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LES OUISTITIS

Arctopithecus. GEorr. (!).

De tous les singes, les ouistitis sont les quadrumanes qui se rapprochent le plus visiblement des mammifères de l'ordre des rongeurs, par les traits fondamentaux de leur système osseux buccal.

Quelles différences en effet entre les orangs et les gibbons, si remarquables par leurs longs bras, les semnopithèques dont les formes sont grèles, les babouins ou cynocéphales à museau de dogue, les sapajous à queue enroulante, et ces ouistitis au corps grêle, à tête arrondie, à longue queue velue ! Ce n’est qu'aux sagouins qu'ils se lient, et c'est parmi eux qu'ils ont été classés pendant fort longtemps ; mais on ne peut que reconnoître la justesse des idées de M. Geoffroy Suint-Hilaire, qui a le premier isolé cette petite tribu sous le nom d’arctopithèques ou de singes dont les ongles sont analogues à ceux des ours.

Les ouistitis s’éloignent donc des autres genres, non seulement par la petitesse de leur taille, l’harmonie svelte et gracieuse des formes, la vivacité des couleurs qui teignent leur pelage, mais encore par les traits les plus fondamentaux de l’organisation.

C’est ainsi que, par opposition avec ce qui existe chez tous les autres quadrumanes, les ouistitis ont Jeurs incisives proclives et obliques, et leurs ongles comprimés, recourbés, crochus, imitant de véritables griffes : leurs dents, au nombre de trente-deux, tandis que tous les autres singes américains en ont trente-six, se composent de quatre incisives, deux canines, dix molaires à chaque mâchoire. Les incisives d'en haut, très déjetées en avant et fort larges, sont convexes sur leur face antérieure, concaves sur la postérieure, et un peu échancrées sur leur côté externe seulement ; celles d'en bas sont plus étroites que les précédentes, mais plus allongées : les molaires antérieures ont sur leur couronne une pointe aiguë s’élevant au bord externe , et un talon sur leur côté interne ; les plus reculées dans la bouche ont leur surface hérissée, celle du maxillaire

(*) Hapale, illiger : jacchus et midas, Geoffroy : saguinus : Lacépède et Cuvier : simia, Linnæus callithriæ, Erxieben.

supérieur d’un tubercule interne et de deux ext, nes, et celle de l'arcade inférieure, de deur à ternes et d'autant sur le rebord extérieur,

Tels sont les caractères zoologiques les plis, stants pour réunir les ouistitis en un groupeque ne peut assimiler à aucun autre. L'examen a vers systèmes organiques ne fournit pas moins da données précises et non à dédaigner, pour en tr le signalement générique ; ainsi le pouce de la mi est peu mobile, et se trouve presque sud x carpe, sans jouir par conséquent des mourem d'opposition si complets, si étendus, chez tous autres singes, faculté qui leur a valu le nom deg drumanes : ce pouce, au lieu d’être revêtu d'nw gle aplati, présente une véritable grille allongea robuste. Cette anomalie ne se reproduit point a pouce du pied, qui est légèrement mobi, revêtu d’un ongle aplati, à la manière des pos de tous les singes. Les membres postérieurs su plus allongés que les antérieurs, et décèlent k fonctions qu’ils sont appelés à remplir, c'estidn à s'élancer de branche en branche à aider le et l'action de grimper dans les forêts touffues qu habitent; leur queue est longue, abondnna revêtue de poils sur toute sa surface , et ne æ tourne point ou n’est point prenante à l'extréni, comme celle des sapajous : leurs oreilles sont gr des, minces , cartilagineuses et presque dénudé, et leurs narines sont percées sur les côtés dumi une assez grande distance l’une de l'autre.

Les ouistitis sont recouverts d’une épaisse lu. rure, moins serrée sous le corps et en dedns& membres, composée de poils doux, soyeur, là mollets ; ce qui avoit porté Illiger à créer cons nom générique le mot hapale, du grec amd, M lis : les nuances les plus gracieuses les teignenl# dinairement , et leur donnent un aspect sit Comme tous les singes américains, Les ouistitis 1 point d’abajoues ni de callosités dénudées sk fesses. Leur angle facial est toutefois très on, d'environ soixante degrés, et la peau de lurit n’est point hérissée de poils. x

De cette organisation générale doivent iv lement découler pour les ouistitis des mœurs## habitudes différentes de celles des autres si Leur petite taille, dont les proportions sontsttls leur queue, qu'ils portent le plus habituels redressée sur le dos; leurs ongles acérés, 1 des animaux destinés à vivre dans les foribl manière des écureuils, avec lesquels ils ot} d’une analogie, soit de formes, soit de mœurs à intelligence est peu étendue, peu complète, À que leur angle faciai fasse supposer une € ampleur dans la boîte crânienne, et par sk le cerveau. Ce profil presque vertical est 8 à un allongement de la face, qui ne coul

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donner l'intelligence à l’acte de la génération, ht la prééminence n'est pas douteuse. Leur large que auditive doit recueillir avec une grande sse les sons répandus dans l'air, et ce sens doit ir chez ces petits êtres d’une perspicacité peu mune. ll en est de même de l’odorat, mis en pmunication avec l’atmosphère par deux ouverss élargies. Le toucher seul est à peu près nul, du moins fort incomplet, puisque les doigts sont mobiles, et que le pouce est comme fixé sur le ve, Cette imperfection est alors remplacée par ongles aigus , accrochants, destinés à se cramner sur les écorces et sur les branches, et qui ent suppléer par une adresse matérielle à la se intellectuelle et au tact des autres singes. outefois le cerveau est assez régulier pour que actes soient communément empreints d’une aine prudence, et d’une connoissance des corps ibles ou utiles qui les entourent, sans que pour on puisse leur accorder une dose remarquable lelligence. Dans leur état sauvage les mouvets sont rapides, pleins de grâces et de gentil- ; la brusquerie de leurs manières, l’inconce de leurs allures, les caprices du moment qui ant d'influence sur leur attention toujours rapide pobile, la beauté de leur pelage, en font des

Baimables, qu'on chercheroit à conserver en

bvité s'ils pouvoient vivre dans nos climats : ce pas cependant que plusieurs espèces n'aient é les hivers de la France, car nous savons h marikina couroit dans les rues de Brest par plus grands froids sans être incommodé ; mais xemples sont très peu nombreux, et tiennent s exceptions individuelles.

ouistitis en captivité, observés par divers nalistes, témoignoient une grande aversion pour hats et les guëêpes, qui leur rappeloient deux utables ennemis de leurs climats, les premiers iférant point en effet par les formes de pluchats carnassiers du Nouveau Monde , et les des étant très voisines des guèpes rouges si Freuses au Brésil et à la Guiane. Ces individus noissoient même les figures colorices qu’on MU sous leurs yeux ; et lorsque c’étoit par ple celles des grillons et d's sauterelles, qu'ils lent, ils cherchoient à s’en saisir. Ceci nous elle que des macaques bonnet-chinois, quenous ons devant un miroir, faisoient la grimace à Mage, en la voyant reproduite par l’être imare offert à leurs yeux , et s'empressoient de le her par derrière , absolument de la même maque le faisoient les Nègres océaniens soumis à épreuve.

Souistiis captifs recherchoient les insectes,

tels que les sauterelles, les hannetons, etc.; les pommes cuites, le sucre ; les œufs, qu'ils vidoient avec adresse, tandis qu’ils refusoient les amandes, les fruits acides , et les chairs non cuites; cependant si l’on plaçoit dans leur cage un petit oiseau en vie, ils se jetoient sur lui pour le tuer, et suçoient la cervelle après avoir brisé le crâne. De telles habitudes prouvent que ces singes à dents hérissées de pointes ont des mœurs cruelies comme celles des mésanges et des pies-grièches, avec lesquelles ils ont des rapports par leur humeur colérique, leur cri aigu et perçant, leurs brusques mouvements, leurs mobiles désirs. Ainsi les peint M. F. Cuvier : « Les ouistitis adultes n’ont jamuis montré beaucoup d'intelligence ; très défiants, ils étoient assez attentifs à ce qui se passoit autour d’eux ; et on auroit pu leur croire de la pénétration, à n’en juger que par leurs grands yeux toujours en mouvement, et par la vivacité de leurs regards. Cependant ils distinguoient peu les personnes, se méfioient de toutes, et menaçoient indifféremment de leurs morsures celles qui lesnourrissoient et celles qui les voyoient pour la première fois ; peu susceptibles d'affection , ils l’étoient beaucoup de colère ; la moindre contrariété lesirritoit ; et lorsque la craintes’emparoit d'eux, ils fuyoient se cacher en jetant un petit cri court mais pénétrant ; d’autresfois, et sans motifs apparents, ils poussoient un sifflement aigu qu'ils prolongeoient singulièrement sur le même ton: ils avoient besoin de déposer souvent de l'urine goutte à goutte ,et ils le faisoient toujours au même endroit et en s’accroupissant. »

Les ouistitis viventexclusivement dans les régions chaudes du Nouveau Monde, et principalement dans les forêts du Brésil et de la Guiane.

Les naturalistes les ont divisés en deux tribus : la première, celle des Jacchus, Geoffroy, ou Hapale, Illiger, ou ouistitis proprement dits, a les dents incisives inférieures inégales et cylindriques, le front peu apparent ; et la deuxième, ou celle des tamarins , Midas, Geoff., est caractérisée par les incisives taillées en bec de flûte , et le rebord orbitaire du front saillant. Ces deux petits genres assez naturels ont été proposés par M. Geoffroy Saint-Hilaire. Mikan, dans ces derniers temps, leur en a associé un troisième, celui des marikinas ; mais comme les trois divisions admises par l’auteur allemand ne reposent que sur l’arrangement des poils, il en résulte qu’elles doivent être rejetées, ou qu’elles peuvent tout au plus servir à établir des races parmi des êtres dont les espèces d’ailleurs se réunissent par un passage insensible de l’une à l’autre.

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HISTOIRE NATURELLE

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