‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 29 sur 394 · H. CHIMIE · texte numérisé non relu

H. CHIMIE

Nous avons fait entrevoir plu6 haut comment la notion d’équivalence delà chaleur et du travail doit permettre, par sou extension, de faire rentrer la science chimique dans le domaine de

la mécanique, et par suite lui donner un caractère de perfection qui lui manque aujourd'hui. Ce progrès doit résulter de la détermination des équivalents mécaniques des corps, c’est-à-

INTRODUCTION

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dire des quantités de travail (ou de chaleur devait venir occuper dans la théorie une place équivalente, car c‘est celle-ci seule qui agit d’égale importance pour le moins. Au point sur les corps composés) capables de séparer les de vue des applications , cette dernière conatomes réunis par les forces d’afflnité. Quand duit à la production, par dédoublements, suhon réfléchit que ces forces sont entièrement slitutions, etc., de produits utiles à l’aide de de la nature de l’attraction qui cause la pesan- substances sans valeur. 11 est évident que le leur, on ne saurait être étonné de voir leur effet nombre de corps qui peuvent être ainsi obtes’évaluer en quantité de travail mécanique, et nus, en partant de groupes très-complexes ce sera probablement une cause d’étonnement élaborés dans les êtres vivants, par des réacdans l'avenir qu'on ait autant tardé à formu- lions lentes dans des appareils appartenant à Ier celte importante théorie. Quoi qu’il en soit, l’organisme vital, sont, pour ainsi dire, en elle me parait aujourd'hui solidement établie, nombre infini , et qu’on peut espérer arriver, et je donnerai à l’article Production de lacha- par bien des roules, à produire untfsubstancc leur le mémoire que j’ai publié sur celte impor- : précieuse. Les recherches ne pourraient se tante question. Il resle aux chimistes à l'ap- poursuivre qu’au hasard, et par suite avec pliquer aux divers corps que l’on connaît ; ! bien peu de chances d’obtenir d’importants travail immense, mais qui, à mesure qu’il s’ac- résultats, sans l’introduction dans cette partie complira et fournira la vérification constante de la science d’une notion dont de nombreux de la théorie de la permanence des puissances, travaux ont montré toute la valeur. Nous voucomme le travail de chaque jour du chimislc ! Ions parler de l’idée de série, prouve la permanence de la matière, nous fera j Cette notion repose en réalité sur la classifipénétrer les lois, les causes de bien des phéno- cation en familles naturelles, si utile dans la mènes inexplicables aujourd’hui. botanique et la zoologie, et qui faisant déjà

| sentir son utilité dans la chimie minérale, est La chimie minérale n’a pas-donné lieu, dans nécessaire «à plus forle raison, au milieu de la ces dernières années, à des travaux théoriques multitude de composés qu'on étudie dans la très-importants. Les plus beaux résultats obte- I chimie organique. Ln effet, cette sériation pernus, la préparation de l’aluminium, par exeni- j met de prévoir les propriétés, l’existence même pie , sont dus à l’application très-habilement \ de corps inconnus , d’après celles de corps faite de principes connus, et rentrent dans l'é- connus, et par suite de simplifier l’étude de la tude industrielle, objet de cet ouvrage. chimie , d’en étendre singulièrement les ré-

La théorie des composés du domaine de la sullats. chimie organique a fait l'objet des travaux les j Pour bien préciser cette importante méthode, plus remarquables de ces dernières années, et, j qui a trouvé à s’appliquer si avantageusement grlce aux efforts de MM. Dumas, Liebig, Uu- dans la chimie organique, rappelons comment rent, Ghérard , s’ est enfin constituée ; l'in- elle s’introduit dans la chimie inorganique, suffisance des théories de la chimie minérale Malgré la différence radicale qui sépare entra nécessitait un complément indispensable. eux les corps simples, on a été conduit pres- Ce qui fait aujourd’hui le caractère parti- que immédiatement par leur étude, à reconculier de cette partie de la science , c’est naître entre certains d’entre eux une analogie, le nombre presque infini de substitutions, une similitude dans leur manière de se comporde transformations, de décompositions par- ter dans les mêmes circonstances, qui ont dû ticlles qui permettent d’obtenir des produits les faire classer en familles naturelles. Nous de plus en plus stables, plus voisins des pro^ nous contenterons de rappeler ici trois familles duits minéraux, en partant des éléments asso- parfaitement déterminées, renfermant les princiés d’une manière particulière par l’action cipaux métalloïdes.

lento des affinités dans l’élaboration des végé- ! La première comprend les quatre corps qui taux, sous l’influence des forces vitales. ont les analogies les plus marquées : fluor,

La complication de composition de la plu- i chlore, brôrne et iode, part des corps que l’on rencontre dans les j La seconde comprend également quatre végétaux , la facilité avec laquelle on par- corps, savoir : l’oxygène, le soufre, le sélénium vient, dans nombre de cas, à remplacer dans , et le tellure.

un composé un atome d’un corps par un atome La troisième comprend l’azote, le phosphore d’un autre corps très-différent , sans changer et l’arsenic, auxquels on peut encore associer Je mode de groupement, comme le montre la l’antimoine.

conservation de la forme cristalline, ont ouvert Si maintenant on considère les combinaide nouvelles voies aussi importantes en théorie sons si nombreuses et si variées que présente qu’en pratique. M. Laurent, en montrant com- l’étude des corps non métalliques , on rcmarbien la théorie du dualisme avait été exagérée, , quera que des analogies de composition cora pu en conclure que celle des substitutions respondront à des analogies de propriétés. Ainsi

SCIENCES INDUSTRIELLES

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en prenant pour exemple l’eau, on voit que ce ] composé peut échanger tantôt son hydrogène, ; tantôt son oxygène contre certains corps sim- 1 pies, ou contre certains groupes plus ou moins complexes , en engendrant des substances qui présentent avec lui des analogies plus ou moins étroites en même temps que le même groupement mécanique.

Puisque parmi les composés qui dérivent de j l'eau , par la simple substitution de certains < groupes à l’hydrogène (les oxydes métalliques, j les acides sulfurique, azotique» anhydre, etc.), j il en est qui présentent des analogies tout aussi frappantes que celles qnc nous offrent le chlore, i le brôme et l’iode, on est fondé à établir des ; séries comprenant des composés.

Cette sériation de corps analogues, dit M. C&- j hours dans ses Levons de Chimie, présente un I immense avantage dans l'étude des phénomènes chimiques en ce qu’elle permet de dé- j duire de la connaissance parfaite des propriétés j d’un des corps les plus importants de la série, i de la famille, l’histoire à peu près complète des | autres termes qui la composent. Une série ' étant donc établie , pour en faire une étude j complète , le chimiste n’aura qu’à choisir le j terme qui lui paraîtra le plus convenable.

Ce terme sera comme une sorte de pivot autour duquel tourneront tous les composés qui lui correspondent par leurs propriétés, leur composition, et par la similitude des métamorphoses auxquelles ils donnent naissance , par leur contact avec les différents réactifs.

Ce qui est encore propre à la chimie organique , c’est que l'immense variété de corps qu’elle étudie ne comprenant jamais que trois ou quatre éléments combiués en proportions

simples, grand nombre peuvent renfermer les mêmes éléments dans le même rapport sans être nullement les mêmes. C'est du mode de combinaison des atomes 2 à 2 , 3 à 3, etc. ou plutôt de cohésions entre atomes similaires, que résultent ces formations effectuées dans les appareils si délicats de l’être organisé. Ces questions sont aujourd’hui les plus difficile» de cette partie de la science, et les moyens manquent le plus souvent pour décider entre des hypothèses également probables. Je montrerai à l’article lYoduetion de la chaleur comment la mesure des phénomènes calorifiques apparaissant lors des combinaisons, permet d’analyser le mode de combinaison d’un composé, et par suite d’élucider cette partie encore obscure de la science.

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