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BIJOUTERIE

La bijouterie, disparue A l'époque de la révolution, se ranima lentement sous l'Empire; on voulut d'abord imiter l'antique qu'on connaissait mal, on visait à une simplicité qu’on croyait classique. Des anneaux , des colliers de corail, des serpents, des scarabées, des camées constituaient les principaux bijoux.

ART INDUSTRIEL

A la lin de l'Kinpiif. vers 1X15, on commettra à orner les bijoux en or mal de lielits grains d'or soudés les uns a côté des autres, qu’on appelait le grainti. Sous la Restauration, les gros raeliets, les chaînes à grosses mailles, les breloques, les chaînes de montre pour les hommes; pour les femmes des bandeaux, des coiffures, des colliers, etc., en or estampé, furent l'objetdu travail des bijoutiers.

Ch. Wagner vint, en 1 8.10. faire sortir la bijouterie française de la voie uniquement commerciale, pour lui donner une direction plus artistique. Il importa en France les nielles qui, accompagnées de ciselures, de dorures et d'émaux, donnèrent des effets extrêmement heureux. Il lit aussi des sculptures et gravures sur pierres dures trésremarquables, et ramena le gmU publie vers ces beaux et ditliciles travaux.

Froment-Meurice vint, après Wagner, prendre dans la bijouterie une aussi belle place que celle qu'il occupa dans l’orfèvrerie. Parmi nombre d'œuvres remarquables nous citerons le calice d'or du Pape, qui figurait à l'Exposition de Londres. La coupe était soutenue par des lis, des épis émaillés et des grappes de raisin en perles noires ; sur le fut, ■ l'Kcre homo; ■ saint Joseph et la sainte Vierge en relief, séparés par des émaux représentant la Naissance de Jésus-Christ, la Présentation au temple et le Crucifiement; au pied, les trois Vertus théologales, ciselées eu argent et en rondehosse, Abraham et Isaac, la mamie et la lYique.

MM. Marel, M. Morel. M. Rudnlphi élève de Wagner, ont fait admirer des couvres remarquables aux dernières Expositions. Nous parlerons de quelques-unes de ces •ouvres et notamment de plusieurs remarquées à l'Exposition de 1855, qui montreront combien les procédés sont perfectionnés, combien peut obtenir de beaux résultats l'artiste capable d'aborder ces riches productions, encouragé par l'exemple de prédécesseurs qui ont obtenu de beaux succès en réalisant des fantaisies pleines de goût qui conviennent tout spécialement à la bijouterie.

M. Morel, qui s'est beaucoup distingué dans la bijouterie d’art, dans ces dernières années, avait mis à l'Exposition de Londres une riche série de coupes et de calices en matières précieuses ornées d'émaux, ün remarqua notamment mie coupe en agate orientale, dont la garniture en or se composait d'ornements émaillés et d'oiseaux de paradis ; le balustre était orné de chimères émaillées en relief, entourant l'écusson. Le même artiste a mis à l'Exposition de Paris une magnifique coupe en jaspe, portant des figures émaillées, Persée délivrant Andromède. On comprend aisément toutes les difficultés d'une œuvre semblable et surtout de l'exécution de personnages en émail. Ce genre est adopté de préférence jtour les œuvres de bijouterie d'art; c'est ainsi que M. Duponchel, aujourd’hui possesseur de la maison fondée j>ar M. Morel, a exposé mie coupe eu cristal de roche, sur laquelle courent des émaux d'une grande finesse. Ces œuvres sont charmantes et exigent de l'émailleur un talent incroyable.

Malgré le mérite de bien grandes difficultés vaincues, nous croyons qu'un semblable travail dépasse bien souvent le but lorsqu'il se propose l'exécution de personnages entiers, tandis cpül donne des effets ravissants quand il vient mélanger 1 éclat des émaux colorés à celui de For, et que ceux-ci viennent se ramifier suivant tous les caprices de la fantaisie. Nous en prendrons pour exemple deux pièces émaillées que nous empruntons à l’exposition de M. Lecointe, l’un du nos plus habiles bijoutiers de Paris, savoir ; une broche renaissance et une pendeloque qui rappelle le moyen âge, qui a quelque chose du style roman.

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Nous donnerons encore un bracelet. émail et pierres mis e paiement à l'Kxposition de I855 par M. Lecointe, et ipii représente l'heumix mélange, très-pont»- de nos

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jours, îles ressources de la bijouterie et de celles de la joaillerie, dont il nous reste à parler.

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L'industrie i|ni a pour objet le montape et. le sertissape des pierres précieuses a aujourd'hui un prend nombre d'éléments à sa disposition , parmi lesquels on iloil distinpiier, après les diamants : les corindons jaunes, verts ou blancs, les rubis, saplürs, émeraudes, bérils ou aipues-mariues et topazes. Un y joint les améthystes, les opales et les jicrles Unes.

Depuis la moitié du xv* siècle, les pierres précieuses ont été employées avec beaucoup de profusion. Les parures de diamants se transmettaient jadis dans les familles l icites, et ce luxe continua sous Louis XV et Louis XVI

ART INDUSTRIEL

Après la révolution, la joaillerie reprit un rôle important dans l'industrie ; toutefois le goût des ornements laissait, à désirer; toutes les montures étaient plates, c'est-à-dire sans pièces rapportées ou superposées. Sous l'Empire ce n'étaient que losanges, zigzags peu gracieux, grecques, etc. Ce n'est qu'à partir du temps de la Restauration que, les fortunes privées commençant à se reconstituer, on profita de nouvelles relations commerciales pour se procurer des cargaisons de topazes naturelles ou brûlées, d'améthystes et d’aigues-marines; toutes ces pierres de peu de prix étaient montées en glandes parures, dont l'apparence surpassait beaucoup la valeur.

Ce fut après 18,10 que l'on adopta l'imitation des (leurs en diamants, et que les sertisseurs, employant beaucoup plus d'argent autour des diamants, en augmentèrent ainsi l’effet et la grosseur. la joaillerie gagna, sous le rapport de l'art et de la composition, une légèreté et une grâce qu'elle ne semblait pas devoir atteindre. la légèreté des montures dépassa toutes les limites et exigea chez les artistes une habileté de main incroyable. Les pierres étant souvent montées à l’extrémité de tiges métalliques, de parties mobiles toujours agitées, ces parures acquirent une extrême légèreté.

A l'Exposition de Londres, M. Morel a fait admirer un bouquet composé de rubis et de diamants , et représentant une rose , une tulipe et un volubilis, dont les fleurs avaient une forme naturelle et élégante. Mais ce qui excita surtout l'admiration,

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te fut l'exposition de M. Lemonnier, formée des parures de la reine d'Espagne. Le

joaillerie. 157

mélange de diamants, d'émeraudes et de perles pour représenter des fleurs et des feuilles était parfaitement entendu, et l'éclat de ces parures excitait l’admiration de la foule. Nous donnons ici la gravure d’une des pièces, composée de brillants à cœur de saphir, ornée de pendeloques, qui permettra de se représenter la légèreté de ce beau travail.

L'Exposition de I’aris a montré que c'était dans la même voie que s'exécutaient les plus beaux travaux. Ainsi une rose exécutée eu diamants par M. Froment-Meurice a été jugée une des plus ladies œuvres que l'on ptlt admirer.

Si les joailliers français savent parfaitement atteindre le but que l’on doit se proposer dans l'exécution d'une parure, plaire et frapper les yeux et l'imagination, on ne doit pas passer sous silence les œuvres également très-brillantes de fabricants étrangers.

Au premier rang il faut citer les joailliers' allemands et anglais, et parmi ces derniers, MM. Hunt et Roskell, qui avaient mis à l'Exposition de Londres des pièces d'un éclat et d'une richesse extraordinaire. L'n bouquet de diamants représentant une rose, une anémone et un œillet était d'un éclat admirable. A Paris, ils ont exposé une parure en diamants et corail rose qui a enlevé tous les suffrages.

11 est fâcheux que les circonstances n'aient pas permis aux joailliers russes qui méritent une place d'honneur de figurer à l'Exposition de Paris. L’élément asiatique ou oriental du goilt de cette nation lui a toujours fait rechercher le luxe des œuvres en métaux précieux, des productions enrichies de pierres précieuses. C'est ainsi qu'à l’Exposition de Londres, MM. Kaemmerer et Zeftigen, joailliers de la cour, avaient exposé, entré plusieurs œuvres remarquables, une berthe formée de bouquets de groseiller en diamants, avec leurs fruits en rubis cabochons suspendus de distance en distance stir une double rivière de diamants, et alternés avec des fleurons de brillants; l’effet en était excellent.

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