‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 364 sur 394 · GRAVURE EN TAILLE-DOUCE · texte numérisé non relu

GRAVURE EN TAILLE-DOUCE

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Nous parlerons bientôt, en traitant des nielles employées dans la décoration de la bijouterie, de l’invention de In gravure en taille-douce; laissant de côté la question historique, nous dirons que le travail des planches de cuivre ou d’acier pour y • creuser les lignes d'un dessin comprend deux procédés correspondant aux deux genres de dessin dont nous avons parlé.

I.e premier est la gravure à l'eau-forte, dans lequel ou fait creuser le métal par la morsure d’un acide qui attaque les parties découvertes à l'aide d'une pointe qui a tracé le dessin, sur une planche préalablement couverte d'un vernis adhérent. Cette action de l'acide, toujours quelque peu irrégulière, formant un trait de largeur constante, n'est évidemment pas convenable pour créer des lignes nettes et fortement accusées par des largeurs variables; mais en procédé convient essentiellement pour produire des teintes. ••

Lu second constitue la gravure au burin conduit directement par la main de l’artiste;

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c’est ainsi qu'ont été produites les u'iivres des maîtres: c'est dans leurs travaux que peut se reronnallrn l'avantage de Veuiploi liien entendu des lignes de grande courbure pour reproduire de la manière la plus satisfaisante îles corps de toute forme, par uu mode de représentation mieux saisissable que tout autre et qui assurera toujours la supériorité des (ouvres bien comprises sur les plus admirables résultats de la pliotograpllie et autres procédés qui ne peuvent fournir que des teintes

Le-s moyens d'obtenir des gravures rentrant dans l’une ou l'autre des séries cidessus indiquées sont nombreux ; nous n'avons pas à nous y arrêter longuement. Nous citerons dans la première catégorie la gravure à la manière nuire, et dans la seconde la gravure numismatique, qui offre de si curieux résultats par la projection des ligues courbes successives de la surface à représenter, coupée par des plans parallèles; mode de représentation moins parfait que celui que peut donner l’emploi des lignes de grande courbure, mais cependant bien remarquable

La gravure sur cylindres, base delà belle industrie des toiles peintes, doit être citée ici , car ses produits, si remarquables au point de vue des procédés techniques employés, ont souvent une valeur artistique qui est loin d’être négligeable.

I.a lithographie est venue, dans ces dernières années, fournir un moyen simple et facile de multiplication des dessins, en offrant cet avantage que c’est l'original même, le travail de l’artiste qui est déposé sur la pierre, et que l’impression rend directement, sans passer par l'intermédiaire d'un traducteur souvent peu fidèle.

Disons toutefois que la lithographie, dont les dessins ne peuvent être tracés sur pierre qu'avec un crayon gras et mou, dont les noirs sont d’une apparence grenue, ne convient pas pour les travaux qui demandent une grande netteté, une grande précision, et ne peut présenter que des effets de la nature de l'estompe. La gravure en creux sur pierre est venue, sons ce rapport, au secours de la lithographie.

Un [H-ut dire que l'extrême facilité de la reproduction du dessin sur pierre a fait remplacer par celle-ci, pour les oeuvres communes, la gravure au burin réservée aujourd'hui aux oeuvres d’art [huit lesquelles on recherche la pureté des lignes. La lithographie est, de nos jours, un moyen puissant de vulgarisation des oeuvres d’art sur une échelle très-étendue et doit avoir une bien heureuse influence sur l'éducation générale du publie eu fait d’art. Malheureusement cette action ne peut être qu’élémentaire, ne peut dépasser des sphères assez peu élevées, à cause de la difficulté d'exécution par les procédés de la lithographie des œuvres artistiques d'une grande valeur.

La lithographie a deux teintes appliquée, dans ces dernières années, à des sujets de genre, à des études de fantaisie, produit des etrets séduisants, en rehaussant singulièrement l’éclat de la lumière. Nous verrons bientôt ces effets considérablement accrus par l'emploi des couleurs.

1 A la renaissance, Albert Durer, Lucas Kilian, en Allemagne, publièrent des gravures admirables. L'Italie offre l’œuvre de Mare-Antoine Raiinondi, qui, guidé par Raphaël, produisit des chefsd’œuvre. Si la France entra plus tard dans la lice, elle produisit beaucoup de célèbres graveurs en laille-doucc : Callot, Audran, Bervic, qui. par In grandeur de ses lignes, rappelle bien le siècle •le Louis XIV auquel il appartient; Nanteuil, Cochin, Duret, etc., et, de jios jours, Desnoyers. Forster, Calainatta, Henriquel Dupont, etc. En Angleterre, Finden, Lckcux ont dans ces dernières années brillé par foxécution de vignettes d’une grande finesse.

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