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Fleur» de mauve noire (ma/rône

On a fait emploi pendant l’unnéc dernièro, en Turquie, de 14,000 quintaux de fleur» de mauve noire desséchées; on ignorait l’usage auquel ce produit était destiné; personne n’osait affirmer que les teinturiers s’en servissent, car on n’avait pas encore pu fixer sur laine, sur coton, sur soie, la matière colorante que contient la mauve.

M. E. Kopp a repris l’étude de cette substance, qu’une culture sur une grande échelle a fait classer parmi les matières premières de prix abordable. Leur valeur, qui était, en effet, de 424 francs, ne dépasse pas actuellement 50 francs les 1 00 kilogramme».

Pour extraire le principe colorant contenu dans les mauves, ou traite les fleurs par l'eau bouillante après avoir séparé la base des pétales, qui ue contient aucune matière utile et introduirait dans le bain uno trop grande quantité de principes mueilagineux. L’infusion faite dans l’eau distillée et filtrée sur une chausse se pré-ente sous forme d’un liquide d’une conlenr rouge violacée un peu gluant si la dissolution est concentrée. Le» acide» le font virer nu rouge cramoisi, l'addition d’un alcali ramène la couleur au violet, pui» nu • bleu légèrement verdâtre; l'addition dos alcalis à l'infusion In fait de suite passer au vert.

L'infusion aqueuse précipite on vert par l'eau do chaux ; les sels d'alumine basique donnent â la longue un précipité d'un bleu pur ; l’acétate de plomb décolore complètement la liqueur : il so fait un précipité bleu très-volumineux ; le sulfate de cuivre donne un dépôt d’un très-beau bleu. Avec les sels de mercure, on a des précipités bleus; les sels d’étain se comportent de même ; le sulfate do fer donne un dépôt bleu violacé d’une assez bello nuance; le pcrchlorure do fer préri. pite en brun, il y a destruction de la matière; de semblables phénomènes se produisent avec les chlorure» décolorants, l’acide chromique et le bichromate de potasse.

La matière colorante de la mauve noire Appartient donc à la classe de» matières végétales, chi acté risées par la propriété d’être rongies parles acides et verdies par les alcalis ; ccs matière» se rencontrent assez fréquemment dons la nature, comme, par exemple, dans les dahlias violets, les feuillet de choux rouge, la violette, etc.

On peut donner à ce principe le nom de malviim. La dissolution aqueuse l'abandonne sous forme d'extrait.

Mnlttine. — La matière colorante de la mauve est trèssoluble dans l’alcool ; elle se di>*out également, mai» moins facilement, dnnsl'éther ; ces teintures présentent une nuance pourpre très-riche.

Elle se dissout Vans altération dans l’acide snlfurique concentré, même chauffé jusqu'à 60 ou 80 degrés centigrades; la dissolution povsède une couleur pourpre très-belle et très-pure. On peut tirer parti de cette circonstance pour préparer directement avec les fleur» de mauve uno solution sulfurique. A cet effet, on humecte les péudes sec» avec un peu d’acide sulfurique concentré; en broyant le tout dans un mortier en porcelaine légèrement chauffé, on obtient une pfttc homogène, rouge brun, assez épaisse; on l’iihandonne plusieurs 110(11*0» avant de la traiter par Tenu bouillante, on filtre; la dissolution limpide est d'un beau rougo

teinture;

TEINTURK.

pourpre très-foncé. 11 Tef»tb sur le filtre une matière ligueuse ou pectine use h demi carbonisée, qui ne retient qu'une petite quantité du principe colorant.

L’extrait alcoolique, plus pur que l'extrait nqùeux, permet de séparer plus f.ici!crncntla malvéîne du mélange. Cétte teinture, évaporée doucement au bain-marie, laisse un résidu d'apparence résineuse; ce résidu,en contact avec Teati. * y dissout presque complètement, à l’exception d’une très*- petite quantité de matière grasse ou résineuse; il a été impossible, jusqu'à présent, d’obtenir lu matière colorante à l’état do pureté ott avec des caractères do pureté suffisants pour en foire l'analyse; la teinture éthéréc donne par l'évaporation spontanée des grumeaux a nppareuce cristalline, mais à la loupe on n’y retrouve pas de structure régulière.

Soumise à la distillation sèche, la matière colorante se carbonise sans donner de sublimé cristallin; il *o forme une huile épaisse empyreumntique, à réaction acide; l’absence d’ammoniaque autorise à penser qu’elle ne contient pas d'azote.

Lorsqu'on reprend par l’eau le résidu do l’évaporation de la liqueur alcoolique, on obtient avec les réactifs dos résultats différents do ceux fournis avec la liqueur aqueuse préparée directement avec les fleurs de mauve.

Ainsi elle no donne do précipité ni par les sels d'alumine ni parle bichlorure d'étain; les premiers la colorent seulement en beau bleu violacé, et le second en rouge pourpre ; avec le sulfate do protoxyde de for et le. protochlorure d'étain , les précipités sont beaucoup moins «boudants et la liqueur reste fortement colorée. ’ La solution ne précipite ni par le tanin ni par la gélatine.

La nature des préparations qu'on a fait subir aux fibres modifie la nuance que l’on peut obtenir en teinture avec les solutions nqueuscs de fleurs de mauve.

On obtient : sur coton, avec le sol de fer fort, une couleur noire ; avec lo sel de fer faible, une coloration bleu noirâtre; avec les sels d'alumine, une couleur bleue violacée ; avec les sels d’étain, un violet bleuâtre ;

Sur laine, avec l’oxychlorure d'étain, un violet ussex foncé ; avec les sels de fer, un noir bleuâtre ou du bleu grisâtre; avec les sels d’alumine, un bleu grisâtre oti violacé; avec les sels d'antimoine, un violet brunâtre ;

Sur soie, avec les 6els d’étain, uno nuance violette assez belle.

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