‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 64 sur 394 · I.a portée · texte numérisé non relu

I.a portée

Là précision ;

L’intensité des effets.

Les fusils et le» carabines, par l'adoption de» divers système* de balle* allongées et do rayure* de leur» canons, satisfont si bien aux deux première», depuis quelque» année*, qu’il a semblé à beaucoup de militaire» quo l’artillerie avait perdu son ancienne prééminence. Mai» l’artillerie n'avait pas attendu pour marcher dan» la voie du progrès que l'cxomple lui fût donné. Depuis longues année», elle travaillait en silence ; seulement le problème qu'elle avait h résoudre était bien autrement ardu; le* difficulté» étaient bien plu* grandes que pour les- ormes à feu.

Les procédés successivement proposé» pour obtenir plu* do portée et plu* do justesse, pour le» uoulet* . comme pour les balle», peuvent être classé* on trois catégories.

Dan* la première* on cherche b supprimer le vent, oest-à-dire l’espaco laissé libre entre le projectile et l’Ame de la pièce. On conçoit que le projectile d'un diamètre plurffctit que celui de Ruine de In pièce so/t non en glissant contre se* parois, niai» pnr bonds successifs, ce qni est à la- foi» uue cause de détérioration pour l'arme et d’incertitude pour le tir. I>ans la carabine a bnllc forcée, au contraire, la balle sort en glissant, et c’est là précisément la cause de la supériorité de son tir sur celui de la bnlle roulante qui ricOche !o long.de l’ùme du fusil. Mai» on- peut forcer une talja en plomb contre le» parai# en fer d’une carabine, comment forcer un projectile. en fonto contre les paroi* eu bronze d’un canonV Nulle possibilité d'ailleurs do changer le métal du projectile, tant à cause du prix exagéré qu’atteindraient de» approvisionnement* eu un métal plus cher que la fonto, que parce que la dureté de celleci est là condition essentielle do la pénétration des projectiles dan» les corps dur», pour la dc*tmctibn de# fortification» notamment. II ou est de même pour la pièce de canon, comme nous l'avons dit à l’article docciie a t tr. On voit de «lito que sur cette première question les conditions du problème sotit inverse» : ici un projectile d’nn métal plu» malléable que celui de l’arme ; là, au contraire, mi projectile rigide et une arme d’une détérioration très-facile. là lu grande difficulté du problème ponr les bouches à feu.

Dans la deuxième catégorie, ou change la forma du projectile, on Rallonge pour le rapprocher de la forme du solide do moindre résistance, ce qui permet de tirer tin poids plus grand avec- nno Ame d’une dimension et d’tino résistance donnée», et l'on eiipère procurer nu tir plus de justesse, en imprimant au projectile, ce qui e«t indispensable avec la forme allongée pour maintenir la direction, un mouvement de rotation autour de son grand nxe.

Enfin, dans la troisième, on cherche à combiner les effet» de la suppression du vent et de la rotàtion du projectile.

La rotation, condition essentielle de Remploi de projectiles non sphérique», est imprimée par deux méthodes différente».

La première consiste à engager dans des rainuro» faites on hélice dan» l’Ame de la pièce, des tenon* en saillie sur la »urfacc dn projectile ; dan* l'autre on utilise la pression des gaz sait contre de* palettes posée* #nr une tige vissée à l'arrière du projec tile, soit contre des évent* pratiqués dan* le» projectiles mêmes.

Pour mieux faire comprendre l’application de ces différents procédé*, nous citerons quelques-uns dos plti» récents qui en offrent chacun un exemple remarquable.

Nous dirons auparavant uu mot d’un système tout particulier qui a 'Hé tenté 01 Angleterre pour de*

SOUUTS.

BOULETS

canons en fonte qni ont un moment attiré 1 otten tion publique. Je veux parler «les canons taicester, qui sont des canons en fonte à Aine tordue. I.c problème mécanique consistant à exécuter une fitnc semblable h l’aido d’un nlésoir dont l’outil est guidé par un noyau central hélicoïdal, est évidemment soluble, et, en ellbt, l’exécution de ces canon** a été fort bien réussie en Angleterre. Mais ce qui n’a pas réussi, c’est le canon mémo. Et d’nboïd il ne répondait qu’à une partie du problème ; il ne comportait évidemment pas des projectile* allongés, ce qui est nne condition essontielle de suceurs. Toutefois un mouvement de rotation nutonr de l’axe horizontal suffit pour accroître la justesse du tir dans une grande proportion, aussi les résultats des premières expériences avaient fait croire à un certain succès pour ce genre de canons; mais, comme on devait s’y nttendre, le boulet rencontrant des parois inclinée» "a produit des effets destructeurs pour la pièce, pour peu surtout que le vent du projectile fût un pon notable. L’expérience n parfaitement prouvé qu’il u’y avait rien à foire dans cette voie.

Syttcme Caralli. — Le major Covalli est un officier de l’armée sarde; il a l’honneur d’avoir le premier proposé un système assez pratique pour que son adoption ait en lieu chez quelques puissance* : en Sardaigne, par exemple, et en Angleterre pour l’artillerie de marine. (Jet officier fut envoyé, en 4846, à A citer, en Suède, pour fabriquer ot expérimenter des pièces do son inventiou, d’un gros calibre, destinées à remplacer les mortiers pour la défense dcscôtes. üon canon est en fonte, du calibre do 30; l’Ame jiortc deux rainures ou Hélice tld pus de 3»", "5, lu chargement a lieu par la culasse (fig.342 > et 3420). I.« projectile iièse 25 kilog., e-t crlindro-ogivnl et porte, sur sa partie cylindrique deux ailettes (a) venues de fonte avec le projectile qui entrent dans les rainures (b) do la pièce, ("est, comme on voit, le système do la rotation sans le forcement. Les épreuves constatèrent du remarquables résultats ; ainsi avec 3k,628 de poudre et sou* un nnglo de -5°, les portées moyennes des boulet» sphériques et de* projectiles alloiir gé» sont à peu près les mêmes ; mai» sons l’angle do HO*», les seconds dépassent les premiers de 358 mètres,1 et de 3426.

7»il) sous l'angledelH0.

Si l’on prend la charge de 4*, 53 4, l’augmentation de portée commence avec l’Sngle do 5° ; die est alors de 400 mètres, pais de 600 mètre* pour 40°, et enfin de 4,000 mètres pour 45*.

Enfin, avec la. -charge de 5 kilog. que l’on adopta, on obtient une portée moyenne de 8r,000 métro*, tau- ■ dis que le mortier de off, arec une charge de 44 kilog., no va que jusqu à 4,000 mètres et avec une justesse incomparablement moi mire. Ce» travaux furent courus en France par les* rapports du capitaine Lepage,

qne le gouvernement envoya successivement en 'Suèdo et en Angleterre pour assister anx diverses épreuves qui y furent faites. Lo capitaine Lepage uc se contenu pas de ces simples renseignements, il proposa à son tour une pièce de même nature, mais en supprimant le chargement par la culasse , . si évidemment défectueux. l>cs épreuves pleines d’intérêt en furent faite» à Calai*, et» .1654, et serviront, Atecies résultats obtenus à Gavres par la marine, à arrêter définitivement la pièce aujourd’hui .adoptée pour l’arm c meut des côtes, qui est une pièce on fonte à trois munires. Se chargeant par lu gueule et appartenant à la deuxième catégorie, c’est-à-dire donnant la rotation «ms foreomcnl avec un projectile allongé.

Mais lé problème était hàn d’être résolu ponr tes pièces en bronze. On ne jxjuyait songer aux uilvttcs en fonte qui cmutcnl luis, les bouebqs à feu immédiatement hors iic service en arrachant le bronze, puisque le rapport da dureté entre l’Ame et le projectile est inverse do celui qui existe dans la carabine, oü le projectile en plomb suit les rainares d’une Ame en ter. Le plus, il n’était pus prouvé qu’à do« distantes plus rapprochées, telles que celles demandées par le serv ies de campagne, la justesse dans le système île rotation sans forcement fût supérieurs à celle de» projectile» sphériques.

Sytfrme de M. le lieuteonul Gmt. — En 4850, M. lo lieutenant Gros proposa deux projectiles cvlindro-ogivnitx auxquels il proposait de donner un mouvement de rotation autour de leur grand axe, et éclatons faire subir à la pièce en bronze aucune modification, en employant la réaction des gaz passant dan» de* évout» inclinés ménagés à l’intérieur Ou dans des canaux pratiqué» à la surface du projectile.

la rotation Fut produite d.’uno manière assez satisfaisante, mai» la trajectoire était très-irrégulière, et l’on fut conduit à admettre en principe que dans tout système du projectile allongé tournant autour de sou uxe, lu -condition de la suppression du vont on du forcement était indispensable, tn effet, si l’on considère la manière dont un projectile sphérique se comporte dans l'Ame de la pièce au moment do l'expansion des gaz causée par J’ inflammation de la poudre, on remarque d’abord une pression sur cette âme pur la partie inférieure du projectile. Çélui-ci »e relève ensuite et parcourt l’Ame de la pièce par bonds successif»; c’est ce «pi’on appelle les battements, pause principale de* irrégularités du tir qui croissent avec la forme allongée du projectile et qni ne sont en rien diminuées par la rotation insuffisante produite par l'expansion des gaz. D’autres système» destinés de même à produira la rotation sans forcement n’ont pas en des résultats plus Satisfaisants.

Sythmt liumier. — La même cause amena le même résultat et vint confirmer In memé conclusion pour co système, qni était un pas important ver» la solution do la question.

L’auteur proposait de creuser dans l’Ame de la pièce trois rainures hélicoïdales. Dan* ces rainures s’engageaient des boutons en cuivre qui fuiraient saillie sur lo projectile bii fl» étaient fixé* dan» un plan passant par son centre de gravité.

Les résultats furent bien autrement constants qu’avec le projectile précédent, mais toujours avec une trop grande incertitude dans la trajectoire.

Cependant U Question venait de faire un pas, le tenon en enivre n’endommageait pas d’une manière >cn- H.bïe la rainure pratiquée dan» l’Ame en bronze de la pièce, et dès lors on pouvait espérer pouvoir appliquer à l’artillerie de campagne le système Cavnlli, par l'iui terposition, entre le bronze de la pièce et la fonte du projectile, d’un métal qui rfeût pas les effets destructeur» du second.

BOULETS

boulets.

Xous u'cutreron» pa» dan» fos détail* dos quelque* » lui U pouf oj>érer 1«> -forcement jmr de» sabot* métallique», susceptibles de a/écnuer par l'effet de l’explosion. Ce culot, presque toujours brisé dans l’intérieur de lir pièce, était projoté k petitc.di*tancc et par fuite d’un emploi dangereux. Cala n’était pa# admissible.

System* du ra pi ta km T ami nier. — Non» arrivons enfin nu système qui donna la solution du problcmo si longtemps et si vainement cherché.

J /expérience avait démontré que toute modification apportée au projoctile, «ans rayer la pièce, ne pouvait réussir- L’axe de plus grande stabilité étant fort différent de l’axe do symétrie dans les projectiles allongés, dans une position donnée, dés que la rotation commence il s'établir autour de ce dernier âx», le projectile se préMjuto plus ou moins de côté, lés résistances extérieures croissent rapidement et diminuent en même temps la portée et la justesse.

Il n'en e*t pue «le même avec des projectiles allongé» k miettes .tiré» dans «le* arme» rayées : la force du ro* talion est alors suffisante pour donner au projectile une direction iiorpuilç*; cependant à sa sortie de iïune do la pièce, il seprcsbhto encore dans des conditions osées variables pour influer. d’une manière lâcheuse .sur la constance do la trajectoire. De là une seconde condition impbtéo : Ip furctqnowt.

Lutin «m ne pouvait songer à employer dans dos nrrne* rayées, ch broneo, de» projectile# en fonte, gnr- . ni« d'ailettes de même métal «muas dans la. pièce Cavnlli. Autre problème h résoudre. Tôua allaient recevoir pour lu première lois une ««dation satisfaisante.

AI. le càpifaipo Tamuïer s'était beaucoup ocoopé «lu tir* des carabines rayées, ce qui lui permit d’établir quc.léà principes appliqués it co tir devaient être les mémos pour celai des Canon» rayé». 11 »c posa -dope pour conditions.

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