MEUBLES
pour exemple un fauteuil île Leisler, il«* Vienne. dessiné par l'architecte -flernardo de Bemardis, qui possède un caractère incoutestabh; de richesse.
* * Kaulruil do Lriiler *•'
A l'Exposition de Londres, l’èbéuisterie française brilla d'un grand éclat, et nous ne saurions mieux faire pour permettre d'apprécier le style des belles pièces françaises, que de donner le buffet sculpté par Liénard, misa cette Exposition par M. Founlinois de Paris, que l'opinion publique a justement sacré comme un chef-d'œuvre. Les chiens qui le supportent, les produits de la chasse, les animaux morts qui le décorent sont sculptés avec une lidèlitè, une délicatesse d'exécution toute moderne; les statues qui représentent les quaire parties du monde sont : l'Europe qui a le vin, l'Asie ie thé, l'Afrique le café, l'Amérique la canne à sucre; à la partie supérieure, les enfants qui représentent les Vendanges et la Moisson; au milieu, l'Abondance; enfin, la Chasse et la Pèche qui ornent les deux cotés mieux encore que .te fronton brisé, rappellent avantageusement les plus belles œuvres de la Renaissance. L'est là une de ces œuvres qui, par leur perfection, le parfait rapport des ornements avec la destination de l'objet, la beauté des sculptures sur bois, deviennent de véritables œuvres d'art dont un pays se glorifie à juste titré.
Un des caractères les plus saillants de la fabrication française, et qui a été le plus incontestablement reconnu à l'Exposition' universelle de Londres» c'est la fécondité de ressources, l'habileté de nos fabricants à disposer les pièces et les ornements , a
A HT IMtlSTItlKI.
lût?
groii|>er gracieusement les détails eu raison ilu l'usage auquel les meubles sont destinés. Mais si la fertilité d’invention de nos (aliricauts artistes brille surtout dans
cette industrie, empressons-nous d'ajouter que . nulle part, les conceptions ne sont mieux senties par l'ouvrier qui exécute. C'est sur la diffusion de eajuieités artistiques, sur l'babilcté proverbiale de toute notre population du faubourg Saint-Antoine, où le travail de la fabrication du meuble se divise à l'infini, que repose la supériorité de celte belle industrie de la France ’.
Au reste, afin de n ôtre pas soupçonné de prévention dans l’opinion favorable que
l On nu travaille nulle part le bon» sur une aussi grande échelle qu'au faubourg Saint-Antoine, à Paris. -Ce quartier coifctitue uri de ces grands centres industriels d’une immense puissance productive, ou toute une Pepül» lion rivali.se et excelle dans un genre de création. ha division dit travail v
MKIIILKS.
nous émettons sur l'oxjiosition (les mcuhlos de la France' et pour préciser le style qui prévaut aujourd'hui, nous reproduirons l'appréciation générale d'un juge1 compétent et impartial, M. OEchel<euser, le rapporteur de .l'Association douanière, qui s'exprime ainsi dans le travail officiel publié au nom de la commission du ■ Zollverein « 1 :
» Si l'on ne saurait soutenir que dans tous les genres de meubles, sans exception.
■ la France a fourni ce qu’il y avait de plus remarquable à l'Exposition du Palais de
■ Cristal, l'avis de tous les connaisseurs n'en a pas moins été unanime et formel pour » reconnaître que dans ce concours la victoire appartient aux Français. La pureté du
• style, l'harmonie de la construction et de l'ornementation, le choix des matériaux, « qui répondaient toujours aux exigences du dessin, de la couleur et des ipialités '• particulières du meuble aussi bien qu'aux convenances du style adopté et de la
• destination, une habileté incomparable dans le travail de menuiserie et de sculp-
• ture, une heureuse distribution des ornements, qui empêche de surcharger même
■ les dispositions les plus riches ; toutes ces qualités réunies faisaient de la division
est poussée, avec un grand avantage, jusqu'aux dernières limites. Il existe, au faubourg Saint-Antoine, des usines où l'on sc borne à scier lo bois de placage ; d'autres qui débitent les bois de couleur en petites lanières pour les filets et l'incrustation ; il y a dos ouvriers qui travaillent le bois comme la dentelle ; des ouvriers qui posent des basanes, des vernisseurs, dos colleurs, des sculpteurs de fauteuils, des mouleurs, etc., etc , qui tous « ne font qu’un article, » pour employerle terme consacré, et en vivent très-honorablement. Cette division extrême, en concentrant l'habileté des ouvriers sur un seul objet constamment demandé, les a conduit k une finesse d'eTéctilion*incomparable.
• Berlin, 1853, t. 1 1 f , p.4l0.
Il)i AjtT IMM STHI['.L.
• ili‘s meulilcs français nue îles plus belles piirlies.ile rKxposition universelle. Il faut
• leur reronualtre le mérité de l'inspiration originale, car ou doit envisager les . produits français comme les véritables modèles dans cette branche de l'industrie;
• beaucoup de meubles d'autres pays n'étaieul qu’une imitation.
■ la1 style nouveau adopté en France obéit à une direction qui s’éloigne des nombreuses déviations du goût qui déparaient les siècles de Louis XIV. Louis XV - et Vouis XVI, et des prétentieuses recherches du • rococo. » Les produits mis au
• jour à Londres relèvent du style de la ltenaissanre dans toute sa pureté, et encore
• a-t-il été affranchi des éléments qui ne répondent plus au sentiment du beau dont
• s’inspire l’époque actuelle Nous signalerons, par exemple, la substitution de la ligure vivante aux cariatides, et surtout la tendance a emprunter à la nature elle-
• même les sujets de l'ornementation. >
Bibliothèque Rriini»*nnrc de MM Gmhé.
tin voit que le succès de la France est ici complet, et qu’a cette industrie encore s’applique bien le mot de Necker : ■ Le goût est pour la France le plus adroit de tous les commerces. »
M ICI BLKS.
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LKx position de IH.V» nous offre peut-être uu trop grand nombre de pièces inspirées par le beau meuble de M. Fourdinois; aussi par leur mulliplicité font-elles désirer des meubles dont l'harmonie résulte de lignes gracieuses qui, on l'oublie un peu trop en ce moment, ont une importance plus notable que les sculptures et doivent dominer tous les ornements. MM. Grolié ont sous ce rapport une admirable exposition, qui est justement appréciée par tous les connaisseurs. Klle est surtuuj bien précieuse au point de vue de ce travail en ce qu'elle offre des pièces bien étudiées de styles anciens.
Nous avons reproduit ci-dessus : J” leur meuble vénitien, appartenant à ce style dont nous avons parlé plus haut, charmant petit meuble de dame, qui avec ses pierres en saillie a un éclat très-grand sans les tons criards que donne l'emploi de poteries: cette condition a été également bien remplie par M. Fourdinois dans une belle bibliothèque en ébène ornée avec des émaux de teintes peu éclatantes, lin second lieu, nous donnons leur armoire Henaissanee (fin de cette époque, xvt* siècle), meuble eu ébène dont les lignes sont d'une pureté parfaite, où les rencontres de parties circulaires et rectilignes se combinent harmonieusement. Le bronze que, de nos jours, l'on cherche trop, nous croyons, à mélanger au bois pour en faire partie intégrante du meuble, trouve, comme accessoire, une excellente application dans celte bibliothèque destinée à renfermer dus objets d'art.
Knfiu pans reproduisons leur armoire Louis X\ 1, qui est une excellente étude de ce style et montre tout l'effet que l'on peut retirer de l'emploi du bois de rose rehausse par des ornements en bronze dore
lut)
A HT INDUSTRIEL
M. Tahan a exposé une bibliothèque étagère 1I11 même style. i|iii est un beau et
nibiiuthè«|u<'-etngrr«’ I-oul» XVI.
sérieux travail. Il est important de dire qu’elle est établie dans des conditions un peu spéciales, à savoir de manière à s'allier passablement avec les meubles style empire qui se trouvent dans la pièce où elle doit être placée. Nous reproduisons aussi la volière du même exposant, ornée de sculptures, de feuilles et (le fleurs en relief, genre d’ornement qui a été fort goûté du publie pour des meubles de petite dimension. Celte pièce fait honneur à M. Cornu, l'habile dessinateur qui l'a conçue; et elle est une des œuvres populaires de l'Exposition de 1855 ; néanmoins pour les grands meubles, et en dehors d'une application heureuse telle que celle de cette volière.
MKLULKS.
nuus sommes peu partisan des feuilles et des llems eu liois. Ile genre d'ornements
Volicre de M. Taltari.
a peu d’éclat et fait penser à la couleur absente.
MIT 1NDI STHILL.
Le piano d'Érard, style Louis XV, décoré par M. Guichard et tout couvert de peintures fieure Bouclier, est une «ouvre charmante. Le prie-Dieu (gothique du xv* sièdei de
Prir-Dieu tmliitjtir
XI. Talian. «jue nous donnons encore complétera notre démonstration que l'étude de tous les styles anciens entre aujourd'hui dans le programme de nos habiles fabricants.
La décoration des meubles en fer, à l'aide de plaques de fontes fournissant des bas-reliefs, ne nous parait admissible, • artistiigicment parlant, > que dans des cas très-limités. Le fer donne toujours des formes maigres, ne p«‘ut fournir des surfaces agréables à L'œil; nous devons faire une Vxception en faveur du beau lit Louis XIX , en cuivre ciselé, exposé par XI. A. Dupont, et que nous reproduisons ici.
Il en est de même «les meubles entièrement couverts d'étoffes, dans lesquels il n'y a pas de bois apparent; ces meubles ont un mérite réel de confortable, mais, malgré l'emploi «lu velours, «les franges, etc., ils n'ont jamais grand caractère artistique et même en général ils ont peu de charme. Nous devons toutefois faire exception pour «pudques «as ou l'emploi en est fuit avec goût et qu'ils viennent se combiner avec de riches tentures. Leur fabrication est tout naturellement dévolue au. tapissier et sort du domaine de l'ébéniste.
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Lit en cuivre cisèle, style
Nous naviuis traite ici c|u’inci(leminenl de la sculpture sur bois, sur lai|uelle nous
A HT INDUSTRIEL
aurons à revenir dans les chapitres suivants, en parlant de son emploi pour la décoration des salles sous forme de lambris, dans des cas ou la sculpture devient l'objet principal et non plus l'accessoire, où la construction, en quelque sorte, architecturale du meuble disparaît.
Nous ne saurions mieux terminer cette étude sur notre belle industrie de l'èbénistene qu’en empruntant à l'intéressant rapport deM: Wolowski sur l'Exposition de Londres des considérations élevées sur les causes d'une supériorité dont notre pays peut être fier à juste titre, sur les relations nécessaires entre le développement de la r ie morale, intellectuelle des peuples, et leur supériorité dans les œuvres d'art industriel . Ce passage de son rapport mérite à tons égards d'être médité. - Le sceptre du goût, dit-il, appartient incontestablement à la France : nous devons cette proéminence non-seulement à l'intelligente application des leçons puisées dans le spectacle des o uvres d’art, car les chefs-d'œuvre de toute nature abondent ailleurs; non-seulement à d'excellentes é< oles,do dessin, on en a fondé beaucoup en Angleterre, en Belgique, en Allemagne, etc.; non-seulement :i l’habileté du « tour de main -, car nous comptons nombre d'excellents ouvriers qui nous viennent de l’autre côté du Rhin; mais au sentiment du beau et du vrai, de l'unité et de l'harmonie, qui laisse son empreinte sur les productions de l'esprit français : c’est le fruit de ce sens à la fois pratique et exquis que donne une culture supérieure (aux acheteurs comme aux producteurs) et que l'habileté mécanique no saurait remplacer. 11 u'irnporte pas moins pour l'avancement matériel que pour le progrès moral de- peuples d’élever lame, d'orner l'Intelligence, d'étendre l'horizon de la pensée et de fortifier notre esprit. •