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Teinture ex bleu

Bois de Campêche.

Ou emploie le cnmpêcho pour teindre en bleu la laine et la soie, pour obtenir de» nuances violettes ou uoires, enfin pour remonter un pied léger de bleu solide ou de cuve.

On donne aux bleus de campêche le nom de bleus faux ; ces couleur», du resta, b part les inconvénients de leur peu de solidité, offrent de grands avantages b cause de la facilité de leur exécution.

On commence par donner un bouillon, composé, par exemple, pour 400 kilog. de laine, de 4 kilog. d’alun et 200 gr. de tartre ; le bouillon dure une heure et demie ; on verse dans le bain une décoction de campêche, et on précipite en bien par le sulfate de cuivre, qui donne une nuance d’un bleu pur. On plonge la lnino n l'ébullition, puis on la mène vivement pendant un quart d’heure. On lève, on évente, puis on lave. Le bleu de roi ou bleu d’enfer s’obtient au moyen de plusieurs passages. Voici les doses pour 400 kilog. de laine ; on garnit le bain de 40 kilog. d'alun, 2 kilog. de tartre, 4 kilog. de vitriol bleu et des copeaux de c«mpêche; ou plonge la laine, on ln mène, puis on laisse bouillir trois heures. On ajoute de nouveaux copeaux, on fait bouillir encore jusqu'à co que la teinture nit acquis l’intensité désirée. On ajoute ordinairement de la sorte de 45 b 48 kilog. de coraux. On fait bouillir uno demi-heure, et on ajouta la laine, qu’on maintient b l’ébullition pendant une heure. On peut donner un premier pied do bleu solide. On peut donner deux ou trois passages successifs. Quelquefois, on termine par un avivage, surtout quand on ajouta du sel d’étain dans la composition. On avive par nn bain qui contient 200 gr. de sulfata de cuivre par pièce de drap. On mène pendant un quart d'heure d’ébullition, on abat, on évente et on lave.

Le c«m| >Cche, appliqué pour teindre la soie, ost d'un usage assez répandu; la teinture se fait b la température de 30 on 40 degrés.

Ln réaction du bichromate de potaase sur la décoction de bois do Campêche a conduit b des nuances nouvelles. M. Kopp, qui les a décrites, en fait le résumé suivant :

TKINTt’RE.

« On sait depuis longtemps , qu’en ajoutant il uno décoction de bois de Cuinpêehe une petite quantité de bichromate do potasse, soit pur, soit additionné de son poids d'acide sulfurique, on obtient un liquide bleu foncé constituant une encre tTès-éconoinique et pouvant servir à la teinture. Les proportions suivantes ont été indiquées pour la teinture du coton.

* A 500 litres d’extrait liquide de campêche, marquant 2 degrés Baume, on njouto 4 ,500 gr. de bichromate de potasse , préalablement dissous dans de l’eau et additionnés de 3 kilog. 4/2 d’acide chlorhydrique à 22degré» Baunié. On plonge les toilesou les échcveaux de fil de coton dans la liqueur, et l’on élève la température peu à peu ju«qu’à l’ébullition. Le coton so teint ainsi en bleu indieo foncé, qui prend une teinte violacée, si ou le sèche sans le laver prrtUablemcnt ; si, au contraire, on lave d’abord dans l’eau ordinaire, ce reflet violet disparaît et la nuance devient bleu noirâtre très-foncé. Cette teinture est très-économique, puisque les proportions ci dessus indiquées peuvent servir h teindre 4,000 a 1,200 kilogrammes do coton.

On peut aussi commencer par préparer un mordant de chromo en dissolvant \ kilogramme de bichromate de jetasse dans l’eau, ajoutant I kilog. d’acide sulfurique, et ensuite, peu à pea, une quantité suffisante de mélasse ou de dextrine pour désoxydor l'acide chromlque.

Dans ce liquide, suffisamment étendu d’eau, on tnordancc la toile n chaud et on la teint ensuite en cnmpèchc, ou bien l’on ajoute le mordant au bain de teinture, et l’on y plonge la toile, en élevant j>eu à peu la température jusqu â 90 â 95 degrés centigrades.

l’our téitidre 56 à 60 kilog. de coton, on emploie la décoction d’un poids égal do bois de Campêche, et le mordant de chrome résultant de la réduction de 67 gr. de bichromate de potasse.

La couleur est à peu près solide et résiste assez bien aux acides étendus comme aux alcalis faibles.

Indigo.

Toute la théorie de la teinture en bleu d'indigo peut se résumer en deux mot». On plonge l'étoffe dans une dissolution d'indigo blanc, puis on l'expose au contact de l’air pour former sur la fibre textile de l'indigo bleu. L’indigo bleu se réduit daus la pratique par le contact avec un alcali.

Quelle quo soit la nature de l'alcali dont on fasse usage, on opère toujours dans des bassins qui prennent le nom de cure, et qui se distinguent suivant la tetui>ératiirc à laquelle on opère, suivant la nature de la fibre qu'on veut teindre en cures à froid ou cures à chaud. Ils ont ordinairement 3 mètre* île profondeur sur 2 mètres 50 de diamètre. Cette capacité, commode pour leu manipulations , s'oppose au refroidissement trop rupidc de la masse totale. La cuve cylindrique est en bois ou en enivre, l’une et l'autre matière ont l.-urs avantages cl leurs inconvénients. On les couvre dans tous les cas ; un crible en corde forme lin fond fixé sur lu r/iam/aignc, dont la section est celle de la cuve; il est maintenu par des cordes et des crochets attachés sur le bord de la cuve. Pour faire lu pusse des échcveaux, on les suspend sur les bâtons après les avoir distribués par matteaux de poids égaux. On commence par les humecter dans l’eau chaude. Pour les étoffes, on les mouille dans l'eau tiède, ou les bat et on lus dispose Mir la champagne; pour le* flocons, on les enferme daus des filets qu'on fuit descendre dans la cuve, également bouillis. Ces précautions etnjiêclient l'air emprisonné dans la fibro sèche d’entrer dans la enve. La manœuvre se fait pour les écheveau x en lissant, et pour les ti>x>us on menant de la tête à la queue, puis inversement en évitant le contact de l'air. Pour faire bleuir,

on tord avoc' un moulinet, on évente. On pa?sc une fois, deux fois, trois fois, suivant le ton et la hauteur du tou qu’on veut obtenir.

L'appareil que M. Deshayes m’a communiqué peut être d’un emploi fort avantageux même pour la teinture en bleu de cuve dos filés de coton; je l’ai vu manœuvrer dans son établissement do la Carncille (Orne). Le lissage mécanique est avantageux pour des nuances égales.

Dana !a méthode ordinnîre, pour éviter le refroidi»soment et le contact do l'air,.ou recouvre la cuve de son couvercle composé de deux ou trois segments égaux. Pour maintenir un bain dans sa plus grande activité, conserver l'indigo blanc en plus gronde quantité possible, on pallie souvent; c’est l'opération la plu* fatigante; il faut cependant no passer les mises que lorsque le dépôt a gagné le fond et qu’on a replacé la ehumpague; coite condition est nécessaire, à moins qu’on ne veuille pas teindre en uni et qu’on cherche à faire de» bleus faïoncét, qu’on prépare au moyen des curn troublée.

On donne a l’atelier qui renferme les cuves le nom de garde et les ouvriers qui dirigent la cuve s’appellent (juederous; ces dénominations ne Nïnt cependant pas en usage partout, car on nu les connaît pu-» en Normandie, nu moins pour la teinture des cotons filés.

Les caves de bain sont difficiles à réchauffer ; les cuves de cuivre peuvent, au contraire, subir les réchauds avec promptitude et facilité quand on juge à propos d'élever la température pour s'opposer au refroidissement qu’occasionnent le passage do l’étoffe et la durée de l'opération. Cependant les cuves de bois peuvent suffire lorsqu’on possède des serpentins destinés à conduire la vapeur pour chauffer indirectement.

Nous avons indiqué l’article de ce Dictionnaire qui mentionne les différent» dosages employés pour toindro (vov. t il, tkinttres). Ou y trouve. a décrit toute la manœuvre et le montage d’une cuve i» froid, nous n*y reviendrons donc pas ; cependant nous compléterons co» notions en présentant ici d’une manière sommaire le* diverses cuves en usage pour les laines et les phénomènes particuliers qui servent de guide au teinturier pour connaître l'état de sa cuve. On distingue, parmi les cuves montée» à l’indigo, les cuves au pastel, les cuves de vooède, les cuves de potasse, les cuves il lu cendre gravelée, les cuves allemandes, les cuve» d’imle. Noua étudierons principalement sur la cuve au pastel la marche do l'opération. Nous aurons peu de chose h d ire pour faire comprendre en quoi les premiers diffèrent des derniers.

Cure» de pastel. — Le pastel isatis tincloria contient nno matière colorante hleuo semblable à l'indigo, une matière colorante jaune fauve, une substance azotéo coaguluble pur la chaleur, une autre non coagulable dans les mêmes circonstances, différents sels ilout les acides sont végétaux et les buses alcalines et terreuses; il est & présumer quo les matière» azotées réagissent comme réductoura et facilitent la transformation de l’indigo bleu, c'est-à-dire sa dissolution et sa décoloration.

Monter un» cuve, c’est mettre l’indigo bleu maintenu suspendu dan» l'eau en contact avec des matières capables do lui fou nir indirectement ou directement l'hydrogène dont lu fixation o*t accompagnée de la séparation d’un équivalent d’eau basique; il ne faut employer que des matières incapables de produire une coloration nuisible k celle do l'indigo; ces avantage» sont réuni» dans le pastel, le vouède, la garance. Cette dernière substance fournit une teinture violette, quand elle est en contact avec un alcali; en contact ovre l’indigo, la nuance qu'elle fournit possède plus d'intensité. Elle agît en outre pur l’affinité que possèdent pour l'oxygène certains do ses prinaipes con-titunnts.

TEINTURE

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GH

Le» cuve» eu pastel contiennent ordinairement, quand on travaille en grand, 10 kii. d'indigo et 10 kil. de garance; on pourrait descondrecette quantité de moitié sans trop d'inconvénient. On ajoute du son et de la gaude; mais il faut être sobre de ces élément» dont la déeoinpo»i tiou est assez rapide ; le «on exciterait une fermentation putride, la gaude s'altérerait encore plus promptement : en n'en met ordinairement que 2 à 3 kil. pour les 10 kilog. d'indigo que nous venons d'indiquer. Ce» addition» ne sont pas indispensable».

Le pastel s'ajoute tantôt eu fragments, tantôt en poussière ; sous cette dernière forme il agit plus rapidement, il faut alors évidemment une surveillance plu» active.

Quand le bain a subi l'ébullition nécessaire à l’opération, on ajoute le pastel, on transvase et on met 3 à 4 kil. de diaux pour dissoudre l’indigo. On pallie et on laisse déposer quatre heures, on couvre la cuve pour éviter le contact «le l'air, on pallie. La cuve ne possède pas encore d'allure décidée ; le bain ne possède que l'odeur des matière» qu'il tient en dissolution, et qui proviennent de la garance, de la gaude et «lu pastel ; ou continue de pallier do trois heure» en trois heures.

Mm-> au bout de vingt heures la fermentation so produit, l'odeur devient ammoniacale, le liquide prend une couleur d’un jaune fauve; de plus, une sorte d'écume bleue se forme à la surface du bain, et la nuance de l'eau, prise à l'extrémité d'un tube de verre, s«ï colore en \ert d'abord, en bleu bieutût après, ai le contact de l'air est suffisamment prolongé. Cent que l'indigo contenu dans le pastel a passé dans 1a «fissolution à l’état d'indigo bleu sous l'influence de la fermentation, et ces réactions prouvent que le bain est en état d'opérer la transformation de l'iudigo qu’on pourrait y mêler. On choisit ce moment, «-n effet, pour ajouter l'indigo, broyé convenablement dans des moulins en fer et réduit & l'état de pâte par une porphyrisation complète, quelquefois aidée par l'ad litiou d'une petite quantité de potasse ou do soude. Mai» comme une portion de In chaux qu’on a déjà mise dans le bain est saturée par l’acide carbonique produit par la fermentation, ou p;ir les acides qui proviennent des garances, de 1a gaude, par l'ociile lactique qui résulte de l'altération du son, il faut en ajouter ; on verse de nouveau 2 à 3 kilog. «le chaux vive. L’air en suture «('ailleurs un certain poids.

L’indigo ne se dissout pas de tuile ; il exige, au contraire, un certain temps variable avec l'origine de la matière ; l’in'ligodc Java demande neuf à dix heures, ceux du Bengale n'en demandent pas plus de six; aprè« avoir ajouté l'indigo, qu’on met en même temps que la chaux, on pallie en répétant cette opération toutes les trois heure», on recouvre et on laisse reposer pour pabier encore de nouveau. La cuve doit alors prendre une teinte jaune roux foncé: elle se recouvre d'une jbw«f bleue très- prononcée, et do plu* la surface a l’aspect cuivré. On peut alors immerger les pièces ; mois on a remarqué que les première» teintes sont «l'une nuance moins vives qno les dernières ; cette différence tient à ce qu'il se fixe tout «l'abord en même temps que l’indigo les principes jaunes de la garance, de la gaude, du pastel. Le coton présente moins que la laine oette teinture rabattue. Les fibres textiles ont bien vito pris tout ce qu'elles peuvent prendre au bain ; il fnut les exposer à l'air ; l'indigo se régénère à l’état d’indigo bleu; un nouveau passage fixe une nouvelle quantité de bleu, et c’est par plusieurs passages successif» qu’on obtient les bleus les plus foncés. Pour ne pas perdre d'indigo, la marche la plut rationnelle consiste à faire les premières passes dans les cuves très-pauvres, les dernières «lnns les cuve» montées à neuf. Un jeu do dix cuves échelonnées, composées d'une même manière, conduit u l'économie la mieux entendue , puisqu'on renouvelant une cuve tous les cinq jours pour la teinture des

* fils de coton, on a dix cuves de puissances différentes, In ; pins pauvre épuisée étant remplacée par une nouvelle qui reçoit les écheveaux montés au ton le plus élevé. L’épuisement complet d’une cuve se fait avec des écheveaux qui n’ont reçu d’autre traitement qu’un débouiHi dans l'eau pure pour dégager tout l’air qu’ils contiennent à l'état sec. Au bout de cinq jours, la dernièrè Cuve, c’est-à-dire la neuve, devient l'avant-dernière, et ainsi de suite. On prépure le bleu d'enfer par des passages répétés.

fur*» dt tout de, — Le votiède est, comme le pastel, nne matière qu'on ajoute en Normandie anx ciitm d’indigo pour le» monter rapi«lement. Comme cette matière renferme moins do principe colorant bleu que ln pastel, on l'additionne d’une petite quantité d’indigo de Bengale. Le vouède est une plante du genre isatii qui, suivant les uns, constituerait une espèce «listincte Ho Yiialii hnctoria, suivant d'autres, au contraire, n'en serait qu’une simple variété. On prépare la cuve do vouède comme s'il s'agissait d'une cuve de pastel. On jette dans la cuve le vouède haché, en même temps qu’on prépara an mélange formé de 1 kil. d'indigo broyé, 4 kil. do garance et * kil. de chaux éteinte. On versa le bain boudlant dans le vouède dont l'iudigo sert à faire connaître le moment où le liquide peut dissoudre relui qu’on doit ajouter. La chaux est un excès puisqu'il n’y a pas de fermentation ammoniacale. Lorsque la cuve est en état, le liquide devient roux ; on continue le travail comme nous l’avons dit pour les cuves de pastW. Les cuves de vouède passent pour donner dos nuances plus vive» que ce» dernières. Mais elles durent moins longtemps. On voit des cuves dj pastel bien dirigées dans leur action marcher avec vigueur pendant cinq ou six mois de travail.

On a modifié la cuvo au pastel eu y ajoutant en même temps que la chaux une certaine quantité «lu potas-e ; la cuva se monte, par exemple, avec 3 kil. d'indigo, 8 kil. de garance, 2 kil. de sou, 4 kil. do chaux et 2 kil. de potasse; la cuve plcino d’eau so trouve chauffée dès le matin a 90 ou 95 degrés ; on met 20 kil. de pastel dès que la température est à "»0 degrés; le bouillon devient brun jaune ; il apparaît de petites bulles à sa surface au bout de quatre heure», si l’on fait asage de vapeur pour échauffer, au bout do huit heures, si l'on se sort d’une cuve à foyer. On pallie toutes les trois heures ; quand le bouillon répand l’odeur ammoniacale, on ajoute les matières que nous avons indiquées, mais en n'employant que 3 kil. d’indigo et 7 kil. de garance, on laisse reposer ; suivant que la fermentation se décide, ou ajoute de la chaux ou ou n'en mut pas.

Quand on a pallié de nouveau, que la chaux n’est plus qu'en quantité convenable, on verse 3 kil. d'indigo, et 1 kil. de garance; on réchauffe 1a cuve et on pallie. On répète cette opération plusieurs fois pendant vingt quatre heures, et le cinquième jouron commence le travail, la cuve étant en état.

On doit maintenir la température de la cuve tTèségale. Trop chaude, elle fait virer an rouge le bleu déposé, par suite de l'influence de la garance. Une cuve ainsi convenablement montée dure en gémirai trois mois ; elle peut durer davantage, mai» avec l'ùge, elle ne donne pas une bonne économie; car l'indigo semble disparaître. Comme le travail appauvrit le baiu de toute 1.x couleur déposée sur l’étoffe, on en ajoute de temps à autre, environ trois fois par semaine; on le met le soir vers dix heures ; on pallie toutos les trois heures pendant vingt-six à quarante heures, pour que tout l'indigo puisse entrer dans la dissolution. Tous les soirs on eutretient l'activité du bain par l’addition de 4 kil. 4/2 do garance. Il vaut mieux n'ajouter l'indigo que par petites parties; on en perd par une fermentation trop

TEINTURE

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active. Qunn3 un bain est fyuieé, on soutire avec de» Jritp» tout l'indigo qu’il renferme; pendant cotte opération, qu'on arrëte quand il n’y a plus do teinture, on n’ajoute plus que de la garance.

On trouve ici naturellement la supériorité de ln méthode que nous avons retracée plus haut et qui s'oppose à ce que les cuves vieillissent ; les cuves épuisées peuvent être employée* pour en monter de nouvelles ; il est préférable do monter les neuves avec tous matériaux nouveaux.

ij» teinture systématique au moyen des cuves échelonnée» est surtout économique dans les établissement» très-vastes, ou dans ceux qui ne s’occupent que de la teinture en bleu d’indigo. Je l'ai vu pratiquer à la Corneille dans l’Orne avec le plus grand succès.

Ctirr# dinde, dites encore cure* grarelées. — Ce sont après les cuves froides dont on trouvera la composition t. II, de ce Dictionnaire à l'article TEISTUKE, les plus simples ot les plus faciles h conduira.

Pour monter une cuve, on commence par faire bouillir dons une masse d'eau convenable une quantité de garance et de son proportionnelle à l'indigo qu'on veut faire entrer dans le bain. Aprèsdeux heures d’cbullition, on verse les cendres grnvclées, qu'on fait bouillir également pendant deux heures; on rafraîchit, puis on ajoute l’indigo qui a commencé sa transformation dans un bain analogue, mais dans une petite chaudière ; on gagne ainsi du temps et l'dn peut éviter bien des accident* qui doiveut nécessairement; entraîner une perte notable sur la quantité de l'indigo mis dans la cuve. En supposant qu’on veuille employer 40 kil. d’indigo, on emploiera 20 kil. de cendres grnvelécs, 6 kil. de garance et 2 kil. de son. Ces cuve» sont ordinairement montée* au moyen d’une chaleur modérée.

Cure» à la potasse. — Lorsque dans les cuves d’inde on remplace les cendres gravelées par de la potasse on monte les cuves h la potasse ; on opère avec plus do célérité que par la chaux, mais les nuance* «ont rabattues par suite de la réaction de l’alcali sur la décoction de garance.

Cures allemande*. — On doune ce nom aux cuves montées avec le carbonate de soude cristallisé et la chaux caustique pour enlever l’acide carbonique aux cristaux de soude. Tout l'avantage de celte cuve réside dans la substitution à la potasse qui coûte oher d'un alcali moins coûteux comme la soude qu’on amène h l’état caustique dans l'opération elle même; la conduite de l'opération est d'ailleurs assez délicate; on monte la cuve avec 5 kil. d’indigo, 10 kil. de cristaux du soude, 2 kil. 4/3 de chaux éteinte et 4 kilog. de son. Cette cuve sert à la teinture des laines.

Quelle que soit la nature de la cuve, sa conduite demande une surveillance constante: lorsqu’elle est en bon état, il ne faut pa» la laisser s’altérer ; car, d’une part, l’indigo ne se dissout que lorsqu'il peut être soustrait au contact de l’air, et qu’il est duns des conditions telles uu’il s’empare de l'équivalent d'hydrogène qui le transforme en indigo blanc. D'autre part, sous 1 influence d'une fermentation putride, il se décompose et perd sa couleur ; rendu soluble, il suit le mouvement moléculaire qui détruit les matière* azoté .-s avec lesquelles il est en contact, tandis que, mis en maoération avec l'eau pure, il ne s’altère que très difficilement. Or le pastel et le vouède sont fortement chargés de principes comptant l'azote au nombre de leurs éléments constitutifs.

Sous l'influence d'une fermentation trop active, les caractères du bain changeraient donc au détriment du teinturier. Sa couleur deviendrait analogue à celle de la bière, l’écumc blanche, l’odetir fade, sans dégagement d’ammoniaque, et si celte allure se prolongeait (rendant quelque* jour.*, une forte odeur de matières

animales en putréfaction, uccompnguée d’nn dégagement notable d’hydrogène sulfuré, succéderait aux caractère» normaux, qui sont le signe d'une allure régulière. I j chaux dans les cuve* de pastel et de vouède, la potü«*6 dans lc9 cuves d'inde, la soude dans les cuves nlluiuuudes s'opposent à ces accidents. Mais il fuut les renouveler. En tflet, pendnnt l'acte de la fermentation, il se dégage de l'acidc carbonique qui sature la chaux dan» le» cuves de pastel et l'alcali dans les autre* cuves; il se dépose dans les unes du carbonate calcaire^ il se dissout dans le» autres des carbonates alcalin*, toujours en quantités variables, d'autant plus cunsidé ruUes que la fermentation se trouve être plus active.

Les conditions dans lesquelles sont les cuves varient donc à chaque instant. Ajoutons à cela que leur composition change encore, non- seulement à cause du travail qui prend une quautité notable d'indigo pour lo transporter sur la fibre textile, quelle qu'elle soit, mais encore à cause de l’oxydation a une partie de l'indigo *oluble au contact de l'air introduit par l’atmosphère qui baigne ln surface ou qu’amène l'étofTe. Il y n donc des modifications incessantes dans la quantité d’indigo contenu dan» le bain sous forme convenable à la teinture. C’est pour régulariser cette composition qu’on est forcé de pallier de tempe en temps; l’indigo régénéré par le contact de l’air se dissout de nouveau, recharge le bain.

Mais pour teindre de nouvelles mises, il faut que les partir» insoluble» se soient déposée*. On comprend sans peine qu’elles s'attacheraient aux fibros et feraient réserve sur les points qu’elle* couvriraient. Ces manipulations entraînent donc de grandes lenteur», surtout quand les cuve» sont montées depuis quelque temps et que la pdtée , pied ou foud de cuve, présente une grande ténuité.

Le bain po&rède par lui -même tous les éléments pour être bien gouverné; mai» ce n'c*t qu'à ln cou ijlion d'être surveillé, de pallier en temps voulu et de maintenir 1e* alcali* on proportions convenables pour arrêter on ralentir dos fermentations trop. développées.

Malgré tou» le* soins qti'on apporte a ce travail, les cuves peuvent être fortes ou faibles, roides ou douces. 11 faut savoir les ramener au pôint convenable. La cuve lorte est celle qui présente un excès de chuux. La cuve douce en manque ; le premier accident est peu dangereux ; le second est beaucoup plus grave, car il est accompagné d’une destruction complète d'une partie do l’indigo.

A quels signes extérieur* reconnnltra-t on ce» donx allures? A l’état normal, la fleuréo abondante est légèrement cuivrée, le bain eut jaune , l’odeur franchement ammoniacale, sans trop de force; les bulles qu'on excite û la surface sont rapidement écartée».

lorsque la cuve est forte, l'odeur est fortement ammoniacale, piquante, le bain brun foncé, les bulle» sont soudées, a reflets argenté*. Il y a trop de chaux; on corrige ce défaut par une addition de sulfate de for. Irorzélius a constaté que la chaux possède la propriété do former avec l’indigo blanc deux combinaisons différentes, l'une soluble dans l’eau, l'autre avec excès de chaux, complètement insoluble. I.a présence de ce dernier composé dans les eûtes fortes dissimule l’indigo, mai» ne le détruit pas ; l'addition «l'un acide propre à s'emparer de l'excès do chaux le fait reparaître. L’emploi du sulfate de protoxyde de fer dans ce cas, consacré par l’expérience, équivaut a l’addition d’un acide; il se forme du sulfate de chaux et de l’mdigoturu soluble.

Lorsque la cuve est douce, lo bain est orangé, jaune, sale; rôdeur est ammoniacale, faible, 6ucrée, surtout si la cuve est neuve; il n’y a pas do fleuréo. 11 iaut ajouter de la chaux pour s'opposer à la fermentation qui «emble se porter sur l’indigo et l'entraîner dans une

TEÎNTUSE.

IT.ISTmîK.

éfolutiitn moléwilaire qui le détroit. On ignore qaels sont les produits de cette altération, mais les comptes d'une fabrique ne permettent pas de mettre en doute une destruction partielle.

Il est donc indispensable qu'il y ait toujours dans les cuves de pastel ou de vo uède un léger excès de chaux ; si In fermentation prenait un accroissement considérable, il en résulterait l’accident le plu* grave unquellea cuves puissent être sujettes, et qti'on nomma coup de pied. Ce tomme indique que le pastel ou le Youède, qn’on nomme pied de eu ce, sont la cause du désordre. Au moment où l'accident se prépare, des bulles grises ou blanchâtres surnngent le bain ; elles sont accompagnées de particules de pastel on de vonède, eut rainée dans le mouvoment de fermentation; la cuve broue. L'odeur ammoniacale a totalement disparu ; il ne reste plus que l'pdenr des matières en digestion dans lo bain. I,e bain no contient plus en dissolution qu'une très-fuiblc quantité d’indigo; si l'on pallie lu cuve, on voit un mouvement encore plus violent, qui, sur les bords de la cuve, imite l'ébullition. On doit se hâter d’ajouter de In chaux. L'indigo n’existe plus dans la cuve; son état est tellement destructeur, que si l'on passait une pièce teinte est bleu pour ajouter A la hauteur du ton bleu qu'elle possède déjà, sa couleur, même acquiso. pourrait disparaître et se dissoudre dans le bain. Prub les cuvos chaudes, cet accident n'est pas sans gravité. Cependant, quand elles ne sont pas trop vieilles, on peut chercher à les remiïttre en état en ajoutant de la chaux. Quand ce phénomène se présente «tir dus cuves froides, il n'y a pa# autant de dangers puisqu’on est presque toujours alors sur le point de donner un réchaud.

Ce réchaud permet de modifier l'allure du bain. On donne ce nom h l'opération qui a pour but, en élevant 1* température du bain, d’augmenter son activité; elle occasionne une grande porto de temps, lorsque le* cuves que l’on veut réchauffer sont montée» dans des vaisseaux do bois ; car il faut alors transvaser une partie du bain dan» une chaudière, et le renvoyer ensuite dans la cuve. Ce mouvement met l'indigo blanc en contact avec l’air et le fuit passer à l'état insoluble. On verse dans la cuve, dès qu’on a prélevé le liquide qu’on veut réchauffer, du son, do U garance et do l'indigo broyé. On pallie le pied. Quand le bain est chaud, on renvoie lo liquido dans la cuve, on pallie de nouveau, pois on laisse reposer, en ne travaillant que lorsque le bain est convenablement chargé d’indigo soluble.

On *’en assure en plongeant un échantillon d'étoffe ou plusieurs échevonux, les laissant séjourner un quart d’heure, le» lavant, les tordant et les exposant h l'air après les avoir éventés. Le» fibres sont jnunes-verlâtres à leur sortie du bain, mais le contact de l'air doit le* faire verdir d’abord, puis bleuir ensuite.

Lorsque les cuves sont en cuivre, le» réchauds se font avec la plus grande facilité par chauffage direct.

Pour prévenir les accidents auxquels sont sujettes surtout les cuve» de pastel, il est préférable de faire usage de pastel ou de vouède récolté sans fermentation. Une cuve montée de la sorte est bien vite mise en état ; elle peut servir à la fois à la teinture de la laine, de la soie, du El et du coton. Le* fibres teintes en bleu doivent être avivées par un passage ù l'eau légèrement acidulés par l'acide sulfurique.

Teinture de la eoie. — Lorsqu'on veut teindre la soie par l'indigo, le fabricant monte une cuve d’inde. A cet effet, on prend < 200 litres d'eau, 6 kilo» de potasse ou de sonde, 2 kilos de sou et 2 kilos de garance On délaye dans l’eau le son, la garance et 1 nlcali. On porto à l’ébullition pendant quelque temps, puis on verse le tout, liquide et marc, dans la cuve proprement dite, i à laquelle oh ajoute l'indigo parfaitement broyé. On

agite vivement ; on couvre la cuve autour do laquelle on fait un peu de feu, ou dans laquelle on maintient nu courant de vapeur de manière à tenir la température du bain dans les environs do 50 degré» centigrades. On pallie et on répète cotte opération de douze heures en douze heures, jusqu’il ce que le bain finit prêt pour la teinture. La cuve est ordinairement en état au bout de qunrantc-huit heures. Alors le bain présente le» qualités normales que nous avons fait connaître.

Au moment île teindre la soie, on verse une petite quantité de cendres gra volées, < kil. environ, et 1 io gr. do garance; on remue le tout. Après quatre heures do repos, on passé la soie. La température est telle que la main puisse sans douleur endurer l’impression de 1»

] chaleur. On plonge alor» ta soie dans ce bain après l’avoir préalablement fait i nire avec le tiers de son poids de savon blanc, et l'avoir dégorgée par doux ou quatre battue» dan» une eau courante. J.« soie doit être teinte par petites parties ; chaque muttuiu se plonge l'un après l'autre uu moyen d'un bâton qu'un place eu travers de la cuve. On lisse à plusieurs reprise», on évente, puis on jette dan» l’eau pure; çe lavage est ; terminé par la torsion sur le rouleau ou i'ospart.

Après la teinture, la dessiccation doit être prompte ; i on l'obtient l’hiver «buis une chambre chaude, en expo»

■ *-ant la soie sur un châssis qu’on agite pour faciliter ; l'évaporation. Quand te bain «affaiblit, on le remonte.

| en y ajoutant un demi kilo de cendres gravelées, ut)

I peu de garance et une poignée de sou bien lavé ; on pal- ! lia. Qpitnd l’indigo Im-iut-ine su trouve épuisé, l'adiit- ; ti&ri qu'on en fuit est encore accompagnée d'uno addi*

! (ion proportionnelle de sou, de garance et «l'alcali.

| Nous recommandons iojJ’tuAgo do cuves systématique» qui s’épuisent son» qu’on soit obligé de les remonter en indigo.

L'indigo seul ne teint la soie que dans les nuances claires ; pour obtenir do la vigueur, on donne un premier piod d’orseille fort pour lo bleu turc , faible pour le bleu de roi : ce dernier peut être plu» solide quand on le prépare avec do la cochonillo au lien d’orseillo pour lo promier piod. On le nomme bleu /in. Lés autres bien» se font sans pied ; la différence d« nuance tient à la richesse du bain et au nombre de passage» qu’on donne aux fil».

On a souvent u teindre des soies cerne*. Elles se teignent en général avec plus de facilité qne loi «oies cuite» et en nuances plus foncées : si la même cuve doit servir aux deux genre» d« 'fabrication, on commence par teindre los soies cuites, on termine par les soies crues qui cèdent uno partie de la matière gommeuse dont elle* sont chargées et qui pourrait nuire A la teinture tiens soies cuites.

Carjnin d'ind'go. — La coloration pur l'acide sulfoindigotique demande une préparation préalablo pour la laine. On prépare avec l'alun et le tartre ; on met >iaus lo bain le carmin d’indigo; on en verse uno proportion plus on moins considérable, suivant le ton plu* ou moins foncé qu'on veut obtenir. Le» nuances dairos peuvent se faire à la suite des nuance» foncées ; ce* pendant elles ont beaucoup plus d'éclat lorsqu'on lo» obtient au moyen de bains nouveaux.

Supposons qu'ou veuille teindre des tissa» de laine ou de laine mélangés de soie ; on fait bouillir la laine pendant une heure dans un bain de crème de tartre A raison de 250 gram. par kilogr. d’étoffe. On lève ; on verse dans le bain U quantité voulue de bien soluble préalablement dissous et décanté. On mène jusqu’à ce qu’on ait atteint la nuance demandée. On retire et ori lave. L'opération se fait au bouillon pour les tissus pure laine; mais pour les mélange» laine et soie, on donna un bouillon A la crème de tartre mélangée d’alun ; on teint sttn* bouillir.

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