TUMUJUS NUANCES COMPOSÉES
Nous avons pu voir, d'après les nombreuses substances énumérées ci-dessus, la richesse des ressources que la science moderne a mises À la disposition des teinturiers. On se fernit une idée bien fausse de la vu- , riété des nuances que le consommateur peut demander, I 6i l'on perdait de vue que toutes les matières colorantes dont les propriétés chimiques sont voisines peuvent so mélanger eu quelque sorte en proportions indéfinies, et que la transparence do la plupart de ces couleurs permet de les placer les unes sur les autres, et de préparer ainsi pur voie de superposition des tons mélnngés très-variables , et tout aussi brillants que ceux qui peuvent provenir do mélanges solubles. Comme le premier pied ne sature pas lu fibre, on peut faire prendre & l’étoffe de nouvelles ocuteurs dans dos bains chargés de matières colorantes différentes.
Le cortège des couleurs composées vives et brillantes que l'industrie produit est tellement varié, qu’on est forcé pour les nommer d'aller chercher des noms pris dans toute sorte de langues et de notions, dans tout ordre d’idées, etc.; on peut les ramener, ainsi que nous l’avons dit. 4 quatre classes distinctes.
Cequeuous avons iudiqué sur la teinture en rouge, en jaune, en bleu nous dispense de plus grands détuils; nous nous bornerons à 1 énoncé de quelques principes généraux.
Nous distinguons:
1° Les nuances formées do jaune et do bleu, formant le r cri et ses dégradations ;
Les nuunces formée» de rougo et do biou, formant lo violet et ses dégradations ;
3° Les nuances de jaune et de rouge, formant l'orange, l'orangé et ses dégradations.
4U Nous rangerons dans la quatrième classe toutes les nuances qui participent à la foi» du bleu, du jaune et du rouge. Elles se subdivisent en troi6 sérios suivant que l'uno d'elles domine par rapport aux autres. •
Dau* les marrons et les nuances qui l'euvironnent, le rougo domine ; dans los verts olive et les nuances dérivées, c'est le jaune qui se trouve ou excès. La 3* série contient les couleurs dites tête de nègre et les tons qui s’y rapportent dans lesquels lo bleu semble j dominer. *
Les noirs et les gris appartiennent à la série neutre dans laquelle ni le bien, ni le rouge, ni le jaune ne sont en excès, chacuue de ces nuances étant en proportion convenable pour se neutraliser complètement. Les gris sont formés par du noir auquel se mêle plus ou moins de fibre blanche non colorée. Nous avons vu qu’on devrait, pour obtenir chacune de ces nuances douées d'une grande solidité, qu'elles soient pures ou se classent dans la 4'*, 2* ou 3e série, former le fil de laines blanches et de laiocs colorées dans la nuance la plus foncée.
Teinture en jaune et bleu.
(Verts, verts bleus et verts jaunes. )
Pour teindre en vert, on commence par teindre en bleu; on rince, on teint en jaune. Lorsqu'on teint de la laine, il faut choisir comme teintures celles qui ne sont pas altérées au foulonnago, c’est-à-dire par le contact avec les alcalis. Nous avons vu que certains mélanges qui peuvent s'employer exactement dans les mêmes conditions teignent immédiatement en vert ; mais en général, à l'exception du vert de Chine, ces nuances n’ont pas un grand éclut à la lumière artificielle. Pour qu’un vert soit brillant À la lumière d'uno lampe, par exemple, il faut que le bleu et le jaune qui le composent le soient aussi pris isolément. Or on a remarqué que beaucoup de bleus se dénaturent le soir j en tournant an violet et même au pourpre, en même | temps que les jaunes ou faiblissent ou tournent à l’orangé. 11 estévident que l'harmonie du vert sera détruite le soir et que l’impression sur l'œil sera celle d'un mélange de bleu, de rouge et du jaune, c'est-à-diro d'un ton plus ou moins rabattu.
La graine de Perse fournit un jaune brillant même à la lumière artificielle, bieu qu’il vire légèrement à l'orangé; mais en supposant qu’on ne puisse en faire usage, on trouverait dans les analogues du hoal-boa et du hoaug-tchi un jaune satisfaisant à toutes les conditions.
Quant an bleu, l'indigo, soit dans le blou de cuve, soit dans le carmin d'indigo, le fournirait dans l'état convenable, si l’on avait lo soin d'éloigner du buin le pourpre d'indigo et la phénicine qui modifient la nuance des bleus en altérant leur pureté. Lorsqu’on n préparé le bleu convenablement purifié, lorsqu'on ‘a suturé d'oxyde d'étnin une lessive faible, on sature cette dernière d'indigo ou de sulfate d’indigu. On plonge alors dans ccttc cuve montée par l’étain les tissus n teindre pour obtenir un bleu de ciel pur nu ton voulu ; on donne sur ce premier pied de bleu lo jnunc en rnpport avec lu nuance verte qu'on veut préparer. M. Porsoz a composé de cotte manière des verts brillants à la lumière, qui se rapprochaient beaucoup de celui que fournit le lo-kno des Chinois.
Teinture en violet, rouge et bleu.
(Violet, pourpre, amarante et cramoisi.)
Lorsqu'on forme le violet par la superposition du rotige et de l’indigo, les deux nuances doivent avoir la même intensité. Il faut fixer d'abord la nuance bic-ue pur la cuve d’inde, ou toute autre cuva d'indigo, terminer par la roupie. Tcllo est la méthode dont on ne s’écarte pas. Si l’on commençait par appliquer la cochenille, le rougo serait en partie détruit par la réaction de l'alcali nécessité par la cuvo d’indigo. Il faudrait exagérer la dose de cochenille, c’est-à-dire augmenter la dépense.
La couleur pourpre, duns laquelle le rouge esten plus forte proportion que dans le violet, se prépare au moyen du camplche, de l’alun, du tartre et du sel d’étain comme bouillon; on bleuit avec lo campêclie; dans cette préparation , le rouge c»t fourni par la réaction du bouillon acide sur le rnm pêche.
Digitiz
TEINTURE
TEINTURE
Le cramoisi, plue rouge encore que le pourpre, provient de 1e cochenille qui donne avec les diverses préparations métalliques des nuances plus ou moins jaunes; on la fait virer au moyen des alcalis ; l'ammoniaque est généralement préférée.
L’amarante, plus rouge que le cramoisi, s’obtient avec une moins grande dose do bleu ; on teint comme pour le cramoisi que nous venons de voir. On surcharge avec du bleu qu’on tire du campéche ou du sulfate d'indigo. On teint en rouge d’abord, on passe ensuite dans le bain de bleu.
Nous ne voulons pas allonger cet article en donnant des compositions variées pour produire snr laine, sur soie et sur coton, les nuances en quelque sorte innombrables qui tiennent du rouge et du bleu. Nous nous bornerons à transcrire les doses indiquées par M. Chevreul pour préparer le violet sur laine.
Teinture de la laine en eiolet. — On prend, d’après M. Chovreul, pour 40 kilog. de laine û teindre on violet fin, 1 kilog. d'alun, 2 kilog. de crème de tartre pour monter un bouillon ; on manœuvre le» laines au bouillon pendant un quart d’heure ; on lève et on évente. Après avoir rafraîchi le bain, on ajoute de la cochenille ammoniacale et du carmin d'indigo dans des proportions déterminées par la nuance que l'on vout obtenir { on lisse jusqu'à la hauteur demandée ; on lève et on lave.
On peut remplacer la cochenille par le bois de Catnpêche. On monte la bouillon avec 2,500 gr. d’alun, 4,250 gr. de crème de tartre et 4 ,250 gr. de composition d'étain; on fait bouillir pendant une heuro et demie ; on lève, ou met au frais et on laisse snr te mordant pendant trois jours ; on rince et on monte un bain faihle de campéche à 70 degrés; on lisso jusqu’à la nuance voulue.
Teinture de la soie. — On so sert pour teindro la soie dans les nuances violettes soit de cochenille et do bleu de cuve, ou do bois do Brésil, soit d'orscille. Lo violet fin so fait avec la cochenille ot le bleu de enve.
Pour obtenir le violet fin, on prépare la soie, puis on lui donne la rougie par la cochenille, comme pour avoir le cramoisi ; seulement, on ne met dans le bain ni crèmo do tartre ni dissolution d'étain ; on met plus ou moins de cochenille, suivant la nuance qn’on veut faire. On prend ordinairement, pour un beau violet, 46 kilog. pour 400 kilog. de soie. On teint, ou lave à la rivière en donnant deux battures; on passo ensuite dan» une cuve plus ou moins forte, suivant la hauteur do bleu qu’on veut superposer. On lave et on sèche avec précaution.
Lorsqu'on remplaco la cochenille par lo bois de Brésil, on obtient des nuances qui peuvent ne pas manquer d'un certain éclat, mais qui ne sauraient être considérées comme résistantes.
Teinture en jaune et rouge.
(Écarlate, orange et ronge orangé.)
On donno le nom d 'écarlate à la coulenr que^brmo la cochenille précipitée par un sel d’étain. Dans ce cas, le jaune que prend l'étoffe parait résulter de la destruction d'une partie de la cochenille employée. On a donc économie à joindre à la cochenille, pour en diminuer le poids, une matière colorante jaune. On a donné la préférenoe au fustet et au eurcuma. On obtient toutes le» nuances qui dérivent do l'orange en variant les doses de la composition d’étain, de la cochenille et des ruatièrcscolorantesjauneB(rustet, curcuma, gaude, otc.).