CaiimI?» m: poirrre (acide urique, mure ride
Le guano, dont l'usage comme engrais est dos plus importants, est devenu la source d’une intéressante matière tinctoriale depuis qu’on a ru transformer en murexide l’acide urique que cette substance contient. En présence .de l’application intéressante qui vient d'être faite nia teinture des dérivés de l’acide urique, la Société de Mulhouse a proposé comme sujet de prix la préparation artificielle et directe do l'acide urique, autrement qu’en en faisant l’extraction des matières animales.
La murexide découverte par MM. Liebig et Woehlcr, dan* leur travail classique sur l'acide urique, est devenue dans ces derniers temps d’une importance assez grande par son introduction comme matière colorante dans l’art de la teinture et la fabrication des indiennes. 11 en est résulté que la préparation de ce corps, ainsi que celle de l’acide urique dont la murexide provient, n pris le rang d’une operation industrielle , se pratiquant déjà maintenant sur une échelle ussez large. Nous allons passer en revue la préparation de l'acide urique et les circonstances dans lesquelles a lieu sa transformation en murexide.
Acide urique. — Le» matières premières dont on extrait l’acide urique sont les .excréments de serpents, d’oiseaux et surtout lo piano, riche en urnte d’ammoniaque. l.cs excréments de serpents renferment do l’acide urique presque pur-, libre ou combiné à de l'ammoniaque; mais ils sont trop rare» pour servir autrement qu’à des expériences de laboratoire. C’est du guano qu’on retire presque tout l’acide urique utilisé maintenant en industrie. Voici du reste ln méthode proposée pur M. Stadclcr pour découvrir l'acide urique dans Ici matières qui lo contiennent. On précipite la liqueur nu moyen de l'acétate basique de plomb. On forme un urute insoluble qu’on décompose par l’hydrogène sulfuré ; l'acide urique, séparé du sulfure do plomb par filtration, cristalline en tables hexagonales.
D’après M. Çrooraann, on épuise à chaud le guano par de l'acide chlorhydrique étendu. On laisse déposer les mnti'Tc* insolubles et on soutire le liquide clair et encore tiède, avec lequel ou traite de In même manière de nouvelles quantités de guano, jusqu’à ce que l'acide soit à peu près saturé . Ln dissolution contient le c.irttonntc et l'acétate d'ammoniaque , les phosphates de chaux et do magnésie, lo phosphate nmmouiaco-mar gnésien, le carbonate de chaux, une certaine quantité d’oxalntc de chaux, etc. On peut utiliser cette liqueur «oit comme engrais, soit pour la préparation des sels ammoniacaux, des phosphates et des oxalatc».
Le résidu qui n’est pas dissous dans l'acide hydrochloriquc est de nouveau traité à chaud par de nouvelles quantités de cet acide, puis lavé, égoutté et séché»
Il renferme surtout de l’acide urique , mélangé de sable, d’argile, de sulfate de chaux et de matières organiques r albumine, tnucHS, etc.) d’une couleur jaunâtre. 11 peut servir directement à lu préparation de la tpurexidc.
Si l'on veut pyrifier davantage l’acide urique, on peut faire usage soit d'acide sulfurique, soit d'alcalis, ou do sels alcalins étendus, l/acidc sulfurique concentré dissout facilement l'acide ariqhe, surtout on clmuffant do GO à 80 degrés. Pur lo refroidisseracht on èbticut
quelqncfois de gros cristaux d’une combinaison d'acide ttriqne avec 6 équivalents d’acidc sulfurique. Lorsqu'on étend d’eau cctto solution sulfurique, l’acide uriqne «e précipite de nouveau à pmi près pur, et on n’a plus qu’a le filtrer, le laver et le sécher.
En faisant bouillir l’acide uriqne impur avec une solution étendue de potassa ou do soude caustique (4 de soude pour f i à lo d’eau), ou obtient de l’urute alcalin soluble; la solution filtrée, sursaturée par un ucide, laisse de nouveau déposer l'acide urique.
Au lieu de sursaturer directement par un acide eetfe dissolution, on peut la concentrer jmqu’à ce qu'elle se prenne on bouillie visqueuse qu’on jette encore chaude sur une toile et qu'on exprime. 1 ji masse est ensuite seulement délayée' dans-dc Tenu bouillante et décomposée par l'acide chlorhydrique. Le résidu filtré et lavé représente de l’acide uriquo presque pur. I.e* eanx mères alcalines provenant de l'expression fournissent, par l’addition d'fin acide puisant, de l’acide urique impur, qu’on pmifie par nue nouvelle dissolution dans une solution alcaline faible. 100 kilog. de bon guano peuvent fournir de i 4/3 à 8 kilog. d’acide urique. Le traitement pnr l’acide sulfurique concentré, ou par les liqueurs Alcalines, peut aussi être appliqué directement au guano, mais avec moins d'avantage.
MM. Itoettger et Lomlercr ont conseillé pour épuiser lo giuinn de remplacer les alcalis caustiques par le borax qui dissout moin\ de matières animale:.
Murexide. — Nous commencerons par exposer en quelques mots les préparations sur Craquelles repose la formation de ce corps remarquable à plus d'un litre; nous trouvons la théorie parfaitement présentée dans le travail de Gerhnrdt auquel nous renverrons pour de plus amples détails ( Traite de chimie, t. I, p.otÿj. Les idées de cet éminent chimiste ont été pleinement confirmées par les travaux plus récent* auxquels la. murex idc a donné lieu.
Le» procédés à l'aide desquels on prépare la murex ide sont assez nombreux, même dans l’industrie; M. Kopp fait connaître les suivants : .
4° D’après M. Hroomsnn, on mélange dans des vases en terre de |H*fit»w quantité* d'acide nitrique à 1 ,41, pesanteur spécifique avec de l’acide urique brut et desséché. Pour plus d’économie, on peut prendre le guano purifié directement par l'acide chlorhydrique. Les deux corp* réagissent l’un sur l'autre ; l'acide urique so dissout en s'oxydant aux dépens de l'acide azotique; il se dégage du gnz dans lequel ou peut reconnaître la présence du bioxyde d'azote. On ne réussit qu’antantque lu température du mélange ne s'élève pas trop. A Cet effet on n’opère qiio sur do petites portions à la foi», et l’on place le* vases de terre dans lesquels s'effectue la réaction dans uuo capsule rempl o d'eau froide pour tempérer la chaleur qui te dégage pendant la dissolution. Ou ajoute donc alternativement do l'acide azotique et de l'aride urique par petites parties à la fois, et l'on attend chaque fois que l'action soit épuisée pour faire une nouvelle addition, t/uuud on n trait*! toute la masse que l’on vaut transformer, on abandonne le mélange à lui-même : au bout de quelque» jours, il est pris en une masse pâteuse assez épaisse. C'est de cette masse qu'il faut extraire la murexide.
On épuise par de l'eau chaude; il e*t nécessaire do ne .pas atrivtr à la température de 100 degré» centigrades. I jc lavage se fait avec très-peu d’eau pour obtenir de» liqueurs aussi concentrées que pos-ible. EJlc» sont jeunes on rougeâtre*; elle* peuvent être décolorée» par le noir animal purifié; mais cotte der-s mure opération n’est guère nécessaire. La solution renfermé des dérivés de l'acide uriqne nu nombre desquels on cite surtout dé l’nlloxane, ne 1'aJloxnntine, du nitrate d’urée, des sels ammoniacaux et quelques autres
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substance» pouvant prendre naissance duns l'act<* «l'oxydation de Kmde urique.
On évapore dan» des raves l*u fonte, émaillée t rèslarges, en ayant bien soin de 'ne pas «lépaèMjr une temw péruturc de 80* e. et uo ne point opérer’ sur de trop fortes proportions de matière. A cet effet, on verso un peu de solution dans le va«e chauffé vers 75" ou 80“ C., et l’on attend, en remuant conation ment, qu’elle oit acquis, par concentration, une consistance pâteuse; on ajoute alors une nouvelle quantité de solutiou qu’on concentre eu remuant, et ainsi de suite en versant peu de liquide à la foi». Après la concent.ration .dc toutes le» liqueurs, on laisse refroidir et l’on obtient de }a sorte une substance pâteuse ou mémo solide, d'une ■oouleur brune, rougeâtre ou violette, présentant quelquefois un reflet verdâtre* C'est là le carmin cfr pourpre de M. Broomann.
Dan s jeette dernière opération, l'ammoniaque provenant de la dissolution de l’urée libre et du nitrate d'urée réagit à l'état naissant sur l'nlloxuntino et l'nl- . loxanc pour former do la murexide.
La présence des matières organiques étrangères peut même être utile , en ramenant une cortalue quantité d'aliôxnnc à l'état d'alloxantine. C'est dan» ce but qu’on ne décolore pas toujours.
2“ Lorsqu'on ajoute de l'ammoninque à une solution chande d’alloxantine, elle devient t»ourpret par suite de la formation de la murexide ; mai» cette coloration disparaît trik-focilemcnt soit pur le refroidissement, soit par l'ébullition do la liqueur.
I.’ eau. l’excès d’ammoniaque et l'oxygène de l'air exercent dan» cette circonstance une action décomposante sur la murexide. Pour l'éviter, M. Clark couaeille d'opéref comme l’avait déjà fuit M. Gmclin, c'est-àdire de faire passer du gaz ammoniac sur de l'ai- Kixnntiue sèche réduite en poudre, ou mieux encore, de traiter ralloxn<>tine ‘èche ou humide pur une solution alcoolique d'ammoniaque ou de carbonate d’ammoniaque, ou par du gaz ammoniac saturé de vapeurs alcoo'iqucs. La murexide, étant insoluble dau» l'alcool, opI protégée par ce dernier Contre uno action trop prolongée de l'ammoniaque en excès j on prépare i’alloxantine soit en réduisant l’alloxone par l’hydrogène sulfuré, soit en portant h l’ébullition un mélange d'une partie d’acide urique avec 32 d’eau, et ajoutant peu h peu de l'acide nitrique faible jusqu’à dissolution complète de l'acide urique; lu «olutioh, évaporée aux 2.3, est abandonnée à elle-même pendant plusieurs jours <jans un local frais; elle dépose des rri.-taux d'alloxnntinfe, qu'on peut purifier par cristal Si sut ion.
3” Plus récemment M. Clark a modifié cette méthode en la rendant plu» pratique.
Il sature de l’acide nitrique «le f, 4 1*. ap. étendu d'environ son volume d’eau, à une température trèspeu supérieure à 60 degré» centigrade», par do l’acide urique ; il résulte de ce traitement uno dissolution chargée de» produits de l’oxydation de l’acide urique. Un traite par l’ammoninque, en réalisant Ica conditions suivante» :
On mélange lo liquide à froid et petit à petit avec une quantité d’ammoniaque qui n’est que la moitié de celle qu'il faudrait pour rendre alcaline la solution d’alloxanc.
L’ammoniaque n’twt ajoutée que par petite» portions à la fois, d'un côté, pour qu’il u’y ait point élévation de température, et de l'autre ponrque le liquide nît lo temps do reprendre su réaction acide. En effet, une pareille solution, rendue faiblement alcaline à froid ou neutralisée, reprend bientôt après m réaction achle. Cet effet n'a plus lieu lorsque la neutralisation a été faite à chaud.
I.e mélange ainsi préparé, chauffé ii 6lV», donne par le refroidissement de* cristaux de murexide.
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Yoid les proportions indiquées pour préparer la murexide très-pure et en grande quantité. A 100 litre» du liquide provenant du premier traitement de l’acide urique par l’dcide azotique et marquant 30° Iiumné, M. Clark ajoute peu à peu 23 à 30 litre» d'amm •niaque liquide k 18” Bnumé, en ne versant à la foi» que les 4/5 d'un litre. Après avoir opéré le méiunge complet, on chanffe lo tout à 75" c. l’ar lo refroidissement la mnrexide cristallise ; on la recueille sur ane toile.
Le» eaux mères .«ont traitée» exactement de lu même manière pour ce qui concerne la température, mais lu force de l'ammoniaque ne doit plus être que do 4 1/2° B.
Les eaux mère» de cotte nouvelle opération ponvenl être réunies aux opération» subséqueute* ou traitée» une troisième foi» avec de l'ammoniaque qui ne marque plus qu’un peu moins de 2° à l'aréomètre de Bnumé.
A l'éti.t de pureté, la murexide cristallise en prismes à 4 pans raccourci», d’un vert doré magnifique ; placés entre Paul et la lumière, il» parnisseht d’un rongegronnt; il» produisent une poudre rouge qui prend souslo polissoir une couleur verte d'un éclat métallique. Peu soluble dan» l’eau froide, elle se dissout eu plu» gratuio quantité «lans l'eau chaude; elle est insoluble dans l'alcool et l’éther; 'elle ko dn>sout dans la potasse caustique etr prenant une magnifique couleur blette; desséchée à l’aide de la chaleur , elle pord, suivant MM. Liebig et Wochler, 3 à 4 p. 100 d eau d'hydrutatkin.
Sa solution dans l’eau à 35° donne, avoc le nitrate d'argent, un précipité rouge qui devient vert pur la dessiccation et qui prend sou» lo polissoir un reflet métallique; l'acétate de plomb fournit de même un précipité. *
Une dissolution bouillante do murexide trailée- par l’acide sulfurique ou l’acide chlorhydrique dépose des paillette» nacrée», que Proust qui, le premier. Tes a préparées, nommait acide purfwriqu ». Cette réaction fait entrevoir la constitution réelle de la murexide, . qn'on peut regarder comme un purpurale d'ammoniaque. En effet, la liqueur débarrassée «le l’acide purpurique contient «lu sulfate ou du chforhydrato d’ammonia«pic. En partant de ces donnée» il est facile do formuler, tout en tenant compte de la composition centésimale à laquelle l'analyse a conduit, les transformation» successives que subit l’ucidy urique et la production de la murexide ; MM. Proust, Frit6cho et Gmelin étaient arrivés à lu même conclusion. En effet, l'acide purpurique est un acide éphémère qui, dès qu’il so trouve en liberté, se métamorphose en alloxane, en dintiiramidc et en ammoniaque; on avait autrefois regardé comme des corpa différents la mnrexnnc et* l'iirnmile ; Gerbardt a fait voir que ce* deux corps n’en font qu’un qu'il nomme dialuraniide. Or, -l’acide urique oxydé plu» ou moins éaergiquoment peut produire «lo l'nlloxune et du l'urée, ou de l’nlloxantine plu» do l’urée t lalloxnne soumise à l'ébullition -prolongée Ou bien encoro à l'influence des corps réducteur* se «>onveitit en alloxantine, et cette dernière, sou*Tinfhu»noo de l'ammoniaque, forme du purpurate d'ammoniaque avec élimination d’eau.
Ce» remuions expliquent la succession de» phénomènes qu'on observe dans la transformation de l'acidé urique en purpurutc .d’ammoniaque. La dial tirant ideaou» l'influeuce de» corps oxydant» peut reproduire la murexide.
Le carmin de pourpre préparé po«ir les besoins de» arts ne peut se fixer sur l«a fibre» textiles ou les tissus (soie, laine et coton) «jue par l’intermédiaire des tek métalliques capable* de former avec l’acide purpuriqno de» précipité» coloré» insoluble»,' Le». meilleurs résidât» ont été fournis par l’emploi de» sel» de mercure et de zinc. Le* premiers donnent une coloration ro«ige et
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Pourpre; les second* conduisent à des nuancés oranges et jaunes. Nous reviendrons plus lotu-sur ce sujet qui présente un grand Intérêt de nouveauté. Mais avant d'abandonner l’étude de la xnurexide, nous devons ajouter qu'il serait intéressant de voir’ abaissé considérablement le prix de l'acide urique; le résultat ne semble devoir Gtre atteint qu'autant qu’on le préparerait artificiellement et directement, au lieu d<* l'extraira avec plus ou moins d'économie des matières animales. Il y aurait, dans des recherches dirigées dans le sens que nous ne faisons qu'indiquer, espérance d'un profit considérable.
l.R murexide constituait probablement la célèbre pourpre des anciens. D'après M. Lacsro-Duthiers, les murex, dont on a tiré le nom de murnide, contiennent une substance colorante renfermée dans un organe particulier qu'on retrouve dans d'autres mollusques, principalement dans les hélix ; elle ne 6e colore en pourpre que par l'exposition à l’air su contact desvayons solaires.
I5vCiu:osotf. (acide rotoliqut).
Il y a quinze ans, j'avais constaté dans des chaux ayant servi longtemps fi la purification du gnz de houille la présence d’utié matière particulière capable de produire mut magnifique couleur ronge-cerise ; cette matière, ,0u du moins nue substance équivalente, a été retrouvée et proposée comme matière applicable à l’art do la teinture; il y a tout lieu de peuser que ce principe n'est autre que l’acide roxofique de Kunge.
Acide roiolique — D’après M. Smith, lorsqu'on trai.to la créosote pur un mélange de sonde caustique et d’oxyde de manganèse à la chaleur de sa volatilisation, il se forme du rotolate de soude soluble diiua l'eau, qu'oit décompose par un acide t ce corps est U’ fine magnifique couleur rose; malheureusement jusqu'à présent il n’est pas inaltérable à Pair, et l’acide carbonique suffit pour l'altérer Cette circonstance» rendu jusqu'à présent son application de la plus grande ditficulté. Ce vpuint a fixé l'attention do plusieurs chimistes, et M- Dussart a publié sur co sujet les observations suivantes :
Quand on répète les expériences de Range, on obtient en effet un corps rouge dont l'intensité de couleur s’accroît par la combinaison avec les alcalis, et qui forme une laque rouge avec l'alumine ; mais la quantité de ce produit est toujours faible. Les réactions de l'acide rosolique font supposer qu’il est identique avec les produits de l'oxydation de l’acide phénique en présence des alcalis; sou existence se rattacherait donc aux composés si remarquables préparés par Laurent. L'acide de M. Dussart est un corps rouge très-friable, fusible avec décomposition. Lorsque, uprès sa précipitation, on le sèche à 80“ degrés, il *e transforme isomériquernent et &o présente avec une couleur vertenutbaride trè— brillunto ; In pulvérisation le rutnènc à son premier état ; acide faillie, il est peu soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et l’éüicr, soluble dan» tes carbonates ulcalins eau» déplacement d’acide carbonique, soluble dans les alcalis caustiques avec une magnifique couleur rouge -cerise précipitable par les acides les plus faibles et ne formant pa» de laque avec l'alumine. L’acide extrait de la créosote semble contenir , de» matières qui Sont la cause de la formation de OéttC laque dans le cas oh clic sc forme. La chaux, la baryte, la strontiune donnent des sels moins solubles ; les sel» métalliques précipitent des acU insolubles différemment colorés. Distillé sur de la chaux potassée, il , régénère de Lucide phéniqne en même temps qu’tmo portion se détruit. L'acide sulfureux liquide ne le décolora pas. D'après le# recherche* do M. Du»» art, l'acide extrait de la créosote n'uurait pas la même composition. *' >
MM. Aruaudon et Pcreoz fils ont examiné ce ffroduit au point dé vue de la tefnture, ils ont pu le fixer ; l’acide libre dnnno sur la laine et sur la soie préparées par l’alun une magnifique couleur jaune orangé; lorsqu'on fuit virer cette couleur dans un bain d'eau de baryte à 25 degrés centigrades, on obtient la couleur rouge-cerise caractéristique de cc principe qui semble laisser à désirer quant à la solidité,.
Les recherches récente» de M. ilugo-Mncllcr wnu blent devoir confirmer les idée» de M. Ihmjirt sur l'origine de l'acido rosolique, qu'il rattache à l’acide phénique. Pour l’extraire en effet du goudron de gnz, on le traite pur un sol de chaux qu’on épuise au moyen é’nno dissolution bouillante de carbonate d'ammoniaque ; la dissolution filtrée présente uue magnifique couleur carmin ; lorsqu’on évapore à siccité, il se dépose une résine qui n'est que do l'acide rosolique impur ; on le purifio en le traitant successivement par l’alcool, l’hydrate de chaux, l’ean et l'acide acétique. Plusieurs traitements successif» abandonnent l'acide rosolique à l'état de pureté. C’est une substance amorphe d’un vert foncé, possédant le* reflets des cantharides; sa poussière est rouge, mais elle prend ut» éclat doré lorsqu'on la frotte sur un corps dur et polw Kilo est translucide en lames minces; elle présente alors une couleur rongo-o range.
L'acide rosolique précipité par l’ean de sa dissolution alcoolique se présente sous forme de flocons rougeâtres purs qui r* agglomèrent à 60" et sc résolvent en. un liquide lourd d'un vert foncé presque noir. Ce liquide est soluble dans l'alcool, l'éther, l'acide phénique, la créosote et le» acides acétique, chlorhydrique et sulfurique. Quand on emploie l’eau bouillante comme dissolvant, il ec précipite par refroidissement bous forme d'trao poudre rouge-cinabre. 11 est insoluble dans le chloroforme, la benzine et le sulfure de carbone.
I.’ncidc rosolique est un acide très- faible; il ne se combine qu'avec l'ammoniaque, et les alcalis purs forment de< sel» colorés en ronge ; mais ces combinaison» sont tellement instables, que l’acide carbonique de l’air suffit pour les décolorer; la lumière solaire agit de même. Cette circonstance rendra probablement sonemploi dans l'industrie excessivement difficile; cependant il est possible qu’on puisse remédier au manque de solidité; il parait même que le» manufacturiers anglais sont sur la vèie, s’il est vrai qu’ils transforment, comme MM. Ixiwe et Calvert l’ont annoncé, les produits du goudron de houille en un» matière colorante rose capable de rivaliser avec les roses de carthmie et le» cramoisis de garance; Cette Couleur, d’un prix encore très-elevé, résiste, d’après les chimistes que non* venpns de nomme}, aux savon» et à la lumière. Avec do semblable* qualités, ce principe, provenant d’une matière première qui n’est certes pas rare, ne peut manquer de trouver sa place dans la grande industrie. A ces colorations se rattacheraient évidemment les composés do Laurent,' sur lesquels nous avons insisté lorsque nous avons voulu faire pressentir l’ importance de l’avenir des arts chimiques dans leur application à l’art de la teinture.
16. Roucf. d’aniline ( fuchsine , asaltine, acide furhsique] .
Alcxnnd.c Uervey, chimiste distingué de Olascovr, a mi* à profit dès 1857, la coloration que l’aniline produit avec le ch'oiure de chaux, et le* manufacture* d’ Angleterre sont parvenue* à fixer cette couleur sur le* usmir de coton. A de nouveaux titres l'anitine a pris dans la teinture une place importante depuis qu'elle sert à produire la plus riche et la plus éclatante couleur ronge que l’industrie possède.
D'après M. Fritsche.J lorsqu’on soumet à la distillation sèche l’ncide onthronilique ou l'indigo dissous dans la
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potasse, Après l'ûvpir mêlé da doux fois sort pnith de rtiile ou de verre cji pou-ire pour multiplier le» surfaces, il «« dégage de l'ncido carbonique en mémo temp» qu’il se coiulenHO. dans le récipient un liquide partir o- * lier, bn>c des* magnifique# couleurs rouges et violettes dont la chimie vient de doter l’art de la teinture. Ce liquide constitue lVnflini» qu’on avait désignée successivement àous les noms de cristalline, de benzidamf. d'atniJe phrni'iue, de tyanol , jusqu’il l’époque i\ laquelle Je uo:u d’aniline prévalut dans la science.
Aniline. — Nous venons d’indiquer deux circonstance» dan ^lesquelles l’aniline prend naissance; elles lont trèsvariéos, et nous croyons devoir en indiquer quelques autre* parce qu'elles pourront peut-être un jour fournir aux besoins de l'industrie.
1° Iji nitrobenzine en dissolution alcoolique, saturée d’abord par de l’ammoniaque, puis par de l'hydrogène sulfuré, donne un dépôt do soufre et des aiguilles jaunes cri-t dîmes à 0°, qui par le repos se transforment un aniline; on la dégage par l’ébullitiou. Chauffée sur do la chaux rouge, la benzine nitrique se transforme encore en ce même liquide.
2° Le pbénate d’ammoniaque, scellé dons un tube de verre pour être abandonné quinze jour» dans un four à des température» convenables, fournit de l’aniline.
3° Kungo et Hoffmann en ont constaté la présence dans l’huile de goudron.
4” Par la distillation de la snlicvlainide sur de la chaux vive, il se dégage de l'aniline, si la température n'est pas trop élevée.
f>“ I„c» espèces chlorées et broutée» du genre Latine, de même que l’batine, mêlée» à do la potasse et distillées avec ménagement, fournissent de l’aniline.
Jusqu’en 4854 , l'aniline n’était considérée que Comme une r-nhstance curieuse ; on • no ht connaissait guère que dan» les laboratoires, l’industrie ne s’en préoccupait en aucune façon tant son prix était élevé; celle situation dut changer quand on entrevit pour l’industrie la possibilité d en tirer parti. (îriiee aux trn- i vaux de MM. Renard frères et Franc, grâce anx recherché» suides de M. Réchamp, ainsi qu’aux travaux pratiques de M. Tubourin, In fabrication de l’aniline r-t aujourd'hui courante industriellement, et cette mat ivre peut être livrée sous lo prix de 20 h 25 fr. le kilogramme.
Voici la méthode proposée par M. Béclmmp ; dans une cornue spacieuse on introduit une partie de hitrobenzine, 4,2 de limnillc de fer bien décapée, une partie d’acide acétique concentré du commerce (vinaigre do Mollcrat) exempt d’acide minéral. Lu quantité d'acide acétique doit fitro telle que le fer y soit eompJéteracut immergé; bientôt, sans chauffer, la réaction s'établit d’elle-niême ; elle devient excessivement vive, la température s’élève, et le liquide entre en ébullition ; on refroidit le récipient, il se forme de l'aniline, de l'acetalc d’aniline, et un peu de nitrobenzine qu’on recueille dan» un récipient ajusté sur la cornue- Lorsque la cornue est refroidie, on ajoute ce qui s'est déjà volatilisé, puis on distille aux trois quart». Ou verse dans la cr>rnuc un luit de chaux presque pâteux, puis on distille tant qu'il passe de l’aniline. Au produit distillé on ajoute un excès d’une dissolution concentrée de potasse, ou de carbonate de soude, ou d'hydrate de chaux; l’aniline hydratée sc sépare et rient k la inrface.En ajoutant la nitrobenzine par petite» portion» à la fois, ou modère l'opération, qui est tellement régulière que MM. Renard frères et Franc, à Lyon, fabriquent actuellement jusqu’à 400 kilog. d’aniline par jour.
La nitrobenzine »e prépare avec la benzine retirée du goudron. Le» huiles légères de houille à 27 degrés douneut n la distillation, entre 70 et 80 degré», de 25 à. 30 p. 400 de benzine, qui fournit environ 90 p. 100
do nitrobenzine Hans «ces’ bonnes Conditions, l'aniline feutre à 20 fr. le kilog. ; on vend à Londres 25 fr. le kilog. «1 aniline anglaise. L-’indnstrie française produit donc l’aniline au prix que M. Béckamp avait fixé. M. Pefkin, en Angleterre, régularisant l’action de l'acide chromiqno sur l'aniline, a préparé le violet d'aniline que MM. Franc et Tnbomiti fabriquent, sous le nom d’mdisine, sur une vaste échelle. MM. Renard frère# et Franc ont ouvert une voie nouvelle d'application de l’andine, en étudiant avec M. Vcrguin la magnifique couleur rouge que l'aniline produit dans de» circonstances variées; on en tirera bientôt du bien.
A l’état de pureté, l’aniline est un corps incolore d'une densité de 1,028. doué d’une odeur aromatique forte et désagréable; peu soluble dan» l’eau, elle se mélange en toutes proportions avec l’alcool et l’éther. Le contact de l’air la colore en brun rouge brunâtre ot nuit par la transformer en une résine jaunâtre. KUe bout a des température» qui ont été fixées entre 18i et 223"; elle coagule l’alhuminc.
La solution de# hypoclilorltes alcalins #e colore pAr l'andine en bleu foncé vidlacé; le chlorure de chaux produit le même effet ; lu couleur est variable d'intensité, suivant la concentration du liquide. Cette couleur passonn rouge »alo au contact des acide».
L’aniline décompose le* sels de peroxyde et de protoxyde de for ; il se précipite des oxyde»- liydnlté»; elle précipite aussi le» pela de zinc et d’alumine. File précipite encore les chlorures do mcrcuro, de platine, de nailadium et d’or. Le» nitrates d’argent et de mercure i existent «ans «Itération. L’aniline forme avec les arides des composés définis qui cristallisent dan# Falr-ool et dans l'eau; lu# alcalis minéraux régénèrent l'aniline inaltérée. Le chlore gazeux la noircit, avec dégagement d’ncide chlorhydrique; au bout de quelques instant» tout le liquide no forme plu» qu’une mnsro réaioohle noire, qui donne de l’acide phénique triehloré lorsqu’on la soumet à la distillation.
I ,’noide nitrique étendu dissout l’aniline sans l’altérer; il »e forme du nitrate d’nnilino qui rougit a l’air . Mais l’acide concentré fumant la train-forme en un principe qui devient jaune, et finit par se transformer avec une réaction très -vivo en acide picrique.
Hnufie d'aniline. — Telle# étaient le# propriétés connue» do l’aniline, lorsque M. Vergirin, attaché comme chimiste nu laboratoire de MM. Renard frères de Lydn, découvrit la transformation remarquable que ce corps subit lorsqu’on lo met. en conta t à lit température de l'ébullition avec le bichlornrc d’étain. Cette réaction de l’aniline et du biclilonire d’étain e$t tellement tranchée que, quelles que soient les proportions du mélange, on obtient ton tour* la magnifique coloration rouge-groseille qui caractérise la fuchsine. Kilo se forme tout aussi bien en présence d’un excès du bichlorure d’étain que lorsqu’il y a de l’aniline en excè». On forme dans uno marmite en fonte émaillée (de Rogcat frères à Lyon) un mélange de b kilogramme# d'aniline anglaise et de 4*. 5 de bicblorure d'étain (liqueur fum-mtede Libavius). Cette marmite est placée nu-dessua d'un foyer mobile. On prépare le mélange à, froid on Ajoutant lo btchlorure par petite» portion» et agitant légèrement sons une hotte dans laquelle on lance de la vapeur pour activer le tirage. On le laisse nn repos U/io heure on denx, puis on chauffe en agitant et maintenant à l’ébullit'On durant le temps nécessaire au développement de la nuance, c’est-à-diro environ 20 minute#. On la juge en regardant par transparence la tige de verre qui sert d’agitateur. La masse, d’un rouge **f intense et d’une consistance mielleuse, est almndonnée quelques instant* au refroidissement et coulée dans de# vase.» de grès pesés ; on en retire environ 4 2 kilog.; on la livre au commerce «ou# le nom de fuchsine. KUe doit ce nom, nou pas à ce fait qu’en si.
teinture;
rsa
lemnnd Fuch vont «lire Renard, -nom do l’inventeur, circonstance fortuite, mai* parce qu'elle rappelle hibrrir , Iante couleur de? fleur? qui composent le genre fuchsia.
Le bichlorure d'étain hydraté pont concourir à lu formation du rouge d'aniline, conimo U liqueur fumante «le Libaviu*.
Le bichlorure d’étain n'est pas le seul agent qui, chauffé sur do l'aniline, In transforme en fuchsine.
Lorsqu'on porte à la températtire de l'ébullition un mélange de s*. 3 de protonitrate de mercure et 4k.2 , d'anHine anglaise, on observe qu’nprês une heure de contact la masse prend une consistance ù peu prés sirupeuse et la couleur rouge violacé de la iucliKÎnc ; une quantité considérable do mercure réduit s'accumule an fond du vase, et on le séparé par décantation. I.a mas*e rouge, coulée dans «les pots do grés, *»t mise dans le commerce par MM. Monnet et Pnry sous le nom d’azaléinc, d'après le brevet de M. fïerber-Keller.
Les propriétés physiques et chimique» de ce* substances prouvent l'identité complète do la fuchsine et de l’axaléine.
Ç"e*t encore de la fnohsint qui prend naissance dans le contact à la température d« iOU° de l’aniline nvec le protosulfate d’étain, le fluorure d'étain, le nitrate d'uranc, lo nitrate de peroxyde de fer, l’iodofonne et l'iode. Dans toutes ces circonstances, la production de la fuchsine se constate de la manière la plus nette tant par l'application qu’on en peut fuirc à la teinture des fibres textiles de nature animale (laine et «oie), que pur la mise en évidence dos caractères essentiels qui la distinguent.
A In liste des corps que nous venons d'imliqner il faut on ajouter d'autres, le bichlorure «le mercure, le perçhlorure de fer, le protochloruré de fer. le protochlorurc do cuivre, le bisulfate d'étain , le protosulfute de mercure, le deutnsulfate de mercure, le deutonitrate de mercure, le nitrate d’argent, le bifluorure d’étain, le bifluorure de mercure, le bibromure de mercure, l’iodure d'étain, le chlorure d’uranc, le chlo rate de mercure, l'iodatc do inereurc. le scsquicblortire de carbone, tous ce» corps agissant h la température d’environ 200®. Nous généralisons les circonstances dons lesquelle» se forme la fucliHine en disant que trois éléments concourent toujours à la produire ; l’un est physique, c'est ht chaleur, et que. tandis que deux de ce* agents l’ani/iiw et la chaleur dont le degré correspond au point dVbuUiliou de l'aniline^ environ 200n, sont invariables et constants, lo troisième est essentiellement variable, comme on en peut juger d'après le» nombreux brevet» qu’on a voulu greffer sur le premier brevet de MM. Renard frères et Franc. J1 n'y a rien d'étonnant qu'on ait pu remplacer l’un quelconque des agents qne nous venons d'indiquer par l’acide nitrique (brevet Pepouüly et Lautb), ou l'acide ûrsé nique (brevet Girard et I>clairc , ou l’oxyde puce de plomb f(Jirnrd et Polaire , cristalline ms). MM. Renard frère» et Franc, dans leur brevet du 8 avril et le* additions qui s’y rattachent, renoncent enx-roéme* f» décrire tomes le* substitution» possibles lorsqu’ils disent : - étant bien entendu que quelle* que «oient les manipulation* effectuée», quels que «oient les corps employés, nul ne peut fabriquer la matière rouge extraite par nous de l’aniline, sans porter atteinte à notre droit d'inventeurs, qui a pour base première, pour but exelunit et pour résultat définitif, non pas un procédé, ni une substance quelconque, mais bien la nouvelle matière ronge résultant de nos travaux. »
Le tribunal do la Seine a confirmé ccs prétentions par un jugement en date du 31 août 1fit>0, conformément aux conclusions d’un rapport d’expert Pcrsoz. do I.uyues et Salvétat, dont nous extrayons la majeure partie de»rcn«cignemcnt»/pie nous avons reproduits ici.
Si la fuchsine est un produit constant de la réaction
TEINTURE
individuelle de différents agents «ur l’unUino b la température en quelque sorte déterminée par le point d’Abnllition du mélange fixe, nous devons foire remarquer que suivant les circonstance* et la nature do l'agent employé cette fuchsine peut être obtenu* sensiblement pure, ou bien «« trouver accompagnée d’un excès „ d’aniline, d’une matière violette qur «omble n'en être qu'une modification, d’une petite quantité d’indmne, avec la matière goudronneuse qu'accompagne toujours cette dernière lorsqu’elle vient à prendre naissance.
Pour comprendre qn’il puisse en être ainsi, nous répéterons les résultats de quelques oxpérieuces que nous avons dirigées dans le bat d'établir, s'il «'«tait possible, la cause de la transformation de l’aniline en fuchsine.
Les chimistes qui jusqu'à ce jour ont abordé cette délicate question répondent que Jn fuchsine résulte d'un phénomène d’oxydation qui se produit soit directement lorsque l’agent variable peut fournir l'oxygène nécessaire, soit indirectement lorsqu'on fait intervenir un composé brome, chloré, fluoré qui décompose l’eau pour mettre de l’oxygène en liberté. Au premier abord, cette opinion parait assez fondée, mais elle ne reftd pa» contpte de là formation de la fuchsine, lorsqu’on remplace le nitrate de protoxyde de mercure par le fiesipiichlofiire do carbone, par l’acide arsciiiqne, par le snlfatede protoxyde d’étain, etc.
Le» choses ne nous paraissent pas être si simple» qu’un le prétend. Et, d’abord, si dans la prépararinn de la fuchsine ou moyen d i nrtVate de mercure, tont le mercure *o trouve revivifié, la fuchsine ainsi préparéo n’est jamais pure, elle est toujours accompagnée d’une forte proportion de résine et d'une faible quautité d'in- ' disine qui «hume nn ton plus on moins bleu. L'action e«t do» plus complexes. D'autre part, quand on a recour* à l'ac-idc arsénique. lu fuchsine se produit taux réduction do l'acidc atomique, c’est.à-dirc snn* formation d'acide arsénieux, comme le fait voir l'expérience suivante :
Ou prend 12 gr. «l'acide avséniqtte pur qu’on a fait dissoudre dans 12 gr. d’eau, et on mêle lo tout avec lOgr. d'aniline pure. Ce mélange introduis dans un appareil distdlatoire est porté progresaivement, daus l’espace de six à sept heure», de lu température ordinaire à eellcdc 100, 1 20, IGO.et 180". Une portion do l'aniline, 2 gr. environ, échappe à la réaction et vient se condenser dan* le récipient. Quant au résidu, il se dissout presqu’en entier dans l'eau, et l'arsenic se retrouve en totalité dans la liqueur à l’état d’uWd# nr- *<nique. C'est à peine si l'on peut constater le* traces d'acide arsénieux.
On n’est donc pas fondé, d'après cotte expérience, à dire que la fuchsine est Iô résultat d’une oxydation subie par l'aniline.
Au reste, ce n’est pas le «cul fuit qui justifie eotto proposition; le nitrate d'aniline employé comme a iront variable de la réaction transforme l'aniline en (uclurine, sans qu’il se dégage la moindre trace de l’un «le ce* composé* nitreux qui apparaissant toujours et nécessairement toutes les fois que l’acide nitrique os» le» nitrate* interviennent dans une réaction comme agent oxydant.
Selon toute probabilité, le développement de cette matière colorante, ai tant est qu’elle dérive uniquement de la molécule aniline, résulterait d’une modification physique; en tin mot, Ce serait un changement d é ;at moléculaire provoqué par l’agent chimique variable que l’on met en présence de l'aniline. On «'explique ainsi comment, en faisant varier le» condition* de température et la nature de l'agent , on parvient à fairo naître un. produit rouge plu* ou moins violacé.
Nous avons actuellement plusieurs faits qui autorisent une. pareil -e hypothèse ; c’est d’nbor$ ce dérivé
TKINTHKE.
TKlNTtfBfc.
de l'indigo signala dans la brochure sur le vert de Chine Paris, I 8 j8;, qui, seul, etpar l'unique fait d'une variation de température imprimée à sa dissolution, permet de réaliser foutes le* couleurs simplet binaires ou leriiaices, le ponceau excepté. D'autre part, AL .Iules Per»ut vient de démontrer ( Hrpertotre tl« chimie, 48GOJ que la lumière secondée de l'action de la chaleur provoque un ébranlement moléculaire dans le» éléments constitutifs de l'acide nitrocuminique , dont l'effet est la production d’uue belle couleur cvuinoi&io.
Quels que soient les procédés appliqué* à la préparation de la fuchsine, nous avons démontré, et par les propriétés des teintures obtenues et par le» caractères physique», qu’il se tonnait toujours tmo même substance, et nous avons conclu que l’azaléine, la ftichaine, la cristalUnéine étaient identique* au double point de vue de leurs applications et de leur nature chimique.
Nous ferons remarquer que ce.» trois inutile* se comportent également bien h la teinture ; toutefois, lorsqu'on prépare la fuchsine uu :r.oyen du hichlarure d’étain et de» dosage» que nous avons indiqué-, le rouge d'aniline traité par 1 enu bouillante peut être immédiatement employé, tandis que lorsqu'on fait ilsago du sel de mercure, la couleur est accompagnée «us ré -me, qu'il faut éliminer par une ébullition préalable, prolongée pludeur* heures, pour éviter les tache» dont. le* tissus peuvent être maculé». Si l'on vent imprimer, la fuchsine préparée par le hichlorure d’étain, doit être délavée dan» l'acide antique, puis épai«*ie a la gomme. On wi sert d'acide acétique .ponr atténuer le* effets du composé d'étain qui détruit nu fixage lu Vivacité de la nuance. .
Nous terminerons cette étude par l’exposé de» caractères chimique» de là fuchsine, en ne perdant pas de vue que ce» caractères appartiennent aux trois substituée* qu’il convient de ixrnfondre et qu'on avait désignées pour de* motifs qu’il e-t facile (te saisir sous les uotns d’axutéine et de cristallinéinc. .
Lnr-qu'on veut isoler In matière colorante de tout principe étranger, on délaye le rouge d’aniline brut dan* -ix ou sept fui» son volume d'alcool et on filtre pour éloigner les parties insolubles. On ver«e do l'ammoniaque dan* chacune de» dissolution» alcooliques jusqu'à ce qu’il n’y ait plus de précipité; on jette sur uu nouveau filtre pour éliminer tout ce qui n'est pas soluble; il reste un liquide incolore ou légèrement ambré contenant la totalité de la matière o dorante. La liqueur ammoniacale est saturée par'uo l’aride acétique; on y verse une dissolution saturée de bichromate de potasse, qui produit un précipité rouge qu'on recueille sur des filtres et qu’on lave Le lavage doit être fait avec précaution, parce que tant que la liqueur et les eaux de lavage sont chargée.» de matières salines, le précipité ne se dissout pas sensiblement ; mais aussitôt que l'eau sort exempte do sol», la liqueur devient d'abord rouge-orange, à cause de* dernières traces de qhromfite de potasse, et enfin rouge- gro-cille pur. A partir de ce moment, en lavant à I eau chaude, on obtient une dissolution delà matière colorante pure, quelle que soit l'origine du produit; l'évaporation la dépose sous forme d'une masse verte magnifique ayant les plu* beaux reflet» de la. cantharide. On peut teindre on rouge vif sa»* avoir i» constater les différences qui enracn*ri*ent quelques-uns de ces produits, Taxai é> ne, par exemple.
On poat substituer à l'ammoniaque, employée comme baso capable de s’emparer de In matière colorante pour formuravec elle une combinaison soluble, la baryte on la chaux caustique en dissolution, à froid, mai» surtout a chaud ; dans ces circonstance», la fucheiltc entre en dissolution comme l'aurait fait, h froid, l’acide cartbatnique, au contact des carbonate* alcalins, *nn» perdre de ses propriété* tinctoriale* , puisqu'il suffit ,
pftur lo« remettre en évidence, de saturer par un acide les liqueur* alcaline* , et de plonger dans Je bain la soie ou la laine. » . -
l*es dissolution* provenant des trnitemouts successif» indiqués ci-dessu», contenant la matière colorante pure, ont été soumises à l’action comparative de quelque* réactifs, à l'effet do constater les différences qui pourraient exister entre elle*.
Los alcali* caustique», les carbonates alcalins en opèrent la décoloration soit h froid, soit à chaud, mai» «ans détruire lu couleur, car celle-ci reparaît à volonté moyennant l’intervention d’ur*o quantité convenable d'acide.
Le chlorure de platine trouble à peine ces dissolution»; mai», au bont d’un certain tcinp», il »e forme dans toute» nn précipité pourpre violacé.
Lç ohlorure d'or donne .-pontanérnent nn précipité pourpre foncé dans toute* ce* liqueurs.
Le sulfocyannre de pota»se versé dan» ces dissolution» n’y produit d'abord rien de sensible; xnain. au bout d’un certain temps, on y voit apparaître un précipité couleur pourpre de (.'aasius.
1/5 protochlorure d'étain, à froid, décolore presque complètement toutes co» dissolution»; k chaud, elles affectent une couleur rosée lie de vin; et si, pareillement m»diiiées, on y verse quelques goutta* d'acétate de soude, il ae forme à l'instant une laque rose.
A froid, le.» couleurs de toute* co* dissolutions to modifient déjà d' U ue manière notable en présence du perchloture d'étain; h clutud, l'altération est bien plu* prononcée, car on ne peut précipiter de la . liqueur qu'une laque rotûtre et sale.
Mélange.» avec le» dissolution» de mnngannte et de permanganate de potasse, il ne *e fait aucun précipité, et cependant, il y a altération de la matière colorante, puisque ces liqueur* ne teignent plus qu'eu nuance famé.
Les sel» d’urane produisent, au bout d!ttn certain temps, un léger précipité dans toutes ce» dissolutions.
L’iiyposulfiie de soude fait virer la nuance rougecerise 4 une nuance violacée.
Le chlore bleuit d’abord ce* liqueur» et le» décolore ensuite.
Ix» chlorure de chaux décolore partiellement toute.» ce» liqueur» à froid ; si , au contraire, on le lait réagir ii chaud, la destruction de la matière colorante est complète, et le chlorure staoneux ne peut pins faire reparaître la couleur.
Les sel* saturés à basa alcaline ne dorment lieu 4 un précipité dan» ce» dissolution* qu’au tant que le* liqueurs sont extrêmement concentrée*, et qu'un précipité peut prendre naissance en vertu de cette action spéciale qui fait que le carmin d'indigo, que le savon, corps très- solubles dans Teau, peuvent y devenir insoluble* sous l'influence du certaines matière* salines.
L'acide sulfureux décolore ces dissolutions; mais l'intervention d'un agent oxydant, employé avec précaution, permet de les faire- renaître.
Otto étude chimique do la fuchsine »e complète facilement j»ar l'expérience répétée directement sur de» tissus teint*.
Exposés à l’action du chlore givreux, tons lm» échantillon* *« comportant do la même manière ; les couleurs bleui-sent d'abord, puis disparaissent, en apparwee du moins, car elles reparaissent, profondément modifiée», il est vrai, lorsqu'on plonge les échantillons ainsi modifiés par le chlore dnrv» une solution d'acétate d'ammoninqii£
L'acide sulfurique concentré »e comporte d’n ne manière remarquai*!" en présence de ce* couleur» fixées par la teinture ; toutes le* parties du- tissa on Ton déposé cet acide passent immédiatement au jautic-oitron ; cette uuancc étant une fois bien développée, si l'on
TEINTURE
rince l'échantillon, les parties jaunes repassent au gris, et enfin k leur ton primitif , si l'on plonge les échantillons dans une solution d’ncëtnta d’ammoniaque.
L'acide hypochloreux concentre appliqué sur ces échantillons teints modifie la couleur, qui pusse au gris violacé; ici encore la destruction de la matière tinctoriale n'est point complète, puisqu’il suffit d’im ■ merg»*r les échantillons dans l’acétate d'ammoniaque, de rincer cusuite pour faire revivre la couleur, un peu dégradée à la vérité , oc qui n’a pas lieu avec l'acide Sulfurique.
L'acide sulfurique nitreux concentré, et étendu d’eau nu moment même, altère la couleur de ton* ces échantillons ; dans aucun cas, on ne peut la faire reparaître; le tissu même est altéré.
Le» échantillons immergés dans un bain d’ncido sulfureux ne tardent pas à a’y, décolorer ; mais leur couleur n’est point détruite; on peut la faire reparaître dans tous, à l'intensité près, moyennant l'intervention d'un agent oxydant agissant progressivement.
Le sulfhydrate d'ammoniaque décolore immédiatement tou* les tissus; une portion de la matière tinctoriale modifiée passe en dissolution à la faveur du rôle ha.iqoe-de ce sulfliydrate. Le» parties de la matière colo.nrjtc qni ont abandonné le tissa, comme celles qui y sont adhérente» , sont toujours régénérées nu moyen de l'acide acétique.
L’ammoniaque se combinant avec la matière colorante pour former un composé incolore, le* échantillons teints, Otant plongés dans cette dissolution alcaline, s'y 'lécoiorcnt, avec eette particularité, que le changement de couleur est ni us rapide dan* l’échantillon teint avec la fuchsine produit* au moyen du biehlorure d'élain. La présence de la résine dans les autres produits explique cette circonstance.
Le* alcalis caustiques et carbonates se comportent «le la même manière que l'ammoniaque avec toute» ce» dissolution*, pourvu qu’on élève In température s’il s’agit des carbonates; et pour remettre en évidence la couleur de la fuchsine avec toutes ses propriété* caractéristiques, il suffit de neutraliser par l’acide acétique les partie* imprégnée* par l'alcali.
Au surplus, l’identité de la matière colorante extraite de» divers produits que le commerce prépare, purifiéo et ramenée il un état comparable, est mise hors de doute pur un ordre de preuve* essentiellement chimiques.
On prétendait que la fuchsine préparée par le bichlorure d'étain était chlorée, et qu’en conséquence il •Hait impossible de la confondre avec la matière obtenue pue le nitrate de mercure, agent qui, de son côté, ne peut fournir que de l’oxygène.
Cette manière de voir ne s’accorde pa* avec l’expérience. En effet, si l’on prend l’nne ou l’sutrc de» maitères obtenue* par le biehlorure d’étain ou par le nitrate de mercure, en les brûlant dans un creuset de p'atine avec un mélange de nitre ot de carbonate potnssiqne purs, .on ne trouve pas de chlore dan* le résidu de la combustion, lorsque la purification de la matière a été compléta.
D’autre part, en dosant Ici? deux éléments importants de la fuchsine extraite de tons ce» produits brut», rouge* dérivé.- de l'aniline, savoir, le carbone ot l'nxotc, on retrouve toujours environ 70 p. 400 de carboue et 43 p. IHO d’azote.
M. Bêchant), admettant que la fuchsine est oxydée, la représente par les formules
■C'MPAzOou C'*U*A*0 qu’il croit qu’on devra doubler. {Annale* fc rhîmic, t. i.ix, p. 407.1. Elles correspondent n 72,5 de carbone et 4 4,10 d'azote.
Quoi caractère peut' on assigner n la fuchsine, relativement h ho manière d’être vis-à-vis de» autres corps? han* vouloir contester qu'elle paisse jouer le rô c de
Veihture.
base dans certains ca#, nous nous croyons autorisés à admettre qu’elle remplit non moins souvent, et peutêtre plu», ta rôle d’aride. Son* l'influence- de» acides, ln fuchsine peut toujours teindre, car, dans ces circonstances, cite est libre et apparaît avec toutes se» propriétés. Au contraire, en dissolution dans les buses puissante*, potasse, soude, ammoniaque, etc., avec lesquelles elle fonctionne comme un véritable acide, elle devient incolore ; elle ne teint plus ; il faut l'intervention d'un acide pour la déplacer et pour Ini rendre son aptitude k so combiner mec les fibre* textiles.
Il est donc incontestable que la fuchsine se produit dan* un grand nombre de circonstances avec le» j mêmes caractères organoleptique» et chimique» ; il u'en veste que pins curieux qu’on ait été si longtemps a découvrir cette précieuse transformation de l’aniline que tant de chimiste», et de* plus habile», avaient maniée si souvent (FriUchi, Laurent, Gerhard, Hoffmann}.
S'il e«t «n essai qui devait frapper les savant» et les industriel», et leur donner une idée du pouvoir colorant renferfr.é dans l'aniline, c’est évidemment l'expérience de Stenhouse qui fit voir qu’il Riiffit de quelque» goutte» do furfurol pour colorer Pnniline en rouge intense ; ln réaction est ni natte quo ces deux agents deviennent Je» réactifs le» plus précieux qu’on connaisse pour *e déceler réciproquement.
Lorsqu’on traire par le furfurol une dissolution d’aniline dan* l'acide acétique moyennement concentré, en ajoutant le furfurol goutte à goutte, la liqueur devient rouge ; le liquide »e décolore par le repos, en même temps qu’il se forme *pr le» paroi» do vase une mn*«e poisseuse foncée qui poy-ède le reflet vert de* cantharides et qui constitue la matière colorante presque pure. Cette substance, lavée et-séchéc, devient dure et cassante avec un magnifique éclat vert doré.
M. J. Panws n fait une élude de co corps remarquable dnn» lequel le furfurol semble entrer comme partie constituante ; presque insoluble dans l'eau, cette matière »e dissout dans l’alcool, dan» l'esprit de bois et dans l'acide acétique concentré; comme la fuchsine, elle est décolorée par l'ammoniaque et repreud sa couleur par l’acide acétique concentré.
Soumise à des essais do teinture, elle »e combine directement nnx tissu» de laine et de soie: le* nuances sont aussi vive* que celle» obtenue» au moyen do la fuchsine ; malheureusement elle» n’ont aucune stabilité ; elle» disparaissent en quelques heures, même à l’abri de la lumière ; en fragment» épais, la couleur s'altère aussi, elle colore alors l’alcoolcn brun.
Le furfurol est-il seul capable de colorer l'anilino cn*rouge? M. Horace Kicchlin a remarqué qu’en traitnnt pur l’acide chlorhydrique un mélange d’aniline et do goudron de bois, on obtient une matière d’un très-beau rouge qni rappelle par ses propriétés le produit que M. Renard livre au commerce son* le nom do fuchsine, et dont vainement on lui conteste la propriété.