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TAPIS

La fabrication des tapis emploie souvent, comme celle des produits précédents, toutes les ressources du tissage ; aussi a-t-on pu, avec nos belles tapisseries de haute lisse des Gobelins, reproduire avec une fidélité admirable les tableaux les plus importants de nos artistes, en dépassant, il est vrai, le but qu'on doit se proposer d’atteindre avec ce genre de produit.

« La tapisserie, dit M. Chevreul, ne pouvant triompher de la peinture, ne doit pas

1 Un grand progrès tout récent de la fabrication française, que l'on peut apprécier dans les produits rois à l'exposition de 18.V> par M. Dcneirouze, un de nos plus habiles fabricants de châles qui est depuis trente ans au premier rang de cette belle industrie, consiste dans le mélange des fils pour diminuer le nombre des couleurs employées et simplifier le travail. Donnons un exemple de cette fabrication, qui repose sur le principe du mélange des couleurs.

Supposons que l'on veuille obtenir un ton vert clair et que l’on n’ait que des fils vert foncé et des blancs. Au lieu de so servir d’une navette, on en emploiera deux qu’on chassera successivement, de façon à ce que les deux trames, la verte et la blanche, n'en forment qu’une juxta-posée, qui ne sera ni verte ni blanche, mais d'un vert clair. On peut faire ces applications pour toutes les nuances par des trames doubles ou triples agissant comme une seule ; il faut seulement que la finesse de chacune d’elles augmente dans la même proportion. Ce stratagème, résultant de la combinaison de la science et de l’art, donne la clef de la richesse extraordinaire et du fondu parfait qu’offrent la plupart des châles sortis des mains de nos premiers fabricants.

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lutter avec elle en eliercliant à reproduire des détails et des effets pour lesquels elle n’est pas faite.

• Rappelons que sa structure cannelée, que La forme filamenteuse de ses couleurs s’v oppose ; rappelons que ses ombres ne peuvent avoir la vigueur des ombres d'une peinture à l'huile, ni ses clairs l'éclat des blancs de celle-ci. Les extrêmes de contraste de ton se trouvent doue plus éloignés dans la peinture à l'huile que dans la tapisserie. •

Ajoutons que les couleurs ne sauraient, même dans la tapisserie au plus petit point, être dégradées, fondues d'une manière en rien comparable à ce que la peinture permet d'obtenir.

Obtenus par le passage fil à fil autour de la chaîne d'un nombre infini de fils parfaitement nuancés et bien assortis, les tapis de haute lisse fournissent, par chaque fil paraissant à leur surface, exactement la couleur renfermée dans un petit carré du modèle colorié et divisé en petits carrés élémentaires. C’est ainsi qu’on obtient des imitations d’œuvres d'art remarquables par la difficulté vaincue, sinon par leur valeur artistique.

L'emploi des tapis est, dans nos pays froids, le luxe qui remplace la mosaïque des Romains pour orner le parquet de nos appartements, et décorer les édifices publics. Ce luxe est très-ancien, car, dés le vu* siècle , on employa les tapisseries à la décoration des églises. La fabrication des tapis fut importée d'Orient par les croisés; elle fut exercée d'abord par des prisonniers ou des ouvriers -sarrasins., ou plutôt -sarrasinois, ■ comme les appellent les vieilles légendes. C'est surtout a Louis XIV et à l’établissement des Gobelins que sont dus les progrès modernes de cette belle industrie.

Tapi* «tyle maurraqoe-

Les moquettes, obtenues à l’aide des métiers à la Jacquart, sont ornées en général de fleurs, d’imitations d’objet* naturels. Les tapis d’Aubusson et des Gobelins, fabriqués sur de grandes dimensions, représentent soit des fleurs, soit des médaillons.

TISSUS

Nous (lovons citer comme d'une grande richesse un dp» produits les plus recherchés de l'Orient, le lapis turc à longs poils, les tapis veloutés. Enfin, l'Exposition de 1855 nous a montré des tapis anglais fabriqués par impression sur chaîne, qui sont d'un trés-bel effet.

■Les procédés do fabrication des tapis permettent d executer la plupart des genres de décoration, variables en raison de l’usage lui-nu'me multiple des produits; c’est ainsi qu’on les emploie pour portières, pour meubles aussi bien que pour tapis de pied.

Nous donnons ci-dessus le dessin d’un tapis reproduisant un motif de décoration de l’Alhambra; le genre mauresque avec ses riches couleurs est éminemment propre à fournir des sujets d’ornementation pour ce genre de produits. En France, cependant, la représentation des fleurs et des fruits vient disputer le terrain aux arabesques et aux contours variés qui ne représentent aucun objet déterminé et qui semblent tout à fait convenables à cette industrie qui se propose la décoration des intérieurs.

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