kilog
représentant la fumure de 17,850,000 hectares, soit 03 p. 100 de superficie actuellement en culture do la France, s'élevant à 28,421 ,174 hectares. On voit qu’il y a là de» ressources asrex considérable* pour qu'on »’en occupe sérieusement, et qu'on ne perde pas par une exploitation absurde une semblable somme de richasses.
M. Kohart indique la nécessité do mélanger les vidanges avec de la tourbe, des balayures des grandes ville» pour fournir le carbone nécessaire à un engrais complet; à «les plâtras pour fixer les sols d'ammoniaque volatils et faire disparaître l'infection ; à des coprolithe», aux produits des ateliers d'équarrissage pour accroître la richesse en phosphates et en azote, et enfin h faire ferinonter le tout, condition essentielle, et trop peu comprise généralement, de l'assimilation «les détritus par la végétation.
Stephens, l'une de» plu» puissantes autorité» anglais» en matière d'agrieulture, dit : • Tout fumier dSii fermenter avant d'être employé. » En effet, autre chose est de faire de simple» mélanges, comme cela *c pratique trop souvent, mémo en employant les proportions les mieux raisonnées, ou de placer ces engrais dans des conditions telles qu'une fermentation naturelle pnis6e à son gré formor des combinaisons et des arrangements particuliers dont elle seule tient encore lo secret dans un très-grand nombre de cas. Autre chose, répétons-le encore, est de préparer un mélange d’eau, d'alcool , de matière colorante ut do tanin, pour en fabriquer un liquide décoré du nom de vin, ou do laisser ii la nature le soin de transformer le sucre en nlcool, et de combiner celui-ci avec l’eau de manière à produire une véritable boisson bienfaisante. Or, il en est de même à l’égard des engrais.
Il (sut doue conclure do tout ceci que l’état des corps, considéré au point «le vue de l'alimentation végétale, ne saurait être indifférent, qu’il a, au contraire, la pins grande influence sur l'action que ceux-ci exercent à l’égard des récoltes, et que les décompositions et les combinaisons infinies qui s'opèrent, ainsi que lus changements d'état qui s'accomplissent nu sein d'une masse d'engrais en fermentation, sont indispensables a la (qualité de ces derniers.
Un grand nombre d'engrais n'échouent ou ne donnent des résultats incomplets que par l'une des deux causes suivantes : ou bien il est des éléments indispensables qui font défaut , ou qui ont été employés sans discernement, ou U masse n'a pas passé par toutes les phases d'une fermentation naturelle, dont l'effet principal e»t «lo déterminer un arrangement pt^tlculicr que nou» sommes impuissants fi produire artificiellement comme ii l’égard de la fabrication du vin.
VIDANGES. 693
Dès qu’un lot d’engrais préparé avec le» matière» première» convenable», et contenant en outre des dépouille* aiiinnilcr. dissoutes par l’influence naturelle do la décomposition, est mis en contact avec l’air, pour être ensuite abandonné à lui-même, sa te m]*1 rature intérieure s'élève rapidement, et jusqu’au point de foire monter le thermomètre à 70 degrés centigrade». Il se produit là une véritable combustion lente, analogue, quant aux résultat», à celle qui s'opère dans nos foyers par l’effet de la combustion vive du charbon; car il y a non-seulement production do chaleur, mais dégagement abondant d'acide carbonique gazeux, dont la masse totale e«t entièrement imprégnée, et qui exerce sur celle-ci la plus salutaire influence. C’est alors que s'opèrent à l'infini le» décompositions, les combinaisons nouvelles, les arrangements nouveaux et le» cliangemcnts d’état dont nous venons de parler, et qui sont indispensables, répétons-le encore, h la qualité des engrais.
Les matières animales, dissoute» par l'effet d'une pourriture lent»?, continnent à se décomposer suivant lu loi naturelle è laquelle elles sont toutes soumises, et *e convertissent nécessairement en composé* ammoniacaux gazeux qui so r. paieraient en pure perle dans l'atnio-phèrc, si la porosité des corps avoc lesquel* ils sont en contact, et notamment l’humus et le charbon, ne »’y <ipi«osaient, et si le plâtre, ajouté aux matières première», ne venait fixer le carbonato d’nmntoniuque en le transformant en sulfate de la même ba»e. Aussi, dès que cette fermentation aces.*»1, aperçoit-on, dun» toute la masse, de nombreux et brillants cn-Uux de sulfate et de chlorhydrate d’ammoniaque qui scintillent à la lumière et projettent au soleil les couleurs le» plu» vive».
Le premier «le ce» »cl* résulte non seulement de l’action du sulfate de chaux f plâtre ) dont nous venons de p:n 1er, mai» aussi de l’action du sulfate «le fer employé a la désinfection. Quant nu second sel, il est le résultat de la transformation opérée par le» chlorures ou les liquide» acidulés des fabrique* do gélntmo dont on a pu faire usage pour la saturation. 11 y a avantage è faire prédominer le chlorhydrate d'ammoniaque par l'emploi des chlorures, plutôt que le sulfate, par la rnison que le premier jouit, en outre.de la propriétéde dissoudre le phosphate do chaux, et que cette circonstance est toujours favorable à la qualité de» produits.
I.a chaleur et l'humidité jouent, à l'égard de ce» transformation* nécessaires, un rôlo bien important. Toutes deux se piêtent un mutuel appui. I .a première a d'abord pour effet de détruire les graines d'herbes pim si tes que contiennent presque toujours les déchet» de laine comme nou» l’avons «lit précédemment, ou qui Be trouvent bien souvent dun» le» débris végétaux quo l’on peut utiliser à lu fabrication des engrais; or, après une fonuentntion de plusieurs mois, et l’influence d'une température anisi élevée, toutes les grnine» parasite* sont entièrement détruites. L'humidité ramollit les matières dures, les pénètre, lc6 gonfle, ouvre leur» porc» et les prédispose à une décomposition ultérieure, tans laquelle leur action sur les terres ne se ferai» sentir qu’avec une extrême lenteur.
C’cvt principalement »ous la double influence de la chalo ir et de l'humidité que s'opèrent bien la décomposition totale do toutes les matières végétales et leur transformation en humus aoluble, do même que c'est sous cette double influence quo les matières animales facilement décompo*nblc» so transforment d'abord en carbonate d’aminoniaquo, puis en sulfate «le la même base, au contact du plâtre employé.
Au milieu do ce* transformations san» nombre, et grâce surtout à la production abondante et continue d'acMe carbonique a laquelle donne lieu lu combustion lento de» matières végétales, le phosphate de chaux
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VIDANGES
incorporé dans Ici engrais sous forme do eoprolithos, oa bien dans son état naturel, devient soluble, et pent «ire dissous facilement plus tard au sein du aol, à la faveur de» eaux pluviales, et transmis aux racines des plantes qui le feront servir à reconstituer de nouvelles céréales ou de nouveaux fourrages, dans lesquels les hommes et les animaux puiseront il leur tour le phosphate de chaux nécessaire à leur constitution.
Ici donc, comme dans le cas «le la fomentation naturelle des résidus de raffinerie, du guano, do l'urine et de l’engrais flamand, il y a tout a la fois action chimique sur les matières animales employées, c’est-àdire conversion d’uuc partie de celles-ci en sels ammoniacaux, de même qu'une action purement physique, un simple changement d’état s'opère à l'égard des phospliutcs, changement à la faveur duquel ceux-ci acquièront, comme dans le guano, leur plus grande solubilité et le pouvoir d'agir efficacement sur toutes les terres, lorsqu'ils sont associés dans des rapports convenables et avec les sels ammoniacaux et avec les matières animales.
Toutes ces transformations, qne la nature semble vouloir soustraire à nos regards , et que l’œil do l'homme u n pu apercevoir c: étudier à son gré qu’après avoir accompli des prodiges de persévérance, de travail et de recherches, ont donc une immense portée et une utilité bien réelle, puisqu’elles nous montrent comment et par quels moyens nous pouvons arriver a pourvoir au premier et nu plus impérieux de tous nos besoins, à notro subsistance.
Il faut donc se bien pénétrer do cotte vérité, que tontes les matières appelées a concourir à l'alimentation végétale doivent pa-ser par certaines transformations, ou éprouver diverses iufluences sans lesquelles elles pourraient demeurer complètement inertes. Faire un choix judicieux des matières premières qui peuvent entrer dans la composition des engrais, les obtenir économiquement et les grouper dans des pro|*>rti*-ns convenables. c’est beaucoup déjà; mais ce n’est encore que la moitié de co qui est nécessaire à une fabrication véritablement sérieuse, car il faut nu**i que les engrais obtenus satisfassent à tout le* besoins de la végétation. Hors de là, et hormis le cas exceptionnel des défrichement-, il n’y a que déceptions à attendre tf«t ou tard de l’emploi d'engrais incomplets, quels qu'ils soient ; car il est absolument certain que ce que les engrais n’apportent pas aux récoltes, celles-ci le prennent au sol, dont la valeur est diminuée d'autant. Il faut donc que la végétation tronvc dans les engrais, non pas seulement de l'azote et dos phosphates, mais encore, et dans un état convenable, de l'humus soluble, des alcalis, de la potasse, de la chaux, do la magnénio, de la silice soluble, en un mot rharun dos éléments qui entrent dans la composition du fumier de forme, et qui lui donnent, sur tons les engrais, une supériorité incontestable.
L’échaufTemcnt naturel «le chaque lot d’engrais fabriqué comme nous venons de l'indiquer n’n d'autre limite que la décomposition complète, absolue, des matières végétales et animales employées, décomposition qui ne doit, en réalité, se terminer qu’au soin du sol. 1/àeide carbonique accumulé dans l'intérieur de chaque tas finit toujours par ralentir et même par suspendre presque complètement cotte décomposition. Pour l'accélérer, il suffit d'aérer les engrais en les remuant à In pelle. En reformant ainsi ce nouveau tas, on expulse l'acide carboni«]ue accumulé dans la masse; de nouvel le» quantités d'air sont alors emprisonnées dans les iutersticcs, et réohanfTemont se continué jusqu’à co que l'acide mrboniquo prédomine, et ainsi de suite.
Cet érbnuflemcnt doit se continuer tant que les engrais restent pelotonnés; on dit alors qu'ils ne sont pa« assez faits. An contraire lorsque l'éehauffement s’e-t opéré «l'une manière uniforme sur toute la masse, Ici