L'HÉMIONE OU LE DZIGGTAI
l'uimal ainsi nommé a été décrit par Buffon, aout par Pallas : depuis ces travaux , un mcke fort intéressant a été publié sur cet animal ls Nouvelles Annales du Muséum, t. IV, fletsuiv., et une gravure très bien exécutée mpagne ce travail sorti de la plume de M. Isi- Geoffroy Saint-Hilaire. Nous lui emprunterons bus les faits qui peuvent intéresser nos lecen leur rappelant que la description donnée kprofesseur futur du Muséum , a été faite sur idividu femelle âgé de trois ans, et rapporté de kr le voyageur Dussumier.
Dix espèces connues de chevaux, trois à pelage wnt propres à l'extrémité méridionale de fique : ce sont le zèbre , le dauw et le couagga ; ls trois autres sont nées sur les hauts plateaux l'Asie: ce sont le cheval , l’âne et l’hémione. Ces keraiers ont leur pelage uniformément coloré kuement marqué par une ligne dorsale. Depuis dlemps soumis à la domesticité, l'âne et le chemttrès répandus en Europe, et ce dernier a itdes races aussi nombreuses que variées.
l'nde, l’hémione lui-même a été plié au ser- &l'homme , et dans quelques can:ons de l’Inmon l'élève en domesticité pour les travaux Wles; mais il ne paroît pas avoir été jamais sorti “ contrées, excepté comme animal rare et cu- 1 Les trois espèces plus ou moins zébrées d’A- #nt «ssez communément regardées comme Wbles de se soumettre au frein. On n'en conqu'un petit nombre d'individus, nourris chez fes particuliers, qui aient pu s’assouplir au ls chariots, bien que cependant, au temps Ruains, on en ait vu assez fréquemment tirer durs daus les arènes.
qu'il en soit, l’hémione est une des espèces “iédes des plus intéressantes à naturaliser “08 races domestiques ; son histoire est toute en, bien qu’il ait été mentionné dans de vieux
A " aitété confondu le plus ordinairement
avec l’onagre ou âne sauvage, nommé dshikketaei par les Mongols ; ce nom a été adopté par Pallas, et a été travesti par les François en dziggetai, bien que divers auteurs l’aient écrit en dshikketéi, dzigtai, czightai, cziggilai, et mème crigithai (1), bien que Pallas lui-même adopta comme épithète spécifique le nom d’hemionus ou hemionos, c'està-dire demi-âne, désignation par laqu: Île les Grecs caractérisoient ce quadrupède, l'equus hemionus des naturalistes modernes. Le mulet sauvage d’Aristote (?) ou l’emionos, est certainement l'animal qui nous occupe, et c'est encore évidemment le mulet rouge, emionos pyros d’Ælien (3), que Pline se borne à indiquer vaguement (4), Pennant publia en 1793, dans son Histoire des Quadrupèdes (5), un extrait du mémoire de Pallas, et en 1825 M. Fr. Cuvier en donna une figure accompagnée de renseignements fournis par M. Alfred Duvaucel. En 4831, un Anglois, M. Kerporter, donna également un portrait du wild ass, ou âne sauvage, ou gour des Persans, dans larelation de ses voyages (6), mais un portrait fait de mémoire et peu correct.
La femelle décrite par M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire étoit âgée de trois ans; elle provenoit du pays de Cutch au nord de Guzarate, et c'est par le Malabar que M. Dussumier avoit pu se la procurer.
« Ses formes générales sont celles d’un âne de moyenne taille, que supporteroient des jambes élevées et très fines, ce qui indique des qualités propres à la course. Lorsqu'on l’aperçoit de loin, dit l’auteur cité, on croit voir une antilope, sauf ses longues jambes, les nœudsdes articulationsexceptés qui sont grêles etsveltes. Il en est surtout ainsi de ses canons vus par devant et par derrière, trèscomprimés, ils présentent en effet, lorsqu'on les regarde deprotil, une surface assez étendue. Les jarrets sont ce qu’on appelle vulgairement secs et maigres. Aux membres postérieurs les tendons d'Achille, aux antérieurs aussi bien qu'aux postérieurs, les tendons des fléchisseurs font assez fertement saillie. Les sabots sont petits, très bien faits, un peu comprimés. Leur coupe représente, non un demi-cercle, mais une demi-ellipse. Le tronc offre, dans ses parties antérieures, plus de rapports avec celui du cheval, dans les postérieures, beaucoup plus avec celui de l'âne. La croupe est un peu maigre et comprimée, et reproduit presque exactement celle du mulet. Le train postérieur est sensiblement plus élevé que l’antérieur, mais celui-ci semble racheter cette différence
(") Pallas, Spicil., 1774.
(2) Lib. VI, cap. 24-36.
6} Lib. XVE, cap. 9.
&) Lib. VIL, cap. 44.
(5) Tome I, p. 4.
(6) Travels in Georgia, Persia, Armœnia, ancient Babylonia, etc., tome 1, p. 460,
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529 HISTOIRE NATÜRELLE
par un développement des muscles de l'épaule, bien supéricur à celui des muscles de la région fessière. Le ventre de l'individu, conservé vivant à la ménagerie du Muséum , est arrondi, très renflé, surtout dans sa partie inférieure.
» La tête est de toutes les parties celle qui semble le mieux justifier le nom de l'espèce. Elle est, par ses dimensions proportionnellement cxagérées, comparable à celle de l'âne ; mais ses formes, quant à la région cranienne particulièrement, reproduisent parfaitement celles du cheval. On peut en dire autant des oreilles, qui sont faites à peu près comme chez ce dernier, et qui sont arrondies d’une manière très sensible aux extrémités, bien que très longues. Cé seroit toutefois en exagérer beaucoup la longueur que de l’assimiler à celle des oreilles de l'âne domestique, ou même de l’onagre : il y a à cet égard uné différence très grande ét que l’on peut exprimer en disant que l'orcille, renversée directement en bas, atteindroit par sa pointe le bord inférieur de l'orbite chez l’hémione, etle dépasseroit chez l'âne d’un cinquième , et peut-être même d'un quart de sa longueur. Enfin, un dernier trait caractéristique que fournissent les formes de l’hémione, est la disposition des narines , qui sont très amples sans doute, mais qui dessinent un deini-cercle presque complet ou un croissant dont la convexité est tournée en dehors. »
Les couleurs de l’hémione varient selon les saisons, car son poil est gris pâle et plus long l'hiver que l'été, et même il est frisoté dans quelques provinces froides. Dans l'été, son pelage se compose dé poils courts, un peu roides, mais lisses et luisants, imitant parfaitement ceux de certaines antilopes africaines , telles que l’addazx ou le dama. Les nuances qu’il affecte sont : pour la région inférieure de la tête, du cou et du corps, ‘t pour la face externe des membres, le blanc; pour les parties supérieures et pour le dehors des membres, l’isabelle. Sous certaines inflexions de lumière, cette dernière couleur semble un peu lavée de cendré ; sous d’autres àspects, elle montre une légère nuance rougeâtte, assez remarquable pour avoir légitimé le nom d’éne rouge indiqué dans Ælien.
« Les deux couleurs dominantes de l’hémione sont donc le blanc et l’isabelle , se fondant l’üne dans l’autre sur le ventre, vers sa portion inférieure, et sur le cou presqu'à égale distance de sa partie supérieure ou de l’inférieure. Sur la tête, au contraire, le blanc n’occupe guère que le museau et la gorge, le couétant presque exclusivement isabelle.Les oreilles sont de trois couleurs, la face concave, et la portion latérale et inférieure de la face convexe étant blanches, l’extrême pointe noire, et le reste isabelle. Sur les membres, contradictoirement à ce qui a lieu sur le corps, c'est le blanc qui domine.
L'épaule, blanche antérieurement aftisi que le
de la jambe , est isabelle dans le regte de son é due, Mais la jambe, dépuis son tivrs supétieur qu'au canon , a sa moitié antérieure ct externe belle, maisavec cette particularité que le fond j' teinte isabelline très pâle est marqué de pel rayures transversales ou zébrüres d'une couleur}
tique mais plus foncée, Le système de coloratior membre postérieur est le même, avec cette d rence que le blanc prédotnine encore davantage l'isabelle, La couleur blanche s'étend même st rieurement très loin, formant enavant de l'ine
du membre postérieur une sorte d'angle rentr et en arrière régnant sur toute la partie postéri
de la croupe.
» Tout ce système de coloration est rehaussé, le corps, par une bande dorsale longitudinale, pas noire comme on l’a dit}, mais d’un brun lés ment roussâtre. Cette bande dorsale, non seiler ne se confond pas par ses bords avec la couleur belline des parties supérieures, mais elle ést bo sur presque toute sa longueur, principalèmen arrière, de blanchâtre. Elle commence un pe avant du garrot, s'élargit ensuite; au point d' jusqu’à troispouces sur le milieu dü dos, et plu quatre sur la partie antérieute de la croupe;p rétrécit ensuite, et se prolonge en devanl, tou de plus en plus étroite, jusque vers le milieu queue où elle finit en pointe. En dévant, lab dorsale est remplacée pat la crinière. Celléei mence ün peu én avant des oreilles par des toux, peu allongés et irrégulièrement dispos partir des oreilles, et jusqu’à l’origine de lai dorsale , cette crinière est formée pat des crins sés, presque tous noirâtres, tandis que qué autres, déjetés sur les côtés, sont blancliâttes crins ont, sut presque toute la longuëtir du près de deux poucés de hauteur. Ils diminueht bien à la naissance qu’à la terminaison dé ñitre, de manièré que proche la bande dors n’ont plus qu’un pouce. Après l'apparition dé bande, on rematque encoté sur un espace de où quatre pouces quelques poils bruris imiplank son milieu, et ÿ réprésentant encore la crinibre loin il n’en existe plus auctine tracé. La dispo de cette crinière rappelle très bien cellé de mais la bänide dotsalé de l’hémione diffère bes de celle de l’âne par la grande largeur qu'ell sente à la partie moyenne dü tronc ét véts le mehcemient de la eroupe. Eñ otitre, l'iné vivant au Muséum n'offre aucune tracé de la transvetsalé qui, perpendiculaire à Îa p forme la croix que chacun connaît sur le corps dè ét qui paroît éxistér sur le dos des hémionts f
» La queue de l’hémiotié se raproclie de à cheval. Nuë défis unie graridé portioti de
our la partie qui regarde le corps, cette es reyétue sur la face opposée de crins blan- Lu très courts, et assez semblables aux poils w, excepté à son extrémité où ces crins forwe touffe noirâtre et médiocrement fournie.
Les yeux de l’hémione sont bruns rougeûtres.
res sont d’un noir bleuâtre, Les sabots sont w, Les membres postérieurs n'ont point les «ornées connues sous le nom de châtaignes, qu'à ceux de devant il existe de ces plaques, jpudes, allongées et irrégulièrement ovalaires, sen noirûtre. »
laproportions de l'individu décrit par M. Isidore ny, sont les suivantes :
teurémefit äinsi que le h : dans lé reste de son ét puis son tiers supérieur ié antérieure et externe rticularité que le fond d' le est marqué de pel \zébrures d'une couleuri Le système de coloratior | le même, avec celte d dotnine encore davantage blanche s'étend même si ormant enavant de l'inse r une sorte d'angle rentr sur toute la partie postéri
Pieds, Pouc, Lig.
weur de la tête, prise latéralement
en ligne droite. 5. . +: « 4 3 6
— dela tôle, prise en devant en suivant la convexité du chanfrein et dumufle. . . . . 9
du cou, ou distance de l'occiput au garrot, . . . . .« 4 9 9
de coloration est rehaussé, nde dorsale longitudinale, l'a dit!, mais d’un brun lég ; bande dorsale, non seiilet r ses bords avec la couleur périeures, mais elle est à longueur, principalement re, Elle commence un pe élargit ensüiie ; au point d'
du tronc, ou distance du garrot à l’origine de la queue. 2 40 -- de la queue, y compris les
longs poils. . . . . +: .« 1 8 6 sur lé miliéu dü dos ; et pli LT NES gnitérieure de la croupe;p Der au garrote « « + + +. +: 3 8 » se prolonge èn devanl, tou ee de la ligne dorsale au haut de oite, jusque vers le fnilleu h 4 0 ee 4 à à inte. Eû devant, ht u cou en ayant. . + + D n po — ducouen arriére. . . . . » 10 3
ée par la crinibré. Cellé-i avant des oreilles par des s et irrégulièrerent dispos et jusqu'à l'origine de lai re est formée pat des crins noirâtres, tandis que qui les côtés; sont blanchättes sque toute Ja longuëtr di 8 de hauteut: Ils diminueñt 8 qu'à la terminaison dé s que proche la bande dors ouce. Après l'apparition dé Que encore sur un espace de quelques poils bruns iriplan L présentant entoré la crinière plus auctinie tracé. La dispe rappelle très biett cellé de alé de t'hémione diffère jar la grande largeur qu'éll
Muours et les habitudes de l'hémione tienhu conformation et des analogies qu’il prérec les autres espèces du genre equus. Son wilité, jointe à sa pétulance et à sa viva- Hime le fond de son caractère. Il trotte, et
Mleurs chevaux de course. Si on l'approche Ügalope, il s'arrête pour lancer des ruades Mliplie, en s’élevant sur place, à une grande me Parfois il cherche à mordre lorsqu'il est X. Isidore a remarqué que, si l’hémione M retenue captive dans la ménagerie du mycueillait ainsi les étrangers , elle agissait kde même à l'égard du palefrenier chargé mdre soin, bien qu’elle le reconnût àla voix, kaccoure souvent à son appel lui lécher les dec loute la familiarité du cheval le mieux | k mème que l’âne, cet animal aime se rouk dans la litière de son écurie, soit dans la æ de son parc. Les manifestations du rut figues à celles des ânesses. Sa voix est Paogue au braire de l'âne, mais elle en diflwquelle se compose d’une suite de sons re, moins retentissants , et plutôt bizar-
n’offre aucune RE le la | erpendiculaire à P Ain connaît sur lé corps dt ér sut le dos des Lei l'hémiotie se raptoëté ect s unie granidé
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DES MAMMIFÉRES. 523
M. Dussumier a fourni sur l’hémione, dont on lui est redevable, les détails suivants :
« Les hémiones ou dziggetais, que les Anglois » appellent encore mulets sauvages ou zébres, » vivent en grandes troupes dans le pays de Cutch, » au nord de Guzarate. On les prend très diflicile- » ment, à cause de la rapidité de leur course. Les » Anglois s'amusent quelquefois à les poursuivre » avec d'excellents chevaux arabes, et ne peuvent » les joindre. Aussi ne se les procure-t-on adultes » qu’en les surprenant dans des piéges.
» On en a vu à Bombay recherchés comme des » montures fort agréables. On en a employé même » quelquefois comme attelages trainant de légères » voitures. Généralement leur vivacité est extrême, » ce qui rend leur domestication difficile.
» Voici un exemple de leur instinct. Un Euro- » péen, habitant le pays de Cutch, avoit un hé- » mione qui le suivoit dans ses promenades à cheval, » Ayant un jour pris un étang pour but de la pro- » menade, le maître de l’hémione s’embarqua dans » un bateau : l'animal resta d'abord paisible sur le » rivage; mais, impatienté de voir que le bateau tar- » doit à revenir, il se mit à la nage, rejoignit le » bateau, et le suivit jusqu’à la fin de la promenade.
»* Notre hémione n’a jamais été dressé, soit qu’on » n'ait pas assez insisté, soit à cause de son naturel » propre. Au moment de l’embarquement il fallut » deux hommes pour le tenir ; mais, peu de jours » après son arrivée à bord, il devint très familier. Il » connoissoit très bien l’heure des repas. Il frappoit » avec son pied deux ou trois petits coups dans sa » loge de transport ; après quoi, si l’on ne venoit » pas, il donnoit de violents coups de pied. »