Garance \alisatine, purpuriné, xunthiiie
La garance est sans Contredit l'une des matières colorante* le* plu» précieuses que l'on connaisse, tant à eau>o de ta solidité que par unité de la grande variété des nuances qu'elle peut produire avec les diverse* pré • parafions auxquelles ou soumet les matière# textile*. C’est la racine d nno plante de la Camille des robiacée*
[Buhia linrturum).
Caractère des racines *le garance.— On trouvera- dans oo Dictionnaire, à l'article « auaVce, tous le* détail» les plus précis sur les vatiétés, U cnkurç, la préparation de* garance* employées dans le* arts; la Composition *on* le rapport chimique, le» diverses préparations qu'or. a proposées pour concentrer son* le plu* petit volume possible le principe utile de cès racine» sont expo»* es également avec méthode. Nous o’nurona donc pas à les reproduire ; noos le* compléterons par l'indication sommaire des principaux composé* que les chimistes, qui se sont occiïp»1» «lo l'cxnmeu de* garances ont extraits do cette matière tinctoriale, Yalisnrme, la purpurine et la sânthiius. La xonthine-n’a pas reçu d'application. Le* couleurs qui proviennent do la pur* purmo ne semblent pa» avoir toute la solidité désirable ; l’aliznrine seule est donc la véritable richesse de la racine desTuViacées. C’est snr elle qu’ont porté ton» lé* efforts des fltbricants pour l'iBolcr et hi concentrer ; c’est sa présonco qui doit fixer la valeur réelle dq produit.
Ali sa fine.* — L'alizarine *o présenta k l'état de pureté sous forme de petites aiguilles d’un ronge orangé, iüodore, insipide, peu soluble dans l'eau pure à froid, plue soluble à chaud . I a dissolntion, rosée d'ulord, passe bientôt an rouge brun litre. Les-dissolution* acides n'en «lis solvent pa*; on fait usage dans la pratique «le rrnio pour fard iter la dissolution; l'alcool et l’éther les dis- Hblvenl en *o colorant en ronge et en jaune.
L'ali farine donne des dissolutions couleur pensée par sa çomhiaaisan avec le* alcali* solubles, soude, pota-MJ, nminoniaque; eesdissojntiofla précipitent en Heu par les eaux de chaux, de baryte, de strontiane. L’acide sulfurique concentré la dissout cortiplétement ; la solution ronge brun précipite abondamment par l’eau l'n* lizarinoBons font»** de flocon s jaunâtre*, sam altération dans leur composition. La chaleur In fait fondre et sublimer, l’eu soluble dans une dissolution d'nlun, clin se distingue do ht purpurine qui s'y dissout parfaitement.
La méthode la plus convenablé pour obtenir l'alixa* ri ne est celle do MM. Kobiquut et Colin. La gafauco est traitée par le» 2i3 do son poi«!» d’addo -nHuriquo concentré; on ajoute l’acide par petite» proportions, en remuant, pour éviter une trop forte élévation «le totn4 pérotiirs. On laisse le tout an re|«>* |*cndnut quelque# jours; pendant ce traitement les matières étrangères à l'aluuruie sont ebsrbonnécs et l’alixarino «lissante. On «épare pat «le» lavage* le charbon sulfiiriqfuc qui retient en mélange l’alizarine «Imposée par sa «épanui«>n «lé l'acide au moment oh l'on a versé l'eau sur Te mélnrtgo. Lo résidu, lavé légèrement avec de l'alcool froid pour séparer quelque-* matières grasses, est épniaë par l 'alcool chaud qui dissout Vahzarme.
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l’m i.urint. — La purpurine ressemble par son ri-pcei f» laljzunnc; sa couleur ett seulement plus foncée, elle tire tin peu plus sur le rouge. L'éther en di*-oitt :'i poiuc; la solution évuporéo dans le vido laisse de* cri?taux’les uns ponceau clair, les autres ponceau foncé. Elle sc dissout dans l’eau plus facilement q«e Txtlizarine. L'ammoniaque, la potnssc, lu soude donnent avec ce principe dos composés de couleur grc-eide, qui sont précipités en rotigo par los eaux de baryte, de slron* tianc et de chaux.
I,n dissolution de la purpurine dans l'acide sulfurique est d’un rouge plus vil' que celle de l'ab’zarinc ; l’eau la précipite sons forme de flocons d'en jaunâtre foncé.
L’alun dissout la purpurine en donnant tine liqueur rose d’une très-balle nuance. La purpurine est trèsfusible, et donne, par le refroidissement, une mas.-e à cristaux radiés ; elle se volatilise, et le* cristaux qui »o condensent sont plus foncé* que ceux d'allzarinc Oûblimée. Traitée par l’aromon saque, In'ptrrpurine distillée donne une dissolution d’un rouge violacé très-vif.
Pour obtenir la purpurine, on lave la garance a grande eau, et on la truite ensuite par une dissolution d'alun dan» l’eau distillée, l'ctte dissolution, qui formerait avec le carbonate de soude ou l'ammoniaque nnc laque rose, précipite par l'acide sulfurique de la purpurine qu’on purifie soit par sublimation, soit par de.» cristallisation? répétée* dans l’alcool.
** La purpurine donno des couleur», plus rosées que celles ex truites de l’alizarinc, mais elles sont moins Solides.
Xtutikine.r— M. Kuhhuann a donné le nom de xnntliine fc la matière colorant© jaune de la garance ; elle sc pré .-un te sous forme d’extrait de couleur orangée foncée, très-soluble dans l’alcool et dans l’eau ; elle lia se di-Miut que faiblement dans l'éther-; le* acides la font virer au jaune citron, les alcalis h 1 orangé rougeâtre.
L'acide sulfurique précipite de ta dUfoldtiou une poudre verte qui ne se di-.-out pas dans Venu* t’est elle qui communique n la par; ime son odeur partionlièéo ; clic possède une .«-avouf légèrement sucrée avec un arrière-goût amer. Si le» sels métalliques ne ht pr pijntent pas de ses dissolutions, die donne, avec certains oxydes métalliques, des laques, .rouges ou roses très-brillantes.
Pour préparer In xanthine, on évapore h slecité l’extrait alcoolique de la garance, puis ou le fait digérer avec l’ean firoblp qui ne dissout que la xautbiiie ; elle entraîne une matière étrangère qu’on précipite avec l’nuétnte do plomb. On filtre, et dans la liquide clairon ajoute .de. l’eau de baryte en léger cxcè?*-, on obtient un dépôt formé d’oxyde de plomb et de xanthine. Ce dépôt est lavé par de Tenu chargée de baryte; oit doute de l'acide sulfurique qui transforme l’oxyde de plomb en sulfate de plomb; on sature exactement par de lu baryte l’exeès d'acide sulFuriquo, il se dépose <lu sulfate de baryte, et ce mélange sol.de est traité par Talcool après évaporation h siccité; l’alcool lie dissout qnc la xanthine qui se dépose par refroidissement et concentration. .
Il est évident que ces trois matières sont le» principes utiles des bains de garante, et qui fournissent la couleur aux fibres textiles. Ou a donc cherché, par des moyeu* variés et même fort détournés, des méthode» propres à les concentrer p mr remplacer la garance elle- même pardes subsjnncestiuctoriales dérivées de la garance, ofïrant au consommateur aou s un petit’ volume ce* éléments en quelque sorte condensé», mats dans tous les cas dépouillés de U majeure partie dos éléments étrange rs. On oait, d'après l’article «iaiiasoh, que le commerce u fini pur accepter la colorine, la garaticine et le gnranccnx, qu’on prépare actuellement
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pour les besoin* de ln teinture sur une grande éebellc. On commence à faire pénétrer dans les atelier* dos produits qu’on peut rigarJcr comme dç l’aUzarine prcxpie pure. On a fait de nombreux essais. Q..i-lqucauns sont à la ve de de recevoir une nidation pratiqua consacrée par rvxpérience. Les diverses méthodes d'extraction reposent sur les diverses propriétés di üalizarine que noua venons de mentionner. Comme on le rappelle dans le Rrpenoin de chimie [t> I, p. 4 J, Uarresit.il l ).' Kilos soJit variées.
- l otir extraire la matière colorante des racine» do garance, ou a tour ii tour utilise son peu de solubilité dans l'cuti froide, «i presque insolubilité dans des liqueurs aciiles, et ia solubilité dans l’alcool, l'esprit do J bois, le sulfure de carbone, le* huiles grn- e*, les al- ^calis caustiques ou errr («ouaté» , et la solution aqueuse et bouillante d’alun. La racine de garance, fraîche et n’ayant point encore subi cettc-cspèec île fermentation mal eonuue par luqiiLdle sa força colorante- se développc avec le temrt» jusqu’à un certain nmxiinnm. n partir duquel clb* diminue de nouveau, contiendrait, d'nprin les reclierolies de JIM: Sdiunck et Rodilgdcr, mu* sob-taiiçc particulière qui, n "étant pas par elle- mémo | une matière colorante, formerait à l'ébullition avec les acides é'endns par dédoublement dcj'nl /iirina* gt une matière (itérée particulière. I>e ce fait on peut tirer la j conséquence que la préparation rationnelle dcl’ali/a- | rino ou des extrait» oliznriqties ne doit point porter sur i la garance en nature ou sur la garance lavée (flerirsdo garance , mais sur la garance préalablement soumise à l’ébull tloii avec une liqueur' acide, c’est â-diro sur la garai < ne nu le carmin de garance. Cette conclusion est confirmée par le» observations ancienne» de M. L>ecnï-ne, et par celles plus récentes do MM. Gcrber et Dollttu.
Azdle. — Pour p' réparer leur extrait purifié, qujila nommèrent tua le. MM. Gerbcr et Pollfus épui-ent la fleur de garance pur de l'esprit de bois bouillant, concentrent le* liqueurs n nsi obtenues et y ajoutent ensuite uuu certaine quantité d'outi pour en précipiter la matière colorante. Ils obtiennent' généralement 6,7S p. 100 d’extràit brut d'une couleur janne brunâtre. En traitant ensuite lu fleur de garance déjà bien épuisée par l'esprit do bois seul nu moyen d'une nôûv cl le addition de ce liquide, rendu légèrement acide par t p. 100 d'acide sulfurique, il» produisent de nouvelles liqueurs colorées, fournissant presque autant d’extrait que le premier traitement. Le résidu 1 pieux ne contenait dors pbi» do trace» de matière colorante.
Alizarine commerciale. — D'aprè» MM. Verdoil et Miohcl,' l'alizarinc presque pure est préparée pur la méthode suivante :
On fait ramollir les racines de garance dans une pan légèrement acidulée par l'aride sulfurique; ou écrasé entre des cylindres la- pulpe acidifiée pour -éliminer une certaine quantité du. liquide; on termine par ! Action d'une fnrto presse hydraulique. Les racines ainsi préparée* sont ensuite macérées pendant quarante-huit heures dans une solution faible «1e carbonate da soude ou de potasse marquant ï n i" Itanmé.
On sépare par l'expression le liquide alcalin chargé de matière colorante et on renouvelle lu macération, mais en employant pour cette se» onde opération une liqueur alcaline moitié plu» faible. On précipite la matière colorante encore impure de ce* liqueurs nlcolinee çn le» sursaturant pur un acide.
Is» précipité Recueilli sur un filtre, lavé avec un peu il’ eau, exprimé et desséché,, e.t ensuite épuisé |*ar do l'esprit de .bois ou de Talcuol bouillant. Los solution* alcoolique* clarifiée» sont onfiu concentrée» dans un alambic pour retrouver l'alcool . ou l'esprit de bois, et l’extrait purifié reste comme résidu dans .l'appareil
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dif tillatoire. Cet extrait y** ut servir soit pour la teinture, soit pour l'im pression. Généralement de pareils extrait» renferment encore, une certaine quantité de matières résineuses qui nuisent soit à la pureté, soit à la xi va- 1 cité de» teinte-. Ces matières ré»ineu*es étant moins j solubles dans des solutions charge» de sels que dans l’eau pure, on pourrait trouver dans cette circonstance lVxplication de l'effet avantageux que M. Gtiicy u dit récenmictit avoir obtenu par l'addition de sel marin nu bain de teinture, lorsqu’on teint des toiles préparées en. garance, garancine et aliznrine.
Tour séparer les matières résineuses de l’alizarine, on peut utiliser les observations intéressante» de MM l'iessy et Schützenbcruer sur la solubilité de l’a-, lizarine dans l’eau surchauffée sous de fortes pressions. Ces ciiirni.-tc* ont constaté que de l’eau, dont la tem ■ pé rature est K 230 degré», dissout 3,16 p. 400 rie son poids d'alizarine, tandis qu’à la température de 10 degrés elle n'en dissout que 0,031 p. 100.
On pourrait encore, d’après les observations de M. Arnaudou, faire usage de la glycérine pour dis- Boudrc l'alizarine.
Aiizarine sublimée. — M. Kopp a purifié cette matière eu sublimant l'alizarine après avoir chauffé graduellement et avec beaucoup -de précaution un extrait très -concentré. Lu sublimation de l’alizarine, indiquée pur MM. Kobiquct et Colin, e»t une opération trèsconnue et pratiquée par tous les chimistes et industriels qui se sont occupés de recherches sur la matière colorante de la garance. Maie on «ail qu'elle ne réussit bien que sur de petites quantités de matières, et qu'elle exige des substances déjà purifiée*. En outre, l’opération entraîne toujours lu perle d’une quantité notable d’alizarine. D'ailleurs, comme la vapeur de l'alizarine est très-pesante, elle ne s’élève que difficilement, et lorsqu'on est obligé do la chasser u une certaine hauteur, ce qui est le cas l<>r.-que l’alizarine est accompagnée do beaucoup do matières étrangères, il arrive .inévitablement qu'elle se décompose au moment meme de «a sublimation. On n'obtient, en effet, que des quantités très-minimes d'ulizaritiu en chauffant directement la garance, la fleur de garance et la gnraneme.
Au reste, le ligneux et l'acido péctiquc, comme aussi toutes le» substances résineuses qui souillent ces extraits, éprouvent aussi la decom position sèche et les cristaux d* aiizarine sont 'souillés de quantités plu» ou moins couaidérabh-s de matières cmpyieumatiques. Pour éviter ce dernier inconvénient, M. Vilmorin* d’une part, et M. Stackler, d’autre part , voulant se procurer une aiizarine pure, ont modifié l'ancien procédé de A1M. Gaultier de Claubrv et l'ersoz, eu épuisant lu garancine lavée, ou l’extrait alcoolique de garance par des solutions bouillantes d'alun, d'ammoniaque ou de potasse.
La liqueur filtrée, possédant une belle couleur rougo orange, est séchée dans un bain-nuirie. En l'agitant fréquemment, on obtient uno poudre cristîilline d’alun revêtue d’ulizarinc amorphe. Le produit desséché est broyé, puis épuisé à son tour par de l’alcool, de l’esprit de bois ou du sulfure de carbone bouillant ; lu solution filtrée, bouillante, donne par le refroidissement des aiguilles jaunes et soyeuses d’aliz irine pu e. M. Barreswill, auquel j’emprunte ces détail» intéressants, a fait le» mêmes observations, en traitant de la laque de garance récemment préparée, bien lavée et encore humide, par du bisulfate de potasse en solution bouillante et concentrée. Le» produits de la réaction sont de l’alun, du sulfate neutre de potasse, et |a ma- ( tière colorante est mise en liber b*. On évapore le tout il siccfté au bain-marie , on broie le résidu desséché et on l’épuise jour l’esprit de boi», l’alcool ou le sulfure de carbone. *
L altération qui se produit ordinairement diynx là sublimation de l’alizarine disparaît lorsque la vapeur de ce corps, au moment même de son apparition, se trouve entraînée mécaniquement et soustraite à l'action ultérieure de la chaleur. Ün y arrive en sublimant et distillant l’idtzarine dan» un courant un peu rapide de vapeur d’eau surchauffée. Il est préférable d’opérer directement sur la garancine. On la prépare b la manière ordinaire , par ébullition de la garance broyée dans Tac i de sulfurique étendu, lavage jusqu’à ce que le» liqueurs ne- soient presque plu» acides, expression à la presse hydraulique, et dessiccation dans une étuve.
Il n’est pas indispensable de neutraliser Ica dernières traces d’acide, comme cela s« fait ordinairement par l'addition d’une potite quantité de craie ou do carbonate de soude, puisque, à la température h laquelle se sublime l’alizarine, ces trace» d'acide sulfurique réagissent plutôt sur l’acide poétique et le ligneux que sur la matière colorante.
Graduer exactement la température de lu vapeur d’eau surchauffée et la maintenir constante péndant un temps donué , tels sont les deux points essentiels à réaliser.
M. Kopp, auquel on doit l’idée de ce perfectionnement, a fuit connaître un appareil qui conduit à ces résultats.
La vapeur provenant d’on générateur passe dans une série de tuyaux, sorte de jeu d’orgue disposé dans un four a réverbère; la flamme circule autour do ces tuyaux ; la vapeur s’échauffe et acquiert une température convenablement élevée : h «amortie dü four, elle *e rend dans nne petite chambre de fonte où aboutit également un tuyau do vapeur provenant directement du générateur ; au moyen de cette disposition ingénieur, en réglaut les quantités de l’une et de l’autre, on peut obtenir une température régal ièro entre 100 n 380 degrés centigrade».
Lu vapeur à tenija-rature réglée est conduite, au sortir do la chambre i‘n fonte, dan» un cylindre de fonte ou de cuivre qui renferme, entre deux diaphragme», la garancine sèche réduite en fragments de In grosseur d’une noix. Ce cylindre est lui-même enveloppé d’un autre cylindre concentrique, qui reçoit de la vaponr surchauffée dans le but d’éviter la déperdition do chaleur du cylindre énveloppé; cette vapeur so perd directement dans l’air.
La % «peur passant sur la garancine entraîne l’aliznrine et la porto dans le réfrigérant. Celui-ci se partage en deux parties : lu première, conservant uno température de 100 degrés, reçoit l'alizarine condensée; la deuxième, refroidie complètement, fournit délava» peur liquéfiée ; on rassemble »nr un filtre l’alizarine sublimée Le» caox de condensation sont réunies et destinée» ri la teinture ou à la confection de la liqueur «le garance.
De» racines de garance traitées dans cet appareil se recouvrent d’alizarine qui doit ainsi s’y trouver- tourn formée.
Essais </<*.« yamnres, — Nous avons dil que la valeur d<» l'alizarin>e»; encore considérable, environ 100 fr. le kilogramme. On-a cherché pur différents moyen» h falsifier le* produits qui ht contiennent, depuis le* racine» de garance jusqu'à tes dérivés. Aussi e est à Ces produits qu'on a. dan» ce* dernières .années, tenté d’appliquer le» mode» de contrôle le» plu» varié» et lés plu» intelligent.-.. Tout "récemment encore lo liullttn de la So ieté de Mulhouse , n* U6-IHS!), reproduit un mémoire de M. k’eniud *j.r ce sujet bien digne de fixer l'attention. Nous reproduisons le* réflexion* que. fait ii cette occasion M. lkirrcswill dnn» le Héftnioir» i/iimif, t. I, p. 218. Non» les ferons suivre île» mû-
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tbodes qui ont été proposée* jusqu’à ce jour pour essayer les garances, garancincs, colorines, etc. Elles sont basée* sur de* principes variés et dont on fait usage souvent concurremment pour contrôler les résultats les uns par les autres. Nous comblerons ainsi la lacune que présente l'article gabjlxce contenu dans le second volume de cet ouvrage.
Les observations de M. Pernod sont utiles à consigner. L’auteur admet que la garance et la garuncino pourraient être falsifiéss soit pur des substance* astringente* renfermant une quantité plus ou moins grande de tanin, soit par certains bois de teinture; il propose un procédé simple et facile pour déjouer une pareille fraude.
On plonge dans une dissolution de sulfate de fer, partiellement oxydée par l'air atmosphérique, une feuille de papier blanc peu collé que l'on sèche d’une manière complète en l'exposant k l'air ou mieux à une douce chaleur; on verse ensuite sur ce papier une petite quantité d'alcool h 87 ou 88 degrés, et pour l'hnmccter le plus uniformément possible on le suspend par un angle. Ainsi préparée, cette feuille est placée sur une feuille de verre et saQpoudrée, ù l'aide d'un tamis do soio assez fin, d'une très-petite quantité de la poudre à essayer, en ayant soin, lors du tamisage, du placer le tamis très-près do lafcuillo de papier, précaution nécessaire pour le cas où les substances mêlées à la ga rance seraient ou plus fines ou plus légères que ce'.lo-ci.
Lorsque l’alcool est complètement évaporé, on lave le papier à l’eau commune et l’on observe la couleur qu'il a prise.
Si In garance est pure, on n'n qu'uno coloration rouille ou brun clair; est-elle falsifiée, des taches particulières produites par la poudre étrangère nppnrnissont uvee une couleur qui trahit lu nature do f addition. En effet, ces taches sont bleues 6i l'adultération a pour causo une' poudre renfermant du tanin; elles so produisent quand même la poudre étrangère ne cède rien
l’eau (tels seraient, par exemple, l’écorce et le fruit du pin), attendu que l'alcool qui mouille le papier, mouillant aussi ces substances, en isole facilement la matière astringente.
Si Von veut rechercher la présence d’un bois coloré, tel que le bois de Brésil, le campéche, le cuba, etc., en imprègne lo papier «le bichloriirc d’étain au lieu d’employer le sulfate de fer, puis on le place sur une lame de verre et on le saupoudre comme il a été dit. Us maiudres parcelles de cuinpécbe marquent en violet, le hxésil en cramoisi ; le cuba se révèle par une coloration jaune.
• Çc procédé est, on somme,' simple et faeilo k exécuter uu moment de la réception des marchandises. 11 est Iwn que de semblables moyens soient mis à la disposition de l’achoteur, si Von veut en finir Avec la fraude comroerciuld qui, jamais en aarun temps, n’a été plus générale qu’elle n’est aujourd'hui. Le plu* souvent, nue expérience aussi simple* que celle de M Pernod suffirait pour mettre en garde contre la sophistication qu'encourage l'acheteur par son apathie. »
Lorsque l’on s’est assuré de In nature de la falsification, il faut rechercher daim quelle proportion elle nffeotc la valeur de la marchandise. On a pour atteindre ce but différents moyens approximatif». Nous allons lès exposer en rappelant d'une manière sommaire le» principes sur losqucls jls reposât.
Lorsqu’on ajoute aux garances, dan» lo fait d’en augmenter le poids, des matières étrangère* telles que de la brique pilée, des sables et des argiles, il suffit «le délayer la garance suspecte avec 100 .à 150 fois son poids d’eau. La gnrande veste suspendue sur l'eu», et les impuretés «lont la pesanteur spécifique «t beaucoup plus considérable tombent nu fond; on peut en évaluer la quantité approximativement par décantation.
Une seconde méthode plus exacte consiste à faire l' incinération d'un poids donné de matière. On compare le résidu sous le double rapport des proportions et de la qualité (toutes choses égales d'ailleurs) avec celui que laissent les garances pures d'origine conauo.
* Les garances pure* séchées à 100 degrés peuvent ne renfermer que 5 p. 400 de cendres inorganiques; des e*sai» nombreux ont fixé les limites supérieures du poids du réwdu que doit fournir une incinération complète. MM. Girardin et Ijtbillardière ont constaté
8.80 p. 100 dans l'alizori de Provence Avec son épidoraio ; d'après M. Chevreul l'nlizari du Levant contient
9.80 do cendres; suivant M. Schlumberger, l’alizari d'Alsace en renferme 7, et celui d'Avignon 8.70. — On voit, d'après ces chiffres, que la quantité de cendres n'est pas constante, mais qu’il est probable qu’on no se trompera pas beaucoup en admettant que ce qui défasse 9 k 10 est le résultat d’une- sophistication. Certains échantillons pris dans lo commerce ont fourni jusqu'à 25 p. 100 de cendres.
Lorsque la falsification des garances se fait au moyen des matières organiques colorées ou non, les moyens sont moins rigoureux et dan* tous les cas beaucoup moins simples. Ou recherche surtout à doser le principe colorant propre à la garance, et les méthodes employées donnent la vnleùr tinctoriale de l'échantillon soumis à l'essai.
Dan* l'uuo-de ces méthodes proposée par M. Meillet ou prend 10 kilog. de garance; on fait distendre 2 kilog. d'alun dans 20 litres d’ena marquant 60 degré* centigrades; on porte lo tout lentement à l'ébullition, qu'on maintient pendant une demi-heure. La décoction est jetée sur de» toi fa* ; on l’exprime fortement; trois traitements pareils suffirent pour épuiser la garanee. On laistc reposer lo liquide pendant quelque temps, puis on y jette, avant le complet rvfroidiz- Msmcnt des liqueurs mélangées, 625 gr. d’acide snlfuriquo à 60" étendu do deux fois sou poids d'eau. 11 se précipite d'épais flocon* rougeâtres qui no tardent pas à gagner le fond de la liqueur, celle-ci passe du rouge* pourpre au jaune verdâtre ; on décante les liqueurs surnageante*, on lave lo résidu à plusieurs reprises, et lorsqu'il est sec par son exposition à l’air libre, il forme des écailles luisantes d’un jaune brun, lhns cet état, falizârino ne serait pas encore pure ; on fait chauffer le précipité non oncore desséché dans une liqueur alcaline, formée d’une partie d'nlîzarine impure, une partie et demie de carbonate de potasse et douze parties d'eau. On sature le carbonate par l’acide sulfurique, et le nouveau précipité constitue falisarine «pie M. Meillet regarde comme l’alîzarino pure et qu’il n proposé pour les usage» de la teinture. Les belles garances SF rendent en général do 2 fc 2 4/2 p. 100 d’nlisarine, quelquefois 3 p, 100.
J’emprunte au traité do M. Persoz l’analyse qu’il n présentée du proeéilé pratique suit! par M. Sclriunvberger. Ce procédé consiste à teindre nu moyen d’un poid* constant «le garance une quantité donnée de toile -tnordoncée', et k comparer cette toile teinte, puis avivée, u ufle gamme de teinture dont' la gradation de* teintes correspond k de» doses connue* «le garance. Dans ce but on prépara d’avance une certaine quantité do toilo mordancéc, on ayant soin, lorsqu’elle e*t épuisée et qu’oridoitlarcniplaecr, d’employer les ■meme*’ mondants et d'opérer dont le* mêmes conditions. Mv Schlumberger *c sert d’nn dessin , à fbndd'un double rouge. Ce fond doit, on 'outre, être h doublé violet avec hoir et blanc, quand ôn veut juger do toutes les nuance (T que fournit' la garance. On se procure ensuite une petite chaudière de 2 décimètre» do haut sur 3 fl 5 décimètres de diamètre, selon lo nombre- d'essais, qu’on so propose de faire. A 3 ou. 4 centimètres «lu fond «le cctto chaudière, qn fixé une grille sur laquelle on pose des flacons
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à large col de nias d'un litre de capacité chacun. lut chaudière doit être munie d’un couvercle percé de trous par lesquels sortent les orifices dés flacons qui s* trouvent ainsi parfaitement maintenus.
• Pour former U gamme qui doit servir plus tard à estimer, pur comparaison, la valeur relativo des garances, on coupe de* morceaux égaux de toile mordancée de Om,327, carrés par exemple , puis choisissant une garance de la pureté de laquelle on est parfaitement portait! et qui donne en teinture do bons résultats, on en fait des pesées exactes de 4 , 2, 3 et 15 gr., proportion insuffisante pour saturer les mordants. Ces divers. poids sont mis chacun avec un échantillon dans les flacon* placé* dans la chaudière et qui renferment 75U gr. d'eau distillée préalablement amenée vers 40 degrés centigrades. La chaudière, faisant fonction de bainmarie, o»t placée sur nn réchaud de charbon embrasé recouvert d'une plaque de fer ; on ferme le cendrier pour avoir un feu régulier tel que la température du liquide ne s’élève que de 5 degrés par quart d'heure, et u’après une heure et 30 minutes elle soit arrivée vers 0°. On pousse alors le bain-marie à l'ébullition, on maintient la température de 100 degrés pendant, une demi-heure. Cette .première teinture finie, los échantillons correspondant an nombre de grammes do garance employé* pour les teindre sont retirés de* flacons pour être dégorgés, lovés et séché* ; chacun d'eux est alors coupé pour former deux parties égales. Une série e»-t conservée telle qu'elle sort dù dernier rinçage, une série est soumise à lu nouvelle teinture, mais avec la moitié seulement de la garance employée dans ln première opération. Après cette dernière teinture, on dégorge , • on lave , on dessèche de nouveau , puis on divise les échantillons en deux nouvelles parties; mie série se trouve encore conservée, tandis que les autres •ont destinées à subir los opérations de l'avivage ponr fixer le fabricant sur l'éclat et la solidité de la nuance fournie par lu garance choisie pour type. S’il s’ agit d’un dessin à double fond rouge , l'avivage se fait dans une petite chaudière do cuivre hieu étnrnéc où l'on introduit avec 4 litres d’eau chuudo à G0 degrés <0 gr. do savon et la dernière série des échantillons; on maintient le tout à la même température pendant une demi-heure, puis on remplace le bain de savon par un antre bain chauffé pendant le même tomps et à la même température que le précédent, et composé de 4 kilogr. d’eau et 5 gr. d'acide nitrique d’Qnc densité de 4,327; ce second bain est remplacé par un bain de savon semblable au premier, mais qui cette fois est chauffé jusqu'à l'ébullition. Ajoutons qu'apçès chaque passage les échantillons sont dégorgés et rincés avec soin.
Os opérations terminée», on a donc :
4° Une première série d'échantillons qui ont reçu une première teinture dont l’inteusité de la nuance est proportionnelle à la quantité de garance employée, quantité qui n'a pas suffi pour saturer lu préparation (le mordnnt} ; ils sont resté* sans avivage.
2° Une seconde série qui a reçu la seconde teinture, dont le ton e*t par conséquent double de la précédente, et parmi lesquels il s'en trouve dont les mordants out été saturés de matière colorante.
3° Enfin une série qni n subi l'avivage, et d'après laquelle on peut juger de ln vivacité de la nuance tout aussi bien que do sa solidité. Chaque échantillon a reçu un numéro qui correspond à la quantité de garance employée pour le teindre. Le n" 4 de la première série, par exemple, aura donc été fait avxc 4 gr. do garance normale.
Ceci posé, veut-on évaluer la richesse d'une garance ? On en prend lu grammes avec lesquels on teint 0m,327 centimètres carrés de toile mordancée ; la première teinture achevée, on dégorgo, on rince, on sèche, puis on compare arec la première série des
normes. SI l'intensité de lu nnnneo correspoud à lé • clinntillon qni porte le n® 9, c'est une preuve que hi garance est à U garance normale dam lu rapport do 9 à 40. Si l’on représente par 400 ln valeur du type, eelle de la prise d'essai ne serait que 90.
Si l'on veut constater d’une manière beaucoup pins sincère la qualité de la garance, il convient de pousser l’essai plus loin ; car le pouvoir tinctorial do la teinture peut être augmenté par des couleurs étrangères peu solides, on même par de* substances qui contribuent d’elles-mèmes au développement de la matière ( tinctoriale de la garance. C’e»t alors qu’on fait subir-à la moitié du premier échantillon teint une seconde teinture, mais avec 5 grammes seulement de garance, et l'op répète toutes les précautions décrites Une portion de ccs échantillons teints» est comparée lorsqu'elle est sèche avec les normes de la seconde et ceux de la troisième série.
Les détails dans lesquels nous venons d’entrer donnent la mnrcho à suivre pour les essais pratiques auxquels on peut soumettre toute matière colorante qui so fixo par 1 intermédiaire d'une préparation déterminée. Nous n'aurons qu’a rappeler cette méthode, qni peut êtro maintenant suffisamment comprise.
Noua ne terminerons pas cet article sans transcrire ici deux dc-ideratu formulés dan* le programmo des * prix propos--* par la Société de Mulhouse.
Un échantillon de racines de garance, d’origine algérienne, a été comparu par ton comité des arts chiral*
. ques avec une gnrance rosée d’Avignon et trouvé de bonne qualité. Coinmo elle n'avait qu’un nn de terrç, elle aurait pn présenter encore des résultats plus satisfaisants.
m Certaines parties de l’Algérie semblent donc propres k fournir celte matière tinctoriulc ; mais indépendamment de la qualité du produit; il y a des conditions économiques tre»- importante» que lq cultivateur no doit pas perdre de vue; le prix de la terre, relui de la main-d'œuvre et de l’engrais, le climat, les circonstances atmosphériques, et particulièrement la tHitnro du terrain, qui a tant d’influence sur la qualité de la racine récoltée, sont autant de conditions qui demandent une éfudo sérieuse. •
La culture de* garances n’eet pas le seul point sur lequel la Société de Mulhouse attire l'attention. Les laques do garance, dont l'impression des tissus fait usage, proviennent de dissolutions aluminiques précipitées par des alcali» ou do* scia alcalins. Ko retirant de l’alumine û ce» laques ou en les traitant par des eaux do garance, elle* peuvent devenir plu» foncée», mais c’est toujours au détriment de leur vivacité. L'ai- % dustriu accueillerait donc avec faveur des laques-d'ahiuiino et de fer ayant le ton des couleurs garancées | après l’avivage. Il faudrait * que la laque à baso d'alumine soit égale non pas à du rose, mais a du rouge avivé, et que relie du fer soit égale aux violets, savonnés. » Dans tous les cas, le prix rie revient de ces couleurs ne devrait pa» en reqdre l’application plüs coûteuse que par voie de teinture.
M. Khittel prépare pour remplacer oes laques, comme le* couleurs d'application, un extrait concentré dérivé de la ga'rancine qu'on traite pnr des solutions boitillantes d’alun. 4 kilog. sont épuisés une premier© fois par 2 kilog 'l’alun dans 64 partie* d'eau, une deuxième fois par 4 kilog. d'alun dans 64 kilog. d’eau, une troisième par 500 grammes d’alun dans 64 kilog. d’eau, une dernière fois par 40 litres d’eau pure ; les liqueur» sont réunies et traitées Jtar 500 gr. d’acide sulfurique, a 50 degrés Bsumé : on remue, on lni»so déposer, on décante et on lave. On obtient d« la sorte une pâte orange on brun rouge qu’il faut dépouiller des trace» de partios ligueuses qui sont échappées à la filtration ; à cet effet, 10 kilog. d’extrait pâteux sont traités par
TEINTURE
TEINTURE
4 kilog. d'ammoniaque caustique ; on étend ensuite nu bout de quelques haines dans 4 il 8 litre» d'eau.
La solution ammoniacale, »-p*»i*ia1o facilement à la gomme, sert à l’impro-Mon ; elle présente une magnifique couleur violette, et pcutêrre conservée sans àlt*^rntion dans des mse» fermé» ; elle s'imprime sans difficulté, comme noue le venons en nous occupant de lu teinture proprement dite.