‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 45 sur 514 · LES SINGES · texte numérisé non relu

LES SINGES

Les natutalisics modernes ont placé les animaux que nous connoissons sous le nom collectif de Singes à la tête d’un ordre qu'ils ont distingué par l'épithète de quadrumanes, parce que les quatre extrémités des membres servent en quelque sorte de mains dans l'acte de préhension, tandis que l’homme est resté comme unique type de celui des bimanes, ordre le plus élevé dans l'échelle des ‘êtres. Cette disposition méthodique est principalement due à Blumenbach et à M. G. Cuvier. .

Notre histoire des singes aura pour base les descriptions complètes des genres ct des espèces, sans avoir égard aux individus décrits par Buffon ; mais nous passerons légèrement toutefois sur les espèces qu'il aura parfaitement caractérisées, et qui ne figureront dans nos tableaux que pour signaler la place qu'elles doivent occuper dans l’ordre naturel ().

{) Nous avons l'intention, en terminant l'histoire des animaux découveits depuis 1788, de donner un synopsis complet de toutes les espèces connues de mammifères, avec une synonymie suffisamment étendue pour que les naturalistes et les amateurs puissent, à l'aide de caractères succincets et précis, faire concor-

Les singes sont remarquables par une n blance générale dans leurs formes avec h maine dont ils paroissent être la caricature. lient par les plus grands rapports, et cepend dissemblances considérables existent entre 4 d'eux pris isolément, de manière qu'on ne dispenser de reconnoître que, bien queh qu’ils composent soit éminemment naturelk, des points d’embranchement nombreux ave tres ordres de mammifères. Linnæus touteli eu quelque raison de les placer avec l’homt sa famille des primates ou anthropomorp ces caractères généraux nous passons à cu doit appeler zoologiques, nous verrons ( singes ont une boîte cérébrale sphérique, ut plus ou moins nue et aplatie; des dents im canines et molaires, comme chez l’hommt; vité stomacale unique, aboutissant à des i de longueur médiocre, et le pouce de la mil pieds opposable (1). À ces traits se joindroi d’avoir deux mamelles placées sur la poi flux menstruel chez les femelles; un péi

der d’un seul coup d'œil les animaux dévrils et ceux découverts par les naturalistes du cl ment de ce siècle.

() Mouvement par lequel le pouce jouit del gative d'agir indépendamment des autres doi un sens opposé à la sphère d'action commutti

les pendants à l'extérieur chez les mâles; les !

Jirigés en avant, et les fosses temporales ct res complétement séparées.

singes sont donc caractérisés dès la première r leur tête qui affecte la forme globuleuse, breilles toujours munies d’un rebord, un nez ment écrasé, un” corps mince, svelle, ayant des membresen apparence disproportionnés, une queue plus ou moins longue qui manque rrtaines espèces. De ces traits organiques réfacilité qu'ils possèdent de grimper avec ait de courir avec prestesse.

ons successivement en revue leurs divers , et dressons un tableau sommaire de leurs s généraux et distinctifs.

te estordinairement arrondie et d’un volume e, La face qui la termine en devant est le mmunément aplatie, bien qu’elle s’avance comme le museau d’un chien chez les singes phales. Elles a les plus grands rapports avec l'homme, et conserve encore ces caractères singes à museau saillant, ce qui de prime mbleroit déranger cette loi. L'angle faintroduit dans la science par Camper, fut é par MM. Cuvicr et Geoffroy Saint-Hilaire ermination des genres. Il est résulté de leurs que l’homme a un angle facial de 70° à 80°, plui des singes décroît successivement de 65", >, 40° et 50°. Le crâne d’un jeune orangoffert jusqu'à 64 degrés, tandis que celui céphales adultes est restreint à 30 degrés (?); distinctions ne sont point d’un ordre rigous l'application ; puisque les crânes soumis B calculs varient suivant les périodes de leur ce, et qu'il est bien reconnu que l'angle farien de constant à tous les âges, même d’un nique individu. C’est ainsi, dit M. Geoffroy ilaire, que le simia maimon a été regardé une espèce particulière, bien qu'il ne soit une âge du singe mandrill. Dans l'adolesface se termine par un museau aigu et dire, et en vieillissant au contraire les mâe développent prodigicusement en largeur, ntune forme carrée. Mais cependant aux e la tête sont liés intimement, et les habicorps, et les appétits, et les mœurs. Plus sseuse du crâne sera uniformément déve-

mesure dans l'angle facial l'abaissement du à longueur du muscau en partant du trou audrrélant au rebord du maxillaire supérieur, ui résulte du croisement des lignes verticale dale sur la base du crâne donne l'angle facial

rl Saint Hilaire , cinquième leçon sténo-

loppée, plus l'intelligence sera complète, plus l'instinct scra parfait. Cette partie étant rétrécie et arrondie, il en résultera plus de pétulance, plus d'inattention , ainsi qu'on le remarque chez les petites espèces. Enfin plus le museau en s'allongeant annonce un rétrécissement de cette cavité, et par suite une diminution de l'organe encéphalique, plus l'instinct brut et grossier dominera, et les singes ainsi conformés se recouvriront des attributs massifs des animaux carnassiers, et n’apparoîtront plus avec cette intelligence, cette aimable brusquerie, qui caractérisent les autres membres de la famille.

Le cerveau des singes est à trois lobes: le postéricur recouvre le cervelet. Mais les recherches du savant Tiedemann sur celui de l'orang-outan de Bornéo semblent prouver la plus complète analogie avec cet organe chez l'homme, et des dissemblances assez fortes avec les cerveaux des autres singes. Suivant l'auteur allemand le cerveau d’un orang-outan diffère de celui du reste des singes, 4° par l'absence du faisceau médullaire nommé trapèze, et qui, dans les animaux où il se trouve, est situé derrière le ganglion cérébral, point où nuissent les nerfs auditifs et faciaux ; 2 par l’existence d’une échancrure postérieure au cervelct; 3° par un plus grand nombre de sillons et de lames dans la même partie; 4° par la présence de deux tubercules maxillaires distincts ; 5° par les circonvolutions et les anfractuosités plus nombreuses et en même temps moins symétriques du cerveau; 6° enfin par l'existence de fentes dirigées vers les cornes d’Ammon. Or cette contexture anatomique est tout-à-fait celle de l’organe percepteur des sensations dans l'espèce humaine, et fournit un terme de comparaison puissant qui vient encore corroborer les analogies de formes extérieures. Aux modifications que présente l’organe de l’entendement, se joint la position du trou occipital au milieu ou plus en arrière de ce point à la base du crâne, et l’on conçoit naturellement que la station bipède est d'autant plus favorisée que cette ouverture centrale place plus en équilibre la tête sur la colonne vertébrale, à moins que des muscles nombreux, formant sur les apophyses des vertèbres cervicales un plan épais et robuste, ne viennent contre-balancer par leur puissance un ordre de choses contraire, ainsi qu’on le remarque chez les orangs.

La surface des os du crâne est lisse chez les jeunes sujets, ct recouverte d’aspérités et de crêtes osseuses énormément développées chez la plupart des adultes. Il est facile de voir sous ce rapport les modifications profondes que l’âge fait naître sur la tête du vieil orang-outan; car on avoit formé deux espèces, l’une des.jeunes et l’autre des vieux, et même il est à peu près reconnu que le genre pongo ne repose que sur l'état complétement adulte

du même singe (!). On remarque que les maxillaires supérieurs sont aplatis comme ceux de l’homme, excepté chez le mandrill, où ils sont considérablement tuméfiés de manière à élever de beaucoup cette partie de la face, Il en est de même pour la mâchoire inférieure, dont les branches sont horizontales , et qui n'offrent dans leur manière de s'articuler aucune différence notable, bien qu’il faille en excepter le seul genre alouate, qui loge dans l'écartement des branches montantes une cavité dépendante de l’os hyoïde, qui concourt à augmenter considérablement le timbre de la voix. Les arcades dentaires sont disposées en demi-cercle ou en ellipse ; elles logent de trente-deux à trente six dents, qui sont quatre incisives, deux canines, et dix ou douze molaires à chaque mâchoire. Les dents incisives de la même rangée ne se ressemblent pas toujours, Les deux du milieu sont analogues à celles de l’homme, tandis que les plus externes en diffèrent par les proportions et aussi par la forme ; car souvent elles sont, sous ce rapport, semblables aux canines. Ces dernières ne sont fréquemment remarquables que par la conicité qui les distingue, et leur longueur ne dépasse pas de beaucoup ni les incisives ni les molaires, tandis que chez certaines espèces elles prennent avec l’âge un développement constdérable, et se trouvent correspondre à des crêtes ” osseuses très développées. Les singes de l’ancien continent se trouvent donc n'avoir que cinq molaires de chaque côté, dont les couronnes sont hérissées de tubercules mousses. Ceux du Nouveau-Monde se trouvent avoir cinq ou six de ces molaires, toujours d’un seul côté et à une seule mâchoire; mais dans le premier cas, ainsi que nous le voyons chez les ouistitis, les molaires ont leurs couronnes hérissées de pointes aiguës et piquantes, tandis que dans le second exemple elles sont remplacées par des tubereules arrondis. De ce mode de conformation résulle un genre de vie plus décidément dirigé vers un certain ordre de substances. Les singes à molaires mousses doivent être en effet plus portés à se nourrir de racines ct de fruits, tandis que ceux à molaires revêtues de pointes aiguës recherchent plus exclusivement les insectes. Placés comme ceux de l’homme, les yeux jouissent d’une grande per-

(') Les différences, en apparence énormes, qui séparent les crânes arrondis et lisses des jeunes orangs de ceux rétrécis, à museau proéminent, à aspérités énormément développées, et surtout à rétrécissement de la cavilé crânienne des vieux individus, n’ont rien qui étonne. Nous avons vu de telles modifications survenir sur des têtes de chiens, au point qu'on seroit tenté d'isoler les crânes si diamétralement opposés, bien qu’ils appartiennent à une même espèce dans des âges différents. La belle collection du docteur Vimont en renferme de nombreux exemples,

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fection et d'une grande étendue dans la y sont remarquables par une extrême mobiliy une insigne vivacité. Chez la plupart des 4j orcilles ont leurs conques nues, bordées, à quées contre la tête, absolument comme l'homme. Toutefois on remarque déjà, «| espèces dont le museau est proéminent, que tie supérieure de cette conque s'élargit sou de triangle, de manière à présenter ainsi ke mières traces du cornet acoustique qu'of plupart des autres mammifères, Le nez des et des sapajous s'élève sur le milieu de la face une légère éminence ; mais dans le kahau cet développé outre mesure, couvre une grande de la physionomie, tandis que chez les cyr les il se termine par une surface nue et comme le museau d’un chien. Les narines vertes perpendiculairement et séparées part mince cloison. Ce caractère a servi à disting singes de l'ancien monde, et M. Geofny Hilaire a le premier observé que les der tures nasales des singes du nouveau 0 étoient transversales et séparées par un:

cloison. ‘

La face des singes est aussi variable et bile que le jeu de leur physionomie. Sur leu se réfléchissent avec vivacité les passion animent. Leurs malicieuses grimaces son long-temps passées en proverbe. Rien ridicule au premier aspect que ces figureg qui sont calquées dans leur ensemble sur et qui varient des teintes couleur de chair) noir foncé. Le mandrill cst remarquabk} vermillon uni au bleu d’azur qui peints tandis que d’autres se font remarquer pr ticularités, telles que d’avoir le nez blan face noire, ou bien la lèvre supérieure dt pur, etc. Plusieurs genres de singes «lt pourvus de poches placées sous les joues( muniquent avec la bouche, et qu’on non joues. Ces poches, musculaires et dilatables à renfermer les vivres dont ces animaux vision lorsqu'ils maraudent dans les «il dans les rizières. Ils reprennent ces alimet sir lorsqu'ils ont regagné leurs gites, €!

en paix leurs provisions de prévoyant.

qui enveloppe l’ensemble des traits est dom souvent nue. Parfois des poils épais et ll servent de moustache ou de barbe, et ch nes espèces américaines les poils du pour tête sont taillés et disposés de manière parfaitement une barbe d’Israélite. Il n'a qu'aux poils qui composent leur fournit présentent de nombreuses dissemblanctsé manière d’être implantés, et qui varient M

| ment dans chaque genre, mais même Wa

Ainsi chez le macaque bonnet - chinois ces rtent du sommet de la tête à la circonféet imitent une sorte de calotte naturelle.

autres ils se dressent sur les tempes sous j'aigrette. Enfin ils retombent en épaisse sur les épaules de l’hamadryas et de l'ouan-

inges ont le cou court , autre analogie avec humaine ; ils sont redevables de cette mon de l'organisme à leur habitude de porter ents à la bouche à l’aide de leurs mains. Ne pt point une proie, ne paissant point l’herbe es, ils n'ont pas eu besoin d'augmentation nombre des vertèbres cervicales; et le cou chez eux, comme chez l’homme, qu'un de séparation entre les organes des sens et a vie. Is ont généralement le corps allongé, très peu chargé de graisse. On connoît à ux ou trois espèces qui aient l’abdomen nt. Des poils épais, plus ou moins touffus , couvrent les parties externes des memparties internes sont au contraire presque à peine revêtues d’un léger duvet. Les placées sur la poitrine, sunt cachées par e pileux ; elles se gonflent, elles se dévelorsque la lactation , amenée par la maoit s'opérer. A ce changement, produit netions de la reproduction, s’en joint un est le. signe précurseur des désirs; et sont violents chez les singes, Comme ils des goûts de satyre en quelque sorte, la

a signalés de loin en faisant éclore sur dénudées des fesses de cértaines espèces

s d'un éclat inusité, telles que des teintes pre vif, d’un violâtre foncé, ou d’une

e chair livide. L'aiguillon de la volupté se fait sentir avec une force si irrésistible gues apparents ne se borne pas la manie l'orgasme vénérien , et il arrive que les puels et ces callosités se tuméfient outre es désirs une fois assouvis, l’époque du vis passée, ces parties reprennent leur bituel , et les couleurs chargées qui leur DUO aspect si nouveau s'effacent pour re- » l'influence des mêmes causes. Mais chez and nombre des espèces ces callosités

, sont constamment nues, et se font reur tous les singes de l’ancien monde :

l'Amérique sont les seuls qui en soient ent privés. Ces callosités, qui occupent le l'étendue des fesses de certains singes, nadryas entre autres, sont d'autant plus plus calleuses que l'animal doiten faire Equent usage dans le repos. Elles sempour lui un organe de tact, sur lequel il pendant lo sommeil pour se maintenir en

équilibre sur les branches d’un arbre. De tous les singes de l’ancien monde le chimpanzé seul n'avoit point de callo:ités, au dire du plus grand nombre des naturalistes. Ce fait toutefois ne paroît reposer que sur l'examen superficiel de la peau de ce grand orang déposéé aux galeries du Muséum ; car M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire est parvenu par des recherches scrupuleuses à s'assurer de l'existence des callosités sur cette même peau, et il a contribué par là à fournir les moyens les plus positifs pour rejeter le genre troglodytes , qui ne résidoit en partie que sur ce caractère.

Les organes de la génération ont une analogie de forme avec les nôtres qui étonne. La verge des mâles, pendante sur un large scrotum dans lequel sont logées les bourses, se termine par un gland très variable , suivant les espèces, qu’enveloppent les replis d'un prépuce très étolfé , et qui est libre. Souvent les couleurs les plus vives enluminent cet appareil, et repoussent la vue par leur cynique beauté, Le clitoris de la vulve des femelles est saillant , et imite par son volume la verge des mâles: aussi certaines femelles en captivité ont-elles paru avoir contracté des habitudes lesbiennes,

Lesmembres, proportionnés au corps, sont le plus souvent disparates avec lui par leur longueur et par leur maigreur. Les nocthores et les tamarins seuls ont des pattes de dimensions plus en rapport; mais il n’en est plus de même lorsqu'on examine des sais,

des sajous, des semnopithèques , et surtout des gib-

bonus. « Ce qu’il y a de manifeste, dit M. Geoffroy » Saint-Hilaire (1), c’est l’extrême allongement des » membres des singes ct la division profonde des » doigts. Considérons les bras des gibbons et des atè- » les, bras qui, lorsque ces animaux se tiennent » debout, touchent à terre , ou du moins atteignent » les malléoles; ils nous offrent une conformation » intermédiaire entre celle des chéiroptères et celle » des vrais quadrupèdes. La longueur des extrémi- » tés est moindre que dans ceux-là, surtout en ce » qui concerneles doigts, mais plus grande que dans » ceux-ci. Eh bien ! quant à la fonction, les quadru- » manes sont dans un état moyen ; ils ne sont ni en- » tièrement aériens ni entièrement terrestres. Il 'eur » faut un sol de refuge, et ce sol ils le trouvent » entre la terre et les cieux. Ils se tiennent en effet » dans lés forêts, sur les arbres, où alors toute leur » conformation les favorise. Préhenseurs par le fait » d’un pouce opposable aux autres doigts , ils saisis- » sent l’arbre et le parcourent de brancheen branche ; » chaque acte de locomotion se marque par l’action » de pincer et de saisir : puis, sont-ils poursuivis » dans cet asile par un animal carnassier pouvant sc » servir de ses grifles pour grimper le long des gros

© (1) Leçons sténographiées; Ve leçon ; 1828,

» troncs d'arbres, ils se rassurent , ils usent de leurs » facultés pour le saut , des avantages de leur séjour » sur la cime des arbres, et mettent à profit cette » région moyenne et leur existence demi-aérienne; » car ils sautent d'arbre en arbre. » Plus loin le savant professeur ajoute : « Les quadrumanes pré- » sentent donc non seulement leurs quatre pieds mé- » tamorphosés en mains, mais une modification » complète de chaque membre. Ainsi les bras sont » attachés à une épaule complète dans ce sens quo » l'os scapulaire antérieur est uno clavicule forte, » résistante, longue, et parfaite, comme dans » l'homme; ils occupent les partics externes d’un »tronc plutôt large que renflé de devant en » arrière. »

On a longuement discuté pour savoir jusqu’à quel point les singes les plus rapprochés de l'espèce humaine se servoient de leurs membres, et si la station bipède leur étoit ordinaire. 11 est bien démontré aujourd'hui que ce n’est jamais qu’en employant leurs quatre membres que Jeur course est agile, et que leur adresse fait usage de toutes les ressources de lcur appareil locomoteur. Ce n'est qu’accidentellement qu'ils cheminent quelques instants sur les membres postérieurs seuls , et encore est-ce le plus souvent en se servant de branches pour appui ou en gravissant des lieux escarpés. Ce n'est qu’à la suite de leçons souvent répétées que les singes apprennent à marcher sur les deux picds, le corps en équilibre; ct la gène de leurs mouvements, le peu de stabilité de leur démarche, leur habitude d'appuyer sur le bord externe du pied, prouvent que cette position est bien loin de leur être le moins du monde familière.

Les deux os qui composent l'avant-bras, de même que le tibia et le péroné aux jambes, sont articulés de manière à être d’une mobilité égale aux extrémités supérieures aussi bien qu'aux inférieures. Les mouvements de pronation ct de supination, que l’avant-bras chez l’homme exécute seul, sont donc chez les singes propres aux jambes; ct, soit dit en passant, ils doivent prouver que la station bipède ne peut jamais être solide ni assurée, ct d'avance ils doivent offrir des armes pour combattre l'opinion qui l’admct comme le résultat d’une habitude ordinaire, Le carpe et le tarse, ou ces deux espaces qui dans Îles mains et les picds servent de supports aux doigts, sont composés d’un grand nombre de petites pièces osseuses, qui allongent ces parties, et leur donnent une certaine élasticité ou une mobilité fort utile pour embrasser avec plus d'aisance les corps volumineux. Les doigts des mains ct des pieds sont toujours lisses et nus en dessous, peu velus sur leur surface extérieure, cfilés, libres pour la plupart, et recouverts par les ongles aplatis. Les ouistitis font sculs exception à cet{e règle ;

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car les ongles qui terminent leurs doigts chus et comprimés , absolument comme des et servent à prouver, conjointement avec le laires hérissées de pointes aiguës, que cute tribu s'éloigne déjà beaucoup des caractère famille, et qu'elle est placée sur la limie pare les singes de certains animaux insectir l'ordre des curnassiers. 11 n'est pas toute de se rendre compte des anomalies que pr les doigts dans plusieurs genres. Ainsi le doigt et le second des pieds du gibbon s sont réunis dan une portion de leur long semnopithèque-croo a deux doigts du mi main plus longs que les autres; les atèles e point de pouce, ou, s’il existe, il se troun rudimentaire.

La queue, qui dans la plupart des ani point de valeur comme caractère distinctif genres, soit des espèces, offre chez les si permanence de forme suivant les groupes, avantageux d'apprécier. Cette queue n'es vain luxe pour plusieurs singes amérieai un cinquième membre dont les a dotéh et par son usage les espèces qui la pos cramponnent aux branches des arbres da s'en font un support qui remplace les ma pieds, et ont ainsi un nouveau moyen de aux embûches de leurs ennemis. Les o point de queuc; ils semblent même, par tère, vouloir encore échapper à la cla maux pour se rapprocher de l’homme: lea a une très courte, et les cynocéphales en une médiocre. Tous les autres singes de continent ont donc une queue grêle, te pointe, parfois très longue, ct diffèrent sé port des singes d'Amérique, qui ont la 4 gue et cnroulée, couverte de poils court les sapajous ; ou touffue, très fournie dep et lâches, comme les sakis on singes à qu nard ; ou à poils courts, mais lâches, « ouistitis ; ou enfin nue à l'extrémité, a présentent les atèles et les alouates.

Ainsi donc les singes, organisés pourtl qui unit l’homme aux animaux les plus!

cependant une bien plus grande analogit sation animale avec le prernier, el s’ilss'ené c’est sous le rapport de l'intelligence « ment; car ils s'en rapprochent de ht plus complète par la texture des viscères# nalogie de forme et de destination. Aix et annexes, perfection de la vue, del toucher, longueur et disposition de l'esl tube intestinal, tout rappelle dans les sit existe dans le corps humain. L'orang:

toutefois le seul sur lequel on ait trouvél

vermiforme qu'on sait être adhérent il

,et il ost juste d que à croupion d'être simple, « cavités spacicuse de manière à fa ntiellement s bu les racines for singes, par le d ont donc une in ÿ de leur imagir e est fugace, h »} ne conserve p des mauvais es, entêtés, méci iger de ces pench des châtiments énergie de quelqu ur les façgonne à | tue à obéir au co:

gs paroissent être x, et se défende qués, Ce sont les àt la plus forte do:

, les gibbons viv is toujours inqui à leurs oreilles, 1 les joignent à Ja des d'une hideus les de petite taille, blent avoir été d dé, et façonnés a vire retient les g VOyons-nous pas d en apparence à u pposé à celui qu’ échus de leur libe geste de leur ma places publiques, se livrer en un au sort factice auq de nombreux gri nts des lèvres q!

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Ctilication. Ils pre

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,etil est juste de dire que l'estomac du semque à croupion blanc, disséqué par M. Otto, a d'être simple, a été trouvé composé de plucavités spacieuses séparées par des étranglede manière à faire penser que l'animal étoit sentiellement soumis à un régime dont les pu les racines formoient la base.

singes, par le développement de leur ceront donc une intelligence très étendue. La à de leur imagination est extrême, ct leur » est fugace, hormis sous un seul point :

x} ne conserve une rancune plus longue et ce des mauvais traitements qu'il a reçus.

+, entêtés, méchants, friands, rien re peut iger de ces penchants vicieux , pas même la des châtiments. Cependant la captivité énergie de quelques espèces plus disposées à ur les façgonne à une sorte de domesticité, et tue à obéir au commandement de l’homme.

gs paroissent être graves, taciturnes, mais x, et se défendent avec vigueur lorsqu'ils qués. Ce sont les êtres qui de toute la faht la plus forte dose de sagacité. Criards ct , les gibbons vivent dans les profondeurs is toujours inquiets du moindre bruit qui à leurs oreilles. Lascifs et brutaux, les cyes joignent à la laideur de leurs formes udes d'une hideuse férocité; mais, parmi les de petite taille, les macaques et les gueblent avoir été doués d’un talent d’imitadé, et façonnés au joug dès le jeune âge, noire retient les gestes qu'on leur a enseivoyons-nous pas chaque jour ces animaux,

en apparence à un genre de vie diamétrapposé à celui qu’ils avoient dans leur paéchus de leur liberté vagabonde , obéir au geste de leur maître, danser en cadence places publiques, solliciter l’aumône des se livrer en un mot avec une entière ab-

u sort factice auquel on les a condamnés?

de nombreux grincements et par de vifs nts des lèvres qu'ils témoignent leur dé-

es espèces robustes cherchent à mordre ct profondes blessures avec leurs canines; etes espèces américaines, si remarquables ce de leur fourrure, ne sont point suscepducation, et n’ont reçu que très peu d’in- Les singes sont d'une inconstance qui tout les émeut, tout attire leurs regards

et comme s'ils se défioient du sens de la oucher semble être pour eux un moyen tilication. Ils prennent un objet, le quitprennent de nouveau pour l’abandonner

nt fois de suite peut-être, et cela dans de

| ervalles. Ils ont un malin plaisir à briser c'en pièces ce qui tombe sous leurs pattes:

la destruction est une jouissance machinale de leur instinct, Ils goûtent tous les aliments qu'on leur présente, et mangent avec gloutonnerie ceux qui leur plaisent, En captivité les mâles sont adonnés à la masturbation, ct la vue d'un être humain d'un sexe opposé au leur allume leurs désirs qu'ils témoignent par les actions les plus libidineuscs, On dit même que le chimpanzé a souvent enlevé des Négrosses, et a vécu avec elles dans des cavernes isolées ; mais, bien que plusicurs voyageurs citent de telles histoires, nous croyons qu'elles auroient besoin d'être appuyécs de témoignages plus véridiques. Les femelles ont la plus vive tendresse pour leurs petits, et l’on sait que le docteur Gall explique la vivacité de ce sentiment chez les animaux par l'extrême saillie en arrière des hémisphères cérébraux. Or c'est ce qu'on remarque d'une manière très particulière chez les singes. Nul animal n'aime peut-être avec une plus vive tendresse les êtres auxquels il a donné le jour. Une mère ne perd jamais de vue son nouveau-né; elle le tient dans ses bras, le regarde avec complaisance , l'entoure des soins les plus attentifs, et s'inquitiu des moindres circonstances qui peuvent lui être ficheuses. Pour donner un exemple du vif attachement que ces animaux portent à leur progéniture, nous rappellerons un passage du Voyaye du jeune Alfred Duvaucel (Journal asiatique, mars et avril 4824), qui au milieu d'un récit léger en apparence renferme toutefois des observations intéressantes et narrées d'une manière piquante. « Je suis entré à Gouptipara à » peu près comme lythagore à Bénarès, lui pour » chercher des hommes, moi pour trouver des bé- » tes, ce qui est généralement plus facile. J'ai vu » des arbres couverts de houl- mann (simia entel- » lus) à longue queuc, qui se sont mis à fuir en » poussant des cris affreux. Les Indous, en voyant » mon fusil, ont deviné aussi bien que les singes » le sujet de mu visite, et douze d’entre cux sont » venus au-devant de moi pour m'apprendre le » danger que je courois en tirant sur des animaux » qui n’étoient rien moins que des princes méta- » morphosés. J'avais bien envie de ne pas écouter » les avocats de ces maciques; cependant à moitié » convaincu j'allois passer outre, lorsque je rencon- » trai sur ma route une princesse si séduisante que » je ne pus résister au désir de la considérer de plus » près ; je lui lâchai un coup de fusil, et je fus alors » témoin d'un trait vraiment touchant : la pauvre » bête, qui portoit un jeune singe sur son dos, fut » atteinte près du cœur; elle sentit qu'elle étoit » mortellement blessée, et réunissant toutes ses » forces elle saisit son petit, l’accrocha à une bran- » che et tomba morte à mes pieds. Un trait si ma- » ternel m'a fait plus d’imp:ession que tous les » discours des brames, ct le plaisir d’avoir un bel

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» animal n’a pu l'emporter cette fois sur le-regret » d’avoir tué un être qui sembloit tenir à la vie par » ce qui rend le plus respectable. »

Leurs formes sont arrondies et pleines de mo} leurs traits, empreints de douceur et d’une grâce, n’ont rien de repoussant; leur cart

L'œil jouit d'une grande perfection du sens de la vue, aussi les singes sont-ils des animaux cssentiellement diurnes, qui se lèvent avec le jour et se couchent au crépuscule. Par une exception encore fort remarquable la nature a voulu qu’un genre de Ja famille ait une vision nocturne, et c’est ainsi que les nocthores ou nyctipithèques sont doués d’habitudes crépusculaires. Sous ce rapport le genre nocthore est donc un moyen d’union qui par cette organisation, et par les habitudes générales du corps, conduit des singes aux galagos ou à d’autres quadrumanes de la famille des makis.

Les singes dans l'état de nature vivent le plus souvent en petites troupes qui paroïissent conduites par des chefs âgés et expérimentés. On dit que les gibbons et les sapajous seuls sont monogames ; mais il est à peu près certain que les espèces des autres genres ne se piquent point de constance en amour, et que les femelles sont communes à tous les mâles. L'autorité des individus adultes sur les jeunes paroit nettement établie, et l’on assure qu'ils emploient même le moyen de corrections pour se faire obéir. Ils ont pour se reconnoitre dans les bois un cri d'appel qui est prodigieusement bruyant dans le genre alouate, dont les individus ont été, à cause de cela, nommés singes hurleurs.

Agiles ct brusques dans leurs mouvements, les singes exigent certaines conditions pour leur existence; leur circulation active, la rapidité du fluide nerveux qui anime leurs membres, nécessitent une vaste arène à leurs ébats, et sous ce rappoït ils trouvent dans les profondes forêts de l’Amérique ct duns celles des îles de la Polynésie les lieux les plus appropriés à leur sauvage indépendance. Toutefois il paroît que les espèces dont les membres ont des dimensions peu cn rapport avec les proportions du corps éprouvent une plus grande lenteur dans leurs mouvements, et ce sont surtout les gibbons que l'on cite comme étant d’un naturel indolent, ce qui paroîtroit dû à moins d'activité dans le système nerveux et à moins d'énergie dans l'appareil circulatoire.

Les femelles des singes ne mettent ordinairement au monde qu’un seul petit, parfois deux, absolument comme la femme. La durée de la gestation varie sans doute pour les gr’:des espèces, car on ignore quel est soù ‘cine pour les orangs, et l’on sait seulement d’après des observations précises de M. F. Cuvier que les macaques maimon et rhésus portent sept mois. Les jeunes singes en naissant sont dans un état de développement assez avancé pour que leur croissance soit beaucoup plus rapide, sous le rapport physique, que celle d’un enfant.

badin, caressant : leur face est moins colo pelage n’a point les nuances des pères et mè n’est qu’à mesure qu'ils vieillissent qu’ils pr les ceractères des auteurs de leurs jours, Ja mable pétulance, leur gracieuse étourderi} sourire enfantin, font place à de laides grim des grincements de dents, à des passions col et méchantes. Le museau avance, les crêts cilières se projettent sur les yeux ; le crâne, dk et d’uni qu'il étoit, se couvre d’éminences ( puissantes, et destinées à servir d'atlak muscles énergiques et robustes. Le singe donc perdu les grâces de la jeunesse, « montre plus qu'avec toute la laideur hérédi ses pères.

Les aliments dont se nourrissent ces à consistent en fruits butireux, en racines, céréales, en insectes. Leur estomac simpl dents de trois sortes, contribuent à les reni phages comme l’homme, bien que ce nes captivité qu'on les voit rechercher les vi tes, les mets succulents, et boire du vin queurs fortes. Leur friandise pour le sucre lait est extrême, et leur appétit s'accommo tiers de tout ce qui leur tombe sous la dent

Les singes, par les lois de leur orgak sont destinés à vivre dans la zone torride,4 deux cropiques de l’Ancien comme di Monde. Ils ne s’arrangent point des clin pérés, à moins que la captivité ne lesp froid des hivers; et l’on ne cite qu’une su le magot, qui se soit avancée en Eur 27 degrés de latitude nord, et qui ait put ter sur le rocher méridional de Gibraltr, concourt à maintenir dans une temp voisine de celle de la Barbarie, patrie d’ailleurs vivace. Ces animaux n'aime contrées les plus chaudes de la terre, unis et plats couverts de forêts, mais mlk contrées montagneuses et escarpées où k se fait ressentir. A l'ile de France cependit originaire de Java, qui s'y est naturalisk, montagne du Pouce, et ne descend dans que pour marauder; mais là il lui à maintenir son existence dans une ile tr recourir aux endroits les plus sauvages el fréquentés. Toutefois il y a quelques el peu nombreuses il est vrai, à cette loi; que quelques singes habitent le cap de P pérance, et que quatre espèces se trouvell guay, l’un et l’autre point vers les 554 de latitude sud.

Le: singes de l'ancien continent

haque contrée d’une manière assez uniforme bnres. Ainsi le troglodyte est d'Afrique, et g-outan de Sumatra et de Bornéo, dans l'ar- ] des Indes orientales. Les gibbons sont d'Asie, dire des îles indiennes de la Sonde et de la le de Malacca. Les guenons habitent excluent l'Afrique : on les trouve au cap de Bonneqnce, sur la côte de Guinée et du Loango, amais dans l'Inde proprement dite. Les scmèques sont exclusivement des Indes orienainsi que les macaques. Des deux magots s l'un est d'Afrique et l’autre de l’Inde. Les fphales se trouvent en Afrique, au cap de Espérance et en Arabie; mais les maudrills » la côte de Guinée. Par cette indication somon doit voir cependant que l’ancien monde est pin d’étre occupé dans toute sa portion interle par ces animaux. L'Afrique, il est vrai, en ans toute sa partie chaude ; mais l’île de Mabr, qui la borne à l’est, ne nourrit pas une spèce de singe, et les quadrumanes qu’on y en revanche et comme remplaçants sont des et autres lémuriens. En Asie le littoral du nt de l'Inde et de la Cochinchine, les grandes la Sonde, sont les seuls points où les singes ssent. On ne les retrouve plus dans les Moà la Nouvelle-Guinée, et aucunement dans la e-Hollande. Aucun d’eux ne s’est propagé mer du Sud.

érique possède un très grand nombre d’esi diffèrent complétement de celles de l’anlinent. Elles vivent presque toutes dans les es forêts du Brésil et de la Guiane, sur les l'Orénoque et des autres grands fleuves qui sent la surface. La Nouvelle-Espagne n’en que quelques espèces, et le nord du Parabis ou quatre; mais ni le Pérou, ni le Chili, exique propre, n’ont de singes, et ces anit'été confinés sur la vaste surface que borouest la chaîne des Andes, au nord l’isthme a, et au sud le Rio-de-la-Plata.

urope les singes, retenus dans les ménageélevés en domesticité, ne vivent pas long- Privés de cette liberté qui est le plus grand tous Îles êtres, ils ne tardent point à sucà la phthisie qui use leur vigueur, résultat ès de vie qui cherche à se répandre, et qui bntre l'individu même une force que le déercice ne permet pas d’abattre. Tristes et sous les fers qui les enchaînent ou dans la ai les retient, on les voit encote ronger avec extrémité de leur queue, et hâter ainsi eux-

» moment qui doit terminer leur captivité.

iens paroissent n'avoir conrid que trois essinges : le pithecos d'Aristote, qui est assez at le magot: le sitnia porcaria, qui pour-

roit bien être le cynocéphale tartarin ou singe de Moco, et non pas le papion ; et le kebos ou plutôt cephos, que Buffon a rapporté à la guenon-mone. On lit dans le Périple d’Hannon, amiral carthaginois, qui paroît avoir abordé aux îles du Cap-Vert trois cent trente-six ans avant l’ère chrétienne, qu’il vit dans une île de la côte occidentale d’Afrique un animal à physionomie humaine entièrement poilu sur le corps, et que les interprètes nommèrent gorillès. Les mâles étoient beaucoup moins nombreux que les femelles ; et c’est avec de grandes difficultés qu’ils s’'emparèrent de trois de celles-ci qui se dé'en dirent avec courage, et jetoient des pierres à leurs agresseurs. On les écorcha ; et leurs peaux, portées à Carthage, furent pendues aux murailles du temple. Or tout autorise à penser que c’est encore le chimpanzé dont il s'agit dans cet article.

Nous n’essayerons point de passeren revue les opinions émises sur les singes par les anciens auteurs, nos lecteurs y puiseroient trop peu de renseignementsutiles. Il en est de même des principes de classification et des genres qu’on à proposés pour rendre leur étude plus facile. Buffon a cu vain dit que les méthodes n’existoient point dans la nature, et qu’on devoit Îes bannir de la science; elles survivront à ses anathèmes, car sans elles l'esprit se perdroit dans un chaos dont rien ne pourroit le tirer. Tout en déclamant d’ailleurs contre les genres proposés par Linnæus et d’autres méthodistes, Buffon les adoptoit sans s’en apercevoir, et les traçoit à sa manière. Nous avoucrons he pas concevoir l’histoire naturelle sans principes quelconques de classification. Avec eux clarté et intelligence ; sans eux vague et incertitude dans le jugement. On nous saura donc gré d'adopter une méthode commode, facile, et déguisée de manière qu’elle puisse s’insinuer dans l’esprit sans nécessiter un pénible travail ni des efforts répétés. Avant de tracer toutefois le tableau des coupes que nous admettons dans la famille des singes, esquissons légèrement les traits les plus saillants des principes des meilleurs auteurs systématiques.

Brisson proposa cinq types pour classer les animaux qui nous occupent ; il les nomma singe, singe à museau de chien, papion, cerropithèque ct cercopithèque à museau de chien, ct décrivit trentesix à trente-sept espèces d’une manière assez imparfaite et assez obscure. Linnœus ne fit qu’un genre, nommé simia, et il y classa quarante-sept de ces animaux, parmi lesquels plusieurs sont évidemment en double emploi, ou même n’existent point dans la nature. Blumenbach proposa les genres singe, babouin et cercopithèque, dans lesquels il établit des coupes qui déjà étoient une amélioration vers le vrai, M. G. Cuvier proposa des vues lumineuses dans son tableau élémentaire, et plus tard perfectionna singulièrement sa méthode dans son ouvrage intitulé

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172 HISTOIRÉ NATURELLE

Règne animal. Mais dans l'intervalle M. Geoffroy Saint-Hilaire d’abord, et Illiger un peu plus tard, introduisirent une foule de genres qui furent les premiers essais pour séparer par petits faisceaux des animaux devenus trop nombreux pour rester groupés sous une même et unique détermination. Le premier créc les genres troglodytes, nasalis, ateles, lagothrix, jacchus et midas ; le second adopta dans son prodrome les simia, hylobates, lasiopyga, cercopithecus, cynocephalus, colobus, aleles, mycetes, pithecia, aolus, callithrix et hapale. Parmi ces genres le pithecia avoit été établi par M. Desmarest, l’aotus par M. de Humboldt, le callithrix par M. G. Cuvier, les cercopithecus et cynocephalus par Brisson, et le simia par Linnœus. Illiger n’avoit tenu aucun compte des genres pongo, macacus et saguinus, proposés par Lacépède, ni du genre cebus établi par Erxleben, ni par suite des sept dénominations conservées en 1806 par M. Duméril dans sa Zoologie analytique, telles que celles des orang (pithecus), sapajou (callithrix), alouate (cebus), guenon (cercopithecus), magot (cynocephalus), pongo (pongo) et babouin (papio). Par ce court exposé on doit déjà apercevoir la divergence des principes admis par les naturalistes méthodistes, et l'obscurité fâcheuse qui doit résulter de ce fatras de synonymie. Il est même facile d’entrevoir sur quels caractères fugaces reposoient les fondements de plusieurs de ces genres.

Tel étoit l’état de la science jusqu’à ces dernières années où les travaux de M. F. Cuvier avancèrent singulièrement nos connoissances sur cette famille | qui lui doit la création du genre semnopithèque, dans lequel rentrent le presbytis de M. Eschsholtz et la suppression de plusieurs autres. M. Geoffroy Saint- Hilaire, en précisant les caractères des singes de l’Ancien et du Nouveau Monde, en divisant ces derniers en trois tribus très nettement isolées, a fait faire un pas immense à leur classification, et a éclairci d'une manière on ne peut plus avantageuse les principes qui doivent faciliter leur étude. Enfin MM. Spix et Isidore Gcoffroy Saint-Hilaire ont encore augmenté les genres des singes américains en créant, le premier, les brachyures, et le second, les ériodes.

Afin de simplifier les idées qu'on doit se former dans des coupes naturelles ct zoologiques, nous adopterons le tableau suivant comme un excellent moyen mnémonique de classer les faits de la science

avec clarté et précision.

NINS.

des abajoucs.

() Geoffroy-Saini-Hilaire, Leçons sténographiés

(2) Singes à queuc enroulante.

() Singes terrestres, ou qui ne quittent point lalä

(:) Singes à ongles d'ours.

(5) M. le doëteur Roulin a publié en 4837, dans vue des Deux-Mondes (no du 45 mars), un longa

sur les ORANGS.

OO

4° DE L'ANCIEN CONTINENT, ou CATARHI

Narines ouvertes en dessous du nez ct séparées pr une cloison mince ; cinq dents molaires de chaque côté et à chaque mâchoire; vision horizontale, ny callositès chez tous, et dans le plus grand non

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