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Dans la gravure en relief, on creuse, par un moyen quelconque, toutes les parties qui ne sont pas recouvertes par un dessin tracé sur une substance convenable, dette substance est l’acier pour la typographie, le bois pour les illustrations, le cuivre dans quelques cas où une finesse et une résistance intermédiaires entre celles du liois et celle de l'acier est convenable, et pour quelques procédés dans lesquels on a cherché à remplacer plus ou moins imparfaitement le travail du graveur par l'action des acides pour produire des reliefs. Nous laisserons ici la parole à M. Pégard, l'artiste qui a dirigé l’exécution artistique de cette publication. (Extrait du IMclionnaire des Arts et Manufactures.)
• Le. rôle de chacune des gravures en relief est bien distinct : la gravure sur acier, plus lente et permettant des retouches multipliées, convient bien pour la gravure des lettres, des vignettes, des traits d'écriture ayant des parties d'une grande finesse, quand même l’obligation de frapper des matrices en cuivre ne ferait |>as une nécessité de la gravure sur acier. En effet, la résistance de la matière sur laquelle on grave lixe la limite de la ténuité des lins; et il est bien évident qu'on pourra amener les traits d’une partie saillante d’acier <i un degré de finesse", auquel on ne pourrait amener un laiis sans risquer de l’égrener. De son côté, la gravure sur bois bien plus hardie, bien plus rapide, a permis de faire entrer dans l'impression des ouvrages de luxe des figures, qui, tirées en même temps que le texte, en facilitent singulièrement l’intelligence, sans en augmenter démesurément la valeur. Le présent ouvrage en est un exemple.
• La gravure sur bois fut inventée ou introduite en Europe ver» le commencement du xv* siècle (1390- 14 30) : il y eut à son apparition un grand cri de douleur et de scandale parmi les amis exclusifs de l’art. On était arrivé, à cette époque, au plus haut degré de perfection dans la miniature et dans l’écriture. Les Bibles étaient ornées de petites peintures fines, oii resplendissaient les plus riches couleurs; les lettres, les mots, les ligues élégamment dessinés sur la chair délicate du parchemin semblaient vraiment vivre et parler aux yeux. Les cartes, inventées prés d’un siècle avant, sous le régne de Charles VI, û'étaient pas moins admirables ; mais les livres de dévotion et les cartes étaient rares, hors de prix, et seulement à l’usage des communautés religieuses, des châteaux et de quelques riches habitants des villes. Tout à coup on vit se répandre avec profusion, dans la bourgeoisie et parmi le peuple, de grossières images de saints rudement esquissées, aux figures contournées et barbares , des rois, des reines de cartes grotesquement croqués et dépouillés de leurs
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éclatantes rôties ; c'était la gravure sur Liois qui faisait descendre l’art à la portée du plus grand nombre. Hientôt des légendes imprimées à l'aide de lettres taillées en relief, comme les ligures sur les blocs de bois, accompagnèrent les gravures pour les expliquer, et de là le besoin de la lecture, se propageant peu à peu. mena insensiblement à l'invention des caractères mobiles, et. enfin, à l’imprimerie perfectionnée, qui commença pour la popularité de la science la révolution que la gravure sur bois avait commencée pour la popularité de l'art.
Vierge (gravure en fac-aimile).
■ La gravure sur bois, consacrée jusqu’alors à des représentations grossières, devint cependant un art entre les mains d'Albert Durer, né en 1 171 à Nuremberg. Ce grand arlisle, ami de Raphaël, grava des planches d'une admirable beauté; son estampe de la * Mélancolie, » ses » Vierges • font toujours l’admiration des artistes.