BROCHE DE FILATURE
SJchaye et cuisean. — J^cs briques creuses, on le com prend, doivent sécher plus rapidement que les briques leiues. Le séchage est effectué sur des rayons ra«»ffes; ce sont des planchettes longues de 1 métré chacune, pouvant recevoir dix briques posées sur champ, et que les ouvriers transportent sans effort.
Quant a la cuisson, clic ne présente rien de particulier ; elle s'opère dans des fours prismatiques accolés et marchant alternativement. Ici, comme partout, lu difficulté consiste à répartir lu chaleur d'une manière égale dans toute la masse des briques et à économiser le combustible.
Pris de revient. — Comparé au prix de revient des briques pleines de même qualité et fabriquées aux mêmes lieux et dans le» memes circonstances, le prix de revient des briques tubulaires est notablement inférieur. Voici quels sont les éléments divers qui composent ce prix do revient :
4* Les matières premières : terre et sable ;
2" La préparation du mélange ou malaxage ;
3* Le moulage;
4“ Le séchage pendant lequel les briques doivent être retournées ;
5" L'enfournement et le défournement ;
fi* Iji cuisson : temps et combustible ;
7° Le transport à pied d'œuvre ;
8* Le déchet ;
9" Le» frais généraux.
Or, en fait d'économies, on peut compter :
50 pour 1 00 sur les matières premières et leur préparation ; en effet, la somme des vides étant sensiblement égale à celle des pleins, il faut, pour un certain nombre de briques creuses, moitié moins de matières premières que pour le mémo nombre de briques pleines;
50 pour 400 sur le temps du séchage ;
40 pour 100 sur la main-d’œuvre du moulage ;
25 à 30 pour 400 sur le temps et sur le combustible ; ,
40 pour 400 sur le transport, car le poids des briques creuses est presque pioitié de celui des briques pleines de même qualité et de memes dimensions.
En régumé, voilà différentes économies qui portent sur presque tous les éléments du prix de revient, et qui se traduisent par une moyenne générale variant dans les limites de iï à 30 pour 400.
BROCHE I)E FILATURE. lui filature, amenée depuis le commencement du siècle à un si admirable degré de perfection, reçoit depuis quelques années des améliorations d'une importance inespérée, soit par l'addition de machines auxiliaire* destinée» à rendre pltU Complet le cla->cini
telle est In remarquable pcigtieuso «le Hoffmann, dont nous parlons ci-après, soit par des améliorations apportée» «quelques parties du mécanisme de» métiers ù filer.
C'est dans cette classe qu’il faut ranger la broche de l’invention de M. F. Durand, sur laquelle M. Alcan n fait un excellent rapport à la Société d'encouragement, dans lequel il fait apprécier les imperfections de la filature actuelle et montre comment la nouvelle invention y remédie.
« Deux systèmes de métiers u filer, dit-il, tout seuls en possession, comme on le sait, du vaste domaine de la filature. Quelle <iuc soit la substance à transformer, elle est soumise soit au système connu chez nous sous le nom de confina et de ihraulle en Angleterre, soit au métier mnll-jenny. Malgré les mérites relatifs et incontestés «le ces deux systèmes, ni l’un ni l’autre ne satisfait entièrement aux exigences rationnelle» d<; l’industrie. Le continu, séduisant par la simplicité «les combinaisons mécaniques, la simultanéité «l’action «les •lifférente» fonctions du filage (l’étirage, la torsion et le ren vidage), présente des inconvénients graves. L’ailcttc qui dirige le fil pendant la torsion, libre à
l’une do scs extrémités, e?t soumise à des vibratious telles quo la vitesse qui le» produit ne peut dépasser une certaine limite sans énerver le fil et en occasionner lu rupture. La marche de l’organe renviileur (de la bobine ) est moins bien assurée encore ; le» couches concentriques sont produites par une différence do vitesse entre la bobine et In broche; cette différence est i obtenue par un ralentissement d’action résultant do ' l’embase inférieure de la bobine enfilée librement sur la broche, et une saillie «le celle-ci ; c'e.-t-u-dire quo la bobine et la broche ont la même commande et fourniraient le même développement «luns l’unité de temps, si l’action du la bobine n’était libre autour de la broche et influencée par une cause retardatrice peudant le mouvement. Cette cause est 4° le frottement, toujours insuffisant, «le l’embase; 2J celui d'un petit poids fixé par une ficelle à cette embase pour produire la quantité de frottement nécessaire. 11 suffit de signaler ce mode I d'action pour faire comprendre ce qu’il a de peu précis comme moyen de règlement au point «le départ, et «l’irrégulier dans sa marche. En effet, si au commencement du reuvidoge l'action retardatrice est insuffisante, lo fil flottera, les couches seront molles ; nonseulement la bobine sera tr«»p vite pleine, mais elle s'éboulera au dévidage ultérieur et occasionnera du déchet ; si, au contraire, on est arrivé à un frottement convenable, par lu tâtonnement, au commencement du renvidage, il faut pouvoir l'augmenter gradue Hument et en rnison directe de l'accroissement du diamètre de la bobine, cc qui est pratiquement impossible.
Ces circ« instance», jointes au mouvement vertical <io va-et-vient «lu chariot porte-bobines, destiné à la distribution des couches concentriques sur toute la hanteur de l'enroulement, occasionnent la consommation d'une quantité xle force motrice relativement considérable. C’est ù la réunion «le ces différentes causes qu',1 faut attribuer l’usage restreint du système continu et la difficulté d'y produire, avec avantage, un fil dont lu finesse dépasse le nu 40 métrique, c’est-à-dire 40 kilomètre» par 500 gramme*.
I On obtient du mull-jcnny des résultats bien supé- ! rieur», puisqu’il fournit couramment, dans le filage du coton par exemple, du n° 200 métrique. Aussi l'a-t-on proclamé le système par excellence ; il est néanmoins l’objet des recherches les plus actives et «le» amélioration» de tous lesjoura, qui indiquent suffisamment qu’il n'a faut atteint toute sa perfection. 11 diffère surtout du précéilent par l'absence d’un appareil renvideur spécial. Jji broche remplit alternativement les fonction* d’orgnne tnnlenr et renvideur, et souvent même elle fournit un supplément d'étirage. La simultanéité n’est «lonc pus possible pour les différente» fonctions qui constituent le filage. Le renvidage ne peut avoir lieu qu'a près la torsion, et, comme celle-ci doit s'exercer sur la préparation convenablement tendue, les broche» sont obligées de s’éloigner «le» cylindre» étirciirs p«*ndaut le temp* «|uo ceux-ci leur fournissent le fil ébauché; cette translation a lieu avec une accélération susceptible du produira un certuin allongement. A la limite «le >n course, lo chariot ut le» cylindres étireur* s'arrêtent, l'étirage cossu et la rotation de» broches est, au crjntraire, continuée pendant un certain temps encore pour terminer la torsion. Celle-ci opérée, le chariot porte-br«>ehe* revient sur ses pas |*our cueillir" ou renvider le» fil» par la continuation du mouvement des broches.
Li nécessité de smtpondro ot «le rendre lo mouvement aux cylindre* et an chariot à «le* intervalles dé- ! terminés, d'imprimer simultanément «mu vitesse do rotation et de translation de va-et-vient à un nombre de broche* qui peut varier de 300 h 000 par métier, sont des cause* première» «le complication», qui augmentent encore par lus conditions «lo variations «le
wîCmïik hk FimuRE.
RRlMÏIK DE FILATURE.
vitesse imposées aux commande*. En effet, pour opérer graduellement lo tirage et la torsion et réserver le plu» d’élasticité possible à la matière, la vitesse dés broches et dos cylindres est augmentée du double environ pendant chaque course ou production des aiguillées. I.cs avantages du rtiull-jcnny «ont donc contrebalancé» par l'intermittence dans la production, par la nécessité d’un emplacement considérable, par Une complication extraordinaire dans les transmissions, surtout si le métier est entièrement self-ncting, et enfin par les difficultés de règlement et de conduite qui exigent des soins particuliers, et de Fhabiloté chez les ouvriers.
I* métier imaginé par M. Durand réunit, selon nous, la simplicité et l'économie du système continu a la perfection du muH-jenny parfaitement réglé. Ce nouveau système, entièrement automatique, e*t applicable à tonte espèce de matières et de genres do fils, quelles que soient les finesses, depuis le» numéros les plus bas jusqu'aux pins élevés en trame on en chaîne, aux fils pen tordu» aussi bien qu'il ceux du tors le plus intense.
Lo règlement de la machine a lien avec une précision telle, qu'une fois alimentée par une préparation convenable il n'y a pitu d'exemple de rupture. L’étirage ayant Jion ici par le» cylindres d’Arkrwrigt, comme |K»nr tou» les procédés on nsage, noti* n’avons qu’à décrire une broeho pour (aire comprendre le système.
Uctte broche se compose d'une sorto d’étrier vertical fermé de toutes parts ; une tigo fixe traverse lo milieu de la base de cet étrier. L’extrémité supérieure do cette tige, qni dépasse la base, à l'intérieur, de 15 millimètres environ, est filetéo en vis sans fin ; elle porte du côté opposé, au-dessous de l'étrier, une douille sur laquelle est adaptée une noix il gorge pour recevoir la corde destinée à mettre l’étrier en mouvement ffig. 3412 et 3443).
I ji bobine jx>rte-fil est placée k l'intérieur do l’ailette fermée, dans un plan horizontal, ayant par conséquent son axe perpendiculaire k la direction du mouvement de l’étricr. Los tourillons de cette bobine sont soumis, chacun, ù l’action d’un ressort placé dans une rainure verticale pratiquée dans les montants on côtés latéraux de l’ailette formée. Ces tourillons et leur bobine peuvent ainsi se déplacer, parallèlement à leur direction, sou» l’influence d'une pression. Le mouvement circulaire de la bobine autour do son axe, pour opérer le renvidage en couches concentriques, est imprimé par la pression tangcntidlo d’un cylindre cannelé qui lui est parallèle ; les axes de la bobine et de ce cylindre sont dans le même plan vertical. Une petite roue droite, placée sur un de# tourillons du cylindre do commando, reçoit son mouvement d'nne autre rono placée sur un petit arbre, commandé lui -même par la partie de la vis sans fin de la tige fixe, qriî engrèno avec un pignon convenablement placé sur ce petit arbre, du côté opposé à celui de la transmission dont il vient d'être question. Enfin la distribution dn fil en spire» régulières sur la longueur de la bobine est obtenue au moyen d'un guide-fil à mouvement de va-ctvient vertical, réalisé par un petit excentrique, dont l'axe est mft également par l’arbre de commande du cylindre enrouleur, an moyen d’une petite vis sans fin oui engrène avec une roue h dents inclinées pincée »ar Taxe de l’excentrique.
On voit le but qu’on a cherché k atteindre, l’idée qui a présidé b la combinaison do celte broche. Le double mouvement de l'envidenr et du distributeur gravite autour d'une tige fixe pendant la rotation do la broche. Ainsi, pendant que celle-ci e»t animée d’un mouvement rotatif vertical qui peut s'élever il 4,500 tours h la minute, suivant le degré de torsion que l'on vuut obtenir, cotte rotation se transmet, dans un rapport rnlonti, l*à la bobine d'envidnge qui tonrne horizontalement ; 2" au distributeur du fil do la bobine, par un mouvement do va-et-vient vertical.
Dans la disposition fondamentale qui vient d’être décrite, la tige fixe, centre de gravitation du système de la broche, porte avec elle son mouvement différentiel et l'organe qni remplit les fonctions du chariot; mais on nent, pour certains cas, s’il s’agit de l'appliquer à des préparations qni n’ont besoin que d’uno légère torsion, rendre cette tige libre et la munir d’un pignon k sa partie inférieure. Un seul arbre commande, dan* ce ca», une rangée de broche» et établit le mouvement différentiel Voulu entre ccs broches et lours bobine», co qui, jnsqu'ici, n’a pu se pratiquer aussi aisément.
Apprécié ü priori, le métier do M. François Durand présenta les avantages suivants : 1° simultanéité d»s fonctions du filage ; ï* grande simplicité de combinaison et économie d’espace ; 3® perfection égale pour le» fil» de différentes finesse» ; 4* suppression des inconvénients de la force centrifuge ; 5" précision de renvidage pendant tonte la période du travail; 6" régularité de torsion ; 7” économie de dépense», puisqu’il ne consomme que la force motrice exactement nécessaire au travail.
Mais une appréciation théorique et baaéo sur un examen réitéré pouvait être mise en défaut par un usage prolongé ; nous nous somme» livré» en conséquence à une espèce d'enqnête auprès de» nombreux et ha-
BRONZE
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bilos industriels qui ont vu fonctionner le systèmi nouveau. Tous sc sont accordé* à reconnaître l'excellence du fil ; aucun n’a trouvé uuc objection sérieuse contre l'emploi du métier, la plupart en ont été si frappé* qu’ils en ont fuit de* commande* pour les expérimenter en grnud dan* leurs établissements.
BRONZE. Nous compléterons ici l'article Bronze par quelques considérations sur la composition et le moulage, que nous empruntons à M. A. Orttyer, chi* misto-ingéuiour attaché à l'ancien institut agronomique de Versailles. Il a publié, dans lu Herue du Deux Al»udn du 1" janvier l&oli, un article intéressant sur ce sujet, dont nous extrayons ce qui suit :
On comprend généralement, dit l’auteur, sons le nom de bronze ou d'airain , un alliage de cuivre ou d'étain. Cependant cette définition n'est guère exacte que pour le composé destiné aux bouches a feu; car le bronr.e, dans les autres applications, notamment «lnns la fabrication dès objets d'art, est uh alliage quaternaire, contenant à In fois du cuivre, de l'étain, du zinc et du plomb. I.e bronze est toujours plus dur et plus flexible que le cuivre ; d'autant plus caAsnnt qu'il contient plus d’étnln, la trempe le rend alors plus parfaitement malléable. Ij» densité dn bronze est supérieure il la densité moyenne des métaux qui le composent : il s’oxyde' lentement, même h l'nir humide; néanmoins, fondu au contact île l'air, il s'oxyde alors facilement, et l'oxydation de l'étain et du zinc marchant plus vite que céllc du cuivre, l'alliage qui reste perd ses propor lions primitives.
l.a dureté remarquable du bronze, la finesse de son grain, la résistance de cet alliage a l'action oxydante de l'air humide, In fusibilité et la fluidité qui le rendent capable de prendre l'empreinte des moules les plus délient* le désignaient naturellement à la fabrication des objets d’art.
En général, lo bronze destiné à l’art statuaire doit être assez fluide lors de sa fonte pour pénétrer facilement dans les cavité* les plus délicate* du moule; il doit présenter une couleur convenable et pouvoir prendre une belle jtaline par l'application d'un mordnut; il faut enfin qu'il soit docile au travail de la lime et du ciseau. Malheureusement ou lie trouve pas sans peine un alliage remplissant toutes ce* condition s. Le bronze, exclusivement composé de cuivre et d’étain, est dur et tenace, mais ac jouit pas, à la fonte, d'une très-grande fluidité. Si l’on substitue lo zinc à l’étain, on a un alliage très-fluide, mais dont lu ténacité nVst pas suffisante, et qui, de plus, est facilement oxydable. Lo mieux sera donc de former un alliage intermédiaire contenant du cuivra, de l'étain et du zinc. En tout cas, on no saurait apporter trop do soins & la composition de ces alliages.
Si la composition de l'allingo est d’nne grande importance, la fonte est une opération également délicate, l’our donner de bons résultat», elle doit être rapide, afin d’éviter les pertes d’étain, de zinc et «le plomb, car cos métaux étant plu* facilement oxydables que lo cuivre, les proportion* de l'alliage se trouvent souvent dérangée* j*cndant cette opération. Ainsi, lorsqu'on cou lo lo bronze, il arrive souvent qu'il n’a plus la fluidité sullL-anto et qn’il »o refuse à sortir du fourneau j e*e*t qu'il ne contient plus la quantité d'étain et do zinc nécessaire, et qu’il est déjà trop riche en cuivre; il est ce que Ica Florentins appelaient incantato.
Un autre phénomène remarquablement lié aux propriété* le» plu* importante* du bronze dépend du partage qui s’établît j*ar lo réfroidissemoni dans la niasse de cet nlliagc. Kn ©flot, une portion du cuivre et do l’étain formé d’abord un alliage qui *o solidifie, tandis qu’une autre portion do ci * deux métaux constitue un second alliage qui rr-te liquide encore pendant quelque temps. T»ès que’ |c refroidi»? ornent com-
mence, l'alliage le moins fusible cristallise, et la ma**c prend du retrait; alors l'alliage liquide, pressé par la colonne métallique, s’écoule dan* l’espace vide qui s’est formé à la circonférence et dans le liant du moule.
I)e là, un partage qui s’établit de telle sorte qu’au centre delà masse »e troilve l'alliage le plus riche en cuivre, tandis qu'à la périphérie vient se placer celui qui contient le maximum d'étain. ( « phénomène est celui de In liquation. Tant que l'alliage est liquide, il est homogène ; mai» il y a dan* la inn**e un mélangé de plusieurs alliages, doués de points de fusion différents et pouvant so solidifier les uns après les autres. Cela non* montre qu’il est impossible d'obtenir de grandes pièces d’une composition bien homogène, et qu'il y a toujours intérêt à fractionner le plu» passible la fonte d’un monument. C’est à ce phénomène de liquation qu'il faut attribuer ln quantité innombrable «ho petits trou» que l'on remarque à la surface de la plupart de» bronze» ancien*, fia partie de l'alliage la plu» riche en étain étant venue se dénosef k la surface, elle est facilement oxydée et détruite sou* la double influence de l'air et de l'humidité. De là cet a»pcrt poreux qu’ont une grande quantité de bronzés antiques.
Quant aux procédés do moulage, il» sont trè*-compliqué». Un bon moulage doit ropruduiro le modèle sans Cn altérer ni la forme ni le sentiment ; il doit donner à chaque partie l'épaisseur minimum qui lui convient ; il doit être tel enfin que l’objet sorte du moule avec la perfection presque définitive, l,n question économique, qui domine toute» le» industries, veut, en effet, qu'on épargne en même temps le métal et la main-d'œuvre.
Non* manquons de détails précis sur le» procédés de moulage des anciens. Pline et les écrivains griîcs on . latins, qui non» ont transmis le catalogue de» plu» beaux bronze* de l'antiquité, ne non» disent rien sur le mode de fabrication. Non» savon» seulement qu'il était très-periectioobé. et les monument» sont lii pour témoigner en faveur do la huute intelligence de» fondeurs anciens. On croit que le» anciens faisaient leurs moules avec de l’argile nudée de fleur «le farine, et nous avons ln preuve que, loin de chercher ù fondre leurs statues d'un seul jet, il» s'attachaient, au contraire, i\ fractionner lo travail. Ainsi ils composaient leurs figure* de plusieurs pièces, qu’ils réunissaient ensuite par de» soudures et dé» attaches en queue d'uromlo. Kn opérant de la «orte, le* anciens sc mettaient à l'abri dos fonte» manquée» et du défaut d'homogénéité que noua signalions tout à l'heure en parlant du phénomène de liquation. Enfin l'immense quantité de statues de bronze qui peuplaient le* villes grecques et romaines atteste la perfection et la rapidité des procédé» dont disposaient autrefois le* artistes et le* fondeurs. Toutefois le* anciens payaient fort cher le» statues do bronze, et le prix qu ils eu donnaient paraîtrait, de >u<» jours, fort exagéré.
Depui» la renaissance jusqu’à nos Jour», le nvmlago en cire perdue a été presque exclusivement employé, et nous lui devons lo* jnmmmcuts du XIVe au xvtti' siècle; mai» ce procédé c*t abandonné maintenant, ou , n'est plus employé que par exception. I] exigeait des frais énorme*, un temps considérable, et il était, Oh outre, soumis à des chances de non-réussite que l'industrie moderne ne peut pin» courir ; enfin il demandait l'intervention directe de l’artiste. Voici quelles sont le* diverses phases de cette opération compliquée. 11 fallait, pour une statue, par exemple , faire sur lo modèle un moule en plâtre, le garnir d’une couche do cire égale à l’énausour que devait avoir le bronze, construire dans la cavité du moule une armature lormée de pièce* do fer capables de soutenir le noyan, y cotilcr ce noyau auquel allaient adhéror les cires, répn-
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Ter le» cire* .trnxnil qui ne pouvait être confié qu'a l’artiste lui-même), les renfermer «lans un moulo épais et solide appelé moule île j mite, dans lequel on ménageait des canaux, dont les uns (lçs j#f*j recevraient le bronze en fusion, et dont les autres {les ferais) donneraient issue aux gaz et à l’air déplacé par l'alliage me-, tallique. 11 fallait ensuite, après avoir armé le moule de potée do forts bundages de fer, fondre les cires, opération très-délicate et fort longue {pour de grandes fontes elle durait jusqu’à trois semaines). Enfin on restait le moule d’uuc dernière chemise on plûtrc, et on le plaçait dan» de la terre fine , assez fortement foulée pour qu’elle opposât une résistance suffisante aux efforts du métal en fusion. On ne voyait plus alors du moulu qoo les bouches de» jet» dan» lesquels on allait couler le bronze, et de» évent» par lesquel» les gaz et l’air iléplacé allaient trouver nuo Î6Sue facile.
Ce* quelques mots suffisent pour montrer toutes les difficulté» du moulage en cire ; et , comme si ccs difficultés n’étaient pas suffisantes, on les exagérait encore en voulant sans cosse tenter les fontes d’un seul jet. Contrairement à la pratique de» ancien» , qui fractionnaient le plus possible la fonte de leurs bronze», il semble que , depuis la renaissance jusqu’au dix-huitième siècle, le but. unique des meilleur» fondeur» ait été de couler leur» monument» d’une seule pièce. Non» nvon» montré comment la constitution atomique de» alliage» métallique» s'opposait à ces fontes colossale» ; aussi les voyons-nous presque toujour» manquée», refaite» et raccordée» à l’aide de pièce:* additionnelles. La plupart de i on statues sont d'un poids infiniment trop considérable. la matière n’était pn» ménagée , et ne comptait, pour ainsi dire pa», à coté de la main-d’œuvre. Les bronze» do ccs optiques -urtaieut généralement informe» de leurs inouïe» et axaient besoin d’être travaillé» par les artistes eux-mêmes. Ciselés ainsi de la main du maître . il» acquéraient une très grande xnlenr d'art . puisque le sentiment otln vie leur étaient délinitix*emcnt donnés par l’artiste; mai» lo prix devenait excessif, et l'usage d'autant plus restreint, (."est ce qui fnit la valeur dôs bronzes florentins. Les chefs-d'œuvre (lu Baptistère, le» merveilles do Ohiberti , do Donato , de Ccliini sont des pièces véritablement ciselée», portant l’empreinte divine du génie créotour décos graud* maîtres : de là leur charme et lour beauté. I«cs bronzes des Kcllor euxmêmes, les plus habile» fondeur» de» temps modernes, sont tous retouchés, refoulé», ciselés |«r une main ratante, par la main de l’artiste lui -même. Mai» aussi le» porte» de Ghiborti pèsent 34,000 livre* et coûtèrent 22.U00 florins, ce qui représenterait aujourd'hui une somme énorme. Aujourd hui les temps sont moins fax-ombles aux arts, et une statue de bronze se paye 5 à 6 fr. lo kilogramme. Les portes de la Mudcleinc ont été fondues pour HO.OOO fr. par MM. Erk et Durand, et elles sont un chef-d'œuvre industriel, la gouvernement de la restauration payait encore 200,000 fr. lu statuo équestr* de Ixmis XIV, qu’il faisait ériger h Lyon, tandis qu'en 4853 MM. Kck et Durand ont fondu, pour la même ville, celle de Napoléon l#r avec ses quatre basreliefs pour 61,000 fr.
Les conditions actuelles de la fonte des bronzes sont doue toutes nouvelle» ot sans précédents. Autrefois la question d’art primait la question industrielle ; on ne regardait ni à la quantité de matière employée, ni h la main-d'œuvre, ni nu temps nécessaire pour produire quelque chose do parfait : les grandes statues du laronze étaient fondues pour les souverains et pour le» villes, et les petites pour un certain nombre d'amateurs capables de les payer comme œuvre» «Tnrt. Un nouvel ordre de choses a créé, pour cetto industrie, des obligations nouvelles, La question industrielle, la question dit bon marché est presque tout ; il faut produire beaucoup, promptement et à bas prix, c'est-à-dire qu’il faut éco-
BRONZK.
nomiser, trop souvent même altérer la matière, et, par de» procédés nouveaux de moulage, arriver à fabriquer de» bronzes qui, une fois -ortis du moule et débarrassés de» jets ot dos évents, *0 présentent avec lour perfection définitive, tels enfin qn'ils doivent être livrés au commerre. Ainsi le travail »i patient de l'artiste, qui passuit des années à refouiller sou œuvre avec un soin infini et à lui imprimer le caractère d'origfnalité que nous admirons dans les monuments antiques, ce travail n’est plus possible. Quand bien même le temps et l'argent ne feraient pas défaut, on ne trouverait plu» maintenant d’homme» formés a ce labeur si long, si pénible #«*t si délicat. En outre, dans les temps anciens et pendant lo» beaux siècles de la renaissance, les artistes dirigeaient eux-mêmes In fonte de leur» statues; ils avaient mie connaissance profonde de tous les secrets de cette industrie, qu'ils considéraient comme le complément de leur art. Les artiste» moderne» n'en jugent pas ainsi ; ils se contentent do donner leur» modèle», et il» abandonnent ensuite h des innin* trop souvent inintelligentes le soin de réparer leurs bronzes : de là x ient que le sentiment do leur œuvre se trouve si souvent altéré.
Toutefois de grand* perfection nements matériels ont été apportés, duuacos trente dernières années, aux procédé» de l’art des bronzes. D’abord on moule généralement en sable, ensuite on no cherche plu» à fondre d'un seul jet, sinon par simple curiosité et pour de petites pièces; nu contraire, ou fractionne U fonte le pin* possible, afin d'avoir plu* de perfection dan» lo moulage et plu* d'homogénéité dan* la matière. Lo fondeur doit d’abord examiner, étudier dan» ses moindres détails le modèle qu’on lui présente, le diviser par la pensée de lu manière la plu» convenable pour que le moulage le reproduise avec fidélité, intelligence et délicatesse, com- , biner toutes ses pièce* de rapport , et examiner quelles seront les coupe* le» pins propre* à faciliter la dépouille fans altérer In forme. (."est seulement après cette œuvre préliminaire qu’il soraet à l’œuvre avec sécurité et qu’il peut compter sur lo succès. Dans le choix du sablo employé pour le moulage, il faut éviter In présence du calcaire, qui, par sa calcination, produirait, au moment de la coulée, un dégagement de gaz fâcheux. On évite également la présence «lo l’oxyde do fer, qui, tous l'influence du métal en fusion, formerait, avec l’argile, des composés nuisibles et de nature à entraîner, dans la moule, de graves altérations. ta $able généralement employé h Paris vient do Fontcnay-aux-Roses : c’est une argile jaune , pure et suffisamment plastique pour prendre facilement l’empreinte du modèle ; on la mélange avec du poussier de eharlion, et on la broie en l'hunicrtant légèrement. Pour les petit* objets, lo moulage s’exécute eu coquille», c'est-à-dire dnns deux châssis en fonte repérés par trois points. Après avoir dix'réd le modèle en partie* telles qu’elle» puissent être moulées et fondues avec facilité, on les réunit dans l’un des châssis préalablement rempli de sable, et on le* y enfonce à moitié d’épaisseur ; on tusse ensuite le sable autour du modèle ; on prépare toutes les pièces de rapport pour les endroit* refouillés, on réserve la place des jetset des évent», et. l’on obtient ainsi lu dépouille de la moitié du modèle. On procède do la même manière pour l’autre moitié dans lo second châssis, et le moule en sablo se trouve fait. 11 ne reste plus qu'à le réparer, à lui imprimer toutes le* finesse* qne devra avoir le bronze, à le recuire afin de lui donner une solidité suffisante, et à lo recouvrirdcponssicrdcclmrbon.ufin d’éviter de fausse* adhérence* entre le rablo et l’alliage métallique. On «lispose alors, dons chacune des parties du moule, d'armature du noyau. Quand ce noyau a pris une consistance suffisante, on le retire du moule avec son armature, et on en retranehe une épaisseur égale à celle quo l’on veut donner nu bronze, (."est là qu’est aujourd'hui la grande difficulté du moulage, et il faut une main très-
CABLES ET CORDAGES
CABLES ET CORDAGES
habile pour enlever ainsi (lu noyau line épaisseur faible que les fondeur*» sont parvenu», surtout dan» ce» vingt et égale dan» toutes le» partie». On replace ensuite lé dernières années, à imprimer à leur industrie une iiuuoynu dan» le moule, auquel il n'itdhère plu», et il ne pulsion puissante. 11» peuvent maintenant traduire en reste qu’à rouler le brome dans la partie vide entre lo bronze , avec promptitude et économie , le» modèles moule et le noyau. On voit cotnbioii la pratique actuelle qn'nn leur présente sans en altérer ni le sentiment ni la do moulage ont plus simple et plus expéditive que le délicatesse. Une foi» débarrassée des jets et de» évent», moulage en cire perdue. chacune de» partie» du modèle sort du moule telle à
Dans ces dernier» temps, quelque» fondeurs ont sub- peu près qu'elle doit demeurer définitivement: il ne stitué la férule au poussier de charbon. Cette substitn- re»to plu» qu'à les raccorder et à le» souder entre elles tion ne semble pas être, jusqu’ici, un perfectionnement le travail du ciseau est réduit à son minimum. Ce traiadustriel : la fécule présente môme de» inconvénient» vail ainsi restreint exige même encore beaucoup d’hnquo n’offre pa» le charbon , et qui compromettent son- bileté et d’intelligence, et, si des homme» exercés à lu vent» les résultats de la fonte ; elle donne au sable une pratique du dessin mettaient la dernière main à ces •écheresso et une aridité qui augmentent la duroté des bronze», l'exécution y ‘gagnerait certainement beaumoules, leur enlèvent toute porosité et le» rendent im- coup ; mai» il en est rarement ainsi : cc travail est le perméables aux gaz. Il en résulte que, lorsqu'on y verse plu» souvent abandonné à de» ouvrier», et, si, au point F’alliage en fusion, l'air, ne trouvant plu» d’issue facile, de vue de l’art, le» résultat» sont peu satisfaisant», ils opère, dans la masse métallique, des ravage* qui rendent le «ont complètement au point do vue de riudtiktric et lo bronzo défectueux; on obtient alors de» fonte» ru- du bon marché.
gueuse» qui exigent lui travail de lime long et dispon- Le» bronze» d’art sont destinés soit a fignrer comme dieux. . bronze» proprement dit», soit à être dorés. Dans le pre-
C'est surtout au pointdc vue hygiénique qu’on recoin- mief cas, on le» met en couleur n l’aido du composimandc l’emploi de la fécule ; la poussière de charbon , lions diverse» qu’on applique au pinceau sur la surface longtemps respirée, s'accumulerait dan» le poumon et y du métal préalablement chauffé. Cette . couleur varie opérerait souvent des altération» mortelles. La fécule suivant le goût de® époque», et le temps lui donne un n’aurait pa» cet inconvénient; plus grosse et plu» lourde caractère spécial qui relève singulièrement lu beauté de que le poussier de charbon , elle tombe dan» le moule l’alliage; c’est ce qu’on appelle la patine du- bronze : elle «ui» se mêler à l'air respirablo. Toutefois cette question devient d’autant plus belle que l'alliage a été mieux de la supériorité de la fécule sur le charbon est loin j composé ; die est surtout admirable dan» le» bronze» d’être résolue ; une longue pratique pourra seule pro- | antiques et florentin». On arrive, du reste, à donner noncer à cet égard. On a , «ans doute , exagéré le» in- j directement nu bronze la couleur antique au moyen de eonvénient* industriels de In fécule, aussi bien que le-< inconvénient* hygiéniques du charbon, et le» fondeurs ne sont pa» plu» d’arcord que le» savant» sur ce sujet.
Cependant le» praticiens les plu» habiles donnent encore la préférence au charbon. I doré, il faut le composer de telle sorte qu’il présente un
tyuoi qu’il en soit, c'est grâce aux perfectionnement-; grain assez compacte pour que la quantité d’or nécexnpportés maintenant dan* le moulage, aussi bien qu’à la ; «aire àle couvrir ne «oit pfU trop considérable. L'alliage division intelligente du travail substituée aux vain* cf- I quaternaire (cuivre, zinc, étain, plomb) est alors lo forts qu’on faisait autrefois pour couler d’un seul jet, meilleur.
CABLES ht CORDAGES. I-a fabrication do» câbles j en fer et en fonte, qui est mû sur des rails en fera et cordage» a reçu de» améliorations, tant pur l'appli- i l’aide de la machine ii vapeur ; les tube» compresseur» cxrtion des moyens mécanique», pour obtenir des lils j et le» passoire» ou filière» eu calotte» sphérique», que
traversent les fils de caret, «ont établi» »nr un chantier massif et inébranlable qui porte un mécanisme ingé- «
nienx, dont l'idée première, dne à M. Hubert (de Rochefort), consiste à rapprocher entre eux, avec une précision très-grande, ces tubes ou passoires, en raison du plu* ou moins <ta résistance que tend à opposer métier ordinaire, puis étirée on rnhans sur doux mé- | chaque fil de caret, à compenser par leur déplacement tiers préparatoires; enfin étirée de nouveau, tordue latéral les petite* variations qui se produisent-, 3° enfin, et enroulée finalement, sons forme de caret, sur de en un puissant appareil pour commettre Ica gros eorgrosscs bobine* verticale» animée» d'un mouvement doges, composé de deux machine» semblable* placée»,
«le va-et-vient convenable, d'après le» procédé» ordi- à distance et en regard Hune de l’autre, suivant un nairc» de la filature du chanvre. même axe, ot dont celle de gauche, établie sur une
I.o fabrique de cordage* de M. Merlié -Lefèvre (du . tahle à supjtort on fonte inébranlable, sert à donner Havre), *l,,e nous prendrons pour exemple ot qui jouit aux toron* le degré de surtors nécessaire û leur comd'unC juste célébrité, emploie, mua par une machine il vapeur do 15 chevaux , ontre le» métier* à filer ci-dessus mentionné* : <• des bobinoirs ou toureta mécanique* où les fil» de caret «ont enroulé* avec célérité et précision , avant ou après leur passage au travers d’une cuve à goudron; f' une machine à chariot servant au tirage simultané de quatre petit*
torons ou ftU sunple lirngc d’un gros toron, chariot 1 amarré» au crochet du tourniquet central, que met en
mottage ultérieur, tandis que celle du droite montée sur un traîneau ou carré mobile, pour permettre le retrait dû à la torsion du cordage d'ailleurs fortement eliargé, mais dont le glissement sur le» rails, facilité par un mécanisme régulateur à bascule et à frein agissant directement sur le» roues, a pour objet (Inique de donner, en sens contraire, à l’ensemble de* torons
do caret d une grande régularité, que pur une lueillcnro construction des appareils propres h effectuer les opérations ultérieure».
Pour fabriquer le fil de caret, la filasse do chanvre, poignée en partie à la main, est soumise par ruban» doubles à l’action du peigne à barrettes continu du
solutions diverses dans lesquelles il outre du vinaigre,
Idu sel ammoniac, de la crème de tartre, du «cl marin et du nitrate de cuivre. 11 est plu* difficile d’imiter la pn- . /rrirdes bronzes florentin*. îri le bronze est destiné à être