BÉLUGA DES RÉGIONS ARCTIQUES
Delphinus leucas. L.
Le pôle boréal, entouré d’une ceinture de glaces Sélévent en montagnes énormes, ou qui se dé-
Delphinapterus beluya, Lacép., et catodon can- ,lacép., delphinus albicans, Othou Fabricius, ne du Groentand,
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tachent en iles flottantes, lorsque les rayons du soleil placés à notre tropique en ont désagrégé les masses ; le pôle où semblent expirer toutes les productions terrestres, est la patrie d'un grand nombre de cétacés, La plupart vivent ou vivroient dans nos régions tempérées, si l'homme ne les avoit chassés vers ces mers glacées qui n'ont pu les soustraire à ses poursuites. n'en est pas de même du béluga : c'est par choix, c'est en veriu de son genre de vie qu'il n'abandonne point les elimats refroidis du septentrion; et si parfois il s'égare dans les mers de l'Europe tempérée, ce n'est jamais qu'accidentellement qu'on en voit quelques individus isolés venir s'échouer sur les rivages du nord de l'Allemagne et de l'Ecosse.
Les baleiniers ne harponnent point le béluga : ils dédaignent ses chairs rouges, que recouvre un tissu cellulaire presque fluide, sans consistance, et tellement mou que le harpon y pénètre sans effort, et peut en être retiré sans résistance ; mais ils ont un préjugé qui leur fait regarder le béluga comme l'avant-coureur des baleines; et la vue de ce cétacé est pour eux l'heureux signal du début de la pêche, Vivant dans les mêmes parages, il n’est pas étonnant que ces deux espèces se montrent ensemble, et pour ainsi dire comme de compagnie.
I ne faut pas croire cependant que le béluga ne puisse être utilisé par le commerce européen. Un observateur exact, Eggède ( Descrip. et list. nat. du Groenland, p. 55), s'exprime sur la bonté de ce cétacé dans des termes non équivoques. « Le poisson » blanc, hviid-fiste, est, dit-il, mis au nombre des » baleines, à qui il ressemble beaucoup. I n'a point » de nageoires sur le dos; mais en dessous il en a » deux grandes, et sa queue est semblable à celle de » la baleine. El à un trou par où il souflle, et par où
» il respire et jette de l'eau, avec une bosse comme » la baleine. Sa couleur tire sur un jaune blanchà- » tre. I a communément depuis douze jusqu'à seize » pieds de longueur, et il est extrèmement gras. On tire de son lard une huile aussi belle que la plus » belle huile d'olives (!). Sa chair n'a pas mauvais » goût, non plus que son lard, qui, quand il a été » mariné dans le vinaigre et le sel, est aussi bon que » la chair de cochon; les nageoires et la queue sont » aussi d’un assez bon goût, et quand on à eu soin » de les mariner, Cette sorte de poisson n'est pas » timide, car on le voit souvent se rendre en foule » autour des vaisseaux qui naviguent sur la mer, Les » Groenlandois s'appliquent beaucoup à sa pèche, » parce qu'il leur est d'une grande utilité, »
Le béluga est nommé weis-/isch par Martens ct par Anderson (Histoire naturelle de l'Islande , etc.,
() Anderson dit qu'on en obtient :n ou deux tonneaux; mais celte quantité nous paroit exagérée.
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t.1,p. 148), et la description que ce dernier en donne est assez exacte, bien que peu étendue. Les baleiniers anglois le désignent ordinairement par l'épithète de cétacé blanc, white whale.
Ua individu fut pris en 1815 dans le golfe d'Edimbourg ; il avoit treize pieds quatre pouces anglois de longueur, et neuf pieds de circonférence dans la partie la plus large. C'est d’après un dessin que M. Syme en avoit tracé que M. Scoresby eu a publié une figure que nous reproduisons.
Très commun dans les mers de l'océan Atlantique boréal, notamment dans la baie d'Hudson et dans le détroit de Davis, le béluga, qui remonte très (ri quemment dans les rivières, se trouve aussi, à ce que l'on assure, sur les rivages de l'océan Pacifique boréal; car Stelier le mentionne, en le nommant bieluga, sur les côtes du Kamtschathka.
Les plus grandes dimensions que ce cétacé puisse atteindre sont de dix-huit à vingt pieds. Sa tête est peu développée et conique ; les nageoires pectorales sont larges, épaisses et de forme ovalaire ; l'œil ‘si petit, à iris bleuâtre ; l'oriiice des évents est percé au milieu d'un mamelon arrondi et saillant, et se dirige un peu en arrière ; l'ouverture du canal auriculaire est presque imperceptible ; la bouche est médiocrement fendue:; les mächoires son’ garuies de chaque côté de neuf dents ; celles-ci sont vurtes, émousscées, distantes, et tombent commur ment à une certaine époque de la vie de lantumal. + leur chute complète ou partielle résulient les fluct tions de genres qu'a éprouvées le béluga; effectis ment on en fait une baleine quaud toutes les der sont tombées, et uu cachalot quand celles de la hoire supérieure, qui se détachent les première viennent à manquer.
La langue, comme chez presque tous les ‘"<és, est arrondie, courte, et fortement attachée à la màchoire inférieure.
La femelle ne met au jour qu'un seul petit. Elle le soigne avec la plus vive tendresse, et le nourrit fort long-temps.
La couleur du béluga est d’un ‘lanc jaunâtre uniforme. Il est à remarquer que celie couleur semble propre aux animaux destinés à vivre essentiellement dans le Nord. Plusieurs cétacés grisnoirètre habitent bien, il est vrai, les méines parages, mais aucun d'eux ne semble étre fixé d'une manière aussi permanente au milieu des mers glaciales que le béluga. Les jeunes individus ont leur peau marbrée de taches brunâtres ou bleuâtres par zones irrégulières, et que'quefuis leur coloration est assez uniformément d'un brunâtre ardoisé clair. M. Scoresby aflirme aveir vu des bélugas nt la couleur de la peau, au lieu d'être blanche, étoit d'un jaune vif assez voisin de la teinte orangée.
Les bélugas sc :éunissent communément par fa-
mille de six à dix individus au plus Lis sont vg ces et détruisent une grande quantité de poisso qu'ils poursuivent avec acharnement , et qu'ils vorent avec avidité.