‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 289 sur 394 · kil •590,730 kil · texte numérisé non relu

kil •590,730 kil

478,840 kil.

too kil.

Sulfate de sonde (Lyon). . . . 49,60 4 ,333,525 kil.

Sel marin (Mira ma» ) .... 42,40 572,800 kil.

Sel de soude 80" à 92° ... . 48.50 219,856 kil.

Terre à creuset» iBollène). . . 2,85 4,479,630 kil.

Terre à creuset- (Salavas). . . 5.35 175,040 kil.

Terre à creusets (Courpières). 5,00 229,630 kil.

Houille de Vülars 1,35 72,000,000 kil.

Avec une consommation comme celle que nous venons d’énumérer, on comprend toute l'importance de la fabrication et la sécurité que le» fabricants du centre penvent avoir sur leur avenir.

En est-il de même pour la fabrication du Nord qui se trouve à la porto do la Belgique? Ln Belgique possède douze verreries h bouteilles admirablement placées pour le combustible et la main-d’œuvre ; le prix moyen dn charbon, dans lo nord en France, qui vaut 4 fr. 70 les 400 kil., ne s'élève en Belgique qu’à 1 1 on 12 fr. 50 la tonne. On peut répartir le prix do revient de la manière suivante :

Combustible 25

Main-d’œuvre . 45

Matière» premières. 25

Frai» généraux 5

Le combustible et la main-d’œuvre affectent donc d’une manière notable le coût du verre façonné sous forme do bouteilles.

Verre à titres. — De même que la fabrication des bonteilles, la fabrication de» verres à vitres, exigeant one grande consommation de combustible sc trouve désormais concentréo sur. les bassins houillers. Elle s’est développée d’une manière considérable dans le nord de la France, à Rive-de-Gier; en Belgique, à Chat leroy; en Angleterre, k Birmingham, aux environs de Li verpool, à Suuderland , etc.

Pour donner une idée de la puissance de production que possède l’Angleterre , nous rappellerons qu’on ‘1851 MM. Chance frères, de Birmingham, ont fondu, sans interrompre leur fabrication courante, pour le Palais de cristal , 5 à 6 millions de kilogramme» de verre pour couvrir une surface de 92,000 mètres entré».

On admet que pour fabriquer 400 kilogramme» do verre à vitres, dans l étal actuel do la fabrication du verre, i! faut :

600 k. de houille!

30 k. sulfate d< soude , à. . .

p»r (mm.

Tr.

pirtït kil.

tr.

Ht l*MC.

El F'J&f* {!•»<).

laiMrre.

30 k. calcaire, à

Terres réfrac- j taires, creusets, J fours, etc. . . .)

Main-d’œuvre et) emballage. .

La fabrication des vorres à vitres de couleur a pris aujourd’hui chez nous nue extension considérable; ou la pratique avec un égal succès en Angleterre comme en Belgique. Tantôt les verres sont teints dans la masse ; d’autre» fois il» «ont simplement doublés. Leurs prix sont variable» ; mais on peut admettre d’a-

VERRERIES

VERRERIES

prêt les données fournies jmr le» manufactures de Kivc-do-Gicr, qpc, termo moyen, le» 100 kil. do vorro teint dans U musse valent do 1 25 h 130 francs, et quo les verres doublés valent de 250 à 300 francs.

Ou fabrique actuellement en Angleterre sur une échelle considérable, sous le nom de pufmr-tffasj, une sorte de verre à riire double que l'un soumet aux diverses opérations du polissage de» glaces. C'est un verre dont U fabrication tend h se rép mdre en France.

On doit n M. llinot, v i rricr à Sèvres, un moyeu ingénieux qui permet de préparer les mancbocs du verre ordinaire pour le polissage.

Lo verre 60i.fllé par les anciens procédés «jus forme de manchons est étendu sur la sole du four. Lorsque la surface est bien dressée , un plateau de terre cuite, qu'on fait descendre de la voûte du four, vient s’y appliquer ponr faire disparaître les ondulations. On économise par ce simple appareil une grande partie des frais du polissago; il détruit promptement les ondulations plus ou moins profondes qui déformeraient les images réfléchies ou le» objets vus par transparence.

f ioUletehe . — La gobeleterie ordinaire, nommée demi-cristal, est un verre à base de soude d’une fabrication soignée, intermédiaire eutro lo cristal et le verre commun. Cctto fabrication, importante aujourd'hui, •'exerce en France dans 70 usines; elle est desservie par une centaine de fours ; elle occupe 20,000 ouvriers, et jette dnn» la circulation pour environ vingt million» de produits do toutes sortes.

Voici, d'après M. GodnrJ-D-:»inarets, propriétaire do la verrerie de Trelon, le prix de revient d’une potée do 250 kilog. : on a mis en regard lo prix do la mémo quantité de produits fabriqués en Belgique avec une cuisson au charbon de terre.

Sable

200 kil.

Frira.

fr.

Df l^tqitt-.

fr.

Soude

66, lit)

rinux

Décolorants

Houille

4 st. de bois

il. 00

Séchage

Poterie

Façon des vorreries. . .

Main-d’œuvre accessoire ....

Frais généraux

Rendement

250 kil.

Pour 100 kilog

Cristal. — La fabrication du crirtal en France représente une valeur de 7 à 8 millions de franc* ; les deux cristalleries de Baccarat et de Saint-Louis ont été pendant de longues années seules à satisfaire à la consommation intérieure. Mais il leur est fait maintenant uno concurrence sérieuse par un certain nombro d’usinee établies à Clichy, à Bercy, à I.yon ; ces usines fournissent environ lo quart de la production du pays.

Le goût qui distinguo les produits français leur assure tan débouché certain pour tou* les objets de luxe. Quant aux article» courants pour lesquels la matière a sur le prix une influence que lo goût ne compense pas, les produits français ne pourraient lutter à l’étranger ni avec les produits anglais, ni avec les produits belges, ni avec les verres do Bohême.

L'exportation des cristaux français est depuis longtemps stationnaire; la moyenne décennale do 4846 à 1856 a été de 783,350 kilog. ; on en a exporté en 1858, 892,491 kil., et en 1859, 743,879 kil.

Cherchonsà déterminer le prix de revient Hans cotte fabrication, d’après M. Godard do Baccarat.

Quelle est la quantité do matière» premières qu'on doit consommer pour produire 100 kilogrammes de cristal uni, dé p outillé?

La composition du cristal généralement admise. sauf je* variations résultant des usages spéciaux do chaque fabrique, e6t 3 de sable, 2 do minium et I de potasse.

On emploie, pour obtenir 100 kilogrammes de cristal vénal, 1 44 kilogrammes de matières, qui se décomposent aies! t

Sable % . 72 kilogrammes.

Minium / 4 H

Potasse ...... 24

Ces 144 kilogrammes de matières snbisscnt h la fusiou une diminntion de poids résultant, soit de l’évaporation de l’eau que contient toujours lo carbonate de potasse, soit ^du dégagement de l'acide carboniquo de ce carbonate qui n'entre dans la composition du cristal qu'à l'état do silicate do potasse, soit du dégagement do l'excè* d’oxygène du minium qui doit être ramené dons le criblai à l'état de protoxyde do plomb, soit des matières perdues dans le mélange et l'enfournement, soit du coulage qui a lieu lorsque les creusets viennent à casser, etc. La perte est de 13 à 15 p. 0/0, suivnnt l’état des matières et la manière dont lu foule est conduite, en moyenne 14 p. 0/0, ou 20 kilo grammes; 144 kilogrammes de composition no produisent donc, eu cristal fondu, quo 124 kilogrammes.

Il s’en fout de beaucoup que la totalité do cos 1 24 kilogrammes de cristal fondu puisso «*• re convertie immédiatement en produits vénaux. Une portion reste adhérente aux crousets, dont ello constitue ce qu'on appelle l’on verrage. On extrait une autre portion au commencement et souvent pendant le cours de chaque travail sous la forme d'escrnmures ou écrémurc», pour enlever les partie» impure» qui soûl remontées. n lu surface. Une portion considérable s’attache aux outils, d’où on la retire ensuite plus ou moins inernstéo de fer; une antre tombe en rognures sous les ciseaux du verrier. 11 y a inévitablement une certaine quantité do pièces manquées, ou présentant des défauts, et do verre gaspillé par les ouvrier* et leurs gamins. De plus, il y a toujours nn fond do creuset qui no peut pas être recueilli et utilisé. Les esc ram ares, lo verre détaché des outils, les rognures, les pures mnnquéor et le verre gaspillé pèsent beaucoup plus que le cristal converti en objets vendables. Ils ne sont jwu perdus, ils rentrent dans les fontes suivantes apres avoir été traités, trié* et nettoyés ; mais il y a forcément dun » cette opé ration un déchet de cristal réduit on poussièro ou on groiftils fins sans valeur, qui, joint à l'envorruge, aux fonds do Creusets, et au verre tombé dan» lo lonr.no peut pas être évalué à moins do 14 centièmes des 124 kil. do verre fondu, ou 17 kil. et demi. Ainsi 144 kil. de composition ne représentent en cristal fn briqué quo 106,50.

Enfin pour dépontiller ou fletter le cristal uni, et l'amencrù l'état vendable, on lui enlève environ 6 p.0/0 de son poids, et il ne reste de ce* 144 kil. do componition que 100 kil. de cri»tal uni, dépontillé.

Ces quantités de matières étant ainsi reconnues commo point de déport, il est intéressant d'étudier ce quelle» coûtent en France de plus qu’aux Anglais; ces chiffres se rapportent à la fabrication de Baccarat.

J/imwm. Le* Anglais ont à leur portée des mines de plomb de première qualité. En France on va chercher ce métal en Angleterre ou en E-pngne. Quand ou !« tire d’Angleterre, il revient, rendu au port d’expédition, au môme prix que dans les usines do ce pays; mais il est augmenté des frais d'embarquement en Angleterre, fret et assurance jusqu’au Havre. Cos frai» s'élèvent, savoir : frais an Havre, et commission ou bénéfices des intermédiaires, suivant In lettre do pro position do transport, toit 42 fr.

Si l'on fait les achats en Espaguo, lo résultat ost

D(gffi£R

VERRERIES

la infime, attendu que les prix des plombs do ce» doux origines vc nivellent néociw n remont en France.

Il font ajouter «

1° Droit «l’entrée, y compris le double décime, 6 fr. par bâtiment français, et 8 fr. 40 cent, par bâtiment étranger ; en moyenne, 7 fr. 20.

2® Transport par chemin de for du Ilavro k Lunérillc, 3 fr. 79,

3* Frais ù Lunéville et transport h Baccarat pur le» voies ordinaire?, 0 fr. G3.

Total, u u détriment de Baccarat, par 400 kil. de plomb, 23 fr. 62.

46 kil. de plomb, qui produisent, déduction faite des déchets, 4S kil. de minium, 6unt donc soumis à uno diffère; tco «le 40 fr. 86.

Potasse. — Le* Anglais ne supportent pas de droits sur leurs potasses. L'entrée de cet article en France, par bâtiments étrangers, est soumiso à un droit de douane rlo 4 fr. 80 c. par 400 kil., y compris les deux décime *, et c’est cc droit qu'il faut prendre pour base, puisqu'il n'a pour objet quo de compenser Indifférence du fret «le la nnvh'ution française et de la navigation étrangère, et que les potasse* ne coûtent pus moins cher, quand elles arment par bâtiments français, que quand on les recevait par bâtiments étrangers.

Comme la production des potasses en France e*t loin de euffiro aux besoins do la consommation, les prix des potasses du pays se nivellent nécessairement avec eenx des potasses exotiques.

11 faut ajouter, de plus, le tmn«port «le Marseille à Baccarat sur 442 kibg., y compris la tare, pour 400 kilog. de potasse, soit 7 fr. 46.

Tandis une les frais des Anglais n’excèdent pas, en moyenne, 50 centimes par 400 kilogrammes ou pour 44 2 kilogrammes, Ofr. 56.

En récapitulant :

4* Droit d'entrée. 4 fr. 80 ;

2° Transport, 7 fr. 46, dont il faut retrancher. 0 fr. 56.

Différence pour 400 kilog. de potasse, 44 fr. 70.

24 kilog. de pota«so supportent donc une augmentation de prix d» 2,80.

Combustible. — On peut évaluer ù 500 kilog. la quantité de houille néoefirairc pour convertir 400 kilog. de matières neuve* en marchandise fabriquée , sort 720 kilog. pour 444 kilog de composition, produisant 400 kilog. de cristal uni, dépontillé. On fond beaucoup plus de 4 00 kilog. de cristal avoc 720 kilog. de houille ; mais cette plus grande quantité de cristal fonda ne comprend que 444 kilog. de composition nouve, le reste est fourni par des groisils provenant des fonte* précédente», et on n'en obtient que 400 kilog. de cristal vénal.

La houille coûte aux Anglais, rendue dans leurs usine*, 7 fr. 50 c., soit 5 fr. 40 c. p»nr 720 kilog.

Elle revient à Baeénrat à 3 fr. 90 c. les 400 kilog. Il est vrai qu'on n'acceptc, à ce prix, que de la bouille en morceaux, et que, si l'on prenait, comme les Anglais, de la houille tout venant, elle coûterait 25 c. de moins. Nous ne la supposerons donc, pour comparer notro situation k celle de nos rivaux d outre Manche, u’a 3 fr. 65 c. par 400 kilog., soit 26 fr. 28 c. pour 20 kilog.

Lo désavantage relatif de Baccarat est do 20 fr. 88.

Sur quatre fours qui sont actuellement on activité a Baccarat, trois sont chauffé» au bois. l.e résultat de ca mode do chauffage est très-sensiblement lo même. On consomme 2 stères et demi de bois pour 144 kilog. de composition ncuvo.

4* Ces 2 stères et demi coûtent, en moyenne, rendus dans l'usine, à raison do 8 fr. 60 c. par stère, 24 fr. 25.

VERRERIES

2° Lo fcndnge en billotte* et les manipulations qui en résultent reviennent k 4 fr. par stèic, 2 fr. 50.

3° On brûle, pour sécher 2 stères et dotai de billettes avant de los employer <luns les fours, 0 stère 25 do bois d’un prix moins élevé, qui ne sont évalués qu'à 6 fr. le stère, 4 fr. 60.

4° Main-d’œuvre des chauffeurs , chargement et déchargement de* chariot», 40 c. par stère sur 2 stères et demi, 4 fr.

Total do la dépense sensibkmout égale h celle de la houille, 26 fr. 25.

Nous no croy'oiiB pas devoir faire mention du sable ot de la terre réfractaire qu’il Tant aller chercher, l’un k 300 kilomètres, l'autre à 565 kilomètre* de Baccarat, t-t qui coûtent sensiblement plus cher qu'aux Anglais; le* charges comparatives que cetta circonstance impose ne paraissent pas avoir assex d'importance pour qu'il y ait lieu de l'introduire dans ce calcul.

Intérêts et amortissement de capitaux. — On peut évaluer la mi-e de fonda engagée dans l'exploitation d'une cristallerie n l'équivalent dé la production annuelle. Chaque pièce fabriquée est donc effectivement grevée de l'intérêt d’un capital égal k sa valeur. Mais tanui* que 400 kilog. de cristal uni dépontillé représentent pour les Anglais une valeur mo> eune d’environ 460 ir., ils valent ù Baccarat 240 fr. Il est évident que les matières premières, le combustible, l'outillage, les machine* ot les produits étant moins chers en Angleterre, la confection et la mise en magasin d’un même poids de cristal fabriqué doit exiger un moindre capital dan* ce pays qn'en France; et comme Tiutérét courant est cher nous k peu près double de ro qu’il est outro- Mancbe, no» concurrent» snpportentrintérêt do 460 fr. k 3 p. 400, au plus 4 fr. 80, tandis que l'intérêt do 240 fr. k 6 p. 400 représente 42 fr. 60.

L’exeéilant d’intérêts pour les cristalleries françaises équivaut donc k la tomme de 7 fr. 80.

Si on suppose un amortissement annuel do 5 p. 400, cct amortissement imposera au fabricant anglais, sur le capital de 160 fr. afférent à chaque quantité de 100 kilog. de cristal uni fabriqué dans l'année, une charge de 8 fr., et au fabricant français, sur un capital de 210 fr., 10 fr. 50.

Différence au détriment de Baccarat, 2 fr. 50.

Transport. — Quant k la comparaison do la dépense de transport que ferait peser sur la cristallerie anglaise et »ur la cristallerie française la venta de leurs produits en France, pour faire ce calcul M. Godard l'établit au Havre.

Placer los industriels de* doux nations dans des conditions d'égalité à Taris, ce serait, suivant lui, mettra nos producteur* dans l’impossibilité absolue de lutter avec les rivaux qui se présenteront dans toute la partie do la France sititee à l'ouest du méridien do Paris, du nord ntt midi, depuis Dunkerque jurau’à Carcassonne; ce serait s’exposer k livrer à ceux-ci le Havre, Rouen, Nantes, Boiieaux, Toukm«e et les centres qni s'approvisionnent dans ce» contrées de commerce. En établissant l'équilibre au Havre, on ne l'établit pas pour cela a Nantes, Bordeaux et Bayonne oit les Anglais, expédiant directement, conserveront un avantage im-

Crtant snr les Français placés k Baccarat, Saiot- 'uis, Paris ou Lyon ; mai* il faut bien adopter un point de comparaison, et le Havre parait encore le plus rationnel, malgré cet inconvénient grave. Dans ces conditions, on peut admettre, en considérant Baccarat, situé k 612 kilomètres du Havre, et les cristalleries anglaises placées en Angleterre sur les port* d’embarqnemont de Newcastle ou uilleura, qu'ils n'ont aucun avantage les un» sur les autres en c« qui concerno les transports, et en supposant qu'ils soient dans des positions équivalentes sous ce rapport. L’influonce do» transports est donc éliminée.

VIDANGES

Fleltag* ou dtpoutillajt. — Enfin nous devons tenir coinpto de U dépense de flottage et de dépontilluge, qui est plus élevée en France qu’on Angleterre, on rtiMfî du plus haut prix do l'outillage, due machina* et du combustible, qui représente au moins <5 fr pour 400 kilog. , et pour laquelle on devrait conipiuudro dans l’évaluation du droit protecteur 25 p. 100 de ce* 45 fr.t c'est-à-dire 3 fr. 75.

Dans les considérations qui précédent, nous n’a voua pas fait mention du prix de la main-d'œuvre des verriers. Nous ne pensons pus que les Anglais la payent sensiblement moins cher que nous; mais ils ne la payent certainement pas plus cher. Nous nous regardons comme étant de part et d’autre, sous ce rapport, sur le pied do l’égalité. M. Godard ne s’est attaché qu’aux causes de dépenses qui offrent des diflérences sensibles, les matières premières, le combustible, l'outillage, les intérêts des capitaux engagés.

En récapitulant ces différences successives on peut faire le résumé suivant :

Minium. ^ . .1 40,86

Potasse 2,80

Houille 20,88

Amortissement et intérêt-* 40.30

Dépon tillage et usure du matériel. . 3,75

VIDANGES

Ceschiffrcs seront certainement modifiés par suite des nouveaux tarifs, qui diminuerom les prix des produits chimiques et des transports sur la houille.

D’après M. Bossu , directeur de ln fabrique de Saint- Louis, la moyenne du prix des 400 kilog. de cristal anglais sernit de 200 francs, en faisant intervenir l’influence des cristaux moulés.

D après M. Mues, de Clichy, il faut augmenter la quantité de houille qui sert à fondre les 400 kilog. de cristal; il ne peut Festinier à moins de 4 ,000 kilog., en tenant compte du combustible employé pour le polissage et lo douci des cristaux taillés.

Toiles. sont les données produites par l'enquête : on va voir que les chiffres introduits dans lo tarif ne répondent pas aux demandes des fabricants. Nous estimons toutefois quo les droits que le gouvernement a fixés serout suffi sammont protecteurs, et quo les faits prouveront que nos fabricants s’étaient alarmés à tort on n’introduisant pas dans leur» calculs les éléments compensateurs qui pouvaient diminuer les différences qu’ils ont cru devoir faire ressortir.

. Le décret qui fixe les droits d'entrée des verreries d’origine anglaise établit les distinctions et le tarit suivants :

Miroirs ayant moins d’un mètre carré 40 p. 400 de la valeur

Glaocs ! l,r"t0i 4*, ROI par mètre carré de

) éttunées ou polies. 4 ,00 j superficie. Bouteilles do toutes formes. 4 ,30 les 400 kilog. Verres à vitres blancs ... 3 ,00 Verres do couleur polis ou gravés. . J

Gobelctcrie et cristaux fJA .AA , ,

Vitrifications de toutes sortes . . . P* , ®

Emaux I va,ear-

Objet* eu nm non dénommés. . . T O roisil et verre cassé exempt.

Il faut ajouter aux droits de douane stipulés dans le tarif les taxes supplémentaires restituée* à la sortie des produits français sons forme do drawbucks, savoir :

I’our les miroirs 4 f. le m. carré.

Pour les verres à baso de soude. 3 f. les 4 00 k il.

Sàlvktat

VIDANGES. Ln question des vidangoa peut être considérée à doux points de vuo fort importants tous doux, de la salubrité publique ot de la fabrication des

engrais. Nous les passerons successivement en revue.

Salubrité publique. — Quant à lu salubrité la ques tion se oafond avec celle de la désinfection, traitée si complètement dans un article spécial ; car si les matières qui remplissent les fosses étaient complètement désinfectées, leur transport n'offrirait pas plu* d’inconvvuient» que celui do déblais ou de matériaux de construction. Voyons ce qui a été fait pour atteindre ce bnt.

t Aujourd’hui, à Paris, on ne peut rider une fosse si elîo n’a préalablement été désinfectée, et il dépend dos inspecteur* quo eetto désinfection soit complète Nécc»-nirement, pour pratiquer cotte opération, il faut que les fisses ne soient pus entièrement pleines; aussi l'autorité a-t-clle prescrit l'emploi d’indicatours-flotteurs, et le propriétaire qui laisse remplir su fosso au delà du point voulu est mis à l'amende.

Par le fait do la désinfection au moyen de dissolations métalliques, le* matières solides tenues on suspension dans la masse, suspension due très-probablement à l’alcalinité, se dépo*ent, et il reste à la partie supérieure de la fosse un liquide clair et presquo limpide. Moyennant une redevance de 4 fr. 25 par métro cube, il est loisible à l'entrepreneur de vidanges de laisser couler sur la voie publiquo lo liquide clair on quc»tion,

• u d'en disposer à sa guise; le» matières solides sont aussi 4 sa disposition au môme prix.

Les matières quo les vidangeurs n'acliètcnt pas sont transportées par eux uu dépotoir sis à la Yillette fVoy. vkxtilation), la voirie de Montfaucou ayant été transférée dans la forêt do Bondy, à la grande satisfaction des habitants do Paris, la Villotte, BelleviUe, Pantin, etc., mais au grand regret des habitant* do Bondy et des communes environnantes. Los tonneaux arrivés an dépotoir, on les vide, on les débarde dans des citernes où les liquides sont aspirés par des pompes qui le* refoulent dans une conduite souterraine qui les déverse dans les bassins de Bondy. Pour arrêter les matières solides toujours mélangées en plus ou moius grande quantité aux liquides, des tamis sont disposés, et on a soin d'ajouter une certaine quantité d’eau pure pour délayer le plus possible do cet matières et leur permettre de se prêter au jeu des pompes; Les matières solides enlevées dans les tinottos suivent la voie du canal do l’Oarcq pour arriver à Bondy.

Les matières désinfectantes employées généralement aujourd’hui sont le sulfate et le chloruro de xine, en dissolutions titrant de 35 n 40 degrés ; lo chloruro peut être employé à un degré bien plus élevé, puisqu'il est incristnllisablc. Une proportion de 2 0 0 suffit en moyenne pour produire le résultat voulu. On a reconnu dans la pratique que le dépôt, la clarification so produisent plus facilement au moyen des chlorures* quo des sulfutes II paraîtrait que l’autorité tient essentiel • Icmcnt à ce que les fotscs dont on doit luire couler le* liquides sur la ruo no soient pas désinfectées avec des sels de fer, parce que le sulfure et le carbon ri te de fer formés parla réaction du désinfectant, so déposant tou iours en certaine quantité dans le* ruis-enux, y laisseraient nno couche de matière ocreuso par suite de la transformation du sulfaro et du carbonate de fer en oxyde.

Nous ne savons pour quel motif on n'a point prescrit anti-infection, c'est-à-dire la désinfection permanente ot préservntive qui empêcherait les fosses d’exhaler jamais de mauvaises odeurs.

Quelquefois les vidangeurs mélangent aux matières lésinfactantcs des essences odorantes à bon marché pour masquer l'odeur spécifique do la matière que les sel* métalliques ne peuvent fairo disparaître.

Dans la prutiquo la désinfection ainsi produite est incomplète, ot elle cxjgorait l’intervention du charbon pour absorber les gaz ; il est une autre cause d'infection facile 4 faire di«parc1trc. Nous croyons que personne

VIDANGES

VIDANGES

n'y à songé avant M. lUibart, qui décrit ainsi, dans le Guide de la fabrication de» engrais, le système qu’il a fuit appliquer à Uoucn pour éviter que l’aspiration de» pompes qui servent b amener les produits liquides dans les tonneaux ne lance dan» l'atmosphère des gaz infects.

Ce moyen consiste à visser, au sommet de la tonne, un petit désinfecte» mobile, dont la fig. 3771 est la reproduction exacte.

Lo vase A est cylindrique : c’est, à proprement parler, un seau de 8 u 10 litres eu gutta-pereba. L’emploi de cette matière, qui rend à l’industrie des services nombreux, est extrêmement utile ici, en raison de sa 1 égèr té, de sa solidité, et surtout de la facilité du maniement.

II est un tuyau do même nature, recourbé, et destiné à faire barboter, dans le chlorure de clianx liquide Qui contient le désinfecteur A, les gaz expulsés pendant l’emplissage des tomes.

En C est un raccord b vis permettant d’ajuster le désinfecteur sur la tonne T. Dès que celle-ci est pleine, on dévitso le désinfecteur, on l’ajuste sur uuo autre tonne b emplir, et ainsi do suite. Rien n’est plus facile et plus prompt que cette manœuvre.

Lorsque la tonne est pleine, la partie du raccord fixée au sommet de celle-ci reçoit un bouchon b vis qui la ferme hermétiquement. Enfin, l’emplissage do la tonne se vérifie au moyen du flotteur D, dont la tige de cuivre E glisse dans une boite b étoupes F.

Par cette disposition, applicable à toutos les tonnes indistinctement, il ost impossible de percevoir la moindre odour autour des voitures b vidanges, b moins d’accidents ou de maladresse. Une réaction chimique bien simple explique l’efficacité de ce moyen t c’est principalement l’acide sulfbydriquo, dégagé do ces déjections impures, qui nous inspire une répulsion légitime par son odeur épouvantable, et instinctive par les dangers réels que présente son inspiration. Dans c*tto circonstance, l’acido sulfbydriquo est entièrement décomposé en traversant forcément l'hypochlorito de chaux liquide. Il se forme de l’acido chlorhydrique qui reste en dissolution, et du soufre qui se dépose.

Il est bien vivement b souhaiter que ce moyen se propage, car il rendrait service b tout le monde, et c’est dan» ce but que nous l’indiquons. La dépense or» chlorure do chaux ne dépasse pns 8 centimes 50 par mètre cnbe de liquides ox traits (les fosses.

I/ineonvénicnt auquel remédie le petit appareil ciilessus décrit est évité par un système dit atmosphérique, qui consiste en l’emploi de tonnes hermétiquement ferméos, en forte tôle, dans lesquelles on pratique

d’avance le vide. Lorsqu’elles sont arrivées sur le lien d’extraction, on assemble vers l'appendice, ou *o trou vu • un long robinet, un tuyau qui descend dans le mélange liquide, qui est chassé dans la tonno vide par la pression atmosphérique.

I.a difficulté de faire lo vide a été résolue pratiquement b Turin par l’emploi de chambres barométriques, de puits ayant plus de 40", 13. En remplissant la tonne d’eau et adaptant après le robinet un tuyau qui descende au fond du puits, on obtient immédiatement, malgré quelque dégagement d’air dissous dans l’eau, le vide de la chambro barométrique qui sc conserve en fermant le robinet. Toute pompe élévatoiro, appliquée b extraire l’eau du puits, mue par un manègo ou autrement, suffit alors pour le travail.

Le système do fosses fermées a toujours été considéré comme barbare, et l’exemple de quelques villes où, b l’aide d’une abondante distribution d’eau, on chassait au loin tontes les immondicos, paraissait le système salubre par excellence. Mais l’exemple do Londres, récemment infecté par l’accumulation des immondices dan» le Tamise et dans lo» égouts, a montré los graves inconvénients de ce système. Cependant l'abondante distribution d'eau dans toutes les maisons, condition essentielle de salubrité quo poursuivent avec raison toutes les municipalités, semble iucoinpatiblo avec le système de fosses fermées, qui so trouvent presque aussitôt remplies d’eau. Comme il est impossible, même b peu dr distance du la mer et pour des villes traversées pnr un fleuve important, d'y envoyer toutes les immondices, il fsut le» fuire disparaître par une fabrication bien entendue des engrais qui ruinèuo les produits b l’état sec.

Fabrication des engrais. — Un premier a été essayé avec quelque succès en Angleterre, et c’est ver» sou adoption que paraîtront tendre les amélioration* quo l’expérience a paru rendre nécessaires pour b» salubrité ds Londres. 11 s’agit d'un m «yen de débarrasser l'eau des égouts des immondices nvant de les jeter b la rivière , et ù les convertir immédiatement en engrais. L'efTel émulsif quo produit la chaux dans les eaux sales a fait concevoir la possibilité de réussir dans cette voie. Nous n’avons pas b revenir ici sur ce système dont M. Msngon a décrit l'application & la ville do Leicester, do 65,000 Ames, dans le beau travail sur les tfooOTt dont il a enrichi cet ouvrage.

Malgré tout ce qu'il offre d'ingénieux, on ne doit pas se dissimuler que le traitement des eaux d'égout par la clmux, bien que produisant uuc amélioration incontestable, n’est qu’un palliatif incomplet. D’abord, il ne précipite qu’une partie des matières solubles, et ce fait est hors de toute discussion , et il a été constaté, non -seulement en Angleterre, mais encore en France, par M. Hervé -Mangoti. De plus, même avec «le grandes quantités d'eau, on no peut empêcher les égouts de rester infects.

Le second système est le système diviseur déjb exploité par une compagnie et qni fait l'objet do plusieurs brevets qui conduiront sûrement b de* appareils tout h fait satisfaisants dans la pratiquo. Los produits solides restent dans uuc capacité métallique d’un enlèvement facile, et les liquides, séparés par une espèce de grossier filtre plongeur, sont envoyés directement b l’égout. Comme on suppose que l’emploi de cet appareil colneido avec nno abondante distribution d'eau qu'on a soin d’y fuire passer, il y a absence de fermentation ot d’odeur dans l’égout. C'est, nous pensons, dans cette voie qu'on trouvera le plus souvent la conciliation complète des intérêt» de ln salubrité et de l'agriculture, si intéressée b une abondnnto production d’engrais b bon marché.

Engrais. — La question do 1a conversion rapide, complète, en évitant toute espèco d’inconvéuient des

- * *2L. JW ' *

Ai tb

. ’ jêÆm eûi v

VIDANGES

vidange» en engrais, est traitée «l'une manière complète dans lu (iuide dé la fabrication économique Je* engrais, de M. Kuliart ; nou» ne pouvons que renvoyer à cot excellent livre le lecteur qui voudra étudier complètement la question. Nou» lui ferons seulement un emprunt pour hi«în faire comprendre l'importnuce économique du problème qu'il s'agit de résoudre et la certitude de» principes sur lesquels reposent les diverse» méthodes qui constituent sa solution comp'èle.

MM. lioussiugault et Liobig ont constaté que chaque individu produit par an 275*, 50 d’excréments, renfermant 8*, 250 d’uzote, suffisants pour la fumure de 50 ures «le terre et la production de 400 kilog. de froment ; et 228*, 1 25 d'urine correspondant â la fumure d’uo hectare. En étendant coa calculs aux 35 millions d’habitant» de la France, on trouve :

Solides 9,525,000,000 kilog.

Liquides 7.980,000,000 —

Page 1