Bois de Campêchk {Aêmalint, hémattine
M. Chevreul n déjà depuis longtemps étudié les propriétés do la dissolution dos bois de limpôche dont l'emploi dato en Europe do la découverte do l'Amérique. Lu principe utile de la décoction .do cette matière tinctoriale est connu sous le nom d'A/mafinr. Nous avons fait connaîtra comme bois de tkixture, dans co Dictionnaire, les caractères et les usages de cette substance; nous n'y reviendrons pas, mais nous nous étendrons plus longuement sur les propriétés chimiques de l'hématiuo pure, qui dans ces derniers temps ii figuré parmi les sujets traités par les chimistes les plus distingués.
Hémalmt. — Le procédé d'extraction de M. Chevrèul consiste à traiter lu campêche en poudre par l'enu pure; l'extrait conoontré repris par l'alcool est soumis à l'évaporation qui dépose des cristaux, si l'on a pris le soin d'étcudre d'un peu d'eau le liquide sirupeux provenant de la concentration de l'alcool.
Le procédé do M. Chevreul a reçu de M. Erlmnnn une légèra modification qui a permis d'obtenir l’Iiématii.c avec plus do pureté. M. Krdtnann prend l'extrait qu’on trouve dans le commerce, il le pulvérise av.ee cinq à six fois son poids de sable pour s’opposer à l'agglutination; il lo traité comité par six fois son volume d’étlicr. Lu dissolution dans l'éther contient l'hématine et quelques matières étrangères; lo liquide décanté, évaporé jusqu'à consistance sirupeuse, est repris par l'eau, qui au bout do quinze jours sépare des cristauz qu'un lavage à l’eau froide suffit pour décolorer. 4 kilog. d’extrait et 5 kilog. d'éther ont fourni 425 gr. d'hématinc.
L’hématine pure n'est pas rouge, elle est à peine colorée ; elle se rapprocherait dcjfcdc la lécanorine et de l’orcino par sa propriété de se transformer on tme matière colorée sous l'influence de l'oxygène «tdes bases. La couleur des cristaux d'hématinc varie du jaune-
TEINTURE
TEINTURE
paille au jauuc de miel, leur poussière est jaune pâle, | leur saveur est douce et sucrée. L’hématine e»t peu soluble dans l'eau froide ; l'eau bouillante en dissout assez pour qu’elle puisse sc séparer sous fonne do cristaux par le refroidissement. L’hématiue se colore fortement sons l'influence de l'air et de l’ammoniaque, à ce point qu’elle est le réactif le plu6 sensible pour déceler la présence de ce gaz dans do l’air qui n'eu contiendrait , que dos traces. L'hydrogène sulfuré détruit la combinaison colorée. I/hématine ne contient pas d’azote; elle retient tantôt 8, tantôt 3 équivalerft.i d’eau. A 120° elle a perdu toute Tenu qu’elle peut abandonner sans se décomposer. L'hématino anhydre ou rhoraatiue hydratée se comporte de la même manière sous l'influence des divers réactifs.
Soluble dans l'éther et dan» l’alcool, l’hématino n’est pas détruite par les acides chlorhydrique ut sulfurique étendus ; il y a dissolution des cristaux avec coloration rouge de la liqueur; l’acide nitrique concentré l’attaque mémo à froid ; il se forme en abondance de l’acide oxalique. Le chlore la détruit, mais l'action n’est pas nette ; il se forme uno mus*o résinoïde brunâtre sans apparence de principe cristallin.
L'eau de biryte donne avec i’hématine un précipité d’un blnno bleuâtre qui se fonce nu contact de l'air et passe au bleu foncé, puis nu rouge brun; la potasse colore l'hématine en violet; à l’air la coloration passe bientôt au rouge pourpre, puis au jnuno brun, puis au brun sale. Le produit brun dissous dans la potasse no forme pas de précipité par les acides.
L’aeétntc de plomb neutre on bnsiqno donne avec l’hématine un précipité , d'abord parfaitement blanc, mais qui se colore rapidement en bleu par son contact avec l’oxygène de l’air. La couleur finit par devenir tout à fait bleue. Le nitrate d'argent est réduit par l’hématine; il sc dépose de l’argent métallique et la liqueur prend une teinte jaune. L'alun ne donne pas de précipité.
L'action de l'ammoniaque snr l’hématine est intéressante. D'après M Erdmann, il seformeune nouvelle matière qui joue le rôle des acides et qui se combine avec l’excès d'ammoniaque.
• Hémattint. — Lorsqu’après avoir fait dissoudre l'hématéine dans l'ammoniaque liquide, on l'abandonne au contact do l’air, la couleur de la dissolution d’abord rouge se fonce do plus en plus et finit par devenir rouge noire, presque opaque. Tant que la dissolution n’a pas dépassé la teinte pourpre, on n’obtient pas de précipité par la saturation de l'ammoniaque au moyen de l’acide acétique; mais Ce précipité apparaît lorsque la couleur est devenue noire, c'est 1 hémniéine qui se précipite sou» forme d’un dépôt ocrcux rappelant lu couleur de l’oxyde do fer hydraté. Dès que ce carnctère se manifeste, il faut n« renouveler qu'avec précaution l’ammoniaque qui dispAmit; par l’évaporation spontanée, le vase sn couvre de cristaux grenus, violets, très-coloré», solubles dans l’eau qu'ils coloront en pourpre, c’est do riién atéinnte d'ammoniaque; Ica acides précipitent de l'hémacéine, elle n’est pas azotée. Elle est d’une couleur ocrense, mqia par la dessiccation elle devient dichroïte et réfléchissant les Couleurs des cantharides. En couche mince, elle laisse passer une lumière rouge ; l'hématéinc est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude qui la dépose par refroidissement sous forme de cristaux pailletés.
I/hydrogènc sulfuré ne ramène pas l'hématéine à l’étnt d'hémntiue; il n'ngit que comme acide, la dissolution dépose par la concentration de l’hematéine inaltérée.
Ou peut «e rendre compta do ces diverses réactions en représentant la composition de l’hématiue par la iormulo
c» h» o* = c«* h7 oe, no.
Sous l'influence do l’oxygène, il y aurait on équivalent d’hydrogène enlevé h l'état d’eau. On aurait, comme • pour l'oxydation de l'indigo :
Ci» H» 0: -4-0 s Cu H* 0«, 2 (HO).
Au reste, la question est encore assez obscure pour qu’on n’ose proposer une formule qu’avec la plus grande réserve.