DU MONGOLS-PÉLAGIENS
s aurons les premiers fixé l'attention sur e des peuples qui habitent les iles Carolines.
Jongue suite d’archipels distincts s’étendant le cent trente-deuxième degré de longitude u cent soixante-treizième est située dans la opicale de l'hémisphère nord. Ces îles, ainsi es en l'honneur du roi d'Espagne Charles I, jusqu’à ce jour l’objet des spéculations les ypothétiques, et sont encore très mal connues pgraphes. On les trouve mentionnées pour mière fois d’une manière un peu étendue s Lettres édifiantes des missionnaires, et le
père Cantova se rattache surtont à leur e. On lui doit une carte qui faite d'après le s insulaires a été mille fois très diversement tée, et quoique vraic en un scns, la mabitraire dont les îles qui la composent ont pées a long-temps fait croire que la plupart jent point, ou a porté à créer des doubles nombreux. On suppose que ce fut Eap que
e don Francisco Lascano découvrit en 1686, e les Espagnols eurent pris possession des riannes. Ces Européens s'occupèrent beaucet archipel dans l'intervalle de 1696 à 1772. ême en 1696 que don Juan Rodriguez en un groupe, et s’échoua sur le banc de Santa- Lenviron quarante-cinq lieues de Guam.
D quelques Espagnols furent envoyés pour sur la petite île de Saint-André, ct y furent gés, Mais à ces détails géographiques doi-
vent se porner les courtes généralités qu’il importe de donner ici pour mieux distinguer les peuples que nous devons faire connoître (!).
Ainsi donc les cartes du père Cantova et de don Luis de Torrès ont donné à cet archipel des rapports qui ne peuvent avoir lieu, et leur tort le plus grand est d’avoir isolé et mis à de grandes distances des Îlots qui se trouvent faire partie d'un système d’iles que nous avons nommé d'après les Anglois 11rs- Groupes, et qu’il serait peut-être plus convenable de nommer l’olinyse, L'immense archipel des Carolines forme ainsi une bande très étroite entre les six à huit et peut-être les dix degrés de latitude nord, qui ne se compose que d’une dizaine de groupes, résultat eux-mêmes de quinze, vingt, trente ilots, ou beaucoup plus, disposés en un immense cercle, avec ou sans noyau de terre centrale. Ces Polinyses seroient bien tranchées par leur formation si quelques rochers épars et solitaires ne sembloient être des chaînons interrompus, semés çà et là pour rétablir les rapports. Dans un travail complet sur les îles basses formées par les polypiers, nous développerons cette idée, mais il nous suffisoit de l'indiquer ici pour légitimer notre opinion sur les hommes qui les peuplent.
Ainsi les îles Pelew sont le premier anneau de la longue chaîne des Carolines, dont les groupes de Ralick et Radack semblent être la terminaison orientale, tandis que les iles basses et découpées en étroites bandelettes des Mulgraves et des iles de Gilbert et de Marshall en sont la déviation vers l'équateur, et le lien de communication avec les autres groupes de l'Océanie : cependant la race des Mongols-Pélagiens s'arrête et ne dépasse point l'ile Saint-Augustin de Maurclle, située par cinq degrés trente-huit minutes de latitude sud, et cent soixante-treize degrés cinq minutes de longitude est. Semés sur des iles basses à peine élevées audessus des vagues, peuplant indifféremment des terres montucuses ct volcaniques, ces Carolins n'ont rien ni dans les habitudes ni dansles mœurs qui puisse les rapprocher des Océaniens; habiles navigateurs, possédant une connoissance étendue du cours des astres, construisant leurs pirogues avec un talent d'exécution ignoré de tous les autres insulaires de la mer du Sud, ces peuples encore si mal connus, si dignes d’être étudiés, forment une grande famille qui a dû s'émigrer des îles du Japon,
() Consultez Zettre du père Paul Clain, Lettres édifiantes, 1.1, p.112; Relation en forme de journal, tbid., t. VI, pag. 75; Lettres du père Casier, tbid., t, XVI; Lettres du père Cantova, ibid , t. XVAL, p. 188; Journal de Wilson etson-Naufrage aux îles Pelew, par Kealc , traduction françolse, vol. in-8c ; de Chamisso, Voyage autour du monde du capitaine de Kotsebue , t. LIT, en anglois, etc, "
et dont la multiplication a fondé de procheen proche et sans interruption de nouvelles colonies à mesure que les îles sortoient pour ainsi dire du sein de l'eau. Malgré l'imperfection de nos conunoissances sur ces jnsulaires, nousavous remarqué la plus grande aualogic cutre eux , et comme nous décrirons avec le soia le plus scrupuleux les Oualiuuts, il sera facile de leur rattacher ce que nous dirons des autres peuplades. Mais la vérité que nous cherchons avec ardeur sera uotre guide le plus fidèle, et bien loin de forcer les analogies pour donner comme réelle une opinion qui pourroit ne pas être fondée, nous transcrirons avec une parfaite impartialité les faits consignés dans notre journal qui sembleroient en opposition avec la mauière de voir que nous établissons en ce moment. Il sera bon de se rappeler aussi que depuis long-temps les Carolins sont fumiliarisés avec les longs voyages ; que souvent leurs cscadrilles prolitent des moussons pour communiquer avec les autres systèmes d'iles, et que le plus souvent les iles Mariannes sont le but de leurs campagnes ; qu'ils redoutent la mousson d'ouest, féconde en tempêtes, mais qu'ils se mettent volontiers en mer en avril, et que par conséquent il résulte de ces communications nombreuses une certaine uniformité dans les habitudes de ceux de la partie occidentale, tandis que les naturels plus à l'est et isolés ont conservé pure leur teinte de localité. C'est ce dont il sera facile de s’apercevoir lorsque nous parlerons
des habitants des Kingsmill, d'Oualan, par lesquels |
d’ailleurs nous allons commencer.
1. NATURELS DE L’'ARCHIPEL GILBERT, Ces îles sont placées par un degré vingt minutes
rante minutes de longitude est, et s'étendent jusqu'au dixième degré de latitude nord. Elles furent découvertes en juin 1788 par les capitaines Gilbert et Marshall.
Le 15 mai 1824 nous naviguômes très près des îles basses de Drummont et de Sydenham, ou les Kingsmill des cartes d'Arrowismith, qui ne forment sur la surface de la mer qu’un long et étroit ruban de terre‘bordée de récifs et couvertede cocotiers. Une seule pirogue, montée par trois hommes, osa s'aven-
urer le long de la corvette ; et ce n’est qu'après bien des irrésolutions que ceux-ci se hasardèrent à monter sur le navire.
Ces naturels n'apportèrent avec eux aucun objet d'échange; ils n’avuient dans le fond de leur pirogue que des mollusques du bénitier tridacne qu'ils yenoient de prendre sur les récifs, et qui sont sans aucun doute une des principales ressources de leur vie. Nous leur donnâmeés des couteaux , qu'ils parurent nommer #di; et des hameçons, qu'ils appe-
HISTOIRE NATURELLE
lèrent ma!ao. On voyoit qu'ils savoient appr le fer; mais leur langage, inintelligible pour n'avoit aucune analogie avec les autres dik parlés dans l'Océanie. La teinte de leur peau à assez foncée, et leurs membres étoient grilg maigres, deux circonstances qu’il faut sans ( attribuer à leur habitation sur des récifs décou ct peu productifs. Leurs traits sont élargis et g siers, et leur teinte est un cuivre bronzé fond noirâtre, Leur intelligence parut bornée, « extérieur peignoit la misère et le peu de resso du sol qu'ils habitoient. Le plus jeune des individus étoit recouvert d’une lèpre furf qui est si commune chez tous les nègres océani et qui paroît être propre à tous les peuples riv qui se nourrissent presque exclusivement de sons. Ces trois hommes avoicnt le ventre ser des tours d’une corde faite avec le brou de« ils ne s’épilent point, ni ne pratiquent la cin sion. Aucun voile ne couvre les organes gi teurs. Ces insulaires portent les cheveux « courts, et n’ont point de barbe ni de moustd
| qu'ils taillent avec des coquilles. Nous ne leuri
dans les mains aucune espèce d'arme. Leurs vêtements consistoient en un petit bonne tissé avec des folioles sèches de cocotier, pour ter la tête; et en une natte très grossièrement et percée au milieu comme le porche des À nos, pour garantir les épaules et la poitrine. Ils sont familiarisés avec la navigation, « vancent assez loin de leurs îles en emporil
| provision d'eau douce dans des noix de coco.
pirogues n'offrent plus rien de semblable ave des Océaniens ; et, bien que construites sans
| des précautions, elles retraccnt Ja forme des de latitude sud, et cent soixante-douze degrés qua- | | que la disette du bois et le peu de facilité qu'k
si élégants des Carolins occidentaux : on doitp
de trouver des matériaux convenables soi
| seules causes de la négligence qui paroit avoi
sidé à leur construction. Mais ces embait
| s'évoluent de la même manière, en changea | lement la voile pour que l’avant devienne l'i | etvice-vrrsd. Ces pro; sont simples et long
virou vingt pieds sur deux de largeur. Un
| servant de balancier est tenu fortement à uk
taine distance du bord par plusieurs perd supporte une sorte de plate-forme. Le corpt pirogue est formé de bordages minces, co ques, très solidement cousus ensemble, et « par des membrures gracieuses : ses deux ex se terminent en pointe. De petits bancs s
siéges aux pagayeurs. Le mât est penché sur!
et implanté sur le côté droit; des haubans tiennent , ainsi qu’une perche recourbée qu sur la plate-forme du balancier, La voile ali d’un deltoïde dont la partie la plus large eslh
éure; elle est formée de lèses de nattes très
res et réunies entre elles. Une longue pagaie e gonvernail (1).
ces données on reconnolt déjà un peuple émient navigateur, ayant des idées très avancées à construction des embarcations avec lesquelles l'ile en île et sur les récifs pêcher sa subsisk car les cocos de ces terres noytes ne sont point nts pour alimenter la population entière, et gétaux nourriciers des Octaniens, tels que les à pain, les ignames, manquent le plus ordient sur ces îlots. Mais plus nous avancerons ouest, plus nous verrons ces pros, conseroatefois leurs mêmes formes, nous offrir le déal d'une pirogue par leurs ornements et de leur architecture, par leur marche supé- , Ct la précision et l’art avec lesquels ils sont
De