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I" STATUAIRE

D'après le cadre de cet ouvrage, nous ne pouvons traiter ipiaccidentellemenl de l’art pur. dont l'étude approfondie exige la vie entière du plus grand artiste, et seulement parce que c’est sou développement qui domine tous les arts de la forme ; les modifications du goût dans les œuvres d'art ont toujours une traduction directe dans les applications industrielles qui relèvent de cet art. Nous ne donnerons, dans ce qui va suivre, que l'énoncé des variations dp goût généralement admises; nous prendrons notre point de départ dans les résultats incontestés de l'étude des œuvres célèbres.

Dans la reproduction des statues, en général, réduites a de petites dimensions pour faire l'objet de l'industrie, pour cesser d'appartenir aux beaux-arts proprement dits qui ont pour objet la production originale, tandis tpie l'industrie n'a pour but que leur multiplication ton voit, d'après cela, qu'elle reçoit souvent le secours de l'art, qu'elle se mêle fréquemment avec lui), on ne se propose, en général, que de cou server les poses gracieuses, l'aspect agréable du modèle; presque toujours on perd de vue l'idéal, le sentiment élevé de la sculpture est méconnu. Cela résulte presque forcément de l'cxiguité des dimensions qui amoindrissent l'effet des statues, suite nécessaire de leur emploi tant comme décorations isolées que comme ornements de produits industriels. Cette reproduction constitue en elle-même une spécialité qui tient une place importante dans les arts industriels dits arts d'imitation.

Quant aux procédés multiplicateurs, ils -consistent essentiellement dans le moulage appliqué à îles matières plastiques, au plâtre, au carton-pierre,’ au stuc, etc. Comme dans le cas étudié ci-après, c'est par les procédés qui rendent le. moule composé du moins grand nombre possible de pièces, et diminuent par suite les chances d'altération des formes, que se trouvent les moyens les plus avantageux pour reproduire A coup sûr les qualités du modèle.

Le moulage eu plâtre, moyen le plus facile et le plus exact de reproduction, fut mis â la mode à l’époque de la Renaissance pai Werrochio, peintre et sculpteur habile, et ce procédé devint d'un grand secours pour la vulgarisation des œuvres dé l'antiquité.

Nous ne devons pas passer sons silence les divers procédés mécaniques, et surtout le procédé Collas, procédé tout moderne, employé avec succès pour 1a réduction des statues, et' qui a contribué puissamment dans ces dernières années a vulgariser les

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rédnctibns des chefs-d’œuvre de la statuaire. .Son grand mérite est de conserver par- . faitement les grandes ligues artistiques, les ligues de grande courbure du modèle, parce que son mode d'opérer repose sur la reproduction de celles-ci. (Voir Dictionnaiiik bks Anrs kt Manvfactubes.I Nous montrerons plus loin les avantage* inhérents à ce mode d'opérer, en parlant île la représentation des objets à l’aide du dessin.

En même temps que de la statuaire, nous aurons à parler de la sculpture décorative, qui absorbe tout l'art aux époques on l'architecture seule jette un grand éclat, et n’en . . est que plus brillante aux époques de splendeur où ces deux arts existent séparément. ' Nous aurons aussi à dire quelques mots de la sculpture la plus industrielle de toutes . à cause de la rapidité de sa production, la sculpture sur bois, dont nous avons été contraints de parler déjà dans son emploi pour l'ornementation des meubles.

?” BRONZES

Nous avons laissé de cùté dans ce qui précédé la reproduction en métal et surtout en bronze, parce qu elle constitue une industrie spéciale d’une grande importance. La belle couleur du bronze, la facilité d'y appliquer la ciselure en ont toujours fait la ■ matière la plus parfaite pour la reproduction des œuvres de la sculpture.

L'art du fondeur en bronze s’est élevé, chez les anciens, à la hauteur de la sculpture. La quantité immense de statut» et de vases de brome qu’ils ont produits dépasse toutes les limites qu'on peut imaginer. C'était par milliers que les Homains enlevaient a la Grèce ses œuvres d'art de tout genre, tous ces objets auxquels la perfection du travail donnait tant de prix. La masse de ces richesses semblerait vraiment fabuleuse, si la découverte de I’ompéi n’était venue confirmer l'authenticité des récits du passé..

L’âge de la barbarie vit disparaître l'art du fondeur en bronze; mais, à l'époque de la Renaissance, il se releva en Italie, comme nous le verrons bientôt, pour s’amoindrir encore une fois et enfin renaître sous Louis XIV avec uu grand éclat.

De nos jours, les objets que comprend cette industrie, comme les besoins du luxe auquel elle doit satisfaire, sont extrêmement nombreux. Indépendamment des bronzes proprement dits, objets d’art destinés à la décoration de nos demeures, nous citerons, après l'importante fabrication des pendules, les bronzes dorés, les mélanges de ceux-ci avec la porcelaine, le marbre, etc., celle des candélabres, lustres, et toute cette série d’appareils servant à l'éclairage, notamment à l'aide du gaz.

Sous le rapport technique, le grand progrès dans la fabrication des bronzes repose sur les procédés de fonte à bou creux, c'est-à-dire en obtenant, à l'aide de la cire, un moule qui, vidé par l'effet de la chaleur, permet d'obtenir la pièce bien fondue d’un coup, et nou couturée par ces jonctions de moules partiels trop souvent employés qui défigurent le plus souvent la pensée de l'artiste. C'est alors qu'intervient le ciseleur, véritable sculpteur sur bronze, dont le travail est lent, cher, et exige une . extrême habileté, lin progrés’aualugue tend à être réalisé par la galvanoplastie, qui permet de faire déposer le cuivre par voie humide dans un creux obtenu à l'aide

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d'une substance élastique. la gutta-perclia ; aussi est-elle adoptée fréquemment aujourd'hui pour diminuer le travail (lo réparation de ciselure, surtout pour les petites pièces, les bas-reliefs de peu d'épaisseur. ...

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