LE HURLEUR A QUEUE NOIRE ET JAUNE
Stentor flavicaudatus. Gxorr. Sait-His, (1),
Cette espèce, distinguée par M. de Humboldt, habite par bandes les rives de l’Amazone, dans les provinces de Jaën et de Maynas, et est connue sous À le nom de Choro. Elle est généralement d'un brun | noirâtre, avec deux stries jaunes sur les côtés de la
queue ; la face, d’un brun jaunâtre, est peu garnie : de poils. La queuc cest plus courte que le corps.
Ce genre, établi par M. Gcoffroy Süint-Hihp (Aun, du Mus., t. VIT), se distingue au pri aspect de tous les autres singes américains! à la ception du genre suivant) par l’état rudimenis du pouce aux mains antérieures. Liés de la many la plus intime, soit avec les hurleurs qui les ps dent, soitavec les lagothriches et les sajous quin les suivre, ils en diffèrent cependant d'une mai bien remarquable, en ce qu'ils manquent du er tère essentiel, non seulement de la famille des ges, mais même de tout l’ordre des quadrum Les atèles n'ont point de pouces, ou n'ont quis poucesexcessivement courts aux mains antérieurs ou, pour parler plus exactement, ils ont des pus tellement rudimentaires, qu'ils restent entiiremd ou presque entièrement cachés sous la peu:
leur nom d’atèles, c’est-à-dire singes imparfai, singes à mains imparfaites. Déjà chez leshurke nous avions trouvé aux mains antérieures des pus courts, peu libres dans leurs mouvements, pit posables aux autres doigts, et par conséquent la usage borné dans la préhension. Chez les atèle a emploi devient tout-à-fait nul, aussi bien lors extrémité paroit à l'extérieur que lorsquis entièrement cachés sous les téguments. Il «nd que dans ces deux groupes de sapajousquelquews des fonctions qu’exerce ordinairement la mani été dévolues au prolongement caudal, etquelt trême développement de ce dernier organexi nécessairement à l'atrophie plus ou moins cm des pouces. La loi du balancement des org 4 de nombreuses applications ont déjà été faits nos travaux, semble donner la clef de mais surtout clle nous explique d'une mani pante et toute directe ceux que nous allons in | Chez les hurleurs, les membres sont proporié au corps, et les pouces ne font ques’atroplit! les atèles, les membres, et plus spécialmil mains, sont d’une excessive longueur, €l £ , avortent presque complétement. Et ilestsi ces deüx conditions organiques sont liées l'une tre, que chez les lagothriches, dont l'oreth répète presque en tout point celle des alles,
LE HURILEUR NOIR.
Stentor niger. GEOrr. Sainr-Hiz,
C'est très probablement le caraya de d'Azara. Le mâle adulte est uniformément noir ; seulement la queue est couverte à sa faceinférieure de poils jaunes à pointe noire. La face est revêtue presque par-
. tout de poils, mais ces poils sont très courts et très peu abondants. Les jeunes et les femelles diffèrent beaucoup des mâles; ils sont d’un jaune de paille à la face inférieure du corps, sur les flancs , sur les membres (à l'exception des mains), et sur la tête. | Le dos est vêtu de poils noirs, avec la pointe jaune, Ï paroissant dans leur ensemble d’un fauve cendré.
à Cette espèce habite le Brésil, et se distingue, outre
les traits caractéristiques que nous venons d'indiquer, par sa taille (elle n’a qu’un peu plus d’un pied et demi du bout du museau à l’origine de la queue ) et par la callosité de sa queue, qui comprend moins du dernier tiers. Son crâne nous a présenté les caractères suivants : Je museau est étroit comme chez le stentor chrysurus, mais seulement en devant; il suit de là que le palais est beaucoup plus large en arrière qu’en avant, et que les deux rangées de dents, bien loin d’être parallèles comme chez le chrysurus, se rapprochent beaucoup antérieurement. Nous pensons que l’on doit rapporter à cette f espèce le myretes barbatus de Spix (loc. cit., pl. 32 et 55 ), qui diffèreroit cependant, suivant les obser- | vations de ce voyageur, par l'étendue plus considérable de la callosité de la queue; ct l’arabate, stentor stramineus de Gcoffroy et de tous les auteurs | | françois, qui, d’après l'examen comparatif que nous
de
LS SARL.
avons fait des pelleteries et des crânes de plusieurs individus, nous paroît être la femelle ou le jeune. Peut-être le stentor flavicaudatus n'est-il lui-même qu'un double emploi, et ne repose-t-il que sur des individus différant par l'âge de ceux que nousavons examinés.
(") Simia flavicauda, Humbo!dt.
Juenous décrirons p Is Ces caractères on idus, et nous les
tous les crânes qué ontraire sur un se
adulte de l’ateles p AU Un fait que n “06 une anomalie
verrons en même temps les pouces reparuité mains se raccourcir. Au reste, si les mené une longueur considérable chez les atèles, ik aussi excessivement grèles ; d’où l'on a que donné à ces animaux le nom de singes-arif"* d'où résultent pour eux des habitudes el très remarquables, Leur marche, ainsl qui
ÿ Saint-Hlin guC au Dreme ricains ! à l'a dt rudimentis is de la maniky rs qui Les pré $ Sajous quir 1 d'une mani quent du ein: a famille des se >S quadrumin ju n'ont quels sains antérieurs ils ont des pous stent entitrenet ous la peau: dt nes imparfal, L chez les hurka Sricures des pous vements, peut r conséquent Î Chez les atèles si bien lorsque ue lorsqu'ils ments. 1 sal ajous quelques ment la main audal, et quel nier organe sil ou moins com nt des organts 4 déjà été lits h clef de cts d'une manittt ous allons ind S sont proparif ue s'atrophitt:
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sobservations de M. Geoffroy Saint-Tlilaire(Ann. u Mus., t. XIE), ressemble à celle des orangs,
Mont aussi des membres très longs et très maigres.
mme ces derniers ils sont obligés, lorsqu'ils veu-
M marcher à quatre pieds, de fermer le poing et
eposer sur la face dorsale des doigts. Dans quelques s, les atèles, ce qui est aussi une habitude comune aux orangs, ont un autre mode de progreson un peu plus rapide : après s'être accroupis, ils ulèvent leur corps au moyen de leurs membres térieurs, et les projettent en avant comme font s gens qui se servent de béquilles, ou bien encore mme le font les culs-de-jatte. Ce mode de locootion, qui rappelle aussi celui des kanguroos lorsd'ils marchent à quatre pieds, est très remarqua- ,en ce que les membres de derrière ne jouent d'un rôle absolument passif, et que la longueur nsidérable de ceux de devant , qui est en général e cause de gène et de lenteur dans la progression, vient ici une circonstance extrêmement favorable. Lesatèles, semblables aux orangs par leurs mems longs et grêles et par leur mode de progrespo, se rapprochent aussi à divers égards des autres ares qui tiennent avec les orangs le premier rang mi les singes de l’ancien monde. Quelques rapts entre eux et les gibbons ont été signalés par . Desmarest, et aussi entre eux et les semnopiêques par M. Fr. Cuvier ; et il est certain, comme remarqué M. Geoffroy, qu'il existe quelque resmblance entre leur crâne et celui du troglodyte. boite cérébrale est arrondie et volumineuse, et e près des deux tiers de la longueur totale du ne, L'angle facial est de soixante degrés environ. s orbites, larges et profondes, sont en outre requables chez les vieux individus par une sorte crèle existant à la portion supérieure et à la porexterne de leur circonférence. La mâchoire inieure est assez haute, et ses branches sont larges, ique beaucoup moins que chez les hurleurs. L’oulure antérieure des fosses nasales est de forme le; et il est à remarquer qu'une partie de leur Mour est formée par les apophyses ascendantes os maxillaires, les intermaxillaires ne montant jusqu'aux os du nez, et ne s’articulant pas avec Comme cela a lieu chez la plupart des singes, particulièrement chez les hurleurs, les lagothris, les sajous, et même chez quelques espèces , qu'à ce jour confondues avec les véritables atèles ; que nous décrirons plus bas sous le nom d'ériodes. IS ces caractères ont été vérifiés sur plusieurs inidus, et nous les avons constamment retrouvés tous les crânes que nous avons examinés. C’est ontraire sur un seul, appartenant à un mâle presadulte de l’ateles pentadactylus, que nous avons nnu un fait que nous ne pouvons regarder que "6 une anomalie, celui de l'existence de sept
molaires au côté droit de l’une et de l'autre mâchoire, On verra plus loin que M. Geoffroy Saint-Hilaire a déjà signalé chez un très vieux sajou une semblable exception à l’un des caractères les plus généraux des singes platyrrhinins, puisqu'il se rencontre non seulement dans les cinq genres du groupe des hélopithèques, mais aussi chez les géopithèques. Enfin, pour terminer ce qui concerne le système osseux, nous dirons que les vertèbres caudales sont au nombre de plus de trente, et qu’elles forment plus de la moitié du nombre total des vertèbres ; qu'elles sont (principalement les premières) hérissées de nombreuses et fortes apophyses; que les os longs des membres sont au contraire grèles, et ne présentent sur leur corps ni crêtes ni aspérités; ce dont la loi du balancement des organes rend très bien compte, vu leur extrême développement en longueur ; enfin que les phalanges sont courbes, leur convexité étant en dessus; ce qui est un rapport de plus, et un rapport très remarquable avec les genres orang ct gibbon. L'hyoïde ressemble aussi à celui d’un grand nombre de singes de l’ancien monde, tels que les guenons et les cynocéphales. Son corps est une lame très étendue de haut en bas, et recourbée sur cllemême d'avant en arrière. C'est en petit un arrangement analogue à celui qui caractérise d’une manière si remarquable les hurleurs. Au reste cette ressemblance anatomique, quoique très réelle, n’entraîne point une ressemblance dans la voix. Celle des atèles, aussi bien que celle des genres suivants, est ordinairement une sorte de sifflement doux et flûté qui rappelle le gazouillement des oiseaux.
Nous passons maintenant à l'examen de quelques caractères qui distinguent plus “articulièrement les atèles, soit des lagothriches, . : surtout du genre auquel nous donnons le nom « ::odes. Leurs molaires sont aux deux mâchoires petites et à couronne irrégulièrement arrondie ; et, ce qui est surtout à remarquer, les incisives supérieures sont de grandeur très inégale, celles de la paire intermédiaire étant à la fois beaucoup plus longues et beaucoup plus larges que celles de la paire externe. Les inférieures, rangées à peu près en demi-cercle de même que les supérieures, sont au contraire égales entre elles ; et, toutes assez grandes, elles surpassent sensiblement en volume les molaires. Les ongles sont élargis et en gouttière comme chez presque tous les singes; leur forme est à peu près demi-cylindrique. Les oreilles sont grandes et nues. Les narines, de forme allongée, sont disposées comme chez les hurleurs; elles sont assez écartées l’une de l’autre et tout-à-fait latérales, c’est-à-dire placées exactement sur les côtés du nez. On a déjà vu, et il importe de le rappeler ici, que les ouvertures osseuses qui leur correspondent sont de forme ovale, et circonscrites dans une
portion de leur contour par les apophyses montantes
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des os maxillaires. Le clitoris est excessivement vo- Jumineux ; aussi arrive-t-il très fréquemment que l'on prend des femelles pour des mâles. Cet organe avoit jusqu'à deux pouces et demi de longueur sur une femelle de belzébuth récemment morte à la Ménagerie, et sa grosseur étoit considérable, La structure du clitoris ne présente d'ailleurs rien de particulier, et il est nu comme à l'ordinaire. Les parties du corps et de la queue, voisines des organes sexuels, n'offrent également rien d'insolite, et sont plus ou moins velues. La queue, beaucoup plus longue que Je corps, est nue en dessous dans son tiers terminal, Enlin la nature et la disposition des poils offrent des caractères que nous ne devons pas omettre, parce qu'ils permettent de distinguer, au premicr aspect et avant tout examen, les atèles des deux genres suivants. Le pelage est soyeux et généralement long comme chez les hurleurs. Cependant, comme cela a lieu aussi chez ces derniers, le front est couvert de poils ras qui se dirigent, au moins en partie, d'avant en arrière. Au contraire tous les autres poils de la tête sont très longs, et se portent d’arrière en avant ; d'où résulte au point de rencontre des uns et des autres une sorte de crête ou de huppe plus ou moins prononcée, et dont la disposition varie suivant les espèces.
Les atëles sont généralement doux, craintifs, mélancoliques, paresseux et très lents dans leurs mouvements. On les croiroit presque toujours malades et souffrants. Cependant, lorsqu'il en est besoin, ils savent déployer beaucoup d’agilité, et franchissent par le saut de très grandes distances. Ils vivent en troupes sur les branches élevées des arbres, et se nourrissent principalement de fruits. On assure qu'ils mangent aussi des racines, des insectes, des mollusques et de petits poissons, ct même qu'ils vont pêcher des huîtres pendant la marée basse, et en brisent les coquilles entre deux pierres. Dampier, auquel nous empruntons ce fait, et d’Acosta rapportent encore quelques autres circonstances propres à nous donner une haute idée de l'intelligence et de l'adresse de ces animaux. Ils affirment que lorsque des atèles veulent traverser une rivière, ou passer sans descendre à terre sur un arbre trop éloigné pour qu'ils y puissent arriver par un saut, ils s’attachent les uns aux autres par la queue, et forment ainsi une sorte de chaine qu’ils mettent en mouvement et font osciller, jusqu’à ce que le dernier d’entre eux puisse atteindre le but où ils tendent, se fixer à une branche, et tirer à lui tous les autres. Leur queue, outre sa fonction la plus habituelle, celle d’assurer la station en s’accrochant à quelque branche d’arbre, est employée par eux à des usages très variés. Ils s’en servent pour aller saisir au loin divers objets sans mouvoir leur corps, et souvent même sans mouvoir leurs yeux ; sans doute parce que la callosité jouit
HISTOIRE NATURELLE
d'un toucher assez délicat pour renûre inutile jy quelques occasions le secours de la vue, Quels
ils s'enveloppent dans leur queue pour se sr du froid, auquel ils sont très sensibles ; ou Ling l'enroulent autour du corps d'un autre individu reste, nous n'avons jamais vu aucune espèce se gr de sa queue pour porter à sa bouche sa nourriw. suivant une habitude que les voyageurs attrihyg aux atèles. Leurs mains, que l'absence du pou, leur étroitesse et leur extrême longueur rene d'une forme désagréable, mais qui sont loin dé sans adresse, remplissent constamment cette fu. tion, Ce genre, répandu dans une grande parie l'Amérique du sud, comprend aujourd'hui un grand nombre d'espèces, toutes trés voisines Jesus des autres et se ressemblant même pour à pr par les couleurs de leur pelage. Ce seroit, snsa cun doute, rompre d’une manière très fâcheuse rapports naturels, que de séparer génériquementh espèces qui ont aux mains antérieures un rudinmt de pouce, de celles que l’on a coutume de déie comme tétradactyles. Nous avons déjà dit qwk pouce existe en rudiments chez celles-ci commeca les premières. Or, que le pouce soit entièrementa ché sous la peau , ou qu'il vienne porter à l'extérr son extrémité, qui ne voit que c’est là une cirwe stance qui ne peut avoir aucune influence sur
habitudes d’un animal, et par conséquent que ts
là un caractère sans aucune valeur générique? \w
ne croyons donc pas devoir adopter le genre cut:
pouce, brachyteles, proposé par Spix dans snow
vrage déjà cité sur les singes du Brésil, Ce genr,
qui seroit formé du chamek, de l’hypoxantheetdw
autre espèce, romproit doublement les rapports ur
turcls; savoir, en associant aù chamek l'hypout-
the, qui appartient, comme nous le démontrer
bientôt, à un genre très différent, ct, de pls,a
séparant le premier du coaïita, et le second de l'art
noïde, si rapprochés d'eux par leur organixin, que ce n’est guère que par l'absence ou la préet du pouce qu’on les distingue les uns des autres.
D LE COAÏTA (1).
C'est l'espèce la plus anciennement connne.D benton en a donné l'anatomie, et Buffon l'afigut mais elle avoit été confondue avec d'autres alé Son pelage est noir, sa face de couleur de mullti ses mains antérieures sont tétradactyles. Elleiw pied neuf pouces du bout du museau à la queue À celle-ci a deux pieds et demi. Elle habite la Gui où on la connoît sous le nom de coaïta ou cod
() Buffon, t. V, pl. 1 : ateles pantscus, Geotioti Hilaire, Ann. du Afuso. ,t, VII : simia paniteits næus,
pe, de l’ateles margl
Ateles pentadac
Il se distingue seu
peu plus longue ji paroissent au di les où de verrues nue de Buffon, n ita, M, Geoffroy S it établie, Elle hab , le Pérou,
LE Ale
1 ne se distingue « lèrement noire de « nent là Guiane. M.
le premier indiqué ple variété,
L'ATÈLE A I
Ateles m
l'est généralement nles; mais il se dist des qui entoure la fa e que celle des aut n peu plus courte.
eunes individus Ja entière. Cette esp Ne aussi dans la pro d'après M, de Hud el illustre voyageur art des auteurs ct su