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DES STYLES

D'après la marche que nous venons de suivre, si toutes les lois du beau pouvaient être formulées, nous n'aurions pins qu'à étudier ces lois mathématiques, ces formules, ces proportions reconnues bonnes dans chaque branche particulière de l'art; en un mot, il serait possible de constituer une science positive de l'art dont les limites

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seraient faciles a déterminer d'une manière absolue. Mais il n'en est nullement ainsi, comme on peut le prévoir d'après le petit nombre de lois générales que nous sommes ]«rvemis à indiquer, et (pii ne peuvent d'ailleurs, comme on le sent facilement. avoir aucune influence sur le développement des facultés artistiques, de l'esprit inventif, ce qui doit être l'objet principal de l'étude que nous entreprenons ici.

Puisque les œuvres dans lesquelles nous réalisons ce que nous appelons le beau sont des créations de notre esprit, elles ont une relation directe avec la civilisation, les idées qui agitent l'esprit humain à chaque époque; on a donc dû apprécier en chaque siècle des harmonies diverses, mais toutes remarquables. En tut mot, il y a une succession historique qui doit être étudiée, qui nous révèle une foide d'harmoni es découvertes avant nous; moyen puissant de développer le goût par des comparaisons et des études convenables, qui permet d’arriver à la production d'harmonies nouvelles, quand on a compris et senti d’ahoril celles si nombreuses et si variées qui ont été découvertes dans la succession des travaux des hommes de génie de toutes les époques et de tous les pays.

La production (lu beau étant due surtout à l'initiative, au sentiment de l'ail de chaque grand artiste, écho de son époque sans cesser d'être lui-mème, n'est pas nécessairement progressive, et l'on no peut, comme dans les sciences exactes, oublier les travaux des prédécesseurs pour ne conserver que h-s théorèmes découverts ]iar eux. En un mot, il s'agit de connaissances de l'ordre des sciences morales, et l'étude historique, en attirant notre attention sur des œuvres (pie nous apprécions avec ce «pie nous appelons le sentiment du lieau. doit donner des résultats aussi nets que ceux que, dans d'autres voies, la philosophie, l'histoire par exemple, nous étudions à l'aide du sentiment du vrai, du juste.

Insistons un peu sur ce point de vue d'une grande importance et ipii donne la vraie raison d'être d'un travail de la nature de celui-ci.

On sait que l’école historique, si justement célébré en Allemagne, qui a rendu illustres les noms de Savigny, de Niebuhr, etc., et révolutionné les éludes juridiques, a prouvé surabondamment ipie l'étude abstraite du droit, en employant une méthode (1e déduction semblable à celle de la géométrie, ne mène qu'à des résultats de peu (le valeur; que chaque cerveau, prenant une vue incomplète du juste pour le juste absolu, arrive bientôt, par des déductions parfaitement logiques , à l'absurde le moins contestable.

, Au contraire (et les travaux de l'école historique l'ont également démontré)', l'étude historique des institutions , en permettant de comparer , d'étudier h-s effets des lois les plus diverses chez tous les peuples et dans tous les temps, en forçant de tenir compte de tous les éléments qu'il est impossible de comprendre entièrement dans une analyse, en étudiant des réalités au lieu de suivre des conceptions abstraites, permet d'entrevoir une image bien plus complète, bien plus nette, de ce juste absolu, divin, que l'intelligence humaine ne saurait jamais parfaitement définir.

C'est de la même manière que les monuments, les œuvres remarquables des diverses époques, forment la véritable école du beau, el (pie leur étude attentive peut seule permettre d'entrevoir, de développer le sentiment de ce beau divin, qui ne peut se formuler eu quelques phrases, résulter de quelques déductions plus ou moins logiques. C'est l'élude intelligente des chefs-d’œuvre , l'analyse raisonnée de chacun

I)K l/.YHT INDUSTRIEL, qui devient U‘ but de autre travail, et nous venons de prouver que e'est la seule méthode .qui puisse le renilre utile.

Le résultat principal Je l'étiule historique du beau, e'est Je nous faire concevoir nettement ce qu'on appelle les styles, c’est-à-dire les éléments, les proportions employées à chaque période de civilisation, les harmonies ipti avaient un rapport intime avec les idées régnantes a chaque épo(pie, et dont les variations, peu sensibles quand on ne regarde que les transformations successives qui s'opèrent lentement, deviennent très-saillantes dans des œuvres produites à des époques trés-éloignées. L'est ce (pii va devenir clair par les développements qui vont suivre et surtout par la vue des dessins des chefs-d'œuvre justement célébrés. C'est ainsi, pour nous borner a deux exemples bien tranchés, qu'ou retrouvera facilement dans le Parthénon et la colonne corinthienne quelques relations avec la grâce, l'élégance de la philosophie et du pagunisme grec ; et dans la cathédrale gothique, l'aspiration vers le ciel, le grandiose du catholieisme du moyen âge.

Pour suivre un semblable développement historique, pour rappeler en quelques mots (nous ne pouvons donner ici un bien long exposé) les grandes époques de l'histoire où la civilisation jetant un grand éclat a du laisser des œuvres considérables, c'est toujours de la Grèce qu'il faut partir ; c'est là (pie nous trouvons les origines de nos arts, de nos sciences. C'est en Grèce que les applications industrielles des beaux-arts ont pris naissance en même temps (pie ceux-ci. L’imagination des Grecs avait ennobli jusqu'aux ustensiles les moins précieux. Athènes fut la première ville manufacturière, la maltresse et la reine (lu goût dans les temps anciens. Il suflit de penser un instant au degré si élevé qu'atteignirent la poésie, l'éloquence, la philosophie ans beaux jours de la Grèce, pour apprécier, quand les chefs-d'œuvre ne seraient pas sous nos yeux, qu'il a dù se produire, à une époque de civilisation si brillante, un admirable développement de l’art. Les produits en durent varier à l'infini dans une société libre, où l'action des citoyens pouvait prendre tout sou essor. Ce sont les travaux de tout un peuple d'artistes qui ont engendré les chefs-d'œuvre si variés de l'art grec. Aussi la petite ville d’Athènes joua-t-elle un rôle que son importance semblait lui refuser, et cela parce qu'étant dans les temps ancipns la reine du goUt. elle devint par rela même la première ville manufacturière de l'ancien monde.

Il faut observer, toutefois, que. puisque c'est en Egypte que les Grecs avaient puise la plupart des éléments de leurs arts . l'étude de l'art égyptien doit précéder celle de l'art grec.

Les Egyptiens nous ont laissé des monuments dont les proportions colossales' manifestent clairement une étonnante civilisation , et qui . grâce à leur solidité, nous ont révélé une foule de renseignements sur l'état dos arts à cette époque si reculée. A l’opposé de l'art grec, où l'imitation de la nature tint une si grande place, le caractère dominant du style égyptien lui fut imprimé par une théocratie toutepuissante qui rendit immobile rel art grandiose, en assujettissant tout â des régies fixes, immuables.

Après la splendeur de la Grèce vint celle des Romains, qui ne cultivèrent les beauxarts que lorsqu'ils eurent conquis la Grèce ; mais, nation guerrière , ils furent trans- . :<

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formés jiar l'art grec, qui poursuivit son œuvre en initiant ses vainqueurs an goût des arts. Knrirliie îles dépouilles du monde entier, Home penchait déjà vers sa ruine, ([u'Atliénes, .Argos, Théhes, Curinthe, pillées, saccagées, mais toujonrs peuplées d’artistes, acquéraient, par leurs manufactures, une nouvelle célébrité. 11 est juste de dire que si les Humains ont emprunté aux tirées les principes de l’art et souvent les artistes eux-mêmes, cependant leurs œuvres ont quelquefois un grandiose que n’avaient fias les produelions grecques , et qui semble refléter quelque chose de l'immensité de l’empire romain.

Home, souveraine du monde, vit concentrer entre les mains de sa puissante aristocratie les richesses du monde entier. Les manifestations les plus éclatantes de l’esprit et de l’art, l'éloquence, la poésie, vinrent s'y donner rendez-vous, comme les beaux-arts cultivés plus souvent par l’esclave grec que par le citoyen romain, et, après avoir jeté un éclat qui fera toujours de cette époque une des pins célèbres dans les fastes de l'humanité, déchurent sous les empereurs par les excès d'une civilisation raffinée , s'épuisant elle-même.

Le déplacement de la capitale de l’empire , la fondation de Byzance, est le signal de la décadence des arts; le goût s’altère en même temps que le luxe des décorations brillantes, propres à l’Orient, se propage. Constantin ceint le diadème, prend la robe éclatante dès souverains de l’Asie ; c’est l’élément oriental, asiatique, qui triomphe de l’élément romain.

Sous cette influence combinée avec’ celle du christianisme, cause de la plus grande révolution morale que la terre ait jamais vue, se développe le style byzantin à l’Orient ; et à l’Occident où se révèle l’élément germanique , le style roman, dans lequel se fait sentir le génie propre aux nations catholiques de l’Occident ; ce fut par les produits de ce style que les nations qui avaient envahi et détruit l'empire romain commencèrent à faire sentir, sous la tutéle de l’église, leur tendance à sortir de la barbarie.

Après avoir accompli de grandes œuvres , ces nations abandonnent complètement les traditions de l'antiquité ; les grandes cathédrales gotliiques sortent de terre et les arts tendent à renaître pour décorer ces gigantesques constructions. On a classé ces productions dans un style qu’on a appelé ogival, du nom de l’ogive, élément spécial à son architecture. A cette époque, où la féodalité était subordonnée à la papauté, pendant la durée de cette puissante théocratie, il devait s'accomplir de grandes œuvres dans cette Europe animée d’nne même foi religieuse symbolisée dans de gigantesques constructions, chez ci -s grandes nations occidentales qui s’éveillaient à une vie nationale ou au moins communale.

Lorsqu'au xv* siècle les nations chrétiennes, et surtout les républiques d'Italie, arrivant à un degré éminent de richesse, cherchèrent à faire refleurir les arts, elles retrouvèrent la tradition de l'antiquité. Lorsque les Croisés s’étaient précipités sur l'Orient et avaient détruit les restes de l'empire grec , ils avaient rapporté dans leur pays le goût des arts qui s’v étaient maintenus. C’était encore à la Grèce que les féroces barons normands, qui avaient fondé le royaume de Sicile, prirent l'industrie de la soie qui s'y était conservée, en enlevant les ouvriers et installant de force cette colonie en Sicile. Enfin . les Vénitiens , devenus ensuite maîtres d'une partie de l'Archipel, transplantèrent dans leur patrie ce qui existait encore de la fabrique des

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Grecs. C'est avec ces éléments, arrachés à la Grèce, que l'Italie avait prépare cette grande époque de la renaissance qui remit tous les arls en honneur.

Les méthodes des artistes grecs se répandirent dans toute l'Italie ; ce fut le point de départ de ces écoles illustres qui se formèrent successivement. Vers le milieu du xv» siècle, en 1 -153 , un événement, important, la [irise de Constantinople par Mahomet II, donna une nouvelle impulsion aux arts renaissants, eu forçant les derniers artistes byzantins à s'expatrier. Grâce à tous ces éléments , grâce à l'enrichissement de la société moderne, le progrès se lit sentir en Italie d'abord, où Venise, Florence surtout, la véritable Athènes des temps modernes, Gènes, etc., étaient arrivées à un degré inconnu jusque-là de richesse et de liberté si indispensable pour donner à l'artiste la foi en son œuvre, puis bientôt dans le reste de l'Europe. La noble protection, le goût éclairé des Médicis, des Sforce, des d'Est, des Maximilien, des Charles-(.tuint , véritables souverains de leur siècle , si dignes de comprendre les merveilles de l'art, firent bientôt surgir les Masaccio, les Buonarotli, les Raphaël , les Vinci, les Titien, les Benvenuto Cellini.

On sait comment , grâce aux encouragements de François 1" , les art» passèrent de l’Italie en France avec Léonard de Vinci, le l’rimatice, Benvenuto Cellini, etc., et y retrouvant les éléments importants d une école nationale, s'v élevèrent à une si grande hauteur ; combien fut brillante cette époque pour tous les arts.

Après le xv* siècle, il nous faut arriver jusqu’à Louis XIV pour trouver un mouvement comparable, une ère de splendeur dans toute l'Europe, et surtout chez la nation française, qui se sentit appeler à accomplir des œuvres considérables. Les créations de ce règne, héritier de toutes les grandes conceptions de Richelieu, ou les hommes éminents semblaient se multiplier, ont un cachet de grandeur qui les fait reconnaître et ont donné un type à l'art. On sait toutes les grandes choses qui furent alors créées eu France, et comment la profusion des œuvres d'art, la recherche de l'élégance, le raffinement dans la décoration arriva enfin, au siècle de Louis XV, à créer un style, maniéré quelquefois , mais empreint de richesse et d'originalité, qui s'est appliqué heureusement à une foule de produits industriels.

Depuis cette époque, l'Empire, en France, livré à une imitation médiocrement entendue de l’art grec, adopté par une société qui, au sortir d'une longue révolution, ne savait plus où retrouver de traditions, n'a tien laissé de notable dans le champ de l'art ; la Restauration elle-même, pondant laquelle le gothique a été surtout glorifié par l'école dite romantique, n’engendra guère de productions originales que dans le champ de la fantaisie , dans des œuvres secondaires.

Nous arrivons ainsi à l'époque actuelle, à ces vingt-cinq dernières années. Des éléments nouveaux. lé£ progrès de la liberté moderne, la division de la propriété, la multiplication dtvfl(W*!re des propriétaires , la diffusion des lumières , en uu mot des besoins nouveaux éf des idées nouvelles, doivent amener des types inconnus jusqu'ici et couronner dignement le riche développement industriel qui caractérise notre siècle, correspondre à la puissance inouïe et nouvelle de nos moyen d action sur la matière, fournir satisfaction aux besoins d'élégance de millions de familles qui jadis bornaient leurs efforts à subvenir à leur existence. L'indication de ces types est un résultat précieux, que cette étude nous permettra d'obtenir dans nombre de ras.

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Hans celte énumération rapide des époques pendant lesquelles l'art a jeté le plus vif éclat, nous n'avons suivi que les évolutions do la civilisation gréco-romaine dont nous procédons directement. Certes , c'est dans les couvres produites par cette civilisation que se rencontrent les principaux types des harmonies qui plaiseut le plus à notre goût ; mais ee ne sont pas les seides. Les autres rivilisations. dans leur plus grand éclat, ont créé aussi des modèles que l'art industriel s'esl empressé d'adopter.

Ainsi nous citerons l'Inde, qui précède peut-être comme antiquité cette Egypte dont la tradition remonte au-delà des plus anciens temps bibliques, et qura fourni tant de ressources à l'industrie de la flrèee: la civilisation de la race arabe et turque, qui. un moment, a menacé d'envahir l'Europe et s est étendue sur une grande partie du monde, pour y constituer de puissants empires. Les éléments orientaux qu’elle s’est assimilés, avaient déjà pris une place importante dans l’ait de l’empire byzantin ; elle les a développés tandis que l'Europe s'est^W^sée à les continuer. Enfin nous aurons a parler de la Chine, pays si étendu, nîffvert d'une population compacte, possédant bien longtemps avant nous de puissants éléments de civilisation, l’imprimerie notamment, et qui a cultivé d'une manière bien remarquable certains arts industriels.

Nous aurons donc à etudier. pour chacune des divisions établies plus haut :

- L'art koïptikn,

L'art r.Rix.

L’art romain.

L’art byzantin, roman,

L'aiit noTHUM k ouivai,.

L'art iik i.a rkn.uss.anck,

L'art sors loris xiv.

L'art sois i.oi is \v,

L \ HT MomcilNi; ;

Et les manifestations îles civilisations orientales cl asiatiques, savoir : L'art inihh ,

L'art au are. mai HKsyiK,

L’art chinois

Chaque • de civilisation s'incarne en certains types; c'est ce que nous fera

bien Sentir l'étude des produits les plus complets de chacune d'elles ; nous voulons |>arler des grands monuments, des créations de l'architecture. Nous y trouverons la traduction des aspirations de chaque siècle, l'indication des éléments adoptés par l'art industriel à chaque époque dans ses diverses manifestations, les caractères particuliers qui constituent <V que nous appelons les styles. C'est ce que nous ferons apprécier dans le chapitre suivant . consacré à l'architecture, à la première des divisions établies [dus haut dans l'art industriel; toutefois, dans quelques cas, l'intelligence des styles s’obtiendra plus facilement par la vued ieuvres moins importantes, où le caractère de

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l'ail a une époque esl exagéré. Remarquons que, dans tous les temps, presque toujours les artistes croient faire de l’art pur, se livrer à l'imitation de la nature, et non obéir à dés conventions qui nous paraissent le cachet particulier de chaque style ; c'est en général l'avis des contemporains. Ce n'est que plus tard que le style se révèle : c'est lorsque les artistes se sont mis à suivre des idées différentes de celles qui guidaient leurs prédécesseurs, que le système auquel obéissaient ceux-ci, sans en avoir conscience, devient sensible.

En nous bornant à l'étude sommaire des styles, nous ne prétendons pas qu'elle seule suffise à l'étude historique du beau, et que d'autres recherches soient inutiles. Mais pour rendre cette étude complète, indépendamment du récit des événements et des idées régnantes en chaque siècle et en chaque contrée, il faudrait définir lès principes des diverses écoles, c'est-à-dire des groupes d'artistes qui ont préféré Certaines formes à d'autres, telles ou telles combinaisons, aussi bien que l'œuvre individuelle des artistes éminents qui , inspires par leur époque, ont eu une grande influence personnelle sur les œuvres, le goût de leur siècle, et dont la succession constitue le développement de l'art. En effet, c'est l'artiste émipent qui découvre le beau et le- fait admirer; il ne dit pas, ce que tout le monde sait, mais ce que tout le monde est susceptible de comprendre à l'epoque où il vit; ce que chacun croyait savoir déjà une fois qu'il l'a dit. Ür cette œuvre complète, encyclopédique, nous parait immense et à peu [nés irréalisable: son extrême étendue -ferait d'ailleurs perdre de vue l’ensemble et les rapports des diverses parties; aussi l'esquisse seule nous parait abordable, et c'est a elle que nous bornons nos efforts, supposant connu du lecteur ce que nous serons obligés d'emprunter a l'histoire de chaque époque ef de chaque artiste éminent.

Nous terminerons le plus souvent par la revue un peu détaillée îles œuvres de l’époque moderne les études sur les diverses classes de produits indus! rielsMont nous avous à parler, par la raison que les Expositions universelles de Londres et de Paris, en mettant à notre disposition une quantité suffisante de matériaux . nous fourniront le moyen de donner une extrême utilité pratique a cet ouvrage , et nous permettront d'indiquer la voie véritable de l'avenir, celle dang laquelle les efforts doivent être dirigés. Nous décrirons auparavant les œuvres de dfvilisàtion étrangères à la nôtre, qu'il importe d'autant plus de connaître avant d’étudier les productions modernes, que celles-ci y puisent bien souvent des modèles, ('/est en effet l'imitation de tous les styles qui forme le point de départ de la puissante production industrielle de notre époque, et il est nécessaire de reconnaître les imitations heureuses pour les louer, celles évidemment malheureuses pour les blâmer.

L’étude détaillée des produits de l'industrie des diverses nations nous permettra aussi de donner une juste place à un point de vue trop négligé dans ce travail poulies époques antérieures à la nôtre. Comme nous ne pouvons représenter chaque style, dans chaque genre de productions, que par une on deux pièces, insuffisantes le plus souvent pour indiquer les modifications de ce style pendant le long espace de temps pendant lequel il s'est transformé, an moins partiellement . nous n'avons pu tenir toujours suffisamment compte du cachet de chaque nation dans son interprétation de chaque style Or. si cela peut être excusé dans une esquisse sommaire, on

tî DE L'ART INDUSTRIEL.

lie saurait l'admettre quand on considère les produits si nombreux des grandes industries de puissantes nations, comme celles qui rivalisent avec nous, dont le développement industriel et artistique est si considérable. Sous ce rapport, l'Aller magne , où les arts ont pris un si beau développement, mérite surtout une grande place, et l'école allemande, le style allemand doit être étudié avec le plus grand soin. Nous n'avons pas liesoin de parler de l'Angleterre, de si longtemps en avance sur nous, que la gloire de la France est d'atteindre et de déliasser quelquefois , et qui, dans nombre de produits, a su élever à la hauteur de l'art cette convenance élégante pour laquelle elle a inventé le mot de • coinfortalile ■; enfin les produits de l'Italie, de l'Espagne, de l'Inde, etc., nous offriront dans certaines industries des indications très-précieuses , qui nous permettront d'établir bien nettement l'intéressant tableau de l'état actuel de l'art industriel chez les nations qui excellent dans l'exécution d'un produit quelconque, qui sont supérieures en un point aux autres nations.

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