‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 141 sur 514 · LE TAMARIN A FRONT BLANC · texte numérisé non relu

LE TAMARIN A FRONT BLANC

Jacchus albifrons (!).

Nous extrairons la description &e cette espèce de la Mammalogie de M. Desmarest. qui l’avoit luimême empruntée aux Mémoires de l’Académie de Stockholm pour l’année 1819. Son corps, mesuré depuis le bout du nez jusqu’à l'anus, a huit pouces, la queue dix, et les membres postérieurs huit. Sa face est noire ; et des poils blancs, très courts, revé

‘tent le front, les parties latérales du cou et la go ge.

Sur le rebord des oreilles et sur l’occiput sont implantés de longs poils droits très noirs; quelques poils roussâtres bordent l'anus ; et le pelage e:t en entier noir, légèrement varié d’un peu de blancliâtre, ce qui est dû à ce que les poils, noirs à leur sommet, sont blancs à leur base. La queue elle-même est brune, tachetée de blanc et d’un brun assez clair à son extrémité.

On ignore dans quelle partic de l'Amérique méridionale vit cet ouistiti.

LE MARIKINA.

Midas rosalia (?),

Proportionné et gracieux dans ses formes, enveloppé d’un pelage brillant, retraçant en miniature

(:) Desmarest, Mammal., rsp. 820, p. 534 : jacchus albifrons, Act. Stock. , 1819, fig.

(2) Geoffroy, Annal. du Mus.,t. XIX, p. 191 : jacchus

quelques uns des caractères du lion, le marikina est un des êtres que la nature, sous le rapport de la gentillesse, a traités avec le plus de faveur. Ce petit singe, un des ornements des forêts du Brésil, n'est nulle part plus abondant qu'aux environs de Rio- Janéiro et du cap Frio. C’est le sahui vermelho des Brésiliens, et le singe-lion des voyageurs d'Europe.

La taillé ordinaire du marikina est d'environ sept pouces six lignes, tandis que les proportions de la queue sont de dix pouces. Son pelage est remarquable par la finesse des poils soyeux qui le composent, et qui, beaucoup plus longs sur la tête et sur le cou, imitent assez bien sur ces parties une crinière qui n’est pas sans analogie de forme avec celle du lion. Tout le corps est d’un heau jaune clair, d’un blond doré sur la crinière, et plus pâle sur le dos, les cuisses, 11 naissance de la queue et le bas-ventre. La surface de la queue est partout recouverte de poils égaux, et ne se termine point en flocon à son extrémité. Sa face est large ct peu saillante, de couleur carnée livide, ainsi que les parties nues des mains ct des pieds. Les poils du front naissent des arcades soûrcilières ; mais ils sont d’abord très courts, et ne s’ailongent qu'au niveau, à peu près, des sutures coronales. Le pavillon de l'oreille est arrondi, rebordé seulement en haut, et n’est point terminé en bas par un lobule ; il est aussi, en partie, caché sous la crinière.

Parfois les couleurs du marikina sont variées de roux et de noirâtre, parfois aussi le roux du pelage affecte des teintes dorées d’un bel effet; mais on a remarqué que ce jaune se dénaturoit après la mort, qu'il étoit blafard, ce qui feroit supposer que les marikinas, en vieillissant, deviennent totalement blancs.

Ces singes vivent difficilement en Europe; ceux

qu'on y a introduits souffroient beaucoup des va-

riations de notre température : ils exigent des soins de propreté répétés, et paroissent éprouver le plus grand dégoût lorsqu'on les laisse croupir au milieu des ordures. Leurs aliments de prédilection sont les insectes et les fruits doux , bien qu’ils ne dédaignent point le lait et les sucreries. En captivité, ces animauy cherchent à se cacher dès qu’ils entendent le moindre bruit ; et c'est par un petit cri prolongé qu'ils expriment les craintes qui lesagitent. L’individu ob

servé par M. Frédéric Cuvier aimoit à recevoir des caresses, sans chercher à les rendre ; et, tout en témoignant de l'affection aux personnes qui lui étoient familières, i! = “{épouilloit jamais sa défiance. Ses

rosalia, Desmarest, esp. 104, pl. 95 : simia rosalia, Linnæus, Screber, pl. 35: le marikina, Buffon, t. XV, pl. 16, et pl. color. n° 263 (copiée Enyclopédie, pl. 19, fig. 1); Audebert, Singes, fam. 6, pl. 3: Humboldt, Prod. Observ. zoolog. esp. 41 : Fr. Cuvier, Mammifêres, re, livrais. : Isidore Geoffroy, Dictionn. class., t, XII, p. 502,

HISTOIRE NATURELLE

antipathics se déceloient par l'envie de mordre, le que ce ne fût que par un vain simulacre, et syng par un sifflement prolongé sur un ton dou, nÿ élevé, qu’il témoignât son ennui et sa tristesse | prenoit ses aliments tantôt avec ses mains, pa avec sa bouche, et buvoit en humant, Une fs

il s’élançoit dans la partie la plus élevée de Hop, qu'il sembloit préférer, et alors tous ses mOurena étoient agiles et brusques.

EE — LE LÉONCITO,.

Midas leoninus (1)

Le léoncito de Mocoa, ou le petit lion deseréh portugais de l'Orénoque, est un charmant tm découvert par M. de Humboldt. Son corps ete de sept à huit pouces, et sa queue est de méme MR mension. Son pelage est brun-olivâtre, et une oi nière de la même couleur revêt et la téteuk cou. Sa face est noire; mais une tache d'un be bleuâtre se dessine sur la bouche, et remonte sk narines. Ses oreilles sont très développées, cum tes de poils, de forme triangulaire, très sprs l’une de l’autre, et repliées sur leur extréniiæ périeure. Quelques lignes légères d'un blanc je nâtre se dessinent sur le dos. Sa queue, temik par un flocon de poils, est noire en dessus et r® en dessous, et se recourbe sur le corps. Les mis et les pieds sont nus, colorés en noir foncé, a que lesongles. « Le léoncito, dit M. de Hunb (Obs. zool., t. I, p.15), est très rare, mémeds son pays natal. Il habite les plaines qui bordel pente orientale des Cordilières , les rives fertlsh Putumayo et du Caqueta. Il ne monte jam qu'aux régions tempérées. C’est un des sigah plus petits et les plus élégants que nous ayons té: il est gai, joueur, mais, comme la plupart ds ft tits animaux, très irascible. 1 orsqu'il se füche,Î hérisse le poil de sa gorge, ce qui augmentea semblance avec le lion d'Afrique. Je n'ai puit que deux individus de ce singe très rare: cé les premiers qu’on eût portés vivants à l'outil Cordilière. On les tenoit dans une cage; el mouvements étoient si rapides et si continuels, j'eus beaucoup de peine à les duc: inei. Un m'as que , dans les cabanes des indiens de Moon.

léoncito se multiplie dans l'état de domestic ne seroit que par la voie du grand Para et

(:) Geoffroy, Annal. du Must. XX; p. tir chus leoninus , Desmarest, Mammalogis, Eh 7°

p. 95: le léoncito, simia leonina, Humboll, zoolog., p 44, pl. 5; Isidore Geoffroy, Dit.

t. XII, p. 519.

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