LES DAUPHINS
Le nom de dauphin retrace à notre esprit les ficans gracieuses de l’Hellénie, et nous rappelle ces ( marins que les poëtes grecs célébrèrent à l'envi nleurs vers, en les dotant des plus rares quajt, Qui ne conserve le souvenir d'Arion attirant rles sons enchanteurs de sa lyre des dauphins ses d'harmonie, et transportant sur leur dos le hotre qui avoit su les cha:mer, pour le soustraire es ennemis ? Apollon n'a-t-il pas été surnommé Miphien, parce que sans doute le soleil est le régéar de la nature, comme le dauphin est l’emsmede la mer où de la reproduction ? La peinture, wulpture , figurèrent sur les bas-reliefs qui décoah plupart des monuments publics et religieux luceune Grèce, l'espèce connue des naturalistes slenom de Dauphin vulgaire ; mais les artistes sstreignirent point à copier la nature ; ils firent «et animal un être chimérique qui ne seroit point uunoissahie si l'on ne possédoit des médailles du aps qui en donnent des portraits assez ressem- Mants par les formes aux dauphins qui vivent dans iéditerranée. Héritiers du goût pour les arts » les Grecs poussèrent si loin, les modernes semkitavoir consacré aux monuments d'utilité génédkdestinés à fournir de l'eau, lestigures transmises h tradition des anciens dauphins, et ne voyonsus pas sur presque toutes les fontaines qui déconos villes le dauphin des Grecs, jetant de l'eau kr «on énorme bouche , et dont le corps couvert de ie écailles, muni de nageoires hérissées de pins robustes, se termine par une queue élégam- Lretroussée ? Que les poëtes attèlent des dauis an char de Cythérée, ou placent sur leursdos hntho et ses séduisantes compagnes, ces images pruntées à la mythologie, et qui sont le fruit %e imagination riante, et embellie par le prestige ‘ilusions , ne sortent point de leurs privilèges ;
laconstellation du Dauphin a pris son nom ou du Bla d'Arion , qui négocia le mariage de Neptune et Mphitrite, ou d'an marinier que Bacchus changea en animal, bien que quelques mythologues n'y voient k dauphin qu'Apollon donna pour conducteur à Üélois qui alloient dans la Phocide, Le dauphin Mlcunsacré à Apollon; il est même admis par pluauteurs que la ville de Delphes tiroit son nom de lime du dauphin, sous laquelle Apollon y avoit con- Lsalius, qui bâtit cette ville, et non de Delphus, iipollon et de Celæno, alnsi que le pensent quel- Fantres (MILLAN).
brles médailles, le dauphin placé à côté du trépied lion désigne le sacerdoce des décemvirs. Lorsqu'il Mot à un trident ou à une ancre, il marque la li- Edu commerce et l'empire des mers; on s'en est Maussi pour exprimer la tranquillité sur mer, parce lnese montre que quand elle est calme (NorL).
mais le naturaliste qui examine la nature sans laisser endormir le témoignage de ses sens, n’écoute qu'une froide réalité, ct les dauphins, ces êtres si pleins d'intelligence, ces êtres qui sembloient les seuls dans l'univers susceptibles de conserver dans leur mémoire le souvenir des bienfaits recus, les dauphins ne sont plus pour lui que des cétacés grossiers dans leurs formes, dans leurs appétits, et n'ayant qu'un instinet un pen supérieur aux grands animaux de leur classe. Ainsi déchus des attributs mensongers dont les décorèrent sans motif les poëtes des anciens temps, alors, comme ceux d'aujourd'hui, peu jaloux de peindre la nature telle qu'elle est, les dauphins resteront pour le philosophe qui cherche à tout connoitre sur la surface du globe, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, une famille composée d'espèces nombreuses et pour la plupart inconnues, mais digne d’un intérêt d'autant plus vif, que l'observateur a moins souvent occasion d'en étudier les mœurs, les habitudes, et même les attributs physiques.
La famille des dauphins se compose d’un grand nombre d'espèces, décrites, pour la plupart, dans ces derniers temps. Mais le nombre de celles qui restent à découvrir est immense, et ce n'est qu'avec lenteur que nous avançons vers le moment où leur étude, dégagée des renseignements erronés donnés par les anciens auteurs, doit marcher d’un pas ferme et rapide. « Nous avons déjà eu, dit M. Cuvier dans » son Histoire des ossements fossiles, beaucoup d’oc- » casions deremarquer que c’est sur les grands ani- » maux qu'il règne le plus d'erreurs et de confusion, » par la raison qu'il n’est possible de connoître et » de distinguer que les espèces que l’on a pu voir de » près, et comparer soigneusement les unes avec » lesautres. Cette remarque s'applique spécialement » aux cétacés. Îls ont frappé tout le monde par l’immensité de leurs dimensions, et leur pèche a » donné lieu, depuis des siècles, à des eflorts inouïs » d'activité et de courage ; mais, à moins d’un heu- » reux hasard qui en ait fait échouer sur une côte où » se trouvoit quelque homme instruit, ils n’ont » presque jamais été décrits avec exactitude, et en- » core moins comparés avec détails.
» Des milliers de marins ont pris et dépecé des » baleines, qui peut-être n'en ont jamais contemplé » une dans son ensemble ; et cependant c’est d’après » leurs descriptions vagues, d'après les figures gros- » sières qu'ils en ont tracées, que les naturalistes » ont cru pouvoir composer l'histoire de ces ani : maux. La plupart n'ont pu même faire présider » la critique à leurs compilations, faute de faits » assez bien constatés pour servir de base à leurs » raisonnements. Voilà pourquoi cette histoire est » à la fois si pauvre et si remplie de contradictions
» et de doubles emplois.
2 conan one nt 0e
ne tt
996 TISTOIRE NATURELLE
» Nous tâcherons de lui fournir quelques unes » des bases qui lui manquent, en décrivant avec , précision les faits observés par nous-mêmes, en » les comparant à ceux qu'ont publiés des observa-
teurs exacts, et encherchant, v’après ces données,
à déméèler ce que signifient les indications incom- » plètes des pêcheurs et des navigateurs, mais en
nous gardant bien d'accorder jamais assez d'im-
portance à ces indications pour établir sur elles
seules des espèces, et encore moins des genres et des sous genres, comme l'ont fait des naturalistes plus hardis que nous ne le serons jamais.
» Il nous seroit en effet bien facile, en profitant , de figures grossières, faites d'imagination ou de , souvenir, et de descriptions confuses ou tronquées,
et en accumulant des synonymes qui ne sont que
des copies les uns des autres, de faire paroitre : de longues listes d'espèces qui n'auroient aucune réalité, et que le moindre souffle de la critique
renverseroit ou mettroit en désordre. Mais c'est
précisément la conduite contraire qu'il est, selon
nous, nécessaire de tenir, si l'on veut tirer l'his- » toire naturelle du chaos où elle est encore. » On ne peut donc qu'imiter la sage réserve énoncée avec tant de profondeur par l’un de nos savants les plus célèbres, La marche qu'il a suivie est la seule certaine , et c'est aussi l'unique moyen qu'on puisse employer pour tirer la cétologie de l'ornière où elle reste stationnaire.
Les dauphins sont les plus petits de tous les vrais cétacés. D ne faut cependant pas croire que leur taille soit suflisante pour les caractériser ; car si on connoit des espîces pelites, on en connoît qui ont des proportions considérables : en général, leur taille varie beaucoup. Ce qui les distingue surtout est d'avoir des dents plus où moins nombreuses aux deux mächoires. Aux veux des naturalistes, en effet, tout cétacé qui a la tête en proportion régulière avec le corps, les mâchoires garnies chacune d'une rangée de dents, doit être classé dans le genre dauphin, delyhinus. Lorsque l'on ne connoissoit que très peu d'espèces, que leurs caractères étoient mal déterminés, ce genre étoit suflisant pour lesrenfermer toutes; mois aujourd'hui qu'il y en a davantage de décrites, que leur organisation fondamentale a été mieux étudiée, il doit en résulter des coupes génériques plus nombreuses , et le mot dauphin ne peut plus être appliqué qu'à la famille entière. C'est déjà ce qu'avoit pressenti M. Cuvier dans son Régne animal, en séparant, non seulement, comme l'avoit fait M. de Lacépède, les delphinaptères, mais encore en isolant les marsouins des dauphins proprement dits. M. de Blainville augmenta le nombre de ces coupes génériques, et créa celles des delphinorhynques et des hétérodons, et adopta les oxyp-
tères de M. Rafinesque. Si en effet les caractères !
tirés de la forme des dents des mammif:
tres, où du bec d'un oiseau, suflisent dans ces der branches pour établir des genres, certes des dis rates aussi fortes que celles que présentent un gra nombre de dauphins dans les organes les plus i portants et les plus fondamentaux, tels que s ceux de la tête, considérés avec leurs rapports leurs systèmes divers d'organisation, doive
‘res lerr
nt ford
tem avantageux, de classilication, L'extrème longue
du museau de quelques espèces, opposée an ret absolu que montrent quelques autres, doit faire p sumer sans doute que les animaux qui offrent dissemblances, bien que complétement analog par toutes les formes extérieures, ont des mœurs, peut-être des habitudes différentes, Aussi erove nous servir l'histoire des dauphins, en passant revue leur tribu, dont nous distribuerons les d pèces sous les noms, 1° de bélugas; 2° de delphind tères; 5° d'oxypléres; 4° de delphynorhynqu 5° de platanistes ; 6° de dauphins; %° de marsoui et 8° de globicéphales. Les deux premiers ap} tiendront à la division des dauphins sans nage dorsale, le troisième aux dauphins à doubles 1 geoires sur le dos, et les cinq autres aux dauph à dorsale unique {!).
Le corps des dauphins est allongé, plus épais milieu, aminci graduellement vers la queue : un derme très lisse le recouvre; les évents n'ont qu ouverture unique sur le sommet de la tête; les geoires pectorales sont le plus souvent mine aiguës et longues ; les mamelles sont inguinales placées au nombre de deux dans un repli dela près les organes de la génération; la verge desm a, dit-on, un os dans son intérieur, comme beat de mammifères, et notamment les chiens; | queue horizontale est le plus ordinairement bilob c'est-à-dire échancrée au milieu, et rarement tière et en croissant.
à admettre ce moyen artificiel, mais en même
La plupart des particularités anatomiques 4 nous avons rapportées dans notre début convien
() L'existence des nageoires sur le dos des cétacé la famille des dauphins doit étre peu importante l'organisation de ces animaux: aussi observe: qu'elles manquent naturellement dans Leatreoup genres, et que méme trés souvent elles sont mat déchirées complétement chez plusieurs individus espêces qui en sont munies; les nageoires dorsales dauphins ne sont donc que des replis de la peau, l plis par du tissu cellulaire, et qui forment à leur p antérieure un rebord un peu plus épais : la formel nageoires est le plus ordinairement celle d'un trid aigu plus ou moins recourhé el aminei vers le bordl térieur, Ces nageoires adipeuses dorsales s'abais méme chez les cachalots pour être remplacées par bosses graisseuses qui s'effacent loul à-fait sur le des baleines et des delphinapteres.
sduphins; aussi nous n'y reviendrons point :
remarquerons, d'après M. de Blainville (Nour, st Hist, nal.,t. 49, p. 142, 2e édit), qu'on bkerve aucune trace de poils proprement dits sur pau de ces cétacés ; mais que les fibrilles sont pies par couches perpendiculaires, et semblent une certaine modification des poils et en tenir , Tous les organes des sens spéciaux ont atteint pus grand degré de moditication aquatique. Les mous n'ont rien de remarquable, si ce n'est rétendue et leur non-division Le système vasjre veineux est extraordinairement développé, qu sous la peau et à la base de la tête. On y ve de vastes sinus qui établissent de nombreuses munications entre toutes les vrines de ces pardu corps. et la grande quantité de sang qu'on ve dans les canaux veineux fait présumer, dit de Blainville, que la cause de la mort de ces maux, lorsqu'on les tire de l'eau, est une vérikapoplexie cutanée. De cet excès de sang veipresque noir, qui circule peut-être même dans sème artériel, résultent la couleur bleuâtre et foncée des muscles, la grande abondance de ae sous-cutanée, et peut-être quelque différence s le degré de chaleur. C'est encore à la modifiin profonde qu'ont reçue ces animaux aquatis,qu'il faut attribuer leur accouplement ventre katre, quoique sur le côté, en s’entrelaçant par mgeoires pectorales, et le mode d'allaitement lequel le fætus qui naît déjà capable de nager, disposé en sens inverse de la mère, ou de la ilhqueue, M. de Blainville combat en outre pliction qui admet que les cétacés en saisissant poie rejettent l’eau qu'ils avalent par leurs ais. À ce sujet il dit : « L'opinion reçue jusqu'ici “que c'est dans la déglutition des aliments Miles que cette eau est introduite dans la cavité Mile, et que, pour que l'estomac n’en soit pas pré, elle est successivement remontée le long deanal aérien, accumulée dans les poches de bnerture extérieure des narines, et enfin éjaake avec plus ou moins de force par l'action slibres musculaires qui entourent ces poches Mqui agissent sur elles. Mais tout cela paroit fort Mile à admettre : d'abord, on sait que la pyrade du larynx est fortement serrée par l'espèce #hincter que forment autour d'elle les muscles loile du palais, et que par conséquent il est die, pour ne pas dire impossible , que l’eau ne par la ; secondement, dans la déglutition | leu, l'animal ne peut tout au plus rendre que Rite quantité de fluide qui se trouve remplir %& bouche la place qu'occupe le bol alimen- ‘tt, en effet, on voit le phoque très bien krsa proie dans l’eau sans être obligé de rete laide ; troisièmement, il est hien certain
8 dents des mammifires ter h oiseau, suflisent dans ee
: $ der lir des genres, certes de
s dis e celles que présentent un gras ns dans les organes les plus i is fondamentaux, tels que s onsidérés avec leurs rapports rs d'organisation , doivent ford n artificiel, mais en même tem ssilication, L'extrême longue ques espèces, opposée an ret nt quelques autres, doit faire p que les animaux qui offrent en que complétement analog es extérieures, ont des mœurs, tudes différentes, Aussi crove ire des dauphins, en passant dont nous distribuerons les @ s, 1° de bélugas; 2 de delphind éres; 4° de delphynorhynqu 6° de dauphins: 7" de marsoui hales. Les deux premiers app sion des dauphins sans nageo ème aux dauphins à doubles , et les cinq autres aux dauph 1).
uphins est allongé, plus épais aduellement vers la queue :1n recouvre; les évents n'ont qu’ sur Le sommet de la tête; les s sont le plus souvent mine ; les mamelles sont inguinales e de deux dans un repli delap e la génération; la verge desm ns son intérieur, comme beauté et notamment les chiens: | est le plus ordinairement bilok crée au milieu, et rarement ant.
s particularités anatomiques ( tées dans notre début convien
8 nageoires sur le dos des cétacé phins doit étre peu importante ces animaux; aussi observe!
naturellement dans beaucoup e trés souvent elles sont mutil ement chez plusieurs individus t munies: les nageoires dorsales done que des replis de la peau, ellulaire, et qui forment à leur p rdun peu plus épais : là forme le us ordinairement celle d'un tri recourbé et aminei vers le bord pises adipeuses dorsales s'abais “halots pour àtre remplacées par qui s'effacent loul à-fait sur le delphinaptéres.
que la membrane qui tapisse les poches nasales n'indique nullement une disposition niune structure propre à l'usage qu'on veut lui attribuer; et eulin l’on sait, par des vbservations directes, que c'est dans l'expiration que cette éjection de l'eau a lieu, et que l'air qui sort avec elle est extrèmement infect, ce qui dénote qu'il a été long-temps conservé dans l'organe pulmonaire, en sorte qu'on pourroit penser que ee jet, qui paroît proportionné à la quantité d'air contenu dans les poumons, est formé dans l'expiration par l'eau qui se trouve audessus de l'orilice des narines. »
Nous sommes redevables à M. Cuvier d'une étude
approfondie des parties osseuses des dauphins. Nous extrairons textucllement les passages de ce naturaliste , qui se lient directement à notre sujet : « Dans » les dauphins, le crâne est très élevé, très court, » très bombé en arrière ; la crête occipitale entoure
le haut de la tête , et descend de chaque côté sur
» Je milieu des crêtes temporales qui se portent » beaucoup plus en arrière qu'elle. Cette face occi-
pitale, si grande et si bombée, est formée par l'os
» du même nom, par l’interpariétal et par les parié- » taux , qui s'unissent tous de très bonne heure en
une seule pièce. Les pariétaux descendent de chaque côté de la tempe entre le temporal et le frontal, ctils y atteignent au sphénoïde postérieur. Enavant eten dessus, ces pariétaux se terminent derrière la crête occipitale, et les maxillaires, s’en rapprochant beaucoup de leur côté, ce qui paroît du frontal à l'extérieur ne représente qu’un bandeau fort étroit qui traverse sur la tête de droite à gauche, et paroit se dilater à chaque extrémité pour former le plafond de chaque orbite ; mais quand on a enlevé le maxillaire, qui double en dessus et ce plafond et presque toute la face antérieure du crâne, on voit que le frontal est en réalité plus large qu'il ne paroît à l'extérieur.
» Les deux os du nez sont deux tubercules arrondis enchâssés dans deux fosses du milieu du frontal, et au devant desquels les narines s’enfoncent verticalement. La face postérieure et verticale de ces narines est la lame cribleuse de l'ethmoïde, mais qui a peu de trous : trois ou quatre , mais quelquefois moins. Le reste du contour intérieur des narines appartient aux maxillaires: leur cloison est le vomer, qui tient à l'ethmoïde comme à l'ordinaire. Les maxillaires, en effet, après avoir formé le long museau, arrivés au voisinage des orbites, s’élargissent, couvrent d'une lame large et dilatée le plafond que le frontal donne à ces cavités et toute la face antérieure dun frontal, excepté ce petit bandeau qu'ils laissent paroître le long de la crête occipitale, Hs viennent ainsi toucher aux os du nez. Les deux intermaxillaires forment le bord externe et
nn Dome am
RTE
598 HISTOIRE NATURELLE
antérieur de l'ouverture nasale , et descendent sur etentre les deux maxillaires jusqu'à la pointe du museau, où ils se remontrent même en dessous ; mais ls maxillaires s'y montrent un peu entre eux, dans le haut, près des narines, Cependant ce n'est pas le frontal qui forme en entier la face inférieure du plafond de l'orbite; la partie antérieure est faite par un os plat et irrégulier, recouvert en dessus, comme le frontal, par le maxillaire :; cet os, qui est le jugal, donne de son angle antérieur une apophyse grèle et longue qui se » dirige en arrière, et va s'articuler à l'apophyse » 2ygomatique du temporal; ce filet mince est la » seule limite osseuse de l'orbite en dessous. L'apo- » phise zygomatique du temporal s'unit à l'apo- » physe postorbitaire du frontal pour limiter l'orbite » en arrière, d'où il arrive que toute l'arcade zygo- » matique proprement dite appartient au temporal. » Ce dernier os est peu étendu dans la tempe, et se termine à la crête temporale, en sorte qu'il ne pa- » roit point dans l'occiput. En dessous, l'occipital » latéral et le basilaire produisent des lames sail- » lantes, qui, s'unissant à la continuation de l'aile ptérygoidienne et à une lame du temporal, composent une sorte de voûte sous laquelle sont suspendus , par des ligaments, le rocher et la caisse qui se soudent ou s'engrènent promptement en une seule pièce. Le pariétal, après avoir passé derrière le temporal, vient prendre part à cette voûte. Le temporal lui- même se trouve donc presque étranger à la composition du crâne, ne servant qu'à boucher quelques petits trous restés au pariétal, C'est un commencement de la sépa- » ration qu'il éprouve dans les classes inférieures. La partie de ces crêtes qui borde de chaque côté la région basilaire fait ressembler cette région à un » large canal. Dans le fond de l'orbite on voit les » deux sphénoïdes placés comme à l'ordinaire, Le » postérieur touchant au temporal, au pariétal et au » frontal, l'antérieur au postérieur, au frontal, à » l'apophyse ptérygoide.interne; mais ce qui est » très particulier, c'est la forme et la composition » des bords de: arrière-narines. Les maxillaires » étant prolongés en un museau aplati et les dents » finissant avant l'orbite, le maxillaire n'est pas au » plancher ni aux parois antérieures ou latérales de » cette cavité, mais à son plafond, comme y est aussi » le jugal; il complète le bord interne de ce plafond. » De tout le contour postérieur de la face inférieure » ou palatine de ces maxillaires part une sorte de » pyramide quadrangulaire, dont la base est tra- » versée verticalement par les narines, et dont le » reste de l'espace est creux ou contenu entre deux » lames ouvertes en arrière. Ce sont des espèces de » doubles parois qui entourent l'ouverture posté- » rieure des narines. Elles sont composées des apo-
v physes ptérygoïdes internes et des palatins qui replient pour former la base de vetie dou
il C pa
et le plafond en est complété par le masillu
auquel il s'articule.
» Quant à l'apophyse ptérygoide interne, elle recourbe seulement en S, Une de ses courb s'articule extérieurement au palatin pour prol ger la paroi inférieure et externe; l'autre s'un l'autre are du palatin , et se continue ensuite le sphénoïde antérieur, pour s'articuler an vo et compléter ainsi la partie interne de cet ont rage de l'arrière-narine ; d'où il résulte que bord tout entier de l'arriére-narine, sanfle vo appartient, comme dans les fourmiliers, à que nous avons toujours appelé apophyse pté goide interne, Ce que le dauphin a de particul c'est ce grand sinus intercepté entre les deux rois de ce bord. Cet os ptérvgoide interne toujours distinet, Le sphénoïde postérieurses au basilaire bearcoup plus tôt qu'au sphén antérieur; je l'y trouve même soudé dans cert fœtus avant tous les autres os. Ce dérange presque absolu de tous les os a beaucoup ch la direction des trous. Au lieu de trou incisif, a un long canal qui règne entre les deux m laires et les intermaxillaires, depuis le bou museau jusqu'aux norines, près desquelles bifurque. 1 faut chercher le trou sous-orbi au plafond de l'orbite, où il représente unee ouverte en dessous, de laquelle partent, dan verses directions, des canaux qui vont s'ouv la face supérieure des maxillaires et des i
» maxillaires, non pas au-dessous, mais en dé et vis-à-vis de l'orbite. Je ne trouve ni osni
lacrymal, Tout-à-fait dans un creux, en ava l'orbite, entre le maxillaire, le vomer, «4 pointe du palatin, est un petit trou quit dans la narine, et qui présente le sphéno-pal Je ne vois, pour répondre au plerygo-pul qu'un petit trou sur la jonction du palall maxillaire, dans le palais, lequel donne da
, sinus placé de chaque côté des narines posé
res. Le trou optique est médiocre, et dans le noïde antérieur comme à l'ordinaire. Le
» sphénr-orbitaire, entre les deux sphénoide
aussi l'oflice du trou rond. 1 y a ensuite ll ovale dans le sphénoïde postérieur , et plus
» rieurement dans le même os un trou poik
vaisseau. Une ouverture entre le temporil, cipital latéral, le basilaire et le sphénoide rieur, laisse passer les nerfs de l'oreille po rendre au rocher. En avant d'elle, et fort est lé trou carotidien. Dans le basilaire, el une échanerure des bords de cette voile
reille dont nous avons parlé , est Le trou e loïdien, fort petit. C'est le bord postérieur dé
Lupice de voûte qui tient licu de toute apophyse mstoide. À l'intérieur, la cavité cérébrale est bien remarquable, en ce que sa hauteur surpasse glongueur. Le plancher en est très serré. La selle marque peu. Les fosses cérébelleuses sont les plus creuses ; il y à souvent une tente osseuse très gillante à son milieu ; la faux est toujours osseuse marrière; mais il n'y a point de crête de coq. et jpeine apercoit-on quelques petits trous à la hne cribleuse. Le rocher et la caisse, comme qus l'avons déjà indiqué, ne se joignent au crâne praucune suture , €t n'y sont pas même enchàsis, mais seulement suspendus par des ligaments pus l'espèce de voûte dont nous avons parlé. Ils réunissent de bonne heure en un seul os de hreille, Les condyles occipitaux sont grands, mis peu saillants. Le trou, dirigé tout-à-fait dans lignement de la tête, est presque circulaire, I el remarquer que l'on ne trouve jamais de symire complète dans les têtes de dauphins; les fx narines, les deux os du nez, et les parties dacentes, ne m'ont jamais semblé égales comme dns les autres mammifères ; ce qui nous conduit ilextrème inégalité de ces parties, que nous obwverons dans les cachalots. »
Endauphin du genre marsouin, dont nous exames l'organisation, nous présenta les circones suivantes : Le tissu cellulaire formoit une he d'un pouce d'épaisseur autour de l'animal , | a longueur totale étoit de huit pieds. Les is étoient noires, assez abondamment gorgées ang. L'estomac se composoit de trois capacités, h première étoit de forme ovoïde, irrégulière Wisée d'une membrane muqueuse très blan- Mais garnie de fronçures considérables et nomws, La seconde cavité stomacal communilavec la précédente par une ot. ire étroite mde ; elle étoit également tapissée ,:15 une muwridée, mais de couleur noirâtre très foncée. lisème estomac étoit lui-même renflé, long de pouces , et donnoit naissance aux intestins grè- \upissés par une muqueuse interne très chardalvules , et dont l'ensemble formoit un tube lé de distance en distance, long de cinquante- Peds, et s'élargissoit un peu pour aboutir au ün L'intérieur de l'estomac étoit rempli de “ d'aliments à demi décomposés , et qui tous Woient en poulpes et en poissons volants. Des hmbries adhéroient fortement à ses parois. Les Kétoient composés de lobules cunéiformes, réulchement entre eux , entourés par un réseau baneux, Le cœur étoit volumineux; les pideses ventricules étoient d’une grande force. Pümons n'étoient formés que de deux lo- “lumineux , dont le droit envoyoit un mince ‘Vers celui de gauche , et sous lequel le cœur
les internes et des palatins qui mer la base de cette double pa nest complété par le maxilla ule, physe ptérygoide interne, elle nent en S, Une de ses courbu eurement au palatin pour prol rieure et externe; l'autre s'un alatin, et se continue ensuite térieur, pour s'articnler au vo nsi la partie interne de cet ent re-narine ; d'où il résulte que r de l'arriére-narine, sanf le vo mme dans les fourmiliers, à toujours appelé apophyse pté Ce que le dauphin a de particul sinus intercepté entre les deux d. Cet os ptérygoide interne et, Le sphénoïde postérienrses aucoup plus tôt qu'au sphén + trouve même soudé dans cert us les autres os. Ce dérange 1 de tous les os a beaucoup ch s trous. Au lieu de trou incisif, al qui règne entre les deux m termaxillaires, depuis le bou aux norines , près desquelles faut chercher le tron sous-orbi l'orbite, où il représente une ssous , de laquelle partent, dan ns, des canaux qui vont s'ouv ieure des maxillaires et des i ion pas au-dessons , mais el il l'orhite. Je ne trouve n1osn ut-à-fait dans un creux, en avi e le maxillaire, le vomer, el atin, est un petit trou quif et qui présente Le sphén pal jour répondre au ptérygo-pal rou sur la jonction du palal ans le palais, lequel donne dut * chaque côté des narines posté ptique est médiocre, et dans le eur comme à l'ordinaire Le ire, entre les deux sphénoide dutrou rond. va ensuite uni sphénoïde postérieur , et plus ans le même os un tro pol ouverture entre le temporal, le basilaire et le sphénoïde asser les nerfs de l'oreille pe her, En avant d'elle, et fort rotidien. Dans le basilaire , el re des bords de cette voble ( ous avons parlé , est le trou etit. C'est le bord postérieur de
étoit complétement caché. Le parenchyme de ces viseë es éloit assez compacte et de couleur rouge foncée, La verge, très grosse à sa base, se terminoit en pointe aiguë ; elle étoit logée dans un sillon profond placé sous l'abdomen, d'où elle doit sortir dans l'érection, Si de l'organisation profonde nous passons à la surface du corps, nous verrons que l'enveloppe luisante qui en revêt les contours est partout également tendue, également brillante, et que tout en elle retrace le poli des métaux. Les couleurs qui sont propres aux dauphins sont généralement le bleu noir et ses teintes dégradées, ou la couleur blanche, dont la pureté et l'aspect sont analogues à l'éclat du satin, ou rejettent la lumière comme l'argent travaillé et poli. Cette suavité de teinte est l'attribut de l'existence ; elle paroit entretenue par une couche huileuse de nature spéciale, qui lubrifie l'épiderme et le rend imperméable à l'action prolongée de l'eau; car n'est-ce pas cette couche huileuse qui conserve chez les poissons cette fleur de vie si fugace qui colore leurs écailles de toutes les nuances du prisme, et que ne tarde pas à perdre l'animal sorti de l'élément hors duquel il ne peut plus vivre? En mourant, les dauphins aussi perdent ces couleurs de velours ou d’argent qui constituoient leur unique parure, et un jaune huileux , fonçant de plus en plus ses teintes, remplace l'éclat qui s'est évanoui pour toujours. Les femelles des dauphins reçoivent dans l’accouplement les mâles en les serrant entre leurs nageoires. On dit que la gestation est de dix mois, et que la conception à lieu dans l'automne ; on assure aussi qu'elles ne font qu'un petit ou deux à chaque portée, et que la mère surveille avec sollicitude leurs mouvements, les faconne ou les habitue à la natation, protége leur inexpérience , les guide jusqu'au moment où ils peuvent se conduire par eux-mêmes. Ce n’est qu'en se penchant sur le côté que les jeunes dauphins saisissent le mamelon du sein de leur nourrice, et qu’ils y puisent un lait onctueux , de couleur bleuâtre, mais très nourrissant, On a supposé que ces cétacés pouvoient vivre de vingt à trente ans : sur quelles observations appuiet-on cette opinion ? nous l’ignorons complétement. H parait plus avéré que les dauphins choisissent pour théâtre de leurs amours, ou pour mettre au jour leurs petits, des havres isolés et abrités des vagues de la haute mer, des lieux enfin où l’eau est pais ble, la température plus convenable pour les uouveaux-nés , et les vivres faciles à se procurer. Les mœurs des dauphins n’ont rien de cette douceur et de cette générosité qu'on leur accorde : ce sont les êtres les plus voraces, les plus gloutons, les plus belliqueux de tous les cétacés. Ils sont réunis presque constamment par troupes immenses, traversent de vastes espaces de mer, et poursuivent
LE EE pee A ee AE CENEES en 0e nee Monge Meet en de
EE SRE RE TM
600 HISTOIRE NATURELLE
les poissons parmi lesquels ils portent les ravages et la mort. Souvent aussi, s'avançant en ligne et de front, ils barrent l'embouchure de quelque rivière, remontent ses eaux, et saisissent au passage ceux qui descendent vers la mer et qu'entrainent les courants. La nourriture des cétacés dont nous parlons consiste principalement en poissons et en mollusques, et surtout en céphalopodes ; quelques espèces attaquent la baleine avec fureur, et sont ses ennemis les plus acharnés et les plus redoutables ; d'autres s'accommodent de ptéropodes, d'ascidies , et fréquentent les parages où ces petits animaux se trouvent en même temps que les baleines qui s'en nourrissent également ; et c'est pour cela qu'on les regarde comme en étant les avaut-coureurs.
Le nombre des dauphins inconnus doit être très grand. Ceux qu'on à décrits dans ces dernières années, joints à quatre ou cinq qui figurent dans nos anciens traités d'histoire naturelle, se réduisent à une vingtaine d'espèces à peuprès certaines. Mais on sait toutefois que chacune d'elles ne quitte guère les parages qui lui sont propres, et que toutes différent suivant les degrés de latitude et les divers océans où on les trouve. Ainsi l'hémisphère austral possède des espèces différentes et que n'a point l'hémisphère boréal, ainsi les dauphins de la mer du sud ne sont point ceux de l'océan Atlantique ou de la Méditerranée. Certaines espèces vivent exclusivement dans les eaux douces des fleuves, tandis que d'autres ne quittent pas les rivages ou se tiennent dans les eaux moins profondes des détroits ; il en est enfin qui ne se plaisent que dans les espaces les plus isolés des grands océans , lin des terres et par de hautes latitudes.
Les dauphins vont rarement par petites troupes ; ils aiment à se réunir au contraire par bandes nombreuses, jouer ou folâtrer lorsque la faim ne les aiguillonne point , et se livrer à mille jeux qui consolent le voyageur de l'ennui inséparable des longues navigations. A ce sujet nous rappellerons ce que nous avons écrit sur les dauphins dans la zoologje de notre voyage (!). Les navigateurs ont chaque jour sous les yeux des troupes nombreuses de cétacés dont les rapides évolutions ne permettent point de considérer leurs formes à loisir ; et ce n'est jamais que d'une manière très rapide qu'ils peuvent s'en former une idée. Cette famille seroit toutefois bien intéressante à étudier ; elle fourniroit un grand nombre d'individus à décrire, si des obstacles presque insurmontables ne s'y opposaient; mais pendant long-temps encore il faudra nous borner à des aperçus. EÉcrivant pour ceux qui nous suivront
() Zoologie du Voyage autour du Monde de la corvette de S. M. la Coquille, in-4°, p. 173 et suiv., avec 8g. coloriées in-ful.
un jour dans ces espaces immenses de mer où tribus nombreuses de dauphins errent sous des titudes qui leur conviennent, nous rapporte quelques unes des remarques que nous avons { dans ces journées si longues où le voyageur, ( tant entre le ciel et l'eau, n'a pour récréer sg gards qu'un horizon sans bornes , où parfois la de quelques êtres qui viennent animer un ins ces vastes solitudes (!),
‘Nous avons dit que les dauphins ne rejetoien mais d'eau par leurs évents à une certaine hauten que le liquide avalé ruisseloit seulement sur tesb de ces canaux, Cela tient au peu d'épaisseur qu'on plans musculaires qui surmontent le canal osseux nous avons examiné pendant des heures entières esyéces très différentes de dauphins jouant autou notre vaisseau, sans que jamais nous ayons aper moindre colonne de vapeur ou d'eau jaillir de l'o ture supérieure de l'évent. A ce sujet nous citern passage suivant de MM. Quoy et Gaimard. « Tous le » tacés ne rejettent pas habituellement de l'eau par » évents. On n'aperçoit que très rarement les daus » produire cet effet; nous allions dire jamais, pare “nous ne l'avons point vu dans des centaines qu » sont offerts à nos regards; mais Spallanzanil'are » qué, et de très prés, en allant de Lipari à Strom » or, quand un observateur tel que l'ilinstre profe »de Pavie avance un fait, il est interdit de n » croire, Ces animaux nous fourniront la preuve la » convaincante et la plus irréfragable à opposer à | » nion de M. Scoresby° : car sans aucun doute, si » visible étoit composé simplement d'air et de m » condensés, les marsouins qui, dans nos conl x viennent souvent respirer à la surface de la mer, » troient cette vapeur sous une forme analogue, el » portionnellement à leur grandeur; mais il n'e »rien:les personnes qui habitent les bords de la » ou des grands fleuves à leur embouchure,etquiv » trés fréquemment des troupes de ces auimaur, » vent bien, lorsqu'elles sont assez prés, entend » bruit qu'ils font en respirant (ronfler commeun » souin est passé en proverbe parmi les malelols ; » jamais elles n'ont remarqué qu'il s'échappat dev » apparente de leur évent; bien plus, en hiver, tem » celte émission doit être naturellement sensibl » vue, nous n'avons pu rien distinguer de semblab
» Et pourquoi, par exemple, si c'étoit à la respir » seule que cet effet dût étre attribué, ne l'eus » nous pas observé chez les daujhins dans les » parages où nous voyions de grands cétacés le » duire? On ne peut pas nous objecter l'éloignem » ces dauphins étoient de nous, car c'est sous là f » que nous nous plaisions à les étudier, Le bruil » font, quand ils viennent respirer à la surface, » rapport avec celui d'une fusée qui part. Jamais » ces circonstances nous n'avons vu la moindre » rence de vapeur au-dessus de leur tête, ni le jet » observé une fois par Spallanzani dans la Médi » née, et par M. de Humboldt, a l'égard des Mais » dans les eaux douces de l'Orénoque, à plus de » cents lieues de son embouchure.
» Il faut done admettre que ces agiles animaux"
* Lette opinion étoit aussi celle d'Eggéde.
nee ue ue 2 Œe. ue un un
spaces immenses de mer où s de dauphins errent sous des ronviennent, nous rappor remarques que nous avons {
si longues où le voyageur, et l'eau, n'a pour récréer ses on sans bornes , où parfois la qui viennent animer un ins %s (1)
fa général les dauphins , quelle que soit leur esquroissent se plaire à Inter de vitesse avec avires qu'ils rencontrent , lorsqu'un vent faable fait faire à ceux-ci un sillage rapide, et que ve brise les vagues qui rejaillissent en nappes wes, parfois étincelantes par une vive phosce; leurs prompts mouvements, leurs hors de la mer, leur manière de nager en fenl'en avec la rapidité d'une fléche, contri- La former dde leur existence un tableau auquel mielot, méme le plus grossier, n'est jamais inat, Après avoir suivi un instant le navire, hrmé mille cercles à l'entour, il est rare que les dauphins ne disparoissent point à la fois en nt une autre direction, Les marins croient hsont les précurseurs des mauvais temps, et font pour habitude de se diriger du côté d'où le vent,
«s détails sur les dauphins nous ajouterons les ations que MM. Quoy et Gaimardont publiées h partie zoologique du Voyage autour du kde la corvette l'Uranie; V'amitié qui nous lie sdeux voyageurs nous fait un devoir de conleurs p'opres expressions, « Tout le monde itl'allure de ces animaux, lorsqu'ils chassent lmbouchure de nos fleuves. Hs vont de compaken nageant plusieurs de front, où par couple hqueue les uns des autres. Mais ce qu'il y a de sremarquable, ce sont les longues ondulations fs décrivent, semblables à celles d'une mer esse d'être agitée; de sorte que, lorsque la iesupérienre de leur corps paroit à la surface, me on n'apercoit qu’une portion de la courbe décrit, il semble vraiment que l'animal, en mncant dans l'eau, tourne sur lui-même comme nue, I n'en est plus ainsi lorsque, jouant aud'un vaisseau, qui cingle à pleines voiles, ils hlent le dépasser ; alors ils tilent droit, et font ne quelquefois des bonds en l'air. Dans ces diévolutions, M. Gaudichaud à remarqué que dauphins, se tournant de cûté, s’accoloient ventre et nagcoient ainsi un court instant.
kouploient-ils? ou bien, ce qui seroit plus pro- ,#nt-ce de simple préludes d’accouplement ?
Weequ'on ne peut pas déterminer, Comme dans lents exercices ils sont obligés de faire une mie dépense de forces , et que leur sang cireule
It que les dauphins ne rejetoien rs évents à une certaine hauten é ruisseloit seulement sur tesb ptient au peu d'épaisseur qu'ont qui surmontent le canal osseux:
né pendant des heures entières ntes de dauphins jouant autou 1 que jamais nous ayons aper Je vapeur ou d'eau jaillir de l'o l'évent. A ce sujet nous citern MM. Quoy et Gaimard, « Tous le pas habituellement de l'eau par rçoit que trés rarement les daup |; nous allions dire jamais, pare point vu dans des centaines qu regards; mais Spallanzanil'are rés, en allant de Lipari à Strom servateur tel que l'illustre profe nn fait, il est interdit de nm ux nous fourniront la preuve la la plus irréfragable à opposer àl esby* : car sans aucun doute, si posé simplement d'air et de m arsouins qui, dans nos con!
Lrespirer à la surface de la mer, eur sous une forme analague, el ta leur grandeur; mais il ne nes qui habitent les bords de la uves à leur embouchure,etquiv at des troupes de ces animaux, u'elles sont assez pres, entend en respirant (ronfler commeun bn proverbe parmi les matelols ; t'remarqué qu'il s'échappät dev réventsbien plus, en hiver, tem joit être naturellement sensibl s pu rien distinguer de semblab ar exemple, si c'étoit à la respir feu dût étre attribué, ne l'euss k chez les dauphins dans les « vovions de grands cétacés le nl pas nous objecter l'éloignem ient de nous, car c'est sous là f plaisions à les étudier. Le bruil Niennent respirer à la surface, ui d'une fusée qui part. Jamais s nous n'avons vu là moindre au-dessus de leur tête, ni le jet s par Spallanzani dans la Médi Humboldt, a l'égard des marsé Luces de l'Orénoque, à plus de on embouchure. | meltre que ces agiles animaux ll
toit aussi celle d'Eggéde.
lorganisés pour renvoyer l'eau par les voies de la lion aussi souvent que le font d'autres cétacés. Re, il faut le dire aussi, sont bien éloignés de *qu'en donnent certaines gravures :ce sont uniment de petites nuées d'air et d'eau retombant Aie fine, absolument comme quand on s'est rem- Anoilié la bouche de quelque fluide, qu'on y fait trdel'air, et qu'on chasse le tout avec violence. » Me de l'Urante, pag. 79 et 80.)
avec beaucoup plus de vitesse, ils viennent fré- "quemment respirer à la surface,
» Lorsque, parcourant l'Océan, les dauphins aper- Coivent un navire, il est presque certain qu'ils viendront rôder autour un instant, et continueront ensuite leur route, Es disparoitront très vite, si un de leurs compagnons blessé teint la mer de son sang (1). Mais il n'est pas vrai, comme on l'a avancé, qu'ils recherchent l'ombre des vaisseaux pour se soustraire à l'action des rayons du soleil, etque, dans ce but, ils accompagnent les flottes qui font alors, pour eux, l'effet d'une forêt, Ce sont des histoires faites à plaisir, et que maintenant de sévères observations ne permettent plus d'admettre; huit fois au moins sur dix qu'on rencontrera de ces animaux, le vent sera fort, le ciel couvert de nuages, et l'on remarquera que c'est presque toujours le matin et le soir, souvent même la nuit, qu'ils se plaisent autour des navires.
» Soit qu'on ait réellement reconnu qu'ils aiment la musique, soit que les agréables fictions de la Grèce exercent sur l'imagination des navigateurs la même influence dans l'Océan que jadis dans la Méditerranée, toujours est-il vrai que, dès que les matelots apercoivent des dauphins, ils sifflent pour les attirer, Très souvent nous les avons vus employer ce moyen, sans avoir remarqué qu'il produisit quelque effet sur ces animaux.
» Les dauphins vivent de poissons. Nous avons péché des muges qui, avant échappé à leurs dents aiguës, survivoient à de larges blessures avec » perte de substance, Hs paroissent très friands de » sèches, dont ils ne mangent que la tête et les ten- » tacules (*). »
Nous avons déja dit que les dauphins se livroient de rudes combats. Comme tous les autres animaux, ils ressentent la haine et ses fureurs, et se disputent avec acharnement leurs proies, où leurs femelles peut-être, Les blessures qu'ils se font sont profondes,
{) C'est aussi ce qre nous avons toujours remarqué. M. de Fleurieu affirme toutefois le contraire, et dit que lorsqu'un dauphin, dangereusement blessé, brise le harpon et retombe à la mer, ceux qui l'entourent se jettent sur lui et le mettent en piéces bien avant qu'il soit mort, Ce fait nous parott mériter de nouvelles observalions,
(a) Étant en 1813 sur le vaisseau le Régulus, dans un endroit de la côte appelécle Pertuis de Maumusson, entre l'ile d'Oleron et la Tremblade, un courant venant de la haute mer nous apportoit chaque jour, dans les mois d'avril et de mai, des milliers de seches récemment privées de la tête et de leurs tentaculesi ces séches formoient des bancs si épais que les quatre cents hommes de l'équipage en desséchoient la chair et s'en nourrissoient, Les pécheurs nous assurérent que Îles marsouins occasionnoient ce dégàt parmi ces mollusques, et qu'ils rejetoient le corps à cause de l'axe calcaire qu'il renferme.
mais elles guérissent rapidement, car souvent nous avons vu de vieux individus dont la peau étoit couverte de cicatrices qui attestoient leur humeur querelleuse, et nous remarquâmes que très fréquemment leurs nageoires dorsales, surtout, étoient tronquées où mutilées à la suite des morsures qu'ils avoient reçues.
Nous ne nous appesantirons pas davantage sur les mœurs des dauphins, Ce que nous en savons est trop vague pour essayer d'en former un tableau susceptible d'attacher par un intérés de détails, Le petit nombre de renseignements qui ont été publiés sur plusieurs espèces sera plus naturellement placé à la suite des descriptions de chacune d'elles,
L'utilité que l'espèce humaine retire des dauphins n'est point à citer, Leur chair compacte, noire et indigeste, ne doit paroitre savoureuse qu'aux misérables peuplades qui vivent sur les limites du pôle, ou peut-être aux marins dont le palais est fatigué par les salaisons de bord, ou aux navigateurs que les tempêtes ont jetés sur les éeucils de quelques terres abandonnées, ou sur les glaces flottantes du Labrador où du Spitzberg. La quantité d'huile qu'on pourroit en retirer n'est pas assez considérable pour engager les Européens à se livrer à leur pêche. Les dauphins d'ailleurs, par leur agilité, le petit volume de leur corps, leur force musculaire, ne seroient point aisés à harponner ou à prendre dans les filets. C'est donc bien gratuitement que M. Noël n'avoit vu, dans les vieilles chartes qui régloient l'association des æalmans, qu'un témoignage relatif à la pêche des marsouins : cette idée assez légèrement établie, par un homme d'ailleurs très instruit dans l'histoire des pêches chez les peuples anciens et modernes, a été combattue par M. Cuvier avec d'intant plus de force, que M. Noël, versé dans les lingues du Nord, ne pouvait ignorer que tous les peuples qui les parlent appeloient sal, ou se servoient des dérivés de ce mot pour désigner ce que les anciens et nous, en parlant des baleines et des dauphins en général, nommons cétacés. Les baleines d'ailleurs, et Rondelet aflirme ce fait, alors comme aujourd'hui, n'étoient pas rares sur nos côtes ; et si les dauphins étoient recherchés comme aliment, c'étoit plutôt à une époque où la délicatesse de la table n'avoit pas fait de grands progrès, et surtout parce qu'on pouvoit se mortifier et faire maigre, tout en mangeant leur chair. Nous ne croyons pas cependant qu'on en ait jamais fait une grande consommation (!).
() A cet égard nous nous appuierons du témoignage de Rondelet qui dit, pag. 350 : « Je me suis souvent es- » bahi qu'on servoit du dauphin aux tables des grands » seigneurs, veu la mauvaise odeur qui deveroit effacer » la bonté de la viande si aucune y en avoit. En Langue- » doc, à peine le menu peuple, voire les laboureurs, en
HISTOIRE NATURELLE
Ce que les dauphins fournissent de plus r quable , et dont la découverte, faite en 181% et appartient à M, Chevreul, qui à tant éclairé la position des corps gras, est l'huile animale |) ce savant chimiste a nommée phocénine, parce l'a positivement retirée du marsouin où phoe des naturalistes.
La phocénine est liquide à la température naire, et ne diffère point par son aspect de l'olé dont elle s'éloigne toutefois par la Prüpriété q a de donner naissance à des acides volatils odor, quand on la saponilie ou lorsqu'on la traite pa cide sulfurique, qu'on l'expose à l'action del gène, où qu'on la distille, M, Chevreul a trouv la phocénine, qu'il a obtenue en traitant de l' de marsouin par l'alcool à plusieurs repri manière à en séparer la portion la plus soluble le liquide alcoolique, contenoit, sur cent parti phocénine saponiliée, cinquante-six parties d' oléique mêlé d'acide margarique, douze de g rine, trente-deux environ d'acide phocénique,
L'acide phocénique, suivant le même chim est un acide organique qui se trouve non seul dans l'huile de marsouin, mais encore dans les du viburnum opulus. Uni aux bases salifiab donne naissance aux sels nommés phocénates
L'acide phocénique est, sous les deux états draté et sec. El a pour caractères d'être incolo quide à neuf degrés, de n'entrer en ébullitio une température supérieure à celle de cent Son odeur est très forte; sa saveur, d'abord piq devient sucrée ; il mouille le verre et le papié manière des huiles volatiles, et il les imprègne odeur qui rappelle celle des vieilles huiles de souin ; il est soluble en toutes proportions da cool, et sa solution a une odeur éthérée. 5,59 d'acide phocénique hydraté se dissolvent dan parties d'eau, à la température de trente d Les phocénates sont des sels formés de 100 p
» veulent-ils manger Le dauphin é les autres € » ont la chair dure, de mauvais sue, exerementel » mauvaise digestion, qui esment à vomir, On là »on la cuit avec oignons, persil 6 autres sembl » aucuns la rotissent 6 la mangent avec l'oranf » avec sauce faite avee sucre & espices: les a » rostissent sur le gril: les plus friandes parties 4 » foie é la langue; le foie est tendre, mais il e0g » mauvaise nourriture, »
() L'huile des delphinus globiceps el phota M. Chevreul a examinée, a été extraite du List ( renferme, à la chaleur du bain-marie; sa couleuf gérement colorée en jaune citron. Exposée à 10 grés sous zéro, elle se réduit en une substance (M sée, brillante, ayant beaucoup d'analagie avec he et à quelques degrés au-dessus de zéro l'huile estl el semble plus particuliérement formée de photé d'otéine et d'un peu d'acide phocénique. (T Traité de chimie, L.1Y, p. 500.
neutralisant, 42,77 de baryte, 57,58 de june, 22,42 de chaux, 53,37 de potasse , et gd'oside de plomb, seules combinaisons que Ghevreul ait étudiées. L'odeur des phocénates elle de l'acide, et Veur solubilité, dans l'état est très grande dans l'eau, en même temps ak offrent la saveur de l'acide ou de la base. Wsphocénates de baryte ne cristallisent que lorshsolution est à l'état sirupeux. Ce n'est que par goven d'une haute température qu'on peut obles cristaux isolés, dont la forme est difficile à siser, mais que M. Chevreul regarde comme voisin d'une octadre,
ls phocénates de strontiane et de chaux cristalen prismes efflorescents.
lephocénate de potasse ne peut cristalliser à cause mextrème déliquesceuce. D en est de même du éoate de chaux. ‘
phins fournissent de plus r découverte, faite en 1#13 et hevreut, qui à tant éclairé la s gras, est l'huile animale (1) ea nommée phocénine, parce retirée du marsouin où phoe
est liquide à la température re point par son aspect de l'old ve toutefois par la propriété qu sance à des acides volatils odon onilie ou lorsqu'on la traite pa qu'on l'expose à l'action de | a distille, M. Chevreul a trouv u'il a obtenue en traitant de l' re l'alcool à plusieurs repri parer la portion la plus soluble ique, contenoit, sur cent parti liée, cinquante-six parties d acide margarique, douze de g x environ d'acide phocénique, nique, suivant le même chi anique qui se trouve non seul marsouin, mais encore dans les pulus. Uni aux bases salifiab e aux sels nommés phocénates énique est, sous les deux étals a pour caractères d'être incolt grés, de n'entrer en ébullitio e supérieure à celle de cent ès forte; sa saveur, d'abord piq , il mouille le verre et le papié iles volatiles, et il les imprégné elle celle des vieilles huiles de luble en toutes proportions da tion a une odeur éthérée. 5,58 ique hydraté se dissolvent dan à la température de trente d sont des sels formés de HN
ee
(NA LES BÉLUGAS.
(one connoît qu'une seule espèce de béluga, que wteurs ont décrite sous plusieurs noms, mais prliculièrement sous celui de delphinaptère ga, La forme qu'aflectent les pièces osseuses serà établir des caractères génériques sullisants l'soler des autres dauphins.
lecrène des bélugas (G. Guvier, Oxs, foss., t. V, 38) diffère notablement de celui des vrais dauas par un profil presque rectiligne, par une sur- M uniforme et sans concavités profondes sur les s:ilest plus long qu'il m'est large, et il se ré- Kiten arrière, Les tempes sont plus allongées et crêtes sont moins saillantes ; le museau se réät uniformément.
k celle conformation anatomique , il résulte que bélugas ont un museau obtus, conique, et qui Mpoint séparé de la tête par aucune dépression : kdistingnent en outre des dauphins, parce qu'ils L point de nageoires, et des delphinaptères, que le museau de ceux-ci est ellilé, pointu, et lrme de bec aplati.
nger Le dauphin é les autres € re, de mauvais SuC, excrementel stion, qui esment à vomir, On la ce oignons, persil 6 autres sembl issent é la mangent avec l'oran ite avec sucre € espices : les au le gril: les plus friandes parties e; le foie est tendre, mais il eng rriture. »
delphinus globiceps €l phocæ saminée, a été extraite du tissu ( hateur du bain-marie; Sa coulent fe en jaune citron. Exposée à 110 lle se réduit en une substance t ant beaucoup d'analogie avec la grés au dessus de zéro l'huile esl articuliérement formée de photé peu d'acide phocénique. (TR et. 1V, p. 500.