‹ Complément du guide de la méthodeChapitre 3 sur 33 · MAIN HARMONIQUE DES ANCIENS · texte numérisé non relu

MAIN HARMONIQUE DES ANCIENS

JV. B. En suivant ci-dessous l’ordre numérique des chiffres 1 à 20 le long des cinq lignes qui, par leur direction, indiquent les cinq doigts de la main harmonique des anciens, on connaîtra l’ordre dans lequel les notes s’indiquaient avec l’index de la main gauche pour solfier les vingt notes du système de Gui d’Arezzo.

Médium.

index.

Pouce.

13e ( } mi 42c

sol 14 f

** la 15

si 4C

t * re 11c

< ► fa 1 9dd f ré 1 8 ce

sol 16aa* la 17bb

Annulaire.

ut 5 D 4 1 ré 6 E t f mi 7 F ^ fa

Petit doigt.

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là

sol

La méthode de la main fut en usage de la sorte jusque vers le milieu du 16« siècle, époque à laquelle Bourgeois proposa la solmisation actuelle (1850)1. Dans le siècle suivant ( 1636), le père Mersenne n’en reproduisit pas moins la main harmonique , mais sans spécifier ses usages avec détail2.

Enfin Rameau , sans mentionner la main harmonique des anciens, proposa dans son Code de musique (1760) l’usage de la main, bien ouverte et le petit doigt vers la terre , pour représenter les cinq lignes de la portée musicale. Rien ne témoigne pourtant que cette heureuse indication ait été suivie. On peut encore rapporter ici, comme ayant de l’analogie avec ce dernier moyen, que vers le même temps Jacob , musicien de l’Opéra, se servit dans sa méthode d’une portée sans clef ni notes, portée vide dans l’usage de laquelle un auteur moderne,

(1) Le droit chemin de musique , avec la manière de chanter les psaumes par usage ou par ruse, sans le secours de sa main, par Bourgeois. Genève, 1550.

(2) Le père Mersenne, lib. 6, de Generibus et Modis. Paris, 1636. {Voir l’avis imprimé en tête de V Indicateur-Focal.)

M. Paslou , habile professeur, croit trouver l’origine du Méloplasle de Galin ; mais Galin connaissait-il l’ouvrage de Jacob (1769)? connaissait-il le Traité pratique du chant ecclésiastique , par l’abbé Le Bœuf, qui emploie également la portée vide (1741), et connaissait-il l’ouvrage de Sebalte Heyden (1557), où cette sorte de portée est également présentée 1 ?

Arrivé maintenant aux mains musicales de la méthode actuelle (Tableau nous devons faire remarquer que , dans tout ce qui a précédé , il n’est pas question d’établir les deux mains en rapport avec la portée générale des voix, ni de leur attribuer des places diésées ou bémolisées au moyen desquelles on peut toucher des chants modulés, analyser les diverses espèces d’intervalles et composer les gammes dans les deux modes ; on n’y parle pas non plus de l’emploi d’une clef d 'ut mobile, sous forme d’anneau, pour lire sur la main aux diverses positions de cette clef comme cela se pratique avec les clefs mobiles de l’Indicaleur-Vocal (tableau 42). Tels sont en abrégé les documents que nous avons pu recueillir sur les usages antérieurs de la main ; les personnes éclairées et judicieuses sauront bien, d’après cela, attribuer à chaque auteur la part du mérite qui lui revient dans cette succession d’inventions, d’additions et de perfectionnements.

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