‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 423 sur 514 · DES CÉTACÉS HERBIVORES, OU DES SIRÈNES · texte numérisé non relu

DES CÉTACÉS HERBIVORES, OU DES SIRÈNES

ieure,

M Cuvier, le premier, divisa l'ordre des cétacés deux familles. 11 raugea dans la première, sous

Un de cétacés herbivores, les genres lamantin,

dugong , et stellère ; et dans la seconde, sous le nom de cétacés proprement dits, furent compris tous les animaux connus jusqu’à ce jour, et d'une manière exclusive , sous ce nom seul, tels que les baleines, les cachalots, les narwhals et les dauphins.

Les cétacés herbivores se distinguent des cétacés ordinaires par l'aplatissement des couronnes de leurs dents. Ce caractère, en effet, est la conséquence naturelle de leur genre de vie : aussi les onimaux de cette division tirent leur substance des matières végétales qu'ils paissent sous les eaux à peu de profondeur sur les rivages ; ils allaitent leurs petits avec deux mamel.es placées sur la poitrine ; des poils naissent sur le rebord de la lèvre supérieure, ct leursévents , dont le canal osseux s'ouvre vers le haut du crâne, ne sont percés dans la peau que vers le bont du muscau.

Trois genres seulement sont compris dans les cétacés herbivores, et long-temps on les a rangés à côté des phoques. Leur histoire a été entremélée de contes populaires ; et c'est ainsi qu’on les a figurés et décrits sous les noms d'hommes ou de femmes marines, de sirèues. Les Européens établisaux Indes croient encore à leurs rapports avec les tritons de la mythologie; et il est bien rare qu’à Batavia, par exemple, on ne mentionne pas annuellement, dans les gazettes, la capture de quelques uns de ces demi-hommes et demi-poissons , qui ne sont autres que des dugongs.

Les cétocés herbivores paroissent habiter plus particulièrement entre les tropiques, et seulement sur les rivages, et jamais dans la haute mer. De trois espèces connues de l'mantins, en effet, une vit aux Antilles, la seconde au Sénégal, et la troisième sur les côtes de la Floride. Le dugong n’a, jusqu'à ce jour, été trouvé que dans les mers chaudes qui séparent par d'innombrables canaux les iles de la Malaisie, Il s’avance sur les côtes de la Nouvelle-Hollande jusqu'au-delà du tropique du Capricorne; et les naturalistes prussiens, Hemprich et Ehrenberg, assurent l'avoir observé dans la mer Rouge. Le stellère paroit continé aux mers boréales de l'océan Pacifique, sur les côtes de la presqu'ile du Kamtschatka, et au milieu des îlots innombrables de la côte nord-ouest d'Amérique.

Le comte de Buffon ayant déjà décrit (tom. IX, et suppl. tom. VE) les lamantins et le dugong, nous nous bornerons à présenter un résumé de l’histoire de ces animaux , beaucoup plus exactement connus aujourd’hui.

Page 1