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Ainsi, pour obtenir un tir de 4,000 mètres, il faut mettre la pièce de 46 ordinaire bou» l’angle de 40°, hn possible dans la pratique habituelle de la guerre. On tire au contraire la pièce rayée facilement sons un angle de 2U“, et l’on obtient une portée de 5,000 mètres.

Quant ii la juste*»?, le premier tir en a si peu que son appréciation à ce» distances ne se trouve dans aucun ouvrage ; celle «le la pièce rayée peut, au contraire, avoir de fort lion» effet». Ainsi la comparaison des deux tirs, sous le rapport de la justesse, donne le tableau suivant1 :

16 OnDIMIM. IS ■»!«.

Distance. Moyenne «les écarts. Moyenne des écarts.

f .Otlü . 2«*,3l> 4 "*,28

2,2oo 47», 20

Enfin, pour terminer ces comparaison», le canon do 46 ordinaire, à 550 mètre», atteint une embrasure de batterie 4 4 fois sur 400, le canon de 46 rayé, à 4 ,000 mètres, donne le même résultat 40 fois sur 4 00. Quant a la dérivation, sa constance fut telle, qu’il fut possible do dresser une table de» hausses horizontales et verticales depuis 4,000 jusqu’à 5,000 mètre», la hausse horizontale étant destinée à corriger complètement cette dérivation.

Le» conclusions de la commission furent que le problème était résolu, qu’il n’y avait pas un moment à perdre pour transporter le» épreuve» sur le théâtre do la guerre. La commission demandait seulement, comme celle de La Fère, la suppression de» rainures destinées à procurer des résistances horizontales, l’arrondissement du culot du projectile, et enfin un agrandissement de la chambre intérieure pour que le projectile pût contenir une plus grande qunntité de poudre. I as capitaine de Chanal, devenu le major de (. banal, était encore rapporteur de la commission. Mais la commission n’avait pour président qu’un simple colonel, et son enthousiasme recevait à Pari* encore des sourire* d’incrédulité. Le rapporteur, le major de Chanal, se décida à porter directement sons les yeux de l'empereur les résultats obtenu» à Calai*. A cette époque, la guerre do Crimé? préoccupait ton* les esprits, et la cause des projectiles allongé», où leur rôle semblait devoir être si important, était si peu gagnée, qne le président du comité de l’artillerie, M. le général Lnhitte, voulait que l’armement do l’expédition de la Baltique sc Ht avec les canons rayés en fonte do la marine, canon» expérimenté* à Gavres, et qui donnaient des résultat* h peu près semblable t à ceux obtenus par le commandant Lepnge à Calais, c’est-à-dire de la portée sans justesse, ne trouvant pas que le» étude* sur les canons Tamisier modifiés fussent assez complètes.

L’empereur décida que l'armement de l'expédition qni devait avoir lieu dans la Baltique contiendrait 50 pièces de 24 rayées au nouveau système, et tirant des projectiles creux cvlindro-ogivaux à tenons fixes, pesant 25 kilog. La commission s'assembla encore à Calais a la fin de 1855 et nu commencement de 4856 : une table de tir était dressée pour le* nouvelles pièces, depuis 4 ,000 mètres jusqu’à 6,000 mètre».

Les rainure» directrice» horizontale» étaient supprimée* sur le projectile.

L’arrondissement du culot n’avait pas été adopté, mai» la pièce avait été légèrement égneulée, ainsi que l’avait proposé M. le major de Chanal dans la commission do 1853.

Ces dernières expérience» de Calais furent couronnées pnr un tir en brèche sur un onvrage do fortification abandonné. 11 fut alors démontré que ces nouveaux

Dig

Outrage du général Piolx-rt, page I3ê.

1 Ouvrage du géucral Pi.*brrl, page 137.

BOULETS

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projectile» agissaient sur le.» maçonneries à l'instar d'uno fougasse, c’est-à-dire que, pénétrant et éclatant H la fois, ils formaient une chambre bien autrement formidable que l'entonnoir obtenu par des projectiles sphériques, et qu'on pouvait ainsi, à une distance infiniment plus grande que la distance du tir en brèche ordinaire, faire une brèche praticable avec moitié moins de coups, et par conséquent moitié moins de temps et de sang qu'avec les anciens boulets.

Depuis que l’empereur s'était prononcé, le plus vif enthousiasme avait succédé au doute et même quelquefois à l’ironie. L’empereur envoya au général vicomte de Lahitte le programme d’une pièce avant lo poids et le calibre de l’ancienne pièce de 4, et devant tirer des projectiles pesant 4 kilog. C’était rentrer dans les véritables conditions du nouveau système, car, ainsi que le disait la commission do 1855 dans son rapport-: Le système de l'nrtillerie rayée a sur celui des armes portatives analogues l'énorme avantage, que son ]>erfcctionnement, loin de s’aeheter par une augmentation de poids qui rend l'usage de ces dernières d’un succès douteux, a'opèro au contraire par un allégement toi qu’on double au moins les effets sans toucher au poids de l'arme.

Une nouvelle commission fut assemblée il La Fèro, pour la confection de eetto pièce. Le major de Chanal, qui cependant n’avait deniatulÿ d'autre récompense que celle d’être attaché h tous les travaux qui se feraient sur le système Tamisier, qu’il avait si heureusement modifié, n’y fut pas appelé, et dut rester à son corps. Plusieurs changements furent encore apportés à la pièce et au projectile, mais aucun n’affe.'ta l’essence même du système, qui resta tel que l’avait proposé la commission de Iji Fère, et expérimenté avec tant do succès celle de Calais, c’est-à-dire de* rainures en hélice, dont la face directrice dn tir est inclinée, rainure* dans lesquelles entrent des tenons en zinc rapportés d’une manière fixe dans la partie cylindrique du projectile et que la force de l'expansion de la poudre vient ajuster contre le bronze de la pièce. Enfin le projectile a sa partie cylindrique lisse, étant définitivement admis que les rainures horizontale» du système Tamisier ne produisaient aucun effet utile.

La commission de Calais avait demandé des études sur la position qu’occupaient les rainures au fond de In pièce; il n’était pas en effet indifférent pour l’équilibre du projectile que celui-ci, «u moment de l’expansion des gaz de la poudre, reposât sur un tenon dan* sa

Crtic inférieure ou sur deux dan» sa partie moyenne.

i commission de l a Fère, en adoptant six rainures et douze tenons , obvia à cet ordre d’inconvénients. De plus, elle fit rétrécir les rainures ver» leur extrémité et l'ailette touchant les deux faces lorsque le projectile est en place , on évita ainsi un choc destructeur qui avait lieu lorsqu'il quitte, au moment de l’explosion , la faco directrice du chargement pour s nppuyer 6ur la face directrice du tir. Ainsi faite la pièce est inusable et le tir encore amélioré.

La commission apporta encore nn changement à la forme des tenons. Ceux-ci, dans les pièce* de 6, de 46 et de 24, essayée* à La Fère et à Calais, étaient carrés. Pour lo tir de guerre, cette forme n’avait aucun inconvénient, mais pour le polygone où les projectile* doivent servir plusieurs fois et où par conséquent les vieux tenons doivent être remplacé» par des neufs, il n’en est pas de même. En effet, le métal est refoulé dans *n mortaise et il est difficile de l'en arracher sans endommager celle-ci. La commission donna la ■orme rondo cylindrique à scs tenons; fa mortaise peut alors facilement êtro vidéo au moyeu d’nne mèche anglaise.

Un matériel complot, voiture*, affût et caissons, fut

exécuté pour les nouvelle* pièce*, et en 1857, au mois de mai, date qui sera mémorable dans les fastes do l'artillerie, une pièce rayée, tirant des projectiles cylip- •iro-ogivaux ii rotation et forcement, avec affût et enlisons, fut présentée à l’empereur dans la cour du dépôt • entrai de Saint-Thoinas-d’ Aquin; lo programme tracé par Sa Majesté avait été rempli en moins d’un uu. Les journaux nous ont appris qu'ello en avait témoigné sa hnnto satisfaction en faisant lieutenant-colonel M. lo cotmnuudant Treuil de Ucuulieu, et décoraut le garde-chef de l'atelier qui avait travaillé sou* la direction de cet officier supérieur. Uno feuille même a prétendu que le nouveau matériel devait s'appeler le materiel Lahitte , du nom du président dn comité, destiné ainsi à continuer la série des noms historiques de Vallière, Griboauval et Volée.

BOULETS PERCUTANTS. — Toute* loB fois qu’un projectilc allongé so meut avec une rotation autour do ^on grand axe, qu’il atteint le but la pointe en avant, il est possible d'en faire un projectile percutant qui fait explosion en atteignant l'obstacle contre lequel il est lancé. C’est surtout au point de vue de la guerre niaritimo bue ces projectile* ont été essayés; on comprend l'effet destructeur d’un projectile creux qui forait explosion au moment où il traverse la paroi d’un vaisseau : il pourrait causer de* dommages tels que lo plus puissant navire *omit mi* hors de combat |»ar un «oui coup de Canon, et que par suite la lutte d'une canonnière portant quelque* pièces contre un navire de cent canons devienne presque égale.

M. Devisme, armurier do Paris, a proposé dans ces derniers temps une disposition de ce genre pour des projectiles creux qu’on peut lancer avec ses grosses carabine*. Nous donnerons une idée du système qui lui a réussi malgré In difficulté de loger le système percutant dans un projectile de petit volume f c’est toujours à des dispositions analogues à celles qno nous allons décrire que reviennent celles adoptées ; mais, répétons-le, elles ne sont possible» qu'autant qu’on résout d’abord complètement le problème do donner au projectile allongé une- rotation autour de son axe.

Dans Taxe dn projectile on dispose une broclie eu fer d'un certain poids, qui est nmiutenuo à frottement •lonx dans deux collets faisant partie du projectile et dans lesquels elle peut glisser par un choc brusque exercé dans le sens de la longueur. Ce choc sera l’effet produit par la rencontre du but. et par son inertie la broche exercera un effort considérable ot continuera «on mouvement. Si donc on a disposé uno cansule, une amorce fulminante, placée sur une partie «olide, devant cette broche, ocllc-oi viendra percuter l'amorce et déterminer l’explosion de la poudre en contact avec elle.

Pour éviter le* dangers auxquels pourrait exposer lo maniement do semblable» projectile*, on a adopté dan* 4a marine un fil de plomb pour maintenir la broche. Ce fil c»t assez fort ponr résister à une chute du projectile de 9 mètres de hauteur sur le pavé, ce qui met à l'abri de tout accident, sans que l'explosion manque jamais quand lo boulet atteint le but.

11 n’y a pas de danger que cet effet ait lieu nu départ, puisque la broche résiste par son inertie ot s’éloigne autant que possible de la capsule, mais il n'en serait pas de même hors de la bouche à fou, si une rotation suivant l'axe de U broche n'existait pas seule. L’effet, on arrivant au but, serait également manqué pour tous les cas nombreux où le choc ne tendrait pas à produire l'effet de percussion suivant l’axe.

Tout ceci justifie pleinement notre observation première et montre que la solution du problème des projectiles percutants n’est qu’une conséquence de celui des projectile* tournant* autour d'un axe de figure déterminée, autour lie leur grand axe, puisqu'il est avantageux ponr la portée do lotir donner une forme allongés.

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