Teinture en violet
Or teille.
On sait qu’il est très-facile d'obtenir avec l'orscillo la magnifique teinture violette amarante qu’elle est susceptible do donner. Il suffit, en effet, pour opérer une teinture, do délayer dans un bain d’eau tiède la quantité d’orseille qn’onjuge nécessaire pour la quautit«Tde laine ou de soie sur laquelle on veut opérer. Ou chauffe ensuite lo bain dans lequel on peut ajouter un pou de dissolution d'étain en portant la température dans les environs de 90 à 95 degrés, on mène la mise autant de temps qu’il en faut pour arriver au ton demandé. On n'obtient toutefois de nuances agréables sur laine que celles qui sont assez foncées.
En rappelant une ancienne observation «THelIot , savoir, quo l'orseille à laquelle on ajoute une petite quantité do sel d’étain devient plus solide que l'orseille pure, on se demande comment il se fuit qu’on ait I attendu jusqu'à ces dernières années pour ttxcr uno couleur tellement utile en teinture, que Berthollet déplorait l'abus quo les tointuriers étaient porté# à faire de cet élément.
Teinture de la soie. — L'orseille seule colore la soie dans le» nuances lilas ; elle servait surtout autrefois pour modifier le ton de certaines teintures obtenues au moyen «l’antre* principes.
Pour teindre en nrseilla, on fait bouillir dans une chaudière ce qu’il en faut pour une quantité donnée do soie blanchie ; on fait écouler toute chaude l'orseille débarrassée des impureté* qui restent au fond delà onve de dépôt, si l'on se sert d’orseille ordiunire, et on lisse avec beaucoup de rapidité les soies dégorgées avec du savon, jusqu’à ce qu’on ait obtenu la nuance conforme à l' échantillon. On lève et on rince à la rivière.
Les diverse# améliorations introduites dans la fabrication de l’orseille ont singulièrement amélioré cette teinture qui rend aujourd'hui le# pins grands serrices pour les soieries. Nous avons déjà dit les nuances différentes qne produisent MM. Gninon, Marnas et Bonnet de Lyon.
On avait déjà remarqué qne la couleur gagnait en solidité, lorsqu'avant ou pendant le passage en orscjlle la soie avait le contact avec une dissolution d’étain.-
TEINTURE
Cette méthode permet 1a fixation simultanée Je* autres principes colorants que le sel d'étain peut rendre adhérents à In soie.
Lorsqu'on fait usage de la pourpre française avant sa précipitation sou* forme do laque, il suffit, pour monter un bain do teinture, de dissoudre dans un peu d'ammoniaque et d’étendre d’une quantité convcnablo d’eau
pure.
Lorsqu'on fait usage de la laque calcaire, on com- : inc n ce par mettre la matière colorante en liberté par I l'addition dlun acide capable de former avec la bti>o , un composé peu ou point soluble ; on n recours b l’acide sulfurique ou b l’acide oxalique.
Ûn ajoute ensuite de l'ammoniaque pour dissoudre la matière colorante; le bain de teinture se trouve tout monté.
On peut aussi teindre directement avec la laque calcaire, pourvu qu’on ajoute au bain du carbonate d'ummoninque. Par l'effet d’une double décomposition déterminée par l’élévation de température, l’acide carbonique s’unit à 1a chaux, tandis que la matière colorante entre en dissolution en se combinant avec l’ammoniaque.
Lorsqu'on veut obtenir avec la pourpro française des nuances bien pures, il est bon de blanchir d'avance b l'acide sulfureux la laine ou la soie.
En somme, ou voit que rien n’est plus facile que de teindre avec la matière de M. Guinon, et comme elle résiste à l’uctiou des acides, il en résulte qu'on peut passer les fibres teintes en pourpro dans toutes les couleurs qui ne se fixent que par les acides, et arriver b produire ainsi les effets les plus variés. M. Persoz a fait connaître qu'en l’associant au cartbame on obtient des nuances Heur de pêcher, groseille, pose des Alpes, qui nu laissent rien b désirer ; les échantillons que M. Guinon a bien voulu mettre b ma disposition démontrent qu’en l'associant a l’indigotntc de soude, elle jymt produire toutes les nuances violettes jusqu'au bleu vio’acé. Les avantages de l'orseille solide ne se bornent pas b la teinture ; on peut s’en sorvir pour l'impression, en préparant une laque avec l'alumine. On la dissout dans l’acide acétique, on ajoute un pou de magnésie, on épaissit b l'albumine, puison vaporise après l'impression.
Mais il existe une méthode plus rapide, qui consiste, snivnnt la nature des tissus, b imprimer simplement un mélange d'albumine et de matière colorante , et b dessécher; on pout encore imprimer de l'albumine seule, la faire 6écher, et passer ensuite le tissu dans un bain de pourpre française . monté comme on l’a vu. Les parties chargées d’albumine sc teignent seules : l'albumine fait fonction de mordant orgnniquo.
Indisinet anileine.
Nous avons déjb dit tout l'intérêt qui s'attache b In production du nouveau violet d'aniline ; nous avons fait connaître les conditions les plus avantageuses dans lesquelles s'effectue son application au coton. Ce perfectionnement dans l'art du la teinture a rais en rolicf l'importance des mordants organiques. Depuis les travaux d’Hausmann sur la valeur des mordants, do nombreuses applications en ont été faites, et l'albumine a servi pour fixer l'orseille d'abord, le violet d'aniline ensuite. M. Barreswill cita ce fait intéressant que, dès 1847, M. Dollfus-Anaaet de la maison Dollfus-Mieg a fiait imprimer de l'albumine préalablement dissoute dans l’eau et additionnée d’une petite quantité d’huile, pour donner b l’étoffe une certaine souplesse que ne possède pins le tissu lorsque l'albumine est coagulée. En supposant une impression en uni on teint dans un buin d’orseillo ; en sortant du bnin on vire en passant la couleur dans un bain d’eau de chaux faible.
L’emploi du violet d’aniline en teiuture repose sur
ln même préparation, et c'est, d’après M. Bnrroswdl, à l’année 484/ qu’il faut fj^ire remonter la première application des principes posés par ilnusin&un dans son travail sur les mordants organiques.
L'ntbumino s’emploie pour la fabrication du violet d’aniline do trois manières différentes. C’est surtout comme impression qu'on en fait u^age b Malbouse. Trois maisons semblent se disputer l’honneur de ce perfectionnement remarquable. M. Dollfna- Micg , MM. Kcochlin frères ot Stoinbnch -Kœchlin ; enfin M. Perkin prend sa part dans la priorité.
L© procédé le pins direct consiste b épaissir la dissolution d’indisine avec de l’albumine. Ce serait la méthode la plus simple, donnant loi» résultats les plus convenables par rapport b la solidité de lu teinture, si le précipité que forment les deux principes pouvait être divisé, et *i le tamisage ne conduisait pas b des perte» considérables.
Le second procédé consiste b préparer le tissn par une eau d'albumine; on imprime ensuite la dissolution del aniléine sur le» tissus préparés. Cette méthode fournit les nuance» les plu» transparente» et le» plus unies. On ne peut lui opposer que les inconvénients de la roidcur que prend l’étoffe, et les difficulté» do l'enlumiuage par rentrurc». •
Une troisième méthode, très-ingénieuse, consiste b teindre dans la dissolution d’aniiéino l’étoffe imprimé» préalablement en albumine. ; on blanchit ensuite les fond» au moyen du chlorure de chaux.