‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 279 sur 394 · Teintukh en hoir · texte numérisé non relu

Teintukh en hoir

On sait que le composé formé par l'oxyde de fer, l’acide gallique et le tanin , qui constitue l'encre ordinaire, d'nn gris violet, lorsqu'il est étendu, parait noir quand il est concentré, et qu’il peut servir à la teinture

en noir des laines, des soies, du fil et du coton ; on l’associe généralement aux composés formés par les sels de cuivre et lo campéche.

Teinture de la laine. — D'après M. Chevreul, pour teindre en noir la laine en écheveaux, on commence par 1a lisser dans un bain de carbonate de soude à 2 degrés Baumé et à 6 degrés centigrades pendant environ uno dcmi.hourc ; on rinco à l’eau courante, puis on finit bouillir avec do l'ean qu’on n légèrement étendue d’alun ; on donne un bouillon de quelques minutes, puis on laisse déposer le bain, qu’on tire à clair dans une bar que en bois. I.a température étant descendue vers 70 degrés, les laines sont placées dans un panier à claire-voie, de dimension toile qu’il puis?o descendre facilement dans la barque. On presse les laines, puis on les descend dans le bain, de manière qu’elles y plongent entièrement. On lee laisse tremper uno heure ou deux, on les retire ensuite pour les rincer; clics sont dans cet état disposée» pour la teinture.

On passe dans un bouillon qui contient 500 gr. do sulfate de fer et 4 kilog. de tartre rouge; on rinco à fond. On monte un deuxième bain avec du campéche qu'on fait tourner avec un peu d'acétate de cuivre ; on y lisse les laines jusqu'à ce que la noir soit suffisamment monté ; on rince pour enlever toutes les molécules qui uo sont pas adhérentes.

Lorsqu'on veut teindre do la laine en pièce comme des draps, on commence par leur donner un pied de bleu do cuve qui fournit un noir plu» solide avec uno nuance toujours pins pure et plus intense.

Le» proportions auxquelles on accorde généralement la préférence sont 5 kilog. do noix de galle, 30 do bois de Campéche, et 5 de sulfate de fer pour 1 00 kilog. de drap. Voici comment on procède dans d'autres localités :

Pour 440 à 120 mètres de drap passés au bleu do cuve, on prend 5 kilog. do noix de galle, 4 kilog. bois d’Inde, 4 kiiog. de sulfate ou do pyrolignitc de for, 1 kilog. d'acétate de cuivre; on mélange à 400 degrés. Quand le bain est bien noir, on partage la liqueur en trois parties; le premier tiers est refroidi jusqu'à 40 degrés; on y trempe l’étoffe qu’on manœuvra 6ur lo tour. On lève et on évente; on ajoute dans la liqueur le deuxième tiers, auquel on mélange 3 à 4 kil. du sulfate de fer; on trempe, pui» on lève et on évente de nouveau ; enfin, on ajoute le dernier tiers, puis 4 kilog. do sulfate do fer et 2 à 3 kilog. de sumac ; on élève k l'ébullition, on trempe l'étoffe, après avoir rafraîchi, on lève, on évente, on rinco ot on foulonne ; on rince à la rivière.

On opère plus simplement encore en passant le drap bleu sur un bain de noix de galle bouillant pendant deux heures ; on le passe ensuite dans un bain de bois d’Inde et de sulfate de fer sans faire bouillir. On lavo et on foulonne.

On trouvera dans les ouvrage» spéciaux de* milliers de dosages qui tous oscillent autour do ceux que nous venons de donner. Les méthodes sont variable» aveo les localités; le tanin est fourni tantôt par une plante, tantôt par une autre; le commerce distingue donc les noirs on d'après le nom de ln localité qui la fournit, ou du nom des ingrédients qui composent le bain ; on connaît le noir de Sedan, lo noir de Vienne, le noir do Bédarrioux, le noir de Montauban, le noir au chromate, lo noir an pndis, etc.

On donne le nom de nofr d la jr suite nu noir brillant fait à l’aide d'un appareil particulier qui permet le contact de l’air pendant la teinture mémo. Lo tour est pincé & 3 mètres au-dessus de la chaudière, de façon qu’il y ait toujours 6 mètre» de drap hors du bain et en contact avee l’atmosphère. On prépare, commo dnns les autres fabrication», une décoction do noix de galle,

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dn sumac et decampêche ; on plonge les tisses à 400 degrés pendant une heure ou deux, on abat, on évente jusqu'à co (pie la mire soit refroidie. On ajoute au bain nn demi -kilog. d’acétate de cuivre par pièce de 1 5 mètres; on plonge l'étoffe et on la mène pendant deux heures à l'ébullition; on abat et on évente pour faire refroidir; on verse alors dans le bain du protosulfate de fer qu'on utilise dans la dernière passe des tissns. L’action de l’air, pendant que ln pièce circule à sa sortie du bain, facilite l'oxydation du protoxyde de fer; on obtient une coloration plus uniforme et plus intense.

Teinture de la eoie. — Quoique la soie grège prenne 'a teinture en noir trè3-facilement, il est nécessaire do la cuire pour que la coloration soit régulière et brûlante.

On fait décrctiscr la soie par nue ébullition avec le cinquième de son poids de savon ; on maintient l'ébullition pendant quatre ou cinq heures; on blanchit au roufre et on teint après un nouveau lavage avec une enu légère de savon blanc.

On passe la soie décreusée dans un fort bain de galle, ordinairement de 8 kilog. pour 40 kilog. desoie. On fait bouillir et on laisse dans le bain refroidi pendant trente- six heures; on lève, on rince et on tord. On passe ensnite dans un bain de sulfate de fer ; on rince et on lave à l’eau de savon. An lieu de sulfate de fer on peut employer lo pyrolignite do fer à 5 degrés Bannie ; on tord à la cheville et l’on sèche après un léger lavage On procèdo ensuite à la répétition dos j mêmes opérations pour avoir des noirs foncés. Une ou deux teintures suffisent pour des noirs ordinaires ; il en faut une troisième pour des noirs intenses ; une 1 quatrième oonduit au noir pesant. 11 va sans dire que chaque cngullago est suivi d’un rinçage et d’une passe en eau chargée de fer, sulfate ou pyrolignite.

Pour l’engallagc, on économise souvent les galles d'Alcp. auxquelles on ajoute des noix de galle blanches. On fait aujourd’hui dons les villes de Lyon et de Saint-Etienne une consommation assez considérable de galles de Chine.

La tointurc est dite à un, deux ou trois /irux, suivant qu’elle a reçu une, deux ou trois teintures superposées. La nuance sera d’autant plus égale qu'on aura lissé avec une plus grande régularité , suivant aussi qu’on aura tordu plus complètement. On adoucit par un passage en savon.

On doit à M. Michel, de Lyon, une intéressante notice sur la teinture des soies en noir, dans laquelle il fait connaître les observations qu'il a faites pendant une pratique de plus de quarante uns.

Le tanin de châtaignier, qui se trouve soas lo poids de 6 p. 400 dan* les bois passés, trop vieux pour être consommés commo bois de chauffage, lui parait être

10 plus couvenable pour le noir à la galle.

L'infusion dos copeaux do châtaignier faite à froid

est d'une couleur fauve clair. Si on filtre l’infusion pour 1 avoir bien limpide, elle ne tarde pas à se troubler et à laisser déposer une poudre d’un blanc ocreux qui augmente par l'ébullition ; c’est de l’acide ellagique. Par la fermentation spontanée qui se développe dans une infusion faite à froid ou concentrée jusqu’à marquer 40 à 42° Baumé, l'acide tannique se transforme en acide gallique; dans un liquide qui marque 20° cette transformation n’a plus lieu, et le liquide se conserve indéfiniment; si la température de la décoction n'a pas dépassé 5C°, le liquide pent s'étendre d’eau sans aucune décomposition ; mais si la température a dépassé 60*, il se forme un corps nouveau qu’on peut comparer àl'acidu utmiquo et qui ne sort plus à l'engallage;

11 so précipite quand on étend d’ean. Ces circonstances limitent les conditions dans lesquelles le tanin

de châtaignier peut être utilement préparé pour la teinture des soies.

Les pieds-de-noir étaient originairement très-compliqués. D’après M. Michel, l’oxyde de fer doit sa trouver dans le bain au minimum d’oxydation et à l’état neutre ; de là, nécessité d'ajouter de la limaille de fer anx bains de noir; l’emploi de la gomme, du sucre et d'une petite quantité de bitartrate de potasse lui paraît nécessaire pour les bains permanents ; ils s’opposent à la précipitation d’une partie du oomposé noir formé dans la liqueur au contact de l’étoffe engallée t la gomme turi semble de toute* les gommes relie qui donne lo meilleur résultat dans les baius trèsdenses.

La composition ferrugineuse la plus oonvenable est un mélange à poids égaux de sulfate, de protoxyde de fer et de pyrolignite.

Dans ces conditions, l’ancien bain qu’il fallait maintenir à 35° Baumé se remplace par un bain de 4 à 2° Baumé que chaque teinture épuise.

Ce nouveau procédé apporte une grande régularité dans les opérations, une grande économie dans les fournitures, comme dan* la main-d’œuvre; il débarrasse de la crainte coutinuelle d’altérer les soies.

L’économie dans les fournitures consiste dans la suppression des matières gommeuses , et de tous les ingrédients que l'empirisme avait entassés dans les pieds-dc-noir. Quant à la main-d’œuvre, elle est bien simplifiée ; avec les bains denses et gommeux, il faut cinq on six fois tordre fortement à la cheville les soies chaudes, les secouer vivement pour faciliter l’oxydation. Avec les bains faibles et sans gomme, il suffit, après chaque immer.-ion, de lever les soies et do les placer sur deux grandes barres, où l’air les oxyde pendant qu’on réchauffe le bain pour l’immersion suivante.

Teinture du coton. — On apporte une grande économie dans lu teinture en noir de la fibre du coton en faisant usage do pyroligaitc de fer préparé, comme nous l’avons dit en parlant des préparations ferrugineuses.

On commence, d'après Vitalis, par engaller 400 kil. de coton avec 46 kilog. de noix de galle. On peut ajouter à 1a notx de galle du sumac et du bois d’Inde ; alors, on diminue U dose de noix de galle ; on donne un premier bain à 50 degrés à peu près; le coton trempe quatre à cinq heures; on lève, on tord et on fipt sécher en plein air si le ciel est pur, 60us des hangars si le temps est couvert.

Lorsque le coton est bien scc, on le plonge dans un bain d’eau tiède qui contient la quantité de pyrolignito de fer en rapport avec 4a nuance qu'on veut obtenir. On manœuvre pendant une demi-heure, en levant, éventant, rabattant et menant de nouveau la mise pour égaliser la teinture. On engalle de nouveau, puis on donne sans sécher une nouvcllo passe dans lo bain de pyrolignite do fer ; dans ce cas, l'engallage et le bain %migineux sont un peu plu* faibloa. On répète encore ce* deux opérations à la suite l’une de l'autre sans sécher; on lève, on évente pendant un quart d'heure, puis on lave et on fait sécher.

On donne au coton teint en noir une assez grande souplesse en le passant, après la teinture, dans un bain blanc semblable à celui dont on fait usage dans la fabrication du ronge d’Andrinoplo. A col effet, on verse sur une partie d'huile tournante 36 à 40 partie* d’eau chargée de soude marquant 4 degré Baumé ; on emploie 60 gr. d’huile pour 4 kilog. do coton. On tord et on fait sécher, on lave à l'eau cotiranto, on bat et on sècho de nouveau pour la dernière fois. On pent ajouter encore à la solidité du noir en associant à l'otigallage une décoction de gaude, qui donne un principe jaune ca-

jitizeci by kjoogie

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pable d’absorber ceux des rayons dont l’influence destructrice sur la teinture en noir est le plus à redouter.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur les méthodes appliquées jusqu'à^ ce jour h l'art de la teinture; on pourra voir la variété des couleurs qu’il est possible de produire en variant la composition des bains et les superpositions que les caractères spéciaux des matières colorantes rendent industriellement praticables. Nous terminerons par un aperçu succinct sur les rapports

Iui lient ln teinture proprement dite avec l'art de l'inienneur, c’est-à-dire l’art d’imprimer sur tissus. Nous dirons enfin quels sont les procédés auxquels le fabricant peut et doit recourir pour reconnaître la nature de la matière colorante employée pour produire on effet donné, que cet effet soit produit par un tissu teint en uni, ou par une étoffe imprimée.

g XIV. DE LA TEINTURE considérât dans ses rapport t avec l'impression.

Les détails dans lesquels nous sommes entrés, quelque variés qu’ils soient, ne donnent encore qu'uno idée bien imparfaite de l'étendue des services qne la teinture rend aux arts vestiaires. Nous n’avons en effet compris dans tout ce qui précède quo la fabrication des fonds unis. Or, rien ne saurait égaler le nombre illimité des dessins qu'on peut obtenir au moyen de la teinture quand on Bait associer ses méthodes à celles de l’impression proprement dite. Nous pouvons supposer que le tissu qu’il faut teindre a reçu par une première impression ou des dessins sur lesquels la couleur ne prendra pas (réserve mécanique), ou de» dessins d'une nature telle qu'ils s'opposeront à l'adhérence de la teinture qu’on veut appliquer par immersion (réserve chimique), ou des dessins faits avec des matières qui modifieront la nuanco déposée pur le bain (couleurs conversions) ; la teinture vient alors après l’impression dos réserves mécaniques et chimiques, et des couleurs conversions ; dans d’autres cas, on ! procède d’abord à la teinture et sur le fond uni on vient appliquer par le moyen de l’impression soit des rongeants capables de détruire la couleur du fond (enlevages), soit des dessins qui se superposent aux fonds pour en modifier la teinte ou par superposition, ou par conversion.

Supposons pour fixer les idées qu’on veuille obtenir un fond bleu avec des figures s’enlevant Bur le fond.

Deux cas peuvent se présenter : ou la fignre est assez foncée pour absorber complètement la couleur du fond, on l’imprime alors directement, ou la couleur1 dit fond ne peut Ôtro absorbée ; il faut alors réserver les figures, c’est-à-dire qu’il ne faut appliquer aucune couleur sur le» parties qu’occuperont ces figures, soit qu’on les réserve, si le - fond se pose le premier, soit qu'on ne les couvre pas, si le fond se pose en dernier liou. Cet exemple, qne nous allons étudier sous toutes ses formes, nous fera comprendre les services que se prêtont mutuellement la teinture et l’impression, qu'on ne devrait pas séparer, car olles ne forment qu’une mémo industrie.

La réserve se fait au moyen de la gravure qni ne so charge pas de coulenr et qui ne la dépose qne sur les laces voulues, en respectant colles qui doivent rester lanches. Si l’on imprime le mordant, une passe dans un bain fixera le fond. La réserve se fera encore au moyen d'effets mécaniques ou chimiques destinés tantôt à prévenir l’adhérence d’un fond sur certains points donnés (c’est imprimer une ré serre), tantôt à enlever au tissu pour obtenir des dessins blancs ou colorés, (c’est imprimer urtVnJffro0f.)On combine donc, pour préparer les tissus imprimés et les méthodes de l’impression et la teinture proprement dite, qu’on pourrait appeler par voie d'immersion.

Quant à multiplier les effets avec le moins de maind’œuvre possible, la chimie apprend à préparer des mélanges qni peuvent agir à la fois comme réserves, comme enlevage, et môme comme couleurs conversions, et l’on admettra sans peine que la meilleure des couleurs sera celle qu’il sera possible

4° De fixer sur uno étoffe de manière à produire des dessins blancs sur un fond coloré, ou des fonds colorés avec un dessin blauc réservé ;

2® De ne pas fixer en entravant l’adhérence par uno réserve ;

3° De ronger pour la faire disparaître ;

4° D’imprimer comme réserve pour un fond donné ;

5® D’imprimer comme enlevage sur un fond quelconque ;

G' De convertir en des nuances plus ou moins foncées ou plus ou moins claires et plus ou moins en rapport avec la couleur primitive.

Pour épuiser ce sujet reprenons notre fond bleu sur lequel on demande do fixer une rose jaune, par exemple; six méthodes se présentent. La plus simple sera naturellement préférée. On peut :

4° Imprimer à la planche le bleu comme fond, lo jaune comme rentruret .

2° Imprimer à la planche le janne comme fleur, le fond comme rentrure ;

3“ Imprimer un jaune composé de telle sorte que lo bien ne se fixe pas sur lui, puis teindra en bleu. Le jaune est dit réserve sous bleu ;

4e Imprimer sur le bleu, mis par teinture, un jaune qui détruise le bleu en conservant sa couleur propre. Le jaune est dit alors jaune enlevage sur bleu ;

5e Teindre en bleu, imprimer un enlevage blanc et rentrer la flour jaune (cnluminage);

6® Teindre en jaune, imprimer un enlevago blanc et rentrer lo fond bleu (enluminage).

Sur ces six méthodes, quatre exigent la réunion des procédés de la teinture proprement dite et de l'impression. Et, dans certains cas encore, pour les dtfux premières, serait-on forcé d’imprimer les mordants et de passer ensuite dans les bains de teinture. On le voit , cet exemple, des plus simples, met en relief l’importance de la teinture dans l’art de l'indienneur. Au surplus, il ne faudrait pas croire que dans le cas où la teinture proprement dite est employée pour la confection des toiles imprimées il faille autant d’immersions que de nuances. On tronvedans les genres garancés, monochromes, dessins fond sur fond ou polychromes, des dessins très-variés qui résultent de la coloration différente qne prend la dissolution de garance avec les différentes préparations métalliques qu'on a préalablement imprimées. Si les impressions successives apportent sur le tissu des épaisseurs variées d'nne même préparation, ou des épaisseurs également variées de préparation différente , un même bain de garance fixera sur l'étoffe des dessins dégradés d'nne même couleur, ou des dessins dégradés de couleurs également variées. On sait que les préparations d’alumine, de fer, d’alumine et de fer, forment avec la garance des dessins rouges, roses, lilas, gris, etc.

Nous ne saurions étudier d'une manière complète ici l’art de l'impritnour sur étoffo* ; nous renvoyons le lecteur à l'article umpkkssiox sur étoffe que contient le premier volume de ce Dictionnaire. On y trouvera le détail des outils nécessaires et des différents modes de luire, suivant qu'on imprime en creux ou en relief, en une ou plusieurs couleurs, d'une manière intermittente on continue. Nous nous bornerons à représenter une classification des diverses matière» qu'on appose avant ou après la teinture, ot qni jouent lo rôle de ce que nous avons appelé réserve ou enlevage.

Le rôle de ces divers agents est trop directement lié, I tant au point do vue chimique qn au point do vue

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mécanique, à lu nature des matières colorantes apportées par les bains, pour qu’un exposé méthodique concernant ces éléments de In décoration des tissus ne complète pas rigoureusement les études que nous avons présentées dans cet article. D'ailleurs cette exposition, différente de celle qu’on peut lire dans l'article impression, fixera les idées.

K&erye. — Toute substance choisie do manière à s’opposer à la fixation d’une couleur qu’on pose par immersion ou même par placage sans modifier la couleur, sans altérer le tissu, sans s'opposer à l'adhérence de la couleur sur les autres points, fait fonction de réservt. Si la réserve laisse apparaître la couleur propre du tissu, c’est un blanc réserve qu’on emploie. Si la réserve laisse sur le tissu , postérieurement h la teinture, une nuance donnée sur les pointa réservés, c’est uns couleur réserve qu’on applique. Les réserve» doivent être composées de telle aorte qu'elles disparaissent aisément après avoir joué leur rôle. Primitivement les réserves sc composaient do cire qu’on posait an pinceau 6nr les parties qu’il fallait protéger. Aujourd’hui les réserves agissent en vertu de principes bien différents ; elles sont ou mécaniques, ou cAifWtques, ou phyuques.

La réserve agit rarement eh vertu d’un seul principe ; elle peut être appliquée soit à l’égnnl du mordant, soit & l’égard de la couleur proprement dite. Une réserve mécanique, par exemple la cire, protégera d’une raanièro tout aussi certaine le tissu de coton , qu’on l’applique sur l'étoffe elle-même sans préparation ou sur l’étoffe préalablement plaquée (tnordancée).

I .a réserve mécanique se compose de réserve do cire, «le graisses, de corps gras huileux, d'huiles essentielles.

La réserve chimique agit sur la teinture en précipitant, par exemple, la matière colorante avant son contact avec I9 matière textile; d'autres fois, elle peut détruire la matière colorante et la décolorer, l'altérer aeulcment dans d'autres circonstances ; l’action chimique peut se porter sur un seul ou sur tous les éléments : il faut so guider dans le choix qu’on en peut faire d’après le degré de résistance de la couleur et du tissu, la saturation et la réaction acido ou basique de la couleur.

La réserre physique agit matériellement en absorbant la matière colorante et s’opposant à l’action de la fibre ; la terre do pipe est la réserve par excellence; les corps insolubles, comme les sulfates de plomb, de baryte, etc., peuvent être employés concurremment.

Exlevaoe. — Foire naître, sur un fond uni, teint ou préparé par impression, une coloration blancho on différente, tout en respectant la solidité du tissu, tel est le but de l’cnlcvagc. Son mode d’action se définit: l’altération par nouvelle combinaison ou par destruction de la couleur qui forme le fond uni. Ccst donc une réaction chimique se décelant par une dissolution de la matière déposée, ou par une destruction du principe coloré. On distingue les acides et les rongeants.

La couleur est-elle complètement détruite, laisset-elle apparaître l'étoffe blanchie, l'enlevage est dit èfanc enlevage. On porte l’énergie de l’enlevage tantôt sur le mordant quand la couleur exige pour la teinture une préparation métallique, tantôt sur la matière organique lorsque la couleur adhère sans intermédiaire, tantôt sur la matière colorante organique et sur le mordant quand lu matière colorante n’n pu se fixer qu'avec un auxiliaire métallique, tantôt enfin sur la matière inorganique lorsque celle-ci fait fonction de matière colorante. On obtient ces divers résultats par ha acides, par une sorte de combustion do 1a matière colorante, par une dissolution ot une combustion simujtanée, par divers moyens appropriés aux caractères de la matière minérale, lorsque celle-ci se trouve être la cause de la coloration.

Les enlevages acides agissent ou par dissolution de la

préparation métallique, ou par formation d'nn composé dans lequel l’oxyde est masqné, ou par une transformation* résultant d’un mouvement moléculaire capable de rendre l'oxyde insensible au contact de la matière colorante avec lequel il cesse de se combiner.

I.C8 acides omployés sont les acides oxalique , tartriquo et citrique.

Les en levages comburante agissent principalement snr les couleurs produites par la matière organique ; l’acide chromique, le chlorure de chaux, l’acide hypochloreux, qui brûlent les matières colorantes ou les altèrent en les décolorant à la façon du chlore, peuvent être regardés comxno les types de ces espèces.

Dans un grand nombre d’enlevages on doit considérer l'action comme mixte; la partie minérale dala laque se trouve éliminée par l’acide qni la dissout et la partie organique est brûlée dans un cas, décolorée dans l'autre, par l'agent comburant.

Lorsque la couleur déposée forme une laque, un acide seul peut la détruire si les doux éléments sont solubles dans l'acide employé. Si la couleur est un véritable sel inorganique, comme un chromate insoluble, chroma te de plomb, un iodtire insoluble, iodure de mercure, on doit choisir, parmi tous les composés que la chimie nous apprend à manier, ceux dont l’action sur lu fibre la respectera le plus.

S’il est convenable de séparer ainsi les modes suivant lesquels les enlevages agissent, il faut prendre garde de trop exagérer la valeur de cette distinction , eau* l'ncidc hypochloreux, par ovemple, agit à ln foi» comme acido et comme décolorant. On doit à M. Sacc l'introduction de l'aride hypochloreux, et le tour de main qui permet d'en faire usage ; on ne peut l’ctnployor directement en l’imprimant, tant parce qu’il se décompose rapidement, que parce qu’il attaque toutes les matières organiques avec lesquelles il est mis en contact. Or M. Sacc a tiré parti de la manière dont il se comporte en présence dos sels de zinc. Il tuflit, en effet, de substituer les sels de zinc à l'acide tartrique pour obtenir des enlevages blancs sur les tissus coloré», en les passant dans une solution d'hypochlorite do chaux.

Cette méthode réussit à merveille. Do pins, en augmentant ou en diminuant la dose du sel zincique, on augmente on diminue l'énergie du rongeant, au point qu’on peut obtenir par ce moyen des dégradations de nuances aussi nettes, aussi pures que possible et qu'on ne saurait réaliser par aucun autre procédé.

Voici comment on doit opérer :

On imprime au rouleau sur les tissns teints et savonnés l’enlevage suivant : eau, 4,500 gr. ; sulfuto de zinc, 400 gr.

Quand l'impression est sèche , on passe pendant deux minutes dans un bain froid monté à 2 degrés de l’aréomètre de Raumé avec de l’hypochloritc do chaux marquant 400 degrés chlorométriqucs, puiB on lave et on sèclie. Ce nouveau procédé d’enlovage e6t beaucoup plus rapide, plus 6Ûr et pins économique que l’ancien, puisque le sulfate zincique ne coûte que 30 cent, le kilog., tandis que l’acide tartrique vaut 4 fr. le kilog.

Cette réaction résulte do cette curieuse propriété de l'acide hypochloreux de ne contracter aucune combi- * liaison avec les sels de zinc.

M. Sacc, à qui l'on doit cette intéressante et féconde application, semble vouloir en reporter le mérite à M. Ralard, qui a remarqué le premier l’action des sels de zinc sur l'hypoehloritc de soude . Il est tout aussi juste de faire la part de l’nn et de l’autre chimiste, du savant qui a découvert le fait et de l’ingénieux praticien qui en a su faire, quinze ans après, une heureuse application.

Lorsque l'enlevage est composé de telle sorte qu'il

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laisse à la plaeo (lo la couleur qu'il a fait disparaîtra une couleur différente de celle de la fibre elle-même, on fait usago d’une couleur enlevage. Ces composés sont peu nombreux ; ils se pourraient confondre avec les couleurs conversions , car l’effet qu’ils produisent provient de substitution de matières colorantes ou d’oxydes métalliques nouveaux à ceux que la couleur contenait primitivement. Us résultent encore de l’altération de la nuance par dos préparations métalliques appropriées.

Pour no laisser aucun doute dans l'esprit du lecteur sur les rapports de la teinture et de l'impression, nous allons supposer deux exemples , l'un de réserve et l'autre d’enlevage destinés à produire, l’un comme l’autre, des dessins blancs sur des fonda de couleur, le premier sur bleu de cuve, le second sur rouge de garnuce.

Veut-on faire une réserve blanche sur bleu de cuve, on imprimera comme blanc réserve un mélange de 2 kilog. acétate de cuivre, 2 kilog. sulfate de cuivre, 500 gr. d'alun qu’on étendra dans 40 litres d’eau avec 5 kilog. de terre de pipe et 5 kilog. de gomme de Sénégal ; on bassinera suffisamment ; on ajoute 300 gr. de nitrate de cuivre et 300 gr. d'acide sulfurique. Le tissu iippritné, passé au bleu de cuve une ou plusieurs fois suivant le ton désiré, sort avec les réserves blanches, lo mélange imprimé jouissant de la propriété de précipiter l’indigo sans lui permettre de contracter d'adhérenco avec les parties réservées.

Vcut-en produire un blanc enlevage 6ur rouge turc, deux méthodes *o présentent, soit qu’on agisse sur le mordant, soit qu'on agisse après toute teinturo.

Dans le premier cas, on imprime au rouleau le mélange suivant : dans 40 litres d'eau, 2 kilog. de gomme arabique, 4,500 gr. d'acide oxalique, 2,500 gr. d’acide tartrique; on épaissit avec 3 kilog. de terre de pipe. Ce mélange dissout et fait disparaître la préparation d'alumine étendûe sur toute la surface de la pièce. On garance dans lo bain do rougie. La garance ne se fixe que sur les parties «lunées ; le dessin apparaît en blanc sur lo fond rouge.

Dans le second cas, l’étoffe est teinte en rouge uni. On imprime avoc 4 i kilog. acide tartrique, b kilog. de terre de pipe, 4 litre d'eau gommée, 4,ü60gr. do chlorure d’étain à 66 degrés. On passe dans In cuve à décolorer par le chlorure de chaux très-alcalin. Le chloruro ne se trouve décomposé pour dégager du chlore que sur lus points imprimés dont la réaction est acide : le chlorure détruit lo rouge, et les points imprimés apparaissent en blanc.

Couleurs ookversioss. — A ces procédés qu’on peut varier en quelque sorte à l'infini par les méthodes de l'cnluminago avec les couleurs dites de renfrurs, il faut ajouter les ressources que peuvent offrir les rou- Isurs conversions. En effet, on modifie encore les couleurs obtenues par teinture soit avant, soit après le fixage et par voie mécanique ou par voie chimique.

On agit par voie mécanique et sur la teinture et sur la préparation métallique dans le genre frappé ; on fait de la sorte apparaître des dessins tond sur fund. En frappant avec la planche l'uniformité de la couleur disparaît, la partie qui correspond à la planche so détache sur lo fond; lorsqu'on frappe sur le tissu simplement aluné, la teinture en garance fait apparaître des dessins d’une antre nuance que le reste du fond. On ajoute h la régularité de ce travail on se servant d’eau légèrement gommée, comme M. Broquette l’a proposé.

On sait que le gaufrage n'est que le produit de l'écrasement sur certains points des fibres ou tuyaux qui composent le tissu. La réflexion inégale de la lumière blanche produit des ombres et des lumières qui font

croira h certains dessins. On les nommo moirés. M. Persoz range ces effets parmi ceux qu'il désigne sous le nom de conrrrjtons mécaniques.

On obtient des conversions chimiques tantôt en opérant sur les préparations métalliques qui servent d’intermédiairo pour fixer la couleur, tantôt sur les couleurs elles-mêmes avant même qu'elles soient fixées. Dans le premier cas, par oxemple, en agissant sur le mordant , il est facile de convertir un dessin uni en un dessin à deux teintes, en superposant des mordants do même base mais formés de sels à différents acides, l’un décompo&able spontanément, l'autre exigeant un passago dans un bain alcalin ; on passo dans le buin de teinture. Les parties surchargées d’alumine prendront nne teinte foncée, les autres prendront une nuance plus faible. Un seul passage dans le bain fera ressortir des dessins monochromes et dégradés, qu’on nomme genre double teinte. On obtient encore le même effet et d’une manière plus simple ; on imprime, par exemple( et l’on plaqno an mordant d’alumine chargé do nitrate d’alutnine, on impriidc ensuite de l’acéture de soude par places seulement. I.’acétatede soude décompose le nitrate d'alumine, renforce la dose d'alutnine; il fonctionne cominu blanc conrersiots. On pnsse au bain do bouse et l’on teint en garance ; on obtient les mêmes effets rouge fin sur bande fond rose.

Au lieu d’imprimer un blanc conversion sur un mordant, on peut composer deux mordants qui se convertissent à leur point de contact en des nuances plus élevées ; on prépara de la sorte des étoffes rayées dont les rayures, se coupant sous certains ang es, présentent au point d'intersection une nuance beaucoup plus violetto , presque noire même. Les mordants de fer et d’alumine se prêtent très-bien à ces différents genres.

On peut produire des effets conversion par une autre métho ie chimique. Nous poserons le principe et nous l’appliquerons à quelques exemples. Lorsqu'une substance colorée ou colorable se trouve on mélangé avec des préparations métallique*, qu’elle ne change pu* l’affinité de l’étoffe pour l’oxyde, et qu'elle no s'unit d'ailleurs au tissu qu’a la condition de certaines modifications qu'on lui fait subir, elle est capablo de produire des concertions colorées.

Supposons qu’on veuille produire des effets de double nuance en violet ou rose passant au bruu ; nous imprimerons le dessin qa’on vent convertir avec un mélange de pyrolignite de fer ou d’acétale d’alumine et d’une certaine quantité de cachou , qui no devient adhérant nu tissu qu’nprès une exposition h l’air ou par nne oxydation sous l’influence du bichromate de potasse. En imprimant sur certains points du bichromate de potasse, on fixe le cachou de telle sorte que la teinture fait apparaître des dessins double nuance, parce qu’à la nuance du sel métallique s’ajoute celle qui convient au cachou.

Quelques sels métalliques peuvent convertir coromo le fait le cochon. Si nous imprimons des bandes eu aluminste de potasse auquel nous aurons ajouté quelque peu de prussiate jaune, et que sur ces bandes on imprimo par places des dessins avec un mélnngo d’acide tartrique et d’acétate de fer, on obtient par la vaporisation des dessins en bleu do Prusse résultant de la réaction du sel de fer et du cyanoferrura; le bousnge fait disparaître lo cyanure non fixé, en même temps qu’il enlève l’oxyde do f«T mis on liberté par l'acide tartrique. Une passe de ce tissu dons un bain de cochenille fera ressortir le bleu de Prusse sur les bandes colorées en rose.

Las conversions chimiques s'opèrent enfin sur les colorations terminées. Un des agents lo plus souvent employé pour obtenir ces sortes de conversions est lo bichromate de potasse dont l'action sur les matières colorantes est des plus variées, tantôt oxydant, tantôt

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déposant do l'oxyde de chrome qui so substitue, par échange de base, à la laque primitive pour donner à l'oxyde des colorations différentes et des conversions curieuses. On transforme do la sorte le campêche en noir, le qnercitron en olive, la graine de Perse en jaunâtre, »i l’on a précipité sur l’étoffe ces décoctions au moyen d'un sel d’alumine.

CoüLErna vapeurs. — Nous ne pouvons terminer cet aperçu sur les rapports de la teinture avec l'impression sans dire au moins quelques mots, non sur la composition des couleurs vapeurs, mais sur les principes qui ont servi de base a cette industrie, et qui prennent chaque jour une extension nouvelle. On a pu voir l’iniluenco que nous avons reconnue avec M. Ohevreul à la chaleur comme moyen d’ajouter à l'affinité de la couleur et de la fibre II y a plus d'énergie dans la combinaison, plus de résistance aux agents extérieurs, la couleur cuite est plus solide.

Les premiers essais faits pour rendre adhérentes les matières colorantes sur les ti»»u*dntent des temps modernes; en Angleterre on n’y fît d’abord pas trop d’attention ; cependant on obtint de* colorations fixées à la vapeur, sur laine et sur soie, vers 4819, dans les environs de Paris, à Beauvais, à Logclbach. Aujourd'hui le fixage à la vapeur est à peu près général 6ur soie, laine, fil et coton.

Quelle est la théorie de cette opération? On dépose sur l’étoffe tantôt un corps soluble qui, c >mme l’acide pnusianoferrique, se décompose sous l’iuffuence de la chaleur en formant du bleu de Prusse, lequel se combine à la fibre, tantôt uno laque, composé salin qu’on fait dissoudre dans un acide capable de contrc-balancer l'énergie de la matière colorante, et qui s'empare momentanément de la base pour la lui restituer sous l’influence de la vapeur, soit qtto cet acide doive dispap traître par le fuit de la chaleur, soit qu'il perde dans certaines circonstances son affinité primitive; tantôt enGn on dépose une matière colorante en mélange avec un sel dont elle peut déplacer l’acide qui, disparaissant comme dan» les cas que nous venons d'exposer, la laisse libre du contracter combinaison simultanément avec la base et l’étoffe.

On le voit, ce sont là des conditions qui nous ont parn de touto nécessité pour la teinture ordinaire : principes solubles présentés à l’étoffe, précipitation de 1a matière en contact avec l'étoffe, affinité développée par une élévation de température ; de pins coction du principe binaire ou ternaire après sa formation ; coction à laquelle M. Chevreuil attribue la résistance aux agents atmosphériques. Il est évident qu'ici, romme dans la teinture ordinaire, nous constaterons l’influence de« diverses fibres qui n’attireront pas avec la même énergie tontes les matières colorantes. Il en est quelques-unes ; qui nécessitent une sorte de préparation ; mais générale- ! ment, dans ce cas. cette préparation n'est pas réclamée par les fibres, elle semble l'être beaucoup plus par la ! matière colorante qui, solide à l'état du mélange, demande à se trouver dissoute quand elle doit être fixée par la vapeur, et, dans la majeure partie des circoustances, l'agent qui doit fumiir l’élémeut acide capable de dissoudro la matière colorante ap]>ortc en même temps l'auxiliaire nécessaire à l’adhérence de la substance colorante avec la fibre textile. Telle doit être au moins l’action des chlorures d* étain ou d’alumine qu’on ajoute aux couleurs vapeurs dans la plupart des cas.

L’acide oxalique, l’acide tartrique agissent dans lo même sens : ils dissolvent la laque, la maintiennent soluble tout le temps de l’impression et n’abandonnent les oxydes qui se combinent arec la matière colorante et la fibro quo sons l’influence de la vapeur d’eau suffisamment chaude. I/ucide acétique offie sur les matières qui précèdent l’avantagé de se dissiper complète-

ment par la chaleur. Quelques composés agissent ensuite comme oxydants en remplaçant l'air qui n’intervient qu’avec lenteur dans la teinture ordinaire. Nous citerons enfin l’influence de la chaleur capable seule de déterminer certaines réactions ; à cette classe appartiennent quelques colorations purement inorganiques ; nous meutionnerons, connue exempte parmi les plus récentes, la fixation dans les impressions sur coton des sulfures métalliques résultant de la décomposition des hv posai fi te s correspondants.

En ajoutant de l’hyposulfite de soude à certains sels métalliques, tels que ceux d’antimoine, d’arsenic, de bismuth, il y a bientôt réaction entre les éléments mis en présence, do manière à donner naissance à des sulfures insolubles dont plusieurs possèdent des nuances assez pures et assez vives. Malheureusement, cette transformation est déjà sensible à froid, et au bout de fort peu de temps lo mélange ne saurait être utilisé pour la toile peinte, puisque, pour que le sulfure métallique soit bien fixé, il est indispensable qu’il so forme sur l’étoffe même. M. Sace a tiré parti de cette réaction pour utiliser d'autres sulfures. En effet, d'autres sels, tels que ceux de cadmium, de nickel, de cuivre, de plomb et de mercure (à l’état de sublimé corrosif), ne se décomposent pas immédiatement en présence do l’hyposulfite de soude; la réaction qui donne naissance aux sulfures de ces métaux n’a lieu qu’à une température élevée ou à froid, mais alors seulement après un intervalle de temps très-prolongé. Il résulte de ce fait la formation do quelques couleurs vapeurs, toutes inaltérables à la lumière et dont plusieurs sont très-solides. Comme ces réactions sont nouvelles, nous présentons ici les dosages employés dan» l'usine de Wesseriing. L’épaississant est l’eau de gomme préparée par partie» égales d'eau et do gomme; la solution d'hyposulfitc do soude renferme 200 gr. de sel solide par litre d’eau.

Jaune de cadmium. — On dissout 40 gram. de chlorure do cadmium cristallisé dans 250 gr. de solnt'on de gomme contenant un kilog. par litre; on ajoute un quart de litre d’hypcsulfite de soude liquide contenant 200 gr. d’hyposulfitc pur litre; on imprime, on vaporise et on lave. On obtient de la sorte un jaune trèsbeau qui supporlo bien le bain de garanco.

Vert de cuivre. — 25 gr. de sulfate de cuivre sont dissous à chaud dans 250 gr. de solution de gomme, puis on ajoute 250 gr. d’hypoaulfite do soude liquide.

Ce vert est très-beau et pout, sans éprouver de changement, subir le bain de garance. Il est aussi irèshomogène : sur un fond blanc, il vaut mieux l'épaissir avec le léioéome qu’avec la gomme; mais il a l’inconvénient qu’imprimé par un temps chaud, il sècho très-promptoment.

Cri* de nickel. — 25 gram. de chlorure do nickel, 250 gram. do solution gommeuse et 250 gram. do solution d hyposulritc de soude.

Qrit de plomb. — 25 gram. de nitrate ou 50 grnra. d'acétate basique de plomb, 250 gram. de solution gommeuse, 250 gr. de solution d’hyposulfitc de soude.

Grii de mercure. — - 40 gram. do sublimé corrosif, 250 litres d'hyposulfite sodique.

Imfresmoxb nUA8HQt!ES. — II ne faut pa* confondre avec le* méthode» qui précèdent colle qui conduit à l’application sur un tissu donné des matière» colorée* fixées an moyen de l'album me ou du blanc d'œuf.

11 n’y a pas do réaction chimique, de teinture proprement dite dans ce genre qui prend actuellement une très- grand o extension ; le principe colorant est fixé parce qu’il est enveloppé de toutes parts pxr une eau chargée d’albumine, iju’on porte ensuite a la température convenable pour la coaguler. On u tiré parti do cette façon d’une foule de matières inertes colorées;

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nous citerons le vert émeraude, le gris do fumée, les phosphates do cobalt, le bleu dit outremer artificiel! et une série d'oxydes de toute nuance et de toute valeur; on imprimo à la planche et au rouleau en une infinité do couleurs soit à un, soit à plusieurs tons, ou sur fond blanc ou sur fonds obtenus par voie de teinture, cependant généralement sur blanc.

On se ferait toutefois une idée fort inexacte do ce genre de travail si l'on admettait que toute matière colorée, quelle qu'elle soit, peut être employée ; il faut d’abord une ténuité excessive qui permette à la poussière de pénétrer dans les tailles de la gravuro; il faut ensuite que la matière abandonne facilement le rouleau pour s’attacher aux fibres du tissu ; or, bien peu do matières vitrifiées satisfont à cette double condition.

Pour donner une idée de l'importance de "« genre, il nous suffira de rappeler ici que la consommation de l'albumine faite par les fabriques d’Alsace seules est d’environ 125,0li0 kilog. par an, ce qui représente 37,500,000 œufs, e’est-à dire le produit de 250,000 poules.

Ces relevés font comprendre l'intérêt qui s'attache à la conservation de l’albumine des œufs et aux recherches qu'on a fuites jusqu'à ce jour pour remplacer cette matière pur des substances équivalentes, toutes les fois qne cette substitution s’est trouvée possible.

On dessèche le blano d’œuf pour assurer sa conservation. A cot effet, on cosse l'œuf et on sépare le hlanc du jaune. En hiver et au printemps, quand les œufs sont frais et la température peu élevée, on laisse reposer le blanc de deux à six jours, on le bat avec une spatule et on le passe à travers un linge pour retenir les germes et les impuretés. La dessiccation se fuit en étendant lo liquide dans des vases en zinc très plats posés sur des claies qu'on maintient & la température constante de 30 degrés. Pour fuciliter la séparation de l'albumino sèche des plaques sur lesquelles elle s’est séchée, on essuie ces dernières avec un linge légèrement grniAsé; on charge chaque plaquo d’un demilitre ou 4 litre de blanc ; la dessiccation se fait eu deux ou trois jours; vingt-quatre douzaines d’œufs donnent six litres de blanc, 4 litres de jaune. On retire par la dessiccation 4 kilog. d’albumine sèche.

L’opération réussit le mieux en mars, avril et mai. Pendant l'été, les œufs sont plus chers et le rendement moins considérable.

On a proposé différentes matières pour remplacer l’albumine de l’œuf: nous citerons le sérum du sang et le frai , c’est-à-dire les œufs que les femelles des poissons déposent à certaines époques de l'année en quantité très-considérable.

L'albumine du sérum s'obtient très-facilement, d*apiès M. Lcucht, en décantant le liquide qui snmage les caillots du sang, après qu'on l’a laissé déposer dix à quinze heures. On sépare par un nouveau repos do six à dix heures, dans des vases plat s, un deuxième dépôt. On soutire et on dessèche à 40 degrés.

La partie .du sérum qui resterait colorée est mise au repos et traitée par la colle do poisson, qui sépare les impuretés par ono véritable coagulation. On remue le mélange et on laisse clarifier dans des vases de forme hante

L'albumine tirée du frai peut s’extraire du frai séché, tel qu’on lo trouve actuellement dans le commerce, du frai extrait du poisson au moment de In pêche, et du frai des poissons salés.

Quand on traite le frai séché il faut le moudre grossièrement, l'arroser d'eau et décanter la dissolution obtenue pour séparer un dépôt ; on. dessèche au-dessous de 40 degrés.

Le frai de poisson frais donne de l'albumine à meilleur marché que les frais desséchés on salés. Après

l'avoir purifié et débarrassé du sang qu'il contient, au moyen d’un lavage à l'eau, on l’écraso pour laisser déposer le liquide obtenu; on décaute et on sèche à l’étuve jusqu'à 40 degrés.

Si l'on opère sur du frai salé, on lave avec de l’eau pour enlever l'excédant de sel ; on écrase ensuite pour faire sécher, ainsi qu’il vient d'être dit.

D’après M.Doll fus, l’albumine du frai s’obtient avec facilité et en grande quantité, mais le liquide obtenu par la compression des œufs est souillé d’une matière grasse, qui représente quelquefois jusqu'à la moitié du poids total du liquide. — Les résultats sont plus favorables quand ou opère sur du frai récolté peu de temps après la pêche; ils sont désavantageux, nu contraire, quand ou fait usage de frai de poissons salés. Le pro • duit contient alors, outre la matière grasse, de l'albumine insoluble, et de plus il est coloré.

La matière grasse est un obstacle à l'emploi do l’albumine du frai, car elle enlève une grande partie de l'adhérence que les couleurs doivent acquérir. Cet inconvénient est tel que M. Dollfus n'oserait proposer actuellement aux imprimeurs la substitution de cette matière à l’albumine des œufs. Toutefois, il conserve l'espoir qu'eu opérant sur du frai do poisson dissous au moment même de la pêche, on pourra, si l'on parvient à séparer la matière grasse, rendre un grand service à l'industrie des toiles teintes et imprimées.

Ces détails nouveaux publiés par la Société de Mulhouse sont trop récents pour avoir été présentés en leur place. Nous terminons, en les mentionnant ici, ce que nous avons à dire des rapports de la teinture avec l’impression .

g XV. DES OPÉRATIONS q u i «wrnif et terminent la teinture.

Lorsque les tissus ont reçu la teinture, soit en uni, soit avec dessins imprimés par l«s diverses méthodes auxquelles l'indienncur a recours, on no les met dans le. commerce qu'après les avoir séchés ot apprêtés, quelquefois même calandrés. Nous n’aurou* pas plus à décrire ici les opérations de l’apprêt ou du calandrage que celles relatives à In vaporisation. Les dernières sont décrites à l’ article impression si; h étoffes. Quant aux premières, nous leuravons consacré des articles spéciaux dans ce même Dictionnaire. A propos du bi.akciiijcent, le lecteur a pu retrouver les méthodes employées pour l'apprêt, la dessiccation et le calnndrago. Les appareils dont on se sert pour sécher les tissus sont d'ailleurs décrits d'une manière toute particulière à l'article essorer, et le mot calandre complèto les descriptions déjà données dans les articles déjà cités.

Nous devons nous horner à rappeler ici, sous forme succincte, l’utilité do ces diverses opérations.

Les apprêts qu’on fait subir aux tissus blancs, imprimés ou teints, ont pour but d'ajouter du corps à la fibre, de rehausser l’éclat des couleurs, d'enlever les plis et de lustrer les surfaces. On distinguo, suivant le cas, des apprêts chimiques et des apprêts mécaniques.

Apprêts chimique ». — On emploie pour l’apprêt des toilos et des cotons l'amidon et la fécule, l’alun et le savon, la cire pour lo satinHge; pour les 6oies, on fait usage de gomme et de doxtrine; pour les laines, l’alun donne un avivage brillant.

Ces matières sont appliquées par le foulardagc ou par le bain de cuve. On sèche d’abord par expression, pois par dessiccation.

Pour exprimer l’excès de liquide enlevé par les étoffes, on tord à la cheville, on comprime entre des cylindres les tissus mis en boyau ou tendus en large, ou bien encore on se sert des hydro-extracteurs à grande vitesse et force centrifuge.

La dessiccation se fait dans des séchoirs à l’air libre,

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dans les chambres chaudes, ou par des cylindres dans lesquels circule de l’eau chaude ou de la vapeur.

Apprête mécaniques.— Le calandrage représente exactement l’opération du repassage d’une étoffe plus ou moins empesée sur une gronde échelle.

Lo brillanté de certains tissus est obtenu par un lissage qui résulte do la compression que l’étoffe reçoit en passant entre deux cylindtfcs, l'un en cuivre, l’autre en carton. Pour les autres on fait usage des machine* à lisser. Lorsque les tisEus sont de laine, on les comprime nu moyen de presses en les séparant par des plaques chauffées par une circulation de vapeur, g XVI. ANALTSE DES COULEURS appliquées par teinture et impression.

Nous terminerons cet article par l'exposé des méthodes auxquelles il faut avoir recours pour reconnaître soit & titre de contrôle, soit à titre de renseignement de toute autre nature, l’origine d’une teinture, lorsqu’elle est déposée sur une étoffe donnée. Cette étude est intéressante, elle est essentiellement chimique et de plus elle est utile à tout industriel qui désire nonseulement surveiller sa propre fabrication, mai» aussi chercher à réaliser promptement les améliorations on progrès que ses concurrents peuvent produire.

Ici, comme dans toute recherche aualytique, on doit faire usage d’un petit nombre de réactifs qui par de» propriété» caractéristiques soient des témoins fidèles. Il faut ensuite et préalablement établir des séries, afin do procéder par élimination, méthode infaillible et prompte.

En résumant les notions do teinture que nous avoua présentée» plus haut, nous pouvons établir de suite que la matière colorante fixée »ur le tissu peut être :

Entièrement organiquo — couleur se fixant par cllumémo ;

Entièrement métalliquç — couleur purement minérale ;

Couleur formée par mélango de principes organiques et de principes inorganiques — couleur no se fixant que par le concours d’un intermédiaire.

Or l’action de la chaleur nous permet de classer <le suite une teinture donnée ; en effet :

<° Lorsqu’on incinère une étoffe recouverte d'une conleur complètement organique, les cendres que laisse l'échantillon no sont formées que des cendres que le tissu lui-mêrno laisserait dans les même* circonstances. Et, comme contrôle, vu que le chlore et l’acide hypochloreux détruisent toute couleur animale ou végétale, l’étoffe doit se décolorer sous l’iufluence de ces agents •oit en devenant blanche, soit en présentant la couleur quo la fibre prendrait sous l’influence de ces réactifs.

2° Lorsqu’on incinère une étoffe chargée d’une couleur purement minérale, on retrouve dans les cendres du tissu la matière colorante ou intacte, ou modifiée suivant sa nature; il faut alors soumettre ces cendres à l’analyse ordinaire considérée dans sa plus grande généralité. Lorsqu’on a reconnu les éléments utiles dans la coloration primitive, l’action du chlore doit venir la confirmer ; car la coloration résiste généralement à cet agent, et, dans le cas contraire, les modifications doivent être conformes à cellos quo présenteraient les éléments dont ou aoupçonno la préseneo comme cause do la coloration.

3° Lorsqu’on incinère un tissu coloré par une matière orgnuiquo en combinaison avec un oxyde métallique, on trouve que la matière colorée s’altère; on recherche daus les cendres la matière métallique qui a servi d’intermédiaire ; on la trouve par les procédés que le chimiste connaît : l'alumine, l'oxyde de fer, l’oxydo do chrome, l’oxyde d'étain se retrouvent facilement. Quant au tissu ooloré, le chlore enlève ou uto- i difio la nuance, et le tissu peut être, après lavage, I

essayé vis-à-vis do la garance, do la cochènillo, du quercitron ou du cnmpêche; la coloration nouvelle quo l’étoffe prend à la teinture permet de contrôler les résultats obtenus.

Nous allons actuellement faire connaître les résultats offerts par chaque matière colornute. Nous prendrons le» nuance» simples, parce qu’il est toujours possible de ramener à ces composés les mianco» binaires et ternaires que la consommation peut avoir à juger.

Rouges.

orocte. La fuchsine et lo carthamo seuls sc fixent sans auxiliaire.

2e groupe. Lo rouge de chromo et les iodurcs de mercure, les tulfures d’antimoine et d’arsenic sont les couleurs minérale» qui peuvent être employées. Les chimistes savent les différencier.

3* GROUPE. La garance, le bois rouge, la cochenille, la murexide doivent Aire classés parmi le» rouges fixés par des intermédiaires.

Le rouge tiré de la fuchsine se décolore par les alcalis, il reparaît par l’addition d’aeétato «l’ammoniaquo : il ne laisse pas de rénidu par l'incinération.

Le rouge de carthame dispamlt par le chlore ; il no laisse pas do résidu par l'incinération; il est décoloré par les alcalis carbonaté» ou caustique». I.e jus de citron dépose des flocons roses si le liquide est chargé de matière colorante.

Le» rouges de garance et cenx formé» par les dérivés do la garance passent au juune ou au jaune orangé quand «n les mouille pur l'acide chlorhydrique. Si on les traite après cette modification par un lait du chaux, on voit apparaître une nuance violette brillante qui repasse au rose, par un lavage avec l’eau de savon. Quant aux cendres laissées par le» rouge» de garance, elles sont alumineuses ou tout à la fois chargées d’alumine et d’étain.

Les rouges au bois virent à la teinte groseille par l’acide chlorhydrique et le chlorure d'étain; quand on passe en chaux , il ne bo forme qu'un violet peu stahlc qui disparaît en savon, sans reproduire la nuance rouge primi tive.

Los rouges de cochenille diffèrent de ceux qui précèdent, parce qne l’acide sulfurique qui fait passer les premiers au jaune orangé donne une coloration rougtj vif aux teintures dues à la oochenillo.

Les rouges à la murexide se reconnaissent facilement à la présence d'un sel de mercure par lequel ils sont fixés ; la calcination qui dissipe à la fois toute la matière colorante et le sel de mercure rapproche la teinture en murexide de la couleur obtenue du carthame ; les caractères distinctif» de cette dernière et la présence du mercure dans lu première ne permetent pas la moindre confusion.

Bleus.

Il n’y a que l’indigo, los bleus de cam pêche et lo bleu de Prusse qui doivent nous occuper ici ; les bleus minéraux qu'on pourrait rencontrer comme le bien outremer (silicate alumineux mêlé de sulfure de 6odium), les bleu» do cobult (silicate de cobalt, aluminatc de cobalt, phosphate de cobalt et d’alumine, bleu Thénard), triple silicato de cobalt, d’alumine de sine et d’alcali ( bleu perean ), ne peuvent être appliqués que comme impression plastique ou teinture mécanique, et d’ailleurs ils so retrouveraient dans les cendres à pen près sans altération, sauf toutefois l’oatremcrqui pourrait être complètement décoloré.

4,r Groupe. L'indigo posé comme indigo de cuve forme le premier groupe, et se fixe rens intermédiaires.

2* Groupe. Lo bleu de Prusse peut faire partie de la seconde classe, caries éléments qu’il perd ne doiveul

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p is plus être considérés comme couleur que l'eau dans l'hydrate de 1er qui constitue la coulour rouille.

3e Groupe. Le bleu faux formé par le bois do CampScho et l'oxyde do cuivre fournit la seule matière bleue qu'on puisse chercher dans le troisième groupe.

Le 6/ru d'indigo est le bleu 6ol idc par excellence; il résiste a l'action de l'acide sulfurique concentré ; l'ébullition a\cc la potassa caustique no lo modifie pas. Sa cendre ne contient ni fer ni cuivre. Le bleu d’in • digo peut avoir été fixé sous forme do bleu de Saxe, carmin d'indigo, sulfo-indigotate, etc.; on le découvre par la dissolution de potasse qui fait disparaître lm coloration ; un acide la fuit reparaître.

Le bleu de Prusse est détruit par la chaleur ; il doune à l'Incinération aur une lame do platine un résidu d'oxyde de fer quelquefois pur, quelquefois additionné d'oxyde d’étain. La potasse le décolore en lui fuirant prendre uno couleur de rouille ; il se décoloro avec l'acide sulfuriqne concentré ; par l'immersion dans l’eau la coloration reparaît, mais affaiblie. Un caractère propre aux couleurs provenant du bleu de Prusse résulte de l'action de la lumière sur cette couleur. L'exposition à 1a lumière solaire décolore lo tissu ; l'obscurité ramène uu bleu les parties .décolorées.

Le bleu au campéche est tellement impressionnable aux acides qu’il passe ou rouge aussitôt qu’il a leur contact; il est décoloré par la chaleur et laisse une cendre qui renferme du cuivre. Eu effet, cette cendre honillie dans l’acide nitrique donne une ligueur qui, neutralisée par l'ammoniaque, fournit un précipité pourpré par le prussiate jaune de pota»*o, et par l 'ammoniaque en excès un liquide d’un bleu céleste. Ou ne doit pas oublier qu'il ne faut chercher le cuivre quo dans les cendres, cor il forme avec les matières colorantes des combinaisons daus lesquelles scs propriétés sont masquées.

Nous avons dit quo les Wcus foncés recevaient souvent un premier pied de bleu de cuve. Unq pareille étoffe qui est finie par des bains de campéche ou de bleu de Prusse perdra toujours une partio de sa nuance par les alcalis et les acides ; on retrouvera lo bleu soUdo après le traitement, la nuance aura seulement beaucoup diminué. Si lo bleu de cuve est recouvert de bleu de Prusse, la cendre sera ferrugineuse ; elle sera char géc de cuivre, ai l'on a rechargé de bleu par l'oxyde de cuivre et le campécho.

Jaunes.

Nons avons vu qu’on pouvait trouver, dans l’état actuel do l’industrie, les jaunes de gaudo, de qucrcitron, de graine, do fustet, de curcuma, d'acide picrique, de substances astringeutes , de rocou , les jaunes de chrome, l'orpiment, le sulfure de cadmium, lo nankin on le chamois.

Groupe. Lo jaano obtenu de l'acide picrique constitue le type d’un jaune présentant une telle affinité pour la fibre que rien ne peut l'enlever complètement.

2* Groupe. Dans ce groupe se classent les couleurs minérales, comme les jaunes de chrome, d'arsenic, de sine, do cadmium, que leur caractère chimique permettra toujours de retrouver dans les cendres. Les oxydes de fer et de manganèse qui donnent à l’état d'hydrate, d'arséuiato ou de phosphate des coulours Variées, se classent immédiatement à côté do ces couleurs jaunes minérales.

H* Groupe. Les autres jauhes qui nécessitent pour se fixer l’intervention des sels métalliques m rangent dans le troisième groupe.

Le jaune à l'acide picrique no se décolore pas par lea acides; il faiblit un peu dans les dissolutions alcalines, il no laisse aucun résidu par l’incinération.

Le jaune de gaude est détruit par l'acido hypochlo-

reux ; l'acido sulfuriqne concentré lo fait virer légèrement au jaune verdâtre La potasse ne l'attaque pas ; elle peut lo ramener au jaune d'or.

Les jaunee au quercitron sont détruite par lo chlore et par l'acide hypochloreux, mais ils ue virent sensiblement à l'orangé, ni par lea acides, ni par les alcalis, ni par les sel» d'étain ; l'acido nitrique leur fait prendre une teinte rougeâtre.

Le jaune de graine est détruit par le chlore et l'ieide hypochloreux ; la potasse le fait virer au jauno turc; le chlorure d'étain les fait passer à l'orangé.

Les jaunee de fusltl virent au rouge par l'acide suffurique ; l'acide nitrique les détruit.

Les jaunes de curcuma sont décolorés par le chlore ; ils virent à l'orangé par les alcalis.

Les jaunee au rocou, difficilement attaqués par le chlore, eont enlevés par l'acide nitrique; mais l'acide sulfurique les attaque difficilement; ils prennent d'abord uno nuance bleu verdâtre, puis passent an brun foncé.

Orangée.

Les orangés résultent généralement du mélange ou de la superposition des jaunes et des rouges ; quelquefois ils sont directement fournis par dos matières orangées, dont la plupart appartiennent aux substances minérales.

Verte. •

On peut distinguer parmi les matières colorantes vertes les verts à base d'indigo, les verts à base de bleu do l'nisse, les verts ohtenus par les jaunes et le carapéchc, les verts de Chine, les verts métalliques.

Les cerfs cl base d’indigo présentent, comme caractère commun, d'être détruits par la chaleur sans laisser d'autre résidu que celui que donnerait le jaune seul ; ils eont décolorés par le chlore et par l'acido hypochloreux en laissant du jauno s'il résiste k ces agents, ou seulement un des élémentsvlu jaune, l'oxyde métallique, s'il est détruit comme l’est lo principe bleu.

Les verts à base de bleu de Prusse sont inaltérables par le chlore gazeux, par l'acide nitrique et par l'acide hypochloreux quand ils ont pour base jaune lo cliromate do plomb; la potasse caustique l'attaque «n faisant disparaître à la foia le jaune et le bleu. Lorsque le principe jaune est uno couleur végétale, lo vert s' al tère par le chlore et par l'neide hypochloreux qui la font passer au bleu ; et la potasse, au contraire, n'aîtéraut pas lo jaune, mais faisant disparaître lo bleu, laissera voir une coloration jaunâtre avec uno nuance olivâtre.

Les verts au campéche rougissent fortement par l'acide qui détruit l'hématine ; Us noircissent quand on les couvre d'une conche de chromato de potasse.

Les verle de Chine présentent des caractères spéciaux qui s'opposent à ce qu'on puisse les confondre avec l’indigo. Une étoffe immergée dans la potasse en présence des sels réducteurs so décolore en donnant un liquide qui colore lo calicot en vert d’abord , eu bleu ensuite, quand on lo fait déverdir au contact de l'air. Un mélange formé de quatre volumes d'aride sulfurique ot d’une partio d'alcool qui dissout l'indigo fixé sur tissu no décolore pas le tissu teint par le vert do Chine.

Un tissu teint par 1« vert de Chine immergé dans lo sulfhydrate d’ammoniaque passe au pourpre; par le rinçage et l'exposition à l’air il reprend ses couleurs primitives.

Le chlorure d'étain fait virer la nuance à l'orangé ; mais ce caractère est commun h d'autres verts compo sés, ceux, par oxemple, qu’on formerait avec le tournesol et ses congénères et nn jauno végétal.

THERMOMETRE.

THERMOMÈTRE

Los vert» métalliques août formés on de verts on ! do jaunes métallique» et do bleus; on trouve dans l'examen des cendres la solution du problème. Il est possible de former dos verts de toutes pièces, comme les , arsénite* de cuivre ot l'oxyde de chrome. On sait que ce dernier est appliqué maintenant sur une grande I échelle à l’état d'oxyde de chrome hydraté ( voyez ÉMERAUDE, vert ÉMERAUDE, p. 235).

Violets.

Les violets sont obtenus ou par des mélange» ou par de» superposition». Quelque» compose», comme l’oraeille, la garance et l'aniline, donnent directement des nuances violettes ; d'autres exigent des superpositions.

Les violets garances laissent comme résidu des cendres chargées d’oxyde de fer; elles sont décolorées par l'acide hypochloreux ou par le chlore ; l’oxy Je de fer reste eur l’étoffe qui, lavée, peut prendre dansdcsdécoctions de matières tinctoriales les couleurs que chacune d’elles prend en contact avec les sels de fer. L’acide chlorhydrique faible le* fait virer au jaune orangé sale d’une intensité variable avec celle du violet primitif. Un lait de chaux sous l'influence do l’rftide détermine une couleur violette brillante et persistante en présence même d’un bain de savon bouillant.

Les riolets ou campéche laissent, après incinération, I une cendre blanche formée d’oxyde d'aluminium ; ils sont détruits par l'acide hypochloreux ; l'acide chlorhydrique les fait virer au rouge ; un lait de chaux, suivi d’un passage en eau de savon, leur donne une teinte grisAtre qui finit par disparaître.

Les riolets d la cochenille se distinguent de ceux au enmpêche, d’abord par leur nuance, puis par les réactions offertes par les cendres dont la composition est déterminée.

Les viole ts d'orteille te reconnaissent à leurs caractères propres; fugaces, ils s’altèrent au contact des acide», ne laissent pas de résidu lorsqu'on les incinère; ils reprennent nu contact de l’ammoninquo leur couleur primitive, si l'acide qui les a fait virer n’est pas trop concentré. Lorsque la couleur d'orseillc est obtenue par la pourpre françai-c, elle résiste aux acide» A 4 degré»; on peut trouver après incinération un résidu d’étain ou de magnésie, base de la laquo qu'on a dép»*»ée sur le tissu, si l’on a des impressions à déterminer (p. «592).

Le» riolets d'aniline se reconnaissent à leur grande vivacité; toute nuance violette paraîtra noire à côté de la teinture en indisine. Leurs caractères ont été donnés nti sujet de l'aniline; nous non* bornerons & renvoyer le lecteur aux caractères spécifiques que nous avons présentés en parlant de l’aniléino elle* mémo.

8ALVETÀT.

THERMOMÈTRE. Le thermomètre est l’instrument qui a pu permettre d’arriver à la découverte de toutes les loi» qui règlent le9 phénomènes calorifique», c'est-à-dire à la série la plu» importante des découvertes des temp» modernes en introduisant, dans leur étude, la possibilité de mesurer et par suite d’établir des lois. 11 doit être défini l’instrument qui sert à la mesure des températures; on ne peut donc, comme on le fait trop souvent, définir la température par le nombre de degrés de thermomètre, ce qui est un cercle vicieux ; la mesure d’un phénomène n’en est pas la définition.

L’idée de température qui est implicitement contenue dan* la première notion que notre esprit s« forme quand nous percevons les phénomène» de la chaleur, est une idée première qui ne peut pas plus se définir que le temps rn mécanique, mais noos pouvons définir l’égalité de température comme l’égalité de temps, ce qui doit non» conduire, dans un cas comme dans l’autre, à constituer l'unité, à obtenir la mesure.

Les premiers phénomènes que l'expérience nous

montre comme intimement liés aux température», sont la variation du volume des corps et réchauffement d’un corps froid en contact aveo un corps chaud. On doit donc établir :

4* Qu'un corps placé dans des conditions identiques de tout point, par rapport à sa distance d'un corps échauffé, à la pression, s’il s'agit d’uu gaz, etc., a uno même température.

2* Que la température de* deux corps est la même, si, étant rapprochés l’une de l'autre, ils n’éprouvent aucun changement.

3* Que s’ils éprouvent des changements, l’un se refroidissant pendant que l’autre s’échauffe, ils arriveront à l’égalité de température.

Ces premières déductions parfaitement certaines des effets les plus généraux et les mieux constatés de la chaleur permettent d’établir un instrument servant à constater los différences de température des deux corps, pourra-t-il fournir leur rapport, leur mesure? En effet, le corps type, que l’on comparera a un autre corps, avant un certain volume lorsqu'il e-t en contact avec lui, en raison de sa température, en indiquera une plu» élevée lorsqu'il prendra un plus grand volume an contact d’un autre corps. On ne pourra conclure de la varia' ion de volume du corps étalon qu’une différence, mais non un rapport, à moins d’avoir constaté la proportionnalité des variations do volume et des variation» de température.

Admettons cette condition remplie, elle ne permettra pas seule de passer à l'étude des phénomènes calorifiques; il faudra, comme dan* la mécanique où la mesure de* vitesses est tout à fait insuffisante et doit, pour arriver à ln constitution de la science, être complétée par celle du travail, des forces vives, dépasser la notion de température, employer celle-ci à déterminer la quantité de chaleur contenue dans un corps à une température donnée, à l'aide de sa chaleur spécifique. C’est à l'aide de celle-ci que l'on obtient l'unité complète, dont la constitution était indispensable pour constituer la théorie de la chaleur »ur des bases inébranlables.

L’établissement d*un thermomètre convenable nécessite la constitution d'une échelle de variation de volume, de degrés proportionnels aux échauffetncnU et aux quantités do chaleur du corps type. Supposons, poar le moment, cette condition remplie pour les liquides par des degrés égaux représentant l’excédant de leur dilatation sur celle de l’enveloppe de verre qui les renferme, et décrivons la construction de cet appareil le plus simple et presque le seul qu’il soit nécessaire d’employer dans les applications.

Thermomètre à mercure. — Inventé, suivant le» uns, par Galilée, selon d’autres par Drebbel, médecin hollandais, perfectionné par les académiciens de Florence et surtout par Newton qui l’améliora en montrant la nécessité d'introduire dans son échelle de graduation des points fixe», on voit que le thermomètre est né du concours de» fondateurs de la physique moderne qui comprenaient la nécessité d’introduire un moyen de comparaison, de mesure, nu milieu des phénomènes calorifiques, pour arriver à la découverte de leur» lois. Il consista d’abord en uu simple tube cylindrique renfermant de l'csprit-de-vin ou du mercure. Mai» cette forme n’étant pas susceptible de donner une grande sensibilité à l'instrument, on souda bientôt à l'extrémité du tube un réservoir dont le* dimensions soient considérables relativement au diamètre du tube, ce qui rend les variations du liquide beaucoup plu» sensibles. Telle est la forme adoptée.

1. Construction d'un thermomètre d liquide. — La construction du thermomètre *e réduit à un petit nombre d'opérations. U faut préparer le tube, intro-

THERMOMETRE.

THERMOMÈTRE

«luire le liquide, régler la cour«c de l’Intrnment, le fermer et le graduer.

Le* tubes de thermomètres doivent avoir un diamètre intérieur très-petit, et qui soit partout le même, afin que des longueurs égales correspondent à des volumes égaux. Pour vérifier si cette dernière condition est remplie, on fait passer dnn« l'inteneur du tube que l'on veut employer une « petite colonne do mercure de 1 on 2 centimètres de longueur ; ensuite , par une inclinaison ^ ! convenable, ou par une légère pression que 7JT l'on peut exercer à l'aide d’uno poire de gomme élastique, on fait marcher cctto colonne dans le tube jusqu’à ce qu’elle en ail parcouru toute 30 l ! l'étendue : si, dan» chaque position, elle occupe la même longueur, on est sûr que le tube est partout d'un égal diamètre. On soude alors à l'une de* extrémités du tube (voir souk- & flek le VEKREj un réservoir cylindrique ou sphérique, et à l’autre un réservoir ouvert.

Pour introduire le liquide dans la capacité in- 0 férioure, on le met d'abord dans lo réservoir supérieur, puis on chauffe le réservoir inférieur afin d'en dilater l’air qui sort en bulle* à travers le liquide; par le refroidissement, /JN Pair intérieur diminua d’élusiieité, et ln pression II

atmosphériqno pousso lo liquido dans le réser- I | voir; dès qu'il y en a quelques gouttes, on les I chauffe jusqu'à l'ébullition ; l’air est compJé- VI tement chassé par les vapeurs qui remplissent bientôt toute 1a cnpacité do la boule et 4 du tube, et en laissant refroidir, on est presque assuré de les remplir tous deux entièrement. SI coin n’avait pas lieu, on recommencerait l'opération. Lo liquide introduit, on le fait bouillir à la fois dans le réservoir inférieur, «lans le tube et dans lo réservoir Supérieur, afin de le purger entièrement d’air.

La thermomètre étant à une température suffisante pour remplir le tube, on en présente l’extrémité du tube an dard de la lampe d'émnilleur, et on le ferme.

2. Points fixes. — Si l’on plonge un thermomètre construit comme on vient do le dire, et que nous supposerons fait avec du mercure, dans un vase plein de glaco très-froide, placé dans une salle un peu chaude, on remarque qu'à mesure que la glace s'échauffa sans se fondre, l'instrument indique, par 6es dilatations successives, ces accroissements de chaleur ; mais dès quo la glace commence à fondre, il devient stationnaire, et conserve son état tant quo cello-ci n'est pas tout à fait fondue. Cependant l’air extérieur étant plu* chaud que la glace et quo l’eau résultant de la fusion, il est clair qu’il leur communique continuellement do la chaleur; et puisque le thermomètre ne l'indique point, c'est uno preuve qu'elle no lui parvient pas. Elle est donc employée tout entière n fondre la glace que l’eau contient; et sa disparition a liou uinsi, jusqu'à co que lo mélaugo renfermé dans le vase soit entièrement liquide. Alors seulement la chaleur communiquée a l'eau se transmet au thermomètre.

Si l'on continue à chauffer, le thermomètre continue à monter jusqu'à ce que l’eau soit arrivée à l'ébullition. Quelque chaleur que l'on applique ensuite au vase, tant que toute l'eau n'est pas vaporisée, lo thermomètre ne varie plus. Ici donc toute la chaleur introduite dans Tenu est employée à la vaporiser, de même quo toute celle qu’on a introduite dans la glace fondante est employée à la fondre, lorsque l'eau est convertie en vapeurs, si l’on bouche le vase qui la renferme et quo l'on continue à le chaufTtr, le thermomètre indique dos températures continuellement croissantes, et cela indéfiniment.

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