DESSINS D'IMITATION D’OBJETS ANIMÉS
I.cs dessins formant tin tout plus complet, ayant une signification plus précise que les vignettes précédentes, qui ne se multiplient pas par des juxtapositions, au moins le plus souvent, ont hien un cachet d’époque eu ce sens que la manière d’employer les éléments de décoration oliéit à une lm déterminée; mais ces travaux varient complètement en raison du goût de l’artiste et des objets à représenter. Nous n’avons pas à nous y arrêter longuement, car nous arrivons aux limites que nous avons dû nous poser, et la question, dans toute sa généralité, rentre dans l’iiistoire de la peinture, dont toutes les ressources sont souvent employées pour produire l’ornementation.
(>i»emlant à plusieurs époques, de jietites compositions souvent répétées méritent une mention spéciale, car elles occupent une part importante dans la décoration.
IHfi ART INDUSTRIEL. -
Ainsi le Scarabée sacré, figure emblématique îles Égyptiens, se retrouve sur les enve-
Sca rabot* éjiypiion
loppes des momies, comme il fait partie de la décoration des temples.
Les Grecs et les Romains nous offrent une foule de sujets analogues à l’espèce de trophée de vendanges que nous donnons ici.
A l'époque byzantine, des saints, la tête garnie d’auréoles, se rencontrent fréquemment.
A la renaissance, les syrénes, les animaux fantastiques de tout genre, les nymphes, les naïades forment la base de décorations élégantes dont on va voir un exemple.
C'est principalement .dans l'œuvre de décoration si magnifique et si célèbre ajuste titre des accessoires dits arabesques du Vatican (nous en donnerons plus loin un échantillon), que le génie de Raphaël, inspiré avec tant de bonheur par les riches matériaux, les débris de fresques antiques trouvés dans les fouilles de Rome, réussit à réaliser tout, un système de combinaisons les [dus audacieuses et les plus heureuses.
1IKSSIV
Ce curieux assemblage de ligures, d'animaux chimériques, déurouleuierits; ce dévergondage raisonné de l'imagination produit, grâce à un harmonieux enchaîne-
Sirinei.
ment, des etlels tellement bien cadencés, que l'œil ne ]irut se lasser de les étudier, le talent d’y puiser d'exeellefils modèles. C’est l'exemple du développement le plus complet de la fantaisie. Nous donnerons, comme rappelant quelques ornementations
Cadre renaisianco.
île cetl? époque, deux dessins, l'un qui représente un encadrement, l’autre une frise, qui rap[ielle les décorations du Primatioe.
FrUe renaissance.
Dans le style Louis XIV, les trophées de tout genre se répètent a l'inbui, trophées d'armes en général, qui, sous Louis XV, deviennent des trophées de houlettes, de tambourins, etc.
Huant à l’époque actuelle, il est impossible, au milieu de la multitude indéfinie de décorations qui sont engendrées par nos artistes, de tous les croquis auxquels leurs
Trophée Loui* XIV.
ut nous donnons ici un brûln-iiarfum sur fond de fleurs qui représente bien ce genre élégant d'ornementation moderne.
Kn dehors de ces petits sujets, les représentations de scènes animées, les ensembles plus complets, l'éveil des sentiments à l'aide de l’imitation , c'est l'art, ce n’est plus l'industrie : le but, les moyens d’action, les ressources, tout est différent.
Ce n'est, en général, que combinées avec des couleurs, que l'industrie emploie fréquemment les ressources de l'art, les imitations pour la décoration ; uous y reviendrons en traitant des colorations. Il s'agit ici de l’intercalation d'un produit d’art dans un produit industriel, et non de la simple création de celui-ci. Toutefois il est une limite déjà fort reculée, en deçà de laquelle l’industrie atteint à une reproduction parfaite : c'est quand on se propose seulement la reproduction du dessin par plusieurs procédés que nous allons passer en revue, en commençant par nous placer au point de vue de ce qu’on est convenu d’appeler l’illustration. Cette question doit intéresser le lecteur, à qui ce livre offre un exemple de toutes les ressources ([ue fournit la gravure en relief pour multiplier à l’infini le nombre des épreuves.
r.lMVUKE EN KKLIEE.