‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 96 sur 394 · COURROIES MÉTALLIQUE · texte numérisé non relu

COURROIES MÉTALLIQUE

terrain, soit suj»j>ortés juir dos colonnes, afin que. le passait* restât libre aux voitures. Le moindre devis dé|»as~iiit G, 000 franc», et l’on no pouvnit compter guère moins do cinq chevaux perdus en frottement. Mon frère vint proposer, Il son tour, l'emploi de l’antique courroie, modifiée seulement par la substitution d’un ruban de fer ou d’acier a la lanière de cuir. Au premier moment une telle solution ne manqua pas d’exciter les plaisanteries; cependant, comme la réalisation de ce projet pouvait so faire sans grande dépensent qu’elle simplifiait visiblement la question, on se décida à tenter rtoxpéricucc.

MM. Peugeot d’ Audincourt noua fournirent des lames d’acier de 0»\06 de largeur, de 0m,00l d’épaisseur et de 10 à 50 mètres de longueur, admirablement exécutée», et qn’ll a suffi de réunir par de» rivets pour obtenir la longueur voulue de 8on‘ X 2. Heux poulies en bois de 2 mètres de diamètre, a gorge plate et a axes parallèle», reçurent cette courroie d’un genre tout nouveau, qui, dès l’abord, fonctionna d’une manière satisfaisante et pouvait, à la rigueur, être employée. Elle avait cependant deux grave» inconvénient». En raison de sa surface et du peu «le poaU relatif, le moindre vent la poussait en dehors de la direction voulue, et la faisait frotter contro les jonc» des poulies ; il était donc indispensable de la guider K l’aiile de galets. — Main ces galet», «luclquc bien Tait» qu’il» fussent, déchiraient quelquefois la courroie aux assemblages rivé», et finis raient eux mémo» par être coupé* ou entaillés. — C\»t dans ce» circonstances qu’un ingénieur anglni», de no» ami», frappé de l’utilité qu’il y aurait fl rendro bien pratique un moyen aussi simple de transmettre In force à distance, nous conseilla d’examiner, à Londres, les câble* que MM. Newall et C‘r exécutent pour divers usages, ne’ doutant pas, non» «lisait-il, que nous n’eussions lieu «l’être satisfait» d’un essai «le ce genre. — MM. Newall n’avaient encore employé leur» câbles «jue pour lever «le» fardeaux dan* Ica mine», ou comme cordage» de navires, etc.; mai» il pouvait bien se faire qu’ils satisfissent aux nouvelle* exigences auxquelles non* voulions le» soumettre : nous n’hésitâmes donc pas h leur commander une corde métalli«inc et fl la mettre â l’éprouve.

■ Après quelque* modifications apportée* aux gorge» de* poulie», après quelques tAton ne menu, quelques ennuis même, la corde en fer, substituée à la courroie d’acier, fonctionna et fonctionne encore à notre entière satisfaction. — Elle est en œuvre depuis six ans.

« Voici, en résumé, nu double point de vue critique et technique, l’ensemble «les observations qu’une longue expérience noas a permis de faire : /

« l* I,c» poulie» conductrices et conduites peuvent toujour* être eh bob (chêne ou tout autre bois dnr).. Elles doivent être h gorge profonde et légèrement arrondie. Une profondeur de i à 5 centimètres et une largeur de 3 à 4 centimètres sont les conditions qao nous avons jugée» le» meilleure». — An fond «le la gorge *e place une courroie en cuir ou en gutta-perehn «1« 4 centimètre d’épaisseur. — Cette courroie n’est point clouée, mais elle e*t fortement tendue et ramenée, par se* «leux bout», «buis un trou pratiqué au fond de la gorge. On fixe les deux bout* à l’aide d’un coin, et, pour plus de solidité , on le» consolide par quelques clou*. — La corde métallique qui travaillerait sur le bois lo couperait en peu do temp». Lo cuir, la gutta- percha surtout, durant fort longtemps et ne fatiguent nullement le métal.

• Les poulies, comme on lo prévoit, doivent avoir la plu» grande vitesse de rotation disponible et un fort diamètre. Nous pensons que le minimum du diamètre ii employer est I mètre.

*• Tour garantir le» câbles de la rouille, et on même temps pour augmeuter leur adhérence contre .la circou

COIJKKOIES MÉTALLIQUES* W5

tércuce de» poulie», on les euduit, une ou deux fois par moi», mai* très -légèrement, «l’un mélange de goudron et d’huile.

• 2° Lo plus courte datante qu’on puisse admettra entre la* doux poulies est environ de 40 ù 50 mètres ; . au-dessous do cette limite, il faudrait substituer une tension Artificielle à la tension naturelle et régulière produite par le poids même du câble, et il en résulterait non-seulement «Ica tensions variables, selon l’état de la température, ou suivant d’autres cniwes, mois encore de fréquents glissements. Enfin le câble, à mesure que sa longueur diminue, court dos chances d’usure et de rupture «le plus en plu» grandes. — En résumé, pour des distances de 20 mètres, par exemple, et au-dessous, il est évident que lo» arbre» do couche sont préférable*. — Bien moins encore peut-il être question de substituer les câble» on le* rubans d’acier aux courroie» qui servent «hui» l'intérieur de» atelier».

• 3“ Au contraire, et c’est ici que l’emploi de» câble* métallique» devient une découverte importante, il n’y n, pour ainsi «lire, aucune limite à la longueur des distances qui séparent le* poulies conductrice» de celles qui reçoivent le mouvement. — Aujourd’hui nqu» n’hésiterions plus un instant il envoyer une force motrice, même trè*-eou»idérable, à 3 ou 4 kilomètres, si le cas so présentait', et nous serions sûr, â l’avance, de la réussite. Après le succès obtenu avec notre premier câble, nous fîmes, en 4855, une application «lqjà beaucoup plus hardie que la première, sou» tous le* rapport». — Une force 38 chevaux, ou 38 X 75 = 2,850 kilogrammètre», fut utilisée, à l’aide d’une de ces nouvelle* transmission*, à 210 mètre» de distance, pour mener un atelier «le tissage et toute» ses «lépeiidance». Cette transmission, la seule possible pour une tcllo longueur, remplace aujourd’hui un moteur hydraulique, «lont l’installation n’avait pas coûté moins de 40,000 franw. L'utilité des câbles, sur cette échelle, ne peut «Mro aisément évaluée à l’avance. Il suffit, par exemple, «lo faire remarquer que le long «les cours d’eau, principalement dans le» voilée», et dans mille cas nnnlogucs, il peut être avantngeux de ü'ttre pas contraint de réunir en quelque sorte, dans le même local, le moteur Al les machines à mettre en mouvement. — I.a noûveBe transmission se prête mervcillcuMuncut h toutes le» exigences, et c’e-t ainsi qu'en Sqisse, «huis le canton de (ilaris, la maison Egly Wagner a transmis une force motrice assez considérable, du fond d’un vallon, à un bâtiment (ancien couvent) situé sur une élévation voisine, et disposé pour un tissage mécanique. — Quelques accessoires, néanmoins, sont miccssairo», selon les localités ou selon les distances h franchir ; je vab en dire quelque* mots.

• 4° 1 a flèche de l’arc que forme la corde, et ln tension croissant avec la longueur, il arrive un moment otil'ou peut être obligé d'élever les poulies outre mesuré, pour éviter que le milieu du câble ne touche au sol ; en même temps l’effort sur le» e«>llets des arbre* peut devenir trop considérable. 11 faut donc soutenir le câble de 100 eu 4C0 mètres environ, à l’ni«!e de poulies intermédiaire* ; or ce sont ce* poulie* qui ont exigé le plus de tâtonnements. — Elles doivent avoir au moins 4 mètre de «liamètre et être construites le plu* légèrement possible (couronne en bois dur, rayon» en fer cylindrique forgé «le O^.OIG «l'épaisseur, axe en fer, avec croisillon en fonte, le tout parfaitement -cefitré). La gorge doit être scmblablo à celle des poulies motrices; mai* garnie nu fond «l’une lanière eu caoutchouc vulcanisé, au lieu de cuir bu «1e gutta-perchn.

• D’Après diverses applications i^uiont déjà été faites suivant roc» cons«>iî*, rcs poulies intermédiaires, convenablement inejinécs, peuvent nvnntagmisemont servir il changer la direction du cfthlo et à établir ides rup-

1 port* de mouvement entre «les arbres non parallèl<» ;

4 26 DECORATION CÉRAMIQUE

décoration céramique.

autrement dit, ce» poulie* peuvent servir A faire décrire k la transmission un vrai polygone, soit en projection horizontale, soit en projection verticale.

« 5“ Un reproche, ou du moins une objection que l'on Berait'tentd de luire à ce mode de transmission, et qui pourrait même en retarder l’application, consiste dans la perte de force que l’on supposerait causée par le frottement des axes «les poulies contre leurs collet*, par suite do la grande traction du câble; mais cette objection tombe devant le calcul qui vient prouver que cctto perte est peu sensible, et qu’on peut la considérer comme nulle lorsqu'on la mot en regard de celle qui résulte de l’emploi des arbre» de couche. — En effet, si, à l'aide des données expérimentales et numériques que nous avons pu recueillir jusqu’ici, nous venons h comparer la force réellement consommée par notre câble de 210 métros, et celle que consommerait une transmission ordinaire par arbres de conclu*, nous acquérons promptement la certitude que la première de ces forces est à la seconde comme 1:15.

• Pour une longueur de 80 mètre», mesurée horizontalement à partir de la poulie motrice, la flèche de la courbe de notre câble est, à l’état de repos, de 0*",85. Le câble pesant 1 kitog. pour 2*", 73 de longueur, on trouve, k l'aide de l’équation de la chaînette, quo la tension est de 331 kilog. environ an point d’enroulement sur la poulie conductrice. Cette tension, étant la même pour les deux brins, exerce une pression de 662 kilog. sur les collets de l’arbre moteur. On sait que la somme des tensions des deux brins d’une courroie est la même à l’état de mouvement qu’à l’état de repos ; la tension du brin conduit diminue autant que celle du brin conducteur augmente. La force transmise étant de 38 X 75=2,850 kilogrammèt. et la vitesse de 13m,5 2,850

environ, on a =211 kilog. pour l'effort dû au tra-

vail. La tension du brin conducteur est donc de 542 kil. , et celle du brin conduit 1 20 kilog. Le collet sur le quel s’exerce la pression totale de 662 kilog. a Q“,07 de diamètre : avec 02 tours par minute, la vitesse n la circonférence est doue de 0°*,33 par seconde. En admettant que le frottement soit de 1/10 de la pression f ce qui, d’après me» recherche* sur le frottement, est le

chiffre le plus défavorable possible), on a — X®*»33

= 21 k*,8 pour le travail en kilogrammètrcs, nbsorlfé par l»s collets. Cette valeur est à doubler, puisque le m* in « travail est consommé par les frottements de la |Hiulie conduite (soit 43k**,6).

•< Pour construira une transmission équivalente avec un arl re de couche, il faudrait donner n celui-ci 0"*,1 I

de diamètre. Sur 240 mètres on a donc uji poids .do 13,000 kilog. Iji vitesse à la circonlérence est ici de

tt — U,n,io par seconde. En admet-

tant aussi 1/10 «le 1 3,000 kilog. pour la valeur du frott muent, ouu donc 0,i8 X 13,00 = 644 kilogramme» tres pour la force consommée, au lieu de 43kt6 que noue avons pour notre câble. — 11 serait facile de prouver quo

ce rapport—-- c»t un minimum dans la pratique. .

« Remarquons, en passant, <iue le prix d'un tel arbre, n lui seul, serait d’environ 26,1)00 francs, y compris le* supports, les coussinets, la pose, etcT; tan«li» qu’un câble, avec scs "deux grandes poulies et ses deux petite» poulies de support, n’atteindra jamais le 1/10 do ccttc somme.

« Encore faut-il remarquer quo le parallèle que je viens .d'établir entre les deux systèmes donnerait «le bien autres résultats si l’on augmentait considérablement les distances; car il arriverait un moment où l’arbre de couche, en raison de sa trop grande longueur, ne serait plus même assez fort pour se mouvoir, fui seul , sans se rompre, tandis que le câble soutenu, do distance en distance, par des poulies de support, pourrait cire conduit indéfiniment loin, sans que le lrottc* ment devint un obstacle sérieux à son emploi. — En effet, «lu moment où, en raison do la distance, on est obligé de recourir aux poulies-support», ce ne sont plus qu elles seules qui peuvent absorber de la force; or, k siinplo vue, on se convaincra que les axes de ce» poulies et leur» collets qui sont d’un diamètre très-réduit, et qui d’ailleurs n’ont pas une charge bien grantlo à supporter, ne peuvent consommer qu’un travail relativement insignifiant.

• Cette merveilleuse faculté de franchir l’espace sans l#rte notable de force, n’appartient donc qu’aux transmissions par câbles métallique». — Haséit sur le principe élémentaire de mécanique, en vertu duquel on arrive aux grandes quantités de travail, avec de petites fore©» et de grandes vitesses, et rire rersâ, et sur l’expérience pratique do l’inaltérabilité du métal plié et replié sans cesse sur des arcs de grand rayon, cette solution du problème fournira un nombre infini d’application» nouvelles. Son extrême facilité d’exécution, le peu de dépense qu’elle entraîne vulgariseront rapidement une découverte qui, noua devons le faire remarquer, n’est protégée par aucun brevet, et sur les applications de laquelle nous avons toujours libéralement donné tous le» renseignements pour lesquels on a ou recours à nous. » A». Unix.

DÉCORATION CÉRAMIQUE. La «lécoration des |» teries prise dans son ensemble constitue maintenant un art h part , quelquefois réuni comme accessoire nécessaire ii la pnKluction elle-même, quelquefois distinct et formant en quelque sorte une seconde industrie. Nous présenterons dans cet article une étude sérieuse et complète de» moyens variés, ingénieux, logique», à l'aide desquels on peut décorer les pote rie». Nous pourrons offrir ainsi d'nae manière synoptique l* esquisse d’une science qui possède , comme tops les corps de doctrine, ses loi?, ses règlos et sométhodes.

Lo sentiment de la couleur est tellement inné chez l’homme, que toutes le» industries, même h leur naissance, ont produit des objets à lYdégancc, à la richesse, k la valeur desquels le producteur ajoutait une omci mentation souvent originale par l’application de principe» colorés. A défaut même de substance» colorées spéciales, on trouvait, dans la forme et dans le relief de certaines parties, le moyen de faire naître, par des décompositions ou des réflexions de la lumière blanche, des clairs et «les obscurs qui équivalaient en quelque sorto à de la peinture ; et s'il est une industrie qui, sous le rapport de la décoration, mérite l'attention,

DÊGOftATIGN CfcWOflQüF. ' DECORATION CÉRAMIQUE. *17

c'cs»t assurément l'art do fabriquer les poterie:?, à rausc des condition» toutes particulières auxquelles la décoration céramique doit satisfaire. 11 est vrai de dire que les poteries , comme toutes les outre» matières, peuvent recevoir toute espèce de couleurs fixées par les mordante quoi» qu’ils soient, comme les veruis, les huiles, les gommes, la chaux, etc. Mais nous ajouterons ici que nous ne considérons, dans ce chapitre réservé par nous à la poterie, comme peinture et dévoration* céramique» , que celles qui sont fixées sur la poterie par l'intermédiaire du feu ; c’est dire que nous no nous occuperons que do celle* qu'on obtient au moyen des couleurs conuucs sous le nom de couleurs vitrifiable», et qu’il serait préférable de dénommer au leu rs vitrifiées.

Le caractère principal et caractéristique des décorations céramiques, carnctèrc qni résulte de la condition essentielle de l'application de In chaleur pour les fixer, est une certaine résistance, nnc certaino inaltérabilité. Cette' même condition limite le nombre de celles de ce» substances qui peuvent être employée» avantageusement.

A titre général, ces matières doivent être inaltérables sous l’influence de la chafcur, adhérer fortement h la poterie, résister par conséquent ajix agent* atmosphériques, 1» l’eau, etc. Les autres qualités que doivent présenter les matières propres à la décoration dos poteries dépendent :

De la nature de la poterie;

2* Do la position de l'a matière sur l’objet h décorer;

3« De l’effet que le fabricant attend de l’emploi de la matière en question.

Cest ainsi, par exemple, que pour les décorations qu’il faut introduire dans les pâtes des diverses poteries , on ne doit s’inquiéter ni de la dureté, ni de la dilatabilité de la matière colorante, il suffit do tenir compte du prix auquel la matière colorante peut être obtenue, de la facilité de »a préparation, de la fusibilité qui lui est propre ou qu'elle peut acquérir par son mélange avec les autres éléments des pâtes ; enfin de l'altération plus ou moins prompte et considérable qu’elle doit subir de la part de l’atmosphère particulière du four dan» lequel la poterie est cuite.

C'est ainsi qu’il faut savoir estimer si la glaçure de la poterie pourra réagir ou non sur la matière décorative , lorsque la couleur est appliquée sur cette glaçurc.

C’est ainsi qu’il faut encore ne demander aneune fusibilité propre à la matière décorative, lorsqu’elle doit être placée sur la pâte et sou» glaçure.

Mais la matière décorative devra posséder par ellemême une fusibilité suffisante, lorsqu’on la destine à la peinture d’objets tels que les porcelaines comppsées dures ou tendres ; elle sera plus considérable dans un cas que dans l'autre.

Cette fusibilité qui conduit à l’éclat vitreux serait nuisible lorsqu’on veut produire l’aspect des métaux précieux, qui n’ont de valeur qu'autant qu’ils conservent leur éclat inétalliquo.

Enfin, quelques genres de peintures offreut un cachet d'originalité par l’absence de tout aspect vitreux.

Nous avons donc il distinguer, suivant l’objet qu'on fabrique :

1° Les oxydes métalliques; 2° Les engobe»;

3" Les émaux;

4* Les couleurs;

5" Les métaux ;

6° Les lustres métalliques.

Orydrs métalliques. — En général, ces matières employées il lu décoration des poteries sont empruntées au règne minéral; elles ont plus particulièrement comme destination la décoration des pâtes par la ré-

partition uniforme des matières colorantes nu sein de la masse elle-même : ce sont de* oxyde» tantôt purs, tantôt engagés dan* de* combinaison» salines ou formées préalablement, ou qni prennent naissance aux dépens des éléments constitutif» de» pâtes ou des glaçure». Dans le premier cas, on obtient les poterie» simple» comme les poteries â pâte rouge, brune, jaunâtre ; elle» sont colorées par des oxydes «le fer naturellement déposé» dans les argiles qui fournissent aux pâte» l’élément plastique ou mèh;ë au »ahlc qui forme l'élément unti plastique. Les pute* de grès colorée» en vert on vert d'eau, qui reçoivent cette coloration «le leur mélange avec l’oxydo de chrome, sont encore dans le même cas ; l’oxyde de chrome est l'élément colorant. Mais lorsque ces mêmes grès sont colorés en bleu par l’oxyde de cobalt, ce n’est plus l’oxydode cobalt pur qni est la caase «le la coloration, c’est le silicate.de protoxyde de cobalt qui colore. On peut l'introduire «lircetcmvnt sous cette forme , connue il est permis aussi «lo le mêler â l’état d’oxyde ou de carbonate.- Lo silicate do la pâte forme, il la température do la cuisson, du silicate de cobalt.

Enyobes. — L’emploi des ongobos est plus particulièrement réservé pour la décoration des poteries dont la pâte est naturellement colorée ; tantôt les engobos sont naturels, c'est-k-dire qu’ils sont formés de matières terreuses contenant un mélange intime et naturel d’oxydes cohmmts et n’ayant subi d'autre préparation mécanique qu'un délayage pour extraire les parties sableuKes étrangères ; les ocres sont dans ce ras ; tantôt, au contraire, les engobes se préparent artificiellement, en ajoutant il des terres incolores ou. peu colorées des oxydes préparés artificiellement euxmêmes nu moyen de procédés chimiques plus ou moins parfait*.

On donne pur extension le nom d'engobe aux pâtes blanches qu'on applique sur des poterie» naturellement colorées, pour eu masquer entièrement la couleur sale ou pour économiser la quantité d'étain contenue dans la glaçnre des faïences communes, en faisant disparaître, par 'parties seulement, quelquefois en totalité, la coloration de la terre sous nnu couche légère d’un engobe incolore.

Les engobe» peuvent recevoir la glaçure on rester sans glaçure- La poterie présente alors l’aspect brillant. On peut évidemment décorer par l'application de plusieurs engobes placés simultanément sur une même pièce.

Émaux. — Les émaux diffèrent des engobes en ce qu’ils possèdent une apparence vitreuse qui peut même atteindre la limpidité complète. Ces matière» colorantes sc rapprocheraient évidemment des oxydes et des sels que nous avons distingués en premier ordre, si leur usage n’était pas précis et nettement déterminé.

Noos appellerons émaux les matières vitreuse», o’estù-dire les silicates, horosilicates ou phoephosilicatcs généralement multiples, colorés par des oxydes mainteii ns en dissolution dans le flux vitreux.

*La limpidité do ces émaux varie naturellement avec la nature du flux vitreux et la température plus ou moins élevée qu’ils doivent subir pour leur cuisson. Nous trouverons des différences considérable» sous ce rapport.

Le* émaux ombrants de Itubelle* cuisent h de basses températures; le* fonds par immersion de porcelaine dure, le céladon dos Chinois cuisent, au contraire, à des températures t rès-dlovées. Dans cos dernier» «unaux, la transparence n’ost pas toujours complète. Los émaux appliqués à la décoration dos poteries so posent quel- «juefois snr le bisenit, comme les émaux do Rubelles, quelquefois sur la poterie composée, comme les fonds turquoise ou rose sur la porcelaine tendre.

Ils cuisont alors à des tem|>érnlurc* peu différentes

<28 DÉCORATION CÊRAMIQÜE.

do celles auxquelles on doit cuire le vernis do la poterie composée ; dans d'autres circonstances, les émaux s'appliquent sur la poterie composée, se cuisent h des températures de beaucoup inférieures à colles nécessaires pour fondre la glacure, et par conséquent incapables de ramollir cette jelaçure. C'est le cas de la plupart des eoulenrs employées en Chine à la décoration des porcelaines peintes et dorées.

Coultun. — l*es couleurs different des émanx on ce qu'elles sont composées d’un mélange de flux vitreux et de principe colorant. Le flux vitreux a généralement pour double but da faire adhérer lu couleur sur la poterie peinte, et de remplir, après la cuisson, l'office du vernis dans la peinture à limite, c'est-à-dire d'aviver la conleur appliquée sur la poterie.

Dans certains cas cependant, on n'ajoute, avec intention, qu’une faible quantité de flux vitreux, seulement ce qttÜl en faut pour faire adhérer la ]*cinlure sur la pièce décorée ; c'est lorsqu'on veut obtenir des peintures mates.

Les couleurs s'appliquent généralement sur les poteries composées ; cependant un en fait quelquefois l'application sur les poteries simples, principalement dan* le cas des peintures mates. Hiles cuisent à des températures variables avec la nature des poteries qu’on décore. Nous verrons plus loin qu’il faut alors les composer en conséquence.

Mriaui . — On a tiré, dans la décoration de» poteries, le parti le plWs avantageux de In richesse et de l'inaltérabilité des métaux précieux t l'or, le platine et l’argent, placé» isolément et quelquefois alliés, donnent dea décorations variées et d'un très-bel effet : il est évident que les qualités particulières de ces matières ne peuvent être les mêmes que celles qu'on exige des substances que nous venons d'étudier.

11 n'est nullement nécessaire que le» métaux prennent l'npparcnce vitreuse, mais il est indispensable qu’il» réunissent un grand éclat, dansles circonstance» atmosphériques ordinaires, à la plu» grande inaltérabilité. On en fait usage tantôt à l'état mat, tantôt à l’état brûlant; pour les obtenir dans ce* dernière* condition», on le» frotte avec nn corps dur , l’agate ou lu sanguine employée» sous forme de brunissoir». Mai» il» sont alors toujours, sous une certaine épaisseur, appliqués son» forme de poussière ou de poudre insoluble préparée par des moyens chimique» on mécanique».

Quelquefois, lorsqu'on veut décorer avec économie ou hien obtenir de* effets particuliers d'irisation ou de dichroismc, on n’applique ce» métaux que sou» une épaisseur très-faible, et ce résultat est obtenu facilement pour quelquc*-un*, plus difficilement pour d’autre»; il parait plus avantageux dans ce cas «le n’opérer qu'avec des dissolutions huileuses de ces mêmes înétaux. Cette considération intéressante sur laquelle nous aurons à revenir un peu plu» loin, motive, du rc*t«, la distinction admise entre les métaux et les lustres.

I.utt rts. — Non» réservons, en effet, le nom de lustre-aux métaux appliqués sur lesglaçurcs sous uneasscx faible épaisseur pour recevoir directement du feu Ife brillant que les métaux employés sous une épaisseur plus considérable ne tiennent que de l’action du brunissoir i les* lustre» ne sont pas nécessairement transparents. Les lustres de platine ne le sont aucunement.

Nous entrerons maintenant dan» quelque» détails sur chacune de ces matières employées à la décoration de» poteries. Nous donnerons avec plus d’étendue que nous n’avons pu le faire, en considérant ce» substances dan* leur ensemble, les qualités que cha«pic groupe doit pos- .soder, les defauts auxquels il est sujet, et nous terminerons par quelques exemple* de dosages usité* dans bi pratique relative à chacun des genres do poteries que le commerce présente. Nous insisterons surtout sur les différents mode» de préparation et d'emploi do -ce* ma-

DECORATION CÉRAMIQUE

tière». Nous compléterons ainsi l’article poterie* quo contient la deuxième édition de ce Dictionnaire.

OXYDE* XÉTAIXIQUIS.

Nous avons déjà dit quel est le but de» oxyde» dans la décoration ; nous avons vu que ce but est de colorer le» pûtes ou de permettre sous la glnçure l'application dodessins colorés, qui puissent prendre, après la cuisson ,de* glaçures elles-mêmes, l'aspect d'une peinture en couleur» vitrifiées, c’est-à-dirc inaltérabilité complète et brillant nui forme.

Ce* oxydes et le» quelques sel* qu’on peut employer concurremment, doivent présenter certaines qualités qui les rendent d’un emploi général. Leur prix sera de la première condition, car, destinés à faire partie de la masse, il faut qu'ils soient uvant tout d'un prix abordable.

Ixnrsque la terre elle-même ne contient pas l’oxyde colorant, naturellement déposé dans la masse de la formation argileuse ou sableuse, on l'introduit après l’avoir fabriqué de toutes pièces, et le prix de cct oxyde doit augmenter alors notablement le prix delà pâte.

Lorsqne la poterie qu’on veut décorer reçoit cette décoration sous couverte et qu’elle peut acquérir par elle-même une grande valeur, on bien encore lorsque l’oxyde colorant possède une grande pnistUoe tinctoriale, ou peut négliger, on partie du moins, l’importance «lu prix de revient de la matière colorante.

Les oxyde», ainsi que nous le savon», sont de* combinaisons «l’oxygène avec différent» métaux. Quelquesuns éprouvent, de la part des corps rédueteurs, des modifications dont il fant savoir tenir compte, car In réduction des oxydes peut modifier la couleur dont on espère le développement. Quelque» nuances, au contraire, n’apparaissent qu’avec une influence réductrice. On peut donc recourir aux oxydes d’un mémo métal pour créer des colorations variées, mai» à la condition do les cuire dans des atmosphères différentes; c’est avec des précautions semblables que l’oxyde do cfirrnne,ajonté dans la proportion de 0,005 i» la pâte de porcelaiue, donne du vert jaunâtre dan» nn courant d'air, et du vert bleu dan» une atmosphère enfumée. C'est ainsi qnc l’oxyde d’nrane donne, sou» une faible proportion, des pâte* jaunes dans une atmosphère oxydante ou de* pute» brunes et même rougeâtres dans une atmosphère rédactrice.

Le» oxyde» employés jusqu’à ce jour pour colorer des pûtes sont *.

I * Les oxydes de for, qui donnent, suivant la température de la cuisson, du jaune, du rouge, du brun ;

2" lots oxydes de manganèse, qui donnent dn violet on du brun;

3” Le s oxyde* do chrome, qui donnent du vert jaune ou du vert bleu;

4" Les oxydes do cobalt, qui donnent du filou;

0° Les oxydes d’urnne, qui donnent du jaune ou du brun ;

6" Les oxyde* d’or, qni donnent du rose ou «lu gris violacé;

7U Los oxydes de platine, qui donnent du gris ;

8° Les oxydes d’iridium, qjii donnent du gris ou du noir.

Le* oxydes de fer, souvent intimement mêlé» aux argiles, sont la cause do la coloration des principales poteries de terre on de grc* ; on faisait «lisparaUre «Inns le» faïences l'inconvénient de cette coloration pur l'application d'une glaçuro opaque. Non» ferons remarquer que, dans les faïence» fine», une partie de l’oxyde «le fer visible sur la surface des pièces disparaît en se dissolvant dan* la glaçure boracique en contact avec cette surface.

I.C* oxydes «le manganèse n’entrent qn’on trèsfaible proportion «lans le» pûtes, et c’est en mélango

DECORATION CERAMIQUE.

accidentel avec l’oxyde de fer qu’on les rencontre; ils ajoutent ordinairement k la teinta brunâtre que ces poterie» tiennent de ce dernier oxyde. On [>ourrait profiter de la couleur violette qu'ils communiquent aux frittes alcalines pour colorer en rose les pâtes de porcelaine tendro.

Les oxydes de chrome sont mêlés aux pâtes de porcelaine tendre, de porcelaine dure et de grès fins pour colorer les biscuits en vert plus ou moins intense, suivant la proportion qu’on en ajouta. Ici nous devons faire remarquer que l’oxyde de chrome est insoluble dans les silicates alumineux , et qu'il enlève de la transparence même anx terres qui sont les plus translucides. Les porcelaine» perdent par son addition leur caractère distinctif pour prendre les qualités des grès cérames.

Les oxydes de cobalt ajoutés & des pâtes naturellement ferrugineuses les colorent en brun ; l'oxyde do chrome et l'oxyde de fer forment de même des fers chromés qui colorent en brun rougeâtre; mais si la pâte est incolore, l'oxyde de cobult ne donne qu'une coulear bleue plus ou moins intente, suivant la quantité d'oxyde qu'on ajoute. Les grès du vieux Wedgwood, colorés en bleu et rehaussés de dmrmante* compositions en p».c blanche, sont obtenus de cette manière.

On a fait encore en Angleterre des poteries de la nature dès porcelaines tendres, colorées pur de l'oxyde de cobalt, dans lesquelles on maintient la couleur du bleu d'outremer, on corrigeant la teiute violacée propre au silicate de cobalt au moyen d'une addition d'oxyde de zinc ; il est indispensable, dans ce cas, de faire fritter préalablement le mélange de feldspath, d'oxyde de cobalt et d'oxyde de zinc qui donno la couleur outremer. Une condition indispensable k remplir pour roussir ces couleurs, qui s’adapteraient également bien à la décoration des porcelaines artificielles françaises, est une atmosphère oxydante, taut à cause de la nécessité de maintenir l'oxyde de zinc k l’état d’ oxydé pour éviter sa volatilisation, que peur s'opposer ii la réduction de l’oxyde de cobalt, qui ne donne, â l'état du métal, que dn gris ou du noir.

L'oxyde de cobalt vaut aujourd'hui do 47 k 50 francs le kilogramme.

Le prix de l’oxyde d’urane s’oppose k ce qu'on en fusse usage pour les poteries autres que relies qui, comme les porcelaines et les grès fins, ont par ellesmêmes une valeur assez considérable. Il est encore aujourd'hui do 57 fr. 50 le kilogramme. Lorsqu'on mélange k de la pâte de porcelaine blanche 2 pour 100 d’oxyde d’urane, on obtient, si l'on cuit dans tin courant d’air, une pflte qui prend nne coloration jaune clair assez agréable ; la même pâte, cuite dans le charbon ou dans une atmosphère enfumée, comme celle des fours marchant k la houille, donne une pâte brune.

Cette dernière coloration B’obtient facilement lorsqu'on augmente la dose d’urane, même dans une atmosphère à courant d’air, parce qu’il n’y a pas assez d'alcalis pour maintenir roxyde d'urane k 1 état d’acide uranique. Les pâtes brunes passent au rougeâtre quand l'oxyde est en forte proportion et qn'on les cuit dans le charbon; mais on les obtient avec une grande économie lorsqu’on fait usage de pechblende choisie an lieu d'oxvde d’nrane préparé par les moyens chimiques. On peut, en augmentant la dose d'oxyde d'urane, préparer des pâtes complètement noires.

Un inconvénient assez grave de l'emploi de l'oxyde d'nrnne préparé par précipitation est In solubilité de ce sel dans l'enu. Iji coloration de la pâte varie à chaque instant; de plus, il est difficile de s'opposer k sa diffusion par capillarité dans toute la masse. On ne peut donc, lorsqu'on le conserve humide, l’appliquer comme engobuge : car il teinte les parties blanches voisines de celles sur lesquelle* on l'a posé.

DÉCORATION CERAMIQUE. 429

J'ai fait quelques essais pour colorer par l'or les pâtes blanches do porcelaines dures et tendres. On arrive à des colorations variées en faisant usage du chlorure d'or. Le précipité pourpre de Cassius coudait (le même k des résultats pratiques ; mais il faut, par une dessiccation préalable, lui faire perdre son état gélatineux qui modifie la plasticité de la p.'tta k laquelle on le mêle, et lui donne une certaine tendance à se fendre à la dessiccation.

On parvient, au moyen de l'addition de 0,005 ou 0,010 d'or à l’état de pourpre de Cassius, à colorer la pâte en rose agréable. 11 faut moins de métal pour obtenir une même teinta avec les pâtes tendres ; car elles cuisent à des températures notablement inférieures. Il convient do cnire dans une atmosphère oxydante, par exemple au milieu d'un courant d’air, afin d'éviter le ton violâtre sale qui peut provenir de la réduction de l'oxyde stannique résultant do la décomposition du pourpre sous l'influence de la chaleur.

Les hauts prix du platine et sa forte densité s’opposent fi son emploi général dans les arts céramiques, surtout pour colorer les pâtes. Cependant il fournit avec les pâtes de porcelaine dure» et tendras des gris fins et agréables, qu’on obtient facilement en arrosant de chlorure de platine le sable qui doit entrer dans la pâte. On fait fritter, puis on broie de nouveau. On évite, par ce tour de main bien simple, la séparation do la poudre de platine du sein du liquide qui maintient la pâte à l'état de barbotine, surtout lorsqu'on veut façonner les pièces au moyen du procédé de coulage.

La même observation s’applique évidemment aux oxydes d'iridium, et la même marche détournée pour l'incorporer aux pâtes peut être employée souvent avec avantage. C'est cette même voie qu'il faudrait adopter toutes les fois qu'on aurait à tirer parti do substances minérales brutes, telles que les wolfram, les pechblendes, le rutile, etc., dont la densité se trouve être très-considérable.

Nous avons dit que les oxydes s’employaient principalement dans les pâtes il l’état de mélange. Cependant ceux dont lu valeur est importante se posent sur la pâte elle-même, tantôt crue, tantôt cuite ; on les emploie quelquefois à l'état de pureté, surtout lorsqu'ils peuvent se fixer avec la pâte au moment de la cuisson particulière qui précède le feu de vernis; on les applique encore en mélange avec une petito quantité de flux vitraux pour agglutiner la couleur et la rendra adbérente avec les surfaces sur lesquelles elles sont apposées ; l'immersion dans l'eau chargée de glaçure ne les déplace pas. 11 résulte «le ces deux difléreutas positions des modes divers d'emploi des oxydes.

Lorsque les oxydes sont incorporés dans la pâte, s'ils sont, comme I?s oxydes de fer, de manganèse, etc., naturellement mêlés aux élément» qui composent ces pâtes, on opère un broyage et le mélange convenable dans les appareils employés k la préparation des pâtes, et ces opérations se font avec un soin directement en rapport avec la nature du produit qu'on établit.

Si cos oxydes ne sont pas mêlés aux matériaux qui composent les pâtes, on les prépare à part; on les amène, par un broyage très-soigné, s'exerçant soit sur les oxydes purs, soit sur les«xvdes frittés ou foodus avec un des éléments antiplastiques, à l'état de poussière impalpable qu’on ajoute alors aux autres éléments dans des tournants ou cuvelles appropriées.

Dans les fabriques qui font des colorations trèsvariée», il convient, comme on l’a fait en Angleterre, dans les fabriques de grès fins, d'avoir un nombre suffisant de moulins, pour affecter toujours le même au broyage «l’une couleur donnée. On ajoute dans ce mou lin la partie ipcolore par portions successives , en

IM DÉCORATION CÉRAMIQUE

broyant toujours pour obtenir un mclnnge intime, jusqu'à ce que In pâte soit composée. On évite ainsi des radies qui résultent du broyage imparfait; ut, pour mieux atteindre cette homogénéité complète, il est lion de décanter la matière avant son introduction dans les tournants. Les pâtes colorées, raffermies et pétries, sont façonnées par les mêmes procédés que ceux qu'on applique au façonnage des pâtes blanches ou communes naturellement colorées et pour l’étude desquels ja renvoie le lecteur à mes Lrçont de Crramique j rofessée» fl l'École centrale des arts et manufactures.

Ce mode de coloration e»t surtout en vigueur, d’une part, en Angleterre, pour faire les grès fins colorés de Wedgwood, d’autre part, à Sèvres, pour faire des pûtes de couleur, entre autres les pâtes céladon ; on y a fait aussi quelques essais de pâte tendre colorée par des additions de frittes cuivreuses, ou chargée d’or et d’oxydo de chrome. Il est évident que cette méthode ne peut convenir pour obtenir les décorations résultant do linéaments ou de figures appliquées par places sur des poteries, en général pour les décors différents de ceux qui résultent de la coloration de la pâte.

•l’ai fait quelques essais pour obtenir, par voie en quelque sorte de teinture, les oxydes n l’intérieur des pâtes ; toutes les fois qu'on peut, au moyen d'un acide volatil, amener â l’état soluble les matières colorantes, on plonge l'objet façonné dans une euu chnrgéo do sel colorant , on Inissc sécher, puis on dégourdit de nouveau; le sel sc décomposé, l'acide volatil se dégage, et l’oxyde reste disséminé. Il n'y a d'autre inconvénient k redouter qu’une inégale répartition du sel dans l'intérieur de la pûto et son accumulation sur ceux des point* qui sont exposés à l'évaporation spontanée ; les sels viennent s’v réunir en plu* grande abondance.

Ces mêmes phénomènes «le teinture réussissent assez bien sur la jAte â l’état de mollesse et plastique, lorsqu’on opère la dissolution de l'oxyde dnus un acide faible comme l’acide acétique.

La décomposition du sel se fuit spontanément ; elle peut être activée d'ailleurs par l'addition île quantités convenables de carbonates alcalin* ou d'ammoniaque, lorsque l'ammoniaque lie jouit pas de la propriété de redissoudre l’oxyde précipité. Il est évident cnéore qu’on peut faire agir ces réactifs pour opérer par voie de double décomposition sur la poterie dégourdie complètement imbibée de la dissolution saline qui doit introduire l’oxyde colorant.

lorsque la peinture sc fait sur poterie et sous glaçure, les oxydes ou matières colorantes sont appliqué* soit sur la poterie cuite, soit sur la poterie crue ; et par des feux convenable* comme intensité . l'adhérence do la couleur et sou brillant sc développent avec l'addition d’un fondant on de la glaçure. J«ca dessins peuvent être placés sur la pâte crue avant toute espèce de cuisson, même celle qui a pour but de consolider assez la pièce pour faciliter la mise en couverte ; on délaye alors avec de l'eau la couleur composée d'une manière convenable : comme on ne fait de la sorte que des dessins grossier*, il importe peu que ce* .couleur* aient à l'emploi lu ton qu’elle* auront après lu cuisson, i I.n couleur et la poterie cuisent au même feu ; elles prennent assez d'adhérence pour que la mise en gla- Çtire n'exige pas de précaution* particulières.

Le* dessin» peuvent etre fait* avec le» oxydes appliqué* sur la poterie déjà cuite, soit à l'état de dégourdi, soit a l’état de. biscuit, si la poterie doit recevoir linê glaçure qui n'exige pas pour cuire une température égale ii celle que doit recevoir le corps de pâte. L'application des oxyde*, dan» le premier cas, sur une surface poreuse et absorbante, conduit à des précautions particulières sur l'emploi desquelles nous insisterons plus loin au sujet des peintures sous couverte sur la porcelaine de Sèvres.

DÉCORATION CÉRAMIQUE

Lorsque la pâte est cuite et qu’elle a perdu toute porosité, la coloration, soit par fonds de couleurs, soit par linéaments , devient bien plus facilo. On broio l'oxyde à l'essence, comme nous le dirons plus loin, pour t'appliquer suivant les contours qu’on vent obtenir. Il est (-•■pendant préférable de broyer à l'eau la matière colorante.

11 faut remarquer ici que l'oxyde doit être mêlé d'une certaine quantité de flux vitreux pour rendre adhérent à la pâte l'oxyde qui, s’il restait pulvérulent, se détremperait après qu'on a brûlé les essences, lorsqu’on vient à poser le verni» soit par arrosement, soit par immersion. La préparation des oxydes et le choix qu’on en doit faire sont lié» d’une manière intime avec la température à laquelle on cuit la poterie ou sa glaçure. Il est certain que les oxydes qui se dissolvent dans les glaçure* en se déeoloraut no peuvent être choisis, et qu’il ne faut pas perdre do vue la nature de la potcriequ’on veut décorer.

L'nntimomate de plomb, par exemple, ne laisserait aucune trace sur le6 porcelaines cuites au grand feu ; l’oxyde de cobalt, au contraire, permettra de décorer toute espèce de poterie, puisqu'il résiste à l'action de toute c-jH-ce de matière vitreuse, même aux températures Je-, plu* élevées que les arts industriels puissent produire. Dans ce genre de décoration, il donne cependant de* dessins d’autant plus net» qu’il* sont cuits â des feux moins violent*.

La coloration appliquée, comme nous venons de lo dire, tant sur le- pûtes dégourdies que sur les pâte* eu. tes à l’état de biscuit, se fait généralement à la main; mais ello peut se faire aussi parles méthodes rapides de l’impression. Ce procédé, qui déjà vers ITlil donnait des résultat» acceptables dans la manufacture do iVorccstar, reçut en France, depuis 1806, des perfectionnement» très-considérable*.

On l’applique exclusivement en Angleterre pour la décoration de» faïence* fine» sous couverte, et cette méthode s’pst étendue chez non» depuis longtemps à la décoration de» poterie* similaire» qui »e font sur uno très-grande échelle à Crcil, Sarregucminea, Bordeaux, Montcreau. Sur une plunrhe en acier, eu cuivre, en laiton, on dessine, soit par gravure au burin, soit à l’eau-forte, un sujet qu’on transporte sur une feuille do papier. L’épreuve faite avec une couleur grosse abandonne le papier lorsqu’on rnct celui-ci par l’envers en contact avec un liquide aqueux. Lu comprimant avec une roulette l’épreuve et la pièce il décorer, le dessin reste sur lu pâte ; on brûle l'essence dans lo moufle avant do mettre en vernis. Lo moufle se compose ordinairement d’un étui en terre, quelquefois eu fonte • fnous rappelons ici que non* avons fait connaître la disposition d’un moufle dan» le genre allemand dan» la deuxième édition de cet ouvrage) ; il est placé sur un foyer au-dessus d’un cendrier: la grille c»t n bnrreaux plu» ou moins espacé» suivant la hauteur du moufle. Une chemiuèe donne issue aux produits qui résultent de la combustion des essences ; une voûte percée d'ouverture» ilix i*o la flamme et régularise lo tirage, le moufle est porté par de» arceaux au nombre de trois ou quatre et placé sur une plaque de couche qui protège le fond. On cuit rapidement en laissant l’air pénétrer dan* le moufle par uuo douille réservée dans la porte. On mure, avant de cuire, l’espace qui donne librm I accès lor» de l'emmouflenient.

Nous pou von» nous borner à dire que c’est par cetto^ tnèine méthode qu'on applique les dessin» bleu», brun», noirs et rose» qui décoreut toutes les faïences line* et tou* les cailloutage*.

Nonstto saurions indiquer ici les principes de préparation des divers oxyde* qui concourent à donner ce» nuances. Nous renvoyons le lecteur aux traité» spéciaux sur cette matière ; nous non» bornerons à fuiro

DÉCORATION CÉRAMIQUE

connaître les procédé» au moyen «lesquel» on prépara le pinck-co lotir des Anglais, composé singulier le- ,

quel la coloration rouge ou rose a pour principe le chrome oxydé, et qui fournit sous glaeuro un rose assez ugréable. Noua indiquerons aussi la méthode qu'on 1 suit à Sèvres pour peindre en bleu sous couverte. j Le pinck-colonr est insoluble, ïntiiâible ; soumis à • l'analyse par M. Malaguti, pendant son séjour à Sè- | vres, il 4 été décomposé de la manière suivante :

Acide stounique 78,31

Chaux 14,91

Silice

Alumine

Kau

Oxyde de chrome . .

Chromate de potasse.

Potasse et perte 0,42

On reproduit cette matière en fondant :

Acide stanniqnc 100

Croie 31

Chromate de potasse . 3 à 4

Silice g

Alumine 1

On fait un mélange intime qu'on chnulîe nu ronge clair pendant quelques heures ; la masse est d’un ro»o sale; elle vient d'un ton agréable lorsqu’un la lave, après porpbirisation, nvec de l'eau chargée d’un peu «l'acide chlorhydrique. Ou doit à M. Malaguti l’analyse et la synthèse de cette couleur, dont rupplication réussirait certainement sur porcelaine tendre; elle conduit à des résultats véritablement pratiques sur les cailloutages anglais.

Un grand nombre do pièces de porcelaine de la Chine ont un caractère* d'originalité très-grande qu’elles doivent au mode d'ornements bleus sous émail dont elle» sont chargées. On a tout récemment appliqué sur la porcelaine de Sèvres ce genre de décoration, et la dernière Exposition, à Paris, des manufactures nationales, celles des mêmes établissement» à llydc-Park, à Londres, en 1831, ont offert des pièces remarquables d’un effet tout nouveau et d’une grande harmonie.

La peinture en bleu sous couverte est faite à la Chine sur pâte non crue avec un oxyde de manganèse impur coboltifcre. On 11e peut conserver aucun doute à cet égard, ni d’après la lettre du père Ly, ni d'après les échantillon» qui l'accompagnaient, ni d’après les essais et l'examen chimique que nous avons faits, M. Ebelineu et moi, du thsing-hoa-lino. Quant à l’état dans lequel se trouve la pâte au moment de la décoration, il o*t évident que la porcelaine est crue, puisqu’on retrouve l'oniciuentutiun, tilets et ornements, sou» des collages opérés avec la barhotine (anse» et becs de théière*, etc.). A Sèvres, les pointures de ce genre exécutées jusqu’à ce jour l'ont été sur la porcelaine dégourdie, c’est-à-dire poreuse et absorbante. Pour obvier à la porosité, pour on détruire le» effets, on applique au pinceau, sur lu partie qu’on veut décorer, uue couche mince do vernis et l’on fuit sécher.

Il faut que le vernis soit irès-.iniuco pour que sa destruction par lo feu n’entrainé pas le levage de la peinture, soit avant, soit pendant la mise en couverte. On peint sur cctto couche de vernis avec assez de facilité pour faire le» peintures le» plus délicates et les plus soignées. On se sert comme matière colorante bleue d’un mélange à parties égales d'oxyde de cobalt anglais et do, sable quartzeux. On le broie finement sur une glace pour l'employer comme les antre» couleur». Quand la peinture est finie, on la laisse sécher, puis on 1a passe au moufle pour détruira le vernis qui empêcherait la

DÉCORATION CÉRAMIQUE. 131

1 | couverte de prendre également sur toute la pièce. Nous \ avons fait connaître en quelques mots l’espèce de fonr- 1 | neau dan* lequel se fait cette calcination. Ln pièce doit : 1 être cuite dans lo four au grand feu, bien eucostéo dans 1 Je bonnes Cazettes avec toute» le» porcelaine» h cuire. ! Oans ces condition» particulières, la pointure, qui était : noire entre les mains de l’artiste, sort du four d’un bleu i très-agréable, uniformément glacé.

1 Comparés aux bleus de même sorte appliqué» sur , le» porcelaines de ln Chine, nos bleu» sont plu» pâles ; et moins net», plus nuageux. On peut attribuer cet effet tant à la cuisson nmiua développée qu’exige pour être <-uite la porcelaine de la Chine qu'à la nature particulière do la matière cobaltifère; cette combinaison du minerai de cobalt, dan» laquelle est engagé l'oxyde, »o nomme en Chine thsing-hoa-liao.

Des spécimen» intéressant» do la fabrication do M. Haidinger d'Elbogen, exposés à Londres en 4851, ont démontré qn’il était possible de tirer un parti trèsavantageux de la décoration en bleu sous couverte et

j avives çà et là par de la dorure et do» couleur» do j moulle.

| Dos faïences en très-grand nombre, d’origine an- I cienne , persane ou arabe , «ont décorées sous cou- | verte par des méthodes analogue» qui consistent à dé- | poser «ou» la glaçuro des traits ou des aplat» coloré» au moyen d’oxydes de cobalt, de cuivre, do chrome ou do fer chromé, du jaune d'antimoine, etc.: par la fusion do la glaçnrc, ces oxyde» se fondent et uniment à la pièce une certaine harmonie qui peut être parfaitement imitée. II suffit d'ajouter aux oxydes ou sel* en question, préparés à l'état de pureté par les méthode» connues de» chimistes, leur poids ou la moitié do leur poids d’un fondant contenant :

Borax 50

Sable 100

Minium 200

Non* terminerons le» détail» relatif» aux oxydes par quelques dosage» propres à la fabrication du plusieurs de» poteries colorée» dans la masse que le commerce offre au consommateur. San» vouloir entrer dan» lo dé tail des fabrication» grossière» qui «c préparent nvec des terres naturellement colorées, nous indiquerons quelques compositions propres il la décoration :

1 ° Des grès ;

2° Des porcelaines tendres;

3° Des purceluiuc» dura».

Grès. — On colore la pâte de» grès en bleu, on vert,

} en gris, en noir avec les dosages qui suivent :

Grès bleu vif 0,050 oxyde de cobalt.

Grès bleu pâle 0,005 oxyde de cobalt.

Grès vert foncé .... 0,010 oxyde «le chrome. Grè» vert pâle 0,003 oxydé de chrome.

(irè. vert ldou&tro . . . | J”? f “Wl

) 0,003 oxy«lo de chrome.

rîrêa îr I 0,050 oxyde de manganèse.

rCi n0,r j ü,0«0 oxyde de fer.

Pâtes de porcelaine fendre française. — La poreelaino tendre peut être colorée par divers oxyde» en bleu, en vert, etc.

1° Pâte turquoise. Cette pâte doit cuire au fou d’oxydation. On fait fritter:

Protoxyde de cuivre 5

Carbonate de soude 18

Sable blanc 77

431 DÉCORATION CERAMIQUE.

DÉCORATION CÉRAMIQUE

On prend ensuite :

Fritte bleue turquoise 60

Fritte blanche 45

Marne lavée 40

Craie 45

2° Pâte d’un vert clair :

Pâte blanche 05

Chromato de baryte 5

ToÔ

3° P&flb bleue :

Fritte blanche 70

Marne 17

Craie 8

Oxyde de cobalt 5

TÔO

4° Pâte violette. On fait fritter :

Carbonate do manganèse. ... 5

Carbonate de soude 45

Axntntc de potasse 5

Sable blanc. 75

1ÜÔ

On njouto à la fritto :

Fritte 76

Marne lavée 42

Croie . 4 2

Porcelaine dure. — Nous indiquerons encoro quelques dosages de pâtes de porcelaine dure; on rapporte la poids des oxydes à (00 parties do pâte

blanche :

Pâte blet» foncé 28,500 oxyde de cobalt.

Pâte bleu pâle 08,050 oxyde de cobalt.

(atmosphère oxydante)

Fit, vert ctitadoi) .

(feu rédacteur) > (fc'0U3 «yde de cobl“'

Pâte bronze foncé. . . . 0s, 500 oxyde do nickel, (atmosphère oxydante,!

Fftta vert-olive I £“2 °*?dc do ni'k'L

(■tmospbèreeéqrdante) 1 u,>'d6 d'’ coba"'

Pâte brune 0e, 4 50 oxyde de fer rouge.

Pâte jaune 08,200 oxyde d'urane.

'atmosphère oxydante]

1(8,550 chromate de fer.

oryd.dccob.lt,

‘ g® oxyde de mangMc...

(8,520 oxyde d urane.

l'âte rose. ....... (8,100 or à l’état de pourpre.

(fett quelconque)

11 est indispensable, dans la confection de ces pâtes, de tenir compte de l'augmentation do fusibilité que communiquent certains do ces oxydes aux compositions normales; il faut obvier à ces inconvénients par l’addition d'une plus grande proportion de l'élément plastique ; si la pâte ost d'un prix élevé, l'addition de l’alumine calcinée devient possible et très-utile.

nroous.

Nous avons fait connaître , en commençant cet article, la naturo et le but des engobes; il eût été plua simple peut-être de ne pas établir de distinction entre ce* matières et le» pâtes de couleur que nous avons étudiées plus haut. Cependant j'ai ern qu'il devait être fait une distinction importante entre ces deux sortes de matières colorantes, à cause des méthodes différentes au moyen desquelles on les applique sur les poteries ; d'ailleurs , considérés au point de vue

chimique, les engobes doivent satisfaire à des conditions nouvel! os, qu’on ne doit pas exiger des pâtes simplement colorées dans toute la masse.

la» pâte de couleur, en effet, donnera toujours de bons résultats, pourvu qu'elle ait été façonnée, avee tout le soin possible, par l’une des méthodes que nous avons indiquées, et qu’elle soit cuite dans des condi- ; lions, je ne dis pas seulement de soins et de précau-

I lions sur lesquels il convient d'insister, mais dans nne atmosphère de composition déterminée. 11 faut de plus, |»our que des engobes réussissent, qu'ils aient tous une cum|M»sition telle, qu’appliqués sur la même pièce, il» cuisent an même feu, présentent ln même fusihi- . lité, la même dilatabilité, et prennent avec la pâte «me adhérence convenable ; ils doivent, en outre, jouir des même» propriétés relativement à la glaçure, lorsqu’il s'agit de faire une poterie composée.

Il est inutile do répéter qu'au point de vue do ln résistance aux agent» extérieurs, à l'influence de l’atmosphère du four, à celle de la glaçure, ils doivent se comporter comme les pâtes colorées, par lesquelles non» avons commencé l'étude de* méthodes propres à la décoration des poteries.

Ij» position des engobes est très-généralement U même qnc celle «les oxydes. On les applique prcsqpc toiÿours aur la pâte pour les recouvrir de glaçure. Cependant les poteries italo-grecques nous donueut un exemple remarquable d’engobes blancs ou rouges appliqué* comme rehauts sur des lustres noirs. La lustre en fondant a déterminé l’adhérence de la matière terreuso, et la terre se détachant en mat forme un contrabto agréable qui , certainement , ajoute à l’intérêt que pré-ente cette fabrication, très-avnticéo J d'ailleurs pour l'époque à laquelle elle a pris naisj son ce.

Les procédé* nu moyen desquels on applique les engobes sur les poteries peuvent être très-différents. On les applique tantôt sur la pièce crue, tantôt sur la pièce cuite en dégourdi. Quelquefois l'en gobe extérieur j est placé le premier, tantôt, au contraire, on ne le i place qu’on dernier lieu. Lorsqu’on fait usage du procédé do moulage pour apposer les engobes qui décorent une pièce de formo donnée, quo le moulage ait lieu sur pâté molle ou *ur pâte liquide, on commence par pincer l'engobo dans le moule , sur les parties qui doivent recevoir par cet engobe une couleur différante de celle du fond ; on remplit ensuite le moule, soit de pâte molle, qu’on appliquo par le moulage h la ballo ou ii la croûte, même encore à ln housse, soit au moyen do barbotinc, si l’on opère par coulage. Les pièce* ébauchées de la sorte sont mise* en glaçure par l’un, quelconque des procédés qu'on emploie dan* la fabrication des poteries.

Lorsque la pièce est ébauchée , l’engobo peut «e mettre, comme dans lo cas d'une véritable glaçure, par l'un do cos mêmes procédés. Il n’y a d’autre précaution â observer quo celle do régler convenablement l'épaisseur de l’engobe, toutefois eu supposant la couleur bien composée.

Lorsqu'on opère par arrosement »ur poterie crue, comme <>n le fait en Suisse, pour l'établissement de ce* sorte» de pâtes faïencées, qui ont encore, dans certaines localités , un très-grand succès, les barbotines sont placées dans une espèce de réservoir dont la forme rappellerait celle d'une théière aplatie. Un? ouverture permet d'introduire la matière ; une anse sert à prendre le vase pour déverser le liquide. I Jt bec est terminé par un tuyau d’un ori6ce très-petit, qui permet de tracer avec les barbotines colorée* des linéaments irréguliers qui sc parfondent sous la glaçure, en présentant des sortes d'arborisations très-singulières. Lorsqu’un croit avoir mis l'engobe sous une épaisseur trop considérable, on enlève l'excédant en tournaseant les

DÉCORATION' CÉRAMIQUE

pièces ; ce touruossage s'exécute ordinairement sur le tour en l'air.

On trouve dans le* engobes la possibilité d'obtenir des colorations brillantes et d'un aspect varié ; mais ceux dont on peut faire usage sur une poterie donnée sont d'autant moins nombreux quo l'on cuit à des températures beaucoup plus élevées, lorsqu'on applique l’engobc sur lo cru; ils sont encore d’autant moins nombreux que la glaçuro est plus réfractaire lorsque la poterie composée doit subir deux feux distincte : l'un pour la pàtc, l'autre puur la glaçure ; dans ce cas, il vaut mieux réserver l’cugobu pour le cuire avec la glaçuro, sur la pâte préalablement cuite en grand icu.

ÉMAUX

Posons ici, comme principe, que nous nommons rmail toute matière vitreuse, transparente ou non, colorée per des oxydes maintenus à l'état de dissolution. On donne généralement dans l’industrie le nom d’é tnail h tonte matière vitreuse qui perd sa transparence par l'addition d'une certaine quautité d'oxyde d'étain, d’antimoine ou d’acide araénique. Mais comine On a donné ce nom même aux peintures transparentes exécutées sur plaques métalliques émaillées, même aux couleurs transparentes qui servent à peindre sur paillons, etc., nous conservons à ce mot sa plus grand** généralité. «Je proposerai toutefois de distinguer les émaux en opèmaus , c’est-à-dire émaux opaques, et tran$êmauT . c’est-à-dire émnux transparents. Je suppose quo ces doux dénominations seront facilement acceptées.

Les opémaux dériveront toujours des transémnux par l'addition simple et facile d'opétuail incolore. On voit que l'emploi do l'émail comme matière colorante applicable à la décoration des poteries se confond avec celui des glaçures colorées opaques ou transparentes, et que beaucoup des conditions que l'on exige pour les glaçures ordinaires sont encore nécessaires. C'est ainsi que les glaçures colorées doivent être fusibles à des températures déterminées, assez dures pour résister aux frottements au moins dans los conditions d’usage auxquelles elles seront soumises, assez inaltérables par l’air et l'eau pour ne pas perdre promptement l’éclat qu'elles tiennent de leur nature vitrifiable.

I.a fusibilité des émnux opaques ou transparents appliqués comme glaçures sur les diverses poteries est nécessairement variable; la glacure, dans-cc cas, doit cuire à des températures qui différent nécessairement avec la nature de la poterie elle-même, soit qu'on fasse une poterie exigeant une seule cuisson, soit qu’on établisse un produit nécessitant deux cuissons successives. Nous ferons remarquer ici que l’on peut à volonté préparer la glaçuro en faisant fondre simultanément la glaçuro incolore ou les éléments qui la composent avec les matières colorantes , on siinplemcut en mélangeant ces dernières aux glncures ordinaires ; ce procédé s’emploie surtout pour les poteries qui cuisent à dos températures élevées. I.a dissolution de l'oxyde dans le flux vitreux s'opère eu mémo temps que la vitrification de la glaçuro ; il ne peut y avoir d'autre obstacle à l euiploi de cette méthode que celui qui résulterait de l'usage d'oxydes d'uno densité très-considérable. Cette difficulté serait d’ailleurs à peu près nulle, lors même qu’on aurait dos oxydes très-denses, si l'on appliquait la glacure au pinceau ou par saupoudration au moven d'un tamis convenablement choisi. Noua comprendrons immédiatement qu'il est d'autant plut facile d’avoir dos émaux variés, qu’on cuira la poterie composée à des températures plus basses. Aussi, ai les faïences et les porcelaines tendres présentent des colorations assez noro-

DÉCO RATION CÉRAMIQUE. é33

brousea, remarque -t-on que les porcelaines dures ne peuvent présenter, en ce gc ire, que des décorations très-limitées.

Nous distinguerons :

4* Des émaux fusibles pour fonds;

Des émaux durs pour fond»;

3° Des émaux fusibles pou. peindre.

A. La température de fusion des émaux c*t très* * variable ; elle est faible dans les émaux qu'on applique sur le biscuit, parce qu'ils contiennent de l'oxyde de plomb en très-forte proportion. I.c cristal devient la base des émnux colorés dont on enduit le biscuit, pour lui donner lo brillant et lo glacé que les porcelaine* ordinaires tiennent de leur couverte; on le mélange à cet effet pour lo colorer, par une fusion préulablo, avec «les oxydes variés dont lo nombre est très-réduit, et qui font à peu près ceux dont le verrier fait usage pour faire les cristaux colorés dans la masse.

Ij» vert est fourni par l'oxyde do cuivre; l’oxydo «le mangntièsc seul donne du violet ; en mélange avec de l'oxyde de fer, il colore en brun ; l'oxyde de cobult est la base du bleu ; l'antimoine à l'état d'untimoniate de potasse communique au vert, par l’oxyde de cuivre, une nuance jaunâtre douée d'une opacité souvent nécessaire; enfin le» vigueurs et les noirs sont obtenus nu moyen de l’oxyde du manganèse anus mélange, tantôt placé directement sur le biscuit pour être recouvert par les «maux , soit brun , soit vert , «oit bleu ; tantôt mis en mélange avec ces même, émnux, suivant le ton qu'on désire obtenir. Ce mélange est fuit san» le secours de la balance, à simple vuo, sur la palette, avec une assurance remarquable. . „

Les émaux sont broyés à l'eau, puis appliqués à l'essence de t.-rébentkino maigre, sous une forte épaisseur; il faut cependant é\ iter de mettre une coucho trop épaisse qui noierait tt détruirait le» détails de la sculpture. Le» couleurs sont couchée» à plat ; elle* offrent néanmoins de» ombras et des clairs, les ombres étant données par l'épaisseur de la couche qui se réunit dans les parties déclives ; elles agissent dès lors à la manière dos émaux ombrants.

On cuit les pièces décorée», quand elles ont été séchées , dans les moufles communément employés pour cuire la porcelaine peinte, sans a .tre précaution que celle de bien isoler le» pièces le» unes des autres et de les faire porter par le plu» petit nombre de points de contact. On établit divers étages de planchers au moyen de" barre» de fer coupées de longueur» convenables.

Le feu nécessaire pour cuire ce» émaux est à peu près celui de» peinture» en premier feu d’ébauche. Évaluée en degré» centigrades, la température correspondante est comprise entre 850 et 900 degré*.

Les produits de cette fabrication, qui rappellent les Husti'tues Je Palissy, no pourraient être d'un emploi convenable dans les usages journaliers ; on réserve ce genre do décoration pour des pièce» d'étagères, do dressoirs, etc., c’est-à-dire pour des objet» plutôt d'ornementation et d'art que pour des vases propres à la consommation ménagère. Dan» cette dernière destination, ces glaçurc» ne sauraient être que très-inférieures à la couverte résistante et dura de la porcelaine même la plus commune.

J’ai donné (voyez acide boiuql'e) la composition d’un verni» incolore pouvant servir à mettre en glnçuro loi porcelaine* dures cuites en biscuit ou le* poterie» do faïence fine cuite presque en grès. J'ar dit que ce fondant pouvait être coloré pur quelques oxyde». Voici la *ério de tons que comprend mon service de la manufacture de Sèvres ( émaux Bernard Palissy pour terre cuite ) :

Di

43 J DECORATION CERAMIQUE.

X* 4. Fondant.

N” 2. Blanc opaque.

N" 3. (îris.

N® 4. Noir.

N* o. Bleu clair.

N" n. ruu fimcu.

N" 7. Vert U«u.

N" 8. Ven ion ce.

N* 9. Vert jauue.

N’ 10. Jaune.

N® 41. Ivoire.

N“ 12. flrunjauncfoèrcj.

N” 13. Brun violâtre.

N° 14. Bru u foncé.

N” 45. Bobo iïubdle.

N° 4 G. Violet.

Je donne ici les recette* encore inédite* à l’aide desquelles on peut préparer ce* diver* émaux colorés. Jo suivrai l'ordre ot la nomencluture adopté* jusqu'à cc jour.

Fondant (n° 4 J. Ou mélange et on fond :

Sable. 4000

Minium 2000

Borate do chaux 500

Ce dernier élément doit 6tro choisi, eau» oxyde do for et sans terre ; il provient de l’épluchage des nodule*

naturels.

Diane opaque (n° 2).

Fondant n° 4 450

Blanc d'émail de (JineMon 700

Fondant aux #ri6 (p. 440) 450

On triture saus foudre.

Grit. Gris (n° 3).

Sable 4000

Minium 2000

Bonite do chaux 500

Oxyde de cobalt 2

Oxyde de cuivre noir . . 4 2

Oxyde do fer rouge. ... 42

Carbonate de manganèse. 2i

Noir (U* 4).

Bien». Clair (n" 5). Foncé (n° 6).

Sable

Minium

Bonne de chaux. .

. . sou

Oxyde de cobalt noir . .

Verts.

Bien (n® 7).

Foncé (u® 8,.

Jaune (n® 9 .

Sable

Minium

Borate de chaux . .

Oxyde de cuivre . .

Clirom. de potasse.

Jaune».

Jaune (n° 40)

Ivoire

Ocre (n® 42).

Sable

Minium

Borate de chaux . .

Clirom. de potasse. .

Antimoine dinphoré-

tique .

Oxyde de fer hydraté

Fleurs de zinc. . . .

Bruns. Violâtre (n° 43). Foncé (n* 44).

Sable

Minium

Borate de chaux. .

Oxvde de fer rouge

Curbonatede manganèse.

Oxyde de cobalt. .

Dose isabelle (n® 4B).

Fondant incolore.

Cristal rubis pr l'or

DECORATION CERAMIQUE.

Violet.

Clair (n®46j.

Sable. . . .

Minium . .

liomte de chaux. 500 Carhonatcdeumu-

gnnêse. .

Qxydc de cobult . •

On fcnd ex l'on coule cc* divers mélange*, sauf lo blanc o]Miqne ot les rose* isa belle*. On les pile et on les applique sans intermédiaire sur le biscuit de porcelaine; employés sur porcelaine dure, ces iknuux doivent être mi» h un seul feu nous une faible épaisseur ; sou» nue épaisseur exagérée, il* sc fendillent et font l'effet du craquelé des Chinois. On ne peut les retoucher qu'en appliquant la retouche à l'eau ; l’essence qui pénètre dans les fente* ne peut s'y brûler complètement ; elle abandonne du charbon qui macule la surface du vernis. Lorsqu'on applique une coucho incolore sur le biscuit, il est indispensable encore de chauffer lo moufle avec lenteur pour donner h tout le charbon provenant de l’essence le temps de se brûler; sans ccttc précaution, le vernis, surtont dnns Je» épaisseurs, est teinté d'une coloration rose dont la cause m'est encore inconnue.

Sur terre cuite, ces emnnx sc conduisent sans tressafller, et peuvent être appliqués comme toute autre glaçurc. Us peuvent courourir'à la fabrication des émaux ombrants.

I.'énmil ombrant n'est qu'une modification de l'Invention nommée lithophanie, duo à M. Bourgoing. M. du Tremblay, autrefois propriétaire de ln fabrique de Rebelles, pré* Melun (Soino-ct-Maruc), en a tiré le parti le plu* avantageux en créant une fabrication nouvelle qui n’a malheureusement pas obtenu tout lo succès auquel elle devait être appelée. L’effet produit par l'émail ombrant eit complètement indépendant de la naturode la pâte qui reçoit l’émail, et il est indépendant encore de la composition de l'émail lui-même; une seule condition théorique est à remplir : fl faut que l'émail qui s'étcud sur lu hase, à reliefs plus ou moins saillants, soit légèrement coloré dans sa masse; on peut donc obtenir ce genre de décoration sur toute espèce de poterie. Si le* effet* que ce mode d'ornementation peut présenter n’ont été, dan* ce* dernier» temps, appliqués d’une façon spéciale qu'à lu luiencu, il n'en est pu* moins vrai que d'autres fabrications en ont offert des exemples, et, pour n'en citer qu'une, je rappellerai que plusieurs pièces de porcelaine de lu Chine, recouvertes, d’un fond céladon, offrent des dessins très-variés; ils sont obtenus simplement en remplissant d'une couverte légèrement colorée de» cavités réservées avec intention.

M. Trélat, professeur au Conservatoire do» arU et métior», directeur, en 4843, de la fabrique de Rubcllet, n fait connaître dan* une note insérée dans le Bulletin de la Société d’encouragement, 42* année, page 469, le» principales difficultés que présente l'application de l'émail ombrant à la faïence ordinaire. Ln plus grave est ln tressaiUurc qui résulte de la grande épaisseur du vernis accumulé dans les cavité*, Ijo% autres défectuosités que pont présenter l’émail ombrant, quelle que soit la matière de ln pâte, quelle que soit la nature de la glaçnro (venii* ou couverte), sont les gouttes do gondolement, le manque d'horizontalité pendant la cuisson et la réduction au four des oxydes colorants.

Les gouttes de gondolement, qui altèrent ln pureté des dessins en déplaçant les lumières et les ombre-., résultent d'un gauch i -. ment do la pâte pendant la dessiccation. On le.- évite par une exposition convenable*ménagée dans de* séchoirs bien disposés. lorsque le* reliefs du biscuit déterminent entre eux des creux qui uc sont pas trop larges, le niveau d'émail s'établit

DÉCORATION CÉRAMIQUE

tr«s*-difficilement pendant la cuisson, à cause tle U esp Ilarité qui tend h faire remonter le corps en fusion aux partie- les plu* élevées <lu dessin. Les remèdes à ces défauts doivent être apportés dans les modèles plutôt que dans les moyens d'exécution. On évite, avec de l’adresse et du soin, le désordre que produirait le manque d'horizontalité dans le four. Enfin, lorsque le four est établi dans de bonnes conditions, la réduction des 1 oxydes colorants n'a lien que dans dos circonstances exceptionnelles. La pureté du feu devient l'une des premières causes du succès de cette fabrication.

B. Occupons-nous actuellement des émaux durs pour foud». Il convient de rapporter à ces sortes de composés un grand nombre de couleurs de grand fen, et nous no Roron» pas embarrassé* de choisir nos exemples; nous citerons seulement les couleurs de Chine et le bleu de Sèvres.

Bouge flammé de Chine. — C'est ici le lien de faire connaître le résultat d* quelques expériences que j'oi faites u Sèvres pour reproduire le rouge au grand feu des Chinois. L’analyse m'avait donné, pour deux échantillon* de ronge, l'un uni, l'autre flammé rouge et bien, les composition» suivantes :

Cal H>ibis4

(|WU* tira*'. (Un rt tuf»).

Silice

Alumine .......

Oxyde de fer. . . . .

Chaux

Magnésie

traces

traces

Oxy«lo «le cuivre . » .

Oxyde de cobalt. . . .

Oxydo de plomb. . . .

. traces

Oxydo «le manganèse .

. traces

î.oo

Potn«e

Soude ........

Le* émaux rouges et bleus analysés ont été soumis u quelques essais. La couverte bleue a conservé sa coloration au chalumeau dans la flamme oxydante comme dans la flamme réductive.

l'our l'émail ronge,

f Un fragment de vase u coifterte rouge a subi la température du grand feu des fours de Sèvres. L’émail rouge a présenté diverses altérations en rapport avec sa composition ; il a coulé; il s'est réuni dans le» parties déclives en gouttes tressa i I lécs ; il a perdu ut cou leur rouge, totalement ù la surface, qui est devenue légèrement verdâtre et opaline, en partie seulement dans l'épaisseur qui est restée çà et là rosée dans tous les points que l*épni»»etir de ln couche avait préservés de l'oxydation pendant la cuisson.

La pâte, qui était parfaitement hlnnchc, a pris dans toute la surface exposée pendant la cuiseon à l'influence de l'atmosphère du four, une teinte brunâtre trèsprononcée due nu fer qu’elle contient. L'* parties intérieures, mises à nu par une nouvelle cassure, avaient conservé leur blancheur primitive.

2 ‘ Un fragment du même vase a été cnit au moufle et porté au rougo; après le démouflenient, il avait encore tout.- sa coloration. Les arêtes s'étaient conservées bien vives; il n'y avait pas eu de ramollissement nu fen de peinture. .•

3° L’essai fut répété sur le même tesson, mais cuit k la température de l'or mat. Cette température fut -attisante alors pour i amollir un peu l'étnaU, émousser les bonis de la cassure, mais insuttisunte toutefois, pour faire adhérer à la couverte lo sable dan* leqnel le fragment avait été pincé pendant la cuisson. La porcelaine dure «le Sèvres, dans les mêmes conditions, ne subit aucune modification, aucun ramollissement.

DÉCORATION CÉRAMIQUE. 135

On doit donc admettre, d'après l'onalyso et les essais qui précèdent, que la coloration de l'émail en rouge dépend «le la présence de l’oxydule do cuivre répandu dans la couverte ; que cette couvorto cuit à une température très-élevée, quoique cependant inférieure à « elle du grand feu do Sèvres, peut-être égale à celle du grand feu des fours chinois; que la fusibilité de cette couverte est augmentée par la proportion de lu chaux dont la quantité varie et dont nous avons constaté l’existence, M. Ebclmcu et moi, dan* toute»! les couvertes dos porcelaines do lu Chine. Les tentative» que j'ai fuites jusqu'à ce jour pour obtenir «ette couleur ont d'ailleurs confirmé les données qui précèdent. J'ai reproduit cette coulour en faisant un mélange de :

Feldspath 50,00

Craie fi, 00

Oxydo de cuivre 6,00

.Sable d'Aumont 38,00

Ce qui correspond à t

Silice 76,00

Alumine et oxyde de fur. . . . 7,7.i

Chaux et magnésio G, 0M

Potasse et soude. ....... 3,72

Oxydo de enivre 6,00

On est forcé, dans ce dosage, d'exagérer la quantité i d'oxyde do cuivre à cause de sa volatilité dans une atmosphère réductive. Cet émail est aussi plus dur que lu rouverte de Chine ; mais cette condition est indispensable pour ne pas s'exposer aux trossaillures; on doit ! même, pour éviter plus facilement ce défaut, coin - 1 poser différemment la pâte en In rendant plus fusible, v c'cst-à-diro en rapprochant su composition de celle de* ' porcelaines do la Chine. La pâte qui suit donne de bons

résultat» :

Pfite de service définie 80

Feldspath pour couverte 20

La pâte de service définie ne peut convenir pour les pièces à couverte ronge ; les conditions d’enfumage pour développer et maintenir la coloration du enivre h l'état 1 d’oxydulc, s’opposent nu tirage du lour, et 1» pâte ordiuairo no cuit que difficilement. .Si l’on cherche à la i rendre tran-parentc. il faut perdre la couleur rouge et, i par l’excès du feu, la couverte même durcie comme I celle que j’ai donnée, coule et se déplace, i J’ai pu, en rétrécissant simplement la cheminée d’un petit four, obtenir dos pièce» rouges faites avec lu 1 pâte attendrie; la couvcrto no tres*aille pas. ce qui est rare mémo sur des pièces de la fabrication chinoise.

Itleu pour porcelaine dure. — Le hlcudo Sèvres est encore un véritable émail qui exige plus de chaleur que les couleurs que nous venons d'examiner. L’oxyde de cobnlt e*t dissous.

Voici du reste le procédé In pins simple pour l’obtenir. c’est celui dont.jo luis usage dan» mon service de .Sèvres. Depuis 1816, j’ai constamment fuit cette ' coloration avec l’oxydo de cobalt venant «le Birmingham ; en raison de la pureté do cet oxyde et de sa puissance colorante, il n fallu modifier le «losage nn- < iennement accepté. Je prends actuellement ;

Oxyde de cobalt 1 i

Couverte ou pegmutite 86

Le bleu, préparé comme il est dit pins haut, est trèsfleuri, bien vitreux et n’a donné que très- rarement ces espèces «le taches géodiqncs cristallisées et rosâtres que présentaient assez fréquemment les bleus provenant des oxydes do cobalt préparés nu luboratoirc «le Sè-

436 DÉCORATION CÉRAMIQUE

DÉCORATION CÉRAMIQUE

vre*. On n’a pas remarqué que ces fonds nient, plus que les nutTes, tendance à grésiller.

Il convient, quand on fritte le mélange de pegmatite et d’oxyde de cobalt, de ne pas fondre à une chalenr trop intense; le bleu devient alors court et d’un emploi difficile.

Nous donnerons ici, comme non» l’avons fait pour les autres matières colorantes, quelques compositions, en les distinguant naturellement par espèces de poteries. Nous commencerons par les faïences communes, pour finir par les faïences fines et les porcelaines dures.

patence* communes. — Nous avons vu comment on préparait les émaux blancs pour faïence, on trouve dans le commerce quelques pièces de faïence colorées en jaune, en vert, on brun, en bleu. Nous indiquons ici les dosages au moyen desquels on obtient ce» colorations.

3° Poterie verte. On mélange :

Minium G6

Argile de Vanvres. 45

Sable de Bcllevitle 45

Oxyde de cuivre 4

Ces matières sont mêlées ensemble, puis broyées dans des meules en grès mues à bras à l'aide d'un manebe vertical attaché sur un point de la circonférence.

On fait usage, dans les fabriques importantes, de tournants qu’on affecte nu broyage d’une même couleur.

Porcelaine fendre française. — On prépare un flux de très-bonne qualité pour les fonda de porcelaine tendre employés comme vernis coloré ou comme fond do couleur applicable sur la poterie déjà mise eu glaçure» en fondant :

4° Minai I jaune. On fait usage d'émail blanc, on ajoute soit de l'oxyde d’antimoine, soit du jaune de Naples. On peut foudre d'une seule pièce le* éléments suivants, qui donnent une composition suffisamment fusible.

Minium 435

Sable 50

Borax 25

A ntinioiiiate de potasse 40

Oxyde de fer rouge 2

2° Émail bleu. On mélange :

Émail blanc 05

Oxyde de cobalt azur 5

En augmentant la dose de bleu d'azur, on obtient un bleu plus intense.

3° Émail vert. On mélange encore î

Émail blanc 95

Oxyde de cuivre 5

4° Émail vert-pistache. On triture ensemble t

Émail blanc 04

Protoxyde de cuivre 4

Jaune de Naples 2

5* Émail violet. On mélange :

Émail banc 04

( 'nrbonate de manganèse pur. . . 6

Tous ces émaux peuvent se faire, comme l'émail blanc, en mélangeant les oxydes à la composition qui doit donner le blanc et fondant de la même manière que s’il s’agissait de fondre de la glaçure ordinaire. Dans quelques cas, on se contente d'ajouter l’oxyde colorant aux émaux blancs finement broyés.

Il faut éviter pendant la cuisson de placer à côté des pièces blanches celles qui sont vertes ou bleues, car il y aurait coloration par volatilisation.

Poterie* colorées. — Les poterie» communes reçoivent des colorations trèÿ-rariéc* du fait de l'addition à leur glaçure de principes colorants. 1-ca poteries jaunes, par exemple, sont obtenues au moyen do l'addition d’une certaine quantité do minium dans 1a glaçure.

4° Poterie jaune. On prend :

Minium 70

Argile de Vanvros 46

Sable de Belleville . 44

2° Poterie brune. On triture ensemble :

Minium 70

Argile de Vanvrcs 43

Sable de Belleville 43

Oxyde de manganèse 14

Sable. 835 grammes.

Minium 500 —

Carbonate de soude 200 —

Ce flux est coloré de la manière snivnnte, en ajoutant avant la fonte :

Savoir :

En turquoise bleue . . . oxyde do cuivre. . . 400

. . . 1 oxyde de cuivre . , 400

t. turquoise verte . . . | rhromo . | .

. t oxvde de cuivre. . . 400

Ln vert-pomme .... J ^ d(, ctaBW ,#

. j , | oxyde de cuivre. . . 400

En jaune verdâtre . . .ï

J | oxyde de chrome . . 4 o

En bleu foncé oxyde de cobalt. . . 46

En bien moyen ..... oxyde de cobalt. . . G

Én bleu pâle ../... oxyde de cobalt. . . 4,5

En lilas clair . oxyde demanganè-c. 40

En ivoire jxyde de fer rouge. . 80

En rose foncé or à l’état de pourpre. 0,64

En rose clair or à l'état de pourpre. 0,32

Ces exemples suffisent pour donner l'indication de la marche à suivre : *on mélange les éléments du fondant, on ajoute les oxyde* colorants, puis on fond; je fais ce* fontes dans un petit fourneau métallurgique. Un avantage de ces fonds, c’est qu’ils peuvent être appliqués sur des pâte* ou des engobes colorés, et donner par superposition des colorations qu'il ne serait pas possible d’obtenir autrement.

1.C8 Chinois font un assez grand usage de superpositions, et l’emploi de ce moyen ajoute à leur fabrication un caractère très-grand «l'originalité.

On donne aux fonds colorés, dans la glaçure dont on recouvre les porcelaines , le nom de fonds par immersion. Cette désignation vient de ec que ees glaçures colorées sont appliquées connue les autres gln- «, •tires, et par les méthodes expéditive* de l'immersion. Cependant, exceptionnellement, on se sert do ' l’arrosement pour poser le* fonds des faïences communes; et c'est par saupoudration ou tamisage qu'on a placé jusqu'à ce jour les fonds dont on fait no grand emploi sur la porcelaine tendre.

C. Examinons les émaux pour peindre I.es couleurs qui composent les assortiment», employées en Chine et que différents voyageurs ont apportées en France, sont, les une* brute», et les antres préparées.

différence qui les sépare n'existe seulement , quelquefois, que dans la préparation mécanique qn'on fait subir à la couleur brute pour la rendre susceptible d'être appliquée, au pinceau, sur la pièce à décorer; d'autres fois, en même temps qu on broie la

DÉCORATION CÉRAMIQUE

couleur brute, on y ajoute, ou do la céruse, bl Von veut la rendro plus fusible, ou du sable, si on la trouva trop tendre.

Dans le premier cas , la couleur brute doit présenter, avec la couleur préparée, une identité complèto de composition. Nous avons, M. Ebelmen et moi. autant quo nous l'avons pu, analysé simultanément les deux espèces do couleurs. Je no puis donner ici les résultats do ce travail; j'indique, pour y recourir au besoin, le Recueil Jet travaux scientifuues d’Ebclmen, t. i. p. 377.

Quelle quo soit leur origine, les couleurs qni servent â la Chine dans la décoration des porcelaines présentent toutes , en même temps qu’une grande simplicité, un caractère de généralité qui ne peut échapper ; le fondant qui n’est pas distinct dans la couleur est» toujours composé de silice, d’oxyde de plomb dans des proportions peu variables et d'une quantité plus ou moins grande d’alcali* (soude et potasse). Ce fondant maintient en dissolution à l'état do silicates quelques centièmes seulement d’oxydes colorants dont le nombre est excessivement restreint. Les matières colorante* sont : l'oxyde de cuivre pour les verts et verts bleuâtres, l’or pour les rouges, l’oxvde de cobalt pour les bleu*, l’oxyde d'antimoine pour le» jaunes, l’acide arsénique et l'acide stannique pour les blancs, quelquefois le phosphate de chaux.

L'oxyde do fer et le» oxydes de manganèse impur, qui donnent, l'un du roug*», l'autre du noir, font seuls exception, et c’est sans doute parce qu’il est impossible d’obtenir ces couleurs, par voie de dissolution, avec ces dernier* oxyde* ; ces matières rentrent ulors dan* la classe des couleurs proprement dites.

Cette composition spéciale des couleurs de la Chine entraîne des aspects particuliers dans les décorations qu'elles servent a produire , et c'est d’elle que le» peintures chinoises et japonaises tirent leur caractère distinctif.

Quelques couleurs s’appliquent directement, telles que le commerce les fournit ; d’autres, au contraire, exigent, n\nnt de pouvoir être employées, une addition \ariablc fixée par l’expérience . préalablement sans doute; on le» ramène de la sorte à *o UÆIoppar toute* à une température déterminée. I. 'assortiment rapporté do Canton, enlevé sur la table d’un peintre chinois, nous donne l’exemple d'une palette toute préparée. Le» additions avaient d<\ être faites, et nous avons pu constater que la céntse ajoutée l'a été pour la plupart en petite quantité, si même celle que l'analyse non* n fait découvrir ne provient pas d*un commencement d'altération de la couleur pendant lo broyage.

Kn Europe, les couleur* pour peindre la porcelaine dure sont formées par un mélange de certains oxydes et de certains fondant*; nous venons de diro que les couleurs de la Chine diffèrent complètement, et pour la nature de* éléments du fondant, et pour les proportion* de l’oxyde colorant. On ne trouve pas de* différence* moin* tranchées quand on envisage l’état dan» lequel sc trouve la matière colorante dans ces deux sortes de couleurs. Et le* deux assortiments ne peuvent plus être comparés quand on vient à établir lo parallèle entre les substance* employées, dans les deux en*, comme principe» colorant*.

On vient de voir que le* oxydes dan» la palette des Chinois étaient borné, à l’oxyde do cuivre. à l’or, à l'antimoine, à l’arsenic, b l'étain- et à l'oxyde de cobalt impur, qui donne tantôt du bien, tantôt du noir; enfin à l'oxyde de fer, qui fournil une nuance de rouge. Nous verrons que dans bis couleur* d'Europe, pour lesquelle* on fait usage de» divers oxydei ijne uou» venons «ta citer, on tire, en outre, un très-grand parti do substances inconnue* des Chinois. On ntodifie

DÉCORATION CÉRAMIQUE. 137

la nuance de l’oxyde <lc cobalt pur en le combinant n l’oxyde de zinc ou à l’alumine, quelquefois A l'alumine et à l'oxyde de chromo; l’oxyde de 1er pur fournit une dizaine de rouge* nuancés du rouge orangé au violet de fer très-foncé; on obtient des ocres pâles ou foncé», jaunes ou bruns, en combinant diverses proportions d’oxyde do fer, d’oxyde de zinc et d'oxyde do éohalt ou de nickel : le* bruns sc préparent en augmentant la dose de l’oxyde de cobalt contenu dans la composition qni fournit les ocre.» ; le» noirs, par lu suppression de l’oxyde de zinc dans les mêmes préparations. Nous varions les nuances do nos jaune* pur des additions soit d'oxyde do zinc ou d'étain pour les éclaircir, soit d’oxvdo de fer pour les rendro plus foncé*. L’oxyde de chrome pur ou combiné, soit h l’oxyde do cobalt , soit aux oxyde» de cobalt et de zinc, donne des verts jaunes et des verts bleuâtres qui peuvent varier du vert pur au bleu presque pur.

L’or métallique nous fournit le pourpre de Cnssius, que nous transformons ensuite, à volonté, en violet, en pourpre ou en carmin. Nous citerons encore l’oxydo d'uranc, les chromâtes de fer, de baryte, de cadmium, qui donnent d’utiles couleurs, et nous terminerons en indiquant l'application toute récente de» métaux inoxydable* au feu, dont la découverte et la préj>aration exigent des connaissances en chimie que les Chinois sont loin de posséder.

Tou* ces différents principes colorants se trouvent dans les couleurs ouropécuucs à l’état de simple mélange ; dans le» couleurs des Chinois, les oxydes sont, an contraire, dissous, et cette circonstance nous permet de les rapprocher d’une autre sorte do produits qqi, répandu* à la Chine, se présentent aussi fréquemment dans l'industrie d'Europe. Ce rapprochement nous permet de classer ces matières colorantes parmi les émaux

firoprement dit*; et, en effet, nous avons trouvé dans os composé* vitreux, qui sont désigné* en France sont lo nom d'émaux, non-seulement lu même coloration obtenue pnr les même» oxydes, muis une composition de fondant analogue et quelquefois identique. Les émaux transparents no sont-il* pas, comme ou sait, des composés vitrenx, dont la coin position est vurialde en vertu de la fusibilité qu’ils don eut offrir, et colorés pnr quelques centièmes d’oxydes. Les bleus sont fourni* par de l’oxyde de cobalt, les verts pnr du deutoxvde de cuivre, les rouges par do l’or; les émaux opaques, jaune* ou blaucs, doivent leur coloration, leur opacité, soit à l'antimoine, soit à l’acide arsénique ou ii l’acide stannique, quelquefois nu phosphate de chaux.

Voici, du roste, les analyse* que nous avons faite» de d.fférent» émaux pris dan* le commerce et destiné* à la fabrication 'des bijoux émaillés sur cuivre , sur

or ou sur argent :

Dieu.

Rubis.

Vert.

l’eite au feu

Silice

, bl ,01)

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