‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 284 sur 514 · LE PHOQUE A TROMPE · texte numérisé non relu

LE PHOQUE A TROMPE

Phoca proboscidea (!).

Ce phoque estiong de vingt, vingt-cinq ou trente bieds, sur quinze à dix-huit de circonférence : il est grsâtre ou d’un gris bleuâtre, plus rarement d’un brun noirâtre ; les canines inférieures sont longues, fortes, arquées et saillantes ; les soies des moustades sont dures, rudes, très longues, tordues comme une espèce de vis; les yeux sont très volumineux et proéminents ; les membres antérieurs kont robustes, et présentent à leur extrémité, tout ès du bord postérieur, cinq petits ongles noiràes; la queue est très courte, peu apparente entre De membres postérieurs, qui sont horizontalement plats, Ce qui caractérise l'éléphant marin est, à J'époque des amours , le prolongement du nez, fornant, dans l'état d'érection , une trompe molle et dastique, longue quelquefois d’un pied; cette trompe rectile manque à la femelle, et paroit s’effacer peu peu lorsque la saison du rut est passée : c'est le bu cellulaire du nez, qui semble ainsi se gorger desang et s’allonger à l'instar des panicules charnus ke quelques oiseaux gallinacés lors de la reproducbin; le pelage des deux sexes est ras et très gros- , L'éléphant marin paroît habiter toutes les iles dsertes de l'hémisphère austral; Péron dit qu’il existe pas sur les côtes de la Nouvelle-Hollande a de la Terre de Diémen , ce qui est peu probable. On le trouve en nombreuses tribus sur la Terre de Kerguelin, la Nouvelle-Géorgie , la Terre-des-Etats, les iles Malouines et Shetland, l'ile de Juan-Fernandez, l'archipel de Chiloé, les côtes de Chili. Péron dit qu'il émigre chaque année , suivant les saisons, etque, redoutant les trop grandes chaleurs comme les froids trop vifs, il va dans l’hiver du sud un peu plus au nord , et dans l’été il quitte les côtes nord, kes limites, pour retourner au sud. Le système mustukire est enveloppé d’une couche huileuse, qui à jusqu'à neuf pouces d'épaisseur; sa nourriture Mincipale consiste en céphalopodes ; et ce sont les ages sablonneuses qu’il fréquente de préférence, Les lits épais de laminaria gigantea sur lesquels

(] Péron, Voyage aux Terres-Australes, . WI, p. 55, LAllas, pl. 62:lion marin, Dampier, Foyages, t. E, 18:lion marin, Anson, Voyage, p. 101 : loup maëin, Pernelty, Mal. t. 1, p. 38 : phoca leonina, Lines: phoque à museau ridé, Forster; Buffon, t. VI: Proca elephantina, lame, Molina, Chili, p. 260 : phoca Proboscidea , Desmarest, sp. 368 : phoca Ansonii, #marest , 369 macrorhinus proboscideus, Fr. Cu- “4 Dictionnaire, t. XXIX, p. 552 :miourong des ‘res australiens du port Jackson, Péron, t. I, p.61; Porler, 1,111; second Voyage de Cook, t. IV, p, 85; Danpier, Voyage, 1715, t. 1, p. 418,

il aime à se reposer. Dans les quatre premiers mois de l'année il se tient à la mer, dans les autres il

vient alternativement à terre; il est d'humeur

douce , paisible, indolente, et se laisse approcher

par l'homme : ce qui permet aux chasseurs de le frapper au cœur avec une longue lance, Un mâle a toujours plusieurs femelles : il se bat à outrance avec ses rivaux, pour leur possession ; le vainqueur choisit en octobre, et compose à son gré son sérail : la jouissance émoussant ses sens, il abandonne ensuite à ceux qu'il a vaincus la possession des femelles qu'il ne peut plus féconder. Chacune d'elles a deux petits, quelques auteurs disent un seul , qui tettent deux ou trois mois, et qui naissenten juillet et août. L'éléphant marin se réunit par troupes de cent cinquante à deux cents individus, et chacun peut fournir environ deux mille livres en poids de chair : tel étoit celui qui servit à l'équipage de la corvette l'Uranie, naufragée sur les Mulouines , et qui venoit probablement expirer sur le rivage, près du camp qu’avoit établi le capitaine de vaisseau de Freycinet. Ce qui fait rechercher cette espèce est l'abondance d'huile qu’elle fournit. « L'éléphant de mer, dit M. Lesquin de Roscoff, a quinze ou seize pieds de longueur sur quatre pieds de tour, il se sert, pour se trainer à terre, de ses nageoires, armées de fortes griffes. Depuis septembre jusqu’en mars les grèves et les vallées des iles Crozet sont couvertes de ces phoques : ils ne sont pas dangereux, parce qu'ils se meuvent lentement. Les femelles ne quittent jamais leurs petits tant qu’elles sont à terre, etc. »

L’éléphant marin est parfaitement décrit par Anson ( Voyage autour du monde, page 104), mais assez mal figuré quant aux membres antérieurs et postérieurs. Ce qu'il en dit est exact, et analogue à ce que nous avons présenté dans ce qui précède. Molina, sous le nom chilien de lame, et puis sous celui de phoca elephantina, ne s'éloigne pas trop des détails admis ; cependant il dit que la femelle a un rudiment de trompe, ce qui n’est pas : mais on voit qu’il a mis à profit la description d'Anson, Pernetty (Voyage aux îles Malouines, tome IL, pag. 58 et suiv., pl. IX) a simplement copié la mauvaise figure d’Anson, et n’a pas manqué de reproduire sa queue élégamment retroussée en chapiteau corinthien. garni de ses feuilles d’acanthe : les détails qu’il en donne, sous le nom de loup marin, sont assez exacts pour la manière d'écrire l’histoire naturelle de cet abbé. M. Desmarest a décrit, sous le nom de phoque d’Anson, phoca Ansonii, sp. 569, une espèce qui n’est autre que l'éléphant marin; mais la tête osseuse, qu’il caractérise d’après M. de Blainville, appartient évidemment à une autre .espèce, dont les formes corporelles sont ‘encore inconnues : celle-ci resteroit alors, dans nos species,

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sous le nom de phoque d'Anson. Cette tète osseuse appartient à la collection de Hunter; elle y étoit étiquetée sous le nom de sea lion des iles Malouines, et elle présente de notables différences avee les cràunes de l'éléphant marin, (Voyez Desmarest, Encycl. mamm., p. 240.)

Peut-être est-ce encore à l'éléphant marin qu'il faut rapporter cette grande espèce sans trompe érectile, vue par Mortimer et Cox (Obs. and rem. made during a voy. to the ist. of Amsterdam, etc., 4791, p. 44) sur les iles d'Amsterdam et Saint-Paul, et que M. Desmarest a décrite sous le nom de phica Coæii (Nouv. Dict.d'Hist. nat., deuxième édition) : c'est peut-être l’éléphant de mer avant l'époque du rut. Péron l’avoit nommé phoca resima (It, t. HI, p. 415, deuxième édition), et c’est indubitablement le phoque urigne, phoca lupina de Molina (Histoire naturelle du Chili, p. 255), et très probablement celui mentionné par Aubert du Petit - Tiouars (p.12) dans sa description de l’île de Tristan d’Acugna.

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