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développement aussi considérable , le crâne n'a igteu d'agrandissement dans sa capacité, et le cery, qu'il est destiné à loger, est toujours très petit mpport à l'ensemble de l'animal : autre cause rque le jugement soit presque nul chez les céss, Les dauphins seuls ont une capacité cérébrale peu plus en rapport avec leur taille : aussi leur pibue-t-on plus d'intelligence, bien qu'il y ait coup à dire sur Ce sujet, Dans l'accroissement nidérable qu'ont reçu les os de la face, ce sont les xilaires supérieurs qui ont été surtout très allonb: mais les inter-maxillaires n'adhèrent au pourndu museau que par une pointe étroite : dans le ng cependant, ces os inter-maxillaires supportdes dents disposées en défenses qui sont propres ketanimal,
lanature a enveloppé la masse des muscles, dont sibres puissantes forment de nombreux plans sur parties osseuses, par une épaisse couche de tissu Halaire que recouvre un épiderme parcheminacé lisse, qui, s'isolant très aisément par la dessicon, se fendille en tous sens et par plaques irrélres, comme nous en avons eu souvent la preuve tilant conserver des peaux de dauphins, M. Sco- My dit que le réseau muqueux d’une baleine a de huit lignes d'épaisseur, et que les libres qui kmposent sont perpendiculaires à la peau. Il pa que l'enveloppe extérieure des cétacés se comde trois couches qu’on reconnoit à cette partie l'organisme des animaux terrestres. La couleur éale de la peau n’a point d’autres teintes que le noir, le gris et le blanc : quelques espèces scuent ont de légères taches jaunes ou rosées ; mais Mis on ne voit, chez les cétacés, ces retlets éclals qui se fondent ou se nuancent de mille ma- Pres pour orner les poissons. La couleur blanche his jouit d'un éclat satiné ou argentin qui, pen- Ua vie des dauphins, est très remarquable.
Dsconsidérations générales précédentes que de- Hious conclure ? Que les cétacés, vivant dans fandes mers et encore peu étudiés, n’ont rien qui est nécessaire pour fixer la curiosité, amul'esprit, ou distraire l'homme du monde. On ne 1e plus dans leur histoire ces détails piquants meurs, ces observations ingénieuses sur leur in- Mi, leurs ruses, leurs jeux et leurs amours. Leur lle plus souvent gigantesque, étonne , mais ne ® point au cœur; la connoissance de leurs ha- Mes est importante pour le commerce, mais ne ®nle rien qui intéresse, et dont la mémoire Alle conserver un doux souvenir, Tout est gros-
|, lorsqu'elle est rapide, s'ey sur l'autre, et rend le mécanis onaë à la position ou en haut côté occupe à son tour, Dans ype de la vision normale est l'écartement que les orbites qu'elie s'exécute comme chez Au reste, on ne connoit que À des humeurs de l'œil ; seulem e et celles du cristallin vien , que plus un animal est ded , Plus la siceité et la convesit de. Quantaux organes accessoi lacrymale et Les cils, ils manq la mobilité des fibres du palpé
s aux détails précédents un ape orme du squelette des cétacés, stoire de chaque famille en pk ractéristiques d'organisation e faire connaitre, La charpente maux est dépourvue de mem bassin même se trouve réduit et ne se compose que de trois j du milieu est impair, et sin , La colonne vertébrale abot ssage du tronc à cette partie se on successive d'ampleur. Les 04 es des cétacés herbivores nl t point de développement plus 2 les autres mammifères; mal baleines et des cachalots pren énormes; les membres antéri platis, disposés en nageoires, npâtées au milieu de la memi forme de baguettes osseuses, T0 qui caractérise surtout les veriè nt extrême du corps des eervié isposition qu'est due la nulité car les vrais cétacés ne JouiSSel
flexion de cette partie dans à Jant le cou est un peu plus pro aussi ces animaux
serbivores :
s placés à côté des morses, et fo des cétacés aux ampnl es dents, elles
passage antaux formes d ent les mêmes pour lOis, 0 ptant les baleines, qui n'ont la de lames cornées d'une nature its sont toujours creusées en 0 midales et pointues à leur son nse du narwhal ne eontrarie li celles des cétacés herbivores mais si les os de la face (!) on
intérieur, et par conséquent la couche lisse de Malede chaux qui en revét l'extérieur est beaucoup Mince proportionnellement qu'elle ne l'est sur les ent celle rnmitéres terrestres.
acés sont extrémem
DES MAMMITÈRES. 61
sier dans leurs formes comme dans leurs penchants, pour tout autre que le naturaliste philosophe. Ce dernier seul sait que la nature, en jetant sur la surface de notre monde les êtres qui le peuplent, a eu des intentions d’une sagesse infinie. 11 se complait dans l'idée d'en dévoiler quelques secrets, et de pouvoir se rendre compte de quelques unes des lois qu'elle a imposées à la matière.
Mais avant de passer à la description de chaque cétacé, nous croyons devoir jeter un dernier coup d'œil sur les habitudes, l'utilité, ou sur quelques autres phénomènes de leur vie. Les grandes espèces sont le plus ordinairement isolées; les petites nagent par couples solitaires, ou se réunissent à certaines époques par bandes nombreuses. Les lamantins, les dugongs, les stellères, vivent assez volontiers entre eux dans un état d'éloignement, et ne se réunissent qu'à l'époque où le besoin de l'union des sexes se fait sentir. La durée de leur existence est inconnue. Toutes les supputations qui ont été faites sur la vie de la baleine, par exemple, paroissent exagérées et sont incertaines : leur reproduction est le résultat d’un coit qui s'exécute en s'appliquant à la renverse l'un contre l’autre. Leur sommeil paroit avoir lieu au sein des eaux et être toujours incomplet, c'està-dire qu'il semble ne consister qu’à une torpeur prudente que l'apparence du moindre danger fait cesser aussitôt.
Nous avons vu des baleines dormir sur la surface de la mer, et ne s’y soutenir que par de légers mouvements des nageoires, qui, répétés de temps à autre et nonchalamment, les maintenoient sur l’eau. Leur genre de nourriture varie : il consiste en herbes marines pour quelques espèces, en poissons, en mollusques pour le plus grand nombre. Quelques peuples ont vénéré des cétacés, ou les ont représentés dans des allégories ingénieuses. L’utilité que les Européens en retirent est immense, et les arts se sont emparés de plusieurs de leurs parties : la médecine surtout a utilisé l’ambre dont l’art des cosmétiques fait un grand usag®. L'huile et le blanc de baleine sont l’objet d’un commerce étendu.
Les cétacés, ou du moins plusieurs d’entre eux, ont été connus dès la plus haute antiquité. Les écrits des anciens auteurs, d’Aristote, de Pline, d'Elien, les mentionnent sous le nom de cetus ou de +0» {cete), qu’ils appliquoient aussi à de grands poissons du genre squale. C’est de là que découle le nom de cétacés, que les modernes leur ont donné sans partaye. Observés dès l’époque la plus reculée sur les rivages des nations celtes, Î's ont recu d'elles le nom de whall , et ce mot, légèrement modifié par l’orthographe, est répandu chez tous les peuples qui sont d’origine tudesque. Les Italiens et les François des côtes de l'Océan et de la Méditerranée, et premièrement les Basques, leur appliquèrent à tous le nom
de soufleurs ou son équivalent, et c’est encore par cette dénomination que les habitants riverains de ces deux pays les désignent aujourd'hui,
Aristote (Hist, nat, des Animaux, édit, de Camus. Paris, 2 vol, in-4°, 1785) n'a parlé que d'une seule espèce de baleine, et il en a cité de la taille de mille pieds, exagération qui prouve qu'il ne la connoissoit que par les rapports populaires; cependant le philosophe de Stagyre lui donne pour patrie la mer des Indes , et il est possible alors que ce soit réellement la baleine franche qu'il ait voulu indiquer. Dans le même passage, il dit aussi que le Gange produit des anzuilles detrois cents pieds ; or, pour être conséquent, Aristote devoit naturellement donner mille pieds à une baleine. Le naturaliste grec cependant isoloit (liv. E, eh. vi, p.7) les cétacés des autres animaux, et en formoit une sorte
HISTOIRE NATURELLE
ou soullleur, et dans la mer de Cadix, Je pois en forme d'arbre, dont les branches sont si lat, qu'on croit qu'il n'a jamais pu passer dans le détr de Gibraltar (!). Les baleines, dit encore Pline, quentent nos mers, ainsi que les orques, leurs @ nemies les plus redoutables, Or, tous les natural tes ont pensé que l'orque étoit le dauphin épaula cependant Pline donne à la tête de son orque fre la forme de la proue d'un navire liburnique; ce forme, encore conservée dans la construction
petits navires de Gênes et de Livourne, estenti ment celle que présente un espadon ; aussi trou t-on dans l'orque uüe réunion de caractères qui
partiennent à plusieurs animaux , et à la forme
la tête d'un espadon sont joints des détails de mw propres aux squales requin et scie, et les dimensid d'un cachalot. Elle devoit êre de grande taille, ce
de genre, car son opinion à ce sujet est précise: « On peut, dit-il , établir le genre des oiseaux, celui des poissons, celui des cétacés, etc. ; » mais nulle part on ne voit qu'il ait eu une idée bien nette de ces animaux. L'histoire du dauphin est beaucoup plus circonstanciée , et on ne peut douter qu'Aristote ne
orque que l'empereur Claude fit attaquer par cohortes prétoriennes, et qui coula à fond, dev Pline, un navire avec son équipage, en le subn geant sous une nappe d'eau qu'elle fit jaillir de évents !
Pline cependant connoissoit les fonctions et le
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l'ait assez bien connu; mais après avoir rapporté quelques détails encore vrois aujourd'hui sur cet animal, il y entremèle aussitôt des fables, et surtout beaucoup de faits qui n’appartiennent qu'au requin. Le mysticetus , que les modernes regardent comme la baleine franche. pourroit bien cependant être tout autre chose , et il n’y a rien d'impossible que ce ne soit un chætodon ; car Aristote se borne à dire que le mysticetus a dans la bouche au lieu de dents des soies semblables à celles du porc. Pline ensuite est venu rendre méconnoissable cet animal en le déligurant par des contes puérils. Le marsouin est le phocena d'Aristote, au sentiment de la plupart des ichthyologistes du dernier siècle. Comment se faitil cependant que cet auteur lui donne seulement pour patrie les mers du Pont-Euxin, et qu'il dise que sa taille soit plus petite que celle du dauphin ? Le marsouin de la Méditerranée paroitroit être au contraire, suivant le docte Scaliger, le tyrsio des Grecs , bien que quelques auteurs ne voient dans le tyrsio que le phoque commun. Si, après Aristote, nous consultons Pline { liv. IX ), nous n’en retirerons pas de grandes lumières ; cependant on trouve dans son Histoire naturelle quelques espèces de cétacés sur lesquelles il a réuni des détails appartenant à plusieurs sortes d'animaux marins. Nous y acquérons la preuve toutefois de la bonhomie que Pline apportoit à recueillir les contes que les navigateurs de son temps ne manquoient pas de faire à leur retour. Ainsi, dit l’auteur romain, la mer des Indes produit de très grands animaux , comme des baleives de quatre arpents, des langoustes de quatre coudées !.…. Dans l'océan des Gaules vit le physeter
des évents, sans toutefois en expliquer le mé nisme. Il ne dit que peu de chose des marsoui qu'il caractérise assez bien d'avec les dauphi quant à ceux-ci, ilse complait à en tracer l'histo et rappelle, non seulement les contes d'Aristo mais encore il en ajoute de nouveaux etde plus constanciés. Imbu des idées populaires de sonte il joint aux mœurs du dauphin, auquel il prète rare intelligence dans son conte de Simon, plusié de celles du requin, telles que d'être forcé d renverser pour saisir sa proie, d'avoir la bouch dessous de la tète, etc. ; en parlant de sa nüg dorsale, on voit évidemment qu'il avoit en vue gros poisson du genre scare; mais on ne sait, exemple , sur quel fondement peut reposer ce raconte du dauphin remontant le Nil, et alla le crocodile, 11 dit en effet que ce cétacé, con sant le côté vulnérable de son ennemi, plonge * ment au moment où il voit celui-ci se diriger lui pour l’attaquer, et qu'avec l'épine tranchan sa nageoire dorsale il lui ouvreadroitement le ves Ces citations doivent suflire pour mondrer ce seroiten vain qu’on chercheroit à retrouver d manière positive les animaux dont les ancien parlé. Plus d'obscurité règne encore dans li des derniers siècles : faut-il s'en étonier:
Romains et les Grecs, au temps de leur splend ont adopté les histoires d'Aristote, de Pline, d'É
iren (} Ce dernier doit être le poulpe kraken, quil
ent vingt bout
SV ux ä trois ponts ayant C les vaisseaux à y eh
feu et douze cents hommes d'équipag pif de mensongère mémoire, a décrit el figuré dans lé
fon de Sonnini !!!
s la mer de Cadix, le pois ont les branches sont si larg jamais pu passer dans le détr baleines, dit encore Pline, ainsi que les orques, leurs à putables. Or, tous les natural rque étoit le dauphin épaula une à la tête de sou orque féra d'un navire liburuique; ce ervée dans la construction nes et de Livourne, estentiè ente un espadon ; aussi trou ie réunion de caractères qui urs animaux, et à la forme sont joints des détails de me requin el scie, et les dimensid devoit êre de grande taille, ce eur Claude fit attaquer par es, et qui coula à fond, dev vec son équipage, en Le sub pe d’eau qu'elle lit jaillir de
écrivains de la renaissance des lettres, après de ques années de ténèbres et d'avilissement, oblisde tout recréer, saisirent avidement ce qui leur con par leurs contemporains ; et plus on metà de merveilleux dans les histoires sans goût pme sans choix qu'on leur débitoit, plus elles vent de vogue et de succès. Leurs ouvrages rengment cependant de nombreuses ct importantes kervations ; mais comme l'ivraie est abondamment ke au bon grain, il en résulte qu'on ne peut en br tout le fruit désirable ; aussi ne présenteronsusqu'un résumé très court des opinions admises us cette époque.
Outrouvedans le Museum Wormianum (1655)un nait assez détaillé d'ur. vieilouvrage intitulé, Miroyal, dont l'auteur étoit, dit-on , unetête counée, il présente une classilication des cétacés en ares d'après leur taille. Cette division, qui n'a pas andé un grand effort de sagacité, est, bien du, entremélée de toutes les absurdités dont wpères aimoient à se bercer ; nous en donnerons a léger échantillon.
Genres : 4° Nyding, vingt aunes de longueur, int de dents, point de barbes ( c'est-à-dire point lanons ).
à Nisen, cinq aunes. Les dauphins.
ÿ Laipter, sept aunes.
EWagnhyalur où Hualhund, douze aunes, dents grandes et aiguës (est sans doute le squale Herin ), ÿ Andhyal et Suinhual, vingt aunes, ete., etc. On peut ainsi prendre une idée de la méthode, sion at donner ce nom à des démarcations aussi groses, suivie dans le Speculum regale. Le dernier pre où le vingt-deuxième, est le hafgufe ou Pcé dont la taille étoit plus grande qu’une ile, et Nil n'existoit qu'un individu dans le monde; ka heureux sans doute que cet animal connu de “bons aïeux ait disparu de la surface du globe nil eût épuisé les productions !
Rondelet (Histoire entière des poissons. Lyon, Îlin-4e, 1558), dans un ouvrage fort remarqua- Peur l'époque , a joint à son Histoire des poissons Rs litures en bois de cétacés ; il décrit le marsouin, latine vulgaire, la vraie baleine, l'espaular, le ul ou senedette, la scolopendre cétacte; ces fi- Ms sont d'ailleurs imparfaites et grossières ; mais “lelet, imbu des idées chimériques d'une époque Horance et de ténèbres, a joint aux êtres réels images fantastiques et absurdes , et son monstre Bain, son monstre marin en habit de moine, son Bunstre marin en habit d'évêque, prouvent com- 100 aimoit alors les animaux à formes surnatules. Le mular ou sénedette, dont on a fait depuis Mdlphinaptère , ne peut être autre qu’un cacha-
connoissoit les fonctions et le toutefois en expliquer le mé ue peu de chose des marsoui ssez bien d'avec les dauphi se complait à en tracer l'hislo eulement les contes d'Aristo joute de nouveaux etde plus es idées populaires de sonte du dauphin , auquel il prèle ns son conte de Simon, pluslé 1, telles que d’être forcé d ir sa proie, d'avoir là bouch , ete. ; en parlant de sa nige videmment qu'il avoit en VU8 nre scare; mais on ne sail, fondement peut reposer ce remontant le Xi}, et alla en effet que ce cétacé, con able de son ennemi, plonge \ où il voit celui-ci se diriger et qu'avec l'épine ranchan il lui ouvreadroitementle ves bivent suflire pour montrer ’on chercheroit à retrouver d es arimaux dont les aucien rité règne encore dans lesau les : faut-il s'en étonner ?
lecs, au temps de leur splen ires d'Aristote, de Pline, d
être le poulpe kraken, qui ren 5 ponts ayant cent vingt bout hommes d'équipage que Mon
moire, a décrit et figuré danse
DES MAMMIFERES, 563
lot, car ladeseription qui sert d'explication à la figure semble le prouver,
Conrad Gesner, né en 1516, mort en 1565, publia dans un très gros in-folio tout ce que ses devanciers avoient dit sur les animaux, et il répète, au sujet des cétacés, ce qu'en avoient écrit Belon et Rondelet, Son livre VE de Aguatilibus comprend, rangés par ordre alphabétique, tous les animaux marins connus de son temps ; ses figures de poissons sont en bois, et assez bonnes ; celles des cétacés ne valent rien; les espèces qu'il décrit sont : le dauphin de Belon, pag. 380; le phorana ou tyrsio de Belon, pag. 837 ; l'orca de Rondelet, pag. 748; le physétère, pag. 851, qui n'est autre que le sénedette, ou mular de Rondelet. Plusieurs planches sont consacrées à ce que Gesner appelle la baleine, p. 459; mais l'imagination du peintre s'est exercée à loisir sur ce sujet : aussi voit-on de ces animaux, armés de longues défenses, submergcant des vaisseaux avec leurs évents, ou bien des navires jetant l'ancre sureux comme sur un haut-fond , et des équipages campant sur leur dos comme sur un rivage!
Aldrovande( Hist. nat. de Animalib,, libri septem. Francfort. in-folio, 4625 ) a consacré un livre intitulé de Cetis. La plupart de ses descriptions sont prises des auteurs antérieurs , et les figures en bois qu'il donne des cétacés sont grossières et calquées des pourtraits au naïf du livre du maitre Rondelet.
Jonston ( Histor. nat. de Piscibus. Amst., infolio, 1657), après avoir figuré avec beaucoup de soins pour l’époque des licornes de toutes les façons, représenta et décrivit quelques cétacés, et aussi, suivant l'opinion reçue alors, des sirènes et des hommes marins. Le livre V, p. 150, est consacré aux baleines, aux physétères, et aux dauphins, qui occupent plusieurs planches. La figure d’un cachalot (pl. 42) couché sur le flanc, copiée par l'abbé Bonnaterre, est très bonne; mais il n’en est pas de même de celles qui renferment des dauphins très difliciles à reconnoître, et surtout sa scolupendre cétacée, ètre fantastique et chimérique. Jonston, dans son Histoire, a copié Rondelet, Aïdrovande, et Belon, aussi bien que Pline et Aristote, toutefois déjà avec une apparence de goût. Il donne, comme document assez utile, et d'après Gesner, la figure d'une médaille représentant deux dauphins avec la forme propre à ces animaux, et non celle que les Grecs leur attribuoient généralement, et sous laquelle ils les ont presque constamment figurés. Ces dauphins ont pour revers une tête casquée.
Telles étoient les connoissances sur les cétacés il y a deux siècles. De nombreux voyages entrepris dans l'intervalle qui nous sépare de l’époque où écrivoient Rondelet, Belon, Aldrovande, Jonston et Gesner, jetèrent quelques lumières sur l’histoire
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564 HISTOIRE NATURELLE
d'une classe d'animaux que le merveilleux a toujours déligurée de préférence à toute autre. Nous n'aurons à mentionner que quelaues sources principales, malheureusement trop peu nombreuses : car tout ce que l'on dit des baleines, des dauphins, ou des cachalots, dans le plus grand nombre des voyages nautiques, est si vague, qu’on ne peut en tirer aucun fruit.
Eggede, missionnaire au Groënland , dans la description qu'il a publiée de l'histoire n'turelle de cette contrée (4 vol. in-12. Copenhague, 1765), et qui parut pour la première fois en 4758, présenta des observations neuves et intéressantes sur les cétacés du Nord, et sur la manière dont les naturels se livrent à leur pêche.
Un nommé Lapeyrère, qui est, dit-on, l’auteur d'une Relation du Groënland, imprimée, sous le voile de l’anonyme, à Paris, en 1665 (4 vol. in-12), décrivit avec quelque soin le narwhal, donna l'étymologie de son nom, ct une figure assez médiocre ; mais il expliqua assez bien comment ce qu'on prenoit alors pour des cornes de narwhal en étoient les dents.
Ellis, dans son voyage à la baie d'Hudson cexécuté en 1746 et 1747 (2 vol. in-12. Paris, 1749), mentionne quelque cétacés ; ct plusieurs fois, sous le nom de baleine blanche , il indique le béluga.
L'ouvrage le plus saillant, et qui est encore la source presque unique où l’on doive puiser des détails sur les cétacés, est celui d’'Anderson, intitulé Histoire naturelle du Groënland, de l'Islande et du détroit de Daris (trad., 2 vol. in 42. Paris, 4754), publié pour la première fois en 4750. Cet ouvrage, résultat de renseignements demandés à tous les haleiniers, se ressent malheureusement de la maniere dont il a été fait, et quoiqu'il soit riche en bons documents, il renferme beaucoup d'erreurs et des faits transposés. D'aillenrs, à l’époque d’Anderson on ne savoit pas peindre un animal quelconque avec des caractères précis ; aussi doit-on être très scrupuleux pour admettre les espèces qu'il décrit, et qu'il n'a pas très bien figurées, Nous serons donc forcé de recourir à ce que cet auteur indique ; mais nous ne le ferons qu'après des discussions raisonnées et'une rigoureuse comparaison du texteavec les planches, ce qui n'a pas toujours eu lieu , comme il est facile de s'en convaincre pour le genre physale des auteurs modernes.
Depuis Anderson jusqu'à l’époque actuelle, et par les livres d'Ellis, de Forskal, de l'agès, d'Hasselquist, de Klein, d'Illiger, d'Olafsen et Povelsen, de Péron , de Duhamel , de Shaw, de Risso, ete., etc., l'histoire naturelle des cétacés s’estenrichie de quelques bonnes observations, bien cependani que ses progrès n'aient été nullement en rapport avec ceux des autres branches du règne animal. Les traités de
Bonnaterre et de Lacépède, les plus complets q nous possédions, laissent toutefois leaucoup à d Sirer, el ne Sont pas sans erreurs. De sorte qu'at jourd'hui, où tant d'animaux nouveaux ont é décrits avec exactitude, nous ne possédons pas ut bonne histoire de cette classe d'êtres. Cependant livre précieux de Scoresby, sur les pèches du Nord la Zoologie de Shaw ; la Mammalogie de M, marest, et surtout le Règne animal du baron Curie ainsi que l'ouvrage de ce célèbre naturaliste sur | ossements fossiles, viendront nous fournir des lt mières plus nombreuses et plus certaines, et no permettre de réunir sur les cétacés des faits no veaux et intéressants.
Linné, dans l'édition que Gmelin arevue du $ tema nalturæ, a formé , sous le nom de cete, sa cla septième ou dernière des animaux. L'illustre Su dois n’y admet que quatre genres, qui sont cet nommés par lui, monodon, baleine, Plysétère, dauphin ; et dans ces quatre genres il ne décrit q quinze espèces.
Erxleben, dont l'ouvrage sur les mammiféres publié en 1777, se trouve avoir rejeté à la fin d animaux les phoques, et les avoir fait suivre des 4 tacés. Il adopte les genres et les espèces propos par Linné, à l'exception de deux.
Othon Fabricius, dans sa Faune du Groënlan décrivitavec soin plusieurs espèces du Nord, et re dit, sous ce rapport, un véritable service à la scieng
L'abhé Bonnaterre, dans sa Cétologie(in-4°,1784 proposa seulement quatre familles, dans lesquel furent compris huit espèces de baleines, deux nodons , six cachalots, et neuf dauphins.
L'histoire naturelle des cétacés du comte de cépède parut en 4804 : cet ouvrage eut nn gra succès, et resta classique jusqu’à ces derniers temf Il fit connoître trente-quatre espèces distribué dans dix genres, savoir : quatre baleines, qua Laleinoptères, trois narwhals, un anarnak, qui cachalots, un physale, trois physétères, deux phinaptères, onze dauphins,etun hyperoodon.P tard il y ajouta les descriptions faites d'après d peintures chinoises de plusieurs cétacés des mers Japon, tels que deux baleines, quatre baleinoptèré un physétère, et un dauphin.
Depuis cette époque, de nombreux voragel ont publiédiverses espèces, notamment de la fami des dauphins, et plusieurs des cétacés décrils P mitivement, comparés avec plus d'attention, 0 paru aux meilleurs esprits ne reposer que Sur figures fautives , ou sur de vagues observations, ont été rejetés des catalogues. M. Desmarest, di sa Mammalogie (1820-1822), porte encore cel dant leur nombre total à soixante-deux : surce n° bre , vingt-neuf espèces sont indiquées comme | constatées, et comme douteuses; ce qui réduit
maietrois celles sur lesquelles on possède des qails à peu près positifs.
Les cétacés connus aujourd'hui s'élèvent au nomdequatre-vingts, en ÿ joignant les espèces doumes, où seulement à celui de cinquante, en ne rhnt que des espèces assez rigoureusement dé-
mintes.
cépède, les plus complets q ssent toutefois Leaucoup à d Sans erreurs, De sorte qu'a d'animaux nouveaux ont & de, nous ne possédons pas ut tte classe d'êtres. Cependant oresby, sur les pêches du Nord 3 la Mammalogie de M, D Règne animal du baron Curie le ce célèbre naturaliste sur] viendront nous fournir des | uses et plus certaines, ct no sur les cétacés des faits no CR tion que Gmelin arevue du S né , sous le nom de cete, sa cla e des animaux. L'illustre S quatre genres, qui sont ce onoudon, baleine, physétère, * quatre genres il ne décrit q
Macés des mers du Kamtschaika, publiés, d'après du figures sculptées en bois pur les Aléoules, qur A, de CuaAmIsso.
M, de Chamisso, naturaliste français au service h Russie, a fait le voyage autour du monde avec apiaine de Kotzebuë sur le Rurick. Parmi les ouvertes intéressantes de son voyage, on doit opter celles qui sont relatives à des cétacés du d de l'oréan Pacifique, dont il se procura des giles sculptés avec beaucoup d'adresse par les urels de ces contrées, et sur lesquels il publia mémoire intéressant dans les Actes de la so- Hé de Bonne. Quoiqu'on ne doive pas ajouter croyance complète aux espèces qui sont ainsi ailes, et qu'on ne puisse les rapporter ou les e des cétacés déjà connus, on ne peut cepents dispenser d'en signaler les principaux cares, parce que les renseignements qui les acmenent sont curieux, et deviendront très utiles E'oyageurs futurs. D'ailleurs, le but principal \. de Chamisso a été de retrouver, dans les aléoutes, la synonymie de ceux employés par Mèbre Pallas , qui a décrit, dans sa Zoographie wrd de la Russie, trois cachalots et six balcines Bners du Kamtschatka, et les figures qu’il à fait gtaphier de ces animaux portent le cachet de ilude , en même temps que des notes claires Ritkes indiquent l'utilité que retirent de ces les habitants riverains des mers où ils al Les espèces figurées et décrites par M. de MO, et dont les représentations originales en “nl déposées au Muséum de Beriin, sont au bre de neuf,
ouvrage sur les mammifères trouve avoir rejeté à la fin d es, et les avoir fait suivre des @ s genres et les espèces propos ption de deux.
, dans sa Faune du Groënlan lusieurs espèces du Nord, et re un véritable service à la sciend e, dans sa Cétologie(in-#°,178 quatre familles, dans lesquelh tespèces de baleines, deux 1 pts, et neuf dauphins.
lle des cétacés du romte de 04 : cet ouvrage eut nn gr sique jusqu’à ces derniers temf ente-quatre espèces distribué avoir : quatre baleines, qui narwhals, un anarnak, qu ale, trois physétères, deux d lauphins,etun hyperoodon PA s descriptions faites d'après 0 de plusieurs cétacés des mers x baleines, quatre baleinoptéré dauphin.
que, de nombreux Vojasel spèces, notamment de la fami usieurs des cétacés décrits P arés avec plus d'attention, 0 esprits ne reposer que SU sur de vagues observations, atalogues. M. Desmares!, dal 90-1822), porte encore CP al à soixante-deux : Sur ce NO bces sont indiquées comme rl me douteuses; ce qui réduit
LA BALEINE KULIOMOCK.
lelaleine paroît être l'espèce décrite par Palus le nom de culammach, et que les Russes ment Rulioma, Les Aléoutes, qui l'appellent luth dans l'âge adulte, donnent aux jeunes us le nom de kuliomagadoch. C'est par &felillas en distingue la baleine kamschalan g: Senifiant, dans la langue des naturels, vieil- “ab et s'appliquant aux très vieux ku-
De toutes les espèces de baleines, celle-ci est la plus abondamment entourée d'huile, et les chairs, au dire des naturels , ne forment qu'une très petite partie de la masse totale du corps. Cette graisse huileuse est fluide et très odorante, et les Aléoutes la recherchent pour leurs aliments. Ces peuples mangent aussi les nageoires des jeunes individus, font des cordes et des lignes de pêche avec ses tendons ct ses aponévroses, et emploient les os dans la construction de leurs cabanes, tandis qu'avec la peau ils feconnent leur chaussure.
Le kuliomoch, la plus commune comme la plus grande espèce des mers du nord de l'océan Pacifique, se rapproche beaucoup de la baleine franche (balæna mysticetus). En effet, sa poitrine est lisse, mais marquée sur les côtés d’un large sillon contourné; ses fanons, au nombre de quatre à cinq cents, sont très grands, et de couleur noir bleuâtre ; ses vents sont flexueux ct placés au milieu de la tête; une éminence conique surmonte le bout du museau dans la figure, et la bouche est arrondie et recourbée à sa commissure. La nageoire de la queue est échancrée dans son milieu, et les pectorales sont de forme ovalaire oblonguc: leur couleur est blanche , ainsi que la poitrine. Le dos enfin offre une gibbosité assez semblable à une fausse nagcoire, tandis que la forme du corps est cylindrique.
Souvent M. de Chamisso observa le kuliomoch nageant autour du Rurick, et une fois entre autres le brick russe, que poussoient des vents favorables, heurta deux de ces baleines qui jouoient, et dont le choc se fit ressentir sur le vaisseau.
Cette espèce se rapporteroit parfaitement à la baleinie franche des mers du Nord, sans bosse qui surmonte le dos, suivant M. de Chamisso ; et tous ses caractères, à cela près, s'accordent beaucoup plus qu'avec ceux qui distinguent les baleines gibbeuses, ou les baleinoptères boops et à bec, décrites dans les auteurs. Toutefois quelques personnes répugnent à croire que la baleine franche vive indifféremment dans tous les océans, ct que l'espèce des mers boréales atlantiques soit celle des mers boréales pacifiques. À cet égard, M. de Chamisso a recueilli quelques preuves qui paroissent assez décisives, Henri Æamel, et Buseq, le premier en 1655 sur les riveges de la Corée, cet le second en 1716 sur les côtes du Kamitschatka, affirment avoir pêché des baleines franches sur le corps desquelles étoient enfoncés des harpons européens, dont la marque étoit celle des pêcheurs du Groënland, On sait d'ailleurs que la connaissance de ce fait avoit précédé les lumières de la géographie pour faire supposer un canal de jonction, sous le pôle, entre la mer Atlantique et l'océan Pacifique. Au reste, quoique feu Péron ait eu l'opinion formellement