ouvrage a donné sous le titre EXTBA1T des renseignements circonstanciés ot précis. Non* aurons h présenter seulement quelques observation» en ce qui regarde surtout leur application et les avantages qu'on en peut tirer.

Ainsi qu'on le sait, la préparation des extraits comprend trois opération» distinctes.

Ou commence par réduire le» bois, les écorces, le* racines, les graines à l'état de poudre assez ténue pour que ccs matériaux puissent abandonner facilement à Tenu les substances solubles dont ils sont chargés ; les bois sont avec les écorces les matières premières auxquelles il est indispensable de faire subir cette division; elle s* fait h la main ou par des moyens mécaniques ; la première méthode, trop coûteuse, est abandonnée presque partout, surtout pour des fabrications quelque peu considérables.

On procède ensuite à l'épuisement de la matière réduite en copeaux ou plus finement broyée, s’il y a lieu. Ou emploie la décoction dans l'eau bouillante ; on aurait une grande économie h faire des lavages méthodiques à chaud en faisant en sorte que le bois neuf soit traité d’abord pnr une solution presque raturée, tandis que, au contraire, le bois épuisé se trouverait en contact avec de l'eau pure, pour enlever les dernières traces de matières colorantes. Cetto installation, presque impossible pour les teinturiers qui prépaient eux-mêmes leur décoction, rlovient, au contraire, très -praticable dan.-* ta* établissements qui fabriquent des extraits ; ainsi con» prise, cette disposition systématique pribeu ternit de sérieux avantage*.

Dans une fnliriquc des environ» de Parta, cinq générateurs, d’-une force île 450 chevaux, alimentent une machine, d’une force de 40 chevaux, qui itiet eu mouvement deux varlopes circulait es; les copeaux sont placés dans des tonneaux rangé*» en batteries sur de* chantiers exhaussés. Los quatre batteries contiennent 300 tonneaux ; chaque tonnrnu reçoit à volonté de» jet* de ta vapeur qui traverse lès copeaux, échauffe la ma so et rô condense en partie sur le bois, en partie aussi sur une capsule plate en enivre qui fait fonction de couvercle Un robinet placé dans la partie inférieure permet d'écouler le liquide chargé de matière colorante : on le verso après un repos suffisamment prolongé dan* la capsule, où la concentration s'effectue sous l'influence de la chaleur et de l’évaporation è l'air libre.

t.u concentration termine ta fabrication des extraits; elle.a’eficciuc dans des chaudière» chauffées h ta vapeur. Les extraits concentrés ù 3U" Itaumé sont transvasé* dan» de* pipes plucées debout sur des chantier», dans une pièce isolée servant de rafraîchi» soir où ils »e déposent ; on soutire le* liquides froid* ponr ta» verser dans des barils bien joints et solidemeut cerclé»; ils sont généralement expédié* dans cet état. Parfois on concentre davantage ; on obtient ainsi des extrnila dur» qui *c prennent en masse; mais, nu rouin» pour quelques matière» , l'augmentation de ln dépense conduit à de* produit* inférieur», et, dans oc ça*, il n'y a profit ni pour le fabricant ni pour ta vou- Mmfnnteur.

TOKTURS.

TKIN'RTRK.

Les copeaux cpni*«>» .servent à 1 alimentation des foyer? du» générateur» de vapeur : les dépôts qu’on tire de* pipes du décantatiou se vendent aux teinturiers de P*tif teint, principalement pour la teinture du coton ; on en jette aussi quelquofbis dans km chaudières pour éviter le* inconvénients des incrustations dues aux sel* cal caircs.

Lu préparation des extrait» contribue sans doute h h» formation d’une substance résineuse qui n'est pas sans rendre difficile l’emploi de ces matières; elle est retenue dans le liquide avec d’autant plu* do facilité que oes extraits sont plus concentres. À pnrtir de 8 degrés Baume, les décoctions deviennent dos véhicules du plus en pins énergiques qui ne laissent déposer cette résine qu’avec la plus grande lenteur, si In concentration, nu dolii.de cette limite, s’est effectuée sans que le dépôt ait éu le temps de hj luire complètement. 11 est

vrai qu’on se débarrasse par un encollage au moyen de lu gélatine de cette matière étrangère, mois on perd évidemment une portion des "matière* utiles qu'on a concentrées. On passe sur cotte perte parce que les couleur* qu'on en obtient sontincoui|mrablomcnt beaucoup plu* pures. Concentrées de nouveau, ces décoctions redeviennent prtrcinitnble* par la gélatine. On ignore si la résine ne sè forme pas nnx dupons de la matière colorante et les circonstances dans lesquelles cette transformation e*t possible. De* recherches dirigée* dans lo but do répondre ù reste double question au-

raient y ne grain lu utilité; elle* contribueraient évidemment à fixer l’opinion sur lo rôle des agents do»- "* Irncieurt des principes colorés et sur le mode de leurs transformations.

Etirait* atiootiifues. — On obtient une plus grande pureté dans lé» extraits alcooliques toutes lus fois que »» tpntièrc colorante est soluble dans l'alcool. Comme eus préparation» se répandent de plus en plus, -nous croyons utile de ffcirc connaître ici l’appareil proposé par M. Kopp, applicable au traitement des Hih-tnucee tinctoriales, où par l'alcool ou pur l'esprit do bois.

À (fig. 37?4j représenta une caisse pour recevoir lu vapeur d’enu; H est le récipient dan» lequel se rassemble la matière colorante extraite parj'nlcool ; C un cylindre dan* lequel ou pièce la matière t inctoriale ; il contient à l'intérieur un cylindre I qui reçoit la matière cnvoloppée dans une toile métallique il pour être retirée avec plus de facilité; D est un condenseur à eau froide ; E un tube *urix\pn;é d'un appareil ù boule* roufermanl un pou do mercure pour laisser dégager etr rentrer un peu d'air, et au besoin dégager tru excès de vapeur

Pour opérer l'extraction on remplit avec soin ci en tassant le plu* également possible le cylindre métallique de la matière qu'on veut traiter, et qn’on a réduite eu fragments assez petit»; quand le cylindre est bien rempli et raU en place ffig. 3725), on étale ff su surface ot bien horizontalement une étoffe de laine qu'on recouvré ensuite d’une plaque du tôle percée dç trous; on disjosc enfin une rigolo qui conduit l'alcool déversé par le rpbiuet i vers Taxe central, pour se répandre de là; uniformément-, dans toutes le» partir* du cylindre. Ces précaution» sont nécessaire» pour obtenir une extraction régulière .Tort» les robinet* étant fermés, on verso de l’alcool ou «lo l'esprit de bois dans le grand cylindre, jusqu’à ce que la masse qjl'il renfifrme soit complètement imbibée et quo le liquide commence à couler dans le récipient U. On ferme «lors bien exactement Iv.eylindrqC au moyen du couverelcG , et O/i ouvre les robinet» d et lit vapeur d'un générateur arrive dan» le cylindre A, porte bicnt«»t l'alcool du vase B à l'ébullition ; la vapeur do l'alcool ne peut s’échapper pur t>; elle se rend en (' et font en opérant, l'extraction do la matière colorante, i-lie eu «'-lève la tcmpértiture.

Dè» qu'on sent, que lo rubîïiet i sYdmuffo, on ouvre • le robinet b, la \apuiu* s'y 'rend et vieut âe condenser d n ii s le serpentin D, et sççoulo par le robinet i pour retomber sur les matière* qu'on veut épuiser dans lu cylindre H, et dissoudre lo substance coloruuto; l’extrait se rend dons le récipient B, l’alcool s’en dégage pour coopérer à de nouvelles dissolutions.

11 est très-utile d'établir la communication entre U et C, au moins sur une petite longueur, par un tnbe du verre qui permet de reconnaître l'époque à laquelle 1» dissolution alcoolique cesre d'être colorée ; à défaut d’un tolte de verre, on titiÜMi le petit robinet m au moyeu duquel on peut examiner à fout instant In nature du liquide qui se rend en B. Quand ou juge que ! ‘extraction c*t complète, on ferme le robinot.do va-* peur d, et en ouvrant a et c on laisse écouler Tenu de C. condensation et la vapeur- non condensée ; afin d’êvnener l'eau qui peut s'accumuler dans le cylindr^ A, le robinet c doit Aire ouvert de temps en temps pendant la marche de l'appareil (fig. 3724).

Si pendant l'opérât ion on voulait entretenir une température assez élevée dans le cylindre C pour faciliter la dissolution de la matière colorante, ou ouvre do temps en temps un robinet e qui admet la vapeur dans l'enveloppe des deux cylindres intérieurs, et la robinet k qni rejette l'eau de condensation accumulée dan* eétte enveloppe .

Quand o n a laissé refroidir l'extrait alcoolique con-

TEINTURE

TEINTURE

tüiu (Luis U, on uuvio le rubinet l et l'on reçoit la teinture dans uu v«*e approprié j. Si le liquide n’est pus trop visqueux à froid, on refroidit, en introduisant de Tenu dans La caisse A p»r le robinet a ; dans le cas contraire, on laisse l'extrait s’écouler pendant qu’il est encore chaud. La fig. 37 26 indique les détails de la caisse A et du récipicut R.

iinité du tissu pour la matière colorante, affinité suffisante pour enlever au bain de teinture la substance culoréo qu’il tient en dissolution.

La pratique a quelquefois recours à des opérations de ce genre pour préparer des bains d'uuc plus grande

Il re*tc à recueillir encore l'alcool ou l’esprit de bois qui mouille toujours la matière après son épuisement ; un mi sert il eut effet du récipient B comme condensateur; on ouvro les robinets e et k après avoir fermé les robinets b et i; l'alcool contenu dans le cylindre H se réduit en vapeur et se condense en B, en dissolvant la matière adhérente aux parois, et trop visqueux pour s'être entièrement écoulée; ou enlèvo la teinture faible pur le robinet /. On peut les ajouter à l’extrait ou s’en servir comme alcool pur dan» l'opération suivante.

Pour ne pas perdre la vapeur d'alcool que contient encore le cylindre I, on peut ouvrir les robinets f et h pour faire pénétrer la vupeur d’eau qui dissout l'alcool, de sorte qu'il se condense dan» le récipient B un mélange d'alcool et d'eau; on ouvrant le rohinet l on écoule cet alcool faible, qui peut en outre contenir les principes solubles à l'eau abandonnés par la matière épuisée.

Lorsqu'on veut rejeter lu substance inutile à l’état soc, on laisse fermé le robinet f, on ouvre les robinets h et g, et par un aspirateur ou par un soufflet on force de l’air dan» le récipient I. On condense encore une certaine quantité d’alcool. l’ar In première méthode, la perte en alcool est à peu près insignifiante.

On ouvre nlor* le cylindre C ; on retire le cylindre en toile métallique II ; on rejetto le résidu qu’on remplace par de nouvelle matière ; le récipient B est généralement convenablement nettoyé en faisant l'office do condensateur.

Extraction pur rôle de teinture. — Nous avons indiqué que les étoffe* tointos nu moyen d'une substance donnée offraient une méthode rapide et précise pour déterminer les caractère» chimiques du pria ipe qui est la causa de In coloration. Cette méthode repose sur Lof-

pureté : la teinture de» soies nous offre l'exemple do l'emploi de tissus de coton et do laine pour dépouiller certaines matières colorantes de principes étrangers qui se fixeraient simultanément sur la soie dont ils altéreraient la vivacité.

C’est ainsi que pour enlever complètement le principejaune que contient la carthamine, on commence par teindre des écheveaux de coton qu'on traite ensuite par un h«in alcalin pour les décolorer : la matière qui est déposée sur le coton est pin» pure que celle que le bain de teinture aurait fou nue directement.

C’est ainsi que pour toindre la soie par l'acide sufoindigotique, en commence quelquefois par teindre des étoffe» de laine ; ces laine» teintes sont décolorées dans des bains qui servent ensuite à passer les soies qu'on veut colorer en bleu tendre.

Dans ces deux cas, les teintures intermédiaires, sur coton et sur laine, sont essorées , rincées, essorées do nouveau, comme s’il s’agissait de pièces propres à livrer. Il est convenable de sc servir des même* tissus autant de fols qu’on lo peut, et de ne les rejeter que lorsque ces teintures et décolorations répétées les ont mi» hors d'usage.

On comprend que cette méthode nécessitant quelques dépenses de main-d'œuvre s'applique «urtout h la teinture des soie* qui peuvent supporter de» frais plus considérables que la laine et le coton.

E**ai de * mrtftrrrj mlornnte» . — Quel que soit l'état sons lequel se présentent au fabricant les substance* tinctoriale» dont il fait iisaeo, il est pour lui de la dernière urgence «feu poursuivre la vérification , tant pour reconnaître le* fraudes auxquelles lo fournisseur n'a pas craint d’avoir recours afin d augmenter ses bénéfices , qno pour reconnaître la perte quo

TEINTURE

TEINTURE

1’nn ou l'nutre doit subir en raison des altérations qnc lo temps ou les circonstances dan* lesquelles le» matières tinctotiale» ont été placées ont fait éprouver à celles-ci. La science offre au consommateur diverses méthodes précieuses pour reconnaître le degré de pureté des matériaux qu’il met en œuvre et la richesée comparative de» éléments ddtat il a fait acquisition : d’après les unes, on évalue par nn procédé physique ou chimique la voleur réelle de lÿ matière colorante contenue dans une substance donnée; d’après les autres, nu contraire, on se livro à des essais pratique» exécutés sur une petite échelle, qui décèlent la quantité de la roatièro vendue, son éclat, sa richesse et sa solidité.

Principe du c olorimêtre. — Il est évident que deux substances tinctoriales de mémo espèce, mais inégalement chargées de principe colorant, donnent, employée» à poids égal avec des volumes égaux de dissolvant*.* les colorations d'intensités proportionnelles à la quantité de matière colorante qu'elles renferment. Pour apprécier la différence qni existe dans l'intensité de deux liqueurs colorée», M. H. Labillardiène introduit le» liqueurs dans des tube» gradués sur la même échelle, il Ica place dans une bolto disposée convenablement, il -étend d'eau la plus forte jusqu’à ce qn’ello soit ramenée au ton de la plus faible ; il détermine aiuiri le rapport qui lie le» deux matière# colorantes en essai.

Voici textuellement, d’après M. Labi Hardi ère, la description de l'appareil et la manière de »*en servir.

■ I.o calorimètre »e compose de deux tubes de vorre bien cylindrique», do 1 i il 15 millimètres de diamètre, ot de 33 centimètres do longueur environ , bouchés à leur extrémité, égnnx en diau êtres et en épaisseur do verre, divisés dans les cinq sixième» de leur longueur, à partir de leur extrémité bouchée , en deux parties égale» on capacité, et la seconde portant une échelle amendante divisée en 100 parties; ces deux tubes se placent dan» une petite boite de bois par doux ouverture# pratiquées lune à côté de l'antre à la partie supérieure, et prè» d'une des extrémités à laquelle »o trouvent deux ouverture» carrée» du diamètre des tnhes, pratiquée» eu regard de leur partie inférieure , tandis qu’à l'autre extrémité se trouyo un trou circulaire par lequel on peut voir la partie inférieure de» tubes en pinçant la boite entre son œil et la lumière, ot juger très-facilement pur cette disposition la différence ou l'identité de nuance do doux liquides coloré» introduits dans le» tubes.

« Après avoir traité ou dissous comparativement dans l'eau ou toute antre liqueur convenable, on n’introduit do ces dissolutions dans les tubes du eolorimètre que jusqu'au 0 de l’échelle supérieure; oti les place ensuite ilan» la boite par les deux ouvertures pratiquées à cet effet, et après avoir comparé leur nuance, si l’on trouve une différence, on ajoute de l’eau à In plus foncée, et si 1*od agite ensuito le tube après avoir bouché Fouvvrturo avec le doigt, si nprès cette addition d’eau on remarque encore uno différence , on continue d’en ajouter jusqu’à ce que les tube* paraissent de la même nuance. On lit eusnitc sur le tubo dans lequel on ajoute l'eau le nombre de» parties de liqueur qu’il contient. Co nombre, comparé au volume de la liqueur contenue dans l'autre tube (100), indique le rapport ••utre le pouvoir colorant, ou la quantité relative des deux matières tinctoriale#, et si, par exemple, il faut ajouter à la liqueur ln plus intense 25 parties d'eau pour l'amener à la mémo nuance que l'nutre, lo rapport en volume des liqueur* contenues sera dans ce cas comme 125 : 100. et lu qualité des matière» colorantes relative sera représentée parle même rapport puisque la quotité de ces matières est proportionnelle à leur pouvoir colorant. «

Cette méthode exige certaines précautions , suivant

la nature de la coloration du liquide ronge, jaune ou bleu ; le grand reproche qu'on peut lui faire, c’est d'exiger que les matières mises en expérienco «oient dans un même état ot d'une grande pureté.' Quelques exemples vont en fournir la preuve; évidemment ce procédé no peut accuser les différences utile» présentées par des mélanges de principes colorés différents; on sait que certaine# colorations d’intensité considérable se détruisent par nn simple phénomène physique lorsqu’on le# mélange. On eerait exposé sans coutmlit à ne pas croire chargée de cobalt une liqueur qui pourrait en contenir benneoup si l’oxyde de nickel »’y trouvait simultanément mêlé dan» des proportiou» déterminée». On sait que c’est «tir co mémo principe que reposo la décoloration de» verre* à v itre# par l’oxyde do manganèse; lo verre nalurcllemeut coloré par l’oxyde do fer en vert clair perd cette nuance si l’on introduit une coloration rose par une addition d’oxyde de manganèse.

Procédé» chimique». — Les procédés chimiques qui peuvent remplacer avantageusement la méthode du eolorimètre offrent une plus grande exactitude que ce dernier moyen d’essai. Les on» sont directs, les autres indirect*.

Le* moyens directs reposent sur l’emploi de méthodes qui ressemblent à celles qu’on suivrait pour préparer à l’état de pureté les matières utiles. Suivant les caractères de la matière, on la fait dissoudre dans un véhicule convenable feau, alcool, éther, acide acétique, suivant les cas) ; on filtre, puis on évaporo pour peser lo résidu qu’on regarde comme proportionnel à ln valeur réelle de la substance tinctoriale bruto ou purifiée ; ou bien on fait une décoction de la matière en essai ; on traite la dissolution limpide par un sel de plomb on d’étain qu’on lave et qu’on pèse ponr le brûler, afin de tenir compte, par le poids des oxydes de plomb ou d’étain qui restent, de ln quantité do la matière organique disparue, Cette dernière est regardée comme proportionnelle à la richesse do la matière en expérience.

Ces méthodes, di*on»-le, ne sont pas rigoureuses ; la première détermination e*t inexacte, car il peut y avoir altération du produit coloré ; d’ailleurs on dissout avec la matière colorante le sucro, la gomme, les matières grasses qui lui sont associée»; la seconde, «minée de même, ne peut donner quodes indication* approximatives ; car lo tanin , le* phosphate* , silicate», etc. , ot d'autres matières étrangère», sout précipité- comme les substance* qu'on veut doser par le* sois d’étnin et de plomb. Nous ferons lo même reproche à lu méthode qui consiste à traiter par un véhicule convenable jusqu’à complet épuisement un poids égal de chacune doc matières à titrer, et à comparer lu# poids de* résidus desséchés au même point, à 1u0* par oxctnplc, dans une étuvo de Gay-Lu«sac. On commet ici l'erreur de regarder comme matière colorante toutes les partie* soluble» qui sout associées i\ cette dernière.

Le» moyens indirect» reposent sur deux principes différents :

a. On fait une dissolution de la matière contenue dans un poids convenu de substance ; on la décolore par une liqueur titrée do chlore ou de chlorure do chaux. Connaif-ant le volume de chlore nécessaire pour décolorer complètement une dissolution connue do la matière colorante pure, on apprécio la richesse de l’échantillon soumis à l’essai.

b. On incibère un poids déterminé de la substance dont on. veut apprécier la valeur; on compare le poids du résidu au poids que donne la matière normale. Ou suppose que les végétaux venu* dan» un même terrain; ou que les insecte» provenant d'une souree identique doivent laisser une même quantité de cendres.

TEINTURE

TEINTURE

Ou objecte à ces doux procédés, pour le premier qu'il ne permet pas do déterminer exactement la nature des mélanges de deux matières colorantes différentes de- puissance variée ; et pour le second, que, pris isolément, s’il peut donner des indications utiles, il no peut être d'un secours absolu.

Procédés pratiques. — » De tons les moyens employés pour reconnaître la valeur réelle des substances tinctoriales ou les fraudes par lesquelles elles ont été modifiées, celui qui fournit les plus utiles renseignements est, sans conteste, celui qui, plaçant l'industriel dans les conditions do l’emploi qu'il veut Hure, lui permet do déterminer de suite la valeur réelle de la matière qu'il étudie. Non-seulement on peut juger do la qualité d une garunce donnée par la vue des nuances qu’on en peut obtenir, mais il est encore facile avec un peu d’habitude de déterminer sa vulcur tinctoriale, en opérant avec des poids déterminés la teinture de surfaces convenues et comparant la vivacité, la richesse, l'éclnt des nuances avec celles produites au moyen de garances normales employées sous des poids variés. On établit ainsi des types auxquels on rapporte les essais. Nous aurons occasion de revenir sur ce sujet en parlant plus loin des garances du commerce-

§ Vîn. Des substances tinctoriales et des principes colorables ou cotorés qu'elles contiennent.

Quel ordre suivrons*nous pour l'étude de cea diverses matières'/ Les rangerons-nous par groupes naturels, présentant de l'analogie duus leur manière d'être soit au point de vue de lour composition chimique, soit au point de vue de leur origine? Les dus serons- nous par couleurs, c’est-à-dire <T après les nuances que ces principes fournissent dans leur application à l'art de la teinture ? La première méthode conviendrait mieux assurément dnns des leçons de chimie pure; la seconde nous semble préférable dans un article sur la teinture, et e’c»t celle que nous adopterons. Toutefois, nous devons dire que ce travail ne comporterait pas, sans des développements trop considérables, l’étude complète de chacun des principes colorants que nous avons meutiounés. 11 ne rentre pas dans le çadro que nous nous sommes tracé de faire un travail ex professo, ni de rien répéter de ce qui se trouve déjà décrit dans ceDitionnuire au titre spécial des diverses matières tinctoriale» antérieurement traitées. Nous croyons devoir nous borner à renvoyer le lecteur aux articles garance, INDIGO, etc., déjà publiés. Nous n’aurons a développer que les points nouveaux ou les faits que l’industrie a cm pouvoir enregistrer depuis l’époque à laquelle a paru le deuxième tirage du Dictionnaire des Arts et J tanufaclures (I835j. On a d’ailleurs fait, dans ces dernières aunées, des conquêtes importantes, comme on pourra le voir par l’expose que nous alloua présenter.

Classification de if. Chevreul.

La méthode que nous allons suivre à l’effet de classer les couleurs repose sur les procédé* mis en relief par M. Chevreul pour nommer et définir les couleurs. D’après M. Chevreul, toutes les couleurs se suivent dans un ordre circulaire rouge, violet, bleu, vert, jaune-orangé. Ce serait ici le lieu de placer une analyse étendue de la construction hémisphérique de M. Chevreul; mais comme elle est présentée dans ce Dictionnaire, contraste simultané des couleurs, nous nous bornerons, en renvoyant le lecteur à cet article, à donner ici quelques détails qui font comprendre comment on a pu passer dé la construction hémispbé rique aux tables chromatiques dont la pratique est facile à saisir.

Couleurs pures. — On sait que touto couleur est simple ou composée, franche ou éteinte, c’est-à-dire pur# ou rompue, comme on le dit en peinture ; tieeourabiitue,

comme on lo dit en toiutnre. Comment M. Cherreut propose- t-il de comparer et de définir le» couleur» et leurs modifications? On suppose un cercle : on le partage en trois. parties égales par trois rayon3 ; à l'extrémité de l’uu quelconque de ce* trois rayons, ou écrit rouj/e; & l’extrémité du rayon do droite, on écrit jaune; à l’extrémité de celui de gauche, ou écrit bleu. On partage do uouvenu chacun des intervalles ainsi formé* par de nouveaux rayons qui so nomment orangé, entre le rouge et le jaune; vert, entro le jaune et le bleu ; violet, entre le rouge et le bleu. En partageant encore en deux chacun des six espaces formés, on obtient le rouge-orangé, l'orange -jaune, le jaune-ter t, le vert -bleu, le bleu-eiolet et le viole l-fouge. On diviso alors chacun dés intervalles cités on six parties égales en remplissant par exemple la première à partir du rayon sécant rouge avec du rouge, les ciuq autres par de* mélanges convenablement composés de rouge et de jauue pour permettre le passage insensible et toujours par équidistances d’ane couleur à »a voisine; les cinq espaces en* question prennent les noms de premier rouge, deuxième rouge, troisième rouge, quatrième rouge, cinquième rouge; on continue de la mémo manière pour toutes les autres couleurs.

Le cercle primitif so trouve donc remplacé par un nouveau cercle formé de soixante-douze parties angulaires égale*, ayant toutes leur angle lo plus aigu sur le centre du cercle et nommée* invariablement. On conçoit que toute couleur simple ou composée, mais pur#, c’est- à dire sans mélange de gris, se trouvera forcément correspondre à l’un quelcunque des soixantedouze types primitifs en supposant qu’elle ne soit pas comprise entre deux typés consécutifs. Les nuances sont d’ailleurs assez rapprochées pour que ce cas ne »o présente que rarement. On peut, au surplus, faire l’iiitercnllntion par 4/2, 4/3, 4/4, etc.

Couleurs rabattues. — Les couleurs rabattues sont, do même, définies au moyen de types ou de normes qur s’établissent avec la plus grande facilité. A cet effet, on suppose placé sur chacune des couleurs préparées dans le premier cercle un quart de cercle perpendiculaire au plan du premier. Supposons- le divisé par des rayons équidistants en dix purtiea égales ; on obtient dix espaces qu'on remplit du ton qui leur correspond modifia pour le premier par de noir, pour le second par JL do noir, pour le troisième par de noir et ainsi de suite jusqu'au dernier, ou ^2 de noir qui donne le noir pur.

Pour l’exécution pratique de la construction chromatique hémisphérique, on la réduit à dix cercles chromatiques. Le premier comprend les couleurs pures, le deuxième cercle contient les gammes rabattues par -A de .noir ; le troisième, celles rabattues, porte ^ de noir, etc.

Couleurs dégradées. — Toutes les couleurs pures no • sont pas également intenses, la puissance de la colora- I tion peut être atténuée par du blanc. M. Chevreul | indique la hauteur de* la couleur par la distance de cette couleur au .centre du cercle et voici comment :

I on a marqué sur l’un quelconque des rayons qui sépaj rent le» soixante-douze nuances vingt et un points également espacés, et par ces vingt et un points ou fait passer vingt et une circonférences, qui divisent en vingt-doux espaces toutes les bande* angulaire» correspondantes aux soixante-douze nuances. Pour remplir chacune de ces divisions, on suppose toute* les nuances dégradées do telle façon que lo centre étant blanc, le premier espace est légèrement teinté, le deuxième un peu plu», le troisième encore davantage, jusqu’au vingtième qui est près du noir. Toutes ccs couleurs sont encore équidistantes au point de vue de l’effet qu’elles produisent sur l'oeil. La première division est marquée 0, c'cst le blanc ; la dernière est le

TEINTURE

TEINTURE

noir, elle est marquée 21 . L'ensemble de cette dégradation se nomme gamme; il y en aurait donc soixante* donne dans le cercle complet. Les parties de cette gamme sc nomment tonV; le ton compris entre la première et la seconde circonférence se nomme le premier tan; celui composé entre la seconde et la troisième circonférence 6e nomme deuxième ton , et ainsi de suite.

On voit que cette méthode se rapproche beaucoup de celle en usage en géométrie pour déterminer la position d'un point dans l'espace, lorsqu'on la rapporte à un système de trois axe* perpendiculaires entre eux.

On pout commencer indifféremment l’étude des couleurs par l'une ou l’autre nuance simple. Nous présenterons d'abord les caractères des matières tinctoriales propres à fournir le rouge, en passant aux matières bleues, puis aux matières colorantes jaunes. Nous les grouperons sans avoir égard à leur origine animale ou végétale, comme aussi sans nous astreindre à d'autre ordre que leur nuance, qu’elles se développent soit par des transformations do laboratoire , soit simplement par le traitement du bois, de l'écorce, des racines ou des Heurs des végétaux employés (dans les bains de teinture.

Il semble admis en principe aujourd'hui que les noms des matières pures qui donnent leur valeur aux substances tinctoriales doivent dériver du nom de la substance elle-même qu'on termine en t«u, lorsque le principe est Colombie (oreiiir) et en fine lorsque la matière est colorée ( orcéiue ). Nous adopterons cette nomenclature : si leur caractère est acide ou termine leur nom par ique (acide carthamique, acide fuchtique). Pour établir l’urdfbraiité dans le langage, nous ne ferons que de rares exceptions en laveur des principes par trop connus pour être désignés sous de nouveaux noms.

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