VITRAUX PEINTS
Les verres colorés paraissent avoir été employés dès le iv siècle dans les basiliques chrétiennes, surtout dans l'empire d'orient; mais alors seulement à l’état de coloration d'une seule teinte , formant de simples mosaïques dont les éléments étaient réunis par des plombs. L'emploi de quelques hachurés en émail noir, pour indiquer des contours et des ombres, donna lieu, vers le x' siècle, à un progrès qui constitua les riches vitraux qui décorent les Rearlx édifices religieux que nos ancêtres nous ont laissés.
C’est vers la fin du xié siècle que la peinture sur verre atteignit peut-être son plus haut degré de perfection. L’effet général, l’harmonie des couleurs qui leur donnent le plus grand charme, y sont admirables. Le vitrail était alors combiné par l'architecte, qui savait mettre cette éclatante décoration en rapport avec le monument, qui déterminait les lignes principales des plombs qui réunissaient les pièces de verre, et traçait les dessins géométriques de goût byzantin qui les entouraient.
Au xtv et surtout au xv siècle, l’architecte n’est plus l’auteur des vitraux ; la raideur des figures disparaît, le genre des ornements change ; l'artiste cherche des ombres, une perspective inconnue à ses prédécesseurs, opère |«tr application de couleurs diverses sur le verre coloré ; mais, malgré ses qualités de détail, malgré le mérite du travail, son œuvre est presque toujours sans effet à distance, et perd le caractère monumental qui doit être1 lp mérite principal des vitraux colorés.
Le moyen principal d'une fabrication plus isirfaite était l’emploi du verre double, c’est-à-dire coloré seulement d'un côté et sur une épaisseur minime. L’enlevage de la petite couche de verre coloré, combiné avec l’application des couleurs d’émail, |>ermil de faire des pièces merveilleuses quant à la beauté des détails, mais qui n’avaient rien de l’harmonie réelle, de l’éclat des anciens vitraux.
On doit donc distinguer trois époques :
I" La première (âge byzantin) commence vers 1150 et finit vers le commencement du xtv siècle. Les fonds byzantins à petits ornements y tiennent grande place.
i" La deuxième (âge ogival de l’art) s’étend depuis le commencement du xtv jusqu'au xvr siècle.
A HT INDUSTRIEL
Dans les vitraux du xie siècle, les champs des mosaïques sont formés de petits morceau* de verre teints dans la pâte et assemblés par des plombs multipliés. C'est une imitation des mosaïques orientales de cette époque. Ces orueinents sont caractéristique!? de ces premiers et magnifiques produits de la |ieinture sur verre.
Les vitraux île couleur des anciens styles ont été imités avec assez de succès dans ces dernières années. Les prorédés techniques ont été facilement retrouvés; on a appris à monter en plomb les formos irrégulières dont l'ensemble forme la surface à décorer, et ou a [tu réparer heureusement les produits d’un art né aux xit* et xm« siècles pour la décoration des églises, et dont les œuvres ont conservé les tendances naïves, la forme symbolique de l’architecture du moyen tige. Toutefois les effets'des vitraux modernes ont longtemps été inférieurs à ceux des anciens ; des teintes bien dégradées, l’imitation de la peinture ii l'huile u’out donné que des résultats très-peu satisfaisants, lui singulier obstacle était le manque d’imperfection du verre moderne, trop bien fabriqué. • Tous les vitraux exposes, disait en 1844 M. Lassus, un des architectes de Notre-Dame, |>échenl par uu défaut commun qui justitie pleinement tout ce qui a été dit sur l'impossibilité de réussir avec les verres actuels. La coloration de tous ces vitraux manque de puissance et d'éclat; ils sont incapables d'op[ioser la moindre résistance -à l'action des rayons lumineux, qui les traversent d’outre en outre sans
éprouver Je ritoindre obstacle Dans les anciens vitraux, au contraire, la lumière ne
peut jias traverser directement les surfaces courbes, inégales des verres; elle est forcée
de se briser, de se réfracter I)e là cet effet chatoyant des vitraux, cet éclat et ce
scintillement si remarquables des couleurs. •
Par une élude plus approfondie des conditions a remplir, les artistes sont arrivés à satisfaire aux exigences que M. Lassus signalait avec raison dans le passage précédent, et cela en faisant des stries sur les carreaux, en imitant l'imperfection du verre fabriqué autrefois, imperfection si précieuse pour les jeux de lumière.
On peut poser comme priuci|ie fondamental qu’il faut, dans les verrières, dont tous les éléments doivent concourir à rappeler uu style déterminé, choisir des tons éclatants, tracer des contours fermes, bien nettement encadrés par les plombs; toujours se rappeler qu'à distance les détails dis]iaraissent, deviennent aisément confus. Les têtes des personnages doivent toujours être lumineuses pour être distinguées de loin Il y a pour l’artiste uue étude toute particulière à faire, celle de l'emploi de couleurs qui doivent être vues par transparence, tandis que dans tous les autres cas on ne les voit que par réflexion.
Los couleurs ternes ne soûl |ms admissibles; on doit employer, en fait de couleurs, l’azur, le vert, le rouge, le jaune et le violet poussés à la puissance du saphir, de l’émeraude, du rubis, de la topaze. On vitrail ne doit jamais perdre entièrement son caractère primitif, celui d’une mosaïque transiiarenle. 11 doit être avant tout monumental; c’est ce que fait comprendre l'histoire de cet art dont nous avons dit quelques mots, qui constate que les produits sont devenus d’autant plus défectueux que l’imitation des objets naturels devenait plus parfaite.
Nousdonnops ici comme spécimen un vitrail célèbre do la Sainte-Chapelle de Paris, représentant Jésus et les a pâtres, oit respire bien la foi des artistes du moyen âge; il a quelque chose de l'inspiration qui faisait élever le monument resté de nos jours un type de l'art gothique
TISSUS
TISSUS
C'est surtout de l’importante fabrication des étoffes et tissus de tout genre, comprenant tout ce qui est nécessaire pour les vêtements, ce qui constitue une part considérable de la totalité du travail industriel, qu’il nous reste à parler.
Au point de vue des combinaisons, les éléments sont rectangulaires par la nature même des procédés de tissage ; il semble donc qu’il ne s’agit que d’un cas assez simple dans lequel la finesse des éléments fournit quelques ressources précieuses pour obtenir des effets peu variés. Mais l’emploi convenable des entrelacements d'un nombre variable de fils ayant des aspects différents et pouvant être disposés suivant les directions diverses, fournit des effets bien plus nombreux que ceux qui semblent devoir être produits par le simple entrelacement rectangulaire.
Ce qui est tout particulier à cette fabrication, au point de vue artistique, c’est l’éclat qu'on peut donner à certaines étoffes, le brillant résultant du recourbement des fils vors les contours du dessin qui ne saurait être atteint par l’impression sur fils plats. 11 en est de même de la résistance, do la raideur des étoffes tissées convenablement dans certains sens, ce qui leur donne la propriété de draper, de faire des plis gracieusement soutenus, que les dames savent apprécier et utiliser au point de vue de la richesse, de l’élégance de la toilette. Cette propriété est la plus importante à considérer pour l'emploi des étoffes, après celle do l’éclat, du brillant, qui les fait surtout rechercher.