C.KHWIlyl'K
représentons ni) de Ces produits inspiré évidemment par le style maures(]ue heureusement employé.
Grè* <lu Voisinlieu de M. Zieglcr.
> Parias. — Nous avons dit que les applications de la Céramique à la statuaire ne nous paraissaient pas . en général, très-désirables. C'est surtout la dureté résultant des matières peu plastiques qui nous cause celte impression, qui ne saurait s'appliquer aux compositions en terre cuite de quelques artistes, et surtout de Clodion, qui a fait au siècle dernier, de charmantes productions en ce genre, trés-appreciees des amateurs, et qui, moulées en bronze, ont eu un grand succès à cause du sentiment exquis avec lequel cet artiste savait faire valoir des sujets de petite dimension.
Bien (pie tous les sculpteurs exécutent en argile leurs premiers modèles, bien peu les finissent avec soin , y attachent assez d'importance pour en assurer de la durée à l aide de la chaleur. Il n'existe de remarquable dans ce genre que les cuuvres en biscuit, c'est-à-dire en porcelaine sans couverte, (pii. malgré le mérite de plusieurs de ces productions, et leur popularité sous Louis XV et Louis XVI , nous paraissent, avoir les inconvénients que nous avons signalés.
Les fabricants anglais, et surtout MM. Copelaïul et Million . ont remédiée l'aspect un peu dur du biscuit blanc de porcelaine en composant une pale phosphatique dite l’arian ou de Paros, qui convient admirablement pour les statuettes. Cette pâte, dans laquelle entre du phosphate de chaux, base principale des os, a quelque chose du reflet jaune, de l'aspect gras de l'ivoire, de l'os. Klle est. pins artistique que le biscuit de porcelaine dont le reflet blanc et dur sent, la pierre et ne convient pas si bien pour représenter le corps humain.
i" Ft.F.i'ns kn rniir.ci.AiNu irr fiocrisks cm, mutes.- — f.es figurines colorées ont fait
A HT INDUSTRIEL
longtemps la réputation de la fabrique de Meisseu en Saxe, la première qui ait fait de la porcelaine dure, grâce aux travaux de Tchiroaüs et do Baûtger qui eu fuient les fondateur». Nous domierou» à ce sujet le passage que M. Brougniart a consacré à ces produits dans son • Traite des Arts céramiques, • note curieuse qui montre la conscience que ce savant vieillard apportait dans ses jugements en matière d'art, et est l'expression naïve de la difficulté qui se rencontre à ne pas se tromper dans ce» matières.
■ 11 me parait difficile, dit-il , pour ne pas dire impossible , d'établir maintenant ce qui est de hou ou de mauvais goût, car j'ai vu appliquer, suivant les temps, chacune tle ces épithètes au même objet, par la majorité non-seulement des personnes dont l’opinion sur ces matières mérite une grande considération, mais aussi par des artistes reconnus pour des hommes de talent; je suis donc réduit à ne pouvoir apprécier les productions des arts d'ornements, qu'en émettant ma propre opinion ou l'opinion dominante d'une époque, c’est-à-dire celle de la mode. Or, suivant mon opinion, les ligures isolées ou groupées de la manufacture de Saxe sont d'un ntauvais goût, d'un mauvais style,... etc. ■
M. Brougniart ne parle ici que de Meissen, mais il est clair que tous les produits du mémo genre sont peu goûtés par lui. Le biscuit blanc de Sèvres était le seul qu'il admit pour les Ugurines. Comme lui, nous estimons peu ces colorations, ces imitations de fleurs toujours imparfaites.
5» Pièces en porcelaine. — 11 nous reste à traiter la question la plus importante : quelles formes tend-on à donner aux pièces dignes d 'être remarquées que produit la Céramique à notre époque ?
Nous laisserons de côté toutes les imitations des styles anciens ou étrangers que les progras techniques permettent d'obtenir; les imitations des pièces étrusques, mauresques, chinoises surtout, dont la fabrication forme une industrie importante, à cause du mérite justement apprécié des productions du Céleste Empire; c’est le cachet propre de la puissance de l'industrie moderne que de reproduira tous les styles antérieurs. Nous m; parlerons pas non plus des produits carieux dus aux progrès des procèdes tecl iniques; telles sont les tasses d'une extrême légèreté obtenues grâce au procédé de moulage à l'aide du plâtre desséché. Les pièces dites coquilles d’œtif, qu'il est possible d'obtenir ainsi, n’ont qu’une épaisseur tellement minime, qu'il serait complètement impossible de les fabriquer sur le tour.
Les genres les plus appréciés des pièces modernes peuvent se réduire à deux principaux.
Le premier se rattache plutôt au mauresque qu'à tout autre style; ses caractères essentiels consistent dans l'emploi des couleurs à tons francs, des dorures, des enlacements découpés à jour. Les couleurs à grand feu, telles que celles justement célébras de MM. Disery et Talmours, constituent un progrès important accompli dans cette voie quant à la décoration. Nous donnons ici la pièce du milieu d'un beau service de table mis â l'Exposition par M. Honoré, un de nos première fabricants, et qui, comme les jolies pièces orientales de forme sphérique de M. Copeland, un des premiers fabricants anglais, nous parait bien indiquer le genre dont nous parlons. Nous reviendrons sur ces dernières en traitant des décorations.
Les formes employées par les Allemands dans la céramique, mais surtout dans la
CERAMIQUE • . : 79
verrerie, procèdent egalement du style oriental, plus encore que celles adoptées par les Fiançais et les Anglais.
Porcelaine de M. Honoré.
Le second est celui que nous appellerons de Sèvres , parce qu’il rappelle les plus
Vur de Serre* Potiche de Serre*
belles pièces sorties de cet établissement; c'est le moins industriel, le moins propre
quelquefois des couleurs au grand feu rehaussées d'émaux: mais le ]dus souvent le fond reste blanc éclatant pour être couvert de couleurs dégradées. île peintures lines d'une grande délicatesse représentant des Ilenrs, des oiseaux, etc., plus voisines de la nature, plus sévères que les décorations du vieux Sèvres. N'ous donnons ici un élégant vase de la fabrique de Sèvres, de forme ovoïde allongée, garni d'anses en bronze et aussi couvert de peintures délicates d'un grand charme. L’exagération de ce système, qui fait de chaque assiette de Sèvres iin objet d'art de grande valeur, eu empêche la propagation, mais n’en amoindrit i>as le mérite.
La fabrique de Sèvres a mis à l'Exposition de Londres et à celle de Paris bien des pièces remarquables dont nous navons à parler ici qu’au point de vue des formes, réservant pour la section ou nous traiterons des applications de la peinture la question des décorations par coloration, nous citerons :
Une potirhe forme chinoise, heureusement modifiée, rendue plus légère par l'allongement de la partie supérieure.
Des fonts liaptismanx, style byzantin, pièce remarquable jiar ses dimensions et la variété de ses décorations
Nous citerons en terminant comme pièces élégantes, destinées au luxé des ameublement» coquets, les coupes et lampes montées en bronze doré, rouvres qui appartiennent autant aux bronzes qu'à la porcelaine.
VERRERIE
Dû aux Phéniciens, d'après la tradition , l'art de fabriquer le verre fut cultivé avec succès dans l'ancienne Egypte. Les poteries qu’on a retrouvées montrent, autant que les verres, que les Egyptiens avaient poussé fort loin la science dés émaux, des vitrifications de tout genre.
Les Romains ne connurent guère l'art de la verrerie que lors de leurs conquêtes en Asie, peu avant l’Empire. Vers cette époque, une foule d'ouvriers de tout genre d'industries affluèrent à Rome, venant les uns d'Egypte, les autres de la Grèce; ils apportèrent avec eux les secrets des arts de luxe , peu connus des Romains de la République. Dès ce moment on sut, à Rome, dorer, ciseler, colorer le verre. Néron • encouragea beaucoup cet art, et paya de sommes considérables de lielles coupes de verre. Le vase dit de Porüand, aujourd'hui à Londres, donne idée du haut degré de perfection que ce genre de produits avait atteint sous le règne des empereurs romains.
L'art de la verrerie fleurit de bonne heure en Italie et parait s'être fixé de bonne . heure a Venise, dont les anciens ouvrages en verre ont beaucoup d'analogie avec ce qui a été retrouve des .produits des verreries antiques. On connaît la célébrité des glaces de Venise, ainsi que des verres d'apparence diverse qui y étaient fabriqués. Mtirano était le lieu de cette fabrication qui fournissait à Venise de précieux moyens d'échange pour son commerce avec l'Asie, source de ses richesses. Aussi, jaloux de conserver le monopole de cette industrie, le gouvernement de la République soumit-il les verriers à des règles sévères, mais en même temps leur donna de nombreux privilèges pour encourager leur profession.
Lorsqu’après plusieurs siècles de prospérité, Venise rit décroître son commerce par suite des nouvelles roules ouvertes vers la Chine et l’Inde par le cap de Bonne- Espérance, et que l'esprit de commerce pénétra les nations rivales, les procèdes de
K> ’ ' AHT IN'DI'STRIKL.
l'art de la verrerie (lassèrent de l’Italie dans le reste de l'Kurope et surtout eu Bohème, où il s'est en quelque sorte nationalisé, où les progrès se sont succédé sans interruption. Pendant quelque temps ce pays sut, grâce à l’habileté de ses ouvriers, reconstituer en quelque sorte à son bènéüce le monopole dont avait.joui Venise.
La fabrication des glaces introduite en France grâce aux efforts de Colbert et à l'aide d’ouvriers vénitiens; y a vu réaliser mi grand progrès qui a transformé les décorations intérieures. Nous voulons parler des glaces coulées par le procédé dû à Abraham Thévart, et qui, obtenues en très-grandes dimensions, ont pu jouer un tout autre rôle dans la décoration ' des appartements, pour multiplier les lumières, que les petits miroirs de Venise:
Fabriqué à l’aide de l'insufflation, le verre prend naturellement la forme sphérique; c'est par des artifices de fabrication, des déformations par allongements cylindriques de celte ïomje sphérique, que s'obtipnncnLles figures .variées des verres qui, à cause de la similitude de leur nature, doivent être étudiés en même temps que les produits céramiques. . ,
• La découverte du cristal, ou plutôt la modification apportée au verre de Bohême, en faisant entrer dans sa composition du minium pour eu augmenter la fusibilité, fournit la base ‘d'une fabrication d'abord prospère en Angleterre, puis introduite avec succès en France, où la verrerie avait toujours été considérée comme un art,' où les gentilshommes verriers avaient toujours joui de grands privilèges; les procédés particuliers ’ employés pour travaillée le cristal, le moulage et la'taille à l-’ajde des meules de grès, ont permis d'obtenir des produits de la plus grande richesse, des formes artistiques auxquelles -les jeux de lumière donnent un éclat admirable. Il n'est certes pas de matériaux plus éclatants pour la décoration que le cristal, qui multiplie A l'infini la lumière. Aussi les cristaux sont-ils aujourd'hui le premier article de luxe des tables riches. ‘ «
La coloration des cristaux accrut encore le nombre des effets qu'il est possible d'obtenir.
Ainsi, au moyen de verres convenablement colorés par des oxydes métalliques de cobalt, de iiiangauèse, l'or divisé, etc., on a pu obtenir non-seulement des pièces d'tili aspect agréable, mais reproduire, en en imitant aussi les formes, des fac-similé de poteries égyptiennes et étrusques, imiter parfaitement la malachite, l'agate et les terres antiques. Si, au lieu de colorer le verre tout entier, on enduit le cristal blanc de- verre coloré, ou obtiendra par la taille, qui enlèvera par places cet autre verre de peu d'épaisseur ..des effets très- remarquables C'est le procédé le [dus fréquemment employé aujourd'hui.
las s cristaux opaques ou opalins jouent tut graml rôle dans la fabrication artistique. Ils s'obtiennent en France par l'addition (le phosphate de chaux ; en Bohême, en ajoutant à la masse fondue du verre pulvérisé et travaillant le mélange à basse température. Le verre opalin coloré en vert est devenu fort à la mode dans ces dernières années; ou lui a donne le nom de chrysoprace.
bassons aux styles divers qui viennent se traduire (laus des œuvres de goût des temps modernes, grâce à la variété des procédés de fabrication, de moulage, (le décoration.
Nous mentionnerons ici, comme échantillon dé fabrication ancienne, les verres de
VKKHRHfK
'cuise du musée île l'.luny, ilmil les formes nous paraissent les plus remarquables.
Nous traiterons plus loin de remploi des verres colorés pour vitraux, qui ont forme urî élément de décoration -si important des cathédrales au moyen âge , mais dont il n'y ’a pas lieu de parler encore, puisque nous nous occupons ici spécialement des' formés.
Quant'aux produits modernes, nous distinguerons :
1° la verrerie, la gobletterie de luxe, qui se distingue par sa légèreté, par ses fyrmes capricieuses, l'élégance des formes obtenues par le moulage et la taille et qui résulte en général d'oppositions entre les parties larges qui contiennent les liquides et les supports njinces; ce genre de produits a évidemment sa tradition dans les verres de Venise. Les verres mousseline d'une extrême légèreté, trop délicats pour être taillés à fqcettes, graves et ornés seulement de dessiné mats, sont de charmants produits.
Les cristaux blancs sont le plus souvent tailléB en pointes de diamant ipii charment par les jeux de la lumière que réfléchissent mille facettes. L'Exposition anglaise oflre sous ce rapport de très-belles pièces.
Les cristaux colorés, nécessairement (en fabrication courante) en teintes unies, en couleurs que la trans|»rence rend éclatantes, souvent rehaussées d'or, et qui ont par suite une tendance au style oriental, qui affectionne ces couleurs.
Nous donnerons ici un verre à fleurs, coloré en rouge, de forme orientale, fabrication de Bobéine (Exposition de Loudresl1. La Bohème a mis à Paris, indépen-
• i Noua dirons ici un mot de cette industrie de In Bohème, que noua ne saunons mieux comparer qu'à notre industrie lyonnaise de la soie. I,à. comme à Lyon, une nombreuse population* est livrée exclusivement à une seule industrie ; tout le monde s’en occupe, coopère à des progrès qui se répandent avec la rapidité de l'éclair. La diviaiort du travail y est poussée très-loin, et èbaque ouvrier y trouve la spécialité qui convient à son intelligence. Aussi, si la valeur artistique des produits ne s'élève peut-être pas très-haut, le nombre des pièce» curieuses est infini, et^ertaines fabrication*, la lustreric, «par exemple, s'y font à un bon marché incroyable, auquel les grandes fabriques ne peuvent atteindre.
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ART .INDUSTRIEL
ilainmeut de ses cristaux colorés, dorés, etc:. , dos verres craquelés, arrêtés eu quelque sorte clans leur cristallisation, fort curieux.
Vmf de Bohème
Parmi. les produits nouveaux on'doit remarquer les lustres mis par MM.Spmn et Ileckert de Berlin à .l'Exposition de 1855. Ils sont formés de fleurs ale volubilis eu porcelaine ou verre opaque qui doivent recevoir les bougies, et de feuilles en cristal vert à côtes dorées qui sortent des enroulements des tiges. La monture es[ en bronze doré.
Ces lustres sont certes peu en rapport avec l’ornementation habituelle de nos appartements; mais dans un bal, où les fleurs sont prodiguées, ces feuilles et ces fleurs éclatantes de: huniére doivent être d'un heureux effet.
Nous citerons pour mémoire les colorations à la moufle sur verre, analogues à la peinturé sur porcelaine, qui offrent beaucoup de difficultés et donnent avec la transjiarenre particulière au verre des effets de même nature que ceux qu'on obtient sur des poteries. Les déchets de: fabrication sont assez considérables et les difficultés trop grandes pour que ce procédé prenne un bien grand développement.
3“ Enfin, la fabrication en cristal blanc, dont l’éclat est si grand aux lumières, ne se borne pas aux petites pièces dont nous avons parlé plus haut. On produit avec cette, belle substance des effets artistiques d'un ordre élevé et tout particulier; car, comme les pierres précieuses, elle offre la condition spéciale de décomposer et de multiplier la lumière au lieu de la réfléchir simplement. Nous donnons ici un beau spécimen de l'Exposition, de 1855, le candélabre de Baccarat, de 5“,25 de hauteur, qui, -comme goût, nous semble une des plus heureuses œuvres exécutées en cette belle substance. Dans ce candélabre le cristal qui reflète et décompose la lumière s'élève et B'èj>auouit
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avec une richesse et uneèlègauce incomparables. (lette pièce restera, nous le pçnsons, comme une des plus remarquables de l'Exposition île 1855.